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Le pass sanitaire est 100% compatible avec le Grand Reset

Vers une surveillance de masse ?

Ancien élève de l’ENA, Éric Verhaeghe a quitté l’administration en 2007. Entrepreneur et essayiste, il est notamment le fondateur du site Le Courrier des Stratèges, qui propose chaque jour une série d’articles en lien avec l’actualité politique et économique.

Dans son dernier ouvrage, Le Great Reset : mythes et réalités publié aux éditions Culture et Racines, Éric Verhaeghe décortique le contenu du livre Covid-19 : The Great Reset écrit par Klaus Schwab, fondateur du Forum de Davos, et Thierry Malleret, ancien collaborateur de Michel Rocard devenu consultant.

Si le livre de K. Schwab et T. Malleret, paru en juillet 2020, a fait couler beaucoup d’encre, Éric Verhaeghe s’est efforcé de faire la part des choses et de décrypter le projet porté par les auteurs à travers une lecture et une interprétation littérales.

Près d’un an après la parution du livre de K. Schwab et T. Malleret, Epoch Times a recueilli le point de vue d’Éric Verhaeghe sur les mesures politiques prises ces derniers mois en France, en Europe ou aux États-Unis afin de comprendre si elles s’inscrivaient dans le cadre idéologique du Grand Reset et si les recommandations formulées par le Forum économique mondial trouvaient un écho auprès des dirigeants occidentaux.

voir aussi : Covid-19 : Un rapport préconise la collecte de données personnelles

Partie III – Grand Reset, Le capitalisme aux caractéristiques chinoises

Qu’est-ce que le Grand Reset ? Partie III : Le capitalisme aux caractéristiques chinoises

Le titre de cet essai est un jeu de mots sur la description que fait le parti communiste chinois de son économie.

Il y a plusieurs décennies, lorsque le PCC ne pouvait plus nier de manière crédible la dépendance croissante de la Chine à l’égard des secteurs à but lucratif de son économie, ses dirigeants ont approuvé le slogan “socialisme aux caractéristiques chinoises” pour décrire le système économique chinois1. Formulée par Deng Xiaoping, cette phrase est devenue une composante essentielle de la tentative du PCC de rationaliser le développement capitaliste chinois dans le cadre d’un système politique socialiste-communiste.

Selon le parti, la privatisation croissante de l’économie chinoise ne devait être qu’une phase temporaire – pouvant durer jusqu’à cent ans selon certains dirigeants du parti – sur la voie d’une société sans classes du socialisme-communisme intégral. Les dirigeants du parti ont affirmé, et affirment toujours, que le socialisme aux caractéristiques chinoises était nécessaire dans le cas de la Chine parce que la Chine était un pays agraire “arriéré” lorsque le communisme a été introduit – trop tôt, a-t-on dit. La Chine avait besoin d’une piqûre de rappel capitaliste.

Avec ce slogan, le parti a pu faire valoir que la Chine avait été une exception à la position marxiste orthodoxe selon laquelle le socialisme n’arrive qu’après le développement du capitalisme – bien que Marx lui-même ait dévié de sa propre formule vers la fin de sa vie. En même temps, le slogan a permis au PCC de confirmer la position marxiste orthodoxe. La révolution communiste chinoise s’est produite avant le développement du capitalisme industriel – une exception au marxisme orthodoxe. Le capitalisme a donc été introduit plus tard dans le système économique de la Chine – une confirmation du marxisme orthodoxe.

Dépouillé de ses prétentions idéologiques socialistes, le socialisme aux caractéristiques chinoises, ou le système chinois lui-même, se résume à un État socialiste-communiste de plus en plus financé par le développement économique capitaliste. La différence entre l’ancienne Union soviétique et la Chine contemporaine est que, lorsqu’il est devenu évident que l’économie socialiste-communiste avait échoué, la première a abandonné ses prétentions économiques socialistes-communistes, alors que la seconde ne l’a pas fait.

Que les dirigeants du PCC croient ou non à leur propre rhétorique, la gymnastique idéologique déployée est néanmoins spectaculaire. À première vue, le slogan incorpore et dissimule une contradiction apparemment évidente dans une tentative de sanctifier ou de “recommunifier” le développement capitaliste chinois comme une condition préalable au socialisme-communisme intégral.

Cependant, le slogan chinois capture une vérité essentielle sur le communisme, une vérité qui est soit non reconnue ou non admise par le PCC et niée par les marxistes occidentaux. Contrairement aux affirmations des dirigeants et des adeptes du communisme, et même contrairement aux affirmations de beaucoup de ceux qui s’y opposent, le socialisme-communisme n’est pas essentiellement un système économique mais plutôt un système politique.

Une fois au pouvoir, les dirigeants socialistes-communistes reconnaissent qu’étant donné leur contrôle sur les ressources, ils sont effectivement devenus les nouveaux propriétaires des moyens de production (alors que, comme Ludwig von Mises l’a suggéré, les consommateurs détiennent effectivement le pouvoir de disposition économique dans les marchés libres2). En tentant de mettre en place une économie socialiste-communiste, ils reconnaissent qu’en l’absence de prix, la production industrielle à grande échelle nécessite une prise de décision sous surveillance. De même, la prise de décision n’est pas démocratique dans le sens promis par les idéologues socialistes-communistes. La prise de décision doit être centralisée, ou du moins bureaucratisée, dans une large mesure. La prise de décision démocratique est exclue par le fait que la production et la distribution appartiennent à l’État et sont contrôlées par lui.

