Chimères homme-singe : Des chercheurs ont créé des embryons chimériques

Chimères homme-singe

Des chercheurs en Chine et aux États-Unis ont injecté des cellules souches humaines dans des embryons de primates et ont réussi à faire croître des embryons chimériques pendant une période de temps significative – jusqu’à 20 jours.

Malgré les problèmes éthiques que cela pose, cette recherche pourrait permettre de mieux comprendre la biologie du développement et l’évolution. Elle a également des implications pour le développement de nouveaux modèles de biologie et de maladies humaines. Ces travaux ont été publiés le 15 avril dans la revue Cell.

“Comme nous ne sommes pas en mesure de réaliser certains types d’expériences chez l’homme, il est essentiel que nous disposions de meilleurs modèles pour étudier et comprendre avec plus de précision la biologie et les maladies humaines”, explique l’auteur principal, Juan Carlos Izpisua Belmonte, professeur au Gene Expression Laboratory du Salk Institute for Biological Sciences. “Un objectif important de la biologie expérimentale est le développement de systèmes modèles qui permettent d’étudier les maladies humaines dans des conditions in vivo.”

Les chimères inter-espèces chez les mammifères sont réalisées depuis les années 1970, lorsqu’elles ont été générées chez les rongeurs et utilisées pour étudier les processus de développement précoce. L’avancée qui a rendu possible l’étude actuelle a eu lieu l’année dernière lorsque l’équipe collaboratrice de cette étude – dirigée par Weizhi Ji de l’Université des sciences et technologies de Kunming, dans le Yunnan, en Chine – a mis au point une technologie permettant aux embryons de singe de rester en vie et de se développer en dehors du corps pendant une période prolongée.

Dans l’étude actuelle, six jours après la création des embryons de singe, ils ont reçu chacun une injection de 25 cellules humaines. Les cellules provenaient d’une lignée de cellules pluripotentes induites, connues sous le nom de cellules souches pluripotentes induites, qui ont le potentiel de contribuer aux tissus embryonnaires et extra-embryonnaires.

Au bout d’un jour, des cellules humaines ont été détectées dans 132 embryons. Après 10 jours, 103 des embryons chimériques étaient encore en développement. La survie a rapidement commencé à décliner et, au 19e jour, seules trois chimères étaient encore en vie. Il est toutefois important de noter que le pourcentage de cellules humaines dans les embryons est resté élevé pendant toute la durée de leur croissance.

Cell, Tan et al.: “Chimeric contribution of human extended pluripotent stem cells to monkey embryos ex vivo” https://www.cell.com/cell/fulltext/S0092-8674(21)00305-6

“Historiquement, la génération de chimères homme-animal a souffert de la faible efficacité et de l’intégration des cellules humaines dans l’espèce hôte”, explique Izpisua Belmonte. “La génération d’une chimère entre l’homme et un primate non humain, une espèce plus proche de l’homme sur la ligne de temps de l’évolution que toutes les espèces utilisées précédemment, nous permettra de mieux comprendre s’il existe des obstacles imposés par l’évolution à la génération de chimères et s’il existe des moyens de les surmonter.”

Les chercheurs ont effectué une analyse du transcriptome des cellules humaines et des cellules de singe provenant des embryons. “Ces analyses ont permis d’identifier plusieurs voies de communication qui étaient soit nouvelles, soit renforcées dans les cellules chimériques”, explique Izpisua Belmonte.

“Comprendre quelles voies sont impliquées dans la communication des cellules chimériques nous permettra éventuellement d’améliorer cette communication et d’accroître l’efficacité du chimérisme chez une espèce hôte plus éloignée de l’homme sur le plan de l’évolution.”

Une prochaine étape importante de cette recherche consiste à évaluer plus en détail toutes les voies moléculaires qui sont impliquées dans cette communication inter-espèces, avec pour objectif immédiat de trouver quelles voies sont vitales pour le processus de développement.

À plus long terme, les chercheurs espèrent utiliser les chimères non seulement pour étudier les premiers stades du développement humain et modéliser des maladies, mais aussi pour mettre au point de nouvelles méthodes de dépistage de médicaments, ainsi que pour générer potentiellement des cellules, des tissus ou des organes transplantables.

