Lex humanoïde, des robots et des juges

En 2030, la justice est rendue par Cujas, un système expert qui a remplacé la justice des hommes, trop subjective. Les avocats ne plaident plus depuis longtemps, leur rôle se limitant à entrer des données et à contrôler que les décisions soient rendues conformes au principe de « l’équité statistique ». Le jour où Ilian, un jeune avocat désabusé par le système judiciaire, est saisi par une femme poursuivie par Cujas pour avoir mutilé son bras artificiel, le vent du changement se lève. Redoutant une tentative du système expert d’assimiler les machines au vivant pour leur faire acquérir les mêmes droits au nom de l’égalitarisme, Ilian va essayer de trouver les failles de Cujas afin d’obtenir la relaxe de sa cliente.

Avec l’aide d’un informaticien chargé par le ministère des Statistiques et de la Médiation de programmer les algorithmes, il s’aperçoit que Cujas a éliminé de ses bases de données des références, notamment celles à Portalis, promoteur de la loi intelligible, et à Protagoras, défenseur de la subjectivité du jugement.

Mais ce n’est que la partie émergée d’un système judiciaire derrière lequel se cachent d’autres intérêts…

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Ross, le premier avocat Robot du monde

Pierre Janot est avocat. Il exerce au barreau de Grenoble depuis vingt-trois ans. Il a commencé en tant que généraliste et s’est spécialisé dans le droit du travail, notamment à l’occasion des procès Caterpillar de 2009. Comme beaucoup de ses confrères, il est le témoin de l’avènement d’une justice administrée, qu’on annonce bientôt prédictive. Tenant du débat judiciaire, il a entre autres dénoncé les barèmes d’indemnisation mis en place par les pouvoirs publics en 2015 en lançant une pétition qui a recueilli plusieurs milliers de signatures. Face aux velléités de déjudiciarisation et à la complexité des textes, il met en garde contre les dangers d’une justice déshumanisée dans laquelle le justiciable se perdrait, au risque d’en être exclu. Lex humanoïde, son premier roman, s’inscrit dans la continuité de ce combat.

Des robots pour remplacer les juges ?

Le travail en 2030. L’effet Winner Take All

L’effet “tout au vainqueur”

Une nouvelle étude de Bain & Company a mis en évidence le fait que l’automatisation pourrait renforcer les inégalités aux Etats-Unis.

Pourquoi ? Cette étude montre que l’automatisation atteindra de manière disproportionnée les emplois à faible et moyen revenu. Ses bénéfices – tels que les gains de productivité et les nouveaux investissements – profitent surtout aux travailleurs hautement qualifiés et aux grandes entreprises. (Cet effet “tout au vainqueur” est connu depuis un certain temps.)

Plus vous gagnez, plus vous épargnez : plus les revenus se déplacent vers les hauts salaires, lesquels en épargnent une plus grande part, moins il y a d’argent qui retourne dans l’économie.

Ce que cela signifie pour la croissance : les épargnes réalisées sont redirigées vers l’investissement, lequel booste temporairement la croissance économique. Mais comme le dit le rapport, “cette croissance n’est pas fondée sur une demande effective et crée en fait un signal trompeur quant à sa durabilité”. La croissance finalement induite par la demande interrompt tout le processus, voire s’inverse, débouchant sur “des économies profondément déséquilibrées”, dit le rapport.

Le travail en 2030 : le choc de la démographie, de l’automatisation et des inégalités

Résumé

La démographie, l’automatisation et les inégalités pourraient remanier notre monde de manière spectaculaire dans les années 2020 et au-delà. Notre analyse montre que la collision de ces forces pourrait provoquer un bouleversement économique considérablement plus important que ce dont nous avons fait l’expérience durant les 60 dernières années. Le but de ce rapport effectué par le Macro Trends Group de Bain est de détailler la manière dont les populations vieillissantes, l’adoption de nouvelles technologies d’automatisation et l’augmentation des inégalités pourraient se combiner pour engendrer de nouveaux risques et de nouvelles opportunités commerciales. Ces forces cumulées posent déjà des défis aux marchés et aux investisseurs. Durant la prochaine décennie, elles se combineront pour créer un climat économique marqué par l’augmentation des extrêmes, mais pourraient aussi entraîner une bonne décennie de boom d’investissement.

