HOLD-UP le documentaire censuré en version intégrale

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https://tprod.fr/project/hold-up/

La pandémie de la Covid-19 a donné lieu à des échanges contradictoires entre médecins, spécialistes, professeurs, hommes politiques et experts, le tout orchestré et alimenté par le feu nourri des médias. Les scientifiques se sont ainsi retrouvés discrédités avec notamment l’affaire du Lancet. Le Conseil scientifique, censé piloter cette pandémie, est ouvertement accusé d’incompétence et d’arrogance, preuves à l’appui. Et nous dans tout ça ? Que penser ? Que faire avec toutes ces informations ? Qui croire ?

Ce sont les questions auxquelles le documentaire HOLD-UP tente de répondre en partant à la rencontre de soignants, chercheurs, experts, juristes offrant une autre lecture sur cette crise sans précédent et dénonçant une batterie de mesures gouvernementales jugées inefficaces pour la plupart.

La censure n’a pas sa place ici, nous assumons de publier ce documentaire qui permet de s’interroger et de se poser les bonnes questions. Ce documentaire montre également les enjeux et ce qui se joue ici et maintenant : Quel sera le monde après la COVID-19 ? Dans quel monde voulez-vous vivre demain ?

Nous nous dirigeons vers un bouleversement systémique du monde d’un ancien monde vers un monde nouveau, provenant de la combinaison d’une nouvelle révolution techno-scientifique. Un monde digital, mondialisé, aux connexions ultra rapides. Les technologies qui sont d’un intérêt particulier pour les transhumanistes comme l’intelligence artificielle, associées aux données de masse (big data), la biométrie (reconnaissance de l’iris, reconnaissance vocale, reconnaissance du réseau veineux, reconnaissance faciale), l’IoT, les nanotechnologies, la robotique, la blockchain, la cryptomonnaie…. préparent la quatrième révolution industrielle à l’aube du Grand Reset.

Cela fera bientôt 6 ans que nous publions sur ces technologies perturbatrices. La plupart des gens le prennent à la légère puisqu’ils pensent que cela ne les affecte pas, mais la vérité est toute autre. Ces technologies anéantissent totalement les marchés existants et les remplacent par de nouveaux, plus avancés technologiquement. Les gens semblent encore être totalement inconscients des dangers qui les attendent. La technologie de reconnaissance faciale est hors de contrôle et les implications sont profondes. Vous pensez sérieusement que le cybercontrôle en Chine et l’omni-surveillance de sa population pour écraser la dissidence restera en Chine ?

La pandémie COVID-19 a redéfini et reconfiguré la nature et la condition humaine.

Klaus Schwab du WEF a promu le Great Reset comme un moyen de “maîtriser la quatrième révolution industrielle”, un terme qu’il a inventé et qui, a-t-il déclaré en janvier 2016, “affectera l’essence même de notre expérience humaine”.

“The theme of the World Economic Forum Annual Meeting 2016 in Davos is Mastering the Fourth Industrial Revolution. The Fourth Industrial Revolution will bring change at a speed, scale and force unlike anything we’ve seen before. It will affect the very essence of our human experience”.

Schwab a alors décrit la quatrième révolution industrielle comme “une fusion des technologies qui brouille les lignes entre les sphères physique, numérique et biologique”.

Donc, on vous le rappelle, ces technologies comprennent le génie génétique comme l’édition du génome avec CRISPR, l’intelligence artificielle, la robotique, l’Internet des objets (IoT), l’impression 3D, l’informatique quantique…ect.

La quatrième révolution industrielle n’est rien d’autre que la mise en œuvre du transhumanisme au niveau mondial.

Il y a deux mois, nous avons publié le rapport Kaspersky qui visait à clarifier les points de vue des citoyens de plusieurs pays sur la perspective du biohacking (transhumanisme). Et l’année dernière, le rapport Gatner sur les 10 principales tendances technologiques pour 2020 comprenant l’augmentation humaine (le transhumanisme).

Nous sommes à la croisée des chemins.

Vous avez le droit de vous interroger. Vous avez le droit de vous posez des questions. Vous avez le droit d’être intelligent. Vous êtes à même de comprendre, ne remettez pas en cause votre propre capacité de compréhension. C’est ce que nous avons essayer de faire ici depuis 6 ans, en publiant une information accessible au plus grand nombre tout en fournissant plusieurs pistes de réflexion.

Chine : La surveillance biométrique s’intensifie

L’utilisation de la biométrie en Chine pour la surveillance ne cesse d’augmenter, selon un rapport de Chinafile, une organisation à but non lucratif, publié après l’analyse de plus de 76 000 documents du gouvernement chinois.

Ces documents détaillent la récente intensification du régime de surveillance de la Chine dans le contexte de la pandémie, visant à atteindre une couverture nationale à 100 % cette année. Cet objectif a été annoncé dans le cadre du projet Sharp Eyes, un programme de surveillance de masse mis en place par le gouvernement en 2018.

Les achats de technologies de reconnaissance faciale sont en hausse, rapporte Chinafile, tout comme les systèmes de vidéosurveillance. En 13 ans (2006-2019), les autorités du district de Xiqiao ont acheté 1 400 caméras, dont 300 à reconnaissance faciale, selon les documents.

Chinafile souligne que la surveillance gouvernementale traditionnellement secrète devient maintenant plus ouverte suite à la réponse du contrôle de la COVID-19. En effet, le système de traçage exige que les gens participent en fournissant des informations sur leurs activités quotidiennes, en fournissant volontairement plus de données que la surveillance vidéo ne pourrait en recueillir. Comme dans d’autres parties du monde, la Chine utilise des QR codes et d’autres moyens de localisation des citoyens pour surveiller la propagation du virus.

Le rapport décrit l’accent mis par les documents sur les menaces en plusieurs points. La région de Xiqiao cherche à identifier les menaces telles que le terrorisme, en mettant en place des caméras dans les zones touristiques, notamment 10 sur le seul mont Xiqiao, qui est fréquenté par 5 millions de personnes par an.

Actuellement, dans le comté de Luchuan au Guangxi, la police utilise la reconnaissance faciale pour détecter les fraudes à l’identité. Le Bureau de la sécurité publique avait recherché une technologie capable de discerner les dissimulations comme les chapeaux, les masques, les lunettes, les lunettes de soleil, les perruques et les fausses moustaches. Alors qu’au Xinjiang, les profils à risque des individus peuvent être établis à partir de la pilosité faciale, de la taille de la famille et du nom d’une personne. Les méthodes de suivi non biométriques utilisées comprennent l’obligation de présenter une carte d’identité pour le ravitaillement en carburant des véhicules.

Les documents révèlent que trois autres provinces ont également cherché une technologie de reconnaissance faciale qui peut déterminer spécifiquement l’ethnicité ; signalant la population ouïghoure comme étant un intérêt pour les autorités dans ce cas. Une caméra en mode de capture hybride permettrait d’établir un lien entre les images faciales et les véhicules enregistrés des individus. Un projet de déploiement de caméras à imagerie thermique a également été signalé.

Le rapport de Chinafile met en évidence les objectifs du gouvernement d’installer des caméras dans tous les aspects de la vie sociale, couvrant des domaines particuliers qui intéressent les autorités. Cependant, les détails du fonctionnement du réseau de surveillance national restent ambigus.