Cette étude a été soutenue par le National Key Research and Development Program, la National Natural Science Foundation of China, le Major Basic Research Project of Science and Technology of Yunnan, les Key Projects of Basic Research Program in Yunnan Province, High-level Talent Cultivation Support Plan of Yunnan Province and Yunnan Fundamental Research Projects, UCAM, et la Moxie Foundation.

Cell, Tan et al.: “Chimeric contribution of human extended pluripotent stem cells to monkey embryos ex vivo” https://www.cell.com/cell/fulltext/S0092-8674(21)00305-6

EurekAlert

Loi Bioéthique Clonage Humain et Chimère

Sont-ils devenus fous ? Avec Alexandra Caude-Henrion

 

Les premières chimères de porc-singe nés dans un laboratoire chinois

L’objectif est de faire croître des organes humains à l’intérieur des animaux

Selon une exclusivité New Scientist, les tout premiers porcelets avec des cellules de singes sont nés dans un laboratoire chinois.

“Il s’agit du premier rapport sur des chimères porc-singe à terme”, a déclaré au magazine Tang Hai, chercheur de Key State Laboratory of Stem Cell and Reproductive Biology, co-auteur d’un nouveau document sur la naissance.

L’objectif final des chercheurs est de faire croître des organes humains à l’intérieur des animaux – mais cet avenir est encore lointain. Ces porcelets sont malheureusement morts dans la semaine qui a suivi leur naissance, et la cause exacte du décès demeure inconnue.

Pour créer les chimères de porc-singe, Hai et son équipe ont développé une culture de cellules de singe, en ont dérivé des cellules souches embryonnaires et les ont injectées dans des embryons de porc quatre jours après la fécondation.

Les résultats laissent à désirer. Seulement deux porcelets sur dix se sont avérés être des chimères. L’équipe a dû implanter plus de 4 000 embryons pour obtenir ces résultats.

“Compte tenu de l’efficacité chimérique extrêmement faible et de la mort de tous les animaux, je considère cela comme assez décourageant”, a déclaré à New Scientist le biologiste des cellules souches Paul Knoepfler de l’Université de Californie à Davis.

Les cellules de singe des deux chimères étaient réparties sur un certain nombre d’organes vitaux, mais ne représentaient qu’une très faible proportion de cellules – entre une sur 1000 et une sur 10 000, selon New Scientist.

New Scientist, Protein & Cell, DOI: 10.1007/s13238-019-00676-8

Faire des enfants demain

​Jacques Testart est directeur de recherche honoraire à l’Inserm. Pionnier des méthodes de procréation assistée, il est l’auteur de nombreux ouvrages dans lesquels il défend l’analyse critique de la science afin de justifier l’engagement éthique et de nourrir la démocratie.

Trente-cinq ans après le premier « bébé-éprouvette », près de 3 % des enfants sont conçus avec l’aide de la biomédecine dans les pays industrialisés. Qu’en sera-t-il dans les décennies à venir ?

S’il ne s’agit, selon la loi actuelle, que d’aider les couples stériles, l’assistance médicale à la procréation a désormais atteint ses buts avec l’optimisation des actes biologiques et médicaux. Mais la technique, sous couvert de médecine de pointe, cherche toujours à agrandir son territoire et à régenter nos vies, même lorsque la nécessité ne s’impose pas… Aussi, puisqu’aujourd’hui la régulation bioéthique fait l’objet d’une permissivité croissante, la question se pose de savoir jusqu’où ira la médicalisation de la procréation, et comment la société pourra en maîtriser les dérives sociétales et eugéniques.

Devrons-nous aller jusqu’à compter sur la décroissance économique pour, mieux que les lois de bioéthique, imposer des limites à la démesure technoscientifique ?

Fin du sexe, avenir de la procréation. Demain, les enfants seront conçus au laboratoire et le sexe sera réservé au plaisir.