Le socialisme-communisme est un système politique dans lequel l’allocation des ressources est commandée par l’État et donc effectivement contrôlée par les dirigeants de l’État, la véritable classe dirigeante. Ces derniers conservent le contrôle par l’idéologie et la force.

Par opposition à un système économique pleinement mis en œuvre, le socialisme-communisme n’est toujours qu’un arrangement politique. C’est pourquoi le socialisme-communisme peut être combiné au “capitalisme” sous des formes telles que le “capitalisme d’État3” ou le socialisme d’entreprise. Ses prétentions économiques seront abandonnées à mesure que le développement capitaliste sera introduit et habilement rationalisé, comme en Chine. Si de telles prétentions sont maintenues pendant longtemps, elles détruiront la société, comme dans l’ancienne Union soviétique. Dans les deux cas, les dirigeants socialistes-communistes apprendront que la production de richesses nécessite l’accumulation de capital privé – qu’ils comprennent ou non pourquoi.

Le Grand Reset, Le capitalisme avec des caractéristiques chinoises © Oliver Munday

Entrez dans le socialisme d’entreprise

Une version socialiste-communiste arrive bientôt près de chez vous. Certains des mêmes anciens protagonistes réapparaissent, tandis que de nouveaux ont rejoint le casting. Si l’idéologie et la rhétorique sont presque les mêmes, elles sont utilisées à des fins légèrement différentes. Cette fois-ci, les vieilles promesses sont en jeu, et un appât similaire mais non identique est brandi. Le socialisme promet la protection des personnes assiégées contre le “mal” économique et politique, la promotion des intérêts économiques de la sous-classe, le bannissement des personnes “dangereuses” des forums publics et de la vie civique, et une préoccupation primaire ou exclusive pour le “bien commun”. L’initiative chinoise “One Belt, One Road” (une ceinture, une route) peut suspendre ses bénéficiaires en Afrique et dans d’autres régions sous-développées comme s’il s’agissait d’un nœud coulant infrastructurel. Une autre variété de projets est prévue dans le monde développé, y compris aux États-Unis.

L’initiative chinoise “One Belt, One Road”4 (La nouvelle route de la soie, litt. “ceinture économique de la route de la soie” ou la ceinture et la route) peut suspendre ses bénéficiaires en Afrique et dans d’autres régions sous-développées comme s’il s’agissait d’un nœud coulant infrastructurel. Une autre variété de projets est prévue dans le monde développé, y compris aux États-Unis.

La variante contemporaine est le socialisme d’entreprise, ou un système à deux niveaux de “socialisme réellement existant5” sur le terrain, couplé à un ensemble parallèle de monopoles d’entreprise ou de monopoles potentiels au sommet. La différence entre le socialisme d’État et le socialisme d’entreprise est simplement qu’un groupe d’intérêt différent contrôle effectivement les moyens de production. Mais les deux dépendent du monopole, l’un de l’État et l’autre de l’entreprise qui monopolise l’économie. Et les deux dépendent de l’idéologie socialiste-communiste du socialisme démocratique, ou, dans une variante récente, de l’idéologie de la “justice sociale” ou du “woke”. Le socialisme d’entreprise est la fin souhaitée, tandis que le socialisme démocratique et le capitalisme sauvage font partie des moyens.

La Chine est le modèle du système économique et politique promu en Occident, et le Grand Reset est l’articulation la plus franche de ce système – bien que son articulation soit tout sauf parfaitement franche.

Le Grand Reset représente le développement du système chinois en Occident, mais à l’envers. Alors que l’élite politique chinoise a commencé par un système politique socialiste-communiste et a mis en œuvre le “capitalisme” par la suite, l’élite occidentale a commencé par le “capitalisme” et vise à mettre en œuvre un système politique socialiste-communiste maintenant. C’est comme si l’oligarchie occidentale regardait le “socialisme” affiché en Chine, et disait “oui, nous le voulons”.

Cela explique de nombreuses contradictions apparentes, dont la moindre n’est pas l’autoritarisme de gauche de Big Tech. Le Big Tech, et en particulier le Big Digital, est l’appareil de communication idéologique pour l’avancement du socialisme d’entreprise, ou capitalisme aux caractéristiques chinoises.

Les caractéristiques chinoises que le Grand Reset vise à reproduire en lien avec le capitalisme occidental ressembleraient au totalitarisme du PCC. Cela nécessiterait une grande restriction des droits individuels – y compris les droits de propriété, la liberté d’expression, la liberté de mouvement, la liberté d’association, la liberté de religion et le système de libre entreprise tel que nous le concevons.

Le Grand Reset mettrait en œuvre le système politique à peu près de la même manière que la Chine l’a fait – avec la surveillance des smart city par la 5G, l’équivalent des scores de crédit social, les passeports médicaux, l’emprisonnement politique et d’autres moyens de répression et de contrôle social et politique.

