Archives par mot-clé : paiement numérique

Société Générale expérimente la carte bancaire biométrique

Identité Augmentée

La Société Générale expérimente la première carte de paiement biométrique, en collaboration avec IDEMIA, utilisant le module de capteur d’empreintes digitales T-Shape de Fingerprint Cards.

La banque envisage de supprimer le plafond des paiements sans contact, actuellement fixé à 30 € en France, sur la base de l’authentification client renforcée et fournie par un capteur d’empreinte digitale, selon le communiqué. Goode Intelligence a noté dans un rapport récent que la possibilité d’utiliser des cartes sans contact pour des transactions de plus grande valeur est l’un des facteurs potentiels qui, selon elle, entraînera l’utilisation de la biométrie pour les paiements de 2,6 milliards de personnes d’ici 2023.

Le module T-Shape, qui fait partie de la série FPC1300 (capteurs tactiles ultra-minces optimisés pour une intégration dans les cartes à puce), indique que sa consommation énergétique est extrêmement basse et que ses performances biométriques sont supérieures, grâce à des terminaux de paiement sans contact standard.

La Société Générale a également ouvert un compte biométrique en ligne (avec reconnaissance faciale biométrique et selfie dynamique). Cette nouvelle annonce est la première pour IDEMIA depuis que Yann Delabrière a été nommé en remplacement de Didier Lamouche en tant que PDG.

Les cartes à puce sans contact constituent l’un des trois segments du marché. Les cartes à empreinte digitale ont été identifiées comme zones cibles depuis son apparition au Mobile World Congress de 2018 à Shanghai. Les capteurs de la série FPC1300 et la solution F.CODE d’IDEMIA ont été utilisés lors du premier essai de carte de paiement biométrique au Japon, qui a été lancé plus tôt cette année.

Société Générale, Biometricupdate

Vers une société sans espèces, à l’image de la Suède

Selon le rapport du comité Action publique 2022, la 16e proposition préconise une société « zéro cash » pour simplifier les paiements tout en luttant mieux contre la fraude fiscale”.

Les réformes préconisées :

– supprimer les espèces, les chèques et les timbres pour les paiements fiscaux et sociaux d’ici deux ans. Afin d’accompagner en particulier les publics les plus fragiles, des solutions intermédiaires pourraient être envisagées (par exemple utilisation d’une carte sans contact) ;
– rendre obligatoire l’acceptation des paiements dématérialisés (carte bancaire, téléphone, virement) pour tous les achats, sans montant minimum, et développer une application par laquelle les consommateurs pourraient aisément signaler des difficultés ;
– réduire progressivement la circulation d’espèces vers une extinction complète. On pourrait commencer à court terme par mettre fin à la circulation des pièces de 1 et 2 centimes, comme cela a été fait en Irlande, en Finlande et en Belgique par exemple.

Vers une économie sans argent liquide

L’Inde numérise tout, de l’argent à l’identification du citoyen

Expérience de Bitcoin avec une puce NFC : une clé privée implantée

Les cryptomonnaies, une rupture géoéconomique mondiale ?

A l’heure où les cryptomonnaies défrayent la chronique, en particulier le bitcoin, il est important d’en saisir les enjeux technologiques, de même que l’environnement global touchant le domaine. Ce dossier de Géopolitique Profonde est destiné aux investisseurs, à ceux qui veulent diversifier leur épargne ou simplement aux personnes voulant améliorer leur vision du sujet. Il propose un panorama des enjeux des cryptoactifs, des réactions et des oppositions des gouvernements et entreprises sur le sujet, des théories économiques sous-jacentes ou encore des problèmes de hacking liés à ces technologies.

