DARPA finance des nanoparticules qui pénètrent dans le cerveau pour lire les signaux neuronaux

L’armée les réclame déjà pour une nouvelle technologie d’interface cerveau-ordinateur

Au lieu de se faire poser des implants neuronaux invasifs dans le cerveau, les médecins pourraient un jour inonder votre tête de millions de nanoparticules capables de lire vos signaux neuronaux de l’intérieur et de les transmettre à un ordinateur proche.

C’est du moins l’avenir qu’espère l’ingénieur Sakhrat Khizroev de l’université de Miami. Selon un communiqué, il a mis au point des nanoparticules magnétoélectriques (MENPs) capables de voyager dans le système sanguin, de pénétrer dans le cerveau et de lire les signaux neuronaux d’une manière pouvant être captée par un casque spécialisé.

En bref, il s’agit d’un outil qui pourrait changer radicalement la façon dont les scientifiques abordent les technologies d’interface cerveau-ordinateur en éliminant les capteurs invasifs et localisés et en les remplaçant par des millions de particules injectées comme n’importe quelle autre piqûre et pouvant couvrir l’ensemble du cerveau – et qui suscite déjà l’intérêt des militaires.

“Pour l’instant, nous ne faisons qu’effleurer la surface”, a déclaré Khizroev. “Nous ne pouvons qu’imaginer comment notre vie quotidienne va changer avec une telle technologie”.

D’une part, Khizroev a des objectifs médicaux ambitieux. Cartographier l’activité de l’ensemble du cerveau avec ses MENP, pourrait donner aux chercheurs les outils et les informations dont ils ont besoin pour traiter des maladies neurologiques complexes comme la maladie de Parkinson, la maladie d’Alzheimer et la dépression.

Et, sans grande surprise, l’armée américaine s’y intéresse également. La DARPA a lancé le projet BRainSTORMS (Next-Generation Nonsurgical Neurotechnology (N3)) pour tester la technologie dans l’espoir qu’elle permette aux soldats auxquels on a injecté les nanoparticules de communiquer avec les systèmes militaires par la pensée.

Le bracelet neuronal de Facebook : l’avenir de la réalité augmentée ?

Facebook fabrique un bracelet qui vous permet de contrôler les ordinateurs avec votre cerveau

L’appareil vous permettrait d’interagir avec les prochaines lunettes de réalité augmentée de Facebook simplement par la pensée

Facebook affirme avoir créé un bracelet qui traduit les signaux moteurs de votre cerveau afin que vous puissiez déplacer un objet numérique simplement par la pensée. Le bracelet utilise des capteurs pour détecter les mouvements que vous avez l’intention de faire (données neuronales). Il utilise l’électromyographie (EMG) pour interpréter l’activité électrique des nerfs moteurs lorsqu’ils envoient des informations du cerveau à la main.

Selon la société, l’appareil vous permettrait de naviguer dans des menus de réalité augmentée en pensant simplement à bouger votre doigt pour les faire défiler. On ne sait pas encore quand il sera commercialisé ni combien cela coûtera. Le produit est encore en phase de recherche et de développement dans les laboratoires internes de Facebook.

Lors de l’avant-première, Thomas Reardon, directeur des interfaces neuromotrices chez Facebook Reality Labs, a déclaré que le dispositif n’était “pas un moyen de contrôle mental”. Il a ajouté : “Cela vient de la partie du cerveau qui contrôle les informations motrices, pas la pensée.”

L’expérience la plus réussie en matière de réalité augmentée a été Pokémon Go, qui a pris le monde d’assaut en 2016. Cette promesse initiale s’est toutefois estompée au cours des années qui ont suivi, car les entreprises ont eu du mal à traduire cette technologie en quelque chose de réellement utile. Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a investi de manière agressive dans la réalité augmentée et virtuelle, reconnaissant que des produits comme ceux-ci peuvent donner accès à d’innombrables sources de données précieuses. Est-ce que Facebook va percer ?