Au final, le socialisme aux caractéristiques chinoises et le capitalisme aux caractéristiques chinoises reviendraient au même.

Michael Rectenwald

Michael Rectenwald est l’auteur de onze ouvrages, dont Thought Criminal (2020), Beyond Woke (2020), Google Archipelago (2019), Springtime for Snowflakes (2018), Nineteenth-Century British Secularism (2016). Il a été professeur à l’université de New York de 2008 à 2019. Il a également enseigné à la Duke University, la North Carolina Central University, la Carnegie Mellon University et la Case Western Reserve University. Il est un expert et un défenseur de la liberté d’expression contre toutes les formes d’autoritarisme et de totalitarisme, y compris le socialisme-communisme, la “justice sociale”, le fascisme et le politiquement correct.

Il est titulaire d’un doctorat en études littéraires et culturelles de l’université Carnegie Mellon, d’une maîtrise en littérature anglaise de l’université Case Western Reserve et d’une licence en littérature anglaise de l’université de Pittsburgh. (voir son C.V. pour plus de détails). Ses essais universitaires et académiques sont parus dans le Quarterly Journal of Austrian Economics, Academic Questions, Endeavour, le British Journal for the History of Science, College Composition and Communication, International Philosophical Quarterly, les anthologies De Gruyter (Organized Secularism in the United States), etc.

Les publications de Michael destinées au grand public sont apparues sur le fil de Mises Institute, The Epoch Times, RT.com, Campus Reform, The New English Review, The International Business Times, The American Conservative, Quillette, The Washington Post, The Pittsburgh Post-Gazette, entre autres. Le Dr Rectenwald a participé à de nombreux talk-shows politiques et autres sur les grands réseaux (Tucker Carlson Tonight, Fox & Friends, Fox & Friends First, Varney & Company, The Glenn Beck Show), à des émissions de radio syndiquées (Glenn Beck et bien d’autres), ainsi qu’à des émissions et podcasts.


– Partie I : Qu’est-ce que le Grand Reset ? Espoirs réduits et Bio-techno-féodalisme
– Partie II : le socialisme d’entreprise
– Partie III : Le capitalisme aux caractéristiques chinoises
– Partie IV : Capitalisme des parties prenantes vs. néolibéralisme
– Partie V : L’idéologie Woke

Notes : 

1Ian Wilson, “Socialism with Chinese Characteristics: China and the Theory of the Initial Stage of Socialism,” Politics 24, no. 1 (September 2007): 77–84.

2Ludwig von Mises, Socialism: An Economic and Sociological Analysis, 3d ed. (New Haven, CT: Yale University Press, 1951), pp. 37–42.

3Western Marxists employ the term state capitalism to exclude the Soviet Union and China from the category of socialism-communism. They thereby reserve, in their own propaganda, at least, the hallowed terms social­ism and communism for the never present, always receding, and just-over-the-horizon ideal.

4Alexandra Ma, “The US Is Scrambling to Invest More in Asia to Counter China’s ‘Belt and Road’ Mega-Project. Here’s What China’s Plan to Connect the World through Infrastructure Is like.,” Business Insider, Nov. 11, 2019. https://www.businessinsider.com/what-is-belt-and-road-china-infrastructure-project-2018-1?IR=T.

5“Actually existing socialism” is a “[t]erm used in the former communist countries to describe them as they really were, rather than as the official theory required them to be. Its use was largely ironical, and more or less confined to the writings of dissidents.” Palgrave Macmillan Dictionary of Political Thought, by Roger Scruton, 3d ed. (New York: Macmillan Publishers, 2007), s.v. “Actually existing socialism.” Credo Reference. http://proxy.library.nyu.edu/login?url=https://search.credoreference.com/content/entry/macpt/actual¬ly_existing_socialism/0?institutionId=577.

Microsoft et Improbable s’associent pour améliorer les capacités de sécurité nationale

Microsoft et Improbable annoncent un partenariat mondial pour le secteur de la défense et de la sécurité nationale

Improbable Worlds Limited, une société spécialisée dans les technologies d’environnement synthétique, annonce un partenariat avec la division Défense et renseignement de Microsoft afin d’aider les gouvernements à améliorer leurs résultats en matière de sécurité nationale.

Ce partenariat transformera la capacité des gouvernements et de leurs fournisseurs de solutions à fournir des environnements synthétiques multi-domaines pour la défense et la sécurité nationale.

L’activité de défense d’Improbable, basée principalement à Londres et à Washington DC, s’appuie sur la base de la technologie innovante pour les jeux et le divertissement numérique, combinée à une expertise spécifique en modélisation informatique, IA, analyse de données et autres compétences et connaissances pertinentes pour les applications de défense et de sécurité nationale.

La plateforme d’environnement synthétique d’Improbable est une plateforme de simulation puissante, flexible et sécurisée, adaptée aux besoins de la communauté de la défense et capable de prendre en charge les simulations militaires et les environnements synthétiques les plus sophistiqués jamais expérimentés.

Improbable travaille au sein de l’alliance de l’OTAN et avec une série de partenaires industriels pour transformer la planification, la formation et l’aide à la décision au sein des communautés gouvernementales, de la défense et de la sécurité.

