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Surtout ne mens pas : un thriller d’Elena Sender autour des body hackers et du transhumanisme

Elena Sender est journaliste spécialisée dans les neurosciences au magazine Sciences et Avenir, et suis depuis plusieurs années le milieu des « body hackers » la branche active du « transhumanisme.

A paraître ce jeudi 24 septembre 2015, chez XO éditions

Erik, un chercheur islandais de renom, spécialisé dans l’étude du cerveau, qui est retrouvé pendu, a isolé l’AT37, une molécule capable d’attirer les neurones nouvellement issus de la neurogenèse dans une région du cerveau choisie. Le flic qui enquête sur son suicide, rencontre des « amis » d’Erik qui s’avèrent être des body hackers. Ceux-ci sont notamment intéressés par cette molécule qui permettrait, certes, aux malades de retrouver leurs capacités neuronales mais aussi aux humains « non-malades » de développer des capacités extraordinaires, une super-intelligence, de passer à l’ère du Post-Humain, de l’homme « augmenté ».

L’AT37 est inspirée par une molécule qui a réellement été découverte chez la souris (l’auteur Elena Sender en a changé le nom) et qui s’avère être très prometteuse pour toutes les maladies neurodégénératives. La question de son utilisation chez l’Homme lui a inspiré la base de ce thriller.

Avec l’aimable collaboration des éditions XO, nous vous proposons aujourd’hui de découvrir un extrait inédit en exclu, d’une body-hacker, Pandora, qui explique sa philosophie (p. 198-200)

— Il voulait faire partie du mouvement, expliqua Pandora. Quand je l’ai vu ce soir‑ là – on a bu un verre au Mundo –, il était en pleine quête de sens. Il cherchait le moyen de prendre le train de l’évolution en marche. Il n’avait pas encore entamé sa démarche de transformation.
— Transformation ?
— Il voulait explorer ses possibles.
— Du genre ?
— Le mieux est de commencer par l’implant d’aimants dans les doigts, ou la jambe. Et puis de puces électroniques aussi. De capteurs…
— Pour quoi faire ?
— Je lui ai expliqué que nous atteindrons un jour le point de singularité. Cette super‑intelligence qui émergera lorsque l’humain et la machine fusionneront…
On a montré que ce point de singularité pourrait être atteint aux alentours de 2045.
Pandora consulta son smartphone, tandis que Raphaël l’observait, circonspect. Comment imaginer qu’Hilgarson ait pu se laisser séduire par cette femme surréaliste ainsi que par le désir de ne pas se contenter d’être tel que ses gènes l’avaient programmé ?
La danseuse envoya un tweet et poursuivit sur sa lancée :
— Je lui ai expliqué qu’il pouvait dépasser les limites que son corps lui impose. Voyez, par exemple, c’est idiot d’avoir faim. J’aimerais ne plus avoir besoin de m’arrêter trois fois par jour pour manger. Alors j’ai commencé une alimentation à base de gélules ou de gel hyperprotéiné.
Elle ne s’arrêtait plus.
— Nous, posthumains, serons pourvus de capacités physiques et intellectuelles dépassant celles de l’homme moderne. Nous deviendrons notre propre créateur.
— Mais, concrètement, comment ?
— Par la convergence.
Raphaël fronça légèrement les sourcils. Il avait l’impression que la créature bleue était en train de le prendre pour un idiot.
— La convergence des quatre technologies NBIC qui seront à la base du posthumain, poursuivit Pandora, les yeux brillants. D’abord les nanotechnologies, qui permettront de créer des matériaux avec une précision quasi atomique, et donc de faire émerger de nouvelles propriétés. Par exemple, en cas de maladie, comme le cancer, des nanorobots seront lâchés dans ma circulation sanguine pour aller délivrer les médicaments sur la tumeur. B, c’est pour biologie. Mais pas de la biologie à l’ancienne. Il est question de créer des êtres vivants totalement nouveaux en synthétisant de l’ADN. I, c’est pour informatique, l’intelligence artificielle, la robotique. Et enfin C, pour cognition.
Qui englobe toutes les avancées en neurosciences : lire les pensées, lire les rêves et les manipuler. Tout cela converge pour fabriquer l’homme et la femme de demain.
Raphaël se taisait. Faisait‑il face à une secte de fous furieux, ou bien à l’évolution humaine en marche ? À la fois fasciné et abasourdi, il se sentit pris de court. Il se raccrocha aux branches comme il le pouvait.
— Vous aviez donc une relation intime avec Erick Hilgarson.
La danseuse le jaugea.
— Oui.
Elle avait dit cela comme une évidence.
— Et ensuite, que s’est-il passé ?
— Il a développé des sentiments amoureux.
Là aussi, c’était une évidence.
— Pas vous ?
Pandora le toisa, l’air de dire : « Tu m’as bien regardée ? » Raphaël s’éclaircit la gorge.
— Vous voulez dire que dans votre nouveau système de pensée, posthumain, le fait de tomber amoureux est totalement dépassé ?
— L’évolution extrême sera de pouvoir contrôler aussi ses sentiments et ses émotions, oui. Par des médicaments, des stimulations cérébrales ou des implants.
On pourra aimer ou ne plus aimer, à volonté et sans souffrance.
D’un doigt, elle désigna sa tête.
— Toutes les sensations remontent vers le cerveau. Lorsque nos consciences seront numérisées sur ordinateur, nous leur ferons éprouver des sensations sexuelles. Elles seront modulables et donc plus longues, plus intenses que nos pauvres orgasmes. Deux esprits chargés sur ordinateur pourront décider de partager leurs consciences ainsi, ce sera une fusion totale, du sexe par télépathie.

Pour faciliter la lecture, vous pouvez télécharger le PDF

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