L’automatisation, l’emploi et la pandémie

Aurez-vous un emploi dans 6 mois ?

Les nouvelles concernant l’effondrement de l’économie mondiale ne cessent d’empirer. Cette semaine, le ministère américain du commerce a annoncé que le PIB du pays avait chuté de 9,5 % au deuxième trimestre (13,8 % en France), ce qui équivaut à un taux de déclin annuel de 33 % ; quelque 1,4 million d’Américains ont déposé des demandes d’allocations de chômage la semaine dernière. Si les nouvelles immédiates ne sont certes pas encore assez mauvaises, les économistes craignent également que la pandémie provoque des dommages durables sur le marché du travail et les inégalités de revenus.

Il y a tout juste un an, le MIT publiait son rapport “Work of the Future”. Tout en déplorant les perturbations causées par l’automatisation et l’absence de croissance des salaires pour de nombreux travailleurs au cours des dernières décennies, le rapport était, au moins, optimiste quant à l’abondance des emplois. Les auteurs écrivaient : “Nous prévoyons que dans les deux prochaines décennies, les pays industrialisés auront plus d’offres d’emploi que de travailleurs pour les combler…” Aujourd’hui, deux de ses principaux auteurs affirment que la pandémie “a bouleversé notre confiance dans cette prévision”.

Ils soulignent l’augmentation de la “téléprésence” qui pourrait dévaster les industries du voyage et de l’hôtellerie, ainsi que la demande de personnel de nettoyage et de sécurité car de nombreuses personnes continuent de travailler à distance. Et ce ne sera pas une perte insignifiante : 9,2 % des emplois américains sont dans la préparation des aliments, 8,5 % dans les transports et 3 % dans le nettoyage des bâtiments et des terrains. Ce sont des millions d’emplois qui seront vulnérables si bon nombre continuent de travailler à domicile même après la pandémie.

Un autre facteur est l’automatisation forcé – compte tenu des dangers de la pandémie, les entreprises chercheront à utiliser moins de main-d’œuvre humaine. Le passage à l’automatisation était déjà en cours, bien sûr, mais la pandémie l’a accentué et ces changements seront probablement durables. Ils écrivent : “Nous pouvons nous attendre à une réduction des effectifs dans les commerces de détail, les restaurants, les concessions automobiles et les usines de conditionnement de la viande, entre autres”.

L’idée répandue selon laquelle les robots vont prendre tous nos emplois n’a jamais été vraiment bien soutenue, et avant la pandémie, la plupart des pays riches connaissaient un boom de l’emploi. Oui, l’automatisation a réduit le nombre de travailleurs relativement bien payés dans l’industrie et les bureaux, mais il y avait beaucoup d’emplois de service dans les hôtels, les agences de voyage et les restaurants. Beaucoup de ces emplois étaient mal payés, mais leur disparition sera tout de même regrettée.

Les États-Unis sont confrontés pour la première fois à un avenir où il n’y a tout simplement pas assez d’emplois. Et voici la partie la plus inquiétante : la plupart des gens pensent que les emplois perdus ne reviendront probablement pas.

Il est vrai que certains grands distributeurs, dont Amazon et Walmart, embauchent ; cette semaine, Jeff Bezos a déclaré que l’effectif de son entreprise était passé à un million de personnes. Une telle réaffectation de la main-d’œuvre est une chose normale, même si elle se fait au ralenti. Ces jours-ci, elle est devenue frénétique. On l’a surnommée “le choc de la réaffectation”.

La réaffectation n’est pas nécessairement une mauvaise chose ; c’est la façon dont une économie reste saine. Mais le problème est que les chercheurs de l’étude de mai mentionnée ci-dessus n’ont trouvé que 3 nouvelles embauches pour 10 licenciements causés par le choc. Ils estiment que 42 % des licenciements récents entraîneront des pertes d’emploi permanentes.

Un autre document, rédigé par deux économistes, a examiné les emplois du marché du travail américain qui risquent le plus de disparaître. Les chercheurs ont conçu un indice qui combine l’automatisation et les risques de transmission du covid-19, de sorte qu’un emploi qui pourrait être facilement automatisé et qui expose un travailleur à un risque élevé de transmission du covid-19 obtient une note élevée. Parmi les professions qui se sont retrouvées dans le collimateur figurent les représentants du service clientèle et les assistants médicaux. Les femmes sont environ deux fois plus susceptibles que les hommes d’occuper des emplois à haut risque.

D’une certaine manière, la pandémie ne fait qu’accélérer les problèmes d’automatisation, de perte d’emploi et d’inégalité des revenus auxquels nous étions déjà confrontés. Mais elle nous obligera à essayer de comprendre et de traiter ces questions bien plus rapidement que nous ne l’aurions fait auparavant ; les cicatrices des dégâts seront là, et il faudra des changements fondamentaux pour les traiter. Il y a quelques idées qui circulent, mais nous n’en sommes qu’au début de la réflexion sur la voie à suivre.

Paradoxe de la productivité

L’une des grandes incertitudes économiques de nos jours est de savoir comment la pandémie affectera la productivité. Depuis plus de dix ans, les économies avancées du monde entier souffrent d’une croissance lente, et la question de savoir si la pandémie va aggraver la situation ou si elle peut contribuer à améliorer la situation en renouvelant les investissements dans la technologie reste ouverte.

