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Le transhumanisme n’est pas une option

Dernière mise à jour le 04/02/2019

Sapiens doit rapidement devenir Deus pour éviter l’extinction de l’Homo.

Pour beaucoup le transhumanisme est un mouvement sous la tutelle du Dr Frankeinstein qui regroupe savants fous et hérétiques souhaitant prendre la place de Dieu : géniteur de l’Homo Deus. Grâce à l’utilisation de l’intelligence artificielle, des biotechnologies, des nanotechnologies et de la génétique, nous serons en mesure de pouvoir vivre mieux et plus longtemps d’ici quelques décennies. Sur le plan cognitif, davantage d’intelligence, de créativité et d’empathie. Prothèses, implants, contrôle et communication par la pensée font déjà leur apparition : une équipe de neuro-ingénieurs américains vient de mettre au point une intelligence artificielle capable de convertir le signal électrique du cerveau en paroles,  leurs résultats viennent d’être publiés dans la revue Scientific Reports.

Afin de comprendre les enjeux fondamentaux du mouvement transhumanisme, il faut l’analyser sous le prisme de la théorie du Transformisme de Jean-Baptiste de Lamarck qui a précédée le Darwinisme et le Néodarwinisme. Le transformisme, ou la transmutation des espèces, repose sur l’hérédité des caractères acquis en réaction aux influences de l’environnement. Théorie surplombée par le Darwinisme qui évoque la notion de sélection naturelle, qui grâce à la génétique, va permettre à Gregor Johan Mendel d’expliquer la transmission des caractères innés sur la base de trois principes :

1. l’évolution est graduelle et se produit par variations continues,
2. la sélection naturelle est le moteur principal de l’évolution en privilégiant les espèces les mieux adaptées à leur environnement
3. le changement évolutif par mutation peut se faire de deux façons : l’anagenèse et la cladogenèse.

Les résultats de 200 000 ans d’évolution de l’Homo Sapiens sont vraiment formidables et fascinants. Alors, pourquoi voulons nous faire mieux et plus vite que la nature ?

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Il suffit tout simplement de voir ce qu’il se passe dans le monde au moment où vous lisez cet article : plusieurs records de température ont été frôlés aux États-Unis, un froid renforcé par le vent glacial qui donne des températures ressenties jusqu’à -53 °C : coupures d’eau et d’électricité, perturbations dans les transports, la mort d’une dizaine de personnes. En même temps, de l’autre côté du globe en Australie, le mois de janvier a été le plus chaud jamais enregistré avec des températures ressenties jusqu’à 50°C : vagues d’incendies, pollution, des milliers de poissons et d’animaux morts, sécheresse …

Si nous prenons en compte ces conditions climatiques extrêmes, les différentes formes de pollution, la surconsommation favorisée par la chimie synthétique et la surexploitation des ressources naturelles, l’évolution naturelle ne suffit plus : notre environnement évolue plus vite que notre capacité d’adaptation. L’évolution de notre espèce est en « stand by », voire dans une forme de « rétro-évolution » suite la surexploitation de la chimie synthétique et des hormones de synthèses favorisant l’action de perturbateurs endocriniens sur l’humain. Ces-derniers peuvent interférer avec le fonctionnement normal du système hormonal et créer ainsi des effets nocifs sur la santé humaine et la biodiversité. Plusieurs affections sont suspectes d’être en lien avec une exposition : certains troubles de la fonction de reproduction féminine et masculine, certaines malformations et troubles de la maturation et du développement, certains cancers, certaines pathologies intra utérines, altération du système immunitaire … Alors que le transhumanisme nous promet l’avènement de l’homme augmenté, nous n’avons jusqu’à présent agit que pour l’homme diminué au profit d’une économie déshumanisée.

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Dans ces conditions, le transhumanisme n’est pas une option mais une nécessité ! La théorie Mendélienne Néodawinisme est améliorée aujourd’hui par le plus grand Hack de l’histoire. L’anagenèse et la cladogenèse sont rejoints par une nouvelle mutation biotechnologique pour permettre à l’Homme de vivre dans un environnement qui lui est à présent défavorable. Selon une étude de la Commission européenne publiée dans The Lancet Planetary Health, le nombre de décès causés par les événements climatiques extrêmes en Europe pourrait être multiplié par 50 à cause du réchauffement climatique d’ici 2100. Les vagues de chaleur, inondations, tempêtes et autres phénomènes climatiques extrêmes pourraient faire 152 000 morts par an en Europe d’ici à la fin du siècle, contre environ 3 000 actuellement, essentiellement à cause du réchauffement climatique. Si nous refusons le transhumanisme aujourd’hui alors notre civilisation sera vouée à disparaître.

