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Des scientifiques veulent choquer le cerveau des prisonniers pour combattre l’agressivité

Les prisons sont souvent en proie à la violence. Mais cela pourrait changer si une expérience à venir produisait l’effet souhaité – et si la société pouvait supporter les implications éthiques de bricoler le cerveau des détenus.

Des chercheurs de l’Université espagnole de Huelva ont déclaré à New Scientist qu’ils allaient bientôt lancer une étude pour voir s’ils pouvaient calmer les pulsions violentes des détenus de la prison de Huelva en les traitant par stimulation transcrânienne à courant continu (tDCS), c’est-à-dire en électrocutant le cerveau des détenus.

« L’étude visera à déterminer si le tDCS a un impact sur différentes évaluations de l’agressivité », a déclaré Andrés Molero-Chamizo, responsable du projet, à New Scientist. « Ça pourrait aider à maintenir l’ordre dans une prison. »

Les chercheurs prévoient d’enrôler un minimum de 12 volontaires de sexe masculin purgeant des peines d’emprisonnement pour meurtre. Pendant trois jours consécutifs, ils attacheront des électrodes à la tête de chaque homme et allumeront un courant électrique pendant 15 minutes, un processus qu’ils disent indolore.

Au début et à la fin de l’expérience, chaque sujet répondra s’il est d’accord ou non avec une série d’énoncés, comme « de temps en temps, je ne peux pas contrôler l’envie de frapper une autre personne ».

En plus de cette auto-déclaration, l’équipe espère aussi collecter des échantillons de salive de chaque homme afin d’évaluer leur taux de cortisol et de déterminer si l’hormone de stress peut aider à comprendre l’agressivité du détenu.

Ce n’est pas la première fois que l’équipe de l’Université de Huelva teste la capacité de la stimulation électrique du cerveau pour freiner les tendances violentes des détenus. En janvier, elle a publié les résultats d’une autre étude portant sur un groupe de 41 détenus. Cette expérience s’est concentrée sur un autre type de tDCS, mais elle a donné des résultats prometteurs.

Cependant, certains remettent en question l’éthique de l’expérimentation sur des prisonniers.

« J’ai de grandes inquiétudes à ce sujet », a déclaré Delaney Smith, psychiatre médico-légale, au New Scientist. « La prison est un environnement intrinsèquement coercitif. Les prisonniers pourraient toujours penser que cela pourrait leur être bénéfique à l’avenir. »

Néanmoins, si le tDCS est en mesure d’aider les détenus à freiner leurs pulsions violentes, cela pourrait être un moyen prometteur d’assurer la sécurité des détenus pendant qu’ils purgent leur peine derrière les barreaux.

Une étude similaire, publié en juillet 2018 conduite par des chercheurs de l’université de Pennsylvanie, a montré que des électrochocs rendraient les personnes moins susceptibles de commettre un acte violent. (Stimulation of the Prefrontal Cortex Reduces Intentions to Commit Aggression: A Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled, Stratified, Parallel-Group Trial.).

Dans un article d’avril 2002 sur Wired, il est question des différents usages et techniques de la stimulation magnétique transcrânienne (TMS). Le chercheur américain en neurosciences cognitives et professeur d’université Michael A. Persinger, avançait que la TMS pourrait être utilisée pour contrôler l’esprit, dans un article publié en 1995 dans Perceptual and Motor Skills Volume 80, Issue 3, June 1995: 791–799., titré « On the possibility of directly accessing every human brain by electromagnetic induction of fundamental algorithms ».

José Delgado, célèbre pour ses recherches sur le contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau, a été accusé de mettre au point des dispositifs de contrôle de l’esprit « totalitaire », Dr José Delgado a entamé son enquête sur la douleur et le plaisir de la stimulation électrique en Espagne durant les années 1930. Il devient ensuite directeur de neuropsychiatrie à Yale University Medical School, où il a affiné la conception de son « stimulateur transdermique » commandée à distance (contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau, utilisé pour stimuler les émotions et contrôler le comportement, susciter des réactions physiques spécifiques). Le Dr Delgado a découvert que toute une gamme d’émotions et de comportements peuvent être électriquement orchestrés chez les humains et les animaux. L’individu n’a pas la capacité de résister à un tel contrôle si stimulé. [Livre de José M. R. Delgado, M.D. (Harper & Row, NY, 1969) Physical Control of the Mind: Toward a Psychocivilized Society].

Les recherches sur les interfaces cerveau-ordinateur ne sont pas sans connotation de mauvais augures.

New Scientist

3 Comments »

  1. Comment lire des articles pareils sans être révoltés par le « calme cynisme » et le ton volontairement lénifiant dont se parent de soit-disants  » journalistes scientifiques » pour relater ce qu’ils osent appeler des « études scientifiques » mais qui sont en réalité des expériences dignes de Mengele ou de « Vol au dessus d’un nid de coucous ».

    Et l’on sent bien que l’on ne met pas franchement en cause le PRINCIPE même de ces expériences ahurissantes qui ont déjà « donné des résultats prometteurs » (sic) mais que l’on se pose plutôt la question de « l’impact sur l’agressivité » des détenus, sachant que l’on a déjà montré que « des électrochocs rendraient les personnes moins susceptibles de commettre des actes violents »……. on pourrait ajouter : dans les cas extrêmes, la chaise électrique est très efficace aussi d’ailleurs.

    La cause est donc entendue et l’américain moyen vote pour la gégène à la majorité absolue….. pour les détenus bien sûr …… sans même comprendre que ça ne s’arrêtera pas là évidemment.
    Il s’agit en fait dans l’esprit des pseudo-scientifiques qui manipulent ces concepts, de visées plus vastes (et franchement totalitaires) puisque l’on nous avoue benoitement que la « TMS pourrait être utilisée pour contrôler l’esprit » ….. .. Ben voyons.!!
    Et le pire, c’est que les pauvres types qui travaillent là-dessus ne s’en rendent probablement même pas compte ….

    Science sans conscience, …. etc.

  2. Si les détenus sont réellement volontaires et si le processus est vraiment indolore, on peut assimiler ce traitement à une thérapie.
    Mais, dans tous les cas, quelles sont les séquelles d’un tel procédé?

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