Tech@Facebook, Wired

Quand les humains deviennent des cyborgs

Propriété numérique et intégrité corporelle à l’ère des cyborgs humains

Lorsque les cyborgs humains seront dotés de pouvoirs surhumains, ils deviendront des machines de collecte de données avec tous leurs minuscules implants et capteurs, mais où iront ces données et à qui appartiendront-elles ?

Si la technologie devenait une extension de votre propre corps et vous donnait des pouvoirs surhumains, ne voudriez-vous pas savoir si vos capacités vous appartiennent réellement ?

Nous décodons le monde à travers nos cinq sens corporels. Ce que nous voyons, entendons, sentons, ressentons et goûtons entre dans les expériences sensuelles qui composent nos souvenirs, lesquels sont interprétés dans notre cerveau. Nous nous identifions à ces expériences. Elles constituent ce que nous sommes.

Mais que se passerait-il si ces expériences personnelles, ces souvenirs et ces moments intimes n’étaient pas uniquement les nôtres ? Et si un étranger vivait ces mêmes moments tout en sachant exactement ce que vous et moi pensions et ressentions ?

Bienvenue dans l’agenda transhumaniste où les cerveaux humains sont pucés, les corps humains remplis de capteurs, et où les données circulent comme une rivière vers une mer de serveurs auxquels vous n’avez pas accès.

Le dernier jour du World Economic Forum 2020, une discussion sur le thème “Quand les humains deviennent des cyborgs” a tenté d’aborder certaines grandes questions éthiques concernant l’intégrité corporelle et la propriété numérique des cyborgs.

Ilina Singh, professeur de neuroscience à Oxford, a déclaré à Davos que l’une des principales préoccupations des officiers militaires était le sentiment de propriété et celui de l’intégrité corporelle.

“Nous avons parlé à des officiers militaires du monde entier de leurs implants cérébraux”, a déclaré Singh.

“S’ils devaient avoir un implant rétinien qui améliorerait leurs capacités visuelles ou un implant cochléaire qui leur permettrait d’entendre à grande distance – quelles sont les questions éthiques qui se posent à eux ?

“Une question qui est vraiment intéressante est celle de l’intégrité corporelle”, a-t-elle ajouté.

Les officiers militaires étaient surtout préoccupés par des questions telles que :

Est-ce que je possède mon propre implant ?
Est-ce que mon implant fait partie de moi ?
Que se passe-t-il lorsque je quitte l’armée ?
Qui paie pour mon implant ?
Mon implant est-il retiré ?
Est-ce que je peux garder mon implant à vie ?
Mon implant est-il mis à niveau ? Qui paie pour cela ?

Ce type de questions provenant d’officiers militaires souligne que la propriété de l’implant et des données était très importante pour eux.

Biohacking : implant de puce sur scène pour créer un cyborg humain

“On commence à dépasser les limites quand on pense à l’amélioration et à l’augmentation”

Les questions de vie privée concernant l’accès aux pensées de l’utilisateur ou les questions de savoir qui serait réellement responsable des actions du soldat étaient absentes des priorités des officiers.

Il ne s’agissait pas non plus de savoir s’il était ou non éthique d’aller au-delà des utilisations médicales des implants et d’aller directement vers l’amélioration des capacités humaines.

Singh a ajouté que l’armée était un des principaux investisseurs dans les technologies BCI* “parce que ce sont les technologies qui sont considérées comme améliorant les capacités humaines de manière à protéger les soldats mais qui nous permettent de faire beaucoup plus que ce que nous pouvons déjà faire”.

* interface neuronale directe – abrégée IND ou BCI “brain-computer interface” ou encore ICM pour interface cerveau-machine, ou encore interface cerveau-ordinateur.

Alors que l’armée est optimiste quant aux BCI pour l’amélioration de la condition humaine, le président de l’Académie nationale de médecine, Victor Dzau, a déclaré aux élites de Davos que l’utilisation d’interfaces cerveau-ordinateur pour augmenter les humains au-delà de leurs capacités naturelles dépasse la ligne éthique.