La Banque mondiale a publié un rapport exhaustif sur la question, rempli de données. Si vous souhaitez simplement consulter quelques graphiques illustrant les enjeux, vous pouvez vous rendre ici. Ne cherchez pas de réponse facile, il n’y en a pas. Mais il sera essentiel de comprendre la complexité de la croissance de la productivité pour élaborer des politiques qui nous permettront de sortir du marasme économique actuel.

Une chose dont il faut s’inquiéter, car les emplois continuent d’être difficiles à trouver, c’est de savoir comment les diverses formes de discrimination vont augmenter. Gordon Dahl, économiste à l’université de Californie à Davis, et Matthew Knepper au Terry College of Business de l’université de Géorgie montrent que la discrimination fondée sur l’âge en matière de licenciement et d’embauche augmente respectivement de 4,8 % et 3,4 %, avec chaque point de pourcentage de hausse du chômage. Ce n’est peut-être pas nouveau, mais la pénurie d’emplois pourrait bien aggraver la situation.

À noter :

Combien de métiers peuvent être exercés à domicile ? La réponse : 37 %. Ces emplois à distance représentent environ 46 % de tous les salaires américains. Dans 85 autres pays, les chercheurs ont constaté, sans surprise, que les économies à faibles revenus ont une part plus faible de ces emplois.

L’intelligence artificielle perturbera davantage les cols blancs

Selon la sagesse populaire, la robotique, l’intelligence artificielle et l’automatisation modifieront radicalement le travail des cols bleus et des employés d’usine. En fait, les emplois des cols blancs seront davantage touchés, selon une nouvelle analyse de la Brookings Institution.

Les chercheurs ont examiné le texte du brevet sur l’intelligence artificielle et les descriptions d’emploi, et ont quantifié le chevauchement afin de déterminer les types de tâches et de professions susceptibles d’être touchées.

L’analyse indique que l’intelligence artificielle sera un facteur déterminant dans la vie professionnelle future des managers, des superviseurs et des analystes, en bouleversant toutes sortes d’emplois de cols blancs, allant des cabinets juridiques, aux fonctions marketing, en passant par les éditeurs et la programmation informatique.

Bien que les cols blancs soient susceptibles de supporter une part importante des perturbations causées par l’IA et l’automatisation, ils peuvent avoir plus de facilité à se recycler ou à trouver d’autres débouchés, car ils sont plus susceptibles de vivre en ville ou d’avoir un diplôme universitaire.

L’intelligence artificielle n’est pas encore largement adoptée par les entreprises, malgré l’énorme battage médiatique qui l’entoure. Et bien qu’il y ait eu beaucoup de discussions sur l’impact de l’IA sur l’emploi, on ne sait pas exactement quel en sera l’impact. Nous avons tout vu, des prévisions d’un abattage désastreux de 47 % des emplois aux États-Unis aux affirmations selon lesquelles, en fait, l’IA créera autant d’emplois qu’elle en détruit, sinon plus.

Par conséquent, il est judicieux de considérer cette dernière analyse comme une contribution dans un domaine brûlant plutôt que comme le dernier mot sur le sujet.

Pour aller plus loin :
Comment l’automatisation et l’IA bouleversent l’emploi
Ginni Rometty sur l’avenir du travail et de l’IA
L’IA remplacera 40% des emplois en 15 ans
L’avenir des emplois selon le Forum économique mondial
Comment la technologie affecte les emplois en Asie
Le travail en 2030. L’effet Winner Take All
Quel sera l’impact de l’automatisation sur l’emploi ?
De nombreux emplois menacés par l’IA et les robots d’ici cinq ans
Selon Mark Cuban, l’IA sera à l’origine de la plus grande rupture de ces 30 dernières années dans le monde du travail
Bill Gates : le robot qui prend votre travail devrait payer des impôts
Stephen Hawking : l’automatisation et l’IA vont décimer les emplois de la classe moyenne
Vinod Khosla : « 80% des emplois informatiques peuvent être remplacés par l’automatisation
Rapport de l’ONU : les robots vont remplacer les deux tiers des emplois dans les pays en développement
850 000 emplois supplémentaires vont être automatisés d’ici 2030 au Royaume-Uni
L’intelligence artificielle et l’automatisation : seulement 1,5 % des emplois perdus pourraient être remplacés par les emplois créés
ING Focus Belgique – les emplois les plus « robotisables » (PDF)
L’évolution de l’intelligence artificielle pourrait sonner le glas de nombreuses professions
La Banque d’Angleterre et Bank of America Merrill Lynch annoncent une apocalypse de l’emploi
Des robots pour remplacer les juges ?
Ross, le premier avocat Robot du monde
Automatisation : environ 114.000 emplois juridiques seront perdus soit 39% des emplois dans le secteur

Comment l’automatisation et l’IA bouleversent l’emploi

La conférence annuelle Emtech Next portait sur la façon dont l’automatisation et l’IA bouleversent l’emploi

L’un des points saillants de l’événement a été le débat d’Oxford sur la question : devrions nous taxer les robots ? Nous taxons lourdement les travailleurs humains, alors pourquoi pas les machines qui les remplacent ? Ensuite, il y a la théorie selon laquelle l’argent des impôts pourrait aider à fournir une formation ou des avantages sociaux aux travailleurs qui ont perdu leur emploi à cause de l’automatisation.

