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Le transhumanisme est la prochaine étape de la civilisation

Le Canada explore la société du transhumanisme

« Modifier l’être humain – notre corps, notre esprit et notre comportement »

Le groupe de réflexion du gouvernement du Canada, Horizons de politiques Canada, a publié un rapport intitulé « Explorer la convergence bionumérique », qui porte sur le transhumanisme. Nous avons déjà publié un article sur ce rapport il y a 6 mois. Nous en reparlons car le transhumanisme n’est plus un concept confiné à une génération de films hollywoodiens de série B. La technologie existe ici et maintenant.

La convergence bionumérique peut être définie comme l’intersection et la synthèse des systèmes biologiques avec les technologies numériques, telles que l’intelligence artificielle, la biométrie et le génie génétique. Dans le domaine humain, ce concept est appelé transhumanisme.

Le rapport examine les implications de l’assimilation des technologies numériques à des entités biologiques qui, par essence, réimagineraient fondamentalement la vie au niveau individuel, environnemental et sociétal. De manière plus concise, cette reconfiguration – si elle se réalise – redéfinirait radicalement ce que signifie être humain.

Horizons de politiques Canada est un organisme du gouvernement fédéral qui mène des recherches sur les politiques relatives aux scénarios d’avenir possibles pour la société canadienne et son avenir économique et industriel. Son mandat est d’aider le gouvernement canadien à créer des politiques et des cadres orientés vers l’avenir qui anticipent les défis émergents dans des délais proches et lointains.

Kristel Van der Elst, actuelle directrice générale d’Horizons de politiques Canada et ancienne responsable de la prospective stratégique au Forum économique mondial (WEF), en donne un aperçu dans le rapport.

« Dans les années à venir, les technologies bionumériques pourraient être intégrées dans nos vies de la même manière que les technologies numériques le sont présentement. La convergence des systèmes biologiques et numériques pourraient changer notre manière de travailler, de vivre et même d’évoluer en tant qu’espèce. Plus qu’un changement technologique, cette convergence bionumérique pourrait transformer notre compréhension de nous-mêmes et nous amener à redéfinir ce que nous considérons comme humain ou naturel », a déclaré Van der Elst dans l’avant-propos du rapport.

« Guidé par son mandat, Horizons de politiques Canada a l’intention d’entamer un dialogue éclairé et significatif sur les futurs plausibles de la convergence bionumérique et sur les questions politiques qui pourraient en découler. Dans ce premier document, nous définissons et explorons la convergence bionumérique – pourquoi il est important de l’explorer maintenant, ses caractéristiques, quelles nouvelles capacités pourraient en découler, et quelques implications politiques initiales. Nous souhaitons engager un dialogue avec un large éventail de partenaires et de parties prenantes sur ce à quoi pourrait ressembler notre avenir bionumérique, sur la manière dont cette convergence pourrait affecter les secteurs et les industries, et sur l’évolution de nos relations avec la technologie, la nature, voire la vie elle-même », a-t-elle déclaré.

Le résumé du rapport décrit l’évolution des technologies numériques comme ayant eu jusqu’à présent des « effets puissants » sur la société, et indique également que la convergence bionumérique pourrait confronter les gens à des défis qui « d’une manière ou d’une autre… perturberont profondément nos croyances sur la société, l’économie et nos corps ».

La convergence bionumérique ouvre la voie à des façons entièrement nouvelles de :

– modifier l’être humain – notre corps, notre esprit et notre comportement;
– modifier ou créer d’autres organismes;
– modifier des écosystèmes;
– percevoir, stocker, traiter et transmettre des renseignements;
– gérer l’innovation dans le domaine de la biologie;
– structurer et gérer la production et les chaînes d’approvisionnement.

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Soulignant la convergence de l’humain et de la machine, le rapport définit explicitement la vision d’Horizons de politiques Canada.

« La technologie numérique peut être incorporée dans des organismes et des composantes biologiques peuvent faire partie intégrante des technologies numériques. Le croisement physique, la manipulation et la fusion de la biologie et du numérique créent des formes hybrides de vie et de technologie, chacune fonctionnant dans le monde tangible et possédant souvent des capacités accrues », indique le rapport.

Le rapport décrit « Trois voies par lesquelles la convergence bionumérique se concrétise« , à savoir :

  1. L’intégration physique complète d’entités biologiques et numériques
  2. L’évolution conjointe des technologies biologiques et numériques
  3. La convergence théorique des systèmes biologiques et numériques

Le document aborde également la modification génétique des systèmes biologiques et la technologie d’édition génétique CRISPR.

Le génie génétique des aliments, des ressources, des animaux, des insectes et même des humains a largement dépassé le stade de la phase de démarrage. Les organismes génétiquement modifiés (OGM) destinés à l’agriculture sont présents dans les assiettes du monde entier depuis le début des années 90. La grande majorité des aliments transformés que l’on trouve dans les rayons des supermarchés contiennent désormais des OGM non étiquetés. Aux États-Unis, il est fort possible que l’on vous serve une portion de saumon génétiquement modifié, conçu pour croître beaucoup plus vite que le saumon sauvage naturel.

L’édition génétique CRISPR appartient à la troisième génération de la technologie d’édition génétique. Depuis sa découverte, elle a attiré l’attention d’un grand nombre de chercheurs dans divers domaines et a suscité des investissements importants.