“Je pense que vous êtes en terrain assez sûr lorsque vous utilisez ces technologies dans le but de guérir une maladie, de traiter une maladie ou au moins de remédier à un handicap”, a-t-il déclaré.

“Je pense que vous commencez à dépasser les limites quand vous pensez à l’amélioration et à l’augmentation.”

“Lorsque le cerveau humain et le corps humain se remplissent de capteurs, des données sont collectées”.

Outre l’éthique philosophique concernant la fusion des humains avec les machines, d’un point de vue juridique, les cyborgs humains seraient soumis aux lois existantes sur la protection de la vie privée car les cyborgs seraient essentiellement des machines de collecte de données.

L’avocat Ronaldo Lemos a déclaré à Davos que le corps humain serait rempli de capteurs qui collectent et envoient des données à des serveurs éloignés – que ce soit au Brésil, en Chine ou aux États-Unis.

“Quand vous améliorez le cerveau, quand vous remplissez le corps humain de capteurs, ces capteurs sont capables de collecter des données”, a déclaré Lemos.

“Mais l’infrastructure qui est utilisée pour collecter ces données, pour les partager, n’est pas vraiment une nouveauté.

“Si nos cerveaux sont connectés et que vous enregistrez, par exemple, ce que vous pensez, quelles zones de votre cerveau sont stimulées […] ce que vous ressentez, et ainsi de suite – ces données vont être stockées quelque part”, a-t-il ajouté.

Du point de vue de l’avocat, toute personne qui se ferait implanter une puce électronique dans le cerveau dans le futur pourrait un jour devoir fournir des conditions d’accord chaque fois qu’elle entre en contact avec un autre être humain parce que son corps pucé recueillerait des données sur cette autre personne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

“Nous devenons des capteurs”, a déclaré Lemos, ajoutant : “Lorsque vous rencontrez une nouvelle personne et que vous lui serrez la main, devrez-vous signer une déclaration de confidentialité pour lui parler ?

“Lorsque le cerveau et le corps humain se remplissent de capteurs, des données sont recueillies.

“Et il existe une législation qui exige le consentement d’autres personnes pour collecter des données les concernant. Cela peut sembler un exemple fou, mais la loi l’exige déjà”.

Il a ajouté : “Nous pourrions craquer le code du cerveau humain à un moment donné […] Si nous craquons ce code, nous allons être des cibles beaucoup plus vulnérables pour la publicité, les fausses nouvelles, les campagnes de désinformation, la manipulation des postures politiques, etc.

“Nous parlons du contrôle politique et social des gens”

Le philosophe Lou Marinoff a dit un jour qu’une BCI peut être soit de la médecine, soit du poison.

“Cela remonte à l’ancien enseignement bouddhiste et à d’autres enseignements occidentaux, c’est soit de la médecine, soit du poison. Il peut être utilisé de l’une ou l’autre manière”, a-t-il déclaré.

“Si vous voulez apprendre une langue, il serait beaucoup plus facile de brancher la puce et ensuite de faire fonctionner ces neurones, d’absorber le vocabulaire, et probablement en un temps relativement court vous pourriez parler couramment le mandarin sans avoir à supporter toute la difficulté et la pratique.

“D’autre part,” a-t-il ajouté, “nous parlons du contrôle politique et social des gens”.

“C’est l’histoire d’horreur ultime – qui nous transforme tous en une colonie de fourmis, en gros. Et la dignité humaine, la liberté et toutes les choses auxquelles nous sommes censés attacher de la valeur sont mises à l’écart.

“Qui va contrôler l’IA, et que se passera-t-il si l’IA décide de prendre le relais ?

“Cela conduit à des scénarios qui, jusqu’à présent, avant cette révolution numérique, n’étaient que de la science-fiction, et qui sont maintenant réels, ou potentiellement réels.”