Le Financial Times rapporte qu’un centre de recherche basé à Pékin a constaté que deux tiers des personnes étaient “fortement d’accord” pour dire que l’imagerie faciale dans la société avait rendu les espaces publics plus sûrs ; 80 % s’inquiétaient de la sécurité de leurs informations personnelles.

Entre-temps, la première législation concernant l’utilisation des technologies de reconnaissance faciale sur les citoyens chinois a été promulguée dans la ville de Hangzhou. La nouvelle loi interdira aux autorités locales d’utiliser des caméras de reconnaissance faciale dans les zones résidentielles et la législation semble être en phase avec l’opinion publique, les réactions critiques à l’égard des déploiements de la reconnaissance faciale devenant de plus en plus fréquentes.

Un professeur d’université chinois poursuit quant à lui un parc animalier local de Hangzhou pour l’avoir obligé à se soumettre à une reconnaissance faciale biométrique pour entrer dans le parc, s’opposant pour des raisons de confidentialité et de sécurité des données, rapporte The Guardian.

Le parc a récemment remplacé son système d’entrée à empreintes digitales par l’imagerie faciale afin d’améliorer l’efficacité de l’entrée. Le professeur, Guo Bing, affirme que son action en justice est motivée par la lutte contre l’utilisation abusive de la reconnaissance faciale et estime que ses droits ont été violés.

Comparitech, un chercheur des services technologiques, rapporte que les caméras de surveillance chinoises représentent environ 56 caméras pour 1000 personnes. A titre de comparaison, Comparitech a publié des données de surveillance dans d’autres villes, notamment à Londres, où l’on compte 67,47 caméras pour 1 000 personnes.

BNP Paribas va lancer une CB biométrique en France

Selon Le Parisien, BNP Paribas devrait lancer une nouvelle carte bancaire biométrique incluant les technologies de Fingerprint Cards et Thales. Les détenteurs de cette carte n’auront plus besoin de taper leur code. La carte de paiement biométrique sera proposée aux détenteurs des cartes Premier ou Gold de la banque.

Jean-Marie Dragon, responsable monétique et paiements innovants chez BNP Paribas, a déclaré au Parisien qu’un premier lot de 10 000 à 15 000 cartes biométriques Visa Premier sera proposé cet automne. Le coût des cartes n’a pas été divulgué.

crédit: Le Parisien

D’autres banques française se lancent dans l’aventure de la carte bancaire biométrique : le Crédit Agricole Touraine et Poitou prévoit de lancer des cartes de paiement à empreintes digitales avant la fin de l’année et des tests sont toujours en cours à la Société Générale.

Les paiements par carte représentent 60 % de toutes les transactions en France selon l’Observatoire CB du Groupement Cartes bancaires, et la demande pour la technologie sans contact n’a fait qu’augmenter avec les inquiétudes concernant la transmission du COVID-19 à travers les surfaces partagées.

Johan Carlström, président du conseil d’administration et ancien PDG de Fingerprint Cards, a déclaré que le rapport Nilson prévoit que 29 milliards de cartes de paiement seront en circulation d’ici la fin 2023. Avec un délai de remplacement de deux à trois ans, cela signifie que le marché potentiel des cartes de paiement biométriques pourrait dépasser les 10 milliards par an, et Carlström affirme que la plupart, sinon la totalité, des cartes de paiement utiliseront la biométrie à terme.

La biométrie dans le top 5 des technologies émergentes

La biométrie a gagné deux places sur la liste du “Top 10 des technologies émergentes pour 2020” de la communauté des technologies émergentes de CompTIA, devançant la robotique et la blockchain pour prendre la cinquième place.

L’intelligence artificielle et la 5G seront les moteurs de la révolution technologique, selon le communiqué, et sont suivies par l’Internet des objets (IoT) et l’informatique sans serveur (ou serverless computing). La troisième édition présente les technologies émergentes qui offrent les possibilités les plus immédiates de nouvelles opportunités d’affaires et de revenus pour les entreprises technologiques.

“Des deux, l’IA va probablement avoir l’impact le plus important à court terme car elle est intégrée dans presque tous les systèmes logiciels et est utilisée dans l’automatisation des processus pour fabriquer des systèmes de plus en plus intelligents”, déclare John Rice, président de Think Channel et membre du Conseil exécutif de CompTIA. “L’effet de la 5G prendra un peu plus de temps à se manifester, mais son impact ne sera pas moindre, car elle offre la vitesse accrue et la latence réduite nécessaires pour donner aux autres technologies les bases dont elles ont besoin pour atteindre leur potentiel”.

La reconnaissance faciale devrait atteindre 10 milliards de dollars d’ici 2025

Le marché global de la reconnaissance faciale devrait croître encore plus rapidement, avec un taux de croissance annuel moyen de 18,84 %, passant de 3,54 milliards de dollars en 2019 à 9,99 milliards de dollars en 2025, grâce aux systèmes de vidéosurveillance et de détection des crimes, selon l’étude de marché Valuates.

Le rapport “Global Facial Recognition Software Market Report…” couvre l’impact de l’adoption de la biométrie faciale pour différentes applications, notamment les contrôles aux frontières, les implémentations de smartphones et les cas d’utilisation en entreprise. Il explore la répartition entre les systèmes 3D et 2D, ainsi que les marchés régionaux, dans lesquels l’Asie-Pacifique devrait connaître la plus forte croissance.

Selon un nouveau rapport de MarketsandMarkets, le taux de croissance du marché mondial de la reconnaissance faciale est de 17,1 % cette année. Les revenus passeront de 3,8 milliards de dollars en 2020 à 4,5 milliards l’année prochaine, selon le rapport “COVID-19 Impact on Facial Recognition Market…“.

La reconnaissance faciale basée sur le cloud devrait connaître les gains les plus importants, tandis que pour les projets gouvernementaux et de la défense, souvent liés au suivi COVID-19, la croissance sera la plus forte par rapport aux autres secteurs. Le rapport suggère que l’Asie-Pacifique connaîtra la plus forte croissance parmi les régions.

La reconnaissance des gestes est promise à une croissance énorme

Le rapport “Gesture Recognition in Consumer Electronics Market – Forecast (2020 – 2025)” d’IndustryARC prévoit un taux de croissance annuel moyen de 34,9 % entre 2018 et 2023, ce qui portera le marché à 4,85 milliards de dollars, les fabricants cherchant à améliorer l’ergonomie et la facilité d’utilisation de leurs produits.

Environ la moitié de cette croissance se situera dans la région Asie-Pacifique, et elle sera répartie entre les smartphones, les tablettes, les ordinateurs portables, les PC, les télévisions, les boîtiers décodeurs (settop box) et autres appareils. L’évolution des maisons intelligentes alimentées par des appareils connectés est considérée comme une opportunité de marché potentielle. Le rapport examine également les tendances du marché, les types de gestes, les types de capteurs et les leaders du marché.

Les capteurs d’empreintes digitales capacitifs et tactiles en tête du marché jusqu’en 2030

Un nouveau rapport de Prescient & Strategic Intelligence “Fingerprint Sensors Market Research Report…“, prévoit que le marché mondial des capteurs d’empreintes digitales connaîtra une forte croissance de 13,6 % entre 2020 et 2030, stimulée par la demande de projets du secteur public et de l’électronique grand public.