La plateforme d’environnement synthétique d’Improbable sera disponible sur les services Azure en local, dans le cloud et cloud-to-edge.

La combinaison de leurs outils transformerait les capacités, notamment la planification opérationnelle, la conception des politiques, la formation collective, la résilience nationale et l’expérimentation en matière de défense.

Dans le cadre de ce partenariat, les organisations utilisant Microsoft Azure pourront proposer des produits tels que des modèles, des ensembles de données et des applications d’intelligence artificielle par le biais de la plateforme d’Improbable.

Les deux entreprises ont déclaré que cela renforcerait l’innovation dans le développement de l’environnement synthétique et faciliterait l’accès des clients de la défense aux capacités fournies par l’industrie, le gouvernement et les universités.

Gus MacGregor-Millar, directeur général de Microsoft Defence & Intelligence, a déclaré : “Nous sommes fiers d’annoncer que la plateforme d’environnement synthétique d’Improbable est désormais disponible sur le cloud Microsoft Azure et l’offre Azure Stack.”

“Nous sommes ravis de combiner nos forces complémentaires et d’offrir à nos clients du secteur de la défense et du renseignement le potentiel de transformation des environnements synthétiques alimentés par des calculs sécurisés et fiables dans le cloud.”

Microsoft et Improbable ont déclaré que la combinaison de la plate-forme d’environnement synthétique et des services professionnels, ainsi que des “écosystèmes de partenaires communs”, permettrait de “développer, valider, déployer et adapter plus rapidement et plus facilement des solutions d’environnement synthétique” conçues pour répondre à de plus nombreux défis en matière de défense et de sécurité.

Résultats de la consultation sur le passeport vaccinal

Cette synthèse a été remise aux pouvoirs publics.

Le Conseil économique social et environnemental (CESE) a pour rôle d’organiser les remontées des citoyens auprès du Gouvernement.

Le CESE a lancé du 17 février au 7 mars 2021 un nouveau module participatif, sur la question du passeport vaccinal. Questionnement qui émerge en effet fortement dans le débat public. La question posée était la suivante : « Que pensez-vous du passeport vaccinal, dans le cadre d’une utilisation pour accéder aux lieux aujourd’hui fermés (restaurants, cinémas, stades, musées…) ? ».

Les enseignements généraux de la consultation

Parmi les 110 507 participants à la consultation :

72,7% des participants se sont déclarés défavorables à la mise en place d’un passeport vaccinal sur le territoire national.
20,2% d’entre eux se sont au contraire déclarés très favorables.

Les personnes défavorables citent majoritairement l’atteinte aux libertés privées que constituerait un tel dispositif, tandis que les personnes favorables évoquent quant à elles la possibilité de rouvrir les lieux fermés au public.

Les participants qui se déclarent favorables au passeport vaccinal mettent majoritairement en avant la possibilité de rouvrir les lieux fermés, de voyager à nouveau ou encore de retrouver ses libertés.

A l’inverse, les participants qui se déclarent défavorables au passeport vaccinal pointent principalement l’atteinte aux libertés privées, l’incertitude concernant l’efficacité et la sûreté des vaccins, ou encore la discrimination entre les citoyens que créerait ce dispositif.

Une nécessité pour un retour à la vie normale vs. une proposition liberticide

Chez les Pour, le principal bénéfice avancé pour justifier la mise en place du passeport vaccinal est sa nécessité pour un retour à la vie normale : réouverture des lieux collectifs fermés (restaurants, musées, salles de sport…), possibilité de voyager à l’étranger et de voir ses proches sans crainte.

Les répondants acceptent cette attestation qui est jugée assez similaire aux carnets de vaccination internationaux obligatoires pour voyager dans certains pays, ou au carnet de vaccination traditionnel suivant la vaccination des enfants.

=> Condition de mise en œuvre : le passeport vaccinal ne serait toutefois accepté (et acceptable) que quand toutes les personnes volontaires auront pu être vaccinées. Les répondants insistent ainsi sur la nécessaire accélération de la campagne de vaccination

Chez les Contre, ce retour à la vie normale est beaucoup plus nuancé. Deux arguments principaux y sont opposés, un de principe, l’autre d’efficacité :

* Le passeport vaccinal créerait une discrimination entre les citoyens vaccinés et non vaccinés (notamment les personnes ne pouvant pas être vaccinées), et de fait restreindrait les libertés des derniers. Le caractère potentiellement inconstitutionnel du dispositif est ainsi mis en avant

* Le passeport vaccinal serait trop difficile à mettre en place pour qu’il soit effectif. La difficulté de réaliser les contrôles par les restaurateurs est ainsi un argument fréquent dans les réponses. Dans une moindre mesure, les participants revendiquent leur hostilité à l’idée de présenter un document à l’entrée des lieux collectifs

=> Conditions de mise en œuvre : Face à ces arguments, trois propositions sont récurrentes :

– Ne mettre en place le passeport vaccinal que pour les déplacements à l’étranger (sur le même format que le carnet de vaccination international), mais pas pour la vie quotidienne sur le territoire national
– Pour les personnes non vaccinées, pouvoir remplacer le passeport vaccinal par un test PCR négatif réalisé 72h avant
– Faire réaliser les contrôles à l’entrée des lieux collectifs par des policiers et/ou autres agents officiels

Les contre mettent également en avant les risques du vaccin encore non éprouvé (pas de retours sur son efficacité, sa dangerosité et sa compatibilité avec les nouveaux variants). Les répondants soulignent la “fausse défense” apportée par le vaccin : une personne vaccinée peut, en effet, toujours être porteuse et contagieuse.