“Je rencontre, depuis trente ans, deux types de réaction quand j’expose cette perspective révolutionnaire et dramatique. D’abord celle des « bioconservateurs » selon la terminologie transhumaniste, horrifiés par la fabrication des enfants comme des objets de commerce. Puis celle de personnes de plus en plus nombreuses, et de plus en plus jeunes, qui osent lancer « Et alors ?…Où est le problème ?… ». Tentons quelques réponses. L’humaniste voit dans la sélection humaine la réification de l’enfant et une incitation pour stigmatiser les handicapés, ou seulement les déviants, c’est à dire un fort recul de nos valeurs. Il craint aussi l’instauration future de politiques autoritaires au nom du « bien collectif ». Encore nous situons nous ici dans la perspective traditionnelle de la conception par un homme et une femme et pas dans celles, possibles, de la conception homosexuelle voire autonome. Quant au biologiste, il imagine la désillusion possible dans les familles si l’enfant, sélectionné sur des bases statistiques, vient créer la surprise par son identité individuelle. Mais, surtout, il s’inquiète de la perte de diversité génétique si, comme c’est vraisemblable, les critères de sélection (hors cosmétiques) deviennent les mêmes partout, évoluant en tout lieu grâce aux corrélations croissantes issues du croisement informatique des données génomiques avec les caractéristiques de personnes existantes. Il ne faudrait pas plus de quelques générations, en recourant de façon quasi généralisée au tri embryonnaire, pour changer le génome de notre espèce, et ceci sans avoir modifié un seul génome! Aussi, en ces temps incertains de modifications drastiques de l’environnement, il serait sage d’assurer notre pérennité en conservant une biodiversité capable de résister à des fléaux inconnus (conditions climatiques, alimentation, parasites, épidémies,…). Bien sûr, cette précaution est superflue pour les transhumanistes qui souhaitent changer notre espèce. H Greely reconnaît cet effet de l’ « easy PGD » (DPI facile) mais il ne s’en inquiète pas. Il ne propose de législation que pour des actes délictueux (vol de cellules sur une tasse pour faire fabriquer le bébé d’une star…). Il pense qu’il serait dangereux pour un gouvernement de distinguer entre vies supportables ou non selon la sévérité estimée des atteintes de l’enfant à venir, et qu’il faut donc laisser les couples choisir. Mais il ajoute que la coercition n’est pas toujours mauvaise et évoque alors une taxation… Bref, une éthique à l’américaine ! Avouons qu’au point avancé où nous en sommes il serait naïf d’imaginer faire mieux.”


France culture : Assiste-t-on à une révolution dans la procréation ? 19.03.2014

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Jacques Testart : Ça fait bientôt trente ans que j’essaie de me battre contre certaines dérives.Ce que je crains, c’est que la procréation assistée devienne une sorte de fabrique des enfants, y compris pour des gens qui n’ont pas besoin d’assistance médicale. En fabriquant l’enfant, la bio-médecine prend une responsabilité et ferait en sorte que l’enfant soit de meilleure qualité que l’enfant qu’on pourrait concevoir au hasard. Ce que je crains le plus, c’est le tri des embryons, qui se développe un peu dans tous les pays et qui risque de prendre une ampleur que personne n’imagine aujourd’hui.

Est en train de se mettre en place tout un système de sécurisation de la procréation, de fabrication, qui est assez navrant. Il y a quelque chose qui se met en place, comme s’il était normal de faire un bébé dans un laboratoire plutôt que dans un lit. On est devant une nouvelle considération de ce qu’est la procréation.


Jacques Testart : “J’ai des craintes de dérives eugéniques”.

Emmanuel Faux reçoit Jacques Testart, directeur de recherche honoraire à l’Inserm, auteur de Faire des enfants demain.

Dans cette vidéo, Jacques Testart nous livre ses impressions sur le devenir de la procréation médicalement assistée.

Jacques Testart : Tous les enfants conçus par PMA dans un siècle ?


Depuis le 1er janvier 2012, suite à la réorganisation des instances intergouvernementales au Conseil de l’Europe, le Comité de Bioéthique (DH-BIO) mène les travaux qui sont assignés au Comité directeur pour la bioéthique (CDBI) par la Convention pour la protection des droits de l’homme et de la dignité de l’être humain à l’égard des applications de la biologie et de la médecine. Cette réorganisation a également pour but de créer un lien plus étroit entre le DH-BIO et le Comité directeur pour les Droits de l’Homme (CDDH).