Comme pour la reconnaissance faciale, l’Asie-Pacifique devrait être la région avec le plus fort taux de croissance, bien que le marché américain devrait dépasser tous les marchés avec 2,4 milliards de dollars en 2030, sur la base d’un TCAC de 9,8 % sur la période de prévision.

Le secteur BFSI devrait connaître la croissance verticale la plus rapide du marché, en grande partie grâce à l’émergence des cartes de paiement biométriques et les capteurs de contact devraient continuer à générer des revenus plus élevés jusqu’en 2030, selon le rapport. Les capteurs capacitifs devraient également continuer à être le type de capteur le plus répandu.

La biométrie électronique grand public va doubler d’ici 2025

Selon un autre rapport, le marché de la biométrie grand public devrait approximativement doubler entre 2019 et 2025, passant de 4,17 à 8,27 milliards de dollars pour un TCAC de 12,08 %. Le rapport intitulé “Consumer Electronic Biometrics Market Research Report…” ventile le marché par capteur, application, utilisateur final et zone géographique, et détaille les principaux fournisseurs.

Un rapport de Mercator Advisory Group sur la biométrie : “Biometrics: Driven by Standardized Authentication, Adopted by Consumer” suggère entre-temps que la popularité croissante de l’authentification biométrique sur les appareils mobiles sera encouragée à se poursuivre par des réglementations telles que la directive PSD2 (Payment Services Directive 2 ou Directive sur les services de paiement DSP 2).

“L’authentification par la biométrie est rapidement adoptée par les consommateurs, parce que les fabricants ont permis son utilisation, et parce que la norme d’authentification créée par FIDO Alliance a augmenté la facilité avec laquelle les authentificateurs peuvent utiliser la biométrie mobile sur le web et diminuer les problèmes d’authentification pour les consommateurs”, commente David Nelyubin, analyste de recherche et co-auteur du rapport.

Authentification biométrique via un smartphone

Le marché de l’authentification biométrique avec les smartphones est examiné dans un rapport d’AE Research, incluant l’effet du COVID-19. Le rapport “Biometric Authentication for Smartphone Market Report” prévoit une croissance du secteur jusqu’en 2025, décrit les moteurs du marché et les principaux défis, et examine le marché par région, par type de produit et d’application, ainsi que les principaux acteurs.

Le ministère russe teste la reconnaissance de la démarche

Le ministère de l’intérieur russe veut installer un système de surveillance biométrique d’ici la fin 2021 qui permettra d’identifier les criminels et les suspects des réseaux de surveillance urbains grâce à la technologie de reconnaissance faciale, vocale, de l’iris et même de la démarche et des tatouages des parties visibles du corps, selon RBC.ru.

La revue s’est entretenue avec Danila Nikolaev, directeur général de Russian Biometric Society, qui a participé au développement du Federal Information System for Biometric Accounting (FISBU). Le projet a été confirmé par Vladimir Ovchinsky, conseiller au ministère de l’intérieur, et il est toujours en phase de développement. Le système sera développé dans le cadre du programme “Ville sûre” de Moscou et sera financé par le budget de ce programme. Les tests seront effectués au sein de la “sandbox” réglementaire du pays pour les technologies d’intelligence artificielle. Le projet en question a été soumis à la Douma d’État le 7 février pour renforcer la sécurité.

Les autorités de Moscou se préparent à introduire un régime juridique expérimental pour le développement de l’intelligence artificielle avec la participation de grandes sociétés informatiques (Kaspersky Lab, Yandex, entre autres) à partir du 1er juillet 2020 pour une durée de 5 ans.

Le ministère de l’intérieur est intéressé par l’exploration de la reconnaissance de la démarche pour identifier les criminels, et la démarche fait partie des diverses formes de reconnaissance testées, selon le rapport, mais Nikolaev indique que cette modalité n’a pas encore été incluse dans la liste des capacités de la FISBU.

Le co-fondateur de 3Divi, Dmitry Morozov, explique à la RBC que la reconnaissance corporelle est un moyen prometteur d’identifier un suspect, en particulier lorsque le visage de la personne n’est pas visible par une caméra vidéo, bien que le directeur technique de Vokord, Alexei Kadeishvili, remarque qu’elle ne permet pas d’obtenir un degré élevé de précision dans une correspondance, comme le fait l’ADN.

Gennady Puchkov, chercheur à la Special Technology and Communications Research and Production Association du ministère de l’intérieur russe, a confirmé en octobre 2019 que le système biométrique était en cours de développement et que le logiciel d’analyse des données de l’intelligence artificielle était déjà en phase de mise en œuvre. Il a également suggéré qu’à l’avenir, on pourrait envisager de construire un logiciel pour détecter l’état émotionnel et mental des personnes.

Selon Nikolaev, les termes de référence n’ont pas encore été approuvés, mais le système biométrique peut également être utilisé pour communiquer avec les systèmes d’autres départements. Les empreintes digitales, les cheveux et la salive des scènes de crime seront passés dans le système et une liste de suspects sera fournie. Une évaluation supplémentaire sera effectuée par un expert médico-légal et, à condition que le système dispose de toutes les informations nécessaires, une photo sera téléchargée et comparée avec la reconnaissance faciale.

Selon des sources internes, le projet a d’abord nécessité un investissement important car les droits intellectuels sur le système et les algorithmes seraient remis à l’État.

RBC.ru., BiometricUpdate

Quelle forme de complicité a rendu Facebook possible ?

L’exemple de Facebook1 permet de remonter à la racine d’une « responsabilité du clic » associant le réflexe corporel – celui de cliquer, commun à toute l’économie du net – et le succès fulgurant d’une révolution globale non pas tant numérique (comme on se plaît à le dire) que politique. Facebook peut être considéré comme un exemple princeps de ce que Foucault nommait les « techniques du corps », exemple dont la valeur repose ici sur sa portée contre-intuitive, puisque l’Internet est réputé réaliser le triomphe de « l’immatériel ». Ainsi, la mystification est totale. La focalisation imaginaire sur la production des biens physiques – telles une voiture ou une paire de chaussures – fait volontiers oublier aux militants écologistes combien les réseaux ont accaparé un potentiel de croissance économique exponentielle qu’eux-mêmes hésitent à intégrer dans leur critique, en raison d’un désir de propager leur propre audience par ces moyens-là, désormais déclarés incontournables. Cette croissance est destinée à devenir ubiquitaire avec l’implantation du réseau 5G (de cinquième génération) et la généralisation de l’Internet des objets, ce qui montre à rebours que le capitalisme n’a pas dit son dernier mot sur les objets matériels : il s’agit par là de créer de toutes pièces une nouvelle phase d’accumulation qui ne laissera aucun geste quotidien en dehors de son emprise jusqu’à s’implanter dans le corps humain. Il s’agit de coloniser sans reste toute chose et tout être, et même les flux de pensée, avec notre consentement imperceptible, au nom de l’argument selon lequel il n’y a rien de mal à promouvoir des technologies si pratiques et si rapides. La croissance économique se présente ainsi sous les espèces d’une communication inoffensive, qu’il convient seulement de « faciliter » dans l’intérêt de tous, au service de bonnes causes, alors qu’elle vise à absorber l’ensemble des sphères non économiques dans sa progression dévorante. Ce faisant, elle parachève l’intégration de toute critique dans l’escarcelle de sa propre valorisation. Elle réussit à éliminer son propre dehors en contribuant à l’inanité de toute opposition politique – ceci dans la mesure même où elle prétend faciliter la diffusion de causes politiques. L’argument selon lequel on doit à Facebook (et d’autres réseaux sociaux) le départ et la diffusion de contestations sociales doit être analysé à l’aune de la croissance de Facebook lui-même, qui, pendant qu’on poussait les représentants de l’État à la démission, engrangeait les bénéfices cachés de ces révoltes : nous avons insensiblement changé de maîtres. La critique de la croissance peut ainsi en rester à la critique fétichiste des objets physiques en éludant les progrès d’une infrastructure de la communication prétendument acceptée pour la bonne cause. Ce faisant, elle nourrit un capitalisme à qui elle demande en même temps de décroître ou de disparaître. Cela démontre par les faits l’inconséquence d’une critique qui ne va pas jusqu’à considérer sérieusement l’affirmation de MacLuhan sur l’identité du message et du média. Que ne faut-il de naïveté ou d’idéologie pour penser qu’une bonne idée se suffit tellement à elle-même qu’elle n’a pas à s’interroger sur ses voies de médiatisation !