Pour aller plus loin, nous vous invitons à télécharger la synthèse des contributions.

Résultats de la consultation sur le passeport vaccinal du Conseil économique social et environnemental (CESE)

Le Great Reset : mythes et réalités

Le Great Reset est l’idée à la mode des élites mondialisées qui gravitent autour du Forum de Davos. Mais que signifie-t-il au juste ? S’agit-il, comme on le lit parfois, du dernier projet néo-libéral destiné à balayer nos services publics ? Ou bien est-il le complot pour une domination du monde dont parlent certains ? Ce projet mérite d’être analysé et compris, car il risque d’avoir un vrai impact sur notre vie quotidienne dans les années à venir.

Le Great Reset, c’est l’appel officiel à utiliser la pandémie et les confinements pour changer les comportements sociaux et sociétaux, une occasion historique d’accélérer la quatrième révolution industrielle, celle de la digitalisation. C’est aussi un éloge de l’intervention de l’État pour imposer la transition écologique et l’économie circulaire. C’est encore une justification à la surveillance de tous les individus grâce à Internet et à la reconnaissance faciale.

Loin des fantasmes, cet opuscule propose une lecture littérale du livre de Klaus Schwab, fondateur du Forum de Davos, co-écrit avec Thierry Malleret (ancien conseiller de Michel Rocard), « COVID-19 : La grande réinitialisation » publié en juillet 2020 et en donne une interprétation conforme à sa lettre : ni complot, ni parole en l’air, le Great Reset formalise une aspiration profonde, à la fois étatiste et écologiste, qui structure la pensée dominante d’aujourd’hui.

Éric Verhaeghe, 52 ans, est ancien élève de l’ENA. Il a quitté l’administration en 2007 pour exercer diverses fonctions patronales. Il a créé plusieurs entreprises, dont Tripalio, spécialisée dans le droit des conventions collectives. Il assume ses prises de position libertariennes et anime « Le Courrier des Stratèges ».

La pandémie est utilisée comme un prétexte… selon l’ONU

C’est une confirmation importante que les médias français ont peu relayée. Nous citons le Secrétaire Général de l’ONU en personne :

Brandissant la pandémie comme prétexte, les autorités de certains pays ont pris des mesures de sécurité sévères et adopté des mesures d’urgence pour réprimer les voix dissonantes, abolir les libertés les plus fondamentales, faire taire les médias indépendants et entraver le travail des ONG.” António Guterres, Secrétaire Général de l’ONU, à l’ouverture de la 46e session du Conseil des droits de l’homme du 22 février 2021.

Le chef de l’Organisation des Nations Unies ajoute, notamment : “Des défenseurs des droits humains, des journalistes, des avocats, des militants, et même des professionnels de la santé, ont fait l’objet […] de poursuites, et de mesures d’intimidation et de surveillance pour avoir critiqué les mesures – ou le manque de mesures – prises pour faire face à la pandémie. Les restrictions liées à la pandémie servent d’excuses pour miner les processus électoraux, affaiblir les voix des opposants et réprimer les critiques.

Les quatre coins du globe sont touchés par des violations des droits humains“.

M. Guterres a déploré “l’affaiblissement de la démocratie, l’utilisation de la force brutale, les arrestations arbitraires, la répression dans toutes ses manifestations ou la restriction de l’espace civique“.

De plus, “la pandémie a affecté de manière disproportionnée les femmes, les minorités, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les réfugiés, les migrants et les peuples autochtones” et “l’extrême pauvreté gagne du terrain” a-t-il déploré.

La Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a également dénoncé “les restrictions illégitimes des libertés publiques (et) l’utilisation excessive des pouvoirs d’urgence” dans le cadre de l’épidémie. “L’usage de la force ne mettra pas fin à cette pandémie. Envoyer les critiques en prison ne mettra pas fin à cette pandémie”, a-t-elle martelé, sans toutefois mentionner de pays.

ONU : Conseil des droits de l’homme : « Les coups d’État n’ont pas leur place dans notre monde moderne » (Guterres)
Voir aussi La Libre.be

Virus de destruction massive

Il arrive un moment dans l’introduction de chaque nouveau récit officiel où les gens ne se rappellent plus comment il a commencé.

Ou plutôt, ils se souviennent de la façon dont cela a commencé, mais pas de la propagande qui l’a déclenché.

Ou plutôt, ils se souviennent de tout cela (ou en sont capables, si on leur met la pression), mais cela ne fait plus aucune différence, car le récit officiel a supplanté la réalité.

Vous vous souvenez de ce point de la guerre contre la terreur, et plus particulièrement de l’occupation de l’Irak. Au second semestre 2004, la plupart des Occidentaux avaient complètement oublié la propagande qui avait lancé l’invasion, et considéraient donc la résistance irakienne comme des “terroristes”, malgré le fait que les États-Unis avaient envahi et occupaient leur pays sans aucune raison légitime.