Ryan Abbott, professeur de droit à l’Université de Surrey, a présenté des arguments convaincants en faveur d’une telle taxe (pdf), ou plus précisément de la suppression des incitations fiscales favorisant l’automatisation par rapport au travail humain. Selon Abbott, de nombreuses décisions commerciales d’automatisation des processus sont motivées par ces avantages fiscaux, et non par le fait de la productivité accrue des robots. Si l’automatisation est vraiment plus efficace, a suggéré Abbott, laissez les entreprises décider de l’utiliser – sans aucun allégement fiscal.

Le chroniqueur économique de The Economist, Ryan Avent, contre-argumentait que les taxes (ou la fin des allègements fiscaux) ralentiraient l’innovation, et que, de toute façon, rien ne prouve économiquement que des robots prennent des emplois. Se sont des arguments moins convaincants. Il est vrai, bien sûr, qu’une taxe sur les robots ne résoudra pas à elle seule le manque d’emplois. Mais supprimer les incitations financières qui favorisent l’automatisation par rapport aux humains créera au moins des conditions de concurrence équitables.

Plus spécieux encore est l’argument selon lequel une taxe sur les robots est une pente glissante : vont-ils taxer mon Roomba ou mon grille-pain intelligent ensuite ? D’une manière ou d’une autre, nous réussissons à taxer la main-d’œuvre, et pourtant vous pouvez toujours tondre votre pelouse et nettoyer votre maison sans payer le gouvernement.

Malheureusement, les participants d’Emtech Next n’étaient pas d’accord, 70% ont voté contre la taxe sur les robots après avoir entendu le débat.

L’IA remplacera 40% des emplois en 15 ans

L’un des thèmes récurrents était que les entreprises peuvent mieux exploiter l’automatisation et l’IA non seulement pour leur propre rentabilité, mais aussi pour améliorer leur productivité et faire croître l’économie dans son ensemble. Comment ? Deux ingénieurs, Meera Sampath de l’Université d’État de New York et Pramod P. Khargonekar de l’Université de Californie, Irvine, ont présenté leur plan pour une “automatisation socialement responsable”, qui commence par amener les technologues à réfléchir davantage à la façon dont leurs créations seront réellement utilisées et dont ces utilisations peuvent profiter aux travailleurs et à la société.

« Ok, je vais l’avouer, chaque fois que j’entends le mot «cobot», je grince des dents. Oui, il y a eu des progrès remarquables en robotique au cours de la dernière décennie, qui permettent à ces machines de travailler plus facilement et en toute sécurité aux côtés de personnes et d’effectuer davantage de tâches de nature humaine. Et oui, je sais que la promesse est que, en prenant en charge des tâches banales, ces robots permettront aux gens de faire des tâches plus intéressantes et, espérons-le, productives.

Mais c’est une décision que trop souvent les entreprises ne prennent pas; bien au contraire, bon nombre d’entre elles remplacent leurs salariés. Si les robots exécutent 20% des tâches exécutées par un travailleur, vous avez besoin de 20% de moins de personnes pour effectuer le travail.

Il est devenu de plus en plus clair pour les économistes que c’est la seule raison pour laquelle nous sommes confrontés à une crise : les salaires sont lissés et les possibilités d’emploi sont limitées pour de nombreux travailleurs…”

L’économiste du MIT Daron Acemoglu met cela sur le compte de ce qu’il appelle l’automatisation et les technologies “médiocres” (pdf). Des avancées comme l’automatisation devraient être un boom de la productivité, mais la croissance de la productivité est lente depuis plus d’une décennie. Selon Acemoglu, c’est parce que trop souvent les entreprises automatisent des tâches même lorsque les machines ne sont pas plus productives, en raison des distorsions fiscales susmentionnées et d’un enthousiasme général pour les robots. Vous avez donc un double dilemme : non seulement les robots remplacent les travailleurs, mais ils ne sont pas particulièrement aptes à faire croître l’économie.

La solution consiste à créer de nouvelles tâches productives pour les travailleurs remplacés par l’automatisation. (C’est ce qui s’est passé dans le passé). Et c’est là que l’intelligence artificielle pourrait être utile. Les exemples ne sont pas si difficiles à imaginer. Par exemple, si vous libérez les professionnels de la santé, comme les radiologues et les infirmières, des tâches routinières, ils pourraient utiliser les systèmes d’IA pour collecter et analyser beaucoup plus de données sur les patients, élargir leurs capacités et leur donner de nouveaux moyens de conseiller et de traiter les patients. Acemoglu cite des exemples similaires existant dans l’éducation et la fabrication.

Mais, et c’est la clé, Acemoglu prévient que cela ne se fera pas nécessairement tout seul (pdf). Vous ne pouvez pas laisser cela aux marchés ou aux technologues. Nous devons poursuivre délibérément cet objectif.

L’intelligence artificielle et la robotique changent l’avenir du travail. Êtes-vous prêt ?

L’IA remplacera 40% des emplois en 15 ans

L’intelligence artificielle risque de briser l’économie mondiale

“L’intelligence artificielle remplacera de plus en plus les tâches répétitives. Pas seulement pour les cols bleus, mais beaucoup pour les cols blancs.”

