La police de New York déploie un chien robot

Au grand dam des habitants du quartier, le service de police de la ville de New York a sorti son tout dernier jouet : un chien robot. Le chien robot, un modèle Spot fabriqué par Boston Dynamics, a fait une apparition dans un immeuble de logements sociaux. Des vidéos prises sur place montrent le chien robot entrant et sortant du hall de l’immeuble.

Le spectacle a suscité l’indignation de nombreux passants qui ont exprimé de manière audible leur mécontentement face à cette apparence dystopique digne de “Black Mirror”.

“Je n’ai jamais rien vu de tel de toute ma vie”, déclare la personne qui filme la vidéo.

La police a déclaré au New York Times que le robot, surnommé “Digidog”, n’a pas joué un rôle actif dans l’opération. Le chien robot n’a peut-être pas joué un rôle actif dans l’arrestation, mais le fait qu’un escadron de police armé déploie un robot sur une scène de crime active suscite des inquiétudes quant aux libertés civiles et à l’avenir de la police.

L’American Civil Liberties Union (ACLU) dénonce depuis longtemps l’utilisation de chiens robots par les forces de l’ordre comme un abus de pouvoir flagrant.

“L’une des choses qui rendent ces robots si inquiétants, c’est que tout le monde comprend implicitement que la possibilité de les armer continuera de planer comme un fruit défendu tentant pour les forces de l’ordre”, a déclaré Jay Stanley, analyste politique principal.

La vidéo fait suite à plusieurs cas de déploiement du chien robot par le personnel de la police sur la voie publique. La police a affirmé qu’elle utilisait les robots pour sauver des vies.

“La police de New York utilise des robots depuis les années 1970 pour sauver des vies lors de prises d’otages et d’incidents liés aux matières dangereuses. Ce modèle de robot est testé pour évaluer ses capacités par rapport à d’autres modèles utilisés par notre unité de service d’urgence et notre équipe de déminage.”

L’armée française teste le chien robot de Boston Dynamics

Boston Dynamics a tenté de se justifier sur le fait que ses produits sont utilisés non seulement par les services de police du monde entier, mais aussi par les forces armées.

Credit: Saint-Cyr Coëtquidan

Récemment, on a appris que la principale école militaire de l’armée française, l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr, avait déployé un chien robot Spot lors d’un exercice d’entraînement de deux jours.

Au cours de l’exercice, les soldats ont simulé la prise d’un carrefour, des actions défensives de nuit et de jour, et un test de combat en milieu urbain, selon un article blog Ouest-France. Les sources citées dans l’article affirment que les robots ont ralenti les opérations mais ont contribué à assurer la sécurité des troupes.

Ils ont ajouté que l’un des problèmes était la durée de vie de la batterie de Spot : il est apparemment tombé à court de jus pendant un exercice et a dû être évacué.

Qu’il soit utilisé pour la reconnaissance ou le combat actif, l’avenir de Spot est tout sauf certain.

IA, robots et droit

L’intelligence artificielle et la robotique constituent incontestablement des leviers de croissance de nature à modifier, en profondeur, les modes de production et les modèles économiques existants, en plus de susciter, pour certaines de leurs formes, de nouveaux types de rapports sociaux qui ne seraient pas purement humains.

La singularité du robot dans l’espace juridique a vocation à s’accentuer ; symétriquement, tandis que la pertinence de la qualification de bien meuble décroît, la nécessité de doter le robot intelligent d’un statut juridique inédit se fait plus pressante.

Ce mouvement en vases communicants a ceci de particulier qu’il semble à la fois unilatéral et irréversible : la puissance de l’industrie robotique, l’implication des plus grands acteurs de l’économie numérique, l’importance des enjeux financiers, l’engouement de la recherche et l’appétence sociale constituent, ensemble, une assise particulièrement solide à l’avènement de la robotique intelligente.

Une fois la rupture technologique consommée – résultant de la liberté dont disposera bientôt le robot, elle-même continuellement renforcée par ses capacités d’apprentissage -, le droit n’aura d’autre choix que de s’aligner.

