Archives par mot-clé : argent liquide

L’avenir de l’argent

Chaque jour, environ 80 % de toutes les transactions sur le marché sont effectuées par des ordinateurs. Les robots-conseillers mettent de plus en plus ce processus à la disposition des consommateurs, ce qui leur permet de gagner du temps et de l’argent.

Les humains n’intervenant plus dans la chaîne de transaction, les frais sont réduits. La plupart des robo-advisors prélèvent environ 0,25 %, alors que les gestionnaires de portefeuille prélèvent généralement 2 % de leurs bénéfices (sans parler des primes de 20 %).

Et l’IA s’insère dans presque tous les aspects du monde financier.

“Fintech” décrit la convergence de la technologie et des services financiers. D’abord colonisée par les réseaux et les apps, elle a ensuite été radicalisée par l’IA et la blockchain, et sous-tend désormais un mécanisme mondial de redistribution des richesses.

L’argent se réinvente rapidement.

Bitcoin, Ethereum, DeFi, crowdfunding, etc. perturbent massivement les systèmes financiers dans le monde entier. Pour s’en convaincre, il suffit de voir l’incroyable décision du Salvador de faire du bitcoin une monnaie légale – le premier pays au monde à le faire.

Aujourd’hui, nous aborderons la manière dont les réseaux et l’IA réinventent l’argent.

LE FINANCEMENT PEER-TO-PEER

Crowdfunding

Le crowdfunding implique un réseau de peer-to-peer où toute personne peut présenter son produit ou service au monde entier et demander un financement. Le financement peut prendre la forme d’un prêt, d’une prise de participation, d’une récompense ou d’un achat anticipé du produit ou service proposé.

Le volume mondial total du crowdfunding, y compris le prêt peer to peer, était de 14 milliards de dollars en 2019, avec plus de 2 000 plateformes pour accéder au financement. Mais comme de nombreuses plateformes numériques, celui-ci connaît lui aussi une croissance à deux chiffres. Les experts prévoient que le crowdfunding atteindra 30 B$ d’ici 2025.

En fin de compte, le crowdfunding démocratise totalement l’accès au capital, permettant à toute personne ayant une bonne idée, où qu’elle soit, de recevoir les fonds dont elle a besoin pour se lancer.

Et aux États-Unis, la Securities and Exchange Commission (SEC) a récemment mis à jour les réglementations relatives au crowdfunding pour le rendre encore plus démocratique et favorable aux entrepreneurs.

Grâce à la loi JOBS adoptée il y a plusieurs années, le crowdfunding dispose de deux voies légales : le règlement Crowdfunding et la Regulation A+.

Grâce à la réglementation sur le crowdfunding, les entrepreneurs peuvent lever des fonds auprès d’un plus grand nombre d’investisseurs. Auparavant, seuls les “investisseurs accrédités” pouvaient acquérir des parts dans une startup (historiquement, il s’agissait de personnes gagnant plus de 200 000 dollars par an ou de personnes disposant d’une valeur nette supérieure à 1 million de dollars). Mais avec la réglementation sur le crowdfunding, les entrepreneurs peuvent lever des fonds auprès de tout investisseur âgé de plus de 18 ans, y compris les clients, les fans et le grand public.

Alors que les entreprises ne pouvaient auparavant lever que 1 million de dollars sur une période de douze mois dans le cadre de la réglementation sur le crowdfunding, la SEC a porté cette limite à 5 millions de dollars au début de cette année.

La Regulation A+ s’adresse aux entreprises qui cherchent à lever davantage de fonds et est souvent considérée comme une “mini-IPO” – une forme moins intensive et moins chère de l’offre publique initiale typique. Ici aussi, en mars de cette année, la SEC a augmenté la limite que les entreprises peuvent lever en utilisant la Regulation A+ de 50 à 75 millions de dollars.

Avec toute cette activité accrue, il existe maintenant des entreprises qui proposent des portails de crowdfunding, ce qui facilite encore plus la mise en relation d’investisseurs moyens et d’entreprises en quête de financement. Parmi ces plateformes, on peut citer WeFunder, Republic et StartEngine.

WeFunder a été créé au sein de Y combinator en 2012 et est le leader du marché. Nécessitant aussi peu que 100$ pour entrer, WeFunder a démocratisé l’accès à l’investissement en actions. En outre, elle a levé près de 10 millions de dollars pour elle-même, via sa propre plateforme, dans un cycle vertueux.

Republic a été fondée en 2016 et a levé près de 70 millions de dollars, clôturant tout récemment un cycle de série A de 36 millions de dollars. Ils embrassent également les crypto-monnaies et ont lancé un token numérique natif de la plateforme dans le cadre d’un accord de partage des bénéfices avec leurs utilisateurs.

StartEngine est le plus ancien portail de crowdfunding, ayant levé près de 350 millions de dollars pour plus de 500 startups. Ils proposent également Start-Engine Secondary, une plateforme de négociation permettant aux utilisateurs d’acheter et de vendre des titres d’entreprises qui ont levé des capitaux avec des ventes de crowdfunding de type Regulation Crowdfunding et Regulation A+.

Peer-to-Peer Crowdfunding Crowdlending. Credit Istock

Crowdlending

Outre l’investissement dans les entreprises, d’autres formes de financement de peer-to-peer ont fait leur apparition.

Dans le domaine du change, cela a donné naissance à une société appelée TransferWise, désormais simplement connue sous le nom de Wise. En mettant en relation des clients qui ont, par exemple, des pesos qu’ils veulent transformer en dollars avec des clients qui veulent changer des dollars en pesos, TransferWise utilise une application de dating adaptée pour s’attaquer à l’ensemble du marché du change.