Quelques bases
Blockchain vs hashgraph
Les théories économiques autour des cryptoactifs
Le bitcoin est-il biaisé de base ?
Les réactions du Système : critiques et récupérations
L’intégration des crypto dans les compagnies privées
Les crypto comme alternative au système financier mondial
Les activités malveillantes autour des cryptomonnaies
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Une nouvelle cryptomonnaie lancée par Goldman Sachs

Circle, une start-up de paiement soutenue par Goldman Sachs, Baidu Inc. et China International Capital Corp à auteur d’environ 140 millions de dollars de capital-risque, a annoncé le lancement d’une nouvelle cryptomonnaie appelée Circle USD Coin. La nouvelle monnaie est essentiellement une version numérique du dollar que vous pourrez acheter en échangeant de l’argent réel.

L’USD Coin est la première cryptomonnaie mise en vente par une grande institution financière. Bien que ce type d’approche va à l’encontre des cryptomonnaies décentralisées et distribuées telles que bitcoin, Goldman Sachs et Circle espèrent apporter une certaine stabilité au marché de la cryptomonnaie, qui s’est effondré et a rebondi bon nombre de fois cette année.

Circle ne veut pas que l’USD Coin soit soumis à l’instabilité et à l’inflation inhérentes à d’autres cryptomonnaies non régulées, donc la cryptomonnaie sera indexée sur le dollar américain, selon CNBC. Encore une fois, cela va à l’encontre du but des cryptomonnaies, qui étaient à l’origine conçues pour présenter un marché financier transparent exempt de toute réglementation du gouvernement fédéral et de l’influence des grandes banques. Et bien qu’il semble de plus en plus probable que la réglementation et l’influence des entreprises joueront un plus grand rôle, certains, y compris Sam Altman, investisseur de la Silicon Valley, croient fermement que toute cryptomonnaie basée sur l’USD doit rester sous contrôle distribué.

Alors que d’autres cryptocurrences peuvent être extraites lorsque les utilisateurs prêtent une partie de la puissance de traitement de leur ordinateur pour maintenir le registre actualisé de toutes les transactions, il semble que la seule façon d’acquérir le nouveau USD Coin – qui fonctionnera sur la plate-forme Ethereum dans un avenir prévisible – est de les acheter. Donc, votre installation extensive ne vous aidera pas à obtenir l’USD Coin.

Comme vous devez donner à Circle un dollar à chaque fois que vous voulez un dollarcoin, il semble que cette version numérique du dollar servira plus comme une application de portefeuille numérique de type Venmo, où vous pouvez payer avec une cryptomonnaie numérique au lieu de payer avec une carte de débit ou de crédit.

Compte tenu des récents investissements de Goldman Sachs dans le domaine de la crypto et de l’annonce que la société allait ouvrir une opération de trading sur le Bitcoin pour le compte d’investisseurs, il est logique que le géant financier tente de contrôler le marché du mieux qu’il peut.

Pour l’instant, l’USD Coin ne semble avoir aucun but pratique au-delà de l’introduction d’une cryptomonnaie stable et accessible.

Visa annonce un projet pilote pour les cartes de paiement biométriques

Visa a annoncé des projets pilotes pour la mise en place d’une nouvelle carte de paiement EMV biométrique à double interface pour des transactions avec et sans contact, en partenariat avec Mountain America Credit Union et Bank of Cyprus. Ces projets vont tester l’utilisation de la reconnaissance d’empreintes digitales comme alternatives au PIN ou à la signature pour authentifier le détenteur de la carte.

Les mots de passe disparaîtront progressivement d’ici 2025

Les cartes de paiement sont équipées de capteurs intégrés de la série FPC1300 de Fingerprint Cards. La technologie biométrique fournie par Gemalto est utilisée dans le cadre du projet pilote de Bank of Cyprus, tandis que le projet de Mountain America Credit Union utilise la solution de Precise Biometrics, une solution algorithmique de lecture d’empreintes digitales basé sur Precise BioMatch Embedded, ainsi que la technologie fournie par Kona-I.

« Je suis heureux que nous fassions partie des premiers essais sur le marché américain pour les cartes de paiement biométriques à double interface d’un fournisseur mondial de solutions de paiement. L’intérêt pour les cartes de paiement biométriques est élevé et Precise Biometrics est à l’avant-garde dans ce domaine », note Torgny Hellström, président du conseil d’administration de Precise Biometrics.