En France comme en Europe et dans le monde, les cadres réglementaire et éthique commencent déjà à se dessiner. Cet ouvrage complète le Minilex Droit des robots publié en 2015 en passant en revue toutes les disciplines : droit de la personne, droit de la consommation, contrat, responsabilité, assurance, propriété intellectuelle, droit pénal, données personnelles, sécurité, éthique, droit à la transparence des algorithmes, neurodroit, etc., mais également des technologies (chatbots, blockchain, bionique, neurosciences, etc.) et des secteurs d’activité (usine 4.0, armement, banque et finance, justice, santé, etc.).

Il comporte en outre une analyse comparative de 21 chartes éthiques et codes de conduite, qui permettent dans un premier temps d’accompagner ces mutations technologiques dans la zone Europe, Asie, États-Unis et France.

Préfaces de Olivier Guilhem, Directeur juridique de SoftBank robotics, Bruno Maisonnier, Fondateur de AnotherBrain.

Alain Bensoussan, avocat à la Cour d’appel de Paris, spécialiste en droit des nouvelles technologies de l’informatique et de la communication et fondateur de Lexing ®, premier réseau international d’avocats technologues dédié au droit des technologies avancées. Il est également président et fondateur de l’Association du droit des robots (ADDR).

Jérémy Bensoussan, avocat à la Cour d’appel de Paris et ingénieur diplômé de l’École Spéciale des Travaux publics (ESTP Paris). Il dirige le département Droit de l’IA et des technologies robotiques du cabinet Lexing Alain Bensoussan Avocats. Il est également membre de l’Association du droit des robots (ADDR).

L’Inde vient d’assermenter son premier robot policier

L’Inde vient d’assermenter son premier officier de police robotique, nommé KP-Bot.

La machine d’aspect animatronique a obtenu le grade de sous-inspecteur et opérera à la réception du siège de la police de Thiruvananthapuram, selon India Today.

Le robot a été accueilli avec un salut de Pinarayi Vijayan, le ministre en chef du Kerala. India Today rapporte que le robot a ” répondu par un salut parfait “.

Hormis le geste symbolique d’intégrer la robotique dans la police, KP-Bot ne fait pas grand-chose. À l’heure actuelle, il peut s’asseoir derrière la réception d’un poste de police pour enregistrer les plaintes et diriger les visiteurs vers le bon service selon les besoins.

Il peut également saluer les officiers supérieurs, selon India Today. À l’avenir, il pourrait être équipé d’un logiciel de reconnaissance faciale ou être capable de détecter des bombes.

Le KP-Bot est également sexué, le député adjoint de la police Manoj Abraham déclarant explicitement que le robot est une femme.

“L’autonomisation des femmes et l’égalité des sexes ont été prises en compte lors de la décision sur le sexe du premier robot”, a déclaré Loknath Behra, le directeur général de la police. “Nous avons également pris en compte le fait que la plupart des emplois de front office sont gérés par des femmes.”

India Today

Comment la technologie affecte les emplois en Asie

Impact de la technologie sur l’emploi

Selon un rapport publié cette semaine par la Banque asiatique de développement, l’économie asiatique bénéficiera globalement de l’automatisation en raison de sa productivité élevée et de la création de meilleurs emplois – mais elle prévient également que certains emplois sont également en danger. Le déplacement des travailleurs dû à la technologie est réel, mais avec les bonnes compétences, la formation et la réglementation, l’Asie peut surmonter ce défi.

Le rapport présente également des analyses économiques de 45 économies, y compris la République populaire de Chine, l’Inde et l’Indonésie. La publication examine les perspectives de l’Asie par sous-région : Asie centrale, Asie de l’Est, Asie du Sud, Asie du Sud-Est et Pacifique.

Selon l’International Federation of Robotics, les entreprises asiatiques ont acheté 190 492 robots en 2016, soit une hausse de 19% par rapport à l’année précédente. C’est la plus importante croissance que dans n’importe quelle autre région du monde.

Jusqu’à présent, les secteurs les plus automatisés sont ceux de l’automobile et de l’électronique, qui ne représentent plus que 13% des emplois manufacturiers de la région.

