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Dans quelle mesure sommes-nous proches du transhumanisme observé dans « Years and Years »?

Une nouvelle étude suggère que le pont entre l’homme et la machine se referme plus rapidement que prévu

En regardant « Years and Years » de Russell T Davies, vous seriez pardonné d’avoir eu une crise de conscience majeure. D’une part, si l’on veut prendre la chronologie fictive de la série au pied de la lettre, les rêves de notre moi de sept ans ont finalement été réalisés : devenir à moitié cyborg sera possible d’ici 2025. D’autre part, les pires cauchemars de votre moi adulte, plus soucieux de la technologie, peuvent s’être matérialisés sur votre écran de télévision.

Les conclusions d’un groupe de recherche composé de scientifiques des universités de Harvard et de Surrey suggèrent que nous sommes sur la bonne voie pour vivre dans le monde transhumaniste que Davies nous présente dans la série extrêmement populaire.

L’étude, publiée la semaine dernière dans Nature, a permis à des scientifiques de fabriquer des « sondes à l’échelle nanométrique », qui sont utilisées pour lire les activités électriques intracellulaires des neurones. Leur capacité à mesurer l’électrophysiologie (le courant électrique qui circule dans les cellules) signifie que ces sondes sont un pas en avant important pour comprendre ce que le Dr Yunlong Zhao de l’Université de Surrey a qualifié, dans une interview accordée à Science Daily, de « l’intersection entre l’homme et la machine ».

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Anqi Zhang, une doctorante du laboratoire Lieber à Harvard qui faisait partie de l’équipe, explique : « La capacité à lire les activités électriques à partir de neurones est à la base de nombreuses applications d’interfaces cerveau-machine, telles que la cartographie de l’activité cérébrale et les prothèses neurales ».

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Lorsqu’on lui a demandé dans quelle mesure les prédictions du transhumanisme de Years and Years sont exactes, elle a répondu : « le domaine des interfaces cerveau-machine connaîtra des avancées significatives au cours des 10 à 15 prochaines années, aussi longtemps que nous pourrons nous attaquer aux limites actuelles des interfaces électrode-cerveau ».

Dans dix ans à compter d’aujourd’hui, le gouvernement paiera Bethany Lyons (Lydia West), l’un des personnages principaux de la série, pour obtenir un implant cérébral lui permettant d’interagir directement avec Internet; Dans 15 ans, Edith Lyons (Jessica Hynes) a son esprit et sa conscience transférés dans une version futuriste d’Amazon Alexa.

Selon Davies, le transhumanisme sera bel et bien établi d’ici 2034.

West, qui interprète Bethany, affirme que ce rôle lui a beaucoup appris sur ce qu’elle appelle « l’homme 2.0 ». « Nous y sommes presque. La plupart d’entre nous passons quotidiennement des heures au téléphone. Il est donc logique que la prochaine étape consiste à internaliser cela et à l’intégrer dans notre corps », dit-elle. « Je pense que nous ne sommes pas aussi loin que nous le pensons. »

Dans le cadre de ses travaux préparatoires au tournage de la série, West a déclaré dans le cadre de ses recherches qu’elle avait lu un article sur les futurs enfants opérés pour avoir une puce électronique insérée dans leur cerveau, qui servira de calculatrice humaine. Ainsi, tout enfant qui n’a pas cette puce sera pris au dépourvu à l’école et sera lentement chassé de la société. C’est un triste concept, dit-elle, mais je pense que le transhumanisme est la voie dans laquelle nous nous dirigeons au cours des 50 prochaines années.

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The Independent, Science Daily, Yunlong Zhao, Siheng Sean You, Anqi Zhang, Jae-Hyun Lee, Jinlin Huang, Charles M. Lieber. Scalable ultrasmall three-dimensional nanowire transistor probes for intracellular recording. Nature Nanotechnology, 2019; DOI: 10.1038/s41565-019-0478-y

1 Comment »

  1. On notera que dans Years and Years, les personnages ne sont pas tous obsédés par la recherche de l’immortalité. Ils ne cherchent pas à booster leurs capacités à coups de transmutations technologiques. Ce sont pour la plupart des gens ordinaires qui adoptent les technologies qu’on leur imposent, cherchent à nouer les deux bouts dans un contexte sociétal difficile. Contexte qui découle des stratégies géopolitiques sans que les changements technologiques n’aient métamorphosés la société en bien ou en mal.

    Le futur tel qu’on nous le présente dans Years and Years, c’est simplement notre présent avec des technologies différentes. Est-ce réaliste? Pas tant que cela. Pour réduire les frais et rester dans le champs du divertissement, Years and Years fait l’impasse sur les fondamentaux de toute civilisation: Quelles énergies et matières utilise-t-on et qui les contrôle? Qui les contrôle? Quelle sera l’emprise des Etats centraux sur la société? La société de 2034 est pensée comme la société des années 1980 avec la technologie qui sera vulgarisé en 2080 sauf collapsus civilisationnel.

    D’après ce site, le (techno)transhumanisme est un mouvement radical qui veut favoriser le dépassement de nos limites biologiques par des transformations technologiques. De ce point de vue, je me demande en quoi Years and Years illustre « l’établissement du transhumanisme en 2034 ». Par contre, je me demande aussi si les technoprogressistes trouvent cette prospective attrayante? Je doute quand même qu’elle leur permette de gagner les cœurs et les âmes.

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