En effet, l’entreprise a atteint une valorisation de 3,5 Md$ en moins de cinq ans. En 2017, l’entreprise gérait 1 milliard d’euros par mois en change de devises. Ils se préparent maintenant à une introduction en bourse, avec une valorisation d’environ 5 milliards de dollars, tout en étendant leurs offres avec des comptes multidevises et des services commerciaux mondiaux.

Construit sur des réseaux et des applications, TransferWise est également un exemple de la vague de colonisation de la fintech. La vague de radicalisation est apparue lorsque l’IA est entrée en scène.

Prenons l’exemple de la pratique séculaire du ” Buddy, puis-je t’emprunter un dollar ? “, également connue sous le nom de prêt de peer-to-peer. Traditionnellement, il s’agit d’une pratique à haut risque, c’est-à-dire que Buddy récupère rarement son dollar.

Ce problème ne fait qu’empirer avec son ampleur. À mesure que les villages se sont transformés en villes, que celles-ci se sont étendues et que les villes ont commencé à s’étendre, la confiance entre voisins s’est effondrée. C’est là que les banques sont entrées en jeu – elles ont réintroduit la confiance dans l’équation du prêt.

Mais qui a besoin de confiance quand il y a des données ?

Grâce à l’IA, d’énormes groupes de personnes peuvent se réunir, partager des informations financières et mettre en commun les risques, devenant ainsi le marché de peer-to-peer désormais connu sous le nom de “crowdlending”.

Prosper, Funding Circle et LendingTree sont trois exemples d’acteurs sur un marché qui devrait passer de 26 milliards de dollars en 2015 à 559 milliards de dollars en 2027.

Un autre exemple est celui du groupe Smart Finance. Créé en 2013 pour servir l’énorme population chinoise non bancarisée et sous-bancarisée, Smart Finance utilise une IA pour passer au peigne fin les données personnelles d’un utilisateur – données de médias sociaux, données de smartphones, historique d’éducation et d’emploi, etc… – afin de générer un score de crédit fiable presque instantanément.

Grâce à cette méthode, ils peuvent approuver un prêt peer-to-peer en moins de huit secondes, y compris les micro-prêts aux personnes non bancarisées.

Et les résultats parlent d’eux-mêmes. Environ 1,5 à 2 millions de prêts sont contractés chaque mois via Smart Finance.

INVESTIR AVEC L’IA

L’IA a également un impact sur les investissements.

Traditionnellement, ce jeu était joué par les riches, car il s’agit d’un jeu de données. Les conseillers financiers disposaient des meilleures données, mais il fallait être suffisamment riche pour s’offrir un conseiller financier afin d’y accéder.

Et les conseillers sont pointilleux. Comme la gestion des petits investisseurs peut prendre plus de temps que celle des gros investisseurs, de nombreux gestionnaires de portefeuille ont des investissements minimums de l’ordre de centaines de milliers de dollars.

Mais l’IA a uniformisé les règles du jeu.

Aujourd’hui, des robo-advisors comme Wealthfront et Betterment mettent la gestion de portefeuille à la portée de tous. Via une application, les clients répondent à une série de questions initiales sur leur tolérance au risque, leurs objectifs d’investissement et leurs souhaits de sortie, puis les algorithmes prennent le relais.

En réalité, les algorithmes ont déjà pris le dessus.

Comme mentionné précédemment, 80 % des transactions sur le marché sont effectuées par des ordinateurs. Tout ce que les robo-advisors ont fait, c’est mettre ce processus à la disposition directe des clients, leur permettant ainsi d’économiser de l’argent. Au lieu des 2 % de bénéfices (et des 20 % d’incitations) habituellement facturés par un gestionnaire de portefeuille, la plupart des robo-advisors prennent environ un quart de pour cent.

Et les investisseurs réagissent.

Le mois dernier, Wealthfront avait 25 milliards de dollars sous gestion, tandis que Betterment en avait 29 milliards. Bien que les robo-advisors ne soient utilisés que par environ 8 % de l’ensemble des ménages américains, les estimations suggèrent que le total des actifs sous gestion par les robo-advisors atteindra 2,5 milliards de dollars d’ici 2023, soit environ 10 % du marché total.

LA MORT DE L’ARGENT LIQUIDE

Enfin, nous arrivons à notre dernière catégorie : l’utilisation de l’argent pour payer des choses.

Mais nous connaissons déjà cette histoire. À quand remonte la dernière fois où vous avez déposé des pièces dans un poste de péage ? Ou payé en liquide pour une course en taxi ? En fait, Uber et Lyft nous permettent de nous déplacer dans une ville sans portefeuille. Les magasins sans caissier avec des services comme Amazon Go et Uber Eats et les mécanismes de paiement sans portefeuille sont sur le point de devenir la nouvelle normalité (new normal).

Le Danemark a cessé d’imprimer de la monnaie en 2017. L’année précédente, dans le but de développer les services bancaires mobiles et de démonétiser l’économie de gray-market (marché gris) du pays, l’Inde a rappelé 86 % de son argent liquide. Le Vietnam était déjà à 50 % sans argent liquide à partir de 2020. Et la Suède, où plus de 80 % des transactions sont déjà numériques, s’est engagée à devenir la première société entièrement sans espèces d’ici 2023.

Les économistes soulignent souvent que deux des principaux facteurs de croissance économique sont la disponibilité de l’argent – les réserves dans lesquelles nous pouvons puiser – et la vitesse de circulation de l’argent, c’est-à-dire la rapidité et la facilité avec lesquelles nous pouvons déplacer cet argent. Ces deux facteurs sont amplifiés par les technologies exponentielles.

