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Les scientifiques sont sur le point de synthétiser un génome complet

La levure est l’amie des hommes. Ces eucaryotes unicellulaires sont utilisés par les hommes pour fabriquer une grande variété de produits, parmi lesquels des boissons alcoolisées et du pain. Des scientifiques se préparent à faire une percée dans le domaine de la bio-ingénierie, qui permettrait de créer des organismes synthétiques. Ces derniers pourraient à leur tour mener à la production de nouveaux médicaments et de carburants.

Une équipe internationale de chercheurs a pu mettre au point un moyen de synthétiser une grande partie du code génétique d’une levure. Avant cela, l’équipe avait réussi à synthétiser en totalité l’un des 16 chromosomes d’une levure. A ce jour, l’équipe a publié une série d’articles dans la revue Science prouvant qu’ils avaient synthétisé cinq autres chromosomes, soit au total six. Selon leurs dires, ils seraient sur le point de finir les dix autres chromosomes pour former un génome complètement synthétique d’ici la fin de cette année.

De la levure aux génomes humains

Alors que la communauté scientifique reste méfiante quant à la création du génome synthétique (synthèse du génome), beaucoup de chercheurs se sont réunis pour faire l’éloge des travaux réalisés pour ce projet. Dans un article traitant de ces travaux, Daniel Gibson, vice-président du DNA Technologies à Synthetic Genomics, a déclaré « Cela va vraiment nous permettre de comprendre comment concevoir des cellules, de leur développement à leur mort, qui pourront être reprogrammées pour de nombreuses applications ».

Et ce sont bien certaines de ces « nombreuses applications » qui inquiètent, entre autres, les bioéthiciens, les biologistes et les environnementalistes. Todd Kuiken du North Carolina State University’s Genetic Engineering and Society Center compare les effets potentiels que pourrait engendrer la libération accidentelle ou volontaire de ces organismes synthétiques à l’introduction d’espèces invasives. « Vous pouvez imaginer cela comme l’introduction d’une espèce invasive dans un environnement nouveau. Ce geste aura un certain impact sur le système ».

Le projet « levure » est réalisé dans des conditions accrues de sécurité et d’éthique. « C’est une toute nouvelle ère où nous avançons de petites modifications en petites modifications sur des gènes isolés jusqu’à ce que nous soyons capable d’écrire tout ce que nous souhaitons au travers du génome » confie George Church, éminent généticien à la Harvard University. « L’objectif est de pouvoir modifier le génome aussi radicalement que notre compréhension nous le permet ».

traduction Virginie Bouetel

NPR – Science, Science Magazine, SAVI, Futurism

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