Zwipe a annoncé plus tôt ce mois-ci qu’il collaborerait avec Gemalto pour fournir sa capacité de récupération d’énergie et son moteur biométrique pour le projet pilote de Bank of Cyprus, tandis que Precise Biometrics et Kona-I ont déjà établi des partenariats avec Fingerprint Cards.

« La collaboration est essentielle dans l’écosystème des cartes à puce et des paiements. Nous sommes fiers de participer à ces essais de marché inédits avec Visa, le leader mondial des paiements numériques. Cela signifie que nous entrons dans la phase suivante de l’exécution de notre stratégie pour les cartes de paiement biométriques à double interface », déclare Thomas Rex, Vice-président principal chez Fingerprint Cards.

Le projet pilote a été annoncé à l’occasion du NRF Big Show 2018 de la National Retail Federation et sera géré par le programme Visa Ready for Biometrics, qui, selon la société, est un nouveau programme vertical destiné à répondre à la demande croissante d’authentification biométrique.

Un système de lecture labiale automatique pourrait mettre fin aux mots de passe tels que nous les connaissons

« Le monde se dirige rapidement vers un avenir sans mots de passe, car les consommateurs réalisent à quel point les technologies biométriques peuvent leur faciliter la vie », explique Jack Forestell, responsable des solutions commerciales mondiales chez Visa Inc..

Alors que les paiements électroniques augmentent considérablement dans le monde, Visa s’engage à développer et à investir dans des capacités émergentes offrant une expérience de paiement meilleure et plus sécurisée.

HSBC a publié un nouveau rapport de recherche intitulé « Faire confiance à la technologie »

La carte authentifie les utilisateurs en faisant correspondre une empreinte digitale prise au point de vente d’une agence bancaire, les données de référence des empreintes digitales sont stockées directement sur la puce sécurisée de la carte. Elle est équipée de voyants verts et rouges pour indiquer le succès ou l’échec de l’authentification, et est compatible avec les terminaux de paiement avec ou sans contact existants.

Les projets pilotes de Mountain America Credit Union et de Bank of Cyprus débuteront au début de 2018.

traduction Thomas Jousse

Visa Inc., Gemalto, Business Wire, Reuters, BiometricUpdate

La Fondation Gates lance un système de paiement mobile alimenté par le Protocole Interledger

Le projet Level One, de la Fondation Bill & Melinda Gates, a commencé en 2015. Maintenant, ils ont développé une plate-forme open-source qui permet à divers services financiers de fonctionner de manière transparente comme un service de paiement pour les pauvres.

La Fondation Bill & Melinda Gates n’est pas étrangère à la blockchain. Depuis 2015, la fondation travaille sur les moyens d’utiliser le grand livre numérique décentralisé des transactions grâce à son projet Level One. Maintenant, ils ont lancé Mojaloop, une plate-forme de paiement open-source conçue pour les personnes qui n’ont pas accès aux services de paiement habituels.

Le logiciel de paiement mobile de Mojaloop, construit dans le cadre du projet Level One, est alimenté par la technologie Interledger, qui à son tour a été construite par Ripple, la startup de la technologie des registres distribués (DLT-Distributed Ledgers Techonology). Il établit un plan pour relier le secteur des services financiers d’aujourd’hui et peut être utilisé comme une solution aux barrières auxquelles les banques et les fournisseurs d’interopérabilité sont traditionnellement confrontés, a annoncé la fondation. En bref, Mojaloop veut mettre en relation les institutions financières, les fournisseurs de services de paiement et d’autres sociétés qui fournissent des services de paiement et partagent des informations en utilisant la chaîne de blocs.

