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La plus grande étude de géo-ingénierie solaire au monde démarre aux États-Unis

D’ici 2022, les chercheurs de Harvard prévoient de disperser de petites quantités de deux matériaux dans la stratosphère dans l’espoir de répliquer les effets atmosphériques rafraîchissants d’une éruption volcanique d’envergure.

Une équipe de scientifiques américains sont prêts à procéder à des injections par aérosols dans la stratosphère (jusqu’à 20 km d’altitude = 12.4 miles) afin de valider la faisabilité technique d’une méthode permettant de résoudre le problème du réchauffement climatique. L’objectif est de simuler en toute sécurité les effets atmosphériques rafraîchissants d’une éruption volcanique de grande ampleur. Le projet de 20 millions de dollars porté par la Harvard University est le plus grand programme de géo-ingénierie jamais imaginé, et il sera lancé dans les prochaines semaines (début avril 2017).

Les scientifiques porteurs du projet visent à réaliser deux dispersions à petite échelle d’ici 2022. La première dispersera de l’eau dans la stratosphère, et la seconde dispersera des particules de carbonate de calcium. Dans le futur, des tests pourraient inclure également l’émission, dans l’atmosphère supérieure, d’oxyde d’aluminium ou peut-être même d’un élément plus exotique : des diamants.

Ces techniques imitent les altérations naturelles de la balance de radiation terrestre normale observées à la suite d’éruptions volcaniques d’envergure. L’éruption du Mont Pinatubo en 1991, par exemple, a engendré la baisse des températures de 0.5°C (9°F). En outre, l’éruption du Mont Tambora a rafraîchi la Terre avec des effets secondaires plus sinistres (maladies, mauvaises récoltes, et famines observées en Europe à la suite de cette éruption, l’année que nombreux appellent « l’année sans été »). En effet, une étude menée en 2013 par le service national britannique de météorologie, a émis une alerte selon laquelle la dispersion de particules fines dans la stratosphère pourrait engendrer une sécheresse dramatique en Afrique du Nord.

L’éventail de résultats imprévisibles et potentiellement dangereux justifie l’accueil assez froid du programme par la communauté scientifique. Et malgré le manque de solutions techniques fiables, il faut toutefois remarquer les efforts menés afin d’obtenir des solutions alternatives et dont les résultats sont plus probants. Ceci étant, il ne faut pas perdre de vue que, pour le moment, ces résultats ne sont pas la panacée.

“L’ingénierie [S]olar n’est pas la solution” a déclaré Kevin Trenberth, un des principaux membres du jury intergouvernemental des Nations Unies sur le changement climatique, lors d’un entretien avec The Guardian. « Réduire les effets des radiations solaires sur la Terre affecte la météo et le cycle hydrologique, engendre la désertification, déstabilise les choses et pourrait déclencher des guerres. Les effets secondaires sont nombreux, et nos modèles sont loin d’être capables de prédire les résultats à l’avenir ».

Des pays tels que la Chine ont travaillé avec ardeur sur les façons de réduire les émissions et d’adopter des solutions énergétiques propres. Et alors que les instances politiques officielles des US semblent faire fi de toute discussion relative au changement climatique (quand ils ne dénient pas tout simplement les effets de l’activité humaine sur le réchauffement climatique), une équipe leader composées de techniciens de haut vol aux USA recherche très activement des solutions à ce problème avec pour objectif de réduire les émissions. L’État de Californie qui continue également ses travaux de réduction des émissions, engage le reste des USA dans cette démarche.

Même les scientifiques à la tête du programme à Harvard reconnaissent que la géo-ingénierie doit constituer une méthode complémentaire plutôt qu’un moyen offensif de réduire les émissions. Quoi qu’il en soit, ils affirment qu’il est vital que nous en apprenions plus sur la géo-ingénierie dans l’éventualité où nous aurions besoin de nous en servir à l’avenir. Frank Keutsch, professeur de sciences atmosphériques et coordinateur de l’expérimentation, donne le nom de « perspective terrifiante » au déploiement d’un système de géo-ingénierie solaire. Et d’ajouter « Mais il serait dramatique de préférer l’ignorance à la connaissance dans une situation comme celle-ci ».

traduction Virginie Bouetel

The Guardian, New York Times, Harvard’s Solar Geoengineering Research Program, Futurism

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