Kai-Fu Lee, un investisseur en capital-risque qui développait l’intelligence artificielle pour Microsoft et Google, a déclaré aux 60 minutes de CBS que l’intelligence artificielle allait remplacer 40% des travailleurs dans le monde d’ici 15 ans.

“Je crois que l’intelligence artificielle va changer le monde plus que tout dans l’histoire de l’humanité”, a déclaré Lee à CBS. “Plus que l’électricité.”

Les nouvelles technologies rendent toujours certaines formes de travail obsolètes. Mais les travailleurs remplacés ont toujours eu théoriquement la possibilité de rechercher des emplois créés par les nouvelles industries.

Mais dans son dernier ouvrage, Les superpuissances de l’intelligence artificielle : Chine, Silicon Valley et le nouvel ordre mondial, Lee affirme que le déplacement de l’intelligence artificielle sera fondamentalement différent.

Les superpuissances de l’IA : Chine Silicon Valley et NWO

Lee explique que l’intelligence artificielle allait permettre à de nouvelles industries de se construire à partir de zéro avec l’automatisation à l’esprit. Non seulement l’intelligence artificielle s’avérera moins chère que les employés humains, mais bon nombre des nouveaux emplois créés seront également automatisés.

Lee a déclaré à CBS que cette vague d’automatisation et de remplacement des travailleurs se produirait beaucoup plus rapidement. Cela s’explique en partie par le fait que les algorithmes d’intelligence artificielle peuvent être partagés dans le monde entier entre développeurs et chefs d’entreprise avec peu de besoin de nouvelle infrastructure.

Comment éviter les pertes d’emplois technologiques

Selon Lee, ce qui reste à déterminer, c’est de savoir si la meilleure intelligence artificielle viendra d’Amérique, où se trouvent la plupart des principaux développeurs d’IA, ou de la Chine, où les applications pour smartphone telles que WeChat fournissent aux entreprises des données riches sur presque tous les aspects de la vie des utilisateurs.

Venture capitalist: AI will displace 40 percent of world’s jobs in as soon as 15 years [CBS News]

L’intelligence artificielle au sein de Pôle emploi

Les superpuissances de l’IA : Chine Silicon Valley et NWO

Kai-Fu Lee – AI Superpowers China, Silicon Valley, and the New World Order

Kai-Fu Lee – l’un des experts les plus respectés au monde en matière d’IA et sur la Chine – révèle que la Chine a soudainement rattrapé les États-Unis à une vitesse étonnamment rapide et inattendue. Il soutient avec force qu’en raison de ces développements sans précédent en matière d’intelligence artificielle, des changements spectaculaires se produiront bien plus tôt que prévu.

En effet, alors que la concurrence entre Sino-Américains en matière d’intelligence artificielle commence à s’intensifier, Lee exhorte les États-Unis et la Chine à accepter et à assumer les grandes responsabilités associées à une puissance technologique importante. La plupart des experts disent déjà que l’intelligence artificielle aura un impact dévastateur sur les emplois de cols bleus. Mais Lee prédit que l’IA chinoise et américaine aura également un impact important sur les emplois de bureau. Le revenu de base universel est-il la solution ? Selon Lee, probablement pas.

Mais il fournit une description claire des emplois qui seront affectés et de la date à laquelle, des emplois pouvant être améliorés grâce à l’IA, et, plus important encore, de la manière dont nous pouvons apporter des solutions à certains des changements les plus profonds de l’histoire de l’humanité qui vont se produire prochainement.


Dr. Kai-Fu Lee—one of the world’s most respected experts on AI and China—reveals that China has suddenly caught up to the US at an astonishingly rapid and unexpected pace. In AI Superpowers, Kai-fu Lee argues powerfully that because of these unprecedented developments in AI, dramatic changes will be happening much sooner than many of us expected.

Indeed, as the US-Sino AI competition begins to heat up, Lee urges the US and China to both accept and to embrace the great responsibilities that come with significant technological power. Most experts already say that AI will have a devastating impact on blue-collar jobs. But Lee predicts that Chinese and American AI will have a strong impact on white-collar jobs as well. Is universal basic income the solution? In Lee’s opinion, probably not.

But he provides a clear description of which jobs will be affected and how soon, which jobs can be enhanced with AI, and most importantly, how we can provide solutions to some of the most profound changes in human history that are coming soon.

Les machines sont sur le point de surpasser l’humanité

En moins d’une décennie, la plupart des tâches sur le lieu de travail seront effectuées par des machines plutôt que par des hommes, selon les dernières prévisions du Forum économique mondial sur l’intelligence artificielle.

Le rapport sur l’avenir de l’emploi affirme qu’environ 71% des activités professionnelles sont effectuées par des hommes aujourd’hui, mais cela nécessite un changement rapide des responsabilités au cours des sept prochaines années. En 2025, il prévoit que plus de la moitié des tâches seront transférées vers des machines. Les chiffres du rapport sont extrapolés à partir d’enquêtes auprès de responsables des ressources humaines et d’experts en stratégie d’entreprise.

L’avenir des emplois selon le Forum économique mondial

Le rapport prédit que les progrès de l’apprentissage automatique et de l’automatisation numérique permettront d’éliminer 75 millions d’emplois d’ici à 2025. Mais cela suggère que la même technologie pourrait également générer quelque 133 millions de nouveaux emplois d’ici là. Les travaux qui impliquent des tâches de conception ou de programmation, une réflexion critique et une intelligence sociale seront plus résistants à l’automatisation, selon le rapport.