À mesure que nos transactions passent dans le domaine numérique, davantage de données sur les habitudes de consommation peuvent être collectées et transmises à des algorithmes d’IA qui continuent d’apprendre sur la base de données en temps réel. Ces informations alimenteront les campagnes de marketing, les dossiers de crédit et les objectifs d’investissement.

DERNIÈRES PENSÉES

Que faisons-nous exactement avec notre argent ?

Nous le stockons, bien sûr. Principalement dans les banques. Nous le déplaçons également, parfois en transférant de l’argent entre entreprises, d’autres fois en empruntant ou en prêtant à des particuliers. Ensuite, nous l’investissons, en essayant d’utiliser notre argent pour faire fructifier davantage d’argent. Enfin, depuis l’époque où les pièces étaient des coquilles de conque, nous l’échangeons contre les choses que nous voulons.

Grâce à la convergence des technologies exponentielles, chacun de ces domaines est en train d’être réimaginé, les bits et les octets remplaçant les dollars et les cents.

Et ni l’économie contemporaine ni la façon dont nous vivons nos vies ne seront plus jamais les mêmes.

Peter Diamandis

Monnaies numériques des banques centrales vs les cryptomonnaies et le cash

Que veut dire exactement ce terme barbare de CBDC (Central Bank Digital Currency) ? En quoi est-ce différent des espèces physiques, des dépôts bancaires et des cryptomonnaies ?

Nous verrons dans cet article en quoi ces monnaies numériques de banque centrale (traduction de CBDC) sont mises en place contre les cryptomonnaies et les monnaies fiduciaires sous forme d’espèce.

Les CBDC : ce que ce n’est pas

Commençons par énoncer ce que les CBDC ne sont pas.

Il est plus que certain que ce ne sont pas un nouveau type de cryptomonnaies, semblable par exemple au bitcoin.

Alors que les banques centrales travaillent à l’émission de CBDC sous la forme d’un jeton et de l’utilisation de la technologie du grand livre distribué (qui enregistre toutes les transactions dans une blockchain), cela ne signifie pas que les banques centrales ont l’intention de laisser les gens échanger librement.

En effet, faire du commerce, des échanges et des transactions sera évidemment intimement contrôlés par les institutions financières publiques et privées. Le but de la blockchain et de la tokenisation ne sont que des technologies permettant la gestion et la distribution de la monnaie numérique. Cela ne signifie donc pas que les banques centrales ont adopté l’une des idées derrière l’essor du bitcoin, autrement dit la décentralisation et le relatif anonymat. Nous voyons que c’est même exactement l’inverse qu’il se passe.

L’existence et la valeur marchande croissante du bitcoin et d’autres cryptoactifs majeurs prouvent qu’il existe une réelle demande de monnaie numérique. C’est donc un bon moment pour que les banques centrales intensifient leurs efforts et fournissent leur propre vision et version de la cryptomonnaie. Leurs monnaies numériques permettront de contrôler plus précisément la circulation de la masse monétaire et répondront au problème de la demande de bitcoin qui, un peu comme la demande d’or et d’argent métal physique, échappe quelque peu au contrôle des banques centrales et des gouvernements (quand on sait comment s’y prendre).

Il est également important de souligner que les espèces physiques et les CBDC sont des passifs d’une banque centrale. Les détenteurs de ces passifs ont une créance vis-à-vis des banques centrales, mais à quoi ont-ils exactement droit ? La réponse ici est bien sûr, rien. Le fait que les banques centrales enregistrent les liquidités comme un passif est un vestige d’une époque révolue où les billets de banque centrale étaient vraiment des substituts de monnaie, car ils étaient adossés à un étalon-or. Cela signifie que les banques étaient vraiment susceptibles de remettre une somme d’argent quand on réclamait sa créance, c’est-à-dire de l’or. J’en ai parlé de façon plus approfondie dans Géopolitique de l’Or.

Les CBDC : ce que c’est

La CBDC est, ou est censée être, un équivalent numérique de l’argent liquide. Un euro numérique (disponible d’ici 5 ans a priori) équivaudra à un euro en espèce physique. C’est simplement une nouvelle expression technologique de la même monnaie fiduciaire.

Du point de vue de la banque centrale, l’émetteur officiel des devises, la monnaie numérique présente certains avantages par rapport aux espèces physiques. D’une part, la production est vraiment gratuite : les coûts de production de liquidité physique ne sont pas si élevés, mais ils sont présents et surtout ils peuvent devenir particulièrement contraignants quand des liquidités physiques doivent être distribuées rapidement ; par exemple, pour éviter une ruée bancaire (bank run).

La monnaie numérique permet au contraire d’être non seulement créée instantanément par les banquiers centraux, mais aussi d’être distribuée en quelques secondes aux institutions et aux personnes physiques. La banque centrale peut donc diriger rapidement et à moindre coût le flux de la nouvelle monnaie numérique vers qui elle souhaite : le gain d’efficacité est substantiel.

Les CBDC contre le cash et les cryptomonnaies

Bien que les CBDC et les espèces physiques fassent toutes deux partie de l’offre de monnaie fiduciaire, les principales différences entre les deux types de monnaie fiduciaire sont les suivantes : la confidentialité et l’étendue du contrôle exercé par la banque centrale. Examinons ces points.

Au niveau de la confidentialité, payer en espèces permet d’éviter de laisser des traces dans nos transactions. Même le bitcoin et les autres cryptomonnaies ne peuvent rivaliser avec le liquide. Si les monnaies numériques se positionnent contre l’anonymat, alors les cryptomonnaies ne sont pas les seules dans le viseur ; il s’agit d’abord et avant tout de contrôler le cash. Et pour cela, rien de mieux que de le supprimer progressivement. Quant aux CBDC, il ne peut être question de la vie privée : la BCE a explicitement déclaré dans un récent rapport sur la question qu’il sera nécessaire de permettre d’accéder à toutes les transactions pour lutter contre le blanchiment d’argent et le terrorisme. La belle affaire.

