Un embryon de souris a grandi dans un utérus artificiel

Les humains pourraient être les prochains

Des chercheurs ont fait grandir des souris dans un utérus artificiel pendant 11 ou 12 jours, soit environ la moitié de la période de gestation naturelle de l’animal. C’est un record pour le développement d’un mammifère en dehors de l’utérus et, selon l’équipe de recherche, les embryons humains pourraient être les prochains. Cela soulève d’énormes questions éthiques.

L’équipe a fait grandir les embryons de souris plus longtemps en ajoutant du sérum sanguin provenant de cordons ombilicaux humains, en les agitant dans des bocaux en verre et en y injectant un mélange d’oxygène sous pression. Les embryons de souris ne sont morts que lorsqu’ils sont devenus trop gros pour que l’oxygène puisse les traverser, car ils n’ont pas l’apport sanguin naturel que pourrait fournir un placenta.

Selon les chercheurs, les scientifiques voudront également développer des embryons humains de cette manière, afin de mieux étudier le développement précoce. L’équivalent humain d’une souris de 12 jours serait un embryon correspondant au premier trimestre. Mais la communauté scientifique s’accorde à dire qu’elle n’essaiera jamais d’établir une grossesse avec des embryons artificiels – un acte qui est aujourd’hui interdit dans la plupart des pays.

Weizmann Institute of Science, Engadget, Nature, New York Times, MIT Technology Review

Made in Labo – De la procréation artificielle au transhumanisme

ISBN-10: 2204133736

Quand un philosophe pénètre par effraction dans les laboratoires des apprentis sorciers, il en ramène des vérités sur l’humanité qu’on nous fabrique pour demain. Des vérités terrifiantes à dire, mais nécessaires à entendre. Un cri d’alarme contre tous les Frankensteins de la vie, du désir et de l’amour.

Nous vivons une profonde crise anthropologique. En 1968, la grande question était : “Comment faire l’amour sans faire d’enfants ?” Elle s’est retournée depuis 1978, année de naissance du premier bébé-éprouvette, en : “Comment faire des enfants sans faire l’amour ?” – révolution inouïe au regard de l’histoire de l’humanité.

La fabrication de ce bébé, conçu hors du corps humain, a peut-être ouvert la boîte de Pandore. Devenu accessible, notre génome est aussi devenu manipulable, modifiable, en attendant que les adeptes du transhumanisme le réécrivent pour produire un homme nouveau, un “posthumain” libéré des tares de notre condition, limitée et mortelle. Preuve est ainsi faite que l’engendrement, qui assure la transmission par la filiation, fait obstacle à la création. Celle de l’individu par lui-même, comme celle de la “posthumanité” rêvée.

C’est cette effroyable dérive de notre civilisation que Dominique Folscheid analyse, alliant comme personne connaissance scientifique et réflexion philosophique. Un essai percutant, pour combattre dès aujourd’hui les cauchemars de demain.

Nous allons faire grandir des bébés dans des utérus artificiels

Professeur de philosophie émérite à l’université Paris-Est, codirecteur du Département d’éthique biomédicale du Collège des Bernardins, Dominique Folscheid a fondé en 1995 un enseignement de philosophie à destination des personnels de santé, devenu « l’École éthique de la Salpêtrière ». Il a notamment publié Sexe mécanique. La crise de la sexualité contemporaine (2002) ; L’Esprit de l’athéisme et son destin (2003) et contribué à Le Transhumanisme, c’est quoi ? (2018).

Nous allons faire grandir des bébés dans des utérus artificiels

Dans les années à venir, les scientifiques prévoient de cultiver des embryons humains dans un laboratoire utilisant des utérus artificiels de haute technologie.

Des médecins du Children’s Hospital of Philadelphia sont en pourparlers avec la FDA des États-Unis pour commencer à tester des utérus artificiels sur des embryons humains au cours des deux prochaines années, selon Metro. S’ils réussissent, la recherche pourrait changer radicalement notre façon de voir la grossesse, l’accouchement et peut-être même l’évolution humaine.

Si ces essais cliniques se déroulent bien, des utérus artificielles entièrement fonctionnelles pourraient être prêtes d’ici dix ans, a déclaré Carlo Bulletti, médecin à l’Université de Yale.

Utérus artificiel : l’avenir de la procréation humaine ?

Dix ans, c’est loin, en ce qui concerne la recherche médicale. Mais si les utérus artificiels sont sûrs et efficaces, ils pourraient aider à prévenir bon nombre des complications médicales pouvant survenir pendant la grossesse et l’accouchement, sans compromettre la capacité de la mère et de l’enfant à nouer des liens mutuels.

