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L’homme superflu – Théorie politique de la crise en cours

Présentation de l’éditeur

Le monde capitaliste est engagé désormais dans ce qui risque d’être la plus importante et la plus longue de ses crises. Non pas que sa dimension économique soit inattendue ou plus violente que les précédentes, mais bien parce que celle-ci touche désormais au fondement même de la vie humaine, de la vie en société et du système capitaliste.

C’est à partir de ce postulat que Patrick Vassort revisite, dans cet ouvrage, les théories althussériennes sur les appareils idéologiques d’Etat pour montrer leur obsolescence et leur transmutation en ce qu’il nomme « Appareils stratégiques capitalistes ».

Ainsi les appareils classiquement désignés comme idéologiques (école, famille, religion, syndicats, etc.) ont subi des transformations sociales et politiques, la vitesse et l’accélération devenant les outils centraux de la formation des individus dans toutes les formes de compétitions mondialisées.

Ces appareils idéologiques, devenus des appareils stratégiques de « mise en conformité » des populations mondiales, font disparaître la complexité, l’altérité et écrasent les différentiations culturelles et historiques. Ils mettent entre parenthèses l’humanité de l’homme dans toute sa diversité universelle faisant de celui-ci l’appendice du développement accéléré des techno-sciences au service de la productivité capitalistique.

C’est au travers de la structuration de ces appareils que le monde capitaliste touche à sa contradiction ultime qui le mène à la crise inévitable tout en mettant, enfin, en lumière la catégorie centrale essentielle à son développement, au développement de la valeur, du travail en tant qu’exploitation, de la marchandise et du spectacle, de l’écrasement définitif de son environnement : la superfluité de l’homme, de toutes ses productions, de son environnement et de la vie.

Résumé

Loin de la « fin de l’histoire » annoncée par certains, la modernité assaillit désormais de toute part « l’humanité de l’homme ». Le règne de la compétition généralisée soumet l’expérience vécue des individus et des groupes humains de la planète à des bouleversements perpétuels. L’idéologie capitaliste façonne les consciences et prédispose les masses – salariés et consommateurs – à subvenir aux besoins de la machine productiviste.

Le capital est plus puissamment armé que jamais pour exercer une domination diffuse, mais totale (économique, culturelle, politique, sociale, psychologique…), sur les institutions, la nature et l’homme. Une telle domination ne peut tenir qu’à condition de passer pour « naturelle ». Partant d’une critique des travaux de Louis Althusser, l’auteur décrit l’émergence et le rôle de ces « appareils stratégiques capitalistes » mondialisés que sont le sport, l’éducation, les médias, l’industrie culturelle ou encore l’armée, dans la subordination des populations.

Ce faisant, il met en lumière les catégories centrales du « projet » qui requiert désormais notre adhésion : l’élimination de la complexité et de l’altérité par l’accélération de la marchandisation et du divertissement, la production d’une masse atomisée d’individus privés de toute puissance d’agir, l’organisation des rapports de production autour de la notion de superfluité. Derrière ce projet capitaliste resurgit ainsi, sous un nouveau jour, l’un des traits majeurs des expériences totalitaires du XXe siècle, selon Hannah Arendt : la superfluité de l’homme lui-même comme principe ordonnateur du monde.

Patrick Vassort est maître de conférences HDR de l’Université de Caen.

Gérard Creux, « Patrick Vassort, L’homme superflu. Théorie politique de la crise en cours », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, 2013, mis en ligne le 15 janvier 2013, consulté le 15 décembre 2018. URL : http://journals.openedition.org/lectures/10370

1 Comment »

  1. la complexité de cet article me l’a rendu difficilement compréhensible par rapport aux autres. l’éditeur s’est beaucoup prit la tête. Si l’ouvrage est similaire, il sera difficilement digeste

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