Avec les implants cérébraux qui envoient des données entre les humains et les machines, qui ou qu’est-ce qui tire réellement les ficelles derrière le rideau ?

DARPA finance un ambitieux programme d’interface cerveau-machine

Contrôler les drones par la pensée

La U.S. Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) a officiellement financé un programme visant à mettre au point une interface cerveau-machine – sous la forme d’un casque d’écoute conçu pour permettre au personnel militaire de contrôler n’importe quoi, des “systèmes actifs de cyberdéfense” aux “essaims de véhicules aériens sans pilote” par la seule activité cérébrale, selon un communiqué.

L’agence espère qu’une telle interface facilitera l’exécution des tâches complexes par les membres du service et les aidera également à effectuer plusieurs tâches à la fois.

Communiquer par télépathie avec un essaim de drones

“Tout comme les membres du service portent un équipement de protection et tactique en prévision d’une mission, ils pourraient à l’avenir utiliser un casque contenant une interface neuronale, utiliser la technologie comme bon leur semble, puis mettre l’outil de côté lorsque la mission est terminée”, a déclaré le directeur du programme Al Emondi dans le communiqué de presse.

La DARPA a un calendrier ambitieux pour le casque. Premier point à l’ordre du jour : trouver un moyen d’enregistrer les signaux électriques dans le cerveau et de relayer l’information vers le tissu cérébral.

Une fois cela réglé, la DARPA espère transformer cette capacité en une interface cerveau-machine utile dans un contexte militaire, telle que le contrôle des essaims de drones. Espérons qu’il s’avère plus précis dans le contrôle des drones en combat actif que le drone à contrôle mental de 150 $ qui a frappé Kickstarter en mars.

IEEE Spectrum

Communiquer par télépathie avec un essaim de drones

Mind Control. Contrôle de la pensée

Les militaires facilitent plus que jamais l’éloignement des soldats des conséquences de la guerre. Lorsque la guerre des drones a éclaté, les pilotes pouvaient, pour la première fois, s’asseoir dans un bureau aux États-Unis et larguer des bombes au Moyen-Orient. Maintenant, un pilote peut tout faire, simplement en se servant de son esprit – pas besoin de mains.

Au début du mois, la division de recherche militaire de DARPA, a dévoilé un projet sur lequel elle travaillait depuis 2015 : une technologie qui permet à une personne de piloter plusieurs avions et drones avec son esprit.

“À ce jour, les signaux provenant du cerveau peuvent être utilisés pour commander et contrôler… pas seulement un avion, mais trois types d’aéronefs simultanés”, a déclaré Justin Sanchez, directeur du Bureau des technologies biologiques de la DARPA.

DARPA et l’initiative cérébrale

Le porte-parole de la DARPA a déclaré que cette interface cerveau-ordinateur (BCI brain-computer interface) utilise des électrodes implantées dans et sur les cortex sensoriels et moteurs du cerveau, l’expérimentation a été limitée aux volontaires présentant divers degrés de paralysie. C’est-à-dire que les personnes qui dirigeaient ces avions simulés avaient déjà des électrodes cérébrales, ou du moins, avaient déjà des raisons de subir une intervention chirurgicale.

Pour essayer de trouver comment rendre cette technologie plus accessible et ne pas nécessiter la pose chirurgicale d’une sonde métallique dans le cerveau des personnes, la DARPA a récemment lancé le programme de neurotechnologie non chirurgicale N3 (NExt-Generation Nonsurgical Neurotechnology). Le but est de créer un appareil avec des fonctionnalités similaires, mais il ressemblera plus à un casque EEG que le pilote peut retirer une fois la mission terminée.

“Le système N3 envisagé serait un outil que l’utilisateur pourrait utiliser pendant la durée d’une tâche ou d’une mission, puis mis de côté”, a déclaré Al Emondi, responsable de N3, selon le porte-parole. “Je n’aime pas les comparaisons avec une manette de jeu ou un clavier, car elles ne reflètent pas tout le potentiel de la technologie N3, mais elles sont utiles pour transmettre la notion de base d’une interface avec des ordinateurs.”