“Si le [fœtus] était dans un utérus artificiel, il deviendrait possible d’y accéder et de contrôler l’environnement sans restreindre l’autonomie de la femme», a confié à la philosophe Anna Smajdor de l’Université d’Oslo. “Donc, à certains égards, il pourrait effectivement y avoir des avantages pour le [fœtus] lui-même.”

Metro

Vous pouvez maintenant choisir la couleur des yeux de votre bébé

Une clinique de fertilité en Californie laisse les futurs parents choisir la couleur des yeux de leur futur bébé. Selon le Wall Street Journal, la clinique Fertility Institutes utilise la même technologie que celle utilisée pour tester les embryons pour des maladies génétiques afin de dépister la couleur de leurs yeux. Les parents peuvent alors choisir d’implanter que les embryons les plus susceptibles de produire une progéniture avec la couleur des yeux de leur choix.

Choisir la couleur des yeux d’un enfant à naître est une zone grise morale qui pourrait mener à d’autres pratiques eugéniques adjacentes. Aujourd’hui, une clinique peut offrir aux parents un choix de couleurs pour les yeux, mais demain, ils pourraient avoir la possibilité de contrôler les embryons pour déterminer la couleur des cheveux, la taille, l’intelligence et bien d’autres traits.

Qui décidera si la création de ces « bébés à la carte » est éthique ?

The Wall Street Journal, Fertility Institutes

PMA-GPA et bioéthique en France

Les débats font rage en France au sujet de l’ouverture de la PMA aux femmes seules et aux femmes homosexuelles. Cela fait bien 50 ans que la réglementation française touchant à l’institution familiale se libéralise au profit de l’autonomie de l’individu : plus d’autonomie pour les femmes vis-à-vis des maris et des pères, divorce par consentement mutuel, autorité parentale partagée pour les couples… L’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes seules doit figurer dans la prochaine révision de la loi de bioéthique présentée avant la fin de cette année. Le projet de loi sera ensuite débattu au Parlement début 2019.

Le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) a donc publié son avis n° 129 à la révision de la loi de bioéthique. Si elle ne touche pas (encore) à la GPA et à l’euthanasie, la contribution multiplie les transgressions au sujet de la PMA. Ce mardi 25 septembre 2018, le CCNE a donné un second avis favorable (comme il s’y était engagé juin 2017) à l’extension de la PMA à toutes les femmes, c’est-à-dire aux couples de femmes et aux femmes seules pour « pallier une souffrance induite par une infécondité résultant d’orientations personnelles ». La levée de l’anonymat des futurs donneurs de sperme, avec leur autorisation, est parallèlement défendue par le comité. Le CCNE s’oppose à la GPA au nom du « respect de la personne humaine, refus de l’exploitation de la femme, refus de la réification de l’enfant, indisponibilité du corps humain et de la personne humaine ».

Quelques innovations sont également présentes : une ouverture à l’auto-conservation des ovocytes c’est-à-dire le prélèvement des ovocytes, leur vitrification puis leur conservation pour pouvoir les utiliser au moment choisi par la femme. Ou encore la PMA post-mortem soit le « transfert in utero d’un embryon cryoconservé après le décès de l’homme ». Charmant. Le Comité libéralise également la recherche d’aneuploidies (trisomies 21, 18 et 13) dans le cas de fécondations in vitro avec diagnostic pré-implantatoire, de même que les études scientifiques et les modifications génétiques sur l’embryon (sur les surnuméraires issus de PMA) tant qu’il n’y a pas ensuite transfert de l’embryon vers un utérus. Il s’interroge également sur la nécessité d’inscrire les deux critères de « finalité médicale » et « d’absence d’alternative à la recherche » dans la loi.

De plus, le CCNE propose que la recherche sur les embryons et celle sur les cellules souches embryonnaires n’aient plus le même régime juridique, « ouvrant la voie à de nombreuses manipulations sur l’humain » selon Génèthique, premier site francophone d’actualité bioéthique. L’interdiction de création d’embryons à des fins de recherche est tout de même conservée, comme celle des embryons transgéniques en vue d’une implantation ou encore celle des embryons chimériques insérant des cellules humaines dans un embryon animal [processus déjà enclenché dans d’autres pays cf. Géopolitique Profonde n°6, juillet-août 2018, p.23, 24]. La limite temporelle de culture de l’embryon reste fixée à 14 jours, mais la note demande des précisions sur cette limite qui n’a jamais reçu de justification scientifique.

Nous pouvons d’ores et déjà constater que la révision régulière des lois bioéthiques amène n’importe quelle idée à devenir finalement légitime avec le temps d’une propagande bien dosée. « Le CCNE se condamne ainsi à n’être qu’une caisse enregistreuse des évolutions sociétales ». Par ailleurs, « on peut également s’interroger sur les priorités d’un gouvernement qui rogne sur le remboursement de certains actes médicaux, d’une part, et qui pourrait, d’autre part, légaliser des opérations médicales pour des femmes qui ne sont pas malades… ».