Aux États-Unis, une vague d’investissement dans l’automatisation pourrait stimuler les investissements progressifs à hauteur de 8000 milliards de dollars et augmenter de manière abrupte les taux d’intérêts. Vers la fin des années 2020, l’automatisation pourrait avoir éliminé de 20 à 25% des emplois actuels, en frappant le plus sévèrement les travailleurs à bas et moyens revenu. Du fait que les investissements connaissent un pic avant de décliner – probablement vers la fin des années 2020 et le début des années 2030 – la croissance d’une demande anémique pourrait restreindre la croissance économique et les taux d’intérêts internationaux pourraient à nouveau avoisiner les 0%. Confrontées à des déséquilibres du marché et à des niveaux d’inégalité induits par une croissance asphyxiée, beaucoup de sociétés pourraient renforcer le rôle du gouvernement sur les marchés.

Les analyses et les aperçus économiques proposés dans ce rapport peuvent aider les leaders à replacer ces transformations dans leur contexte et à considérer les effets qu’elles auront sur leurs entreprises, leurs industries et l’économie mondiale.

Le chapitre 1 explore les effets du vieillissement des populations et la fin de l’abondance du travail. La génération du baby-boom a fourni une longue vague de croissance de la force de travail, mais celle-ci n’était que temporaire. A présent, ce groupe entre à l’âge de la retraite et la croissance de la force de travail se ralentit. Ceci, en retour, met la croissance en péril.

Le chapitre 2 examine la manière dont l’automatisation pourrait résoudre un problème en accroissant la productivité et en alimentant la croissance, mais en créer un autre en éliminant potentiellement des millions d’emplois et en supprimant de ce fait les salaires de nombreux travailleurs.

Le chapitre 3 examine la manière dont l’accroissement des inégalités pourrait menacer la croissance. La transition démographique combinée avec la prochaine étape de l’automatisation accroîtra les inégalités de revenus à un niveau déjà élevé. Les familles à faible et moyen revenu pourraient être les plus touchées, ce qui tirerait vers le bas les dépenses du consommateur et la croissance.

Le chapitre 4 décrit la manière dont les développements pourraient se passer durant les turbulentes années 2020. L’investissement dans de nouvelles technologies d’automatisation pourrait alimenter une période de forte croissance. Lorsqu’elle commencera à diminuer – quelque part vers la fin de la décennie, selon nos estimations – la croissance pourrait se voir fortement restreinte par la demande.

Le chapitre 5 considère la perspective d’une intervention plus active des gouvernements sur les marchés pour traiter les déséquilibres économiques. Ils peuvent agir sur les impôts, sur le marché du travail et par des interventions régulatrices. La forme et la probabilité de telles interventions variera énormément d’un pays à l’autre.

Le chapitre 6 se concentre sur les implications commerciales pratiques de ces tendances pour des groupes ayant le leadership, y compris la nécessité de s’ajuster à un environnement macroéconomique marqué par des variations entre les extrêmes.

Nous appelons la période de bouleversements à venir la “Grande Transformation” et nous la définissons autour de dix thèmes décisifs, incluant le changement des âges et des étapes de la vie, l’augmentation des plateformes et la géopolitique de l’après-mondialisation. Notre recherche montre que la profondeur et l’étendue des changements durant les années 2020 distinguera cette transformation de la plupart des précédentes.

Télécharger le rapport complet (PDF)

traduction Sandrine Aumercier

Quel sera l’impact de l’automatisation sur l’emploi ?

Les experts aiment essayer de prédire combien d’emplois les robots vont créer, et combien ils vont en détruire. Il y a à peu près autant d’opinions qu’il y a d’experts. De telles histoires sont tentantes de prendre pour argent comptant. Qui ne voudrait pas savoir si leur gagne-pain ou celui de leurs enfants sera bientôt menacé?

Voici le problème : les résultats cités proviennent d’un large éventail d’études publiées par des entreprises, des groupes de réflexion et des institutions de recherche. Ils arrivent si vite que le MIT Technology Review a décidé de commencer à garder un œil sur tous les chiffres que les différents groupes ont trouvé sur les pertes d’emplois prévues (et certains gains) par l’automatisation, les robots et l’intelligence artificielle.

