Skip to content

Transhumanisme : L’avènement de l’Homme-Dieu

Depuis la nuit des temps, l’humanité a toujours été en quête de Dieu. Elle l’a cherché inlassablement dans la nature, dans le ciel, dans les temples, dans les livres… Mais aujourd’hui, cette recherche pourrait s’achever car une révolution est en marche : la religion transhumaniste.

Après Shiva, Zeus, Yahvé, Bouddha, Jésus et Allah, le nouveau Dieu n’est autre que l’Homme lui-même : grâce au progrès de l’intelligence artificielle et des nanotechnologies, les transhumanistes nous promettent la vie éternelle et des pouvoirs quasi divins d’ici une vingtaine d’années…

À en croire les techno-prophètes de la Silicon Valley, le temps de l’Homme-Dieu est arrivé.

Au début de la vidéo, voix-off de George Dyson, extraite du fabuleux projet IN LIMBO d’Antoine Viviani. L’historien du monde numérique George Dyson raconte les circonstances qui sont à l’origine du développement du monde numérique : un pacte avec le diable qui a scellé le destin du monde informatique à celui de la bombe H.

Anthony Levandowski, « Ce qui va être créé sera effectivement un dieu ».

Dans un entretien au magazine Wired, Levandowski croit qu’un changement est en train de se produire – un changement qui transformera tous les aspects de l’existence humaine, perturbant l’emploi, les loisirs, la religion, l’économie, et peut-être même notre survie en tant qu’espèce.

« Si vous demandez aux gens si un ordinateur peut être plus intelligent qu’un humain, 99,9 pour cent diront que c’est de la science-fiction », dit-il. « En fait, c’est inévitable. »

Elon Musk, « Avec l’intelligence artificielle, nous invoquons le démon ».

Elon Musk, a déjà mis en garde contre l’intelligence artificielle, affirmant qu’elle pourrait être plus dangereuse que les armes nucléaires. Lors de son discours devant le Symposium du centenaire du département aéronautique et astronautique du MIT, Musk a qualifié cette menace de plus grande menace existentielle :

« Je pense que nous devrions faire très attention concernant l’intelligence artificielle. Si je devais deviner quelle est notre plus grande menace existentielle, c’est probablement ça. Nous devons donc être très prudents avec l’intelligence artificielle. De plus en plus de scientifiques pensent qu’il devrait y avoir une certaine surveillance réglementaire, peut-être au niveau national et international, juste pour s’assurer que nous ne faisons pas quelque chose de très stupide. Avec l’intelligence artificielle, nous invoquons le démon. Dans toutes ces histoires où il y a le type avec le pentagramme et l’eau bénite, c’est comme s’il était sûr de pouvoir contrôler le démon. Ça n’a pas marché. »

Mormon Transhumanist Association

A ne pas manquer !  Transhumanisme : TechnoCalyps

12 Comments »

  1. @Gregory Aimar

    Pour exemple, vous trouvez que Dassault est aussi critiqué que les transhumanistes? Faites une simple recherche sur l’actualité du dernier mois, puis sur le dernier semestre. Quelle proportion d’articles critiquant Dassault par rapport à ceux qui critiquant les transhumanistes? Soyons honnêtes, les transhumanistes sont bien plus critiqués que les marchands d’arme qui font aussi, il est vrai, beaucoup moins le buzz. Et quand ils le font, c’est pour présenter leurs dernières créations qui flattent l’orgueil national ou suscitent l’envie. Il faut relever à ce sujet que celui qui critique les marchands d’arme de son pays s’exposera lui-même à de virulentes critiques. En revanche, qui critique les transhumanistes ne suscitera que peu de réaction.

    Comme vous le soulignez, l’hypocrisie n’est pas dans le fait de critiquer l’une ou l’autre dimension du transhumanisme et c’est un droit reconnu par les transhumanistes eux-mêmes. Je n’ai aucun problème personnellement avec les critiques et interrogations de cet ordre. Ce qui me dérange, c’est que l’on donne une image réductrice du transhumanisme à des fins de dénigrement et je ne vous met pas en cause. Justement, je m’interrogeais plus haut sur la justesse de l’importance attribuée à l’immortalisme et au singularisme au sein du mouvement. Logiquement, le fait que les contempteurs du transhumanisme se focalisent sans cesse sur ces dimensions, les moins reluisantes, ne veut pas dire que ce sont effectivement les objectifs principaux de la majorité des transhumanistes.