Facebook offre un cas d’espèce qui permet de définir un certain type d’enrôlement subjectif et d’éclairer la nature de certains compromis apparemment sans retour. La rumeur qui parlait d’une candidature de Zuckerberg aux élections américaines est à prendre au sérieux, même si la réputation de l’entreprise est désormais entachée : nous savons que le scénario d’un président milliardaire sans expérience politique est possible, aussi le scénario d’un milliardaire de la Silicon Valley président des États-Unis n’est pas à exclure. Comme chacun sait, Mark Zuckerberg a dû répondre en 2018 devant le Sénat américain et le Parlement européen du scandale de la vente des données personnelles à Cambridge Analytica, c’est-à-dire pour avoir transgressé le respect de la vie privée des utilisateurs et avoir permis que soient influencés les résultats des présidentielles Américaines. Mais la dénonciation aussi irrégulière qu’inefficace du monopole des GAFAM2 semble incapable de mener à une poursuite juridique à l’aide des seules lois antitrust américaines, en raison de l’intérêt pour le bien commun dont se targuent les géants du monde numérique : investissement dans la recherche scientifique (qui est cependant bien davantage qu’une recherche désintéressée puisqu’elle porte un vaste projet de société) et accession des particuliers à une multitude de services « gratuits ». Ces lois américaines qui surent dans le passé conduire au démantèlement d’entreprises aussi influentes que la Standard Oil ne s’appliquent plus à la situation actuelle. C’est pourquoi un auteur libéral comme Luc Ferry n’a rien de mieux à proposer aux Européens que de créer leur propre GAFAM. Leur monopole et leur ascension politique a déjà réussi la paralysie du monde politique, au point que la seule « alternative » aux GAFAM américains serait des équivalents européens, ce que les Chinois ont bien compris avant tout le monde avec leurs BATX3. L’arrogance européenne consistant à considérer par provision l’Europe comme naturellement porteuse de valeurs plus hautes – capable de transcender les horreurs américaines et chinoises – est une fois encore sans limites. Mais la menace que font peser les GAFAM sur l’économie et la politique elles-mêmes est la raison pour laquelle ces entreprises sont désormais dans le viseur de tout le spectre politique de droite comme de gauche, y compris américain : elles sont déclarées contrevenir aux règles minimales du libre-échange et inquiètent donc non pas tant pour leurs vertus capitalistes que pour leur nature anticapitaliste4, comme un tricheur à qui on rappelle les règles du jeu, sauf que c’est désormais le tricheur qui fait les règles. Il n’est donc pas étonnant qu’une libérale comme Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence (et, depuis le 1er décembre 2019, vice-présidente de la commission européenne en charge du numérique), ait fait de la lutte contre les GAFAM son plus grand défi. Comment en sommes-nous arrivés à une situation où des entreprises en situation de monopole mondial sont devenues à ce point capables de dicter les règles du jeu politique ? Il est possible d’étudier toute la stratégie commerciale de ces firmes pour en tirer des conclusions sur leurs ambitions politiques, dont le transhumanisme est le fleuron idéologique. Mais cette approche ne suffit pas : elle n’explique pas la protestation persistante des utilisateurs même les plus gauchistes et les plus anticapitalistes en faveur de Facebook « malgré leur répugnance », et ceci en dépit des nombreux signaux d’une modification sournoise et fondamentale de la vie politique que Facebook et d’autres ont déjà enclenchée et bientôt remportée. Il n’est que de voir le nombre de lieux qui se disent anticapitalistes et alternatifs, dont le compte Facebook est mieux mis à jour que leur site Internet : ce qui contribue de fait soit à forcer le sympathisant à ouvrir un compte Facebook pour accéder aux contenus, soit à l’exclure de ces mêmes contenus s’il persiste à refuser de se joindre à la communauté Facebook. On conviendra que c’est là un comble pour toute pensée critique. Qu’on en juge par les propos sans fards de Peter Thiel, fondateur de PayPal, actionnaire de Facebook, transhumaniste, libertarien élitiste et adversaire résolu de la démocratie : « Nous sommes engagés dans une course à mort entre la politique et la technologie. Le sort de notre monde dépend d’un seul individu, d’une personne, qui sera capable de bâtir et diffuser des outils technologiques favorisant la liberté et permettant un monde plus sûr pour l’épanouissement du capitalisme5. » Les États, pour rester dans la course, sont sur une pente glissante : la France des droits de l’homme n’a pas craint de faire passer sans débat parlementaire en 2016 un méga-fichier (Titres électroniques sécurisés) qui centralise les informations personnelles et biométriques de tous les Français. L’Europe met à l’essai « à des fins de recherche » un système de contrôle aux frontières européennes (iBorderCtrl) financé par la Commission européenne, qui utilise les technologies de reconnaissance faciale, un détecteur de mensonges et le recueil des données – tout ceci au nom du confort des usagers et de la sécurité collective qui seront les critères décisifs pour l’éventuelle adoption ultérieure de ce système de contrôle. Nous sommes insensiblement, une étape après l’autre, dépossédés du droit de ne pas être traçabilisés et personne ne sait à quoi peut servir dans un avenir incertain la constitution de tels fichiers (dont l’exemple de la Chine donne un certain avant-goût). Il n’y a aucune raison de penser qu’ils ne vont pas continuer de s’étendre en volume et en applications, toujours pour la bonne cause. « On vous protège », affirme désormais péremptoirement le métro parisien pour justifier les caméras de surveillance. Le progrès technologique est vu ici comme un développement autonome, naturel, cosmique en somme, contre lequel seules des interdictions puissantes auraient peut-être une chance de nous sauver du désastre. Il n’y a pas de choix ; il n’y a que des permissions ou des interdictions, des évitements ou des facilitations d’un phénomène qui, pour ainsi dire, se passe sans nous (dans la droite continuation du fétichisme du progrès). Pendant ce temps, nous continuons de nous enfoncer mollement dans la consommation numérique comme dans un sommeil de nos facultés critiques. Je prie le lecteur d’imaginer sur quelle pente nous mène ce faisceau de tendances qui concourent, mises ensemble, à transformer la planète en lieu invivable et sans échappatoire et l’humanité à un troupeau d’enfants qu’on dresse, qu’on surveille, qu’on protège et qu’on évalue.