Toutes les études ont été compilées dans un tableau :

Predicted Jobs Automation Will Create and Destroy
WhenWhereJobs
Destroyed
Jobs CreatedPredictor
2016worldwide900,000 to 1,500,000Metra Martech
2018US jobs13,852,5303,078,340Forrester
2020worldwide1,000,000-2,000,000Metra Martech
2020worldwide1,800,0002,300,000Gartner
2020sampling of 15 countries7,100,0002,000,000World Economic Forum (WEF)
2021worldwide1,900,000-3,500,000The International Federation of Robotics
2021US jobs9,108,900Forrester
2022worldwide1,000,000,000Thomas Frey
2025US jobs24,186,24013,604,760Forrester
2025US jobs3,400,000ScienceAlert
2027US jobs24,700,00014,900,000Forrester
2030worldwide2,000,000,000Thomas Frey
2030worldwide400,000,000-800,000,000McKinsey
2030US jobs58,164,320PWC
2033US jobs67,876,460Oxford University
2035US jobs80,000,000Bank of England
2035UK jobs15,000,000Bank of England
No DateUS jobs13,594,320OECD
No DateUK jobs13,700,000IPPR

Comme vous pouvez le voir, personne n’est d’accord. Les prévisions varient de très optimistes à dévastatrices, différant de dizaines de millions d’emplois, même en comparant des délais similaires. Nous avons également trouvé de nombreuses prévisions axées sur les pertes dans une industrie, et beaucoup qui étaient le résultat d’une seule technologie, comme les véhicules autonomes.

Bien sûr, toutes les statistiques ne sont pas égales. Les chiffres les plus fréquemment cités provenaient de trois endroits : une étude d’Oxford de 2013 selon laquelle 47% des emplois américains seront automatisés dans les prochaines décennies, une étude de l’OCDE suggérant que 9% des emplois dans les 21 pays membres de l’organisation sont automatisables; le rapport McKinsey qui a déclaré que 400 à 800 millions d’emplois dans le monde pourrait être automatisé d’ici 2030.

En bref, bien que ces prédictions soient faites par des douzaines d’experts mondiaux en économie et en technologie, personne ne semble être sur la même longueur d’onde. Il n’y a vraiment qu’une seule conclusion significative : nous n’avons aucune idée du nombre d’emplois qui seront réellement perdus au cours du progrès technologique.

Comment éviter les pertes d’emplois technologiques

McKinsey

Selon un nouveau rapport du World Economic Forum, 1,4 million d’emplois américains seront touchés par l’automatisation d’ici 2026. Parmi ces pertes, les femmes devraient subir la majorité des pertes, comme elles le font déjà pour les emplois de détail, selon un rapport de l‘Institut pour la recherche sur les politiques de la femme (IWPR).

Sans rééducation, selon le World Economic Forum, 16% des travailleurs touchés n’auront aucune perspective d’emploi. Un autre quart aurait entre une et trois options. Ceci est en ligne avec les prédictions d’un rapport McKinsey de l’année dernière, qui indiquait que l’automatisation pourrait forcer 375 millions de personnes à changer de carrière d’ici 2030.

Avec deux ans de formation, prévoit le Forum économique mondial, 95% des travailleurs à risque trouveraient un nouvel emploi, avec une augmentation moyenne de 15 000 dollars. Cependant, cela exigera que la plupart de ces travailleurs se recyclent dans une toute nouvelle carrière. Cela signifie que la formation doit être jumelée à des programmes comme le jumelage d’emplois pour aider les travailleurs pendant la transition.

Les robots pourraient forcer 375 millions de personnes à changer de profession d’ici 2030

C’est ce que dit un nouveau rapport du groupe de réflexion McKinsey Global Institute, qui prédit comment la demande de main-d’œuvre changera dans 45 pays grâce aux nouvelles technologies.

La principale conclusion du rapport (PDF) est que 400 à 800 millions de personnes dans le monde seront déplacées d’ici 2030. Ce n’est pas une conclusion particulièrement surprenante: après tout, nous savons que la technologie détruit déjà de nombreux types de emplois.