Les robots n’ont pas encore infiltré les industries de l’habillement et de la transformation des aliments, qui, combinées, ne représentent que 1,4% des bots de la région. Cependant, ces secteurs emploient également 31,5% des travailleurs d’usine en Asie et, bien que ce type de travail à forte intensité de main-d’œuvre soit à l’abri de l’automatisation pour l’instant, les progrès de la robotique pourraient sérieusement réduire les emplois dans les années à venir.

137 millions de travailleurs d’Asie du Sud-Est pourraient perdre leur emploi face à l’automatisation d’ici les 20 prochaines années

Les Smart Farms, vers une nouvelle forme d’agriculture ?

Les avancées technologiques bouleversent le monde de la production agricole. Les fermes intelligentes vont se développer davantage dans ce domaine avec une production alimentaire de plus de 70% aux alentours des années 2050 et en considérant un climat qui évolue également. La production alimentaire est amenée progressivement à changer et l’on prévoit des innovations dans le domaine de la gestion des fermes agricoles baptisées « Smart Farms ».

A. Le smart farming ou agriculture intelligente

Ce domaine d’activités concerne l’application moderne des technologies de l’information et de la communication dans le domaine de l’agriculture. Cette technique introduit plusieurs services et outils qui sont intéressants d’évoquer. Ces différents outils correspondent à l’internet des objets, aux systèmes de géo-positionnement, à l’utilisation du big data, des drones et de la robotique destinés à améliorer la production agricole dans les infrastructures en question. L’agriculture intelligente devrait proposer une valeur ajoutée à l’agriculteur avec une prise de décision plus importante, d’opérations d’exploitations et de gestions plus efficaces. Trois domaines renseignent sur les spécificités du « smart farming » : les systèmes d’informations de gestion, l’agriculture de précision et l’automatisation agricole et robotique. Le premier système, celui de l’information de gestion, permet d’accéder à une planification de la collecte, du traitement, du stockage et de la diffusion des données pour la réalisation d’opérations dans les fermes agricoles. Le deuxième système concerne l’agriculture de précision. Il s’agit de systèmes destinés à gérer la variabilité spatiale et temporelle de la culture pour améliorer les rendements économiques et de réduire l’impact environnemental des fermes intelligentes. Enfin, le troisième domaine est celui de l’automatisation agricole et de la robotique avec des processus capables d’appliquer des techniques de la robotique, du contrôle automatique et de l’intelligence artificielle à tous les niveaux de la production agricoles et impliquant l’utilisation de drones sur les cultures avec la possibilité de contrôler l’irrigation voire le désherbage localisé. Enfin, ces structures useraient d’une technologie sensitive qui les rendrait plus intelligentes et connectées. L’activité animale serait suivie par des systèmes de géolocalisations performants avec des systèmes de messageries connectés qui alerteraient les producteurs quant au lieu et au positionnement des animaux de ces fermes innovantes.

B. Une agriculture intelligente verticale, le cas de Plenty

Plenty est une start-up de la Silicon Valley californienne qui réalise une agriculture verticale avec l’idée de construire des fermes intérieures de grandes tailles à proximité des villes. L’agriculture verticale est une autre forme d’innovation intelligente mais concerne principalement les cultures intérieures avec une organisation à la verticale pour densifier sa production. La spécificité de cette agriculture innovante est plus que l’agriculture conventionnelle de pouvoir garder un contrôle sur le climat destiné à la production agricole. Les parasites et les pesticides sont minimisés et l’eau et les nutriments nécessaires à la bonne production sont appliqués en conséquences et de manière précise. En fait, une ferme verticale intelligente peut produire davantage de nourriture qu’une ferme traditionnelle. De même, sa proximité avec les zones urbaines permet de réduire les chaines de distributions et de contribuer à une livraison des aliments plus rapides. La particularité de ces fermes verticales est le fait que les plantes destinées à la culture poussent comme l’explique le journaliste David Roberts sur des « tours verticales de 20 pieds » et avec pour l’eau et la condensation de cette production la particularité d’être « collectée et recyclée ». Une innovation de taille dans le domaine de la production agricole de proximité.