Les limites de la PMA

Pour défendre l’ouverture de l’accès de la PMA, certains arguments du CCNE peuvent être rationnellement rejetés. Par exemple, selon la journaliste Charlotte d’Ornella, l’argument de la « discrimination » ne tient pas, car les questions bioéthiques cruciales du statut de l’embryon humain, de la question du tiers donneur et des origines de l’enfant, sont valables pour tout demandeur (femme seule, couple stérile, homosexuel, hétérosexuel…). D’ailleurs, le Conseil d’État a récemment invalidé cet argument : « les couples formés d’un homme et d’une femme sont, au regard de la procréation, dans une situation différente de celle des couples de personne de même sexe ». La PMA élargie ajoute en plus l’institutionnalisation de l’absence de père en violation de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant qui stipule que ce dernier a « dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d’être élevés par eux ».

En France, seulement quelques centaines d’hommes (255 en 2015) acceptent de donner leur sperme. Avec l’ouverture de la PMA, l’offre de gamètes actuelle ne peut répondre à un accroissement du procédé, car il manque actuellement 300 dons de spermatozoïdes par an à destination des couples infertiles. De plus, il faut attendre entre un et deux ans pour bénéficier d’un don. La levée de l’anonymat des donneurs va très probablement décourager ce nombre déjà très faible de volontaires. Le délai d’un à deux ans pour bénéficier d’un don risque de s’allonger. L’arrivée de la rémunération des donneurs à l’anglo-saxonne sera probablement la seule solution pour débloquer cette situation. Le risque d’inceste associé au don de masse de gamètes sera à signaler à ce moment-là.

Au niveau santé et bien-être, un manifeste de 1760 médecins, dont 100 gynécologues, 80 psychiatres, 80 pédiatres, 750 généralistes jugent que l’enfant sera la première victime de la « PMA pour toutes ». Selon eux, « rien ne justifie, pas même le désir naturel d’enfant chez une femme, que les médecins prêtent leur concours à la “fabrication” d’enfants privés volontairement de père et de racines paternelles. Nous savons bien que ces enfants souffriraient tôt ou tard de séquelles psycho-affectives ».

Selon une récente étude suisse disponible dans la revue de l’American College of Cardiology, le risque d’hypertension est six fois plus élevé chez les enfants conçus par PMA. D’autres études faites sur des enfants issus de PMA relèvent que leurs fragilités cardiovasculaires sont plus nombreuses. En plus d’un taux d’échec élevé (la PMA ne permet qu’à un couple infertile sur deux de devenir parent) et peu mis en avant, la prématurité (deux fois plus importante que dans une grossesse naturelle) et les bébés en sous-poids à la naissance sont plus courants lors de PMA. Des facteurs favorisant également les maladies cardiovasculaires et le diabète de type II à long terme.

Rappelons-nous que le gouvernement Hollande hésitait déjà à démocratiser la PMA lors de l’arrivée du mariage homosexuel de 2013. En parlant de démocratie, les oppositions ont été tellement virulentes dans toutes les strates de la société face à l’ouverture du mariage pour tous que le sujet de la PMA n’a plus été abordé par le gouvernement de l’époque, le temps que cela se tasse. Cinq ans plus tard, nous y sommes. La GPA mettra sûrement plus de temps à arriver en France, mais suivra le même processus. Au nom de l’égalitarisme abstrait et de la concurrence juste et mieux réglementée que les GPA faites à l’étranger dans de mauvaises conditions, une GPA propre et made in France émergera inéluctablement s’il n’y a pas une (réelle) rupture politique d’ici là. Sur l’extension de la PMA à la GPA, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, répond que « ce n’est absolument pas la même problématique, arrêtons de tout mélanger ! ». Et bien si, nous allons faire l’amalgame en observant les pays plus avancés sur ces questions de procréation à la demande.

Bioéthique : Priver un enfant de son ascendance, c’est le mutiler

La GPA est en réalité effective en France

« Dans tous les pays où la GPA est autorisée, on n’a jamais vu une femme riche porter l’enfant d’une femme pauvre » souligne très justement Marie-Josephe Devillers, de l’association CQFD Lesbiennes Féministes. Cette association a, en lien avec le collectif pour le respect de la personne Corp (pour la suppression de la GPA) et le Mouvement Nid (pour l’arrêt de la prostitution), lancé une coalition internationale pour abolir la GPA. De nos jours, les homosexuels vivant en France privilégient plus les techniques de PMA/GPA que l’adoption et ses procédures longues et complexes. Chez les hommes homosexuels, ils y sont favorables à 44 % par rapport à l’adoption, tandis que le chiffre s’élève à 73 % pour les femmes lesbiennes.

