Un premier essai humain avec CRISPR ?

Les médecins de l’Université de Pennsylvanie demandent l’approbation pour l’édition du génome afin de combattre le cancer.

Un conseil fédéral de sécurité aura lieu la semaine prochaine afin de considérer la première utilisation humaine de la technologie d’édition du génome CRISPR, selon les instituts de la santé nationaux (National Institutes of Health).

Le traitement proposé est une thérapie immunitaire dans laquelle les propres cellules sanguines d’un patient seront enlevées et génétiquement modifiées à l’aide de la technologie, un type de ciseaux moléculaires capables de couper précisément l’ADN.

Une entreprise de Cambridge, Editas Medicine, annonce précédemment, qu’elle a l’intention de commencer un essai en 2017  en utilisant CRISPR pour traiter une maladie oculaire rare.

La nouvelle proposition d’utilisation de CRISPR pour modifier les cellules immunitaires humaines pourrait se produire plus tôt que cela. L’Université de Pennsylvanie n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire, et le calendrier de l’étude n’a pas pu être déterminé.

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Le problème théologico-scientifique et la responsabilité de la science

Article basée sur une conférence donnée en ouverture des Premières Rencontres “Science et Décideurs”, intitulées “Prévenir et gérer les risques”, sous l’égide du Ministère de la recherche et des nouvelles technologies, au Futuroscope, à Poitiers, le 28 novembre 2003.

Plan de l’article

La prétendue neutralité de la science
Le problème théologico-scientifico-politique
Pourquoi nous avons besoin de l’avenir
Quand les technologies convergeront
Dépasser la problématique des risques
Les effets sur le rapport à la nature (effets ontologiques)
Les effets sur le rapport à la connaissance (effets épistémiques)
Les effets sur la possibilité même de l’éthique (effets éthiques)
Les effets sur les catégories (effets métaphysiques)
The Matrix, la science et les transhumanistes
La responsabilité de la science

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Jean-Pierre Dupuy est un ingénieur, épistémologue et philosophe français. Polytechnicien et ingénieur des mines, il est professeur de français et chercheur au Centre d’Étude du Langage et de l’Information (CSLI) de l’université Stanford, en Californie. Il a aussi enseigné la philosophie sociale et politique et l’éthique des sciences et techniques jusqu’en 2006 à l’École polytechnique. Il est membre de l’Académie des technologies et de l’Académie catholique de France, admirant les valeurs du christianisme, bien qu’il ne soit pas croyant.

CRISPR-Cas9 Position officielle de l’Académie nationale de médecine sur les modifications du génome des cellules germinales et de l’embryon humains

L’Académie, saisie dans sa séance du mardi 12 avril 2016, a adopté le texte de ce rapport avec 50 voix pour, 20 voix contre et 14 abstentions.

Extrait (ou télécharger le rapport PDF)

Si éviter de transmettre une pathologie génique à un enfant pourrait constituer une indication acceptable de modification du génome de l’embryon, les conditions sont actuellement loin d’être réunies pour qu’une approche de ce type soit cliniquement envisageable. De plus il existe d’autres moyens permettant aux couples intéressés de réaliser leur projet parental : adoption, don de gamète, accueil d’embryon, tous étant autorisés et couramment utilisés en France.

Si le risque d’un mésusage des technologies permettant de modifier le génome de l’embryon pour choisir les caractères physiques de l’enfant à naitre ne peut être ignoré, la réalisation d’un projet de ce type serait très aléatoire. En effet la plupart des caractéristiques recherchées seraient imprévisibles sur la base d’une simple modification de l’ADN au stade embryonnaire pour plusieurs raisons. D’une part la structure génomique d’un individu n’est pas stable tout au long de son développement. D’autre part l’expression d’un gène est le plus souvent modulée par l’expression d’autres gènes mais aussi par des facteurs épigénétiques et/ou environnementaux. Il n’y a donc pas de lien simple et direct entre la séquence nucléotidique d’un embryon au tout début de son développement et le phénotype de l’enfant qui en sera issu même s’il est indéniable que certains variants pourraient induire des modifications phénotypiques marquées.

L’autre risque serait que des modifications du génome de la lignée germinale soient réalisées pour « améliorer » l’être humain ou « augmenter » ses performances. Cette question, évoquée du fait des possibilités théoriques ouvertes par l’utilisation de CRISPR-Cas9 et autres techniques similaires, s’inscrit en fait dans une réflexion plus globale qui concerne l’évolution de la médecine.