Rapports abrégés

DH-BIO abr RAP 1 F, DH-BIO abr RAP 2 F, DH-BIO abr RAP 3 F, DH-BIO abr RAP 4 F, DH-BIO abr RAP 5 F, DH-BIO abr RAP 6 F, DH-BIO abr RAP 7 F, DH-BIO abr RAP 8 F, DH-BIO abr RAP 9 F, DH-BIO abr RAP 10 F

La révolution des cellules souches ?

Avancée majeure de la génétique, la découverte des cellules souches a radicalement changé la compréhension du fonctionnement du corps humain. Ces cellules si particulières, à l’origine de nombreuses applications médicales, ont par exemple permis à des personnes dont les yeux avaient été brûlés par des produits chimiques de recouvrer la vue grâce à des transplantations. Avec la découverte des cellules souches pluripotentes induites (iPS), capables de générer tous les types de cellules présents dans notre corps, il devient théoriquement possible de fabriquer un humain à partir d’un morceau de peau. Une découverte qui pourrait permettre de soigner des pathologies aujourd’hui incurables, mais qui soulève des interrogations éthiques. Ce documentaire retrace, au moyen d’interviews des plus grands spécialistes mondiaux de la génétique et d’animations didactiques, l’histoire de la recherche sur les cellules souches, des premières expériences qui ont révélé leur existence à la fin de la Seconde Guerre mondiale aux réalisations scientifiques et thérapeutiques actuelles.

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Face à l’anthropologie de l’imposture

Discours académique de la séance solennelle de l’Institut de Théologie Orthodoxe Saint-Serge de Paris

Dimanche 8 février 2015, Par le R.P. Jean Boboc, professeur de Bioéthique

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Extrait :

L’antihumanisme des humanistes des Lumières, comme l’a si bien démontré le professeur Xavier Martin (Voltaire méconnu. Aspects cachés de l’humanisme des Lumières (1750-1800) ; L’homme des droits de l’homme et sa compagne (1750-1850). Sur le quotient intellectuel et affectif du ‘bon sauvage’ ; et dans « Le tribut des Lumières à la bioéthique », allié au culte de la raison, a généré le biotope propice à la floraison d’une anthropologie de l’émancipation et de l’autonomie humaine, renonçant au modèle chrétien de l’anthropologie révélée. Peut être, est-ce là, la première grande imposture éthique à laquelle se sont ralliés les bons esprits du XVIIIe siècle et les médecins philosophes qui voulaient recréer l’homme dans une apostasie civilisationnelle et précurseur du transhumanisme aujourd’hui déjà à l’œuvre et annonçant le post-humain. De l’homme-machine de Julien Offray de La Mettrie, dont le titre plaisait tant à Voltaire, on en vient la machine-homme.

[…]

Le professeur Testart, l’un des pères du premier bébé-éprouvette français, reconnaissait que « chaque pas plus permissif que le précédent, est logiquement argumenté ». Il en est de même dans le transhumanisme où « Pas à pas, année après année, petite transgression indolore par petite transgression indolore, notre transhumanité toujours plus technophile pourrait se faire à l’idée de la posthumanité », comme le souligne le neurobiologiste Laurent Alexandre.

Conférence organisé par le Cercle de l’Aréopage sur le Transhumanisme

Le Transhumanisme : toute la vérité sur le posthumain

Par Père Jean Boboc, Docteur en Médecine de la Faculté de médecine de Paris. Titulaire de différentes spécialités médicales et en particulier de Pharmacologie et Toxicologie cliniques, le 15 février 2016

Anthropologie : Cours de propédeutique, questions anthropologiques et bioéthiques

Association culturelle catholique Cercle de l’Aréopage


Père Jean Boboc Professeur de Bioéthique : Ordonné prêtre le 10 mai 2009, par son Éminence le Métropolite Joseph dans l’Église des saints Archanges Mihaï, Gavriil et Rafaïl, devenue le jour même Cathédrale métropolitaine de la métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale par la décision à l’unanimité de la communauté roumaine de se rattacher désormais à la Métropole et de mettre fin à 60 ans de séparation entre la communauté de l’exil et l’Église mère, le père Jean Boboc a été ordonné pour cette cathédrale. Prêtre économe stavrophore, le  père Jean est le troisième prêtre de la cathédrale.