Avec une monnaie numérique, la banque centrale aura à la fois le pouvoir et les connaissances nécessaires pour contrôler ce que chaque personne et chaque entreprise détient. Elle peut même imposer toutes sortes de restrictions à la détention de monnaie. La BCE parle ouvertement de plafonner le montant qu’une personne peut détenir, de limiter le temps qu’une personne peut détenir une somme d’argent et d’imposer des taux d’intérêt négatifs sur les montants que la banque juge excessifs. Tout cela serait pratiquement impossible si les gens utilisaient de l’argent physique au lieu d’une monnaie numérique.

Les monnaies numériques de banque centrale : la centralisation à l’état pur

Je cherche un avantage réel aux CBDC pour pondérer l’article, mais j’ai vraiment du mal. À moins que je ne touche mon revenu universel en monnaie hélicoptère très très rapidement, je ne vois pas l’intérêt.

Si les monnaies numériques sont inévitables et que leur médiatisation a sans doute été accélérée par la crise du coronavirus, le pouvoir restera aux mains des gouvernements et aux institutions centralisées. La monnaie actuelle conservera toutes les failles et les vulnérabilités des monnaies fiduciaires d’aujourd’hui et sa nouvelle nature numérique les amplifiera à un degré supérieur.

Les violations de la vie privée d’aujourd’hui deviendront tout simplement imparables, tandis que des politiques monétaires désastreuses, comme des taux négatifs, ne pourront plus être amorties par la capacité des individus à les contourner grâce à de l’argent physique ou des investissements. Il faudra donc obligatoirement placer son argent dans d’autres actifs non monétaires à terme, mais c’est déjà un peu le cas aujourd’hui.

L’hypercentralisation de demain

La voie vers la décentralisation, la libre concurrence et la souveraineté financière individuelle est très belle. Si nous choisissons de briser le monopole d’État de l’argent et de permettre aux cryptomonnaies privées de rivaliser, une myriade de solutions différentes émergeront pour répondre à une myriade de besoins différents.

Les transactions économiques peuvent être réalisées via des monnaies numériques physiques adossées à l’or et l’argent (la thèse de Géopolitique de l’Or), des cryptomonnaies spécialisées peuvent offrir de la confidentialité, voire des transactions anonymes, etc.

De nombreuses solutions comme celles-ci existent déjà. Je les défends, mais mon optique réaliste me pousse à me demander si les Etats ne vont pas interdire les échanges de cryptomonnaies les plus gênantes lorsque leurs monnaies numériques de banque centrale seront mises en place.

Et si ce n’est pas une interdiction pure et simple, ce sera une régulation et un contrôle plus strict ; il en sera de même pour les métaux précieux et les diverses transactions qui peuvent échapper au contrôle intégral de l’État.

Les monnaies numériques proposées par les banques centrales sont l’évolution finale de la monnaie fiduciaire : de l’argent totalement sous le contrôle de la banque centrale et du gouvernement émetteur. Nous sommes dans une lutte à mort entre la liberté et le pouvoir, entre la société libre et la domination finale des banques centrales. Les CBDC sont tout simplement la dernière arme dans l’arsenal du pouvoir financier et bancaire dans sa quête de domination complète des sociétés.

Ils peuvent toujours courir : nous investirons dans l’or, dans l’argent, dans les cryptomonnaies et dans des sociétés de qualité pour échapper au contrôle central et faire fructifier notre épargne au passage. C’est ma façon de faire, mais chacun résistera au projet à sa façon.

Ils nous restent encore quelques années de relative liberté pour pouvoir effectuer nos mouvements en ce sens et s’y préparer, car si le projet est instauré sans opposition, la quenelle est garantie.

Franck Pengam

Les monnaies numériques : le summum de l’asservissement financier

Les banques centrales du monde veulent abolir les espèces

La Banque des règlements internationaux et sept banques centrales, dont la Réserve fédérale, la Banque centrale européenne et la Banque d’Angleterre, ont publié un rapport énonçant certaines exigences clés pour les monnaies numériques des banques centrales, ou CBDC (Central Bank Digital Currency).

Les recommandations établies par les banques centrales précisent que les CBDC complètent, « mais ne remplacent pas », les espèces et autres formes de monnaie à cours légal. Elles auront plutôt un rôle de soutien à la stabilité monétaire et financière. Les banquiers centraux ont déclaré que les monnaies numériques devraient également être sécurisées, de manière aussi bon marché que possible, voire gratuites, pour être utilisées par tous et jouer un rôle approprié pour le secteur privé.

Le rapport sur les CBDC intervient alors que diverses banques centrales du monde entier étudient en profondeur la mise en place de leurs propres monnaies numériques respectives. La blockchain, la technologie qui sous-tend les crypto-monnaies telles que le bitcoin, a été présentée comme une solution potentielle. Les cryptomonnaies ayant fait l’objet de rapports et d’examens approfondis pendant ces dernières années de la part des banquiers centraux, beaucoup craignent encore d’ouvrir la porte à des activités illicites telles que le blanchiment d’argent. Des technologies sécurisées devront être mises en place ce qui nécessitera quelques années avant une mise en place définitive.

En Chine, où les portefeuilles numériques comme Alipay et WeChat Pay ont été largement adoptés, la banque centrale s’est associée à une poignée d’entreprises du secteur privé pour tester une monnaie électronique unique sur laquelle elle travaille depuis des années. Le fameux yuan numérique, j’y reviendrai dans de prochains articles. La banque centrale suédoise, qui n’appartient pas à la zone euro, travaille également avec le cabinet de conseil Accenture pour tester sa proposition de monnaie virtuelle « e-krona ».