Malgré l’interdiction de la GPA en France, elle reste pourtant bien réelle, car valable pour la justice à cause de l’absence de frontière et de la libre circulation. Par exemple, en juillet 2017, la Cour de cassation avait ouvert la voie à la reconnaissance légale de deux parents en France pour les enfants nés d’une GPA à l’étranger. Cette reconnaissance devant obligatoirement passer par une procédure d’adoption « simple » et non « plénière » par le conjoint du parent biologique. Dans l’adoption plénière, l’enfant adopté est assimilé à un enfant par le sang et la famille adoptive remplace définitivement la famille d’origine. Au contraire, l’adoption simple laisse subsister le lien de filiation d’origine, et lui ajoute un second lien adoptif.

La Cour d’appel de Paris est tout récemment allée plus loin mi-septembre 2018 en validant une demande d’adoption plénière et non simple de jumelles nées en 2011 d’une GPA au Canada. C’est la première fois qu’en France, la justice reconnaît une adoption par le deuxième père, selon l’avocate du couple homosexuel. Régulièrement saisie dans des procédures liées à la GPA, la Cour de cassation doit examiner prochainement deux demandes distinctes de transcription à l’état civil français d’actes de naissance d’enfants nés de cette procréation à l’étranger, jusqu’alors refusé par la justice.

Alors que l’adoption a pour but de réparer la privation de parents, la GPA fait le contraire en organisant l’éclatement de figure de la mère, puisque plusieurs femmes peuvent intervenir lors de cette technique de maternité. Ce que l’adoption répare, la GPA le provoque : une situation d’abandon pour rendre la marchandise (l’enfant) disponible pour satisfaire les besoins des clients.

Faire des enfants demain

Tour d’horizon des pratiques de procréation monétisées

Le phénomène est parfaitement illustré en Belgique. La quatrième édition de la conférence européenne de l’organisation américaine Men having babies a eu lieu à Bruxelles les 22 et 23 septembre 2018. Ce salon de vente d’enfants, avec catalogues de mères porteuses, location d’utérus et autres échanges de biens apparemment acceptables, est destiné aux couples homosexuels masculins. Les clients potentiels sont mis en relation avec les firmes US et canadiennes et doivent préparer des sommes allant de 95 000 $ à 160 000 $ tout compris pour obtenir le bébé de leur choix. Ici, l’enfant est donc un pur produit marchand qui s’achète et se vend selon l’offre et la demande. Des sociétés américaines viennent également dans l’Hexagone proposer des GPA aux Français, un délit d’entremise qui relève du pénal. Les sociétés de GPA sont généralement transnationales pour pouvoir se déplacer en fonction de l’évolution des lois des pays où elles s’implantent. La demande est forte et la technologie est simple (prélèvement d’ovocytes et de sperme, FIV) : tous les ingrédients sont réunis pour générer le profit. Pour faire une GPA dans le monde, la fourchette s’étend de 30 000 à 150 000 €.

La GPA est autorisée dans des pays tels que la Belgique, le Royaume-Uni, le Japon, dans certains états US ou au Canada, mais que voulez-vous le coût du travail y est élevé ! Alors depuis que l’Inde, la Thaïlande, le Cambodge, le Népal et d’autres pays asiatiques ont réglementé voire interdit la GPA low cost aux étrangers, au vu de l’attractivité de la pratique et des dérives qu’elle amène, les Occidentaux se sont tournés de plus en plus vers l’Europe de l’Est ces dernières années. Avec ses lois libérales sur la question, l’Ukraine est une destination prédominante. La législation du pays stipule que le bébé appartient aux « futurs parents » et que la mère porteuse est dépossédée de ses droits parentaux dès la conception. Là-bas tout se loue, tout se vend : ovules, sperme, ventre… et cela ne date pas de la révolution euro-otanesque de Maïdan de 2014, mais de décisions politiques antérieures.

La Russie est également un pays assez libéral sur la GPA, contrairement à ce que l’on pourrait penser au premier abord. Elle le justifie dans le cadre de sa politique démographique nataliste. La méthode est considérée comme une manière d’augmenter le taux de naissance dans la fédération. Sur place, l’encadrement plutôt flou permet, par exemple, à la gestatrice de décider de garder l’enfant au dernier moment, sans recours possible des parents d’intention. Par contre, la mère porteuse n’a pas de protection dans le cas où des clients refusent d’accueillir l’enfant pour X ou Y raison (handicap, désistement…). La pratique existe depuis plus de 20 ans sur le sol russe pour les couples hétérosexuels et les femmes ou hommes célibataires qui ne peuvent pas mener à bien une grossesse. Comme pour la GPA, les techniques de PMA sont également tout aussi accessibles pour les étrangers. Un projet de restriction ou de suppression de la GPA est tout de même étudié par les parlementaires depuis quelques mois.