À cette époque, il était tout à fait clair qu’il n’y avait pas d’ “armes de destruction massive” et que les États-Unis avaient envahi une nation qui ne l’avait pas attaquée et ne représentait aucune menace pour elle, et qu’ils menaient donc une guerre d’agression classique.

Ces faits n’avaient aucune importance, pas le moindre. À cette époque, les Occidentaux étaient totalement immergés dans le récit officiel de la guerre contre la terreur, qui avait supplanté la réalité objective. La mentalité de troupeau avait pris le dessus. Il est difficile de décrire comment cela fonctionne ; c’est un état de dissociation fonctionnelle. Ce n’est pas que les gens ne connaissaient pas les faits, ou qu’ils ne les comprenaient pas.

Ils savaient que les Irakiens n’étaient pas des “terroristes”. En même temps, ils savaient qu’ils étaient définitivement des “terroristes”, même s’ils savaient qu’ils ne l’étaient pas.

Ils savaient qu’il n’y avait pas d’ADM (arme de destruction massive), qu’il n’y avait jamais eu d’ADM, et ils étaient tout de même certains qu’il y avait des ADM, qui seraient trouvées, bien qu’elles n’existent manifestement pas.

La même chose s’est produite dans l’Allemagne nazie.

La majorité des Allemands n’ont jamais été des antisémites fanatiques comme les membres purs et durs du N.S.D.A.P. S’ils l’avaient été, il n’y aurait pas eu besoin de Goebbels et de sa monstrueuse machine de propagande.

Non, les Allemands pendant la période nazie, comme les Américains pendant la guerre contre la terreur, savaient que leurs victimes ne représentaient aucune menace pour eux, et en même temps ils croyaient exactement le contraire, et ne protestaient donc pas, car leurs voisins étaient arrachés à leurs maisons et envoyés dans des camps de la mort, des camps qui, dans leur état dissociatif, existaient et n’existaient pas simultanément.

Ce que je décris ressemble probablement à une psychose, mais, techniquement parlant, ce n’en est pas une… pas tout à fait. Ce n’est pas une rupture absolue avec la réalité. Les gens qui fonctionnent dans cet état savent que ce qu’ils croient n’est pas réel.

Néanmoins, ils sont obligés d’y croire (et d’y croire, en fait, littéralement, aussi impossible que cela puisse paraître), car les conséquences de ne pas y croire sont encore plus effrayantes que la dissonance cognitive de croire un récit qu’ils savent être une fiction.

Ne pas croire le récit officiel signifie l’excommunication de la “normalité”, la perte d’amis, de revenus, de statut et, dans de nombreux cas, des punitions bien pires.

Les animaux du troupeau, dans un état de panique, courent instinctivement vers le centre du troupeau. La séparation du troupeau en fait une proie facile pour la poursuite des prédateurs. C’est le même instinct primitif qui opère ici.

Le but de tout récit officiel est de générer ce type de mentalité de troupeau, non pas pour tromper ou duper le public, mais plutôt pour le confondre et le terroriser au point qu’il revienne à ses instincts primaires, et qu’il soit poussé par une peur purement existentielle, et que les faits et la vérité n’aient plus d’importance.

Une fois qu’un récit officiel atteint ce point, il est inattaquable par les faits et la raison. Il n’a plus besoin de faits pour le justifier. Il se justifie par sa propre existence. La raison ne peut pas la pénétrer. Il est inutile de se disputer avec ses adeptes. Ils savent qu’elle est irrationnelle. Ils ne s’en soucient tout simplement pas.

Nous arrivons à ce point avec le récit du coronavirus. Il est possible que nous l’ayons déjà atteint. Malgré le fait que nous ayons affaire à un virus qui, oui, est clairement mortel pour les personnes âgées et les personnes atteintes de maladies, mais qui n’est pas non plus une menace mortelle pour la majorité de l’espèce humaine, les gens se cachent dans leurs maisons comme si l’apocalypse des zombies avait enfin commencé.

Beaucoup semblent croire que ce virus est une sorte de grippe Alien-Terroriste mortelle (ou virus de destruction massive militarisé) qui vous tuera à la seconde où vous l’inhalez.

Cela n’est pas du tout surprenant, car, selon le récit officiel, ses pouvoirs destructeurs sont presque illimités. Non seulement il va détruire vos poumons et liquider tous vos autres organes principaux, et vous tuer avec des caillots de sang et des dommages intestinaux, mais il provoque maintenant des “accidents vasculaires cérébraux soudains chez les jeunes adultes”, et peut-être un cancer de la prostate spontané, et Dieu sait quelles autres horreurs médicales !

Selon tous les “scientifiques” et “experts médicaux” (c’est-à-dire ceux qui se conforment au récit officiel, pas tous les autres scientifiques et experts médicaux), il ne ressemble à aucun autre virus qui ait jamais existé dans l’histoire des virus.

Elle ne suit certainement pas le schéma typique qui consiste à se propager largement pendant une période limitée, puis à s’éteindre rapidement d’elle-même, quelles que soient les mesures prises pour la contrecarrer, comme cette étude israélienne semble l’indiquer.