    Moi, je ne confond aucunement le transhumanisme avec la technophilie dont il n’est qu’une des expressions bien que ce soit le cas de nombre de transhumanistes déclarés. C’est notamment pour cela que je condamne l’assimilation systématique de toute opposition au transhumanisme avec de la technophobie ou du bioconservatisme, réflexe courant chez les transhumanistes en mal d’argument. Les trekkies, par exemple, ne sont ni majoritairement transhumanistes, ni technophobes; c’est un euphémisme. Je constate simplement que beaucoup de transhumanistes sont des technophiles qui se différencient finalement très peu des technophiles plus classiques. C’est l’une des faiblesses de la mouvance qui une nébuleuse de factions désunies et sans « modèle transhumaniste » à nous vendre dans l’immédiat. C’est aussi pour cela que je critique ceux qui nous vendent « le transhumanisme » comme la solution aux problèmes climatiques ou autres … sans pouvoir nous dire de quoi ils parlent concrètement!

    Comme je l’ai précisé plus haut, je n’aime pas les portraits réducteurs du transhumaniste. Nous tombons d’accord sur le fait que les projets transhumanistes doivent être régulés par les pouvoirs publics: pas de chaos. Or, il existe des technoprogressistes, tel Nick Bostrom, qui ne sont ni immoraux, ni consumés par l’hubris. Ils sont partisans d’un tel encadrement en plus d’une politique publique pour la garantie de l’accès de masse populaire aux nouvelles technologies. Quelle est leur audience médiatique? A l’instar des musulmans modérés, elle est bien moindre que celles des extrémistes de la mouvance. D’où mes réserves sur l’importance supposée de l’immortalisme et du singularisme, des domaines sur lequel ils ont des positions bien plus modérées que celles des théoriciens les plus médiatisés. Donc, finalement, qui sont les vrais mentors des transhumanistes hors des USA? Kurzweil? Bostrom? More? Alexandre? Et que veulent-ils réellement?

  2. En fait, vouloir trans-former l’homme c’est la définition même du trans-humanisme. Après, on peut trouver des nuances dans l’approche (il y a différents mouvements), mais certains (beaucoup) sont réellement en quête d’immortalité (ce qu’on cherchait auparavant dans les religions) et attendent d’une super IA qu’elle réponde à toutes nos questions existentielles ou non (ce qu’on attendait auparavant de Dieu). Le transhumanisme est évidemment un substitut à une spiritualité perdue, que ce soit conscient ou inconscient.

    • @Grégory Aimar

      On peut se demander s’il y a tant d’immortalistes ou de singularistes parmi les transhumanistes, notamment hors des USA. Les figures du courant immortaliste ou singulariste sont surmédiatisées. En prolongement, les innombrables détracteurs du transhumanisme se focalisent (hypocritement) sur l’immortalisme et le singularisme comme s’il n’y avait rien d’autres dans le transhumanisme.

      Moi qui ne suis pas transhumaniste, j’ai la conviction, après une longue étude de la mouvance, que la majorité des transhumanistes sont simplement des technophiles pragmatiques qui aspirent essentiellement à deux choses:
      1° vivre plus longtemps et heureux (comme tout le monde)
      2° accéder à certains nouvelles technologies génératrices de confort: voitures volantes, robots humanoïdes domestiques, culture d’organe.

      Leur transhumanisme s’exprime surtout par une sympathie pour des projets modérés d’augmentation de l’individu. Clairement, ce sont les augmentations les moins visibles et transformatrices plaisent le plus: nanotechnologie plutôt que transgénèse, greffe d’organe plutôt que cyborguisation.

      • @Lame (L’âme ? Pardon, c’était irrésistible ;))

        Je ne vois pas où est l’hypocrisie dans le fait d’interroger la dimension philosophique du transhumanisme, qui en est le fondement. Ça remonte au 19ème siècle avec Nikolaï Fiodorov, voire plus loin encore.