L’euro numérique

Un euro numérique rendrait nos paiements quotidiens plus rapides, plus simples et plus sécurisés. Génial non ?

Le vendredi 2 octobre dernier, la Banque centrale européenne a annoncé qu’elle commencerait à mener des expériences pour décider de lancer ou non un euro numérique. Dans un rapport exposant les avantages et les inconvénients du lancement d’un euro numérique, la BCE a déclaré qu’elle « pourrait soutenir les objectifs de l’Eurosystème en offrant aux citoyens une forme d’argent sécurisée dans un monde numérique en rapide évolution ». Cela signifie préserver la capacité de déposer et de retirer des fonds numériques à volonté sur nos comptes européens et permettre aux banques d’éviter la gestion des espèces, qui reste une problématique souvent difficile à gérer avec leurs clients (retraits ou dépôts conséquents, origine des fonds, non-traçage des transactions, compliance…).

Cette numérisation des monnaies en réflexion dans le monde entier est à la mode. Pour la BCE, comme pour les autres banques centrales, cette tendance n’est qu’une tentative pour empêcher les populations de thésauriser du papier-monnaie, évitant ainsi de probables futurs taux bancaires négatifs. En effet, personne de sain d’esprit n’épargnerait de l’argent dans une banque pour « gagner » un taux d’intérêt de -0,50% (oui c’est plutôt une perte). Cette énième taxe serait plus qu’illégitime et particulièrement pour les Français qui croulent sous les impôts.

En outre, la BCE constate qu’environ 54% des paiements totaux restent en cash et 79% des achats réalisés en magasin de la zone euro sont toujours des transactions en espèces. Le cash représente donc plus de la moitié de la valeur totale de tous les paiements et la BCE ainsi que tous les banquiers apprécieraient avoir une trace de chacune de ces transactions. Vous comprenez, les terroristes utilisent les espèces, ce sont des mesures pour vous protéger !

À terme, la BCE décidera si elle doit procéder à la création du fameux euro numérique d’ici là mi-2021. Il a de fortes chances d’émerger, car il est très avantageux pour les banques d’obtenir et contrôler les données personnelles et financières de tous les Européens et supprimer la pesante gestion du cash.

Il ne faut pas confondre les monnaies numériques d’État et les monnaies numériques privées comme la Libra de Facebook ou les cryptomonnaies comme le Bitcoin. L’euro numérique serait un passif de la Banque centrale européenne et compléterait l’offre actuelle de liquidité. Sa valeur ne serait donc pas volatile comme une monnaie privée parce qu’elle serait adossée à la légitimité et à l’autorité de la banque centrale.

On peut même penser que la BCE, et ses équivalentes dans le monde, puissent mettre en place les monnaies numériques pour renforcer leur devise respective et éviter la fuite des capitaux. Effectivement, la banque de Christine Lagarde a souligné dans son rapport que les institutions et infrastructures financières sont « de plus en plus menacées » par un large éventail de risques extrêmes, allant de la solvabilité à la sécurité des transactions, alors que la proportion de services de paiements numérisés augmente. Ces risques peuvent entraîner des pannes des systèmes de paiement par carte, des services bancaires en ligne et des retraits d’espèces aux guichets automatiques qui pourraient « affecter considérablement les paiements de détail et s’éroder ». Selon elle, ceci amènerait une baisse confiance dans le système financier en général (sans rire). L’euro numérique est donc une réponse fournissant ainsi « un éventuel mécanisme de contingence pour les paiements électroniques qui pourrait rester utilisé même lorsque les résolutions privées ne sont pas disponibles », selon le rapport.

La BCE n’a même pas besoin d’attendre la prochaine crise pour programmer une refonte monétaire sans précédent ; le passage du papier-monnaie au tout numérique est un changement structurel majeur qui mettra du temps à se mettre en place, plus longtemps que le yuan chinois qui peut être imposé beaucoup plus vite à cause de la structure d’État non démocratique.

« Une conception qui offre ces fonctionnalités peut promouvoir des paiements plus résilients, efficaces, inclusifs et innovants », selon Benoit Coeure, ancien responsable de la Banque centrale européenne qui dirige désormais les efforts d’innovation de la BRI. Tout un programme.

Une crypto yuan adossée à l’or ?

L’empire du Milieu est le plus avancé sur sa monnaie numérique et va même peut-être plus loin. Un négociant en métaux précieux à Londres, Andrew Maguire, a signalé que la Chine contournait les banques de la London Bullion Market Association à Londres, qui ne peut plus fournir assez de métal jaune pour ses besoins. Le Parti communiste chinois achète ainsi de l’or non raffiné directement auprès des mines d’Afrique et d’Amérique du Sud. Cela leur évite au passage de se faire remarquer dans les rapports de données d’exportation classiques. Maguire soupçonne carrément que le pays pourrait soutenir le yuan avec de l’or et pourquoi pas avec une fixation de prix et une parité fixe. Sachant que la Chine est l’une des rares économies avancées à connaître une croissance cette année, son positionnement dans l’économie internationale de demain va être crucial.

Franck Pengam

La Chine s’apprête à lancer sa monnaie numérique

La Chine prévoit un projet pilote réel de sa monnaie numérique, dont la première phase pourrait commencer avant la fin de cette année, selon un rapport de l’influente publication d’informations financières chinoise Caijing. Cela confirmerait les récentes spéculations selon lesquelles la Chine est sur le point de devenir la première grande économie à émettre une monnaie numérique souveraine.