Formation pour le nouveau monde du travail : les employés ne pourront cependant pas facilement se glisser dans ces nouveaux métiers. Le WEF prévoit que 54% des employés des grandes entreprises auront besoin d’une nouvelle formation et de nouvelles compétences afin de tirer pleinement parti des nouvelles opportunités et des nouveaux emplois créés.

Boules de cristal : Le rapport suscite la réflexion et est bien organisé. Mais il est notoirement difficile de prévoir ce type de changement économique de manière fiable. En effet, comme nous l’avons déjà noté, les estimations concernant le nombre d’emplois que l’IA va détruire (ou créer) ont tendance à varier énormément.

Quel sera l’impact de l’automatisation sur l’emploi ?

L’avenir des emplois selon le Forum économique mondial

Selon le Forum économique mondial, les robots réaliseront 52% des tâches professionnelles courantes dès 2025, d’après une nouvelle étude publiée lundi.

À mesure que les avancées technologiques transforment rapidement la frontière entre les tâches exécutées par l’homme et celles effectuées par les machines et les algorithmes, les marchés du travail mondiaux sont susceptibles de subir des transformations majeures. Si elles sont bien gérées, ces transformations pourraient mener à un nouvel âge de travail, à de bons emplois et à une meilleure qualité de vie, mais si elles sont mal gérées, elles risquent d’aggraver les écarts de compétences et les inégalités. À bien des égards, le moment est venu de façonner l’avenir du travail. Le rapport sur l’avenir des emplois fournit des outils pouvant répondre aux questions cruciales auxquelles sont confrontées les entreprises, les gouvernements et les travailleurs à l’horizon 2022.

La quatrième révolution industrielle interagit avec d’autres facteurs socio-économiques et démographiques pour créer une tempête parfaite de changement de modèle d’entreprise dans toutes les industries, entraînant des perturbations majeures sur les marchés du travail. De nouvelles catégories d’emplois émergeront, en partie ou en totalité. Les compétences requises dans les professions anciennes et nouvelles changeront dans la plupart des industries et transformeront comment et où les gens travaillent. Cela peut également affecter différemment les travailleurs féminins et masculins et transformer la dynamique de l’écart entre les sexes dans l’industrie.

Le rapport sur l’avenir des emplois vise à présenter et à fournir des informations spécifiques sur l’ampleur relative de ces tendances par secteur et par zone géographique, ainsi que sur l’horizon prévisionnel de leur impact sur les fonctions, les niveaux d’emploi et les compétences.

En 2025, les machines accompliront plus de tâches que les humains. Mais la révolution robotique créera 58 millions de nouveaux emplois nets au cours des cinq prochaines années.

– Les dernières recherches du Forum économique mondial montrent que les machines accompliront plus de tâches courantes que nous d’ici 2025, alors que les humains réalisent aujourd’hui 71 % du total.

– L’évolution rapide des machines et des algorithmes sur le lieu de travail pourrait créer 133 millions de nouveaux emplois, à comparer aux 75 millions qui seront déplacés entre maintenant et 2022.

– Les défis urgents consistent notamment à offrir des possibilités de reconversion, à permettre le travail à distance et à mettre en place des filets de sécurité pour protéger les travailleurs et les communautés à risque.

Fondé sur une enquête menée auprès des directeurs des ressources humaines et des responsables de la stratégie appartenant aux entreprises de 12 secteurs d’activité au sein de 20 économies développées et émergentes (qui représentent collectivement 70 % du PIB mondial), le rapport conclut que 54 % des employés des grandes entreprises auraient besoin d’une reconversion importante afin de tirer pleinement parti des possibilités de croissance offertes par la quatrième révolution industrielle. Simultanément, un peu plus de la moitié des entreprises interrogées déclarent avoir l’intention de ne reconvertir que les employés qui occupent des rôles clés, et seul un tiers d’entre elles disent souhaiter reconvertir les travailleurs à risque.

L’avenir de l’emploi en chiffres

Part de la main-d’œuvre nécessitant une reconversion : 54%
Entreprises prévoyant de réduire leurs effectifs permanents : 50%
Entreprises prévoyant de recruter des fournisseurs spécialisés : 48%
Entreprises prévoyant une augmentation de la main-d’œuvre : 38%
Entreprises prévoyant une augmentation de la main-d’œuvre du fait de l’automatisation : 28%
Déplacements d’emplois d’ici 2022 : 75 millions
Créations d’emplois d’ici 2022 : 133 millions
Part du nombre total d’heures de travail effectuées par les humains en 2017 : 71%
Part du nombre total d’heures de travail effectuées par les humains en 2022 : 58%
Part du nombre total d’heures de travail effectuées par les humains en 2025 : 48%

Si près de 50 % des entreprises prévoient d’ici 2022 une diminution de leur effectif à temps plein du fait de l’automatisation, près de 40 % anticipent au contraire une augmentation globale de leur effectif et plus d’un quart s’attend à ce que l’automatisation crée de nouveaux emplois dans leur entreprise.