L’Espagne, à l’instar de nombreux pays européens, a interdit la maternité de substitution (GPA). Le Ministère des Affaires étrangères du pays a annoncé qu’il s’occuperait au cas par cas d’une trentaine de familles ayant utilisé les services d’agences ukrainiennes proposant la GPA. Le gouvernement accepte par contre sans problème la PMA [cf. Géopolitique Profonde n°6, juillet-août 2018, p.24]. Lorsque des parents ont recours à ce procédé et ne donnent pas suite aux relances concernant leurs embryons, les centres de reproduction espagnols peuvent légalement les détruire, mais aussi les utiliser pour la recherche scientifique ou encore les donner à d’autres couples. Parmi les adoptants français d’embryon abandonné, 28 % sont des femmes seules ayant essayé d’adopter un enfant en France.

Alors que la loi espagnole sur la reproduction assistée exige que tout don doit être « altruiste, solidaire et désintéressé », la Clinique FIV Marbella attribue elle aussi la coquette somme de 1 000 € à toute généreuse donneuse en tant que « compensation financière pour le désagrément engendré, les frais de déplacement et le traitement auquel les donneuses sont soumises ». De même, face à la pénurie d’ovocytes, les Pays-Bas n’hésitent pas à promouvoir l’altruisme des individus avec des « dons » d’ovocytes rémunérés jusqu’à 900 € de « compensation ».

En Roumanie, la GPA est extrêmement lucrative alors qu’elle est censée être illégale. Des catalogues divers sont disponibles pour comparer les prestations de mère porteuse, les informations des donneurs de gamètes (couleur de peau, santé, QI, diplômes, etc.), les assurances (handicap, décès, souci génétique, litige avec la mère)…

Utérus artificiel : l’avenir de la procréation humaine ?

Dans trois affaires de GPA sur enfants nés aux États-Unis, en Ukraine et au Ghana, des activistes pro GPA veulent obtenir de la Cour européenne des droits de l’homme l’abolition du principe historiquement fondamental stipulant que « la mère est la femme qui accouche ». Ceci va dans le sens du rapport du think tank Génération Libre, qui stipule que la GPA « s’inscrit dans la continuité de l’IVG » en mettant au goût du jour «la question de la disposition de soi » au nom de la « liberté procréative ». L’énoncé libéral propose une GPA formalisée par un contrat signé entre les deux parties, parents (« 1 et 2 ») et mère porteuse, rédigé par des avocats et avalisé par un juge. Ils proposent à la femme porteuse la possibilité de choisir les parents qui la rémunéreraient, tandis qu’elle bénéficierait dans le même temps d’une prise en charge des frais médicaux, de congés maternité avant et après l’accouchement, et aurait la possibilité d’inscrire sur l’acte civil de l’enfant la référence du jugement de GPA. Des enquêtes devront également déterminer « l’indépendance financière, affective et psychologique » des porteuses de bébés. Le rapport recommande également la mise en place d’une agence publique de GPA pour mettre en relation les individus et éviter ainsi les intermédiaires. Maxime Sbaihi, « citoyen du monde » et « éternel expatrié », comme il le dit lui-même sur son compte Twitter, est le directeur général de Génération Libre et auteur de ce rapport. Ce cosmopolite veut donc protéger les mères porteuses française en défendant une « GPA responsable » sur le territoire.

Notons pour finir que des chercheurs du monde entier mènent parallèlement la suite du programme avec des projets de recherche sur la transplantation utérine (ou greffe d’utérus). La pratique est similaire à la GPA d’un point de vue éthique donc pourquoi pas. Déjà dix enfants sont nés de cette technique sur la planète, dont huit en Suède. L’utérus artificiel n’est pas bien loin.

Conclusion : Un avenir dystopique annoncé

La PMA, la GPA et toute forme de procréation artificielle font de la conception d’enfants hors couple un nouveau marché à pourvoir. Quarante années de recul montrent que de nombreux individus adoptés ou issus de PMA-anonyme sont en souffrance, car en quête de leurs origines. Se pose donc le problème crucial de la filiation et de l’identité humaine et sociale qui est le fait à la fois de biologie et de psychologie.

Avec l’avancée technologique, la filiation devient purement subjective en fonction de l’évolution des techniques de procréation artificielle et de la seule volonté des adultes pouvant rémunérer un service marchand. La femme gestatrice précaire louant son corps à l’Occidental payant comptant ne doit pas être oubliée d’ici les prochaines lois liberticides. Dans les pays économiquement moins avancés, ces femmes peuvent être exploitées dans ce qui est communément appelé des « fermes » ou « usines à bébés ».