En août, un responsable de la Banque populaire de Chine (PBOC) a déclaré que la monnaie était “proche” d’être émise. Le nouveau rapport décrit les prochaines étapes de ce processus. Le PBOC pourrait lancer des expériences à petite échelle le “paiement électronique en monnaie numérique” (DCEP) à Shenzhen et dans la ville de Suzhou, dans l’est du pays, avant la fin de l’année. En 2020, elles seraient ensuite étendues à une plus grande échelle.

L’intention est de remplacer directement l’argent liquide. Le DCEP sera compatible avec Alipay et WeChat Pay et peut être utilisé sans connexion Internet. Le rapport indique que la monnaie offrira aux utilisateurs au moins un certain degré d’anonymat. Cependant, il n’explique pas comment cela pourrait fonctionner. Lisez l’histoire complète.

MIT Technology Review

Quelle monnaie virtuelle pour demain, DTS ou crypto ?

Les assouplissements quantitatifs (ou planche à billet) et les taux négatifs bancaires permettent de maintenir le statu quo économique actuel en donnant les moyens à de grandes entreprises déficitaires de survivre avec des liquidités faciles d’accès. Dans l’optique où l’on sortirait de cette période par un krach ou par une transition réelle, deux grandes alternatives seraient concevables et nous (Français) ne serons gagnants dans aucun scénario.

Certaines institutions internationales détiennent de l’or afin de faciliter leurs missions. C’est le cas du Fonds Monétaire International (FMI), qui fut constitué et financé par les réserves d’or de ses membres. Selon elle, les réserves mondiales d’or détenu par les banques centrales et institutions financières avoisinaient les 34 000 tonnes en 2019. Cette institution possède également 2 814,1 tonnes de métal jaune. Ces métaux lui serviraient de réserve et de financement de ses activités. Cette somme imposante place le FMI en troisième position du classement mondial des réserves d’or, après les États-Unis et l’Allemagne.

Credit: FMI

Comme le dit très justement Simone Wapler, spécialiste des métaux, des matières premières et du secteur de l’énergie :

« si l’or est une relique barbare : pourquoi le FMI a-t-il de l’or, pourquoi les grandes banques centrales continuent-elles à détenir de l’or, pourquoi certaines en ont même acquis depuis 2008 et enfin, une banque centrale peut-elle avoir comme réserves des emprunts d’État à taux d’intérêt négatif ? »

Ceci pose question dans un scénario de retour du métal historique dans le commerce international. Quelle place aurait vraiment le FMI dans un contexte d’étalon-or ? Après la Seconde Guerre mondiale, les Accords de Bretton Woods avaient marqué la fin progressive de l’étalon-or et la mise en place d’un nouveau système financier international dès 1944. Pour structurer ce nouveau monde, différentes institutions émergèrent à cette époque :

  • La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), aussi appelée Banque mondiale ;
  • Le FMI ;
  • Ainsi que la signature de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (mieux connu sous le sigle anglo-saxon de GATT) donnant naissance à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995.

L’objectif était d’ouvrir, unifier et uniformiser les économies du monde sous l’égide du dollar américain directement indexé sur l’or. Cela marcha plutôt bien après-guerre mais, en 1971, les États-Unis mirent fin à la convertibilité du dollar en or ce qui sonna l’avènement du billet vert seul comme première devise de réserve internationale. Depuis l’économie mondiale a bien changé. Sous l’angle de la dédollarisation, j’avais établi des scénarios du prochain système économique international il y a près d’un an dans un article intitulé « Vers la fin de Bretton Woods et de l’hégémonie du dollar ? » :

Depuis, les lignes ont déjà beaucoup bougé et de nouvelles informations me permettent de réviser ces points. Commençons déjà par définir les DTS (Droits de Tirage Spéciaux), dont la Chine n’est partie prenante que depuis 2015. Ils ne sont pas une monnaie, mais une unité de compte immatérielle créé par le FMI en 1969. Les DTS consistent en un panier de monnaies utilisé pour le commerce international et les marchés financiers. Pour le dire autrement, il s’agit d’un étalon de réserve à l’instar de l’or. Le DTS est composé par pondérations respectives du dollar américain (41,73 %), de l’euro (30,93 %), du yuan (ou renminbi) chinois (10,92 %), du yen japonais (8,33 %) et de la livre sterling anglaise (8,09 %).

Credit: FMI

Au lendemain de la Seconde Guerre, deux projets monétaires mondiaux s’opposèrent : celui symbolisé par l’économiste américain Harry Dexter White dans lequel le dollar était la monnaie pivot du monde et celui symbolisé par l’économiste britannique John Maynard Keynes dans lequel le bancor, une nouvelle monnaie mondiale à créer, était la nouvelle référence internationale des échanges. Les deux monnaies comprenaient l’indexation de l’or dans ses bases. Nous connaissons la suite, le projet américain l’emporta.

De nos jours, certains analystes alternatifs comme la juriste Valérie Bugault, pensent que la chute possible du dollar amènerait à la promotion d’une monnaie supranationale sur le modèle du bancor. Les DTS seraient la première phase de l’avènement de ce projet de devise mondiale unique contrôlée par des banquiers internationaux. Dans un tel cas, il ne s’agirait non plus de la fin, mais plutôt d’un aboutissement alternatif du système de Bretton Woods avec une gouvernance mondiale gérée par ses institutions clefs.

En parallèle, il ne faut pas oublier que la Chine a également créé de son côté des institutions eurasiatiques alternatives à Bretton Woods censées faire concurrence au FMI et à la Banque mondiale. Il s’agit de la Banque asiatique de développement, de l’Organisation de coopération de Shanghai ou encore de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures. Prendre part au DTS en 2015 fut un moyen pour Pékin d’internationaliser sa monnaie en lui attribuant une reconnaissance officielle pour stimuler les investisseurs institutionnels du monde entier.

