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La santé haute définition : Autour de la notion d’homme « augmenté »

MEDECINE/SCIENCES Volume 26, Numéro 4, Avril 2010 p. 427-431

Florence Arnoux
Directeur d’hôpital, Assistance publique-Hôpitaux de Marseille,
80, rue Brochier, 13354 Marseille 05
Chercheur associé au CHERPA (Croyances, Histoire, Espaces, Régulation Politique et Administrative),
Sciences Po Aix-en-Provence, 25, rue Gaston de Saporta, 13625 Aix-en-Provence Cedex 1

Aujourd’hui encore, nous nous représentons essentiellement notre corps comme un organisme invariant, stable, circonscrit, où les yeux permettent de voir, les poumons de respirer… Comment imaginer ce que pourra demain un corps qui serait prolongé chimiquement, mécaniquement, informatiquement, un homme « augmenté » (enhanced man), amélioré par les technosciences ? Cette question intéresse de plus en plus les sciences biomédicales, captive les chercheurs et retient l’attention du grand public. Nous aspirons en effet tous à une meilleure santé, une vie dépourvue de douleur, de souffrance, à faire l’expérience d’un bien-être complet. À cette aspiration généralisée s’ajoute l’obsession de la société de remplacer l’homme au travail tout en le rendant plus efficace, plus productif, plus performant. En survalorisant les performances individuelles, nos sociétés post-industrielles encouragent en quelque sorte le dopage dans la pratique sportive, professionnelle, sexuelle, militaire. Enfin, et surtout, parmi la nébuleuse de désirs qui nous animent figure la volonté démiurgique de retarder l’échéance de la mort, de faire reculer la fatalité, de dépasser la frontière biologique programmée dans notre ADN et dite « limite de Hayflick », du nom du microbiologiste américain qui démontra dès 1965 que les cellules ne pouvaient se diviser qu’un nombre fini de fois avant de mourir. Rompre avec l’entropie, soustraire l’homme au deuxième principe de la thermodynamique : de très sérieux scientifiques, comme ceux qui officient dans le très célèbre Massachusetts Institute of Technology (MIT), s’y essayent.

Les possibilités d’intervention sur l’homme sont grandes aujourd’hui et les technologies de la santé, qu’elles soient préventives, diagnostiques ou thérapeutiques, ont beaucoup évolué sous les effets des progrès, entre autres, de la biologie, de la physique, de la chimie et de l’informatique. La convergence des biotechnologies actuelles, des neurosciences, de la biologie de synthèse, de la prothétique, de la robotique, des technologies de l’information, des nanotechnologies permet de franchir les frontières connues ou de créer des interfaces entre les espèces (humaine, végétale, animale), entre les genres (hommes-femmes), entre l’homme et l’artéfact, entre l’homme et le divin, ou encore entre le vivant et l’inerte…

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