Rand Hindi TEDxParis

Pour Rand Hindi, la nouvelle révolution technologique dont tout le monde parle à pour nom “l’informatique ubiquitaire“. C’est le moment où les objets seront tellement intelligents et intégrés dans nos vies que l’on ne s’apercevra même plus qu’ils existent…

 

Patrouille du futur : plutôt cop ou Robocop ?

Sous quelle forme les forces de l’ordre patrouilleront-elles dans le futur ? Humaine, robotique ou humanoïde ? Un mélange des trois ? Réponse en une infographie interactive.

https://www.thinglink.com/scene/703281091850534914

Les forces de l’ordre ont plus d’un tour technologique dans leur sac pour prédire crimes et infractions. FUTUREMAG s’est rendu à Los Angeles pour rencontrer les policiers qui prédisent le futur grâce aux données.

 

Snips veut faire disparaître les technologies à long terme

Rand Hindi a un doctorat en bio-informatique, diplômé de l’université de Londres, ainsi que deux diplômes d’études supérieures de l’Université de singularité dans la Silicon Valley. Il fait partie des spécialistes Français de l’open data et a co-fondé Snips en 2013,  société spécialisée dans l’intelligence artificielle. C’est une startup fondée sur le principe de la prédiction d’évènements quantifiables. Faire disparaître la technologie dans un monde où elle est omniprésente, c’est le défi de Rand Handi.

« Nous allons être harcelés par les objets qui nous demanderont constamment des validations ou nous enverrons des informations… Les années qui viennent vont être les pires de l’histoire en matière de qualité de vie. »

Comment l’intelligence artificielle va changer nos vies ?

« Nous travaillons sur la sensibilité des objets au contexte de l’utilisateur, le context awareness. L’objet pourra anticiper certaines actions de la personne et les faire à sa place, comme réserver un mode de transport avant un rendez-vous inscrit dans son agenda. »

« Le jour où les objets connectés seront suffisamment intelligents pour ne plus être intrusifs, on pourra en ajouter autant que l’on veut, cela n’augmentera plus les frictions mais apportera, au contraire, de la valeur »

« On a envie de construire une technologie qui soit utile, et de le faire de façon éthique »

Snips fait ainsi du privacy by design*  en garantissant la vie privée des utilisateurs dès la conception d’un produit ou d’une technologie. « 100 % des données restent stockées sur le smartphone et n’ont pas besoin d’être transférées sur un serveur dans le cloud, ce qui diminue le risque d’une utilisation contraire à la volonté des personnes », précise M. Hindi qui affirme être la seule équipe à faire de l’intelligence artificielle embarquée sur le téléphone.

Snips veut rendre les objets connectés plus intelligents

« La technologie sera si profondément intégrée dans nos vies que nous ne la remarquerons plus. L’Intelligence Artificielle saura faire disparaître la technologie de notre conscience, et le monde se sentira à nouveau débranché. »


* La protection intégrée de la vie privée (PIVP) (ou le respect de la vie privée dès la conception) en anglais «Privacy by Design», (PbD) est une idée développée durant les années 1990 par la Commissaire à l’information et à la protection de la vie privée de l’Ontario (Canada) Ann Cavoukian. Partant du principe que le cadre légal ne serait pas suffisant pour assurer la protection de la sphère privée, elle a proposé d’intégrer le respect de la vie privée directement dans la conception et le fonctionnement des systèmes et réseaux informatiques, mais également dans l’élaboration de pratiques responsables.

Le respect de la vie privée dès la conception signifie prendre en compte dès le début les exigences en matière de protection de la sphère privée/protection des données et intégrer les outils de protection directement dans le produit, au lieu de les ajouter ultérieurement sous forme de compléments. La protection intégrée de la vie privée repose sur sept principes fondamentaux :
– prendre des mesures proactives et non réactives; des mesures préventives et non correctives;
– assurer la protection implicite de la vie privée;
– intégrer la protection de la vie privée dans la conception des systèmes et des pratiques;
– assurer une fonctionnalité intégrale selon un paradigme à somme positive et non à somme nulle;
– assurer la sécurité de bout en bout, pendant toute la période de conservation des renseignements;
– assurer la visibilité et la transparence;
– respecter de la vie privée des utilisateurs.

A fin 2010, la 32e Conférence internationale des commissaires à la protection des données et de la vie privée qui s’est tenue à Jérusalem a adopté une résolution dans ce sens sur proposition de Mme Cavoukian. Cette résolution encourage l’adoption des principes de la protection intégrée de la vie privée comme mode de fonctionnement de base des organisations et invite les commissaires à la protection des données et de la vie privée à promouvoir la protection intégrée de la vie privée, à en intégrer les principes fondamentaux dans les politiques et textes de loi de leur territoire et à favoriser la recherche sur la protection intégrée de la vie privée. (source)

La fin de la vie privée

Edward Snowden, Marc Goodman et Vint Cerf sur la vie privée à l’ère numérique.