Defense One, Engadget, DARPA

→ pour allez plus loin : Program Announcement for Artificial Intelligence Exploration (AIE) ; DARPA : Accelerating the Exploration of Promising Artificial Intelligence Concepts

L’Homme augmenté, réflexions sociologiques pour le militaire
Éthique sur le champ de bataille dans un futur proche
Augmentation des performances humaines avec les nouvelles technologies : Quelles implications pour la défense et la sécurité ?

Étude prospective à l’horizon 2030 : impacts des transformations et ruptures technologiques sur notre environnement stratégique et de sécurité.

L’intelligence artificielle nous permettra de contrôler nos maisons par la pensée

Un inventeur d’IBM a prédit que des nanomachines artificiellement intelligentes seront implantées dans le corps humain d’ici 20 ans pour réparer et accroître les muscles, les cellules et les os. John McNamara, qui travaille chez IBM Hursley Innovation Centre, dans le Hampshire, a présenté des éléments de preuve au House of Lords Artificial Intelligence Committee, organisme qui étudie les implications économiques, éthiques et sociales de l’intelligence artificielle.

McNamara a déclaré que d’ici deux décennies, la technologie aura peut-être tellement progressé que les humains et les machines auront fusionnés de manière efficace, permettant d’énormes bonds en avant dans la conscience et la cognition humaines.

« Nous verrons peut-être des nanomachines pourvues d’intelligence artificielle implantées dans nos corps » a t’il déclaré. « Ceux-ci fourniront des bénéfices médicaux considérables, tels que la possibilité de réparer les dommages dans les cellules, les muscles et les os, et peut-être même les augmenter. Au-delà de l’utilisation de cette technologie qui est déjà en cours d’exploration aujourd’hui, nous voyons la création d’une technologie qui peut fusionner le biologique avec le technologique, et ainsi être capable d’accroître directement la capacité cognitive humaine, offrant potentiellement une amélioration mentale considérable, tout en étant capable d’utiliser de vastes quantités de puissance de calcul afin d’augmenter nos propres processus de pensée. En utilisant cette technologie, incorporée en nous et dans ce qui nous entoure, nous commencerons à être capable de contrôler notre environnement simplement par la pensée et les gestes. »

La science du transhumanisme : comment la technologie mènera à une nouvelle race d’êtres immortels superintelligents

Les scientifiques dans les entreprises comme Microscoft, sont déjà en train de développer un ordinateur fabriqué à partir d’ADN qui pourrait vivre à l’intérieur des cellules et rechercher des failles dans les réseaux corporels, comme le cancer. Si ce dispositif détectait des changements cancéreux, il pourrait réinitialiser le système et se débarrasser des cellules malades.

McNamara a également prédit des « Avatars politiques » qui vont parcourir toutes les données disponibles sur les sites d’information et les débats gouvernementaux pour fournir aux gens des recommandations sur qui voter et pourquoi, en fonction de leur vision du monde. Cependant, il a également mis en garde sur le fait que l’essor de l’intelligence artificielle pourrait générer une « énorme perturbation » pour les personnes travaillant dans les secteurs de la vente au détail et des services, et engendrer un chômage généralisé.

« Alors qu’aujourd’hui être pauvre signifie ne pas avoir les moyens de s’acheter le dernier smartphone, demain cela pourrait signifier la différence entre un groupe de personnes ayant potentiellement une élévation extraordinaire de leur capacité physique, cognitive, de leur santé, de leur longévité, et un autre groupe beaucoup plus large qui n’aurait pas accès à tout cela » explique McNamara.

Dans un témoignage séparé au comité, Noel Shakey, Professeur émérite d’intelligence artificielle et de robotique, Université de Sheffield, qui est maintenant directeur de la Foundation for Responsible Robotics, affirme que l’intelligence artificielle avait un coût.