De plus, “nous n’avons aucune immunité contre elle“, c’est pourquoi nous devons tous rester “enfermés” comme des détenus indisciplinés dans un pénitencier jusqu’à ce qu’un vaccin puisse être concocté et imposé à chaque personne vivante sur terre.

L’immunité au Covid-19 devrait durer des années

Apparemment, ce vaccin miracle nous rendra magiquement immunisés contre ce virus contre lequel nous n’avons aucune immunité (et sommes totalement incapables de développer une immunité), immunité qui sera certifiée sur nos “papiers d’immunité” obligatoires, dont nous aurons besoin pour voyager, trouver un emploi, envoyer nos enfants à l’école et, vous savez, pour les montrer à la police lorsqu’elle nous arrêtera dans la rue parce que nous aurons l’air d’être peut-être “infectés”.

L’Allemagne est bien en avance sur ce point. Selon le Süddeutsche Zeitung, le gouvernement fédéral prévoit d’introduire une “carte d’immunité” contre le coronavirus dans le cadre de sa “loi sur la protection contre les infections”, qui donnera aux autorités le pouvoir d’arrêter toute personne “soupçonnée d’être contagieuse” et de la mettre en “quarantaine”, et de lui interdire l’accès à certains lieux publics.

Les autorités malaisiennes ont renoncé à de telles subtilités et arrêtent les travailleurs migrants et les réfugiés dans les “zones rouges de Covid-19” et les emmènent Dieu sait où.

Oh, oui, et j’allais oublier… les chercheurs de la DARPA spécialisés dans la guerre bactériologique et chimique ont mis au point un nouveau type de test sanguin sophistiqué qui permettra d’identifier les “porteurs asymptomatiques*” (c’est-à-dire les personnes qui ne présentent aucun symptôme).

* Les asymptomatiques ne transmettent pas la Covid19, étude chinoise sur 10 MILLIONS DE PERSONNES! Post-lockdown SARS-CoV-2 nucleic acid screening in nearly ten million residents of Wuhan, China : https://www.nature.com/articles/s41467-020-19802-w

Cela sera donc probablement utile… surtout si les “suprémacistes blancs“, les “extrémistes rouge-brun” et les “théoriciens du complot” continuent de protester contre le verrouillage avec leurs femmes et leurs enfants !

Et ce ne sont là que les derniers ajouts à une liste d’exemples plutôt dystopiques de la “nouvelle norme” du récit officiel que GloboCap [Global capitalism, le capitalisme global] déploie, sous nos yeux (que les rédacteurs de l’OffGuardian ont rationalisé ici et ici). Tout est là, noir sur blanc.

Ils ne cachent pas le totalitarisme … ils n’ont pas à le faire. Parce que les gens le réclament. Ils exigent d’être “enfermés” dans leurs maisons, obligés de porter des masques et de se tenir à deux mètres les uns des autres, pour des raisons dont la plupart d’entre eux ne se souviennent plus.

Les barrières en plastique s’élèvent partout. Les flèches au sol vous indiquent le chemin à suivre. Des boîtes vous indiquent où vous tenir. Les Blockwarts paranoïaques mettent en place des panneaux menaçant quiconque ne porte pas de masque.

Des petits voyous fascistes hystériques dénoncent leurs voisins à la police pour avoir laissé leurs enfants jouer avec d’autres enfants. Des millions de personnes téléchargent volontairement des “applications de recherche de contacts” afin que les gouvernements et les entreprises mondiales puissent surveiller tous leurs mouvements.

En Espagne, ils ont javellisé une plage entière, tuant tout, jusqu’aux insectes, afin de protéger le public contre les “infections”.

L’Internet est devenu un chœur orwellien de voix criardes et moralisatrices qui intimident tout le monde pour qu’il se conforme à des tableaux, des graphiques et des culpabilités désespérées, dont peu ont un lien avec la réalité. Les entreprises et les gouvernements censurent la dissidence. Nous approchons d’un niveau d’hystérie de masse fabriquée et de mentalité de troupeau que même Goebbels n’aurait pas pu imaginer.

Pendant ce temps, ils frappent les “hôpitaux de campagne“, pour la plupart vides, et le “navire-hôpital” théâtral est maintenant parti, et malgré leurs tentatives de gonfler le nombre de morts du Covid-19 autant qu’il est humainement possible, les centaines de millions de morts prévues ne se sont pas matérialisées (loin s’en faut), et la Suède va bien, tout comme la plupart de l’humanité, et … tout comme il n’y avait pas d’ADM, il n’y a pas de virus de destruction massive.

Ce qu’il y a, c’est un nouveau récit officiel, la nouvelle “norme” pathologisée et paranoïaque. Comme la guerre contre la terreur, c’est un récit global. Un récit global, post-idéologique.

Ce n’est que le début, donc on ne sait pas encore à quel point cette série va devenir totalitaire, mais, étant donné la nature de l’épisode pilote, je redoute un peu le reste de la série.

CJ Hopkins

CJ Hopkins est un dramaturge, romancier et satiriste politique américain primé, basé à Berlin.