Ferme verticale : INFARM développe l’avenir de l’agriculture urbaine et du commerce de détail

Conclusion

Bien entendu, ces innovations technologiques demandent à être analysées avec précision et sur le long terme. Il est important de réfléchir à la manière dont elles transforment l’activité même du producteur agricole tant sur le plan de la gestion de la production qu’au niveau économique. Faut-il voir dans ces innovations une amélioration technique des activités agricoles ? Comment concilier un rendement productif et augmenté par ces technologies tout en maintenant des savoirs-faires de qualités chez les producteurs ? Quelques questions posées ici pour tenter de cerner la manière dont ces fermes intelligentes participent à une évolution des pratiques et en considérant le rapport et l’investissement financier que représentent ces innovations dans un monde agricole en pleine mutation.

Benjamin Lorre
Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication – USPC. Il nous propose des articles d’opinions sur les questions de mode de travail, de révolutions des pratiques professionnelles et de l’innovation technologique dans la société. Il s’intéresse aux nouvelles mutations du travail en lien avec la diffusion des technologies numériques.

Sitographie

What is Smart Farming? Smart AKIS est un réseau européen, à destination des agriculteurs, sur les innovations technologiques et les changements de pratiques liées à l’agriculture numérique.
Terre-net Média : Détection des maladies foliaires et des adventices dans le viseur des drones
Vox: This company wants to build a giant indoor farm next to every major city in the world. Vertical farming may finally be growing up.

Intelligence Artificielle : Révolution du travail agricole ?

Une nouvelle mutation technologique pour les entreprises industrielles

Le dernier rapport de l’OCDE sur la révolution des technologies dans la société résume l’idée que les entreprises doivent accélérer leurs mutations technologiques afin de réaliser un gain plus important en terme de productivité. Le développement et l’utilisation des technologies concernent principalement les grandes entreprises qui sont encore faiblement utilisées et qui serviraient pourtant à accroître le modèle de production. Le rapport de l’OCDE intitulé : The Next production Revolution : implications for Governements and Business expose le fait que dans les pays industrialisés la pénétration des technologies nécessite du temps et peut être en l’occurrence partielle.

Dans le rapport, une enquête réalisée en Allemagne expose que sur environ 4500 entreprises allemandes, 4% ont déjà déployés un processus de production numérique dans leur mode de production. L’utilisation des technologies numériques dans le secteur de l’industrie participerait à améliorer et à augmenter la productivité des entreprises d’environ 5 à 8 % notamment auprès de la fabrication de composants industriels et chez les constructeurs automobiles. Toujours selon le rapport de l’OCDE, l’adoption de ces technologies par les entreprises allemandes apporterait une amélioration du chiffre d’affaires et de la valeur ajoutée dans le domaine de la mécanique, de l’électrique, de l’automobile, de l’agriculture et du numérique pour les années 2025.

Face à cette mutation sans précédent, beaucoup d’entreprises n’ont pas encore intégré, ni adopté les technologies numériques pour réaliser leurs transformations notamment dans la production industrielle. Quelques dispositifs existent déjà comme le cloud computing, la planification des ressources, et l’automatisation du suivi des processus de production.

Le rapport de l’OCDE précise le fait que si les technologies améliorent la production dans les entreprises, elles peuvent, et rejoignant ici la thèse de Schumpeter sur la destruction créatrice, faire disparaître des emplois et à l’inverse en créer d’autres. Cette transformation accélérée doit être accompagnée par des dispositifs politiques d’ajustements pour assurer la transition du numérique dans le secteur des entreprises industrielles. Aussi, les décideurs politiques ont leurs rôle à jouer dans la manière dont il s’agit d’adopter les technologies numériques dans les entreprises, qu’elles soient de grandes ou de petites tailles et de pouvoir soutenir le développement des compétences, l’apprentissage permanent auprès des travailleurs de ces organisations.

I. Le futur des entreprises industrielles coopératives

Pour le futur de ces entreprises, c’est tout le processus de production qui est transformé avec différents dispositifs coopératifs et connectés. On retrouve dans ce cas le concept porteur d’ « industrie 4.0 » qui se définit à travers plusieurs caractéristiques que je vais tenter de rendre compte.