Le rapport présente une vision de l’avenir de la main d’œuvre mondiale qui suscite à la fois optimisme et prudence. Comparé à une étude similaire réalisée en 2016 par le Forum économique mondial afin de comprendre l’impact de la quatrième révolution industrielle sur l’emploi, ce rapport ouvre des perspectives de création d’emplois beaucoup plus positives, car les entreprises comprennent beaucoup mieux les possibilités offertes par la technologie. Toutefois, l’énorme perturbation que l’automatisation créera au sein de la main-d’œuvre mondiale provoquera de façon quasi-certaine des changements importants dans la qualité, l’emplacement, le format et la permanence des fonctions qui requièrent une attention particulière de la part des dirigeants des secteurs public et privé.

Parmi les fonctions qui doivent faire face à une demande croissante dans tous les secteurs d’activité, on trouve les analystes de données, les scientifiques, les développeurs de logiciels, ainsi que les spécialistes du commerce électronique et des médias sociaux – des métiers basés sur la technologie ou qu’elle améliore de façon significative. Les fonctions qui tirent parti des compétences humaines, comme les professions de la vente et du marketing, les managers de l’innovation et les chargés du service à la clientèle, sont également appelées à connaître une demande croissante. Les emplois dont on s’attend à ce qu’ils deviennent redondants sont les postes routiniers de cols blancs, comme les commis à la saisie de données, la comptabilité et la paie.

“Les entreprises doivent compléter leurs plans d’automatisation par des stratégies d’augmentation globales. Pour demeurer dynamiques, différenciées et compétitives à l’ère des machines, les entreprises doivent en fait investir dans leur capital humain. Il y a un impératif moral et économique de le faire. Sans approches proactives, les entreprises et les travailleurs risquent de perdre le potentiel économique de la quatrième révolution industrielle”, déclare Saadia Zahidi, Directrice du Centre pour la nouvelle économie et la société au Forum économique mondial.

Perspectives d’emploi 2022

Pour l’ensemble des entreprises interrogées, les répondants prévoient d’ici 2022 une baisse de 984 000 emplois et un gain de 1,74 million. L’extrapolation de ces tendances aux grandes entreprises de la main-d’œuvre non agricole des 20 économies couvertes par le rapport suggère que 75 millions d’emplois pourraient être déplacés par un changement de la répartition du travail entre les humains, les machines et les algorithmes, tandis que 133 millions de nouveaux emplois plus adaptés à cette nouvelle division du travail pourraient émerger.

Malgré une croissance nette positive de l’emploi, les métiers connaîtront un changement significatif de qualité, d’emplacement, de format et de permanence. Les entreprises sont prêtes à recourir davantage à des fournisseurs extérieurs pour effectuer des tâches spécialisées, à recruter du personnel selon des arrangements plus souples, à recourir au travail à distance et à déplacer certaines activités afin de s’assurer l’accès aux talents.

Les travailleurs auront besoin de nouvelles compétences à mesure qu’évolue la répartition du travail entre les humains et les machines. Les entreprises interrogées rapportent qu’aujourd’hui, 71% du total des heures de travail sont effectuées par des humains, contre 29% par des machines. D’ici 2022, cette répartition devrait passer à 58 % des heures de travail effectuées par des humains et 42 % par les machines.

L’avenir de l’emploi selon les secteurs d’activité

L’avenir de l’emploi n’est pas univoque, et l’impact de la robotisation se fera sentir de façon disparate dans les différents secteurs d’activité en fonction de la situation initiale, de la disponibilité des compétences, de l’adoption des technologies et de l’adaptabilité de la main-d’œuvre.

Bien que les perspectives d’avenir du marché de l’emploi soient globalement positives, l’équilibre entre l’expansion et la contraction de la main-d’œuvre change selon les secteurs d’activité. Le niveau de déplacement devrait varier considérablement. Par exemple, la part des entreprises qui prévoient des pertes d’emplois dans les secteurs des mines et des métaux, de la consommation et des technologies de l’information est plus élevée que dans les services professionnels. Certains métiers et certaines compétences qui sont en déclin dans un secteur d’activité donné sont au contraire en progression dans d’autres. Ces résultats signalent la possibilité de mener stratégies coordonnées de transition des emplois entre des secteurs d’activité.

Tous les secteurs prévoient des pénuries de compétences considérables, l’industrie de l’aviation, du voyage et du tourisme projetant les besoins de reconversion les plus élevés au cours de la période 2018-2022. Les pénuries de compétences sont également particulièrement préoccupantes dans les secteurs des technologies de l’information et des communications, des services financiers, et des mines et métaux. Le secteur de la grande mobilité est le moins susceptible de chercher à requalifier ses employés, tandis que les entreprises appartenant aux secteurs de la santé et des soins, de la chimie, des matériaux avancés et de la biotechnologie sont les plus susceptibles de reconvertir leurs employés.

Combinée à la reconversion, l’augmentation des tâches actuelles peut créer les conditions d’une nouvelle croissance de la productivité. Par exemple, l’administration et les tâches physiques seront en grande partie automatisées, ce qui permettra aux humains de se concentrer sur des tâches plus productives.

