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Et si vous vous projetiez en 2070 ?

ISBN-10: 1980986193

Dans son roman « La théorie de la paire », Evelyne Boury-Sipelgas dresse le panorama d’une société gérée par de nouvelles règles internationales imposées dans tous les pays dès 2069, avec la mise en place d’une supra-organisation. Pour faire face à la surpopulation, une répartition s’est instaurée entre le jour et la nuit. Jack a la chance d’être affecté le jour. Il a rejoint sa moitié à Barcelone où il a l’obligation de vivre avec elle. Ce n’est pas celle que vous croyez mais c’est la personne du même sexe, identifiée par le système, une fois le cerveau mature. Sur le plan psychologique, elle correspond à la personnalité la plus proche de celle de Jack. L’organisation des espaces de vie est dorénavant orchestrée par la théorie de la paire, qui impose l’interdiction de rencontrer sa moitié. Véritable paradoxe. Qu’est-il craint ? Chercheur brillant, passionné par la génétique et le cerveau, Jack n’hésite pas à rompre le pacte. Il va rencontrer Maxime et s’associer avec lui pour découvrir les failles de cette théorie. Si le problème de la faim est résolu, la survie dépend de la capacité à garantir l’espace : c’est la dépendance géographique absolue. Alors qu’Oriana n’a toujours pas été appelée par le Conseil, elle aide Jack et part à la recherche de ses parents.

Il s’agit d’une fiction. Néanmoins, deux thématiques clés y sont abordées, ouvrant une véritable réflexion sur l’évolution technologique en cours. L’intelligence artificielle est omniprésente. La théorie de la paire est basée sur un système algorithmique ultra-puissant. Grâce aux avancées spectaculaires réalisées sur le cerveau, celui-ci permet d’identifier la clé obligeant chaque individu à se soumettre à la loi. Question de survie. L’ambition transhumaniste conduit à une surpopulation dont il est crucial d’assurer la gestion face à l’épuisement des lieux de vie.

Au moment où sont les débats toujours aussi insuffisants sur ces thématiques, ce roman les manie avec style et humour pour laisser place à la réflexion. Raccroché à notre quotidien au travers des deux protagonistes centraux, il nous livre un message transgénérationnel fort qui constitue le fil rouge d’une prise de conscience avertie. Faire bouger les lignes est bien son intention afin que « La théorie de la paire » ne puisse jamais naître, où que ce soit. La relation d’amitié attachante entre Jonaz, un sexagénaire et Joy, une jeune lycéenne de 16 ans nous touche et nous bouscule profondément. Plus que tout, le lecteur en sort encore plus vivant.

Evelyne Boury-Sipelgas travaille dans un groupe de télécommunications au sein de la Direction Digitale et Marketing. Ce premier roman auto-édité est disponible sur Amazon.

Extraits

Tous connaissaient la théorie selon laquelle chacun posséderait un ou plusieurs sosies dans le monde. Mais la probabilité de se retrouver un jour face à son sosie était si faible qu’elle n’inquiétait guère. En revanche, une autre théorie proposait une réelle mutation : un système plus écologique et plus équilibré, dans lequel tout était divisé par deux. Les nouvelles règles internationales avaient été imposées dans tous les pays. D’effet direct, elles supplantaient toutes les lois nationales, quel que fût le pays de résidence.

[…] L’Organisation Internationale des Échanges Humains avait été créée en 2068. Son objectif premier consistait à gérer la surpopulation. Elle tentait de donner un cadre de vie acceptable et digne à chacun, partageant les ressources entre le jour et la nuit. Il s’agissait d’une mesure d’équité, acceptée par tous. L’espace translumineux avait fait le reste.

[…] C’était huit mois environ après qu’il avait appris la mise en place de la nouvelle organisation. Jack se disait toujours qu’il avait le temps… Cela n’avait pas changé fondamentalement sa vie puisque sa moitié lui ressemblait. Elle disposait du même mode de raisonnement, éprouvait les mêmes sentiments et les mêmes émotions que lui.

[…] L’opération ne semblait pas risquée. Il était fréquent de renouveler les cellules malades ou défectueuses par des cellules de substitution. Les plus grands hôpitaux avaient développé leurs services spécialisés dans les organes de remplacement depuis fort longtemps. Tout, de la tête aux pieds, pouvait être reproduit. Avec des années de recul, c’était une technologie largement éprouvée. Sur un simple catalogue, il suffisait de choisir la pièce à remplacer et de passer à la caisse.

[…] La famille de Jack apprit la nouvelle de sa mort comme une bombe. Certains scientifiques avaient bâti leur renommée sur la pose fréquente de substituts. Tout le monde s’était vu proposer une permutation au moins une fois dans sa vie. Jeanne avait besoin d’un cerveau neuf. Une tumeur ravageait le sien, il fallait intervenir, et vite. Via l’interrogation des learning-serveurs, les caractéristiques de ses données cellulaires neurologiques avaient été comparées aux millions d’informations des autres patients atteints des mêmes anomalies. Très rapidement, l’équipe médicale avait posé un diagnostic sévère en s’appuyant sur les préconisations.

[…] Son liquide céphalo-rachidien était pollué par un produit encore inconnu. Le binôme professeur-bot qui l’avait opérée avait transfusé le contenu de son cerveau pour le remplacer par un liquide totalement sain. Mais le phénomène survenu était des plus rares, la poche malade contenant ce liquide était poreuse. En jouant le rôle de filtre, elle contaminait immédiatement toute injection du nouveau liquide, aussi parfaite fut-elle. Cette enveloppe, composée de couches ultrafines restait très délicate à dupliquer. Les faits étaient sans appel. Renouveler le contenu du cerveau était réalisable mais le contenant était dégradé. L’opération avait une très forte probabilité d’échouer. La zepto-chirurgie se heurtait à une limite qu’aucun n’était encore parvenu à lever.

Pour contacter l’auteur : ebourysipelgas@gmail.com, Instagram, Facebook

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