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Une IA pour les gouverner tous

Intelligence artificielle. Pour beaucoup, cela se traduit par une incarnation robotique, ou une sorte de projection digitale, portant un nom, avec une voix dans le pire des cas, une représentation physique dans le meilleur – on se souvient de Mother, l’ordinateur de bord du Nostromo dans Alien, ou encore la douce voix de Scarlett Johansson/Audrey Fleurot dans Her -. Mais pour une start-up américaine, l’intelligence artificielle se réduit à son plus simple appareil, comme système de programmes connectés.

C’est du jamais vu : un lien entre intelligence artificielle et la désormais très problématique Big Data. Pour parvenir à ce projet, Sentient Technology a levé pas moins de 143 millions de dollars. Et l’ambition n’en est pas moins grande : il s’agit de créer un système d’intelligence artificielle unique, capable d’analyser à la fois les sources de données emmagasinées dans les plus gros serveurs – Google, Amazon, Facebook… – et celles distillées en temps réel. L’idée est de pouvoir prévenir et apporter des solutions pertinentes à tous les secteurs d’activités professionnelles.

Le domaine d’application de cette future IA semble sans limite : il s’agirait d’une automatisation de la prévention de crise, redoutable et implacable, et pourrait toucher les finances, la santé, l’énergie… Sentient Technology l’expérimente déjà d’ailleurs dans la prévention de risque de septicémie sur un panel de 6000 patients, en collaboration avec le MIT.

Le projet serait capable de supporter pas moins de 10 zettaoctets, soit 10 trilliards d’octets. Peut-on voir dans la “machine” la solution à tous les maux de l’humanité, grâce à une intelligence artificielle suprême et omnisciente ? Pas si vite. A l’heure actuelle, Sentient Technology présente un projet qui est dépourvu d’âme, et est donc essentiellement amoral. Mais, dans un futur indéterminé, l’ambition affichée de la start-up est de doter son intelligence artificielle d’une conscience, provoquant l’angoisse des scientifiques – et des adeptes de la SF. Mais de là à immédiatement songer au scénario catastrophe, le pas n’est pas encore franchi : il reste encore à déterminer ce qu’est une conscience, comment l’insuffler à une machine, et comment la limiter dans une éventuelle propension à nuire. L’IA, Prométhée post-moderne ? L’avenir nous le dira.

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