Mais pour que le yuan devienne une réelle monnaie de référence sur le marché, il faudrait que la Chine rende sa monnaie convertible, c’est-à-dire qu’elle abandonne son contrôle des capitaux pour la laisser fluctuer au gré du marché de change. Le problème est que contrôler la valeur de la monnaie, en la sous-évaluant par exemple comme l’accuse Washington depuis des années, permet de soutenir les exportations au détriment des importations. Abandonner ce pouvoir est donc d’un sacrifice difficile à faire pour le Parti Communiste Chinois. Bien que la thèse du yuan-or ou du yuan tout court en tant que devise internationale ait connu des avancées significatives indéniables, elle a peu de chance de s’imposer au monde prochainement. C’est probablement pour cette raison que Pékin joue sur tous les tableaux (DTS/pétro-yuan-or) pour pouvoir se positionner stratégiquement en fonction de la conjoncture.

Avec les éléments que nous avons vus jusque-là, les scénarios actualisés avec l’or pourraient être de cet ordre :

  1. Une crise financière mondiale amenant :
  • À la chute du dollar et l’émergence des DTS sous une forme de cryptomonnaies possiblement indexées sur l’or et gérées majoritairement par le FMI (la question est donc de savoir qui contrôle le FMI).
  • Au maintien de la domination du dollar avec ou sans son indexation sur l’or.

Peu importe l’issue de ce scénario, les États-Unis en sortiront hégémoniques au vu de la pondération du dollar dans les DTS, de sa capacité d’influence sur le FMI et de la quantité écrasante de ses stocks d’or (à 8 133 tonnes contre 3 366 pour l’Allemagne en deuxième position).

  1. Le statu quo du système économique international amenant :
  • Au maintien du dollar en tant que devise de référence internationale avec ou sans indexation à l’or.
  • Une transition douce possible à moyen terme vers un système financier diversifié soit avec plus de place pour des devises autres que le dollar (euro, yuan, yen…), soit avec la consolidation progressive de cryptomonnaies privées et d’État, soit avec l’utilisation graduelle des DTS (indexés sur l’or ou non) dans les transactions, soit un peu de tout à la fois.

Malgré une concurrence monétaire internationale émergente, la domination du dollar reste encore écrasante : 63,5 % des réserves en devises des banques centrales mondiales restent constituées en dollars contre 20 % en euro, 4,52 % pour le yen et 1,1 % pour le yuan. L’euro est la devise concurrente la plus sérieuse ce qui fait doucement rire au vu de l’instabilité politique et économique de la zone (Allemagne en récession, Brexit, Italie endettée avec peut-être un projet de sortie de l’euro…). De toute façon, il n’y a pas de volonté de l’Union européenne de voir l’euro s’internationaliser, car cela signifierait que la devise subirait plus de spéculation et donc plus de fluctuation de son cours ce que les Allemands ne tolèreraient pas. Christine Lagarde, ancienne n° 1 du FMI et nouvelle patronne de la BCE, a quant à elle affirmé son soutien à une monnaie internationale sur le modèle du bancor, c’est-à-dire une valeur supranationale (les DTS en résumé) qui remplacerait le dollar dans les transactions mondiales.

L’ordre économique et financier de demain sera donc géré indirectement par une gouvernance mondiale du FMI ou directement par l’empire américain. Nous assistons à la lutte entre ces deux camps pour l’hégémonie depuis de nombreuses décennies déjà. Toutes les alternatives annexes ont encore peu de chance d’aboutir et surtout de s’imposer au monde dans l’immédiat. Le phénomène de dédollarisation mondiale est un mouvement inéluctable, mais cela ne signifie pas la fin du dollar pour autant. Comme vous le voyez, de nombreuses possibilités s’entrechoquent. Une multipolarité monétaire semble difficilement envisageable à court et moyen terme tant du point de vue technique que juridique. L’or et les cryptomonnaies vont, quant à eux, être graduellement de plus en plus présents dans les réserves et dans les échanges dans le cadre d’une diversification des actifs.

Franck Pengam

Pour en savoir plus, recevez ici 27 pages OFFERTES du livre : « Géopolitique de l’or : le métal jaune au cœur du système international ».

Les paiements par reconnaissance faciale pourraient remplacer les QR codes en Chine

Greg Geng, vice-président de WeChat Business Group de Tencent, a déclaré : “En Chine, les méthodes de paiement utilisant les QR codes ont remplacé les espèces et les cartes en seulement cinq ans. Il est possible qu’au cours des prochaines années, de nouveaux produits plus performants puissent remplacer les QR codes” lors de la conférence East Tech West de CNBC en Chine, selon CNBC.

Tencent et Ant Financial, qui exploitent respectivement WeChat Pay et Alipay, auront probablement un rôle à jouer dans l’essor des méthodes de paiement en Chine, le cas échéant, étant donné leur position dominante sur le marché chinois des paiements mobiles de 6,8 trillion de dollars (soit en français : un trillion = un milliard de milliards). Les deux entreprises offrent déjà des options de paiement populaires et ont accès aux renseignements sur les paiements des consommateurs, de sorte qu’il peut être facile pour elles d’offrir aux consommateurs des processus de paiement nouveaux et novateurs.

Les paiements par reconnaissance faciale pourraient être la prochaine étape la plus probable pour l’industrie des paiements en Chine étant donné leur commodité et l’intérêt de Ant Financial et Tencent pour cette technologie. Le mode de paiement peut créer une expérience rapide et sans friction puisque les utilisateurs n’ont pas besoin de présenter un appareil ou une carte, ce qui peut le rendre attrayant pour les consommateurs.