Indépendamment de toute autre considération d’ordre éthique, il parait aujourd’hui inconcevable que les techniques de modification du génome soient utilisées sur l’embryon ou les cellules germinales avec comme perspective de faire naitre un enfant dans l’état actuel des technologies disponibles. Un long chemin de recherche est encore à parcourir et il n’y a pas lieu d’envisager une modification de la législation française concernant l’utilisation clinique de ces techniques.

Les questions éthiques relatives à l’utilisation clinique des technologies susceptibles de modifier le génome des cellules germinales et de l’embryon humain doivent être évoquées dès maintenant, même si cette utilisation est inenvisageable et interdite actuellement. Elles sont de trois ordres :

– Serait-il licite d’intervenir sur un embryon avant son transfert dans l’utérus ?
– L’intervention peut-elle être invasive et modifier le génome de l’embryon?
– Faut-il exclure par principe toute intervention sur l’embryon ayant des conséquences transgénérationnelles potentielles?

Si la possibilité de recourir à une thérapie génique somatique s’est imposée progressivement, Le législateur français a été précurseur quand il a interdit dès 1994 toute intervention ayant pour but de modifier le génome de la descendance humaine. Cette position a été reprise dans la convention d’Oviedo et ratifiée par de nombreux pays.

Aucune des techniques actuellement disponibles ne peut être utilisée, avec toute l’efficacité et l’innocuité requises, pour modifier le génome de cellules germinales ou d’un embryon conduisant à la naissance d’un enfant. Il n’y a donc pas lieu de changer actuellement la législation française sur ce point. Cette position pourra être éventuellement reconsidérée ultérieurement en fonction de l’évolution de l’état des connaissances.


Genome editing : Une conférence scientifique internationale sur CRISPR-Cas9


L’absence d’application clinique ne doit pas empêcher cependant les recherches fondamentales et précliniques dans ce domaine, y compris sur les cellules germinales et les embryons humains, afin notamment de mieux connaitre les mécanismes régulant la gamétogenèse et le développement précoce de l’embryon, ainsi que leurs anomalies. Elles devraient donc être autorisées et soutenues quand elles sont scientifiquement et médicalement pertinentes.

L’utilisation clinique éventuelle de ces nouvelles technologies, innovations parmi d’autres, s’inscrit dans un mouvement évolutif de la médecine dont les enjeux ne sont pas que techniques ou médicaux mais impliquent aussi des choix éthiques et sociaux. Dès à présent, il est nécessaire d’affirmer que ces nouvelles technologies ne doivent pas être mises au service d’un eugénisme programmé.

L’Académie nationale de médecine recommande :

– le maintien de la législation actuelle interdisant toute intervention sur la structure de l’ADN ayant pour conséquence de modifier le génome de la descendance ;

– le développement de la recherche utilisant les technologies permettant la modification ciblée du génome, y compris sur les cellules germinales et l’embryon humain.

– l’adaptation des textes nécessaires au développement de ces recherches en France et en Europe, concernant en particulier l’interdiction de créer des embryons transgéniques, étant entendu que les embryons ainsi modifiés ne donneront pas lieu à un transfert dans l’utérus en l’état actuel des connaissances et de la législation ;

– l’ouverture d’une réflexion pluridisciplinaire sur les questions posées par les techniques pouvant modifier de manière ciblée le génome germinal et embryonnaire, ce sujet devant être traité dans le cadre d’un débat plus large portant sur l’ensemble des technologies et interventions médicales réalisées lors de l’assistance médicale à la procréation et pouvant avoir des conséquences sur le génome des enfants à naitre et éventuellement sur celui des générations suivantes.

Genome editing : Une conférence scientifique internationale sur CRISPR-Cas9

28-30 avril 2016

Pendant trois jours consécutifs, les experts du monde entier se réunissent à Paris, sous l’égide de l’Académie de médecine, pour étudier les conséquences à tous les niveaux, scientifiques mais aussi éthiques, des possibilités offertes par la nouvelle ingénierie du génome CRISPR-Cas9. Après les experts des académies européennes, invités à Paris par Bernard Charpentier, président de la Fédération européenne des Académies de médecine (FEAM), le jeudi 28 avril, ce sera au tour de l’Académie des sciences et de médecine américaine (NAS), accompagnée par une délégation de l’Académie des sciences, de plancher rue Bonaparte sur le sujet, le vendredi 29 avril. Une réunion commune aura lieu le samedi 30 avril pour tirer les conclusions du séminaire.