Guide du Projet Level One (PDF)

Credit : Level One Project

Bill & Melinda Gates Foundation

Cette vidéo présente un modèle de système de services financiers numériques au niveau national conçu pour intégrer les pauvres dans l’économie formelle

Cette vidéo présente trois cas clés qui peuvent inciter les consommateurs et les organisations à commencer à utiliser un système de services financiers numériques

Cette vidéo décrit des approches qui permettent aux pauvres de faire des transactions numériques

Le nouvel iPhone, une machine à calculer mais pas seulement

La “grand-messe” célébrant les 10 ans du lancement du 1er iPhone a donc eu lieu. De manière symbolique, elle a pris place dans le tout nouvel amphithéâtre baptisé du nom du co-fondateur emblématique d’Apple, Steve Jobs, situé au sein du nouveau siège gigantesque de la marque à la pomme, dont la structure en rond avait déjà été parodiée au cinéma, bien avant son inauguration, dans le film vigoureusement anti-technologique, The Circle.

Le produit révélé aujourd’hui (celui appelé “X”, les deux autres modèles n’étant à peu de choses près que des mises à jour du précédent) était fermement attendu par les fans du monde entier. Cet iPhone anniversaire n’avait pas le droit de décevoir. De fuites plus ou moins orchestrées, en photos et vidéos volées sur les chaînes de montage asiatiques en passant par les nombreux rendus visuels d’artistes, ce modèle avait tenu en haleine la communauté des aficionados de technologie tout l’été. Il fut question un temps d’un lecteur d’empreinte intégré sous l’écran, puis d’un lecteur sur le bouton placé sur la tranche, puis d’un lecteur au dos de l’appareil, puis de la disparition pure et simple de ce lecteur au profit d’un unique système de reconnaissance 3D du visage… Nous savons maintenant ce qu’il en est, le nouveau système baptisé Face ID a bien vocation à remplacer totalement la lecture d’empreinte (et tous les autres téléphones s’y mettront certainement eux aussi, petit à petit). Il fut question également de son prix. Dépasserait-il la barre symbolique des mille dollars ou au contraire resterait-il en dessous du prix excessif de son plus fameux concurrent, le Samsung Galaxy Note 8 sorti récemment? Nous savons désormais qu’il faut débourser pour s’offrir ce bijou au minimum 1159 euros. Ce n’est pas rien.

Parmi la flopée des analyses techniques et commerciales à paraître sur le nouveau “flagship” (selon le terme aujourd’hui consacré) de la marque californienne, il est peut-être cependant possible d’envisager, quelques instants, une autre manière de présenter l’objet, d’aller un peu plus en profondeur. C’est ce que je vais tenter ici brièvement.

Dans un article publié il y a quelques jours, le magazine Usbek et Rica (bien connu des geeks et autres curieux de tous poils), entamait cette approche quelque peu philosophique en affirmant audacieusement : il y aura forcément un peu de Blaise Pascal dans le prochain iPhone!

En résumé, l’auteur de l’article nous invitait à réfléchir à ce qu’est un iPhone (et un smartphone en général), à ce qui constitue en quelque sorte son essence. Et l’idée défendue dans l’article était de dire : un téléphone dit intelligent comme l’iPhone est au fond un lointain descendant de la machine à calculer inventée par le philosophe Blaise Pascal, que l’on peut voir ci-dessous.

Une pascaline, signée par Pascal en 1652, visible au musée des arts et métiers du Conservatoire national des arts et métiers à Paris. CC BY-SA 3.0 fr

Saisissons-nous de cet article pour faire un petit exercice de philosophie pratique (puisqu’on cite Pascal). La thèse de la machine à calculer est intéressante et apparemment convaincante, il y a effectivement du calcul dans ce type d’appareils. Mais on peut aller plus loin.

D’abord, premier point à noter, il existe déjà une thèse philosophique concernant les téléphones portables. On la doit au philosophe italien Maurizio Ferraris dans son livre Où es-tu? Ontologie du téléphone mobile (Albin Michel, 2006).