Or tout se passe ainsi comme si nous avions (presque) tous voté pour Facebook et que nous considérions cette dictature d’un genre nouveau (sans doute difficile à décrypter aux habitudes héritées de l’histoire des dictatures) comme la seule option possible, rapportée à une inoffensive évolution des pratiques – du moins aussi longtemps que quelqu’un d’en haut ne nous en aura pas libérés, comme des enfants pris au piège. C’est dans ce contexte qu’il convient de replacer la demande répétée aux institutions européennes de nous libérer des GAFAM. Se peut-il que tout le monde s’en serve, mais que personne n’en veuille ? Voulons-nous ce que nous désirons, pour reprendre une formule de Lacan ? Personne ne se risque à dire sur quel modèle économique l’Europe pourrait sortir des GAFAM, étant donné qu’une version européenne des GAFAM fondée sur le même modèle économique n’aurait évidemment rien d’émancipateur, sauf à supposer qu’un label européen serait naturellement plus moral qu’un label étranger, comme tend à le croire le vieux chauvinisme européen. Quoi qu’il en soit, les politiques nationales et européennes sont dans l’impasse et leurs représentants sont détestés à la mesure de l’attente exorbitante à leur endroit. Que dire ici des utilisateurs de Facebook ? Ils ne semblent à tout le moins pas faire grand cas ni de leurs données personnelles, ni des projets qu’elles permettent de financer, ni des influences qu’on exerce sur eux. Pourquoi en effet poursuivre les entreprises si le public en redemande ? La même personne qui ne se déclare pas prête à quitter Facebook peut à la fois critiquer la viduité de la plus grande partie des communications échangées sur Facebook, jouer tout de même les « infiltrés » et en appeler à la lutte active contre les GAFAM6. De manière caractéristique, cette argumentation manie soumission et fausse critique sans rien trancher sur le fond. À côté de l’argument pratique, il se développe en particulier une série de « justification par l’infiltration » : être présent sur Facebook permettrait justement d’observer Facebook, voire permettrait de répandre à grande échelle des informations critiques, de lancer des mouvements ou d’accéder soi-même à des informations inaccessibles ailleurs (alors même que tant d’informations sont notoirement des fake news et que tant d’autres sont censurées). Voyons plutôt ce que déclarait l’une des collaboratrices de Facebook au souvenir de l’introduction des News Feed en 2006 :

« Nous nous sommes réveillés avec des centaines de milliers de gens indignés. Pendant la nuit, des groupes Facebook comme “je déteste newsfeed”, “Ruchi [la collaboratrice en question] est le diable” s’étaient constitués. Des reporters journalistiques et des étudiants étaient campés devant les bureaux. Nous avons dû nous faufiler discrètement par la sortie arrière pour quitter le bureau. Des tas de gens nous demandaient de fermer définitivement News Feed. Et la plupart des autres entreprises auraient exactement fait cela, en particulier si 10 % de leurs usagers menaçaient de boycotter le produit. Mais nous ne l’avons pas fait… En fait, News Feed a marché. Au milieu de tout ce bazar, de toute cette indignation, nous avons remarqué quelque chose d’inhabituel. Bien que chacun prétendait le détester, l’activité avait doublé7. »

La mesure de l’action plutôt que celle de l’opinion aura ici été déterminante : non pas ce que vous dîtes, mais ce que vous faites. C’est bien le coup de clic qui aura été décisif, cette sorte de réflexe inscrit dans la peau des utilisateurs de l’ère numérique. Cela porte un nom en théorie néoclassique : ce sont les préférences révélées8. L’écart entre l’indignation affichée des utilisateurs et le succès réel de la chose (« News Feed a marché… l’activité avait doublé ») justifie la poursuite de l’entreprise, ressort ultime de son ascension. Le compromis passé à ce moment-là ouvre une voie qui, semble-t-il, est sans retour : une fois que ce cap fut franchi, Facebook devint en quelques années toujours plus puissant et politiquement hors d’atteinte. Les conditions d’installation initiales furent comme frappées de refoulement. Le compromis originel devient illisible dans ce que Freud nomme les phénomènes de déplacement ou de condensation : le destin du compromis est d’avoir effacé ses propres traces. Il n’empêche que le monde numérique est plein de repentis, tel le fondateur de WhatsApp qui, après avoir revendu l’application à Facebook investit désormais dans la protection des données, laquelle ne change rien au modèle économique de Facebook : elle renforce au contraire sa légitimité écornée. L’opinion d’une gauche imbue d’elle-même selon laquelle nous ne voulons pas de ce modèle de société est contredite par l’ascension arrogante de ce même modèle assise sur une complicité généralisée. Se peut-il alors que les gens ne reçoivent pas autre chose en fait que ce qu’ils veulent vraiment ? Leur véritable désir est-il celui, pur, qui précèderait le moment de corruption, ou bien celui révélé par l’offre qu’ils acceptent gracieusement ? Cette spirale rétroactive ne se ferme sur aucune ontologie subjective susceptible d’endosser l’entière responsabilité du circuit de l’offre et de la demande. Leur vrai désir n’est certainement ni l’un ni l’autre : le désir n’a pas de substance. Lacan a dit que le désir de l’homme, c’est le désir de l’Autre : toutes les gesticulations sur mon désir insatisfait ne valent pas un instant de considération si mon adresse constitue un ralliement secret à cet Autre incarné dans le discours du moment – en attendant le prochain discours. À charge donc pour le critique d’incarner un autre discours. Le moment fictif de corruption (celui où un utilisateur se met à agir d’une manière qu’il réprouve ou prétend réprouver) est lui-même ce point évanouissant d’une subjectivité impossible à objectiver à la fin autrement que dans la somme de ses actes. L’autre sujet, celui de l’inconscient, celui qui articule la structure « je sais bien, mais quand même… », n’est justement pas lisible dans l’ordre du monde algorithmique. Que vous ayez un doute, une mauvaise conscience ou un repentir ne compte pas pour les big data, qui ne font que totaliser des actes. Il s’ensuit que ce réseau social est probablement l’entreprise la plus populiste au monde, à savoir qu’il accorde une certaine fonction politique à la multitude dont il révèle ou façonne une préférence en supplantant imperceptiblement dans son creuset algorithmique toutes les formes connues d’organisation politique.

Mark Zuckerberg ne cesse de protester ingénument (lui aussi) du fait qu’il n’avait aucune autre intention que celle de lancer un réseau efficace et enrichissant pour les utilisateurs. Il nous semble décidément n’avoir à faire qu’à une humanité exclusivement soucieuse de générosité et de partage. Mais l’histoire de Facebook montre que la bonne intention dérape à un endroit de sa collusion obscure avec l’Autre au cours de son processus de multiplication. N’est-ce pas à juste raison que Zuckerberg ne manque jamais de remercier les utilisateurs de l’avancement de son grand projet universel ?

