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Nez artificiel : un nouveau dispositif peut diagnostiquer des maladies en analysant votre souffle

Des chercheurs viennent de développer un instrument dénommé “Na-Nose”, un nez artificiel, capable de détecter jusqu’à dix-sept maladies en analysant le souffle d’un patient. L’étude a été publiée dans le journal ACS Nano dédié aux nanotechnologies.

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La machine peut diagnostiquer une variété de maladies communes mais dangereuses grâce à un échantillon du souffle d’un patient. Différents types de cancers, la maladie de Crohn, la recto-colite ulcéro-hémorragique, le syndrome du côlon irritable, deux types de la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques, l’hypertension artérielle pulmonaire, la pré-éclampsie et l’insuffisance rénale chronique peuvent être diagnostiqués avec cet appareil.

Dans une vidéo jointe à son étude, Hossam Haick, chercheur au Technion – Institut de technologie d’Israël, explique les motivations derrière le Na-Nose.”Un des principaux défis de l’ère moderne du diagnostic médical est la détection de la maladie alors que nous nous sentons en bonne santé” dit-il.

Cet appareil de pointe est portable, il peut détecter les maladies mentionnées dès les premiers stades. Haick, qui a mené l’équipe de scientifique, remarque également que cet analyseur de souffle peut prédire quels individus ont affiché des indicateurs à haut-risque pour certaines pathologies.

Les essais effectués dans le cadre de cette étude se sont basés sur un échantillon de 1404 patients sains ou malades à travers cinq pays. Bien que la précision moyenne du classificateur de maladies utilisé par le Na-Nose soit de 86%, ce n’est toujours pas suffisant pour que l’appareil puisse être utilisé pour le diagnostic médical. L’équipe de recherche a noté que des travaux supplémentaires sont nécessaires sur les facteurs déterminants utilisés dans l’étude, ainsi que sur les mécanismes qui sous-tendent le diagnostic simultané.

Dès que l’on souffle dans l’appareil, le Na-Nose identifie plus d’une centaine de composants chimiques présents dans le souffle. Ces composants, dont quelques-uns ont été associés à certaines maladies par les chercheurs, sont ensuite rigoureusement analysés par un nanoréseau doté d’une intelligence artificielle, c’est-à-dire des séries de capteurs qui peuvent repérer la plus infime trace de composants chimiques.

Les éléments chimiques correspondant à ceux présents dans le souffle d’un individu sain sont programmés dans l’appareil. Dès lors que le niveau et la concentration chimiques sont inférieurs ou supérieurs à la moyenne, d’autant plus s’il s’agit de composants assignés en tant qu’indicateurs de pathologies, une alerte signale que quelque chose ne va pas.

Le Na-Nose peut sembler utopique, particulièrement lorsqu’il est joint à d’autres gadgets souvent utilisés. Haick a précisé que son équipe étudiait les moyens d’intégrer le dispositif aux smartphones. Ainsi, un simple appel téléphonique pourrait mener à la détection précoce et à la préemption d’une maladie. Un tel progrès serait significatif dans le cas du cancer, puisqu’un diagnostic précoce augmente les chances de survie de 15% à 90% dans le cas d’un cancer du sein, de 5% à 90% pour un cancer des ovaires, et de 14% à 70% pour le cancer des poumons.

Nisreen Shehada a vu un grand potentiel dans le caractère non-invasif de la machine. “Diagnostiquer le cancer est actuellement un processus très douloureux… Si nous pouvions ajouter une étape indolore, qui ne soit pas invasive, quelque chose dont les gens ne seraient pas effrayés, j’espère que davantage de personnes seraient testées et qu’ainsi, nous pourrions diagnostiquer le cancer bien plus tôt.”

traduction Benjamin B.

Tech Insider, ACS Nano, Cancer Research UK

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