Par conséquent, nous devons réfléchir dès aujourd’hui à la manière de déjouer les pronostics qui annoncent en partie l’aggravation des inégalités sociales et la notion d’« inégalité humaine ». J’entends par « inégalité humaine » la remise en question de l’article Premier des Droits de L’Homme : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». En effet, si nous n’agissons pas maintenant, seule une partie de la population aura la capacité d’être plus intelligente, plus forte et résistante aux maladies. Elle sera en capacité de créer des nouvelles générations d’humains augmentés favorisant une inégalité forte et structurante.

La France doit devenir une pionnière de la démocratisation du transhumanisme. Le système de santé français a été caractérisé selon le « Rapport sur la Santé dans le Monde 2000 – Pour un système de santé plus performant » de l’Organisation mondiale de la santé en 2000 comme le plus performant en termes de dispense et d’organisation des soins de santé. Nous avons tous les atouts en main pour démocratiser l’accès à la technologie permettant à chacun d’entre nous de vivre mieux face aux bouleversements de l’environnement.

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A l’ère du transhumanisme, l’inégalité ne signifie pas seulement le déséquilibre social, c’est l’extinction massive des populations les plus pauvres et un règne absolu d’une minorité élitiste favorisée.

9 commentaire(s)
Manon 20/03/2019
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mais vous ne comprenez pas le sens de l'article ? tout est dans le titre et sous titre pourtant ... !! Le transhumanisme n'est pas une option ! c'est la suite logique de Sapiens il devra devenir Deus (Dieu) pour créer sa propre immortalité et créer sa propre évolution de lui meme appelez le Cyborg, Humanoide, c'est plus encore que l'homme augmenté c'est une véritable nouvelle espèce provenant d'un adn humain synthétisé (un autre article nous explique que les scientifiques travaillent sur ce projet et qu'il est pratiquement atteint) La résilience aux problèmes qui risquent de faire disparaitre l'espèce humaine c'est lui "l'humanoide" c'est le dernier chainon manquant de l'image Darwin Cet humain là ne craindra rien ni augmentation des T° ni virus ni pollution ni quoi que ce soit d'ailleurs. C'est l'espèce de demain et nous sommes en train de lui céder la place .....
Bonnefoy31 06/02/2019
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Et si l'on arrêtait la croissance frénétique imposée par le marché spéculatif ? Cela nous éviterais de détruire l'humanité pour la remplacer par des machines imitant vaguement l'humain. Car les histoires de transfert de conscience en misant sur le connectome, ne tiennent pas deux secondes face à un esprit rationnel. Dans les fait l'on tue un humain pour faire un câblage identique à celui qu'il avait dans son cerveau au moment de son suicide assisté. La quête d'un pouvoir infini ne peut se faire sans sagesse, ou la destruction de notre monde voir bien plus est assurée. Si l'on ne laisse pas une grenade dans les mains d'un enfant c'est par ce qu'il n'a pas la maturité pour la manier. Le progrès bien sur mais avec raison, pas de façon frénétique. Supprimer le vieillissement génétiquement lui permettra d'augmenter son capital sagesse de façon quasi infinie et donc le pouvoir acquis par la technologie pourra continuer à croître sans mener à la destruction. Le décalage entre la technologie et la compréhension des humains est tellement grand que l'on commence être dépassé, le peuple cela fait un moment, des tas de gens vois l'ordinateur comme une sorte d'objet magique, mais les scientifiques eux même ne suivent plus, le monde quantique deviens un objet perpétuel de confusion car le principe de causalité n'est pas respecté, les réseaux de neurones et le deep learning amènent les informaticien à avouer ne plus maîtriser la l'évolution de leurs réseaux. Nous n'avons plus le recul pour digérer toutes les avancées scientifiques, doper notre puissance de calcul ou de mémoire à coup d'implants ne changera rien à l'affaire. La sagesse demande du temps, demande de vivre des expériences, elle demande à un individu de vivre, tout simplement ! à 70 ans l'on perds