“From now, know that every border you cross, every purchase you make, every call you dial, every cell phone tower you pass, friend you keep, article you write, site you visit, subject line you type, and packet you route, is in the hands of a system whose reach is unlimited but whose safeguards are not.”
Edward Snowden

 

Lettres à mes parents sur le monde de demain – « Google : la vie privée est une anomalie »

Lettres à mes parents sur le monde de demain

Les parents d’hier transmettaient à leurs enfants le savoir du passé pour les préparer à l’avenir. Les enfants d’aujourd’hui initient leurs géniteurs aux nouvelles technologies pour qu’ils ne soient pas complètement perdus dans le monde de demain. Emile, 27 ans, vit depuis plus de six mois à San Francisco, où il travaille pour UbiFrance, qui aide les PME hexagonales à se développer en Californie. La vingtaine de lettres qu’il écrit à ses parents durant un an nous révèle les bouleversements en cours dans tous les champs de la connaissance.

Des steaks de synthèse, aux cerveaux augmentés par l’intelligence artificielle, des automates remplaçant les travailleurs, aux cours en ligne remplaçant les enseignants, des drones livrant les colis, à l’argent virtuel, en passant par l’utopie libertarienne de techno-paradis offshore affranchis de tout contrôle par les États : c’est le rêve ou le cauchemar d’un monde nouveau qui s’invente sous nos yeux dans les labos de la Silicon Valley.

En prêtant à Emile, dans une langue compréhensible par tous, son expertise, ses enquêtes de terrain et ses interrogations, Dominique Nora nous raconte de la manière la plus vivante ces innovations de rupture qui vont transformer notre vie quotidienne : une manière originale de nous offrir à la fois l’antisèche des parents et l’encyclopédie des ados…

Extraits de “Lettres à mes parents sur le monde de demain”, de Dominique Nora, aux éditions Grasset, 2015 :

Qui a besoin de la démocratie quand on a des données ?

J’ai profité d’un peu de temps libre pour surfer encore sur la Big Data mania. Et j’en ai conclu que le concept même de « vie privée » semble de plus en plus dépassé. D’ailleurs Vint Cerf, l’un des principaux architectes de l’ancêtre d’Internet (Arpanet), devenu Evangéliste en chef chez Google, a déclaré l’an dernier devant la Federal Trade Commission : « La vie privée est un concept qui a émergé lors du boom urbain de la révolution industrielle. Si bien que cela pourrait très bien n’être qu’une anomalie. »

Je vois déjà à quel point ma génération et la suivante sont prêtes à exposer sur les réseaux sociaux des choses que vous, les parents, estimez indécentes : photos, goûts, sentiments, sorties, soirées, voyages… Et aucun d’entre nous ne trouve anormal que Netflix ou Amazon sache tout de nos goûts culturels, car cela permet à leur moteur de nous conseiller tel livre ou tel film, en fonction de nos inclinations.

Cette fonctionnalité est d’ailleurs devenue l’un de leurs atouts compétitifs clés.

Or, à l’ère du Big Data, on passe encore au stade supérieur de la transparence : consentant ou non, on sera tous à poil ! J’ai lu sur le Net qu’un père de famille américain avait appris que sa fille mineure était enceinte, en tombant, par hasard, sur un email qui lui était destiné vantant des produits marketing ciblés. Charmant ! Mais au moins, dans ce cas-là, l’intrusion dans la vie privée est patente. A l’avenir, elle risque de l’être de moins en moins. On sait déjà que la NSA et les organismes gouvernementaux américains en général, font peu de cas du droit à la privacy.

Les pratiques du GAFA et de leurs semblables ne valent guère mieux. Il y a quelques années, Facebook a par exemple essayé d’introduire une fonctionnalité qui, sans autorisation préalable de l’usager, recommandait d’office les produits qu’il aimait à tous ses amis ! Devant le tollé, Mark Zuckerberg a finalement dû s’en excuser et y renoncer. Mais les grandes plates-formes internet testent en permanence les limites de la tolérance de leurs utilisateurs aux intrusions dans leur vie quotidienne.

Quant à Google, sa gestion des data constitue une véritable « boîte noire », selon l’expression d’Isabelle Falque-Pierrotin, la présidente de la Commission nationale de l’informatique et des libertés française. Un vrai problème, dans la mesure où Google n’a pas seulement pris le contrôle de notre ordinateur et de notre smartphone, à travers son moteur de recherche, ses applications email, ses cartes de navigation ou son système d’exploitation Android. Mais propose aussi des services dans les domaines de la santé, la domotique, la robotique et l’intelligence artificielle.