Conclusion

Pour les gouvernements, il est urgent de s’attaquer à l’impact des nouvelles technologies sur les marchés du travail en améliorant les politiques éducatives visant à élever rapidement le niveau d’éducation et de compétences des individus de tous âges, notamment en ce qui concerne les STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) et compétences non cognitives, permettant aux individus de tirer parti de leurs capacités humaines uniques. Les points d’intervention pertinents comprennent les programmes scolaires, la formation des enseignants et la réinvention de la formation professionnelle à l’ère de la quatrième révolution industrielle, élargissant ainsi son attrait au-delà des professions traditionnelles faiblement et moyennement qualifiées.

Deuxièmement, l’amélioration de la formation et de l’offre de compétences doit être équilibrée par les efforts déployés du côté de la demande. Les gouvernements peuvent aider à stimuler la création d’emplois grâce à des investissements publics supplémentaires et en mobilisant des investissements privés grâce à des financements mixtes ou à des garanties publiques. La nature exacte des investissements souhaitables variera d’un pays à l’autre. Cependant, au cours des prochaines années, il y a une énorme portée et un besoin évident non résolu dans la création de l’infrastructure matérielle et souple pour alimenter la quatrième révolution industrielle – des réseaux de communication numérique aux réseaux d’énergie renouvelables et intelligents jusqu’aux écoles et hôpitaux intelligents, en passant par les foyers de soins et les structures de garde améliorés.

Troisièmement, dans la mesure où les nouvelles technologies et l’augmentation de la main-d’œuvre stimuleront la productivité, les revenus, les gouvernements pourraient trouver des moyens d’améliorer les filets de sécurité sociale pour mieux soutenir ceux qui ont besoin d’aide pour s’adapter au nouveau marché du travail. Cet objectif pourrait être atteint en réformant et en élargissant les systèmes de protection sociale existants ou en adoptant un modèle entièrement nouveau, comme l’idée du revenu de base et des services de base. Les enseignements tirés de projets pilotes de ce type – en plus de ceux actuellement en cours dans des pays tels que les Pays-Bas, divers États américains et canadiens, le Kenya, l’Inde et le Brésil – seront essentiels pour tous les gouvernements au cours de la période 2018-2022.

Pour les travailleurs, il faut absolument assumer la responsabilité de l’apprentissage tout au long de la vie et du développement de carrière. Il est également clair que de nombreuses personnes devront être soutenues par des périodes de transition professionnelle et des phases de recyclage et l’amélioration des compétences par les gouvernements et les employeurs. Par exemple, l’apprentissage tout au long de la vie devient un domaine d’expérimentation riche, plusieurs gouvernements et industries recherchant la bonne formule pour encourager les individus à se soumettre volontairement à une mise à niveau périodique des compétences.

De même, si un revenu de base universel à part entière peut rester politiquement et économiquement irréalisable ou indésirable au cours de la période 2018-2022, certaines variantes ou certains aspects de l’idée – par exemple fournir un fonds universel pour l’apprentissage tout au long de la vie – pourrait recevoir une attention croissante au cours des prochaines années. Les solutions sont susceptibles de varier selon les pays et dépend des circonstances politiques, économiques et sociaux locaux.

L’objectif principal des gouvernements, des industries et des travailleurs devrait être de veiller à ce que les emplois de demain soient rémunérés équitablement, entraînent un traitement respectueux et décent et offrent des possibilités réalistes de croissance personnelle, de développement et d’épanouissement. Nous espérons que ce rapport sur l’avenir de l’emploi du Forum économique mondial fournira à la fois un appel à l’action et un outil utile pour façonner de manière proactive l’avenir des emplois afin de concrétiser cette vision.

⇒ Télécharger le rapport : The Future of Jobs Report 2018 World Economic Forum

Pour aller plus loin :
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L’intelligence artificielle et l’automatisation : seulement 1,5 % des emplois perdus pourraient être remplacés par les emplois créés
ING Focus Belgique – les emplois les plus « robotisables » (PDF)
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Des robots pour remplacer les juges ?
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Automatisation : environ 114.000 emplois juridiques seront perdus soit 39% des emplois dans le secteur

Géoéconomie de l’industrie 4.0 et de l’IA

Alors que les Européens sont passés à côté des deux premières révolutions Internet, celle des produits (Apple, Microsoft…) et celle des services (Uber, Netflix, Airbnb…), la 3e révolution de l’intelligence artificielle s’annoncerait une fois de plus sous un leadership non européen. Un rapport publié par le cabinet Roland Berger a recensé le nombre de start-ups intervenant dans l’intelligence artificielle dans le monde. Dans l’ordre, nous les trouvons aux USA (1 393), en Chine (383) et en Israël (362). Le premier pays européen apparaissant dans ce classement est le Royaume-Uni (245), qui, manque de chance pour l’Union, est en plein Brexit. La France se place à la 7e place (109) et l’Allemagne en 8e (106). Vingt-quatre pays de l’UE se sont engagés à mutualiser leurs moyens pour concevoir une approche européenne de l’intelligence artificielle, mais ce sont bien le Royaume-Uni et la France qui espèrent devenir des leaders mondiaux pour guider et réguler la technologie de l’intelligence artificielle. Si la France s’est récemment saisie de cette question, c’est particulièrement la Chine qui a officiellement fait part de ses ambitions de prendre le leadership de l’intelligence artificielle d’ici 2030, en la liant aux enjeux de défense et de sécurité. Le gouvernement américain compte quant à lui conserver son avantage militaire technologique avec son plan national « Third Offset » intégrant pleinement l’intelligence artificielle.

