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Une nouvelle découverte relative au vieillissement pourrait permettre d’allonger la durée de vie humaine

Bien que vieillir semble être tout à fait naturel, une affaire commune à toutes les créatures vivantes, le processus est en fait encore mal compris par les scientifiques. Une nouvelle étude visant à faire la lumière sur ce phénomène a été publiée dans Nature par l’équipe de recherche dirigée par la Harvard T.H. Chan School of Public Health. Elle a découvert une relation entre la durée de vie et l’épissage de l’ARN, une fonction cellulaire essentielle qui permet à un même gène de produire diverses protéines.

Les chercheurs savaient déjà que des mutations dans l’épissage d’ARN pouvaient engendrer des maladies. Ils voulaient toutefois vérifier si cet épissage avait un impact sur le processus de vieillissement. Pour le découvrir, ils ont développé des dispositifs expérimentaux utilisant le ver rond Caenorhabditis elegans, qui montre des signes visibles du vieillissement pendant sa courte durée de vie de 3 semaines.

En utilisant les méthodes de génétique par fluorescence, l’équipe a pu observer l’épissage d’ARN des gènes d’un individu dans les cellules transparentes de Caenorhabditis elegans. Ils ont noté des motifs d’épissage indiquant l’état jeune ou prématurément vieux des vers et ont même pu utiliser ces motifs pour prédire la durée de vie d’un spécimen de ver rond avant que les signes de vieillissement apparaissent. « Cela suggère que nous serons peut-être capables un jour d’utiliser l’épissage comme une sorte de biomarqueur ou de signature au début du vieillissement » a confié Caroline Heintz, co-auteur de l’étude, dans un communiqué de presse.

Lorsque nous considérons le vieillissement non pas comme une période naturelle de la vie mais comme quelque chose que la médecine moderne peut éviter, l’étape suivante consiste à trouver des moyens de nous garder en bonne santé, en empêchant la mort le plus longtemps possible.

D’autres chercheurs sont déjà à la recherche de moyens d’arrêter ou tout au moins de ralentir l’horloge biologique. Des chercheurs de l’École de médecine de Stanford utilisent des extensions chromosomiques pour augmenter le taux de division cellulaire, un mécanisme d’accroissement de nos organismes qui se dégrade au cours du temps. La Metformine constitue une autre avancée. C’est un médicament qu’on appelle plus communément « fontaine de jouvence » et dont les premiers tests cliniques ont été lancés en février. Il serait susceptible d’allonger la durée de vie d’un animal et d’éviter certains cancers.

Ces avancées et la recherche menée par Mair sur l’épissage de l’ARN sont loin d’expliquer exactement les processus de vieillissement qui impactent l’organisme, et encore plus loin de pouvoir bloquer l’horloge moléculaire de façon significative chez l’Homme. Et d’ici à ce qu’on en arrive là, la quête d’un moyen d’allonger la durée de vie humaine a peu de chance de prendre fin.

Traduction Virginie Bouetel

Eurekalert, Inverse, Nature

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