La première conférence internationale s’est déroulée en décembre 2015 à Washington, où on peut consulter les conclusions, ainsi que la Déclaration du Sommet. (2nd lien ici)

“Germline editing poses many important issues, including: (i) the risks of inaccurate editing (such as off-target mutations) and incomplete editing of the cells of early-stage embryos (mosaicism); (ii) the difficulty of predicting harmful effects that genetic changes may have under the wide range of circumstances experienced by the human population, including interactions with other genetic variants and with the environment; (iii) the obligation to consider implications for both the individual and the future generations who will carry the genetic alterations; (iv) the fact that, once introduced into the human population, genetic alterations would be difficult to remove and would not remain within any single community or country; (v) the possibility that permanent genetic ‘enhancements’ to subsets of the population could exacerbate social inequities or be used coercively; and (vi) the moral and ethical considerations in purposefully altering human evolution using this technology.

It would be irresponsible to proceed with any clinical use of germline editing unless and until (i) the relevant safety and efficacy issues have been resolved, based on appropriate understanding and balancing of risks, potential benefits, and alternatives, and (ii) there is broad societal consensus about the appropriateness of the proposed application. Moreover, any clinical use should proceed only under appropriate regulatory oversight. At present, these criteria have not been met for any proposed clinical use: the safety issues have not yet been adequately explored; the cases of most compelling benefit are limited; and many nations have legislative or regulatory bans on germline modification. However, as scientific knowledge advances and societal views evolve, the clinical use of germline editing should be revisited on a regular basis.”

Pour en savoir plus : NAS

L’événement sera diffusé en direct


Les dangers de l’édition du génome humain pour la reproduction


Monica López Barahona, directrice académique du Centre d’études biosanitaires de Madrid, qui fait partie des intervenants, pense qu’il faut être très vigilant à la question transhumaniste de « l’augmentation » de l’homme que la technique CRISPR pourrait alimenter et qu’un moratoire international qui interdit toutes les applications de CRISPR sur l’homme est essentiel.

  • Il faut interdire l’utilisation de CRISPR sur l’embryon humain et les cellules germinales, tout d’abord pour des raisons éthiques. Car l’édition du génome d’embryons humains signifie d’une part la création d’embryons humains dans un contexte de fécondation in vitro, d’autre part des recherches sur ces embryons humains, qui impliquent de les tuer. Elle pourra aussi conduire par exemple à créer des « bébés à trois parents », comme cela a été fait avec une autre technique en Angleterre. Les dérives éthiques possibles sont multiples.      
  • Il faut aussi l’interdire pour des raisons scientifiques, car les modifications issues de l’édition du génome d’un embryon humain ou de cellules germinales vont être transmises de générations en générations, et nous ne pouvons pas contrôler les effets secondaires que ces modifications pourraient générer.  Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a des scientifiques qui ne partagent pas mes considérations éthiques, mais qui pensent aussi qu’il faut interdire l’édition du génome sur les embryons humains et les cellules germinales à cause des effets indésirables : l’« off target effect », ou l’« unattended on target effect »… Les chinois qui ont utilisé CRISPR sur l’embryon humain ont d’ailleurs eux-mêmes constaté qu’ils ne pouvaient contrôler les conséquences de la modification du génome. Les conséquences sont immaitrisables et inconnues. Il y a deux publications de scientifiques chinois qui l’expliquent que vous pouvez consulter en cliquant ici et ici.

Voir la suite de l’interview sur Gènétique

Bébé sur mesure – ARTE Reportage

Human Longevity vient de recevoir un investissement sérieux

credit Human Longevity, Inc

Human Longevity, Inc. (HLI), une entreprise créant une base de données la plus importante et la plus complète au monde du génome entier, du phénotype et des données cliniques, a terminé son placement d’actions privilégiées de série B, où elle a soulevé plus de $ 220 millions. Elle a précédemment soulevé $ 80 millions dans son offre de série A, qui s’est terminé en été 2014.

Les sociétés qui ont participé au financement de série B incluent, Illumina, Celgene, GE Ventures et les investisseurs de la série A de partout dans le monde basé au Royaume-Uni, Malaisie, Mexique, Australie, Koweït, Hong Kong et la Chine, outre les Etats-Unis.

L’argent récolté ira aux projets de signature d’HLI, y compris Health Nucleus, centre de santé génomique amélioré d’HLI ; la base connaissances d’HLI (qui compte actuellement plus de 20 000 génomes complets couplés avec données phénotypiques), le Comprehensive Cancer Program et d’autres programmes de séquençage.

