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Le Portugal opte pour le Rafale français

Le Portugal opte pour le Rafale français : un virage stratégique qui défie le F-35 américain et renforce l’autonomie européenne

Dans un contexte géopolitique tendu, marqué par les incertitudes autour de l’engagement américain au sein de l’OTAN sous l’administration Trump, le Portugal vient de franchir une étape décisive pour la modernisation de sa flotte aérienne. Le 13 septembre 2025, Lisbonne a officiellement annoncé le choix du chasseur multirôle français Rafale, produit par Dassault Aviation, au détriment du F-35 Lightning II américain de Lockheed Martin.

Cette décision, qualifiée de « choquante pour Washington » par plusieurs observateurs, n’est pas seulement une question d’équipements militaires : elle incarne un pari sur l’indépendance stratégique européenne, des économies budgétaires substantielles et une intégration renforcée au sein de l’Union européenne. Alors que les F-16 portugais atteignent la fin de leur cycle de vie, ce choix redessine les équilibres au sein de l’Alliance atlantique et propulse l’industrie de défense française au cœur d’une « guerre industrielle » européenne.

Le contexte : une flotte vieillissante et des dilemmes géopolitiques

L’armée de l’air portugaise (Força Aérea Portuguesa, FAP) exploite depuis des décennies une flotte dominée par les F-16 Fighting Falcon américains, acquis dans les années 1980 et 1990. Ces appareils, bien que fiables, approchent de l’obsolescence technique et opérationnelle, avec des coûts de maintenance croissants et une capacité limitée face aux menaces modernes comme les drones ou les systèmes de défense antiaérienne avancés. Le processus de remplacement, lancé dès 2019, visait initialement à acquérir une nouvelle génération de chasseurs pour maintenir la supériorité aérienne du Portugal, un pays stratégique pour l’OTAN en raison de sa position atlantique et de ses bases aux Açores.

Au départ, le F-35 semblait le successeur logique. Adopté par une quinzaine de pays alliés, dont plusieurs européens comme la Belgique, les Pays-Bas ou la Norvège, cet avion de 5e génération offre une furtivité exceptionnelle, une interopérabilité parfaite avec les systèmes OTAN et des capteurs intégrés de pointe. En mars 2025, le chef d’état-major de la FAP, le général Cartaxo Alves, affirmait même que « le Portugal n’a pas d’autre choix que de se doter du F-35 », soulignant que les alternatives européennes comme le Rafale ou l’Eurofighter étaient « moins avancées ». Pourtant, les vents ont tourné. Dès avril 2025, le ministre de la Défense Nuno Melo appelait à « réfléchir aux meilleures options » en tenant compte de la « prévisibilité » des alliés américains, dans un contexte de retrait perçu de Washington de l’OTAN.

La campagne électorale portugaise de 2025 et les tensions transatlantiques ont accéléré le basculement. Avec un budget défense contraint (environ 1,5 milliard d’euros annuels), Lisbonne a dû peser des options comme le Gripen suédois de Saab ou l’Eurofighter, mais c’est le Rafale qui a émergé comme le favori. L’annonce officielle, confirmée par le gouvernement portugais le 13 septembre, porte sur l’acquisition de 24 à 32 appareils, avec une option pour des versions biplaces adaptées à la formation.

Pourquoi le Rafale plutôt que le F-35 ? Une comparaison des atouts

Le choix du Portugal n’est pas un coup de tête, mais le résultat d’une évaluation rigoureuse des besoins opérationnels, économiques et stratégiques. Le Rafale, avion de génération 4.5+, se distingue par sa polyvalence exceptionnelle : capable d’opérations air-air, air-sol, reconnaissance et même maritime, il est idéal pour un pays comme le Portugal, dont les missions incluent la surveillance des 1,8 million de km² de zone économique exclusive dans l’Atlantique. Son radar RBE2-AA à balayage électronique permet une détection à 360 degrés, et son moteur M88 autorise des décollages courts, cruciaux pour les bases insulaires des Açores.

CritèreRafale (France)F-35A (USA)
Génération4.5+ (polyvalent, upgradable)5 (furtif, capteurs intégrés)
Coût d’acquisition (unité)~80-90 M€~80-100 M€ (mais retards de production)
Coût de maintenance (par heure de vol)~12 000-15 000 €~30 000-40 000 € (estimations élevées)
Interopérabilité OTANExcellente (libre de restrictions ITAR)Parfaite, mais dépendante des USA
Transferts technologiquesOui (négociés avec la France)Limité (contrôles stricts US)
Adaptation aux besoins portugaisSurveillance maritime, décollages courtsFurtivité pour théâtres de haute intensité
DisponibilitéImmédiate (stocks disponibles)Retards (chaîne d’approvisionnement US)

Sur le plan économique, le Rafale l’emporte haut la main. Ses coûts de maintenance sont inférieurs de 40 % à ceux du F-35, un argument décisif pour un pays aux finances publiques fragiles. De plus, le contrat inclut des transferts de technologie et des partenariats industriels : création d’au moins 200 emplois en maintenance avancée près de Porto, modernisation des centres de recherche et implication des PME high-tech portugaises. « C’est un choix vers une Europe plus unie », s’est enthousiasmé un responsable du ministère de la Défense, soulignant les collaborations potentielles avec la Croatie et la Grèce, déjà utilisatrices du Rafale, pour un pool commun de pièces détachées.