« La préoccupation immédiate est qu’en cédant les décisions ou le contrôle aux machines, les humains commencent à accepter leurs décisions comme correctes ou meilleures que les leurs et arrêtent d’y prêter attention », a t’il ajouté. « Il y a un nombre croissant de preuves que les décideurs de la machine d’apprentissage héritent de nombreux préjugés invisibles parmi leurs corrélations. »

Le Dr. Jochen Leidner, Directeur de recherche chez Thomson Reuters, a également averti sur le fait que les personnes âgées, ou celles possédant des accents, pourraient avoir des difficultés dans un avenir où la reconnaissance vocale serait largement utilisée. « Les minorités pourraient se voir injustement désavantagées en étant exclues de l’accès aux services essentiels » a t’il expliqué.

Les scientifiques d’Oxford ont une IA qui peut lire vos lèvres

« Imaginez un système de reconnaissance vocale pour faire vos opérations bancaires par téléphone, car les banques réduisent les succursales physiques. Un tel système serait probablement développé avec des voix britanniques disponibles à Londres si la société qui développe le système est basée à Londres. Un tel système entraînera certainement des erreurs de reconnaissance, ou ne fonctionnerait pas du tout pour un citoyen âgé d’Uddingston, en Écosse, et en l’absence d’autres moyens pour obtenir de l’argent liquide, cela dépendra d’amis ou de membres de la famille, s’ils sont disponibles. »

Miles Brundage et Allan Dafoe, du Future of Humanity Institute de l’Université d’Oxford, ont également averti que les emplois étaient menacés par l’intelligence artificielle.

Selon Mark Cuban, l’IA sera à l’origine de la plus grande rupture de ces 30 dernières années dans le monde du travail

« Nous recommandons au gouvernement britannique de se préparer à faire face à un remplacement considérable d’emplois, également de création, conséquence du déploiement de l’intelligence artificielle dans les décennies à venir » ont-ils déclaré aux Lords. « L’intelligence artificielle est susceptible de surpasser les performances humaines dans la plupart des domaines cognitifs. Et cela comporte des risques importants pour la sécurité. »

traduction Virginie Bouetel

The Telegraph

Étude prospective à l’horizon 2030 : impacts des transformations et ruptures technologiques sur notre environnement stratégique et de sécurité.

Pour la première fois, un document gouvernemental en matière de prospective technologique est réalisé par le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) pour penser les défis technologiques à venir auxquels nous serons confrontés et les ruptures stratégiques qui en découleront. Il vise à proposer des pistes de réflexion à l’ensemble des acteurs de la communauté stratégique française, voire alimenter le débat public dans une période où les questions de sécurité et de défense s’imposent au cœur des préoccupations.

A vocation pédagogique, cet exercice de prospective n’exprime pas de position officielle et ne correspond pas à une quelconque doctrine, livre blanc ou politique publique. Il reflète le point de vue de chercheurs et l’état des réflexions sur un ensemble de sujets. Le choix des thématiques résulte du travail de veille technologique réalisé par le SGDSN, en relation étroite avec le monde de la recherche. Il pourra être actualisé et augmenté par l’étude ultérieure d’autres sujets.

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Sommaire

Avant-propos
Introduction
Partie 1 : Des tendances qui se consolident
La défense antimissile balistique en 2030 : un système militaire mature au cœur des équilibres stratégiques
La démocratisation de l’accès à l’espace
Paix et guerre dans le cyberespace
La dissuasion, atout de puissance et facteur de paix
Terrorisme et menaces NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) : vers un terrorisme technologique ?
Frontières passoires ou frontières intelligentes
Partie 2 : ruptures technologiques – ruptures stratégiques
Les missiles et vecteurs hypervéloces, nouveaux déterminants des puissances ?
Militarisation et insécurisation de l’espace
La révolution de l’impression 3D
La biologie de synthèse : un saut dans l’inconnu
Comment les neurosciences vont-elles transformer la guerre ?
La cryptographie est-elle à l’aube de la révolution quantique ?
Le champ de bataille « 3.0 » : intelligence artificielle, robots, nanotechnologies et armes à énergie dirigée sous l’uniforme


Extrait : Comment les neurosciences vont-elles transformer la guerre ?