Pour conclure, nous citerons Pierre Bergé, grand capitaliste et chef de file de la cause homosexuelle, de la PMA et de la GPA. Une synthèse à lui tout seul : « Moi je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? C’est faire un distinguo qui est choquant ».

Géopolitique Profonde

Faire des enfants demain

​Jacques Testart est directeur de recherche honoraire à l’Inserm. Pionnier des méthodes de procréation assistée, il est l’auteur de nombreux ouvrages dans lesquels il défend l’analyse critique de la science afin de justifier l’engagement éthique et de nourrir la démocratie.

Trente-cinq ans après le premier « bébé-éprouvette », près de 3 % des enfants sont conçus avec l’aide de la biomédecine dans les pays industrialisés. Qu’en sera-t-il dans les décennies à venir ?

S’il ne s’agit, selon la loi actuelle, que d’aider les couples stériles, l’assistance médicale à la procréation a désormais atteint ses buts avec l’optimisation des actes biologiques et médicaux. Mais la technique, sous couvert de médecine de pointe, cherche toujours à agrandir son territoire et à régenter nos vies, même lorsque la nécessité ne s’impose pas… Aussi, puisqu’aujourd’hui la régulation bioéthique fait l’objet d’une permissivité croissante, la question se pose de savoir jusqu’où ira la médicalisation de la procréation, et comment la société pourra en maîtriser les dérives sociétales et eugéniques.

Devrons-nous aller jusqu’à compter sur la décroissance économique pour, mieux que les lois de bioéthique, imposer des limites à la démesure technoscientifique ?

Fin du sexe, avenir de la procréation. Demain, les enfants seront conçus au laboratoire et le sexe sera réservé au plaisir.

“Je rencontre, depuis trente ans, deux types de réaction quand j’expose cette perspective révolutionnaire et dramatique. D’abord celle des « bioconservateurs » selon la terminologie transhumaniste, horrifiés par la fabrication des enfants comme des objets de commerce. Puis celle de personnes de plus en plus nombreuses, et de plus en plus jeunes, qui osent lancer « Et alors ?…Où est le problème ?… ». Tentons quelques réponses. L’humaniste voit dans la sélection humaine la réification de l’enfant et une incitation pour stigmatiser les handicapés, ou seulement les déviants, c’est à dire un fort recul de nos valeurs. Il craint aussi l’instauration future de politiques autoritaires au nom du « bien collectif ». Encore nous situons nous ici dans la perspective traditionnelle de la conception par un homme et une femme et pas dans celles, possibles, de la conception homosexuelle voire autonome. Quant au biologiste, il imagine la désillusion possible dans les familles si l’enfant, sélectionné sur des bases statistiques, vient créer la surprise par son identité individuelle. Mais, surtout, il s’inquiète de la perte de diversité génétique si, comme c’est vraisemblable, les critères de sélection (hors cosmétiques) deviennent les mêmes partout, évoluant en tout lieu grâce aux corrélations croissantes issues du croisement informatique des données génomiques avec les caractéristiques de personnes existantes. Il ne faudrait pas plus de quelques générations, en recourant de façon quasi généralisée au tri embryonnaire, pour changer le génome de notre espèce, et ceci sans avoir modifié un seul génome! Aussi, en ces temps incertains de modifications drastiques de l’environnement, il serait sage d’assurer notre pérennité en conservant une biodiversité capable de résister à des fléaux inconnus (conditions climatiques, alimentation, parasites, épidémies,…). Bien sûr, cette précaution est superflue pour les transhumanistes qui souhaitent changer notre espèce. H Greely reconnaît cet effet de l’ « easy PGD » (DPI facile) mais il ne s’en inquiète pas. Il ne propose de législation que pour des actes délictueux (vol de cellules sur une tasse pour faire fabriquer le bébé d’une star…). Il pense qu’il serait dangereux pour un gouvernement de distinguer entre vies supportables ou non selon la sévérité estimée des atteintes de l’enfant à venir, et qu’il faut donc laisser les couples choisir. Mais il ajoute que la coercition n’est pas toujours mauvaise et évoque alors une taxation… Bref, une éthique à l’américaine ! Avouons qu’au point avancé où nous en sommes il serait naïf d’imaginer faire mieux.”


France culture : Assiste-t-on à une révolution dans la procréation ? 19.03.2014

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Jacques Testart : Ça fait bientôt trente ans que j’essaie de me battre contre certaines dérives.Ce que je crains, c’est que la procréation assistée devienne une sorte de fabrique des enfants, y compris pour des gens qui n’ont pas besoin d’assistance médicale. En fabriquant l’enfant, la bio-médecine prend une responsabilité et ferait en sorte que l’enfant soit de meilleure qualité que l’enfant qu’on pourrait concevoir au hasard. Ce que je crains le plus, c’est le tri des embryons, qui se développe un peu dans tous les pays et qui risque de prendre une ampleur que personne n’imagine aujourd’hui.