Le but ultime d’HLI est non seulement de maintenir une base de données sur les phénotypes et génotypes humains du monde, mais aussi de soumettre ces données au machine learning qui a la capacité de prédire la prédisposition à des maladies comme le cancer et les maladies cardiaques.

Human Longevity, Inc. (HLI)

Suède : Feu vert pour la modification génétique d’embryons humains

Fredrik Lanner, un biologiste sur les cellules souches à l’Institut Karolinska de Stockholm, prépare des expériences qui impliquent l’édition du génome sur les embryons humains.

Les expériences sont maintenant approuvées en Suède, en Chine et au Royaume-Uni.


Les scientifiques chinois modifient encore des embryons humains
Chine : la première modification génétique d’embryons humains
Grande-Bretagne FIV : Feu vert pour la modification génétique d’embryons humains


Lire l’article dans Nature du 19 avril 2016

Veritas Genetics va mettre votre génome sur Smartphone pour 999 $

Veritas Genetics, va lancer une application en avril (en version bêta) où le consommateur pourra connaitre l’analyse de son génome. L’appli permettra des appels visuels sur demande avec les conseillers génétiques. Ce test du génome devrait essentiellement remplacer tous les autres types de tests génétiques puisqu’il prévoit effectivement toutes les réponses à la fois, a indiqué la compagnie.

Veritas propose les données, ainsi que de l’interprétation du séquençage du génome, pour un prix de moins de 1 000 $. Il comprendra les 6 milliards de lettres du génome d’une personne, analysées par un algorithme pour mettre en évidence des prédispositions médicales, comme :

– des mutations germinales hautement pathogènes, (hyperthermie maligne)
– des gènes liés au cancer comme BRCA1 et BRCA2 (susceptibilité au cancer du sein et de l’ovaire)
– ou le cérumen sec et le cérumen humide (cire de l’oreille)

La plupart des tests, comme ceux pour le risque de cancer, sont maintenant effectués séparément et pour un coût de quelques centaines à quelques milliers de dollars chacun. Veritas propose ces tests aussi bien, mais Mirza Cifric, cofondateur Veritas CEO dit qu’il est plus facile de séquencer le génome entier.

La compagnie est presque certaine d’attirer un examen minutieux de la FDA. Cifric déclare dans une interview, que les données du génome ne se substituent pas à un diagnostic du médecin. De plus, l’exactitude des données que Veritas offre est inférieure à celle de certains tests génétiques plus ciblés. « C’est un test de dépistage, ce n’est pas un diagnostic, » dit Cifric.

La collecte de sang des premiers échantillons provenant de clients débutera en avril et les premiers devraient avoir leurs résultats en juin, déclare Veritas. Pour utiliser Veritas, un médecin devra toujours commander le test.

Misha Angrist, professeur à la Duke University Institute for Genome Science and Policy qui avait son propre génome décodé il y a quelques années par le projet d’Harvard, dit que Veritas devra répondre à plusieurs questions concernant leur test, comme : Comment ils transmettront les mauvaises nouvelles ? Comment ils gèrent les ADN dont le sens et la signification demeurent incertains ? Qu’arrivera-t-il aux données des personnes, si la société cesse ses activités ?

Quand il s’agit du génome, dit Angrist, « le diable est toujours dans les détails ».

pour en savoir plus : MIT Technologie Review

voir : Un simple test sanguin pourrait détecter tous les Cancers
Google lance le traitement de votre ADN dans son cloud
23andMe revient avec des tests génétiques modifiés et approuvés par la FDA

Jean-Marie Le Méné en conférence sur le transhumanisme, le mardi 8 mars 2016 à Rennes

Les inscriptions se font par Internet, ici.

La conférence du 8 mars se déroulera au 2ème étage du Centre Commercial des Longchamps, avenue Morvan Lebesque, à Rennes

Jean-Marie Le Méné : Les premières victimes du transhumanisme

« Depuis vingt ans je l’ai dit, je l’ai écrit et je l’ai combattu. Aujourd’hui, la quasi-totalité d’une population triée sur le critère de son génome imparfait a disparu. L’extinction de cette partie de l’humanité est le fait d’un eugénisme efficace vendu par des marchands, acheté par l’Etat et mis en œuvre par la médecine. Dans l’histoire, c’est un événement sans précédent. De guerre lasse, j’étais prêt à entendre ceux qui me conseillaient de déposer les armes ».

