Skip to content

La Déclaration des chimpanzés du futur

Dans le cadre de la première conférence-débat du Forum de la biologie de synthèse, au Centre national des Arts et métiers de Paris, le 25 avril 2013, le débat est interrompu par une quinzaine de personnes portant des masques de singe, – les chimpanzés du futur – déployant une banderole « Non à la vie synthétique ». Slogans, affiches, banderoles, sifflets ont rendu impossible la tenue de l’opération officielle de communication. Cette dernière a laissé place, après une heure de chahut, à un échange dans la salle animé par des lycéens présents.

Credit PMO

Nous portons ces masques pour dénoncer la mascarade qui se déroule sous nos yeux. La mascarade de ce pseudo-débat pour nous faire accepter des décisions déjà prises. Nous portons ces masques parce que nous sommes les chimpanzés du futur.

Nous sommes ces chimpanzés – ces humains qui ne fusionneront pas avec la machine. Nous ne trafiquerons pas notre génome pour devenir plus performants. Nous refusons la vie synthétique mise au point dans les laboratoires.

Dans ce pseudo « Forum de la biologie de synthèse », vous pouvez dire tout ce que vous voulez. Cela n’a aucune importance, aucune incidence. Cela ne changera rien au développement de la biologie de synthèse. Les décisions sont prises, les programmes lancés. Pendant qu’on vous distrait avec ce spectacle, Total, Sanofi, Monsanto, l’INRA, le CEA, le Genopole fabriquent des bactéries synthétiques et des codes génétiques artificiels. Ils s’emparent du vivant et accélèrent l’épuisement de la planète.

Pour les manipulateurs d’opinion, il faut que nous participions à la mascarade. Comme ils disent : « Faire participer, c’est faire accepter ».

Si nous participons à cette parodie, nous laissons croire qu’un débat démocratique a eu lieu. Nous aidons les communiquants à roder leur argumentaire pour étouffer la contestation.

Participer, c’est accepter.

Vous, chercheurs, qui prétendez délibérer sur la biologie de synthèse, vous devez vos carrières, vos revenus, votre position sociale à la recherche. Vous êtes juges et parties ; vous êtes en conflit d’intérêt ; vous devriez être les derniers à vous exprimer sur le sujet. Votre participation à ce débat est illégitime. Autant consulter les marchands d’armes sur l’opportunité de déclarer la guerre.

Nous, chimpanzés du futur, nous ne défendons aucun avantage ni privilège. Nous défendons juste la possibilité de choisir ce qui va nous arriver.

La ministre de la recherche Geneviève Fioraso vous a commandé de « désamorcer les craintes » de l’opinion. Mais nous n’avons pas peur, nous sommes en colère.

Nous n’avons ni question à vous poser, ni incertitude à lever. Notre position est déjà figée : nous n’acceptons pas.

– Nous refusons la fuite en avant technologique qui épuise les humains, les écosystèmes et la planète.

– Nous refusons vos bactéries artificielles, votre biodiversité artificielle, votre viande synthétique cultivée en laboratoire,

– Nous refusons le pillage du vivant,

– Nous refusons votre monde-machine peuplé d’aliens à l’ADN synthétique – bactéries, plantes, animaux et humains génétiquement modifiés,

– Nous refusons la destruction du monde et des hommes au nom de la guerre économique.

Nos masques servent à dire que ce forum est une mascarade ; et maintenant la mascarade est finie. Vous, dans cette salle, rentrez chez vous. Informez-vous par vous-mêmes ; parlez avec vos proches, vos voisins, vos amis. Refusez la manipulation d’opinion et les faux débats. Rejoignez les chimpanzés du futur.

Non à la vie synthétique, à la vie artificielle, à la vie morte ! Vive la vie vraie, la vie vivante : notre seule vie !

Les chimpanzés du futur. Paris, le 25 avril 2013

4 Comments »

  1. Autant de raccourcis absurdes, illogiques, pour flatter leur misérable égo sous couvert de « protéger la planète », bien sur qu’ils ont peurs, ce qui les rend d’ailleurs colériques. Ils font insulte au singes qu’ils sont censés représenter. Ils on raisons, continuons d’éradiquer des animaux pour manger leur viande, poussons plus loin la consommation qui empoisonne nos sols, alors qu’une alternative en laboratoire plus écologique et potentiellement moins cher est en passe de voir le jour….ils ne « raisonnent » que par agglomération de clichés inutile de les écouter. Qu’il y ait des opinions divergentes, c’est une évidence, mais ayons suffisamment d’humilité pour faire émerger des arguments rationnels servant l’ensemble des parties.
    Le doute basé sur l’ignorance est salutaire, mais laisser s’emporter par la peur voir la haine comme solution de facilité au lieu de progresser vers la remise en question ? Non merci, on a déjà eu ça.

    • Vous ne comprenez pas cette logique de fuite en avant.
      Votre argument est : puisque notre monde est dévasté, continuons ce progrès pour compenser les devastations.
      C’est la logique qui veut puisqu’il pleut, allons dans la mare pour nous protéger de la pluie. Une logique imparable certes, la pluie ne vous atteint plus, mais réductrice donc nulle, voire stupide.
      La dévastation de la planète par une minorité qui se gave n’est pas un cliché mais la réalité.
      La connivence des dirigeants (élus) avec cette réalité une trivialité.
      je vous mets au défit de trouver des arguments contre.
      Donc continuer dans la technoscience dominée par les ultra-riches est prolonger ce suicide collectif (dans la mesure où collectivement nous cautionnons cette dictature).
      Car ces devastations mènent à des catastrophes en cours, d’accord !

  2. Les débats sur la biologie de synthèse: nécessité ou mascarade ? « C’est un événement mémorable auquel j’ai assisté. Mon domaine de recherches comprend l’étude de la gouvernance et la mise en débat de nouvelles formes de biologie, et depuis quelques années je consacre une partie de mes travaux à l’analyse de l’émergence et la gouvernance de la biologie de synthèse. Le lancement de débats publics sur la biologie de synthèse ne pouvait que m’intéresser. Ce 25 avril 2013 je suis donc installé dans une salle du CNAM où doit avoir lieu un débat public sur le sujet dans le cadre du Forum de la Biologie de Synthèse. » lire la suite

Laisser un commentaire

Shares