Des lasers faits de sang humain pourraient révolutionner la détection de cancers

Alfred Pasieka/SPL
Alfred Pasieka/SPL

Les optofluidiques (ou fluides optiques), qui incluent l’utilisation de lasers, ne constituent pas une nouvelle technologie. En effet, cela consiste en l’application d’une certaine lumière sur un liquide qui sert d’amplificateur, projeté sur une cavité réfléchissante. Et cette technologie est souvent utilisée dans la recherche médicale et la chirurgie, tels que les infrarouges dans les processus de scan et d’imagerie.

Un groupe de chercheurs a réfléchi à un moyen d’affiner cette technologie, en produisant des lasers faits de sang humain.

Le sang humain et un mélange d’agents de contraste (diacétate de fluorescéine) approuvé par la FDA appelé indocyanine green (ICG ou vert d’indocyanine) ont fait toute la différence. L’ICG est utilisé depuis des décennies dans l’imagerie des vaisseaux sanguins rétiniens (imaging retinal blood vessels) en ophtalmologie. Mais en l’absence de sang, « ça ne fonctionne pas du tout » déclare Xudong (Sherman) Fan, lors d’un entretien pour le New Scientist. Fan est Professeur d’ingénierie biomédicale à l’Université du Michigan.

Le chercheur a réalisé l’expérience suivante. Il a éclairé un cylindre réflecteur contenant un mélange de sang humain et d’ICG, comme composé amplificateur, avec une source de lumière infrarouge. Le résultat fut brillant. Le sang s’est mis à briller sous l’effet de la lumière, du fait de la présence d’ICG qui émet de la lumière lorsqu’il est associé à des protéines contenues dans le plasma.

Grâce à cette lumière réfléchie, les chercheurs ont pu observer les structures des cellules et les modifications microscopiques du sang à l’échelle moléculaire. La fluorescence résultante a permis d’obtenir une image de meilleure qualité que les techniques utilisées à l’heure actuelle. Etant donné que l’ICG réagit bien en présence de sang, les tissus riches en sang – tels que les tumeurs – brilleront d’autant plus.

Une fois que cette technologie aura été suffisamment affinée pour être utilisée sur des humains, elle sera particulièrement utile dans la détection précoce de cancers. « Au final, nous testerons cette technologie sur le corps humain » affirme Fan, mais ils assurent que le rayonnement du laser est en dessous des limites autorisées en matière de sécurité. « Personne ne veut que le tissu traité soit brûlé ».

traduction Virginie Bouetel

Futurism, ScienceAlert – Latest, New Scientist, OSA Publishing

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Jaesa

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