De nombreux emplois menacés par l’IA et les robots d’ici cinq ans

Mais il y a quelques pépites intéressantes qui se cachent dans l’étude. Premièrement, la recherche prédit que les pays riches comme l’Amérique trouveront 25% du travail automatisé d’ici là, tandis que les pays plus pauvres, comme l’Inde, ne verront que 9% occupés par des machines. C’est parce que ces derniers pays n’ont pas l’argent nécessaire pour investir dans l’automatisation et, en tout cas, ont encore beaucoup de main-d’œuvre bon marché à utiliser. Comme le souligne Wired, cela signifie que leurs classes moyennes continueront de prospérer plus longtemps que celles des pays développés.

Citibank indique « des prévisions suggérant qu’il y aura 9,5 millions de nouveaux emplois et 98 millions d’emplois qui vont être remplacés par des machines intelligentes dans l’UE de 2013 à 2025. L’analyse montre que la moitié des emplois disponibles dans l’UE aurait besoin de travailleurs hautement qualifiés.

Le rapport suggère également que beaucoup d’emplois seront effectivement créés pour les personnes déplacées de leur travail, car l’argent provenant de l’amélioration de la productivité est réinvesti dans de nouveaux types d’industries. Cependant, comme le note Axios, cela se traduira par le fait que pas moins de 375 millions de personnes seront licenciées – soit 14% de la main-d’œuvre mondiale – et devront travailler dans des professions totalement différentes.

Le problème, c’est que ces emplois exigeront probablement beaucoup plus de connaissances techniques que la plupart des travailleurs possèdent actuellement, ce qui signifie que la rééducation deviendra extrêmement importante au cours des prochaines décennies. Il y a déjà quelques initiatives pour y arriver : Google a récemment investi 1 milliard de dollars pour aider les Américains à s’adapter à l’avenir du travail, par exemple.

Mais Andrew Ng, ancien directeur de l’IA chez Baidu, géant chinois de la recherche, a récemment expliqué lors de la conférence annuelle EmTech MIT qu’une action gouvernementale plus concertée – une sorte de New Deal moderne – sera nécessaire pour aider les travailleurs déplacés à acquérir de nouvelles compétences professionnelles.

Exploiter l’automatisation pour un avenir qui fonctionne

A Future That Works: Automation, Employment, and Productivity : Ce rapport détaillé contribue à la mission de McKinsey Global Institute d’aider les dirigeants d’entreprises et de politiques à comprendre les forces qui transforment l’économie mondiale, identifier les endroits stratégiques et se préparer à la prochaine vague de croissance.

Stephen Hawking : l’automatisation et l’IA vont décimer les emplois de la classe moyenne

L’automatisation est en cours, et elle apportera des avantages substantiels aux entreprises et aux économies du monde entier, mais elle n’arrivera pas du jour au lendemain. Un nouveau rapport de McKinsey Global Institute conclut que la réalisation du plein potentiel de l’automatisation exige que les gens et la technologie travaillent main dans la main.

Les progrès de la robotique, de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage automatique inaugurent une nouvelle ère d’automatisation, car les machines égalent ou surpassent les performances humaines dans une gamme d’activités professionnelles, y compris celles nécessitant des capacités cognitives.

“Dans ce rapport, qui fait partie de notre recherche permanente sur l’avenir du travail, nous analysons le potentiel d’automatisation de l’économie mondiale, les facteurs qui détermineront le rythme et l’étendue de l’adoption en milieu de travail et l’impact économique associé à son potentiel.

L’automatisation des activités peut permettre aux entreprises d’améliorer leurs performances, en réduisant les erreurs et en améliorant la qualité et la rapidité, et dans certains cas en atteignant des résultats qui vont au-delà des capacités humaines. L’automatisation contribue également à la productivité, comme elle l’a fait historiquement. À un moment où la croissance de la productivité est faible, cela donnerait un coup de fouet à la croissance économique et à la prospérité et aiderait à compenser l’impact d’une diminution de la part de la population en âge de travailler dans de nombreux pays. Sur la base de notre modélisation de scénarios, nous estimons que l’automatisation pourrait augmenter la croissance de la productivité à l’échelle mondiale de 0,8 à 1,4% par an.