Français d’origine roumaine, le père Jean Boboc est Docteur en médecine de la Faculté de médecine de Paris. Titulaire de différentes spécialités médicales et en particulier de Pharmacologie et Toxicologie cliniques, il a partagé sa vie professionnelle entre la pratique praticienne et la recherche appliquée. Titulaire d’un MBA dans l’administration des affaires, il a dirigé différentes firmes pharmaceutiques comme président et en particulier aux Etats Unis et au Canada, ce qui l’a familiarisé aux problèmes éthiques de la recherche médicale.

Parallèlement, le père Jean a mené une vie active dans l’Exil roumain en France et en Amérique du Nord. Président fondateur de l’AFDOR (Association des Français d’Origine Roumaine) et de la BRP (Bibliothèque Roumaine de Paris), associations particulièrement utiles durant la guerre froide, le père Jean a donné de nombreuses conférences des deux côtés de l’Atlantique, sur la situation historique roumaine et en particulier sur la question des territoires de Bessarabie et de Bucovine, annexés par l’Union soviétique et toujours occupés ou annexés. Il a de même écrit sur ce sujet de nombreux articles et participé à des ouvrages collectifs traitant de ces questions. Un recueil de certains écrits politiques de Mihaï Eminescu, traduits en français, est d’ailleurs attendu.

Sous l’influence de Mircea Eliade, le père Jean a parallèlement à ses études médicales, suivi les cours de l’ISTR (Institut de Science et de Théologie des Religions) de l’Institut catholique de Paris. De retour des Etats Unis, il rejoint l’Institut de Théologie Orthodoxe Saint-Serge, où il obtient une licence et un master de théologie orthodoxe, et où il doit soutenir bientôt une thèse de doctorat sur les aspects eschatologiques de l’anthropologie orthodoxe. Un Essai d’anthropologie orthodoxe est aussi en cours de rédaction.

Co-traducteur des œuvres théologiques du père Dumitru Staniloae, le père Jean Boboc s’intéresse essentiellement aux aspects pneumatiques et eschatologiques de l’anthropologie orthodoxe et à leur impact sur les sciences de la vie, et donc aux questions brûlantes de la bioéthique actuelle.

Il est doyen du Centre Orthodoxe d’Etude et de Recherche “Dumitru Staniloae” et responsable de la direction Anthropologie, Éthique et Sciences de la vie dans le cadre du Centre.

cours et conférences

Transhumanisme et Cellules Souches – travail à la frontière de la gériatrie biomédicale

La recherche scientifique biomédicale dans le domaine des cellules souches et plus largement de la médecine régénérative offre aujourd’hui des promesses d’applications thérapeutiques révolutionnaires pour de nombreuses maladies. Pourtant, il semble que pour certains, ces avancées pourraient servir d’autres desseins, notamment en ce qui concerne l’amélioration biologique de l’humain vers des objectifs de contrôle voire d’inversion du processus de vieillissement.

Beaucoup de ceux qui tiennent à ces idées appartiennent à un mouvement, dit transhumaniste, où ils s’accordent sur des idées et valeurs communes concernant l’avenir de l’humain. Plus que cela, certains de ces acteurs transhumanistes prennent activement part à la recherche scientifique et orientent celle-ci vers les valeurs qu’ils soutiennent, touchant ainsi aux frontières de disciplines scientifiques établies et à la démarcation entre science et pseudoscience.

En s’appuyant sur les concepts de recherche confinée / recherche de plein air, de forum hybride et de travail aux frontières, la présente recherche explore la place que les chercheurs transhumanistes occupent dans la recherche scientifique institutionnelle et se questionne sur la façon et les moyens qu’ils mettent en œuvre pour y prendre part.

À partir de la constitution et de l’analyse d’un corpus documentaire transhumaniste sur les cellules souches, mais aussi en décrivant le réseau auquel les chercheurs transhumanistes appartiennent, l’étude apporte une perspective nouvelle sur le mouvement transhumaniste. Les résultats obtenus montrent que les chercheurs transhumanistes ne se cantonnent pas à produire des discours et des représentations de leurs idées et de leurs valeurs, mais participent activement à la réalisation de celles-ci en menant eux-mêmes des recherches et en infiltrant la recherche scientifique institutionnelle.

Laurie Paredes, Université de Montréal Octobre 2014