Skip to content

Concernant les premiers bébés génétiquement modifiés, suite

La science des bébés CRISPR bafouée

La communauté scientifique mondiale s’efforce de comprendre et de répondre à l’affirmation monumentale que les chercheurs aient aidé à concevoir les premiers bébés génétiquement modifiés au monde, dont l’ADN a été modifié alors qu’ils étaient embryons.

À Hong Kong, où scientifiques et éthiciens se sont réunis lors d’un sommet pour débattre justement de l’édition du génome humain, cette affirmation a étonné les organisateurs et a conduit à penser que la recherche – qui n’a pas encore été vérifiée – était contraire à l’éthique et potentiellement dangereuse.

En Chine, la Southern University of Science and Technology a cherché à se distancer des travaux menés par l’un de ses chercheurs. D’autres chercheurs chinois ont condamné le projet.

Aux États-Unis, l’Université Rice a annoncé qu’elle avait lancé une enquête sur l’un des membres de son corps professoral pour son implication dans la recherche. En outre, le NIH a réitéré son opposition à la modification de l’ADN d’embryons.

Chine : naissance des premiers bébés génétiquement modifiés

Pendant ce temps, He Jiankui, le chercheur principal, devrait aborder le sommet sur la modification du génome mercredi à Hong Kong, selon la déclaration du comité d’organisation :

« À la veille du deuxième Sommet international sur la modification du génome humain, nous avons été informés de la naissance en Chine de jumeaux dont les génomes embryonnaires avaient été modifiés. Le chercheur qui a dirigé les travaux, He Jiankui, doit prendre la parole au sommet mercredi.

Les critères selon lesquels des essais cliniques d’édition de génome héréditaire pourraient être considérés comme admissibles ont fait l’objet de nombreux débats et discussions parmi de nombreux groupes de recherche. De nombreuses études ont guidé la conduite d’essais cliniques d’édition du génome héréditaire.

L’une de ces études, un rapport publié en 2017 par les académies nationales américaines des sciences, de l’ingénierie et de la médecine, a conclu que des essais cliniques pourraient être autorisés après que des recherches précliniques examinées par des pairs clarifient davantage les risques et les avantages potentiels, uniquement pour des raisons médicales impérieuses en l’absence de solutions de rechange raisonnables, avec une transparence maximale et un contrôle strict.

Le rapport a noté que ces recherches devraient être abordées avec prudence et avec une large participation du public. Elle spécifiait un cadre réglementaire comprenant dix critères et structures recommandés.

Un deuxième rapport important, publié en 2018, qui résulte d’une enquête indépendante menée par le Nuffield Council on Bioethics au Royaume-Uni, précise également «les circonstances dans lesquelles des interventions de modification du génome héréditaire devraient être autorisées».

Il reste à déterminer si les protocoles cliniques ayant abouti aux naissances en Chine étaient conformes aux recommandations de ces études.

Nous espérons que le dialogue de notre sommet fera progresser la compréhension du monde des problèmes liés à l’édition du génome humain. Notre objectif est de veiller à ce que les recherches sur l’édition du génome humain soient menées de manière responsable, dans l’intérêt de toute la société. »

Modifier des embryons humains est moralement acceptable

Le scientifique malhonnête en cours d’investigation en Chine

Le scientifique He Jiankui, qui a prétendu avoir créé les premiers bébés génétiquement modifiés, fait actuellement l’objet d’une enquête pour violation potentielle de la réglementation chinoise.

He Jiankui a dirigé un projet secret chinois visant à produire des enfants dont les génomes ont été modifiés pour les rendre résistants au VIH. Il a ensuite publié une déclaration vidéo dans laquelle il affirmait que des jumelles en bonne santé, Lulu et Nana, étaient nées «quelques semaines auparavant».

Cette affirmation a déclenché une vague de critiques en Chine et dans le monde de la part d’experts, affirmant que l’expérience créait des risques inacceptables pour un objectif médical discutable.

Rapport du NAS sur l’édition du génome humain

3 Comments »

  1. La création de soldats transgéniques est une fatalité. Elle pose certains problèmes éthiques auquels les transhumanistes, notamment les technoprogressistes/hypershumanistes, ne doivent pas manquer de proposer des solutions.

    Extraits de la « Théorie du Super soldat » de Jean-François Caron
    (Lien : https://www.pulaval.com/produit/theorie-du-super-soldat-la-moralite-des-technologies-d-augmentation-dans-l-armee )

    Page 143 : « L’utilisation de technologies d’augmentation permanentes présente des avantages pour les membres de l’armée, mais elle comporte aussi des inconvénients majeurs. Le plus important est sans doute le manque de liberté auquel ses bénéficiaires devront potentiellement faire face. (…) Les soldats ayant subi des modifications génétiques seraient dès lors considérés comme des armes secrètes qui, pour des raisons de sécurité nationale, ne devraient pas tomber entre les mains de l’ennemi. »

    Page 128 : « Le philosophes transhumanistes considèrent l’eugénisme comme un devoir moral qui s’inscrit dans l’idéal des Lumière et rejettent toute association avec les politiques nazies. (…) En principe, le nouvel eugénisme permettrait à tous les individus inaptes le niveau génétique le plus élevé ».

    Page 134 : « Ensuite, en admettant que les sociétés acceptent de passer de la thérapie à l’amélioration, ces techniques devraient être mises à la disposition de tous, et non pas seulement d’une poignée d’individus, par le biais de subventions ou en les offrant gratuitement aux enfants de parents démunis. »

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Shares