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Qu’est-ce que la guerre électronique ?

La guerre électronique

Le Department of Defense définit la guerre électronique comme « toute action militaire impliquant l’utilisation d’énergie électromagnétique pour contrôler le spectre électromagnétique ou pour attaquer un ennemi ». Le spectre englobe tout, des ondes radio aux rayons gamma, en passant par la lumière visible.

De quand date la guerre électronique ?

L’une des façons de comprendre la guerre dans le spectre électromagnétique est de revenir à son utilisation pendant la Seconde Guerre mondiale. Le radar, un nouveau capteur au début de la guerre, fonctionne en envoyant une onde radio et en interprétant la manière dont ce faisceau est réfléchi vers le capteur qui l’a envoyé.

L’une des premières contre-mesures radar, également pendant la Seconde Guerre mondiale, était le chaff ou nuage de leurres électromagnétiques, c’est-à-dire des bandes métalliques réfléchissantes qui déformaient le faisceau radar qu’elles rencontraient, masquant ainsi la présence des avions derrière le chaff.

Pendant la guerre du Vietnam, les deux camps ont utilisé de multiples types de capteurs et d’interférences de signaux, entravant non seulement les mouvements des avions mais aussi le guidage des missiles anti-aériens. Le chaff, qui brouille par ses propriétés physiques, reste un outil pour contrer la détection électronique, et il a été rejoint par d’autres, comme l’envoi de signaux ciblés sur le spectre électromagnétique qui déjouent les capteurs tels que les radars. Les brouilleurs utilisent souvent beaucoup d’énergie pour brouiller spécifiquement d’autres capteurs, ce qui peut limiter la portée ou la durée du brouillage, mais cela peut toujours faire la différence entre un avion qui est vu et abattu par les ennemis, ou l’avion qui se faufile pour obtenir une première frappe.

Pourquoi la guerre électronique est-elle si importante dans les conflits modernes ?

Bien que le radar ait fait ses débuts pendant la Seconde Guerre mondiale, la plupart des combats se déroulaient encore à portée de vue, les pilotes et les soldats se fiant d’abord à leurs yeux pour repérer les ennemis, ou aux coordonnées cartographiques enregistrées par des observateurs. Aujourd’hui, l’augmentation de la portée des armes et la prolifération des capteurs signifient que tout, des chars aux avions en passant par l’artillerie, dépend de capteurs détectant des signaux dans le spectre électromagnétique.

Jan Kallberg, un scientifique de l’Army Cyber Institute, le dit sans mâcher ses mots : « Chaque système d’armement moderne de haute technologie est un échec si on n’a pas accès au spectre. »

Par exemple, les signaux GPS, qui sont indispensables à de nombreux véhicules pour savoir où ils se trouvent, sont des signaux radio. Un émetteur radio capable d’empêcher un drone de recevoir ces signaux peut empêcher les drones de voler. Le système russe Krasukha-4 monté sur camion est un système qui a été montré pour brouiller les drones à distance en Syrie. D’autres nations ont fait la démonstration de brouilleurs qui fonctionnent à une certaine distance, comme le MRZR LMADIS testé par le Corps des Marines américain en 2019.

Guerre électronique. Credit: Information Technology Solutions – University of California, Riverside

Qu’en est-il de la cyberguerre ?

Alors que la guerre électronique englobe un éventail d’activités, le Department of Defense traite différemment les attaques sur les ordinateurs via Internet. Le Department définit le « cyberespace » comme « un domaine mondial » qui comprend « l’internet, les réseaux de télécommunications, les systèmes informatiques et les processeurs et contrôleurs intégrés ».

Ou, plus simplement, la connexion entre les ordinateurs, les réseaux et les outils permettant de les utiliser est considérée par le Pentagone comme un lieu où la guerre peut se produire. Parfois, ces attaques peuvent avoir lieu par le biais du spectre électromagnétique, un signal étant utilisé pour injecter un code dans l’ordinateur d’un ennemi. Plus souvent, ces attaques passent par l’infrastructure existante de l’internet.

La définition de la « cyberguerre » est un sujet délicat, car il peut être difficile de tracer la ligne de démarcation entre ce qui relève de l’espionnage, du sabotage, du combat et, surtout, entre ce qui est considéré comme des cibles civiles ou militaires.

Le ministère de la Défense ukrainien a déjà signalé d’importantes cyberattaques contre son infrastructure cette semaine. Si la Russie lance une invasion du pays, il est probable que les cyberattaques et la guerre électronique joueront un rôle dans le conflit, aux côtés d’armes plus visibles comme l’artillerie et les chars.

L3Harris, RAND

1 Comment »

  1. Les cyberattaques peuvent être comparés à l’équivalent informatique aux frappes d’artillerie effectués par les guérillas. La défense contre les deux types d’attaque repose globalement sur les mêmes procédés.

    Apparemment, l’Armée ukrainienne est si dépassée en matière d’effectif, entraînement et équipement que les Russes n’auront même pas besoin de recourir à la cyberguerre pour s’emparer du pays. Le problème se pose plus crument pour les pays de l’OTAN.

    Les armées occidentales sont plus infodépendantes que les troupes de l’OTSC. Par ailleurs, l’infobésité des postes de commandement nuit à leur mobilité et leur discrétion, tout en les exposant aux frappes de missiles sol-sol longue portée. Cette panoplie informatique s’est rendue indispensable sans procurer de réels avantages tactiques.

    De fait, le parc de drones et d’engins autonomes qui permettrait de les rentabiliser est encore en construction dans les pays européens qui ont la volonté et les moyens de s’en doter. Les Américains sont bien dotés en drones télésupervisés et disposent déjà d’une technologie de munitions rôdeuses performantes mais inemployée.

    L’Occident privilégie les loyal wingmen, les drones d’escorte, autonome pour la manœuvre mais pas pour le tir des munitions embarquées. Les Turcs et les Russes sont déjà passés ou en train de passé au stade suivant tout en évitant les engins trop dispendieux. Un cocktail ravageur d’innovation et rusticité, comme leurs adversaires en font l’expérience… Sur la scène internationale, l’Occident fait finalement pâle figure avec ses F-35…

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