Les chercheurs ont publié une série d’articles dans le milieu universitaire et ont obtenu des résultats de recherche révolutionnaires grâce à des enquêtes et des études approfondies. Cette technologie s’est développée rapidement ces dernières années et a été largement appliquée dans de nombreux domaines, notamment en médecine.

La technologie CRISPR, développée en 2012, est utilisée à des fins commerciales depuis plusieurs années. CRISPR, prononcé « crisper », est un acronyme pour « Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats ». Son utilisation n’est pratiquement pas réglementée au Canada et aux États-Unis.

La convergence bionumérique, en revanche, porte la fusion de la biologie et de la technologie à un tout autre niveau.

Un article de 2019 rédigé par Peter Rüegg décrit comment la technologie CRISPR est utilisée pour créer des bio-ordinateurs – une intégration de la biologie cellulaire et de la nanobiotechnologie.

« Une équipe de chercheurs dirigée par Martin Fussenegger, professeur de biotechnologie et de bio-ingénierie au département de science et d’ingénierie des biosystèmes de l’ETH Zurich à Bâle, a maintenant trouvé un moyen d’utiliser des composants biologiques pour construire un processeur central flexible, ou unité centrale de traitement (CPU), qui accepte différents types de programmation. Le processeur développé par les scientifiques de l’ETH est basé sur une modification du système CRISPR-Cas9 et peut fonctionner avec autant d’entrées que souhaité sous la forme de molécules d’ARN », indique l’article.

Au Royaume-Uni, en mai 2021, le ministère de la défense a publié un rapport intitulé Human Augmentation – The Dawn of a New Paradigm. Le ministère y explore la convergence bionumérique dans les domaines de l’armée et de la défense.

« La collaboration civilo-militaire sera vitale. Les relations avec l’industrie et les universités seront essentielles pour comprendre comment les technologies émergentes d’augmentation humaine pourraient être réutilisées ou développées pour la défense. Bien qu’il ne s’agisse pas nécessairement d’un modèle que les organisations de défense occidentales souhaiteraient reproduire, l’expérimentation de l’augmentation humaine en Chine est menée par la People’s Liberation Army Academy of Military Science. Le rôle prépondérant de la Defence Advanced Research Projects Agency (DARPA) des États-Unis dans l’écosystème de l’innovation est un autre exemple de la manière dont les organisations de défense pourraient favoriser des liens de soutien mutuel avec l’industrie », indique le rapport.

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Sur le thème de l’augmentation humaine – un domaine de convergence bionumérique – le rapport du ministère britannique de la défense résume ses perspectives.

« Les technologies d’augmentation humaine offriront également de nouvelles possibilités d’accroître la capacité de survie. Les exosquelettes permettront au personnel de porter des armures plus lourdes avec un impact moindre sur leur endurance, leur vitesse et leur maniabilité. Le traitement des blessures sur le champ de bataille serait transformé en permettant de fournir des soins médicaux plus sophistiqués plus près du point de blessure. Il pourrait s’agir de sang synthétique en poudre, optimisé pour les traumatismes du champ de bataille et stocké à température ambiante jusqu’à son utilisation. Les tissus et les organes imprimés en 3D pourraient être conçus, fabriqués et appliqués plus en avant dans la chaîne médicale grâce à la chirurgie assistée par des robots ou à des chirurgiens utilisant la télémédecine. Chacune de ces technologies est en cours de développement actuellement et pourrait être utilisée dans les 20 prochaines années », indique le rapport.

À mesure que ces technologies futuristes continuent d’évoluer, il est possible que nous assistions à une évolution où le transhumanisme est la prochaine étape de la civilisation. Notre compréhension de la nature pourrait changer pour s’adapter à l’idée que la nature est prévisible, contrôlable, programmable et malléable en utilisant et en intégrant les technologies futuristes.

Ne vous y trompez pas. Il s’agit de transhumanisme et de technocratie purs qui visent à « l’intégration physique complète des entités biologiques et numériques » afin de « modifier l’être humain – notre corps, notre esprit et notre comportement ».

La façon dont nous y répondrons (avec les questions politiques qui pourraient en découler), dépendra de nous.


#presidentielles2022 Il est incompréhensible de ne pas parler davantage d’un sujet de société aussi important qu’est le transhumanisme, ce modèle civilisationnel qui s’instaure, ce changement civilisationnel en cours. A ce jour, pas un mot chez les parties progressistes et encore moins chez les parties traditionnelles. Comme d’habitude, c’est l’omerta ! Finalement, les parties conservateurs sont les seuls à en avoir parlé dans cette campagne présidentielle.

– Philippe de Villiers sur Cnews

– Philippe de Villiers #ZemmourTrocadero

– Laurence Trochu à Villepinte

– Jordan Bardella au Palais des Sports

Pourtant, le transhumanisme, l’homme augmenté, a déjà débuté officiellement en France sous Macron. Un comité d’éthique du ministère de la défense a rendu un rapport qui autorise les forces armées françaises à lancer des recherches sur le thème du soldat augmenté, et ce, sans aucune consultation de la société dans son ensemble.


« People could look back in 100 years and identify the coronavirus epidemic as the moment when a new regime of surveillance took over, especially surveillance under the skin which I think is maybe the most important development of the 21st Century, is this ability to hack human beings » – Yuval Noah Harari.

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