Stratégiquement, le Rafale est « ITAR-free » (libre des restrictions d’exportation américaines), évitant les blocages potentiels comme ceux subis par d’autres alliés. Face à un F-35 critiqué pour ses retards, ses pannes récurrentes et son « kill switch » supposé (un mécanisme de désactivation à distance par les USA), Lisbonne a privilégié l’autonomie. Comme l’explique le commandant Nuno Viegas, pilote expérimenté : « Le Rafale est le plus ‘marin’ des chasseurs européens, parfait pour nos bases insulaires. »

Réactions : un choc pour Washington, un triomphe pour Paris

L’annonce a provoqué une onde de choc. Aux États-Unis, des voix au Pentagone et au Congrès dénoncent une « trahison » qui fragilise la standardisation OTAN. « Le Portugal brise l’unité atlantique », titre un article du Visegrád Post, évoquant un risque de « guerre industrielle explosive » entre l’Europe et les USA. Sur X, les réactions fusent : « Byebye Trump », ironise un utilisateur, tandis qu’un autre note : « Europe is gradually breaking free from U.S. dependence. » Dassault Aviation, de son côté, exulte : son PDG Éric Trappier avait « envie de proposer le Rafale » dès mars 2025, et ce contrat porte la production à plus de 500 unités exportées.

Au Portugal, l’opinion est partagée. Les partisans saluent une « décision audacieuse » qui affirme la souveraineté, tandis que des critiques craignent un affaiblissement de la cohésion OTAN. « C’est un peu comme choisir une Peugeot au lieu d’une Ferrari », plaisante un commentateur, mais la plupart reconnaissent que « le Rafale écrase le F-35 » en termes de rapport qualité-prix.

Implications pour l’OTAN et l’avenir de la défense européenne

Ce choix n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une tendance : la Croatie (12 Rafale en 2021), la Grèce (24 en 2022) et le Danemark (qui a préféré un système européen au Patriot américain) illustrent un mouvement vers l’autonomie stratégique européenne. L’OTAN, qui prône la standardisation, devra s’adapter à une diversité accrue d’équipements. « La standardisation est cruciale, mais la diversification renforce la résilience », note l’ambassadeur portugais Rui Pereira. À long terme, cela pourrait encourager d’autres nations, comme le Canada (qui cherche des alternatives aux F-35 déjà payés) ou la Pologne, à réévaluer leurs flottes.

Pour l’Europe, c’est un coup de maître. Le Rafale consolide la filière française (Dassault, Safran, Thales) et booste l’initiative européenne de défense, avec des perspectives de pool logistique élargi. Économiquement, le contrat, évalué à 4-5 milliards d’euros, stimulera l’emploi et l’innovation. Géopolitiquement, il signale que l’Europe ne peut plus compter aveuglément sur Washington : « On claque la porte aux Américains », résume un éditorialiste.

Conclusion : un pas vers une OTAN plus équilibrée

En optant pour le Rafale, le Portugal n’abandonne pas l’OTAN, mais la rend plus européenne. Ce choix pragmatique – alliant performances prouvées (Libye, Mali, Ukraine via dons), économies et souveraineté – pourrait inspirer une vague de commandes continentales. Tandis que le F-35 reste un fleuron technologique, son hégémonie s’effrite face à une Europe qui ose rêver d’indépendance. Lisbonne, petite nation atlantique, vient de rappeler que dans la défense, comme en politique, la diversification est la meilleure assurance contre les tempêtes transatlantiques. Reste à voir si ce « virage stratégique » portera ses fruits sur le terrain – et dans les urnes portugaises.

1 Comment »

  1. Jaesa – ce qui se joue ici et ailleurs – iatranshumanisme.com est rapidement devenu le site de référence sur le thème du transhumanisme et de l'intelligence artificielle. C'est un lieu d’échanges et de discussions sur les préoccupations du monde d’aujourd’hui et de demain – de craintes pour les uns, d'espoirs pour les autres. Nous bâtissons un espace porteur de réflexions.
    Jaesa dit :

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