« À un moment, il [Mark Zuckerberg] décida que le principe universel qui vaut ici, c’est celui de l’acte d’engagement. Ce à quoi nous devrions vraiment prêter attention, ce dont il s’assurera que nous y prêtions attention, ce sont les choses qui génèrent de l’engagement. […] Le behaviourisme est ancré dans Facebook. Facebook n’en a pas fait mystère. Facebook est constamment en train d’ajuster ses algorithmes pour essayer de commuter nos états émotionnels positifs, qu’on appelle habituellement le bonheur. C’est l’une des raisons pour lesquelles Facebook mesure le bonheur du mieux qu’il peut, ou du moins c’est ce que pensent ses administrateurs. Voilà pourquoi ils ont conduit des études sur le changement de l’humeur (et cela leur causa des problèmes). C’est le genre d’ingénierie sociale qu’ils veulent mettre en place. C’est l’une des raisons pour lesquelles ils essayent d’appliquer le principe de mesure hédoniste à toutes les espèces9. »

Or Zuckerberg n’a pas mieux à promettre que ses investissements dans le domaine de la connexion télépathique universelle et la disparition de toutes les maladies de la terre, projets qui en d’autres temps seraient passés pour ceux d’un dangereux psychopathe. Lorsqu’il dévoile son projet d’interface cerveau-ordinateur, qui serait capable de transformer le flux des pensées en données partageables et en interaction directe avec les objets connectés, il n’a aucune raison de douter qu’une telle technologie trouvera des utilisateurs, conformément aux principes qui ont fait leurs preuves jusqu’à présent : « Je suppose que ce serait quelque chose que quelqu’un choisirait d’utiliser comme produit10. » Le fantasme de symbiose technologique tire son ressort de la promesse de surmonter la division du sujet par la fusion de l’environnement et de l’individu – en quoi notre civilisation s’avance dangereusement au bord de l’abîme de la responsabilité. Ceci dit indépendamment de la faisabilité de ce projet, qui reste bien sûr incertaine.

Et tandis que la seule solution, mais la plus improbable d’après certains critiques, serait de quitter massivement Facebook, on argue en face qu’il est peine perdue de quitter Facebook (les données étant récoltées partout ailleurs, autant dire qu’il est trop tard) et qu’on ne voit pas comment garder contact avec famille et amis, organiser un événement d’envergure ou lancer un mouvement contestataire sans un service équivalent à celui de Facebook11. Si une étude déplorait un quart de fermeture de comptes Facebook par les utilisateurs américains lors du deuxième trimestre 2018 (mais seulement environ 1 % de baisse d’utilisation active en Europe), Facebook n’est pas menacé et détient suffisamment d’autres services par ailleurs. Chacun sait que lorsque les utilisateurs sont lassés d’un service, il suffit – c’est de bonne guerre capitaliste – d’en proposer un nouveau. Ce point de fuite est caractéristique d’une incapacité croissante des peuples et des individus à dire non, le refus ponctuel étant de toute façon immédiatement réorienté vers une nouvelle offre. Il faut donc le dire : Mark Zuckerberg a dû répondre des opérations de son entreprise, mais les utilisateurs sont à la fin lavés de toute responsabilité. Eux n’ont que de bonnes raisons, ludiques ou sérieuses, et toujours déclarées « pratiques », de rester utilisateurs d’un réseau qui, en vérité produit une accumulation capitaliste exponentielle grâce à leurs données personnelles et met en œuvre une révolution politique. Or ce n’est pas le règlement général sur la protection des données (RGPD) qui change quoi que ce soit à cette politique ; ce dernier parachève la perversion en permettant la récolte des données… avec votre consentement obligatoire, même si celui-ci est obtenu en un clic négligeant. Même si la case cochée par défaut n’est plus légale, on peut se demander quel utilisateur lit à chaque fois l’intégralité des conditions d’utilisation et s’embête d’un long détour pour refuser son accord. De plus le RGPD ne s’applique qu’en cas d’identification personnelle des données, mais ne s’applique pas à leur recueil anonyme à des fins statistiques (certains types de cookies), ce qui égare l’utilisateur. Il s’ajoute à cela un certain nombre de détournements des conditions d’utilisation qui ont été dénoncées en France par l’association la Quadrature du Net. La tactique du plus malin caractérise le recueil du consentement qui n’est pas du tout aussi « univoque » que le prétend le RGPD. En pratique, c’est une demande fastidieuse répétée à chaque nouveau site, renouvelable régulièrement, soumise à des conditions d’utilisation et à des paramétrages qui n’intéressent pas le profane. Le consentement s’obtient en harassant l’utilisateur par une demande répétée faîte dans des conditions qui dérangent sa navigation. Or le consentement obtenu de cette manière est d’ores et déjà l’argument imparable de Facebook dans les plus récentes accusations de collecte de données qui se poursuivent en contournant le règlement européen par le biais d’applications mobiles, faisant de l’utilisateur un « complice12 » par sa négligence même à vérifier les conditions d’utilisation au moment de l’installation d’une application. Nous retrouvons au cœur de la question de la responsabilité la notion de consentement qui est tout sauf « univoque », contrairement à ce que prétend le RGDP. C’est plutôt en se fondant sur une équivoque fondamentale du consentement que Facebook peut continuer à déployer son modèle commercial. Comment Facebook cesserait-il, du reste, de collecter des données, puisque tout son modèle politique et commercial est bâti là-dessus ? Pourquoi fait-on mine tous les quatre matins de redécouvrir la même chose et de s’en offusquer ? Seule l’interdiction pure et simple de l’utilisation commerciale des données mettrait en péril le monopole, voire l’existence de Facebook. Au risque d’avoir un tiers de l’humanité en révolte pour défendre leur réseau social ?

Le mythe d’un Facebook générateur de rassemblement horizontal et de révolutions sociales (printemps arabes, gilets jaunes) oublie que ces révolutions sont retombées comme des crêpes, débouchant ici sur de nouvelles dictatures, là sur des réclamations populistes qui ne démontrent aucunement la capacité des citoyens à concevoir et organiser une nouvelle société, car une nouvelle organisation demande, comme disaient les surréalistes, de changer la vie et non pas seulement de répandre des mots d’ordre sur les réseaux. On ne pourra changer la vie qu’en reprenant la main sur les circuits de production et de décision politique. La « communauté globale » que promeut Facebook pour faire face aux défis globaux (tels le terrorisme, la crise des réfugiés ou le changement climatique13) ne démontre que l’ambition de son fondateur, pas seulement de renvoyer à la société son miroir supposé, mais aussi d’être à la source d’un changement mégalomane de société auquel chacun de nous a renoncé à toute petite échelle (à l’échelle de changer la vie). C’est ainsi qu’un enchaînement d’effets de masse conduit un fantasme ordinaire (qui ne voudrait sauver le monde ?) mais réprimé vers un effroyable degré de réalisation parfaitement combiné à l’apathie générale. Il repose sur la réorientation de toute activité de changement politique vers une émotion cliquée.