Contrairement à l’article vu précédemment, Ferraris propose de penser plutôt le téléphone portable non comme une machine à calculer mais plutôt comme une machine à écrire. Pourquoi cette thèse? En réalité selon Ferraris, ce qui compte dans les téléphones portables, c’est que tout ce qui s’y passe est noté quelque part, le programme est écrit, les messages, musiques et vidéo sont stockés sous forme de lignes de code et d’impulsions électriques, etc. Cela nous ramène donc selon lui plutôt à l’écrit qu’au calcul, le portable ne serait pas le lointain descendant de la Pascaline, mais plutôt le lointain descendant des tablettes d’écriture sumériennes.

Crédit : cflou.com

Pour appuyer sa thèse, Ferraris propose une preuve décisive. Regardez bien, dit-il, les téléphones portables ont tous un clavier, et si ce clavier sert bien à appeler des numéros, il est aussi doté de lettres en dessous qui permettent d’écrire, des textos par exemple. C’est donc bien en définitive une machine à écrire. Comme on peut le voir sur ce clavier.

La thèse de Ferraris paraît judicieuse. Pourtant, si l’on est très attentif, elle est fausse. Et ce qui l’a invalidée c’est précisément l’arrivée de l’iPhone de Steve Jobs et des téléphones qui l’ont suivi (l’iPhone étant apparu précisément un an après la publication en France du livre de Ferraris). En effet, la thèse du philosophe italien ne fonctionne que pour les téléphones antérieurs à l’iPhone, sur lesquels on pouvait utiliser le clavier alphanumérique aussi bien pour numéroter que pour écrire des textos.

Crédit : .commentcamarche.net

L’iPhone a bien, lui aussi, un clavier de type alphanumérique lorsqu’on l’utilise pour téléphoner, mais les lettres sur ce clavier sont fictives : on ne peut pas écrire avec, elles sont juste là pour faire beau et rappeler les anciens claviers. Les chiffres l’emportent sur les lettres, qui ne sont plus là que pour le décor, invalidant la thèse de Ferraris qui ramenait tout au final à la fonction d’écriture.

En regardant les choses de près on voit donc (cette démonstration n’étant qu’un exemple) que les téléphones portables modernes sont certainement plus des machines à calculer que des machines à écrire, malgré la beauté poétique de la thèse de Ferraris.

Mais sont-ils pour autant des descendants de la machine inventée par le philosophe Pascal, comme le pensait l’auteur de l’article d’Usbek et Rica?

A bien y regarder, ce n’est pas possible non plus. Car cette machine n’est que mécanique, elle ne peut servir qu’à une seule tâche, or un téléphone comme l’iPhone est par nature multitâches. La Pascaline est en fait la descendante des bouliers chinois, ce sont des machines à calculer mécaniques, mais l’iPhone n’est pas le descendant du boulier chinois.

Qu’est-ce qu’il est, quelle est son essence alors? Le plus plausible est de considérer que l’iPhone est bien une machine à calculer, mais une machine d’un genre particulier : la machine à calculer électronique programmable, c’est-à-dire l’ordinateur, inventée pour la première fois à Manchester le 21 Juin 1948. Tous les iPhones, tous les produits principaux fabriqués par Apple (de sa montre portable à ses Macbook), et en général tous les objets électroniques modernes dit intelligents sont de fait des lointains descendants de l’énorme machine de 1948. C’est ce que l’on peut appeler leur nature, leur essence, ce qui fait qu’ils sont des incarnations infiniment variées d’une unique réalité nouvelle apparue dans le monde au milieu du 20ème Siècle, et qui n’a, autant que l’on puisse en juger, jamais existé avant.

Vincent Billard
Philosophe singulier, proche du transhumanisme, qui ne voit pas uniquement dans la technologie moderne un objet d’angoisse et de malheurs possibles. Plus qu’une simple bienveillance à son égard, il revendique même une sorte de fascination réfléchie pour le merveilleux inédit qu’elle incarne à notre époque. Il a publié sur le sujet trois ouvrages : iPhilosophie, réflexion sur la pensée liée à la marque Apple, Geek philosophie, sur les passionnés de technologie et de mondes imaginaires. Éloge de ma fille bionique, philosophie du handicap, humanisme et transhumanisme.