Selon Mark Cuban, l’IA sera à l’origine de la plus grande rupture de ces 30 dernières années dans le monde du travail

Selon notre analyse de plus de 2 000 activités de travail dans 800 professions, près de la moitié des activités rémunérées par les travailleurs dans l’économie mondiale pourraient être automatisées en adaptant la technologie actuellement démontrée. Alors que moins de 5% de toutes les professions peuvent être entièrement automatisées à l’aide de technologies éprouvées, environ 60% de toutes les professions ont au moins 30% d’activités qui pourraient être automatisées.

Les activités les plus sensibles à l’automatisation impliquent des activités physiques dans des environnements hautement structurés et prévisibles, ainsi que la collecte et le traitement des données. Aux États-Unis, ces activités représentent 51% des activités de l’économie, représentant près de 2,7 billions de dollars en salaires. Ils sont les plus répandus dans les secteurs de la fabrication, de l’hébergement et de la restauration, ainsi que dans le commerce de détail, et comprennent des emplois de niveau moyen.

Des facteurs techniques, économiques et sociaux détermineront le rythme et l’étendue de l’automatisation. La poursuite des progrès techniques, par exemple dans des domaines tels que le traitement automatique des langues, est un facteur clé. Au-delà de la faisabilité technique, le coût de la technologie, la concurrence avec la main-d’œuvre, les compétences et la dynamique de l’offre et de la demande, les avantages en termes de performance incluent les économies de main-d’œuvre et l’acceptation sociale et réglementaire. Nos scénarios suggèrent que la moitié des activités de travail actuelles pourraient être automatisées d’ici 2055, mais cela pourrait arriver 20 ans plus tôt selon divers facteurs, en plus d’autres conditions économiques plus larges.

Les gens devront continuer à travailler aux côtés des machines pour produire la croissance du PIB par habitant auquel aspirent les pays du monde entier. Nos estimations de la productivité supposent que les personnes déplacées par l’automatisation trouveront un autre emploi. Le changement anticipé des activités dans la population active est d’un ordre de grandeur comparable à celui de l’abandon à long terme de l’agriculture et de la diminution de la part manufacturière des États-Unis, qui se sont accompagnés de la création de nouveaux types de travail non prévu à l’époque.

Pour les entreprises, les avantages de l’automatisation en termes de performances sont relativement clairs, mais les problèmes sont plus complexes pour les décideurs. Ils devraient saisir l’occasion pour leurs économies de tirer parti du potentiel de croissance de la productivité et mettre en place des politiques visant à encourager les investissements et les incitations du marché pour encourager les progrès continus et l’innovation. En même temps, ils doivent évoluer et innover des politiques qui aident les travailleurs et les institutions à s’adapter à l’impact sur l’emploi. Cela inclura probablement de repenser l’éducation et la formation, le soutien du revenu et les filets de sécurité, ainsi que le soutien à la transition pour les personnes déplacées. Les individus sur le lieu de travail devront s’engager de manière plus complète avec les machines dans le cadre de leurs activités quotidiennes et acquérir de nouvelles compétences qui seront demandées dans la nouvelle ère de l’automatisation.”

McKinsey Global

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La révolution numérique et le travail, un nouveau tournant dans les activités professionnelles ?

Cette nouvelle contribution expose la manière dont la révolution numérique organise le travail dans le présent comme dans l’avenir. Les technologies numériques transforment l’activité professionnelle, la communication entre les travailleurs ainsi que leurs habitudes. Elles participent à des changements majeurs dans tous les secteurs de l’activité humaine, et notamment sur les modes de production des biens et des services traduisant une mutation de l’emploi et des compétences des travailleurs dans l’avenir. Une évolution sans précédent qui mérite d’être interrogée : Quelles transformations les technologies du numérique vont-elles réaliser sur le travail et comment l’individu travaillera t-il dans l’avenir ? A partir d’un recueil d’articles et de rapports sur les questions du travail et de son avenir, je vais tenter de présenter la manière dont le travail est et sera bouleversé dans les années à venir notamment sur dans le secteur tertiaire des biens et des services.