La création d’un laboratoire européen appelé European Lab for Learning and Intelligent Systems (ELLIS) a été promue dans une lettre ouverte signée par des scientifiques du Royaume-Uni, de France, d’Allemagne, de Suisse, d’Israël (un pays européen ?) et des Pays-Bas. Le projet se focaliserait sur l’apprentissage et les systèmes intelligents et serait localisé à différents endroits en employant des centaines de chercheurs, d’ingénieurs en informatique et de mathématiciens pour concurrencer les géants technologiques américains et asiatiques.

L’arrivée de l’intelligence artificielle dans l’entreprise et l’administration de l’État va profondément transformer l’industrie. L’industrie de demain communément appelée « Industrie 4.0 » ne consiste pas à automatiser davantage, mais plus intelligemment en faisant communiquer des systèmes en temps réel pour augmenter la valeur pour le client. Remplacer les hommes par les robots ne fait pas partie des objectifs de cette industrie, qui combine plutôt trois innovations technologiques clefs : l’autonomisation, l’Internet des objets et l’intelligence artificielle. Le phénomène est assez global : en Allemagne, en France, en Belgique, en Chine, aux USA, au Japon ou encore en Corée du Sud, des programmes émergent pour mettre en application ce modèle et être compétitifs (Géoéconomie, n° 82, Juin-Juillet 2017, p.37 et 38). Pour lutter face aux géants du numérique par exemple, le responsable allemand de l’économie digitale du Land Rhénanie du Nord-Westphalie (NRW) compte s’appuyer sur le numérique tout en conservant l’industrie traditionnelle du pays.

Le futur de l’industrie rime avec robotisation et pertes d’emplois dans l’esprit français. En effet, en l’état actuel des choses, la robotisation amènerait une désindustrialisation encore plus poussée et une perte de marchés extérieurs sans montée en gamme ; or la France est un pays de production manufacturière de milieu de gamme avec un coût du travail plutôt élevé. Selon le think tank GenerationLibre, ces polémiques à propos de l’effet négatif des robots sur l’emploi empêchent l’émergence d’une politique de robotisation assumée. Il y a, selon son étude, une absence de corrélation significative entre robotisation et taux de chômage sur tous les niveaux de qualification. De même que dans les pays de l’OCDE : la robotisation ne conduit pas à des destructions d’emplois, mais plutôt à une modification de leur structure vers des emplois de services peu qualifiés. La fin du travail salarié n’est pas pour maintenant, car pour l’instant, la robotisation accentuerait plutôt les mécanismes historiques du capitalisme industriel, soit une intensification du travail et une perte des savoir-faire. De plus, l’accroissement de la puissance informatique est au bénéfice de la puissance publique et des intérêts entrepreneuriaux, au prix d’une recrudescence du contrôle et de la surveillance de l’État sur la vie privée des individus.

L’arrivée de l’intelligence artificielle est finalement synonyme de concurrence à l’État dans ses prérogatives traditionnelles de connaissance, de contrôle et d’administration de son corps social. Dans un premier temps, l’État prendra en main cette problématique en tant qu’outil de contrôle parmi d’autres, dans une course internationale à l’intelligence artificielle. Un second axe serait envisageable, où la juridiction humaine serait supplantée par un code plus rationnel et performant (savoir, régulation, application de décision…). Si les spéculations de l’intelligence artificielle accédant à une relative autonomie se concrétisent un jour, la puissance publique perdra le contrôle et devra remettre en question son modèle de gouvernement.

Comment la technologie affecte les emplois en Asie

Impact de la technologie sur l’emploi

Selon un rapport publié cette semaine par la Banque asiatique de développement, l’économie asiatique bénéficiera globalement de l’automatisation en raison de sa productivité élevée et de la création de meilleurs emplois – mais elle prévient également que certains emplois sont également en danger. Le déplacement des travailleurs dû à la technologie est réel, mais avec les bonnes compétences, la formation et la réglementation, l’Asie peut surmonter ce défi.

Le rapport présente également des analyses économiques de 45 économies, y compris la République populaire de Chine, l’Inde et l’Indonésie. La publication examine les perspectives de l’Asie par sous-région : Asie centrale, Asie de l’Est, Asie du Sud, Asie du Sud-Est et Pacifique.

Selon l’International Federation of Robotics, les entreprises asiatiques ont acheté 190 492 robots en 2016, soit une hausse de 19% par rapport à l’année précédente. C’est la plus importante croissance que dans n’importe quelle autre région du monde.

Jusqu’à présent, les secteurs les plus automatisés sont ceux de l’automobile et de l’électronique, qui ne représentent plus que 13% des emplois manufacturiers de la région.

Les robots n’ont pas encore infiltré les industries de l’habillement et de la transformation des aliments, qui, combinées, ne représentent que 1,4% des bots de la région. Cependant, ces secteurs emploient également 31,5% des travailleurs d’usine en Asie et, bien que ce type de travail à forte intensité de main-d’œuvre soit à l’abri de l’automatisation pour l’instant, les progrès de la robotique pourraient sérieusement réduire les emplois dans les années à venir.

137 millions de travailleurs d’Asie du Sud-Est pourraient perdre leur emploi face à l’automatisation d’ici les 20 prochaines années