L’Inde numérise tout, de l’argent à l’identification du citoyen

En novembre dernier, dans le cadre d’un plan directeur controversé pour faire de l’Inde une société sans numéraire et numérisée, le Premier Ministre Narendra Modi a annoncé que les billets de Rs500 et Rs1000 devaient être démonétisés, ce qui enlevât efficacement 86 % de la valeur des espèces en circulation.

La mesure a été l’une des dernières étapes du plan, après que les travaux préliminaires ont été posés en introduisant la base de données biométriques Aadhaar, qui a donné à 95 % de la population une preuve d’identité numérique en 2016. Aadhaar s’est accru près d’India Stack, ce qui a permis aux gens de stocker et de partager des informations telles que les adresses, les relevés bancaires, les dossiers d’emploi, et les déclarations fiscales – par le système Aadhaar qui ont tous été ratifiés.

L’aspect clé d’India Stack donnait à tout le monde l’accès à l’une des 11 banques de paiement pouvant gérer les paiements et les transferts mais pas les prêts. L’élimination de l’argent obligeait les individus à adopter cette nouvelle infrastructure numérique, ce qui a amené 270 millions de personnes à ouvrir des comptes bancaires et de 10 milliards de dollars à déposer au cours des trois premières années – cela a généré une dynamique pour ce qui pourrait évoluer vers la première société sans numéraire dans le monde.

Vers une économie sans argent liquide

La décision a des conséquences importantes non seulement pour l’Inde, mais aussi pour le reste du monde. Pour l’Inde, il y aura des frictions initialement en raison de la prééminence des transferts en espèces dans la société : il a été estimé plus tôt cette année que 78 pour cent des transactions dans le pays utilisaient toujours du cash.

Ceci pourrait être justifié, cependant, par les gains de long terme. La mesure pourrait infléchir la corruption et “l’argent au noir” en Inde ainsi qu’introduire un système fiscal plus efficace et robuste. Cela pourrait également faire des paiements une affaire complètement sécurisée – amenant une bureaucratie moderne et une formalité sans précédent à l’économie Indienne.

Les ramifications mondiales de la numérisation de l’Inde sont également sérieuses. Raoul Pal, ancien gérant de GLG Global Macro Fund, a écrit dans un éditorial pour Mauldin Economics, “Cela pourrait bien être le tueur du bitcoin ou au mieux fournir le cadre sur la manière d’appliquer la technologie blockchain dans le monde réel”.

Même si cela n’annonce pas la fin du bitcoin, la mesure se révélera une expérience intéressante à observer pour d’autres pays cherchant à être sans numéraire, comme la Suède, qui a vu une une réduction de 40 pour cent de l’encaisse et des pièces en circulation.

traduction Benjamin Prissé

Business Insider, Financial Times, Mauldin Economics

Vers une économie sans argent liquide

Les citoyens les plus vulnérables de la société ne peuvent pas survivre dans un monde sans argent

Les transactions en espèces disparaissent dans le monde à mesure que de nouveaux réseaux s’adaptent aux mobiles tactiles et la technologie des cartes sans contact. Certaines entreprises n’acceptent plus d’argent liquide alors que l’économie monétaire glisse en statut à sa disparition. Diverses villes du monde entier font pression pour des économies entièrement numériques. Au fur et à mesure qu’ils progressent vers ce but, cela signifie que la petite monnaie jetée dans des boîtes de dons, remis aux gens dans la rue et offerts comme pourboire, disparaîtront.

Que signifie l’économie sans numéraire pour les personnes les plus pauvres de la société ?

Nous déplaçons-nous vers une stratification de classe qui est encore plus fortement divisée, avec ceux aux échelons les plus bas de nos villes exclues de la vie commerciale et d’une existence traditionnelle due à leur incapacité de participer numériquement ?