Chacun s’émut d’apprendre que « la démocratie est menacée » lorsqu’une frange d’électeurs fut subrepticement influencée pendant la campagne politique de Donald Trump : mais qui met en doute la psychologie behavioriste rudimentaire qui fonde cette affaire, selon laquelle il suffit d’envoyer un message ciblé à la bonne frange d’électeurs et au bon moment pour faire tourner le vent politique ? L’idée fondamentale est que les électeurs, comme les consommateurs, sont des sortes d’animaux manipulables à volonté, et non des sujets responsables de leur vote, quelque légère ou versatile que soit leur opinion. C’est une vision qui n’est ici pas un instant mise en doute : l’homme est un animal qui répond à des signaux. Il n’est donc pas responsable de ce qu’il fait et il convient uniquement de s’assurer de lui trouver un maître pas trop mauvais ou de vérifier les signaux qui lui sont envoyés, au cas où ils seraient malveillants, racistes, sexistes ou encore simplement faux. Il faut protéger la petite tête influençable du citoyen. Il y a beaucoup plus de souci à se faire sur cette définition animalière de l’homme réagissant au premier stimulus venu (comme si rien ne venait de lui et qu’il n’avait aucune responsabilité dans sa réponse) que sur les politiques d’un Trump ou d’un Zuckerberg qui du reste ont été portés au sommet par les peuples – l’un par le vote politique, l’autre par le vote économique. Deux formes de choix social qui ont bien en commun certains principes et certains paradoxes, notamment celui de ne jamais pouvoir refléter le désir supposé de l’individu, et donc de pouvoir donner lieu à des résultats collectifs aberrants, qui relancent, à rebours, l’insondable question de leur rapport à l’individu. Ce dernier évitera ainsi de se demander ce qu’il a à voir avec un résultat collectif dont il croyait ne pas vouloir. L’individu, citoyen ou utilisateur, préférera rejeter en bloc les élites et les représentants, accusés d’avoir menti sur la marchandise, plutôt que de remonter à la racine du compromis passé avec les forces qui le dépossèdent de son pouvoir d’agir. L’exemple de Facebook et d’autres plateformes à l’ascension fulgurante met en évidence par quel compromis imperceptible nous mettons le pied dans un engrenage qui ne tarde pas à apparaître ensuite comme une machine écrasante sur laquelle l’individu n’a plus aucune emprise. Facebook représente en ce sens le récapitulatif fulgurant de toute l’histoire du capitalisme.


Notes :

1Cet article correspond au treizième chapitre de l’ouvrage paru le 5 décembre 2019, reproduit ici avec de légères modifications avec l’accord de l’éditeur : Sandrine Aumercier, Tous écoresponsables ? Capitalisme vert et responsabilité inconsciente, Libre & Solidaire, 2019.

2Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft

3Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi.

4Larry Elliott, « Is it Time to Break Up the Tech Giants Such as Facebook ? », The Guardian, 25 mars 2018.

5Fabien Benoit, « Peter Thiel, l’homme qui voulait achever la démocratie », Usbek et Rica, 17 juin 2018.

6 Olivier Erztscheid, « Pourquoi je ne quitte pas (encore) Facebook », Libération, 24 avril 2018.

7 Ruchi Sanghvi, post Facebook, 06 septembre 2016, cité par Andrea Huspeni, « Mark Zuckerberg Reveals the 5 Strategies that Helped Facebook Grow at an Insane Rate », Entrepreneur, 25 mai 2017.

8Olivier Mongin, « Les préférences révélées et la formation de la théorie du consommateur », in Revue économique, vol. 51, n° 5, septembre 2000.

9Alexis C. Madrigal, « Were We Destined to Live in Facebook’s World ? », Entretien avec Siva Vaidhyanathan, The Atlantic, 24 juillet 2018.

11Brian X. Cjen, « Want to #DeleteFacebook ? You Can Try », New York Times, 21 mars 2018.

12Hatim Boumhaouad, « Exploitation des données personnelles par Facebook : l’usager est-il complice ? », The Conversation, 7 avril 2019.

13Alexis C. Madrigal, « The Education of Mark Zuckerberg », in The Atlantic, 20 novembre 2017.

La carte de crédit biométrique débarque en Suisse

La Swiss Corner Bank a lancé une carte de crédit biométrique en partenariat avec Visa, Gemalto et Fingerprint Cards, qui est le premier lancement commercial limité de ce type, selon le communiqué.

La nouvelle Cornèrcard Biometric Gold Visa est produite par Gemalto avec le module de capteur T-Shape de Fingerprint Cards et sa plate-forme logicielle. La carte en édition limitée sera émise à 100 clients de la Swiss Corner Bank, ce qui leur permettra d’effectuer des paiements sans contact et sans plafond de montant.

La carte dispose d’une LED intégrée qui indique une correspondance biométrique réussie. Les clients devront entrer leur code PIN pour la première transaction, et ensuite seulement dans des circonstances particulières, ou si l’empreinte digitale n’est pas reconnue.

“Chez Visa, nous investissons constamment dans l’innovation pour rendre le paiement plus facile, plus pratique et plus sûr. C’est pourquoi nous sommes très heureux de lancer une carte Visa avec capteur d’empreintes digitales en collaboration avec notre partenaire de longue date, Cornèrcard “, résume Jörg Metzelaers, directeur national de Visa Suisse. “Avec la carte biométrique Visa de Cornèrcard, nous marquons un tournant dans le monde des paiements suisses. Les consommateurs sont de plus en plus à l’aise avec les nouvelles formes d’authentification biométrique et reconnaissent qu’elles leur facilitent la vie.”

Les données d’empreintes digitales sont stockées sur une puce sécurisée sur la carte et ne sont pas accessibles en cas de perte ou de vol.

“Nous sommes fiers d’offrir cette innovation exclusive à nos clients en Suisse. En touchant simplement la carte, le processus de paiement se fait rapidement et en toute sécurité “, commente Davide Rigamonti, directeur de Cornercard. “La carte de paiement biométrique n’a pas seulement une apparence spéciale. Elle offre également une expérience de paiement spéciale et s’intègre parfaitement dans la vie quotidienne du consommateur moderne.”

Selon Goode Intelligence, quelque 579 millions de cartes de paiement biométriques seront utilisées dans le monde d’ici 2023, et Fred Martinez, directeur de la biométrie chez Gemalto, a déclaré plus tôt cette année que sa société privilégiait la qualité de ses pilotes de cartes de paiement plutôt que la quantité.

Crédit Agricole lance une carte biométrique

Le Crédit Agricole a annoncé le lancement d’une expérimentation de cartes de paiement biométriques incorporant des capteurs d’empreintes digitales dans ses banques régionales de Touraine et du Poitou, et envisage de commercialiser ces cartes à partir en 2020.

Les cartes sont fabriquées et personnalisées par G+D Mobile Security, et NXP Semiconductors fournissant le module électronique tout-en-un et le logiciel embarqué, et Mastercard fournissant les spécifications biométriques et le support. Fingerprint Cards et NXP Semiconductors ont formé un partenariat pour développer des cartes biométriques en 2017. Annonçant sa participation à cette expérimentation, Fingerprint Cards indique qu’il y a maintenant 20 projets pilotes de cartes biométriques sans contact utilisant ses capteurs d’empreintes digitales dans le monde.

“Il s’agit d’une étape clé pour nous et la dynamique grandit rapidement”, commente Thomas Rex, vice-président de Smartcards chez Fingerprints. “La sensibilisation grandit à mesure que les banques, les détaillants et les consommateurs reconnaissent la valeur que peut offrir la biométrie. Les banques peuvent réduire la fraude et développer la confiance pour fidéliser et attirer les clients, tandis que les détaillants peuvent optimiser le débit et réduire les abandons, ce qui augmente les revenus. Plus important encore, les consommateurs ne doivent plus compromettre la sécurité au nom de la commodité”.