Et comme WeChat Pay et Alipay proposent tous les deux une technologie de point de vente (PDV) – ou en anglais POS (Point Of Sale) – capable de prendre en charge les paiements par reconnaissance faciale, l’option pourrait être largement disponible dans un proche avenir, bien qu’ils devront se pencher sur les préoccupations des consommateurs en matière de protection des données biométriques et de la confidentialité de leurs informations.

CaixaBank : reconnaissance faciale pour les guichets automatiques

Les gens vendent des organes humains sur Facebook

Désespérés par le manque d’argent, les gens font de la publicité pour leurs propres reins sur Facebook.

Aux Philippines, les gens qui ont un besoin urgent d’argent liquide ont trouvé un moyen inhabituel de joindre les deux bouts : mettre leurs propres reins en vente sur Facebook.

Comme d’autres formes de trafic qui se sont répandues sur les médias sociaux, les forces de l’ordre ont du mal à suivre les ventes d’organes humains, selon Channel News Asia. C’est parce que les trafiquants peuvent rapidement créer de nouveaux comptes et apparaître dans un nouveau coin de Facebook.

Un poste type comprendra l’organe que quelqu’un vend – généralement un rein – ainsi que son groupe sanguin et le prix demandé. Bien que la vente d’organes soit illégale, de nombreuses personnes se retrouvent à court de solutions de rechange.

Channel News Asia rapporte que des personnes qui vendent leurs reins tentent de rassembler l’argent destiné aux factures d’hospitalisation – de l’ordre de plusieurs centaines de dollars américains – ou à d’autres dépenses imprévues.

Un homme qui s’est vu accorder l’anonymat a déclaré qu’il considérait la vente de son rein comme son seul moyen de payer ses factures d’hôpital et de démarrer sa petite entreprise, et que cela donnerait à sa famille “une chance d’améliorer notre vie et de s’éloigner de nos conditions de vie actuelles”.

L’homme a fini par obtenir un prêt pour conserver son rein, mais son histoire brosse un tableau plus large de la façon dont les personnes dans des situations désespérées compromettent leur santé pour fournir un réseau de trafic illégal qui est rendu possible grâce à Facebook.

“Nous supprimons ce contenu chaque fois que nous en prenons connaissance et nous encourageons notre communauté à signaler tout contenu qui, selon elle, pourrait enfreindre ces règles”, a déclaré un porte-parole de Facebook à Channel News Asia, bien que la revue a trouvé plusieurs messages de vente de rein encore en ligne que Facebook avait manqués.

Parce qu’il est très difficile de retracer les trafiquants en ligne, le Comité national d’éthique de la transplantation des Philippines surveille de plus près les hôpitaux équipés pour la transplantation d’organes et recherche tout signe indiquant qu’une transaction d’organes illégale est en cours au lieu de faire un don non commercial.

Channel News Asia

CaixaBank : reconnaissance faciale pour les guichets automatiques

CaixaBank a introduit la reconnaissance faciale pour les retraits des guichets automatiques. La banque a collaboré avec FacePhi et Fujitsu sur le projet.

Le nouveau système biométrique a été déployé le 14 février 2019 dans quatre succursales à Barcelone, avec un total de 20 terminaux. Il est prévu d’étendre progressivement la reconnaissance faciale à l’ensemble du réseau des agences à partir du second semestre 2019. Les clients pourront choisir l’identification biométrique des visages ou l’identification par code PIN.

Selon une étude réalisée auprès de clients pour évaluer le degré d’acceptation de l’identification par reconnaissance faciale, l’institution financière a découvert que 70% des personnes interrogées seraient disposées à l’utiliser plutôt que de saisir leur code PIN au clavier.

“Dans le contexte actuel de transformation numérique, la sécurité et l’agilité des transactions sont essentielles et l’intégration de la technologie biométrique dans les guichets automatiques offre de multiples avantages dans ces deux domaines”, a déclaré Benjamí Puigdevall, directeur de CaixaBank Digital Business. “Cet engagement en faveur de la reconnaissance faciale renforce la position de CaixaBank parmi les entités disposant des guichets automatiques les plus avancés au monde.”

Tout client CaixaBank peut utiliser la reconnaissance faciale pour les retraits aux guichets automatiques dotés de cette technologie, mais avant de pouvoir utiliser le système pour la première fois, il est nécessaire de s’inscrire dans une agence bancaire, ce qui ne prend que quelques minutes.

CaixaBank

Vers une société sans espèces, à l’image de la Suède

Selon le rapport du comité Action publique 2022, la 16e proposition préconise une société « zéro cash » pour simplifier les paiements tout en luttant mieux contre la fraude fiscale”.

Les réformes préconisées :

– supprimer les espèces, les chèques et les timbres pour les paiements fiscaux et sociaux d’ici deux ans. Afin d’accompagner en particulier les publics les plus fragiles, des solutions intermédiaires pourraient être envisagées (par exemple utilisation d’une carte sans contact) ;
– rendre obligatoire l’acceptation des paiements dématérialisés (carte bancaire, téléphone, virement) pour tous les achats, sans montant minimum, et développer une application par laquelle les consommateurs pourraient aisément signaler des difficultés ;
– réduire progressivement la circulation d’espèces vers une extinction complète. On pourrait commencer à court terme par mettre fin à la circulation des pièces de 1 et 2 centimes, comme cela a été fait en Irlande, en Finlande et en Belgique par exemple.

Vers une économie sans argent liquide

L’Inde numérise tout, de l’argent à l’identification du citoyen

Expérience de Bitcoin avec une puce NFC : une clé privée implantée