        En outre, les voitures, les robots et autres objets de consommation de la « tech » ne sont pas en question là. Il s’agît du corps humain et de son esprit. Les questions que pose le transhumanisme sont : est-il légitime pour l’homme de chercher à dépasser les lois de la nature ? En mesure-t-il les conséquences ? La promesse d’éternité technologique est-elle crédible ? Aujourd’hui des milliards sont investis dans le but affiché de créer une IA omnipotente et omnisciente (et potentiellement incontrôlable), ou encore pour transférer la conscience humaine (soi disant) dans des machines. Les enjeux de ces recherches sont vertigineux.

        L’augmentation de l’individu n’est pas un projet modéré, par essence. C’est un projet philosophiquement radical qu’il est important de questionner !

        • @Grégory Aimar:

          Si vous en doutiez, mon pseudonyme est bien « Lame » et pas « L’âme ».

          Comme je l’ai écrit plus haut, je vois l’hypocrisie dans la volonté de certains de ses contempteurs de réduire le transhumanisme à l’immortalisme et au singularisme car ces gens-là sont assurément suffisamment informé sur le transhumanisme pour savoir qu’il ne se réduit pas à cela.

          Les objets de consommation de la tech ne sont pas la question pour vous mais bien pour la majorité des transhumanismes qui sont des gens inoffensifs. Tous les transhumanistes, même parmi les immortalistes, ne sont pas des partisans du minduploading. Tout transhumaniste ne croit pas de facto que produire un « clone » informatique ou une mauvaise copie d’eux-même leur confère l’immortalité. Je n’ai rien contre la critique des transhumanistes qui entrent dans ces catégories tant qu’ils sont perçus comme DES transhumanistes et non LES transhumanistes.

          Pour ce qui est de dépasser les lois de la nature, je ne vois pas de quoi on parle. Par définition, on ne peut rien réaliser à contrario des lois universelles. Le dépassement des lois de la nature n’existe pas. « Contre-nature » est un terme d’origine religieuse qui fait référence à la pureté ou la moralité. Le transhumaniste qui cherche à devenir plus intelligent ou plus fort n’est pas plus immoral que les inventeurs des machines à vapeurs, des avions, des premières machines-outils, des fusils… Sont-ils critiqués jour après jour comme le sont les transhumanistes?

          L’augmentation de l’individu n’étant pas un changement technologique pas plus modéré que les autres, il doit faire l’objet d’un encadrement tout aussi rigoureux. Comme je l’ai dit dans d’autres commentaires, le changement technologique n’est pas bon ou mauvais en soi. Toute nouvelle technologie dont l’usage n’est pas correctement régulé et orienté par l’Etat produit généralement des effets négatifs.

          • @Lame

            Je ne vois toujours pas d’hypocrisie à interroger, ou même à critiquer une des dimensions largement démontrée du transhumanisme, qui est cette recherche de toute-puissance et d’immortalité.

            Je pense que vous confondez transhumanisme (transformation radicale de l’humain) et technophilie (goût pour l’amélioration du quotidien grâce à la technologie).

            Pour ce qui est des lois de la nature, il ne s’agit pas de faire de la morale, mais de prévenir l’hubris : l’illusion de pouvoir dépasser ces lois impunément. Manipuler la matière peut être dangereux, comme nous l’a démontré l’énergie nucléaire. Ou comme nous le démontre actuellement le changement climatique. (Oui, les acteurs de l’industrie de l’énergie et de l’armement sont autant, voire plus critiqués !)

            Nous sommes donc d’accord sur la nécessité d’encadrer et de réguler les avancées dans ce domaine. Cette vidéo est une réflexion qui tend à contribuer à cet encadrement.

  3. Erreur sur le concept. Les transhumanistes ne veulent pas devenir Dieu(s). Ils ne veulent pas créer des univers. Ils ne veulent pas qu’on les vénère, qu’on leur chante des louanges ou que construisent des temples à leur honneur ni punir les hommes pour leur comportement.
    Ils veulent juste améliorer la condition humaine.

      • @Noureddinne2: Une caméra de surveillance est un outil d’observation dénué de pensée. Elles permettent à des opérateurs d’observer une zone dans la but de repérer des dangers, prévenir des délits ou récolter des informations.

    • @Sylvain: Il est certain que cet article pose un généralisation surannée. Les transhumanistes ne sont pas des posthumanistes qui veulent transformer l’homme/se transformer en dieu immortel.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Recommandé
Dans une nouvelle histoire étonnante du New York Times, les…