Est en train de se mettre en place tout un système de sécurisation de la procréation, de fabrication, qui est assez navrant. Il y a quelque chose qui se met en place, comme s’il était normal de faire un bébé dans un laboratoire plutôt que dans un lit. On est devant une nouvelle considération de ce qu’est la procréation.


Jacques Testart : “J’ai des craintes de dérives eugéniques”.

Emmanuel Faux reçoit Jacques Testart, directeur de recherche honoraire à l’Inserm, auteur de Faire des enfants demain.

Dans cette vidéo, Jacques Testart nous livre ses impressions sur le devenir de la procréation médicalement assistée.

Jacques Testart : Tous les enfants conçus par PMA dans un siècle ?


Depuis le 1er janvier 2012, suite à la réorganisation des instances intergouvernementales au Conseil de l’Europe, le Comité de Bioéthique (DH-BIO) mène les travaux qui sont assignés au Comité directeur pour la bioéthique (CDBI) par la Convention pour la protection des droits de l’homme et de la dignité de l’être humain à l’égard des applications de la biologie et de la médecine. Cette réorganisation a également pour but de créer un lien plus étroit entre le DH-BIO et le Comité directeur pour les Droits de l’Homme (CDDH).

Rapports abrégés

DH-BIO abr RAP 1 F, DH-BIO abr RAP 2 F, DH-BIO abr RAP 3 F, DH-BIO abr RAP 4 F, DH-BIO abr RAP 5 F, DH-BIO abr RAP 6 F, DH-BIO abr RAP 7 F, DH-BIO abr RAP 8 F, DH-BIO abr RAP 9 F, DH-BIO abr RAP 10 F

Transplantation d’un utérus à partir d’un donneur vivant

Des médecins au Texas ont réussi avec succès la transplantation d’un utérus à partir d’un donneur vivant : une première !

Un hôpital au Texas a réussi la transplantation de quatre utérus issus de donneurs vivants. Cette procédure utilisant des donneurs vivants est une première aux États-Unis si l’on en croit le Times. En février, la première transplantation utérine aux États-Unis avait été réalisée à partir d’un donneur décédé, et s’était soldée par un échec du fait d’une mycose.

Jusque-là, trois utérus ont été retirés en raison d’un manque d’irrigation sanguine. Le 4e semble jusqu’ici bien se porter. L’hôpital a déclaré que l’équipe chirurgicale était « prudemment optimiste » concernant le potentiel fonctionnel du 4e utérus transplanté. « C’est en apprenant de nos erreurs que nous faisons des progrès » a déclaré Giuliano Testa, chirurgien en chef du Baylor University Medical Centre à Dallas, lors d’un entretien avec le Times. « Je ne rougis pas d’être celui dont on se rappellera comme étant l’homme qui a réalisé quatre transplantations, dont trois ont échoué. Malgré les échecs, je vais mener ce travail à bien ».

Dans le cas des quatre femmes qui ont bénéficié de ces transplantations en septembre, toutes étaient atteintes du syndrome Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser, qui engendre l’absence d’utérus à la naissance.

Pour les femmes nées sans utérus, en avoir un qui est endommagé, ou ayant subi l’ablation de cet organe, l’implantation d’un utérus sain leur donne une chance de tomber enceinte et d’avoir un enfant.

Quoi qu’il en soit, la procédure reste très expérimentale, avec un taux d’échec très élevé. De plus amples recherches doivent être menées pour tester la sécurité et le succès de cette démarche. (Selon CNN, au moins un autre hôpital aux USA, le Brigham and Women’s à Boston, a reçu l’autorisation de tester la procédure).

Il est à noter que même si les progrès en chirurgie permettent cette opération, le coût financier sera probablement très élevé pour les patients potentiels.

Les docteurs au Royaume-Uni prévoient également de réaliser cette opération en utilisant des donneurs décédés, mais jusqu’ici, la Suède est le seul pays où des transplantations utérines ont été réussies. Les neuf opérations en question ont fait appel à des donneurs vivants, tout comme au Texas, et quelques unes des femmes transplantées ont donné naissance à des enfants.

L’équipe chirurgicale suédoise était aux côtés des médecins du Baylor lorsqu’ils ont procédé aux transplantations aux USA.