En fait, à l’ère du numérique, le modèle d’affaire de la plupart des sociétés qui vous proposent des services gratuits, c’est la revente de vos données. Autrement dit : « Si le service est gratuit… C’est que le produit, c’est vous ! » Un adage qui concerne aussi les start-up françaises d’objets connectés. La question est ensuite de savoir si ces informations sont – ou non – anonymisées, comme le prévoit la loi française.

Un article très critique d’un site de gauche américain, Nation of Change, drôlement titré Invasion of the Data Snatchers, soulignait récemment à quel point l’Internet des objets usuels peut devenir un outil de surveillance. Selon les auteurs, certaines télés intelligentes dévoilent déjà aux opérateurs quels programmes leur propriétaire regarde, et à quel moment il zappe. « Est-ce que nos habitudes alimentaires, collectées par notre frigo intelligent, seront repackagées et vendues aux assureurs comme des indicateurs de santé, pour déterminer les tarifs à payer ? Est-ce que nos lampes intelligentes informeront les compagnies pharmaceutiques de l’identité des propriétaires insomniaques ? » se demandent-ils encore.

Il faut dire qu’aux Etats-Unis, l’agrégation de données est déjà devenue un business important pour des plates-formes peu connues du grand public, comme Acxiom, Experian ou Datalogix. Ces sociétés achètent un maximum de bases de données aux banques, sites de voyages, commerçants en ligne, ou même aux administrations publiques (aux Etats-Unis, le département responsable des permis de conduire revend ses infos, paraît-il !). Ensuite, elles se font fort de triturer ces bases de données pour commercialiser les infos pertinentes à des tiers. Pas un internaute américain n’y échappe. Mais les applications vont bien au-delà de la sphère commerciale. Orwell était en deçà de la vérité dans 1984. A l’avenir, on risque carrément de passer à Minority Report. Si vous n’avez pas vu ce film, louez-le. C’est l’histoire d’un département de « pré-crime », qui à travers les visions d’étranges mutants, arrête et emprisonne sans autre forme de procès les citoyens qui s’apprêtent à perpétrer un meurtre.

Parce que non seulement les données massives permettent de savoir qui vous êtes, ce que vous aimez ou ce que vous consommez… mais elles serviront même à prédire ce que vous ferez demain ou après-demain. Eric Schmidt, le patron de Google, n’a-t-il pas un jour expliqué avec candeur : « Nous savons où vous êtes. Où vous avez été. Nous pouvons plus ou moins savoir ce à quoi vous pensez…  » ?

Apparemment, une compagnie d’assurances de New York utilise déjà des données massives pour prédire les risques d’incendie dans certains quartiers, selon des critères comme la vétusté des immeubles ou le niveau de vie des occupants. Et la police de Chicago utilise des programmes informatiques pour repérer à l’avance les lieux et périodes où des troubles sont les plus susceptibles d’advenir. Et bientôt les personnes les plus susceptibles de les commettre ?

Ce genre de trucs passera plus difficilement en Europe, même à ma génération. On est le seul continent où les internautes ont réclamé et réussi à faire imposer à Google un « droit à l’oubli » (en fait, la suppression de liens internet les concernant). Mais, vu l’emprise internationale croissante des seigneurs américains du Net, les Européens auront-ils les moyens de défendre leur conception plus « droit-de-l’hommiste » de la vie privée et des données personnelles ? D’autant qu’à côté du GAFA, se profile son pendant chinois : le « BAT » pour Baidu, Alibaba, Tencent…

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Collaboration de Kaspersky Lab et BioNyfiken

Alors que l’Internet des objets évolue pour devenir l’Internet du nous, les experts en sécurité de Kaspersky Lab font équipe avec l’association suédoise de biohackers BioNyfiken afin d’étudier les réalités d’une connexion de notre propre corps à Internet.

L’actualité récente rapporte l’existence d’une nouvelle génération d’êtres humains qui se font greffer des technologies dans le corps, non pour des raisons médicales, mais simplement pour plus de confort au quotidien. Des implants intelligents leur permettent ainsi de commander l’ouverture de portes, d’effectuer des achats ou d’accéder à des systèmes informatiques d’un simple geste de la main. La question se pose alors de savoir si, dès lors que nous confions à notre corps des volumes croissants de données personnelles susceptibles d’être piratées, il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

BioNyfiken, une association suédoise de bio hackers, est en pointe dans la normalisation et la démocratisation du «puçage», c’est-à-dire l’implantation de puces sous la peau. Ses membres n’y voient guère de différence avec le port d’une boucle d’oreille ou d’un tatouage. Ils estiment que de plus en plus de personnes choisiront de se faire implanter des composants fonctionnant avec la technologie NFC de communication sans contact et renfermant diverses informations.