L’impact potentiel des neurosciences sur la manière de faire la guerre est identifié et de nombreuses recherches sont en cours. Essentielles en termes de santé, ces avancées vers « l’homme augmenté » sont parfois déroutantes au plan militaire et éthique. La France et l’Europe doivent les prendre en compte pour maintenir leurs capacités de défense pour la guerre du futur, identifier les priorités afin de ne pas disperser moyens et financements et se préparer à créer les conditions d’une modération des acteurs et d’un encadrement international.

De formidables avancées susceptibles d’intéresser la défense

Les stratégies et méthodes permettant d’étudier le fonctionnement cérébral ou de modifier les capacités cognitives sont de natures très diverses, impliquant à la fois des technologies non-invasives ou invasives. Des avancées récentes en matière d’imagerie cérébrale, de techniques de neuromodulation ou d’interfaces cerveau-machine ouvrent de nouvelles perspectives à plus ou moins long terme.

Pour les forces armées, les recherches actuelles dans le domaine des neurosciences, si elles aboutissent, pourraient participer à la réalisation de plusieurs objectifs, comme :

– la préservation de la santé et de la sécurité des opérateurs militaires ;
– le maintien, voire l’amélioration de leurs performances, notamment en matière d’endurance, de capacités sensorielles, de réactivité, de productivité, de créativité ou encore de résistance au stress.

Ces applications auraient une incidence directe sur les performances individuelles et la capacité opérationnelle.

Parmi les axes de recherche qui suscitent également un intérêt – et soulèvent autant d’enjeux éthiques et sociétaux – figurent l’exploitation des connaissances et technologies relevant des neurosciences, en particulier des techniques d’imagerie cérébrale fonctionnelle, en vue d’évaluer la véracité des informations obtenues lors d’un interrogatoire ou même de déterminer le degré de responsabilité d’un individu, notamment dans le cadre d’expertises judiciaires ou dans le domaine du renseignement.

L’Homme augmenté, réflexions sociologiques pour le militaire
Éthique sur le champ de bataille dans un futur proche
Augmentation des performances humaines avec les nouvelles technologies : Quelles implications pour la défense et la sécurité ?

Les applications potentielles des neurosciences pour les forces armées, dont certaines restent à l’heure actuelle très hypothétiques, comprennent :

– le suivi médical individuel des combattants, par exemple la surveillance de l’évolution de la vigilance ou du niveau de stress ;
– la prise en charge médico-psychologique, avec notamment la possibilité de restaurer une fonction après une atteinte à l’intégrité physique, voire psychique (commande de dispositif prothétique, perception de sensations recréées, restauration des souvenirs, etc.) ;
– l’amélioration de la formation et de l’entraînement, y compris en cas de stress ;
– l’amélioration des performances physiques et sensorielles des combattants ;
– le guidage à distance de systèmes d’armes, tels que des robots, des drones ou un exosquelette, par une interface cerveau-machine ;
– l’amélioration des performances cognitives des opérateurs et des combattants, en particulier dans un environnement complexe et avec des sollicitations multiples ;
– l’obtention et l’évaluation d’informations à des fins de renseignement ;
– la mise en réseau de capacités cérébrales afin de pouvoir combiner des compétences individuelles.