Un des résultats qui peut questionner l’opinion publique concerne le manque de compétences technologiques et numériques en France. Selon plusieurs études, il semblerait qu’environ 80 000 emplois soient vacants aux environ des années 2020 avec 35 % des travailleurs actifs qui ne disposent pas de compétences technologiques et qui interviennent dans la transformation du travail. La révolution numérique transforme en profondeur le travail avec une évolution des métiers et des activités professionnelles.

I. L’émergence de nouvelles formes de travail

De nouvelles formes de travail sont entrain d’émerger progressivement sur les territoires. Il s’agit de formes de travail aussi diverses que variées telles que les open spaces, les espaces de co-working, et les espaces collaboratifs. Aussi il devient urgent de s’interroger sur l’avenir du travail. Les entreprises cherchent des solutions pour améliorer le modèle organisationnel avec la création en interne de lieux dédiés au travail assurant confort et ergonomie pour des travailleurs de plus en plus connectés et préférant des modes de travail à l’horizontal et en réseau, voire intéressés par la pratique du télétravail. A partir de ce constat, il semblerait que l’univers du travail va connaître de nouveaux changements et sans doute plus rapidement que prévu. Des experts (Dell Technologies et IFTF en Californie) ont publié un rapport qui introduit des mutations rapides sur le marché du travail et sur les activités professionnelles des travailleurs dans l’avenir. La phase annoncée concerne le développement du numérique avec la présence de l’intelligence artificielle qui interviendra comme un outil d’apports de solutions et d’interprétation de données au même titre que le travailleur humain. Dans les années à venir « Le rythme des changements sera si rapide que les gens apprendront ‘sur le moment’, en utilisant de nouvelles technologies telles que la réalité augmentée et la réalité virtuelle » expose Dell Technologies. De fait, « la capacité à acquérir de nouvelles connaissances sera plus précieuse que la connaissance elle-même ». Un constat édifiant qui amène à s’interroger sur la manière dont le travail évoluera et sur les conséquences directes auprès des travailleurs et des nouvelles générations.

II. Les nouvelles générations et le numérique

Les nouvelles générations du travail plus flexibles et intéressées par l’auto-entreprise interrogent notamment sur la manière dont les entreprises peuvent les recruter. La particularité de ces générations est de disposer d’une certaine maitrise dans les technologies notamment numériques. Elles ont un intérêt important pour la téléphonie intelligente et une appétence pour l’utilisation des réseaux sociaux numériques. La flexibilité est aussi le maitre mot pour cette génération qui cherche à concilier le travail et leurs vies familiales en plus d’ambitionner dans leurs carrières professionnelles. Face à cette génération et pour des travailleurs plus âgés, il peut être question de personnalités qui résistent au changement sans prises de risques importantes et qui fonctionnent avec des méthodes de travail hiérarchiques et davantage conventionnelles. Comment les entreprises peuvent-elles gérer à ce niveau la relation entre ancienne génération et nouvelle génération qui s’illustre par leur dynamisme, leurs flexibilités et le multitasking ?

III. L’évolution majeure du travail

Le monde dans lequel nous vivons est en évolution perpétuelle. Notre façon de travailler connait de nouveaux changements et transformations. Des réflexions sont importantes à mener pour qui cherchent à comprendre la manière dont le travail évolue. Les générations anciennes avaient de l’intérêt pour connaitre en profondeur et comprendre l’ensemble des choses avec une certaine temporalité. L’accélération et la diffusion du numérique dans les activités professionnelles modifient ces aspects et répond à de nouvelles idéologies quant aux pratiques professionnelles et à la nature même du travail. Il me semble assez difficile de se projeter sur les vingt prochaines années pour cerner la manière dont le travail se fera notamment avec l’utilisation des technologies numériques en perpétuelle évolution. Certains chercheurs parlent d’organisation de travail en réseaux qui fonctionnent sur un mode horizontal avec une connexion des employés plus importantes que dans le passé. Des réseaux d’entreprises émergent également avec des plateformes de réseautage d’entreprises comme Workplace.

L’avenir du travail pose alors de réelles questions avec des travailleurs actifs qui seront sans doute amenés à augmenter leurs ressources et leurs compétences et surtout à apprendre tout au long de leurs carrières professionnelles. Une réalité déjà là mais qui devrait évoluer dans les années à venir.