Voici comment cela se passe :

  • Tout d’abord, les chirurgiens prélèvent l’utérus et une portion du vagin du donneur, et dans le cas présent, un donneur vivant.
  • Puis, l’utérus est transplanté dans le ventre du receveur. Les chirurgiens reconnectent l’utérus au réseau sanguin du receveur. L’organe greffé est fixé le long du vagin et du bassin (pelvis), mais cela ne nécessite pas de liaison nerveuse.
  • Dans le cas d’une femme qui jusqu’à présent a eu une greffe réussie aux États-Unis, si tout continue de bien se passer, (malheureusement rien n’est encore sûr), d’ici 6 à 12 mois, elle devrait être prête à assumer une grossesse.
  • Du fait que l’utérus n’est pas connecté aux ovaires, elle devra bénéficier d’une fécondation in vitro (une procédure qui consiste à féconder un ovule hors du corps, puis implanté l’œuf dans l’utérus).
  • Compte tenu de la fragilité de l’utérus, la femme devra accoucher par césarienne.

traduction Virginie Bouetel

Sciencealert, Business Insider

Le diagnostic préimplantatoire dans les législations des pays européens : sommes-nous sur une pente glissante?

Bioethica Forum / 2008 / Volume 1 / No. 2 – Institut d’Ethique Biomédicale, Université de Zurich

Près de deux décennies après l’adoption des premières lois sur les procréations médicalement assistées (PMA) en Europe, on constate encore des divergences profondes entre les pays du Vieux Continent en ce qui concerne les réponses légales à apporter à ces nouveaux défis. Dans ce contexte, cet article se concentre sur la question du diagnostic préimplantatoire (DPI) afin de mettre en évidence les positions inconciliables qui existent entre les pays qui ont décidé d’autoriser cette technique et ceux qui y sont toujours opposés. En même temps, il vise à montrer que, chez les pays ayant autorisé le tri d’embryon, on observe une tendance nette à élargir de plus en plus les indications du recours à cette technique. Cela pose dans toute son acuité le problème de la «pente glissante», c’est-à-dire du risque de s’engager, sans le vouloir, dans un processus aboutissant à des conséquences de plus en plus pernicieuses pour l’ensemble de la société. Dans le cas du DPI, le risque majeur est de se trouver dans une course imparable vers une nouvelle forme d’eugénisme. De toute évidence, le débat autour du DPI dépasse de loin le cadre d’une discussion sur une technique complémentaire des PMA, mais implique des choix de société fondamentaux dont il faut être conscient dès le départ.

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Sud radio : Aimeriez-vous choisir le sexe de vos enfants ? Un enfant à la carte ?
Jürgen Habermas : L’avenir de la nature humaine. Vers un eugénisme libéral ?
Sommes-nous à vingt années des bébés personnalisés ?
Bébé sur mesure – ARTE Reportage
L’appréhension juridique contemporaine du corps humain
La révolution des cellules souches ?

Bébé sur mesure – ARTE Reportage

 

ARTE Reportage – samedi, 4 avril, 2015

Le 3 février 2015, le Parlement britannique votait en faveur d’une grande avancée dans la procréation médicalement assistée :
le “bébé à 3 ADN”.


FIV à trois parents : les risques cachés dévoilés dans Nature


Une technique de pointe, délicate, complexe, permettant d’implanter des embryons dépourvus de maladies présentes dans les mitochondries des ovules de certaines femmes. Des maladies aboutissant parfois à la naissance d’enfants lourdement handicapés. Cette avancée, risquée, a provoqué la surprise générale dans le milieu médical.

Que signifie cette évolution ? Comment la procréation médicalement assistée tente aujourd’hui, dans certains pays comme l’Angleterre ou les Etats-Unis, d’apporter toujours plus de réponses aux demandes des parents ?

Le business du bébé à la carte représente neuf milliards d’euros par an. Des cliniques proposent à des personnes fertiles de sélectionner les embryons et d’implanter uniquement ceux qui vous conviennent. Certains enfants aujourd’hui adultes sont le fruit d’une “banque de génies” et démontrent que l’ouverture au business de l’enfant sur mesure, du bébé à la carte, n’est plus un mythe.

Le diagnostic préimplantatoire (DPI) consiste à rechercher sur des embryons conçus in vitro, avec les spermatozoïdes du père et les ovules de la mère, une maladie génétique grave et incurable qui pourrait être transmise par les parents. L’examen vise à replacer, dans l’utérus de la mère, un embryon indemne de la maladie.

Aux Etats-Unis, le DPI ouvre des champs encore plus vastes : grâce à cette méthode, les parents peuvent par exemple choisir le sexe ou la couleur des yeux de leur futur enfant – ce qui demeure strictement interdit en France.

Les choix du sexe de l’enfant, de la couleur des yeux…, légaux aux Etats-Unis,  peuvent aussi s’opérer à la source. Comme le montre notre reportage, des sociétés proposent ainsi du sperme trié sur le volet, avec photo du donneur, mensurations, QI et origine ethnique. Le tout, bien sûr, sans maladie génétique…

De Raphaël Hitier – ARTE GEIE / Scientifilms – France 2015