En novembre 2016, le Premier ministre de l’Inde, Narendra Modi, a annoncé que les 500 et 1000 roupies seraient supprimées de la circulation (500 roupies équivalaient à environ 7,75 $ US). Ce mouvement visait à forcer la démonétisation du pays, le poussant vers une économie sans numéraire et à forcer la corruption non taxée de l’économie générée par le travail au noir dans la lumière. Le mouvement a également involontairement déplacé la question de permettre l’accès au monde numérisé du consumérisme pour les pauvres au sommet de la file d’attente.

Une partie de la réponse pour Modi est la création de villes intelligentes et connectées avec des services publics numérisés, des paiements électroniques pour les factures de services publics et des services achetés numériquement tels que les billets de train. Cela fonctionne bien quand vous achetez de la part du gouvernement, mais quand vous êtes un petit vendeur dans l’espoir de vendre vos marchandises, c’est plus délicat. Les lecteurs de carte sont une dépense que certains ne peuvent pas se permettre, et l’utilisation de téléphones mobiles pour opérer des transferts de paiement Paytm se révèle difficile pour beaucoup.

La révolution sans numéraire est beaucoup plus animée dans l’UE, où 9 des 15 pays les plus grands sont les plus prêts à l’emploi, selon un rapport de Fung Global Retail & Technology. Le rapport cite que la Suède occupe la pole position – la plus susceptible d’être totalement sans argent, peut-être d’ici 2030 – a déclaré Niklas Arvidsson, du KTH Royal Institute of Technology, à The Guardian. Cependant, les écarts démographiques persistent même en Suède, où les personnes rurales plus âgées sont moins susceptibles d’être à bord.

Partout dans le monde, les citadins des classes moyennes et supérieures préfèrent les options de paiement numériques et évitent de plus en plus les options de consommation qui sont moins pratiques. Pendant ce temps, ceux qui sont «bloqués» dans l’économie de l’argent restent là. La richesse est, et a été, le facteur de contrôle qui s’installe dans l’économie numérique en évolution – et qui est laissée derrière.

Indépendamment du pays, l’écart entre les riches et les pauvres s’élargit alors que l’économie de l’argent souffle sur son lit de mort. A Amsterdam, le magazine de rue Z! – qui est vendu par les sans-abri de la ville – est également sur son lit de mort, car les vendeurs ont du mal à trouver des clients avec des espèces. Bien que les lecteurs de cartes iZettle ont été testés en 2013, les paiements par carte ne fonctionnaient pas pour eux; en grande partie en raison de leur complexité. Ils devaient porter leurs magazines, leurs téléphones portables et leur lecteur de cartes – un défi pour de nombreuses petites entreprises, néanmoins celles qui fonctionnent entièrement dans les rues. Cependant, cette limitation est déjà surmontée par des technologies plus récentes: les fournisseurs pourraient facilement utiliser des codes ID sur des badges avec des cordons pour des ventes mains libres. L’accès est le véritable problème – comme c’est généralement le cas pour les pauvres.

Les citoyens kenyans utilisent un système sans numéraire relié à des appareils mobiles bon marché appelés m-Pesa. Le système permet aux gens de stocker des fonds numériquement et de transférer de l’argent en envoyant des messages texte; Tous sans ouvrir et maintenir un compte bancaire conventionnel. EcoCash, un service similaire basé sur le texte, prospère au Zimbabwe.

Le directeur de l’innovation d’Hyperion, Dave Birch, a déclaré à The Guardian que la défense de l’économie monétaire pour le compte des pauvres n’aide personne. “Si vous gardez des personnes piégées dans une économie de cash, vous les laissez payer des prix plus élevés pour tout, vous les laissez en difficulté pour accéder au crédit et plus vulnérables au vol”, dit-il. “Nous allons remplacer l’argent par des plateformes électroniques”, ajoute Birch.

