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Livre : Les vertiges de la technoscience

« Façonner le monde atome par atome » : tel est l’objectif incroyablement ambitieux affiché par les promoteurs américains de la « National Nanoinitiative », lancée en 1999. Un projet global de « convergence des sciences », visant à « initier une nouvelle Renaissance, incorporant une conception holiste de la technologie fondée sur […] une analyse causale du monde physique, unifiée depuis l’échelle nano jusqu’à l’échelle planétaire. »

Ce projet démiurgique est aujourd’hui au coeur de ce qu’on appelle la « technoscience », étendard pour certains, repoussoir pour d’autres. En précisant dans ce livre la signification de ce concept, pour sortir enfin du sempiternel conflit entre technophiles et technophobes, son auteur propose d’abord une sorte d’archéologie du terme « technoscience ». Loin d’être un simple renversement de hiérarchie entre science et technique, il s’agit d’un changement de régime de la connaissance scientifique, ayant désormais intégré la logique entrepreneuriale du monde des affaires et mobilisant des moyens considérables.

Surtout, Bernadette Bensaude-Vincent montre que le brouillage de la frontière entre science et technique n’est que la manifestation d’un tremblement plus général, marqué par l’effacement progressif des distinctions traditionnelles : nature/artifice, inerte/vivant, matière/esprit, homme/machine, etc. Alors que nos sociétés sont silencieusement reconfigurées par les nanotechnologies, Internet, le génie génétique ou les OGM, ce livre montre l’importance de faire enfin pleinement entrer les questions de choix technologiques et scientifiques dans la sphère du politique et dans l’arène publique. Car la technoscience est un processus historique qui engage la nature en la refaçonnant et qui implique la société dans son ensemble.

Bernadette Bensaude-Vincent

Ancienne élève de l’École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses, agrégée de philosophie en 1971 et docteur ès lettres et sciences humaines en 1981.

Elle est professeur à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne.

De 2000 à 2003, elle a été responsable du secteur Materials Research dans un programme History of Recent Science and Technology au Massachusetts Institute of Technology (MIT).

De 2005 à 2008, elle a coordonné un programme ANR blanc sur l’éthique des bionanotechnologies.

Elle est l’auteur d’une centaine d’écrits traitant du positivisme et de la tradition d’épistémologie française (en particulier Emile Meyerson), de la philosophie et de l’histoire de la chimie, de la philosophie des technologies émergentes (nanotechnologies), des rapports entre sciences et public.

Elle est membre du comité d’éthique du CNRS, membre de l’Académie des technologies et membre senior de l’Institut universitaire de France.

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