Des faits inattendus ont pourtant incité Jean-Marie Le Méné à reprendre la plume. La période s’y prête. Ne pas dénoncer aujourd’hui cette marchandisation du vivant aurait été une capitulation.

« Nous avons besoin d’une Politique, ou mieux encore d’un Régime politique qui – par principe – ne tient pas la vie humaine pour un hasardeux foisonnement du vivant, ne l’utilise pas comme banc d’essai pour la technoscience et ne l’asservit pas à des finalités lucratives ».

Un livre décapant plus que jamais d’actualité ! Un signal d’alarme qui ne peut laisser personne indifférent.

L’éditorial de Jean-Marie Le Méné, Président de la Fondation Jérôme Lejeune, paru dans la lettre de la Fondation de Janvier 2016 :

“Vous me demanderez peut-être : pourquoi encore un nouveau livre sur un sujet impossible – le transhumanisme ? Mais parce qu’a la Fondation Jérôme Lejeune nous avons parfois le sentiment d’être les conquérants de l’impossible, serais-je tenté de vous dire ! Nous ne sommes pas qu’une œuvre de bienfaisance qui s’occupe des handicapés pour soulager les familles ou se donner bonne conscience. Nous avons aussi à répondre à l’une des questions majeures de notre temps : quelle attitude avoir face à une technoscience, boostée par le culte du progrès et ses juteuses perspectives ? Lui ouvrir nos portes sans réfléchir, c’est nous condamner sans appel, avec ceux que nous prenons en charge et une bonne partie de l’humanité.

Car le transhumanisme consiste en la volonté de faire advenir un homme “augmenté” ce qui ne laisse pas grand espoir à cet homme “diminué” que nous sommes tous plus ou moins.

Or l’un des premiers outils pour augmenter l’homme, c’est l’eugénisme qui est censé nous débarrasser des êtres “imparfaits” avant la naissance. Et l’étalon-or de l’eugénisme c’est le dépistage anténatal, particulièrement celui de la trisomie 21, suivi de l’avortement dans la plupart des cas, qui crée une sorte de bio colonialisme présenté à la fois comme nécessaire et rentable. Il faut bien voir que la trisomie est devenue un marché, l’avortement une marchandise et le ventre des femmes un magasin sous surveillance. La privatisation du ventre des femmes sur toute la planète, c’est l’eldorado du XXIème siècle.

Pour résumer simplement les choses, nous ne pouvons pas demander aux donateurs de soutenir financièrement la Fondation Jérôme Lejeune et nous taire, alors qu’on chiffre à 1 milliard € l’achat que pourrait faire prochainement la France du nouveau dépistage des trisomiques, lesquels sont déjà éradiqués a 96 % !

J’ai donc décide d’écrire un livre sur les premières victimes du transhumanisme que sont les enfants trisomiques. Ce livre percera-t-il la chape de plomb qui a criminalisé toute pensée – et a fortiori toute expression – sur l’avortement quasi systématique des “anormaux” ? Je démontre avec des exemples a l’appui, en France, qu’il n’y a plus de “pourquoi ?” sur ce sujet. Le nouveau test de dépistage de la trisomie est réputé ne poser aucun problème moral. C’est là sa principale force.

Ainsi en ont décidé le comité d’éthique, les experts scientifiques, le corps médical, les associations de personnes handicapées, les autorités morales, les médias et pour finir les politiques, qui n’ont fait que suivre les autres. Ce nouveau racisme du gène a réussi à désarmer les plus réticents en se faisant passer pour une procédure économe de vies humaines, mais de vies humaines en bonne santé, c’est-à-dire en vendant le principe même de l’eugénisme a ceux qui auraient dû nous en prémunir. Ce qui aurait du être le plus difficile à admettre a été, en fait, le plus facile à installer.

Nous sommes non seulement devant un scandale moral et financier, mais surtout un système autonome, clos, verrouillé.

Voilà ce qui me fait dire que la Fondation Jérôme Lejeune et ses donateurs sont des conquérants de l’impossible.

Il s’agit pour nous d’accueillir des survivants du transhumanisme, de les soigner et de leur trouver des traitements dans un capitalisme mondialise qui a inventé une rente indexée sur un génocide continu. Mon livre tire un signal d’alarme et j’espère qu’il suscitera une prise de conscience chez mes lecteurs. Pour 2016 je vous invite, avec nous, à conquérir l’impossible.”

Jean-Marie Le Méné,
Président de la Fondation Jérôme Lejeune

La Fondation Jérôme Lejeune condamne les propos de Jacqueline Herremans. Télécharger le communiqué de presse en pdf