Société Générale expérimente la carte bancaire biométrique

“Cela fait partie de la stratégie du groupe Crédit Agricole, qui vient de dévoiler son plan à moyen terme”, explique Bertrand Chevallier, Directeur général de Crédit Agricole Payment Services, “La carte biométrique vise à répondre parfaitement aux besoins de nos clients en combinant facilité d’utilisation et sécurité.”

Cette expérimentation est prévue pour une période de six mois. La carte n’aura pas de limite de montant de transaction, comme le font généralement les cartes sans contact, mais les clients pourront également les utiliser comme ils le faisaient auparavant, avec un code PIN.

“Ces tests sont essentiels pour le succès de la technologie”, ajoute Thomas. “C’est l’occasion de peaufiner les cartes biométriques en tenant compte des commentaires des personnes qui les utiliseront, et c’est aussi une étape importante dans le processus de certification. Nous sommes maintenant dans les phases finales avant un déploiement plus large, il est donc extrêmement intéressant de constater que chaque essai de carte de paiement sans contact biométrique annoncé à ce jour dans le monde entier intègre notre technologie”.

« iBorderCtrl» ou la sécurité totale

On a l’habitude de parler de la Chine comme le champion des caméras à reconnaissance faciale. La Commission Européenne a mis au point depuis 2016 une technologie dîte de « contrôle intelligent » qui va être testée pendant neuf mois jusqu’à août 2019 sur trois frontières de l’Union Européenne (Grèce, Hongrie, Lettonie) sur la base du volontariat. Elle est financée par le programme européen de recherche et d’innovation Horizon 2020 à hauteur de 4,5 Millions d’euros. Aucune loi nationale ou européenne n’autorisant à l’heure actuelle un tel dispositif, les volontaires à cet essai doivent signer un consentement éclairé. Le projet, « conscient des dimensions éthiques et légales » travaille en « étroite proximité avec un conseiller en éthique »1.

Comme l’explique aussi le site de la Commission Européenne, la procédure se fait en deux étapes. Le voyageur – dûment informé de ses droits et découragé d’entreprendre des activités illégales – remplira d’abord un formulaire en ligne et téléchargera ses documents officiels (passeport, visa, preuves de fonds) avant de répondre devant une webcam à des questions personnalisées. Ses réponses seront analysées par un système « détecteur de mensonges » qui vérifiera si elles sont en adéquation avec les expressions du visage à l’aide de 38 micromouvements indétectables par un être humain. A partir de ces résultats, le voyageur sera dirigé soit vers une file à « bas risque », soit vers une file à « haut risque »2.

Ses opposants lui reprochent son taux d’erreur (le système ne détecterait que 76% des menteurs) ainsi que le risque de répandre des technologies de reconnaissance faciale à caractère racial3. Ces arguments supposent-ils qu’un détecteur de mensonges 100 % fiable et garanti non raciste serait légitime ? Ces objections seraient d’ailleurs en voie de résolution, puisque le système prétend devoir être encore amélioré afin d’atteindre une meilleure fiabilité, et qu’il n’est pas supposé être destiné à la prise de décision mais seulement à être un « indicateur de risque ».

Le risque de quoi ? Lisons plutôt les justifications du projet sur son propre site. Il s’agit, nous dit-on, de simplifier et accélérer les processus de contrôle aux frontières, de diminuer les coûts, d’améliorer la sécurité en combinant différentes technologies, de diminuer l’immigration illégale et les activité criminelles. En effet, explique le site sans la moindre fausse pudeur, « la croissance continue des flux combinée avec la menace croissante d’immigration illégale exercent aujourd’hui une pression considérable aux postes de frontière. Les passages de frontière ralentis entravent la satisfaction des voyageurs, les affaires et le commerce4

Le site précise qu’il s’agit d’un système interdisciplinaire unifié convergeant vers un système global [overall system] comprenant :

1) un détecteur de mensonge automatique ;
2) un module biométrique lisant les empreintes de doigts et de veines ;
3) un outil de reconnaissance faciale ;
4) un outil de vérification des documents officiels ;
5) un outil de détection des humains dissimulés ;
6) un outil d’évaluation du risque aidant à la la décision du garde-frontière ;
7) un outil intégré d’analyse du contrôle des frontières chargé d’analyser l’ensemble des données collectées et d’évaluer l’ensemble du système.

On appréciera l’équivoque de la fin : « En tant que projet de recherche iBorderCtrl vise à élaborer de nouvelles technologies et déterminer si elles ont la capacité d’améliorer la qualité des contrôles de frontière aussi bien pour les voyageurs que pour les garde-frontières, mais ne vise pas à implémenter de nouvelles politiques5. » Cela veut-il dire que les lois qui n’existent pas encore pour encadrer ce système pourraient encore être refusées par les citoyens européens malgré ces investissements considérables ? Ou bien cela veut-il dire au contraire que, en vérité, la politique est déjà faîte, et qu’il ne restera qu’à lui donner un vernis démocratique assorti de grands principes éthiques, pour que ce système devienne légal ?

Qu’on ne croit pas que ce système de contrôle soit seulement réservé aux frontières. Il est destiné à se généraliser au gré des « villes intelligentes » pour assurer une sécurité sans faille. Les caméras intelligentes sont discutées et expérimentées avec les mêmes arguments6. L’ex-ministre de l’intérieur Gérard Collomb justifiait récemment de telles orientations : « L’intelligence artificielle doit permettre, par exemple, de repérer dans la foule des individus au comportement bizarre7. » Peut-être ces systèmes rassureront-ils tous ceux qui sont de plus en plus obnubilés par le terrorisme, l’immigration et la criminalité et qui sont même prêts à devenir des acteurs du systèmes de surveillance « intelligent ». « La “smart city” faisant appel à l’intelligence citoyenne, adaptative et ubiquitaire, nous avons tout intérêt à nous inspirer des modes de gouvernance “bottom-up”, où l’information remonte directement du terrain, pour que la “safe city” s’inscrive enfin dans une logique de ville intelligente8. » Car les criminels deviendront évidemment toujours plus inventifs pour déjouer les pièges de la prédiction algorithmique : alors, pourquoi pas, il sera de nécessité publique d’implanter des puces à tout le monde pour assurer notre sécurité – toujours avec notre consentement éclairé.

Notes :

2 Un système intelligent de détection de mensonges resserrera les frontières de l’UE. Smart lie-detection system to tighten EU’s busy borders

3 Harold Grand, « Pourrez-vous passer les contrôles aux frontières ? C’est une intelligence artificielle qui décide », Le Figaro, 07/11/2018, en ligne

4 Le projet iBorderCtrl : « Continuous traffic growth, combined with the increased threat of illegal immigration, is putting nowadays border agencies under considerable pressure. Slow border crossings impact traveller satisfaction, business and trade. »

5 Cadre technique iBorderCtrl : « iBorderCtrl as a research project aims at elaborating new technologies and whether they have the capabilities to enhance the quality of border checks for both travellers and border guards, not at implementing new policies

6 Rapport d’information n° 788 (2015-2016) de MM. François Bonhomme et Jean-Yves Leconte, fait au nom de la commission des lois, déposé le 13 juillet 2016, en ligne

7 Flore Thomasset, « Le ministère fait le bilan d’un an de maintien de l’ordre », La croix, 08/06/2018 en ligne.

8 Flavien Bazenet, Gabriel Périès, « Des citoyens et des caméras “inelligentes” bientôt au service de la sécurité urbaine », La Tribune, 05/12/2017, en ligne.