Le Coup d’état d’urgence

Surveillance, répression et libertés

Printemps 2020. Pour faire face au Covid-19, le premier état d’urgence sanitaire de l’histoire de France est instauré, s’inspirant de l’état d’urgence décrété pendant la guerre d’Algérie. Du jour au lendemain, l’intégralité de la population française se retrouve assignée à résidence, privée de sa liberté d’aller et de venir, de son droit à la vie privée et, selon les cas, de son droit au travail ou à la liberté d’entreprendre.

Parallèlement, un mécanisme de surveillance généralisée est mis en place, avec quadrillage policier du territoire et usage de drones. Désormais, chaque citoyen est considéré comme un danger potentiel. Il n’est plus un sujet de droit mais un « sujet virus ».

Alors que l’état d’exception contamine peu à peu le droit commun à la manière d’une tache d’huile, les catégories de personnes et les champs touchés par les réductions de libertés ne cessent de s’étendre. Quelles conséquences, dans ces conditions, pour les libertés publiques ? Quels contre-pouvoirs mobiliser face à l’arbitraire de l’exécutif ? Faut-il apprendre à vivre avec ce nouveau paradigme, ou, position défendue par l’auteur, ne pas s’y résigner ?

L’expertise d’Arié Alimi est précieuse et permet de poser un regard sans concession sur la question des libertés publiques et des dérives policières, au cœur de l’actualité. Face à ce « coup d’état d’urgence », il est encore temps de réagir.

Arié Alimi est un avocat pénaliste. Il défend de nombreuses victimes de violences policières et est membre de la Ligue des droits de l’Homme.

Tous surveillés – 7 milliards de suspects

Faut-il, pour stopper une pandémie ou éviter un attentat, accepter de renoncer à nos libertés individuelles ? A l’heure où de plus en plus d’États ont recours aux technologies de surveillance pour endiguer la propagation du coronavirus, cette enquête dresse un panorama mondial de l’obsession sécuritaire. Des caméras à reconnaissance faciale niçoises à la répression chinoise des Ouïghours, ce film dévoile la relation incestueuse entre les industriels de la sécurité et les grandes puissances, avec un constat glaçant : le totalitarisme numérique est pour demain.

Aujourd’hui, plus de 500 millions de caméras sur la planète offrent aux autorités la capacité de nous surveiller, à peu près partout et à chaque instant. Sous couvert de lutte contre le terrorisme ou la criminalité, les grandes puissances se sont lancées dans une dangereuse course aux technologies de surveillance. Dorénavant, l’incroyable perfectionnement de l’intelligence artificielle valide l’idée d’un regard total. Aux États-Unis, les forces de police utilisent la reconnaissance faciale pour identifier les suspects. En Chine, les caméras peuvent repérer les criminels de dos, à leur simple démarche. En France, la police utilise des caméras intelligentes qui analysent les émotions et les comportements des passants. Marquée par l’attentat au camion du 14 juillet 2016, qui a fait 86 morts, et s’est produit en dépit des 2 000 caméras scrutant la ville, Nice se situe désormais à l’avant-garde de l’expérimentation. Le centre de supervision et les zones dédiées à la reconnaissance faciale sont les chevaux de bataille du maire Christian Estrosi, qui veut faire de sa ville une safe city. Comme un virus, l’idéologie du tout sécuritaire se répand à la mesure d’une révolution numérique à la puissance exponentielle. Va-t-elle transformer notre monde en une planète habitée par 7 milliards de suspects ? Quel niveau de surveillance nos libertés individuelles peuvent-elles endurer ?

Dictature 3.0

On le surnomme le “marché de la peur”, estimé à 40 milliards de dollars par an. Colossaux, les enjeux de la surveillance intelligente aiguisent les appétits de sociétés prêtes à promouvoir le “modèle Big Brother” pour engranger les plus grands bénéfices. L’enquête internationale de Sylvain Louvet démonte les rouages de cette machine aux innombrables facettes et dévoile la relation incestueuse qui se noue entre les industriels et les pouvoirs publics. En Israël, elle souligne les liens entre l’armée, le Mossad et les start-up technologiques, soupçonnées de tester la reconnaissance faciale aux checkpoints. En France, elle met en lumière l’influence du secteur privé, dans les orientations choisies par le maire de Nice, Christian Estrosi. Aux États-Unis, l’enquête donne la parole à ceux qui dénoncent la faillibilité du logiciel de reconnaissance faciale d’Amazon couplé à un fichage biométrique généralisé. Le documentariste a également réussi à enquêter en Chine, pays où l’obsession sécuritaire est en passe de donner naissance à une nouvelle forme de régime : la dictature 3.0. Arrestations “préventives” arbitraires, mise en place d’un système de notation des citoyens, fichage ADN et persécution systématisée (allant jusqu’à l’apposition d’un QR code sur la porte des appartements) de la minorité musulmane des Ouïghours… L’arsenal de la répression connaît un degré de raffinement inédit dans l’histoire de l’humanité. Un camp du Goulag numérique : telle est la vision du futur dessinée par ce documentaire aussi percutant que glaçant.

Le prix Albert Londres 2020 de l’audiovisuel a été décerné à Sylvain Louvet pour le documentaire diffusé le 21 avril 2020 sur Arte. Cette prestigieuse distinction vient saluer une longue enquête internationale qui trouve une résonance particulière dans le contexte actuel .