Skip to content

La perfectibilité hybride. Vers une autosanté inhumaine ou citoyenne ?

Bernard Andrieu. La perfectibilité hybride, Vers une autosanté inhumaine ou citoyenne ? Champ psychosomatique, Médecine, Psychanalyse anthropologie, 2009, p. 111-121. <hal-00447940>.

Télécharger le PDF

Résumé : Entre la déconstruction du corps naturel et la cyborgisation du post-humanisme, l’hybridation bio-technologique est une voie moyenne et classique depuis les Métamorphoses d’Ovide, au moins. La déconstruction de la catégorie monstre par les disabilities studies a rendu nécessaire la critique du handicap comme limitation de l’humain. Non que, ce que Catherine Malabou appelle les accidents de plasticité n’existeraient plus, la condition incarnée du corps suffirait à le rappeler. Le corps humain, même si les limites de la mort seront encore reculées , engage le sujet dans le vécu de son vivant. Corriger les difformités de la nature est devenu une possibilité même de sélectionner les nouveaux nés ou, ce qui est très différent, de réparer par la chirurgie, même du visage les accidents corporels. Comme l’indique Jacques Testart, « la pulsion d’accaparement du plus petit de notre espèce pourrait ainsi relever d’une exigence de consommation cannibale ». La réparation du corps modifie son fonctionnement et le vécu du sujet. Les progrès des prothèses, implants et nanobiologie définissent un corps démonstruisé mais remastérisé par des compléments de soi qui procure une nouvelle clôture d’un moi peau reconstitué. La technique fait performer le corps dans l’actualisation de potentialités inexploités jusque là, comme les cellules souches, ou dans la complémentation de procédés technologiques qui prolongent la vie et ses conditions d’exercices. L’obstacle de la dégénérescence immunitaire ou nerveuse exige que la technique pense encore davantage l’interaction entre le médicament et le vivant comme l’atteste la nanobiotique, la bionique ou le génie génétique.

1 Comment »

  1. extrait :
    Il y a eu trois étapes avant d’arriver aux mères porteuses :
    1. La dénaturalisation de la famille mononucléaire : recomposition des familles, divorces, etc.
    2. Le traitement de la fertilité : avec l’insémination artificielle, les enfants sont produits indépendamment de la sexualité, de la parentalité 13 biologique et de la distinction des familles.
    3. L’apparition du concept de « gestatrice » : des femmes qui ne sont ni la mère biologique ni la mère symbolique de l’enfant (dans l’adoption, le parent est un parent symbolique).

Laisser un commentaire