Sitographie :
Étude produite conjointement par l’IFTF-Institute for the Future et Dell Technologies (juillet 2017) : Realizing 2030: Dell Technologies Research Explores the Next Era of Human-Machine Partnerships (La nouvelle ère des relations hommes-machines)

Benjamin Lorre
Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication – USPC. Il nous propose des articles d’opinions sur les questions de mode de travail, de révolutions des pratiques professionnelles et de l’innovation technologique dans la société. Il s’intéresse aux nouvelles mutations du travail en lien avec la diffusion des technologies numériques.

Selon Mark Cuban, l’IA sera à l’origine de la plus grande rupture de ces 30 dernières années dans le monde du travail

Lors d’un discours récent, Mark Cuban a soutenu que l’intelligence artificielle allait remplacer un nombre considérable d’emplois – pourtant, si l’on en croit de précédentes déclarations de Cuban, il ne croit pas que le revenu universel (ou revenu de base) soit une solution. Sa vision contraste avec celles d’autres leaders de technologies industrielles.

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Citibank indique « des prévisions suggérant qu’il y aura 9,5 millions de nouveaux emplois et 98 millions d’emplois qui vont être remplacés par des machines intelligentes dans l’UE de 2013 à 2025. L’analyse montre que la moitié des emplois disponibles dans l’UE aurait besoin de travailleurs hautement qualifiés.

Un rapport publié en février 2016 par Citibank en partenariat avec l’Université d’Oxford a prédit que 47 % des emplois aux États-Unis sont à risque d’automatisation. Au Royaume-Uni, 35 % le sont. En Chine, c’est un énorme 77 % – tandis que dans l’ensemble de l’OCDE, en moyenne 57 %.

Mark Cuban a alerté sur les dangers potentiels que fait peser l’intelligence artificielle sur le monde du travail, affirmant, durant un échange au OZY Fest dimanche que :

« Il va y avoir un grand nombre de personnes sans emploi qui seront remplacées par la technologie et si nous n’en prenons pas conscience maintenant, nous devrons faire face à de vrais problèmes ».

Et Cuban d’ajouter qu’il ne se rappelle pas d’une telle transformation du monde du travail dans l’histoire récente.

« Nous traversons une période de transition où nous verrons plus de ruptures engendrées par l’intelligence artificielle que lors de ces 30 dernières années ».

C’est la dernière alerte parmi toute une série lancée par le magnat du sport à propos de la révolution de l’intelligence artificielle au 21e siècle. En février, Cuban a tweeté que « l’automatisation va engendrer une recrudescence du chômage à laquelle nous ne sommes pas préparés » – mais, contrairement à d’autres, il n’est pas d’accord sur le fait que le revenu universel soit une solution à ce problème, tweetant à nouveau que c’est « l’une des pires réponses possibles » à la crise potentielle.

Rapport de l’ONU : les robots vont remplacer les deux tiers des emplois dans les pays en développement
850 000 emplois supplémentaires vont être automatisés d’ici 2030 au Royaume-Uni
L’intelligence artificielle et l’automatisation : seulement 1,5 % des emplois perdus pourraient être remplacés par les emplois créés
ING Focus Belgique – les emplois les plus « robotisables » (PDF)
L’évolution de l’intelligence artificielle pourrait sonner le glas de nombreuses professions
La Banque d’Angleterre et Bank of America Merrill Lynch annoncent une apocalypse de l’emploi

traduction Virginie Bouetel

TheStreet, OZY

Des robots pour remplacer les juges ?
Ross, le premier avocat Robot du monde
Automatisation : environ 114.000 emplois juridiques seront perdus soit 39% des emplois dans le secteur

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Une IA a réalisé 360 000 heures de travail en quelques secondes

© Thomas Belknap

JP Morgan Chase & Co. est la plus grande banque aux États-Unis. C’est l’un des plus importants employeurs du secteur bancaire américain, avec plus de 240 000 employés desservant des millions de clients. Certains de ces employés sont des avocats et des agents de crédit qui passent un total de 360 000 heures chaque année face à une foule de tâches plutôt banales, comme l’interprétation des accords de prêts commerciaux. Maintenant, l’entreprise a réussi à réduire le temps consacré à ce travail à une question de secondes en utilisant le machine learning (apprentissage automatique).

