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Un lien avec les téléphones portables et le cancer a été trouvé. Devrions-nous être inquiets ?

Les rayonnements des téléphones portables semblent causer une légère hausse dans deux types de cancers chez les rats, mais n’allez pas jeter votre téléphone par la fenêtre pour l’instant.

Une étude du gouvernement de deux ans a trouvé une petite augmentation de deux types de cancer chez les rats masculins exposés au genre de rayonnement que les téléphones portables émettent. Étant donné l’ubiquité (l’omniprésence) de l’utilisation de téléphone cellulaire, les implications de ces résultats sont substantielles, si elles sont répliquées chez l’homme.

Les scientifiques ont étudié un lien possible entre les téléphones portables et le cancer pendant des décennies, et ils en sont arrivés à des résultats mitigés. Une grande étude en Australie qui a été publiée ce mois-ci, a suivi l’incidence du cancer du cerveau à partir de 1982 à 2012 par rapport à l’utilisation du téléphone portable, qui est passé d’inexistant à 90 % de la population du pays durant cette période. Même en tenant compte d’un temps de latence de 10 ans après la première exposition à des radiations, l’étude n’a trouvé aucune augmentation des cancers associés à l’utilisation de téléphone cellulaire. Des études antérieures avec une méthode similaire avaient aussi échoué à trouver un lien.

Le dernier travail (PDF), publié en ligne le 26 mai 2016, complique les choses. Des chercheurs du U.S. Government’s National Toxicology Program (Programme national de toxicologie, un programme fédéral des ÉtatsUnis) ont passé deux ans en exposant 2500 rats et souris à des niveaux de rayonnement variables émis par deux protocoles sans fils couramment utilisés sur les téléphones cellulaires, GSM, CDMA, à des fréquences de 900 Megahertz ou 1900 Megahertz. Les résultats sur les rats sont les seuls publiés. L’étude a trouvé une petite augmentation dans l’incidence de gliomes, un cancer du cerveau, et le neurinome (ou schwannome), une tumeur trouvée dans le cœur des rats mâles. Les rats femelles et les rats exposés in utero n’ont montré aucune augmentation dans l’incidence de tumeurs.

En 2011, l’Organisation mondiale de la santé (World Health Organization) a caractérisé les téléphones portables dans le groupe des cancérigènes 2B, dû en grande partie à une étude Interphone de 2007 qui suggérait que des grands utilisateurs de portables avaient un risque augmenté de 40% du gliome par rapport aux autres groupes. Mais la classification 2B est un peu déroutante, puisqu’elle inclut les pesticides DDT et les pots d’échappements de voitures, mais aussi le café et les légumes marinés. L’opinion officielle est qu’être classé dans le groupe 2B signifie que les téléphones portables sont « potentiellement cancérigènes pour les humains ».

Quelques-unes des mises en garde de la dernière étude rendent les choses encore moins claires : les rats mâles exposés aux rayonnements des téléphones portables ont réellement vécu plus longtemps que le groupe témoin, par exemple. Les opinions semblent également varier en fonction de qui vous demandez. Ron Melnick, un ancien chercheur à la NTP qui dirigeait le projet jusqu’à sa retraite en 2009, a déclaré au Wall Street Journal : « Quand les gens disaient qu’il n’y avait pas de risque, je pense que ce genre d’affirmation est terminée. » Le NIH (National Institutes of Health), quant à lui retient le jugement, publiant une déclaration soulignant l’absence de preuves du risque de cancer trouvé dans les études précédentes.

Alors, où est-ce que cela nous mène, nous les utilisateurs quotidiens de téléphone portable ? A peu près au même endroit où nous étions avant la sortie de l’étude. Il n’y a aucune raison de douter de la véracité de l’étude NTP, mais cela déclenchera probablement un nouveau tour de débats sur la question. Mais le poids de l’évidence n’est pas en accord avec ce faible signal détecté chez les rats. Jusqu’à ce que des résultats similaires soient répliqués sur les personnes, il n’y a pas de quoi s’en faire.

Traduction Benjamin Prissé

Autre lien pour l’étude (PDF)

MIT Technology Review

Lire la suite : Wall Street Journal, The Conversation, STAT, “Cell Phone Use a ‘Possible’ Cancer Risk

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