“Je ne pense pas que la pauvreté ou le fait d’être non bancaire est nécessairement une barrière, car tout le monde a un téléphone. Compte tenu de la technologie que nous avons, nous pouvons développer de nouvelles façons de transférer les liquidités numériques, même sur les téléphones les plus simples. “

Le véritable obstacle est de s’assurer que les plates-formes évoluant avec les initiatives de la ville intelligente et de l’économie sans numéraire sont inclusives. Non seulement cela, mais ils doivent être connectés de manière à les rendre accessibles à tous – ce qui signifie trouver un écosystème de paiement commun qui soit réalisable.

Le Bitcoin et d’autres monnaies numériques basées sur la technologie blockchain fournissent une solution de stockage et de dépenses de l’argent viable pour les personnes qui n’ont pas de comptes bancaires. La vision des économies monétaires étant centrale et universelle est en fait une première généralisation mondiale; Dans de nombreuses régions du monde, l’économie de l’argent et de la monnaie n’a jamais été aussi forte ou omniprésente que celle des États-Unis. Ce sont d’excellentes nouvelles, car cela suggère qu’une fois que nous le réalisons, les économies sont plus souples que nous ne le pensons. En fin de compte, il existe plusieurs options à notre disposition.

“L’argent fonctionne déjà assez bien en Amérique et en Europe”, a déclaré Jed McCaleb à Wired le penseur bitcoin et l’innovateur de la monnaie numérique. “Aujourd’hui, la promesse de ces monnaies numériques est plus visible dans le monde en développement”.

Des réseaux comme les institutions de micro-financement Stellar Connect (IMF) de McCaleb fournissent numériquement des services bancaires, y compris des prêts, et permettent le transfert et la réception de l’argent. Ces services sont particulièrement nécessaires pour les personnes sans accès aux banques. Des entreprises comme Stellar offrent des infrastructures numériques pour échanger des fonds et ne doivent pas nécessairement être des devises. La prochaine étape consiste à exploiter la puissance de la technologie blockchain pour permettre aux gens de s’engager dans ces transactions sans avoir besoin des IMF, ce qui peut entraîner des coûts pour le processus sans ajouter de valeur réelle.

Le fondateur et PDG de l’application blockchain BanQu, Ashish Gadnis, souligne à Devex Newswire qu’il est coûteux d’être pauvre dans le monde en développement. Dans l’état actuel, il y a des milliards de personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté. Pour Gadnis, c’est parce que, «plusieurs organisations interagissent avec les pauvres en vase clos». En d ‘autres termes, même une personne qui est le bénéficiaire désigné pour plusieurs organisations non gouvernementales, des organisations internationales et des entreprises sociales ne peut pas briser le cycle, en raison du manque d’accès.

Les agriculteurs qui vivent dans la pauvreté dans le monde en développement ne possèdent pas leur propre identité en ce qui concerne les organisations et les institutions avec lesquelles ils interagissent. Ils peuvent obtenir des subventions de semences du gouvernement sous une forme, participer au renforcement des capacités dans un autre, utiliser m-Pesa et leur téléphone pour acheter des fournitures, et avoir à juger les investisseurs sur leur propre terrain financier. Le résultat est de multiples silos de données et le manque d’accès.

Pour Gadnis, la solution à ce problème est de remettre le levier et l’accès aux mains des gens en faisant en sorte que les gouvernements, les ONG, les organisations sociales, les institutions financières et d’autres opèrent à l’aide d’une chaîne de blocs – qui donne aux gens une identité économique qui est transférable dans tous les systèmes et qu’ils contrôlent. Gadnis considère cela comme la clé de la résilience économique en un temps de changement tumultueux.

Bien que la technologie blockchain pousse la numérisation et la sortie de l’argent liquide, elle offre également des possibilités d’accès amélioré. Aller complètement sans numéraire sans permettre ce type de solutions élargira l’écart entre les riches et les autres. Nous devons trouver un moyen de garantir que personne n’est laissé pour compte.

par Karla Lant

The Guardian, Wired, Devex Newswire, Futurism