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S’ils se concrétisent, certains développements pourraient être à l’origine de profonds bouleversements dans les prochaines décennies, sans qu’il ne soit encore possible de déterminer toutes les conséquences au niveau individuel, sociétal ou international. En effet, outre la restauration des capacités, il devient désormais envisageable de pouvoir altérer de façon ciblée des fonctions cognitives telles que la mémorisation ou le processus de prise de décision, en les améliorant ou en les dégradant, voire peut-être un jour de modifier ou créer des souvenirs ou encore d’accéder aux pensées d’un individu. Ces évolutions imposent d’engager une réflexion approfondie sur les questions éthiques, sociétales, juridiques et médicales afférentes, en fonction des applications, qu’elles soient civiles ou militaires, et du contexte d’emploi. Elles soulèvent des questions quant aux conséquences en termes de dignité humaine et de respect de la vie privée, mais aussi de risques d’atteinte à l’identité personnelle et à l’autonomie. En interférant avec les fonctions cognitives, ces avancées s’accompagnent ainsi d’une possible remise en cause des notions de libre arbitre ou de responsabilité individuelle, telles qu’elles sont traditionnellement appréhendées. Enfin, il convient de considérer les risques de détournement à des fins malveillantes.

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Au-delà de l’état actuel des connaissances sur le cerveau et son fonctionnement, la complexité de la problématique est aussi liée à l’interdépendance fonctionnelle avec l’environnement physique et social. Que la modification soit recherchée ou secondaire, il peut y avoir atteinte à l’intégrité physique ou psychique des individus. Sans même chercher à dégrader certaines capacités, il existe un risque que l’amélioration de fonctions cognitives spécifiques se fasse au détriment d’autres. La question de la réversibilité des effets doit également être posée. Il faut de plus considérer la problématique de l’acceptabilité individuelle mais aussi sociétale.

La sécurité des équipements médicaux implantables fait déjà partie des préoccupations majeures pour les acteurs du secteur de la santé. En plus des risques de dysfonctionnement, la vulnérabilité aux cyber-attaques de certains systèmes représente donc une crainte légitime, en particulier s’agissant de ceux qui sont connectés et reçoivent et/ou transmettent des flux de données à distance, et ce d’autant plus s’ils sont invasifs. En prenant pour exemple les travaux de recherche en cours portant sur le développement d’un implant neuronal qui pourrait remplacer les dispositifs externes de réalité virtuelle, des informations altérées pourraient par exemple être transmises directement au niveau du cortex visuel.

A l’horizon 2030, un soutien financier substantiel à des programmes de recherche innovants aura permis d’obtenir des résultats concrets, avec une transition réussie de la recherche fondamentale à des applications concrètes de façon générale mais aussi a posteriori dans les forces armées. Dans le même temps, les recherches relevant des neurosciences bénéficieront des approches collaboratives et interdisciplinaires, permettant la levée de verrous technologiques. « L’homme augmenté » sera en passe de devenir une réalité.

Les États-Unis, comme la Chine, auront investi massivement dans ce domaine. Malgré de fortes réticences au sein de la société civile et d’organisations non gouvernementales, voire du Comité international de la Croix-rouge, certains systèmes innovants seront déployés et opérationnels au sein des forces armées américaines et vraisemblablement, de façon plus limitée, de celles d’autres pays comme la Chine, de la Russie ou Israël. A ce stade, il s’agira principalement :

– d’implants destinés à augmenter l’acuité visuelle ou auditive ;
– de dispositifs d’électrostimulation cérébrale pour les opérateurs exerçant en environnement complexe ;
– d’interfaces cerveau-machine permettant soit d’utiliser des exosquelettes afin d’augmenter les capacités locomotrices, soit de piloter des drones ou des robots pour le déminage des engins explosifs improvisés (IED) ;
– d’outils d’aide aux interrogatoires à des fins de renseignement.

Un bras bionique à contrôle mental aide à ressentir la sensation du touché

Le retour sensorielvoir l’article de Motherboard “Watch This Mind-Controlled Bionic Arm Touch and Feel”

Des compétitions de drones dirigés par l’esprit des utilisateurs

lire l’article sur Motherboard

voir aussi : Nataliya Kosmyna, pilote des objets par la pensée – FUTUREMAG – ARTE