nos facultés intellectuelles, l'homme meurt en étant toujours immature, imaginez la sagesse que procurerait une vie de plusieurs milliers d'année, un tel homme pourrait exercer et se former sur des dizaines de disciplines différentes, il aura eu le temps de faire le tour du monde même à pied, il aura rencontré et échangé avec tant de personnes, exploré la culture générale comme personne, se sera éveillé aux sciences, aux arts à la philosophie. Il sera bien mieux équipé pour maîtriser les futures technologies sans détruire son environnement ou lui même.Dans l'article il est dit que l’environnement change plus vite que notre capacité d'adaptation, et c'est vrai ! Mais nous en sommes la cause . Imaginons cette petite parabole : Un homme qui attend sa dulcinée devant un magasin se tient très près d'une porte à double battant au point qu'à chaque fois qu'une personne passe il se la prends dans le nez ce qui vous me le concéderez est une expérience douloureuse. Je le regarde étonné et croisant mon regard il me dit : "J'ai une idée pour ne plus souffrir je dois trouver le moyen de me changer en robot d'acier ainsi je pourrais attendre ma belle sans en souffrir !" A ce bon monsieur je lui répond : J'ai une meilleure idée qui vous évitera une telle extrémité, essayer de reculer de deux pas vous verrez que la souffrance disparaîtra d'elle même." Fuir son humanité pour esquiver l'irresponsabilité de la croissance à tout prix et à toute vitesse nous place dans les bottes de ce monsieur étrange. Il suffirait d'être raisonnable pour palier à nos maux, et de reculer de deux pas.
Aliocha 06/02/2019
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Ce qui sera étonnant, c'est le moment où une IA surpuissante décidera des choses à faire pour l'humanité, de la direction de sa marche, étant plus à même de traiter les facteurs innombrables qui la régissent. Déshumanisation dans 3, 2, 1... l'humanité tendra vers un processus stable et circulaire, c'est ma prédiction de fin du monde. Mais il est possible que ce soit beaucoup plus décevant et prosaïque comme l'a dit Lame. Mais, cette fin tragique qui n'a pas pu effleurer l'esprit des anciens, de ceux qui n'ont pas connu le monde numérique, est originale et délectable esthétiquement parlant, tout en étant effrayante.La psychologie devient sciences cognitives, par exemple, on perçoit là le potentiel réductionnisme de tout à des processus informatiques, même le mental humain.
Lame 05/02/2019
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Pardon mais tout cela est très vague. Si j'ai bien compris, la solution à la dégradation de notre environnement et de notre alimentation serait l'augmentation de l'humain. C'est à dire? De quelle augmentation parle-t-on? Cela semble évident pour l'auteur de l'article mais je doute que la majorité des lecteurs aient saisi de quoi ils parlent.L'augmentation de l'humain par la discipline existe déjà (ex: kung fu, médiation, etc...). C'est utile mais ce n'est pas une solution aux problèmes environnementaux.Sauf erreur de ma part, l'augmentation technologique de l'humain est, au mieux, au stade expérimental et ne permet aucunement de transformer qui que ce soit en transhumain capable de survivre à un environnement impropre à la vie humaine ou juste capable de résister à la pollution.En l'absence de solution technologique miracle, on peut se tourner vers des solutions plus prosaïques telles que celles évoquées par Marc Roux et Didier Courneuille dans "Technoprog, le transhumanisme au service du progrès social", chapitre IV.A savoir un développement durable fondé sur la généralisation de l'économie circulaire et la promotion de la décroissance des besoins.
Marcel DEHEM 05/02/2019
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Bien dit Fabrice Nabet ! En accord avec votre analyse. Et même si je n'étais pas d'accord, qu'est-ce que ça changerait à l'évolution de l'humain ( pas si humain que ça d'ailleurs ) ? Après tout les puces cérébrales et les nanorobots ne sont pas des rituels plus barbares que le limage des dents, l'excision ou la scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans ( Je blague pour le dernier exemple de barbarie ).
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