(…)

Eugène Kaspersky, Président et CEO de Kaspersky Lab, remarque : «Personnellement, je n’aimerais pas être pucé. Je comprends cependant que le progrès technologique ne peut pas être freiné et il existe des innovateurs qui sont prêts à tester les limites de la technologie en réalisant des expériences sur leur propre corps. Je préfèrerais juste qu’ils le fassent en connaissance de cause et en ayant la sécurité à cœur plutôt que de rajouter celle-ci a posteriori, comme c’est si souvent le cas.» «C’est donc pour moi un plaisir d’envisager notre collaboration avec BioNyfiken afin d’étudier les implications, en matière de sécurité, de la connexion de notre corps au Web. Il est possible que nos chercheurs ne trouvent aucun motif de préoccupation mais, si des gens devaient se faire greffer une puce NFC, j’aimerais avoir l’assurance que des experts en ont soigneusement exploré toutes les ramifications»

lire l’article : source

 

 

Google lance le traitement de votre ADN dans son cloud

Google lance Google Genomics, une API qui permettra aux chercheurs d’envoyer leurs séquences ADN pour les traiter avec le cloud de Google, et les partager avec la communauté scientifique.

La guerre commerciale que se livrent les géants du cloud pour posséder chez eux les informations génétiques de millions d’individus a commencé. Alors que nous rapportions en début de semaine que la firme IBM s’imaginait être capable d’ici cinq ans d’analyser l’ADN des patients pour proposer aux médecins un traitement adapté en quelques minutes, Google a annoncé vendredi la mise à disposition d’une API dédiée au traitement du génome, baptisée Google Genomics.

L’API permettra aux chercheurs d’envoyer les séquences ADN qu’ils doivent traiter sur les serveurs de Google, et de profiter de la puissance de calcul et des algorithmes de Google pour faciliter la lecture des séquences, et réaliser leur alignement à partir de séquences de référence. L’outil peut importer en masse les séquences ADN alignées au format BAM, importer des séquences non alignées, réaliser des traitements sur les données, et exporter les séquençages au format BAM.

Un ensemble de données peut être public ou privé, ce qui veut dire alors que l’accès est réservé aux propriétaires du projet de cloud“, précise Google.

Malgré son caractère particulièrement sensible, l’API Google Genomics n’est pas soumis à une politique particulière de protection des données. Les conditions d’utilisation proposées sont celles de tous les services de cloud de Google. Elles prévoient que les utilisateurs des API conservent la propriété des données envoyées sur le cloud.

Les pages de Google Genomics ne sont pas claires sur l’utilisation qui peut être faite des données génétiques, lorsque ces données sont déclarées “publiques” par les chercheurs qui les envoient. Or l’objectif est bien de pouvoir partager un maximum d’informations génétiques pour mettre les séquences en commun, et profiter de leur analyse comparée.

Google rejoint la Global Alliance for Genomics and Health

Imaginez l’impact si partout des chercheurs avaient des échantillons de plus grande taille pour faire la distinction entre les gens qui deviennent malades et ceux qui restent en bonne santé, entre les patients qui répondent à un traitement et ceux dont la maladie empire, entre les pathogènes qui causent des épidémies et ceux qui sont sans conséquences. Imaginez s’ils pouvaient tester des hypothèses biologiques en quelques secondes plutôt qu’en plusieurs jours, sans avoir à posséder un superordinateur“, se réjouit Google.

Un projet qui promet effectivement des avancées spectaculaires pour la médecine personnalisée, mais qui implique aussi en partie de confier ses données de santé aux quelques firmes privées qui disposeront des capacités de calculs et des algorithmes nécessaires. C’est tout le service public médical qui risque d’être remis en question, avec de très nombreuses autres questions éthiques et sociétales qui commencent tout juste à être abordées.

Pour conforter sa place dans le traitement des informations génétiques, Google a également annoncé jeudi qu’il rejoignait le consortium Global Alliance for Genomics and Health (GAGH), en cours de formation depuis juin 2013. “L’Alliance est un effort international pour développer des approches harmonisées pour permettre un partage responsable, sécurisé et efficace de l’information génomique et clinique dans le cloud“, explique Google, qui assure que le consortium respecte “les plus hauts standards d’éthique et de vie privée“.

Mais le livre blanc (.pdf) publié par l’Alliance en juin dernier n’apporte aucune garantie. Il expose les problèmes d’éthique et de vie privée, les différences de régulations entre les pays, et propose que l’Alliance joue un rôle d’harmonisation de ces politiques à l’échelle mondiale. En clair, il s’agit d’un lobby.

source