En juin, JP Morgan a commencé à mettre en œuvre un programme appelé COIN, qui est l’abréviation de Contract Intelligence (l’intelligence des contrats). COIN fonctionne sur un système d’apprentissage automatique qui est alimenté par un nouveau réseau de cloud privé que la banque utilise. En plus de raccourcir le temps nécessaire pour examiner les documents, COIN a également réussi à aider JP Morgan à diminuer son nombre d’erreurs de service de prêt. Selon les concepteurs du programme, ces erreurs proviennent de l’erreur humaine dans l’interprétation de 12 000 nouveaux contrats de gros chaque année.

« Bien que JP Morgan soit l’un des rares gagnants ayant émergé après la crise financière, sa domination est menacée si elle ne s’investit pas de manière agressive dans les nouvelles technologies », ont expliqué plusieurs cadres de la banque à Bloomberg.

COIN fait partie de l’initiative de la banque pour automatiser les tâches de dépôt et créer de nouveaux outils pour ses banquiers et ses clients. L’automatisation occupe désormais une place de plus en plus importante dans le budget technologique de 9,6 milliards de dollars de JP Morgan. En fait, au cours des deux dernières années, les dépenses de technologie dans le secteur bancaire de consommation de JP Morgan ont totalisé environ un milliard de dollars. « Nous avons investi massivement dans la technologie et le marketing – et nous constatons des rendements élevés », a déclaré la banque dans une présentation avant sa journée annuelle des investisseurs.

Au cours des prochaines années et des décennies, l’intelligence artificielle devrait ouvrir la voie à une nouvelle ère d’automatisation. Par conséquent, l’augmentation des systèmes automatisés entraînera le déplacement d’un certain nombre d’industries, y compris la finance, les transports, la fabrication, les technologies de l’information et même le droit. Au total, selon une étude, 57 % des emplois dans le monde risquent d’être remplacés par des systèmes automatisés.

Cela s’explique en partie par un accès croissant à la technologie et à des systèmes informatiques moins coûteux. L’automatisation peut accroître l’efficacité et limiter ou éliminer complètement les erreurs humaines, comme l’a démontré le programme COIN de JP Morgan. “Nous commençons à voir les fruits réels de notre travail”, a déclaré Matt Zames, CTO de la banque. “Ce ne sont pas des promesses en l’air”.

L’automatisation entraînera une disruption du travail dans les années à venir et nous envisageons une fenêtre de perturbation massive commençant quelque part entre 2020 et 2030. L’automatisation a déjà commencé. Les institutions, tant privées que publiques, doivent être prêtes à s’adapter à l’avenir économique qu’apportera l’automatisation.

Bloomberg.com

Le rapport de la députée européenne Mady Delvaux a été adopté

Le rapport de la députée européenne Mady Delvaux a été adopté en plénière le 16 février par le Parlement européen. La taxe robot a été rejetée pour ne pas nuire à l’industrie. Par conséquent, l’introduction d’un revenu universel financé par cette fameuse taxe n’est plus envisageable.

« Bien que je me félicite que le Parlement ait adopté mon rapport sur la robotique, je suis également déçue que la coalition de droite […] ait refusé de tenir compte des éventuelles conséquences négatives sur le marché du travail. Ils ont rejeté un débat général et ouvert, et ont ainsi négligé les craintes de nos citoyens », a-t-elle déclaré.

⇒ revoir les Textes déposés du RAPPORT du 27 janvier 2017 contenant des recommandations à la Commission concernant des règles de droit civil sur la robotique (2015/2103(INL)) (ou version PDF)

⇒ voir les Textes adoptés de la Résolution du Parlement européen du 16 février 2017 contenant des recommandations à la Commission concernant des règles de droit civil sur la robotique (2015/2103(INL)) Édition provisoire (ou version PDF).

Procédure : 2015/2103(INL)

Taxe robots, revenu universel: le Parlement européen n’en veut plus
Le Parlement européen réclame une législation éthique sur les robots et l’IA
Le Parlement européen a finalement rejeté la “taxe robot”
En Europe, les robots pourraient devenir des « personnes électroniques »