Un premier dispositif est celui du robot autonome. Il s’agit d’un dispositif mécatronique qui peut effectuer un ensemble de tâche de lui même dans un environnement inconnu et qui dispose d’une autonomie dans sa prise de décision. Ces robots peuvent être amené à coopérer avec un opérateur humain et apprendre rapidement des tâches à effectuer dans les organisations de productions industrielles. Un deuxième dispositif concerne le cloud computing. Le cloud computing ou l’informatique en nuage concerne l’exploitation de la puissance de calcul et de stockage sur des serveurs informatiques distants et à travers l’utilisation du réseau de l’Internet. Un troisième dispositif est celui de la fabrication additive. Cette fabrication permet de réaliser des objets en 3D à partir de procédé de fabrication par ajout de matière première et en étant assisté par des ordinateurs. La fabrication additive est un procédé de « mise en forme d’une pièce par ajout de matière ». Un quatrième dispositif est celui de la réalité augmentée. Ce dispositif permet l’obtention d’une interface entre « des données numériques » liés au virtuel et la réalité, ou monde réel. Les caractéristiques sont les suivantes : une combinaison entre le monde réel et les données numériques en tant réel, une interactivité entre l’utilisateur et la réalité, et la présence d’un monde en 3D. Enfin un cinquième et dernier dispositif est celui du Big Data. Le Big Data concerne avant tout le stockage, l’utilisation et l’analyse d’un ensemble de données très volumineuses. Il peut être envisagé dans les entreprises pour l’analyse prédictive pour définir les offres et les services, et proposer des expériences clients personnalisables à souhait aux consommateurs.

Cette révolution 4.0 ou révolution technologique dans les entreprises serait associée à une transformation digitale et s’illustrerait par une intégration de plusieurs processus de production comme la conception des produits, la planification ainsi que l’ingénierie de production jusqu’au recyclage des produits. Selon plusieurs représentants de l’industrie 4.0, les usines de production réaliseraient le développement et la fabrication des objets en étant au plus près des stocks et des matières premières nécessaire pour la production, tout en disposant d’une proximité productive à l’échelle local et en adaptant ses produits aux besoins des consommateurs jusqu’à une certaine customisation. Deux aspects dominent pour ces modes de production. Le premier est celui de la connectivité avec des outils numériques favorisant la connectivité entre les opérateurs et les machines, et le deuxième aspect est celui des machines dites intelligentes pouvant être connectées entre-elles. Ces exemples marquent bien l’existence d’une révolution en terme de production industrielle associant également des dispositifs comme la réalité augmentée, l’internet des objets, le big data, ainsi que le cloud computing.

II. Des opérateurs humains et connectés

Dans les nouvelles entreprises industrielles, il peut y avoir également un autre facteur de rupture avec la possibilité pour les employés d’être connectés entre eux tout en disposant de technologies avancées pour les aider dans la réalisation de leurs tâches industrielles. On peut y voir se profiler par exemple des usages d’outils intelligents en plus de système de navigations connectés. De même, il est possible qu’à l’avenir des opérateurs de production deviennent des opérateurs « augmentés » assurant des tâches de maintenance et de contrôle sur la robotisation et l’automatisation des chaines de production industrielles. Dans les usines de futur, il pourrait être question également d’un ouvrier augmenté qui à travers la cobotique (l’utilisation par l’homme de robots de coopération) pourra réaliser des tâches de production dans les usines. La présence et l’utilisation d’exosquelettes, par exemple, permettront à l’ouvrier de pouvoir soulever des charges lourdes sans avoir d’effets secondaires comme la fatigue ou les douleurs physiques. De même et concernant la réalité augmentée, il se pourrait que les ouvriers du futur se voient équipés avec des casques de chantier connectés. Des instructions et des données augmentées pourront servir de guide à l’ouvrier dans la réalisation de ces tâches de production avec un système de perception de grande précision.

Conclusion

Les entreprises industrielles du futur sont déjà là. Du moins, les outils de production technologiques et numériques commencent progressivement à être utilisés sur les chaine de production pour la réalisation de produits. On peut y voir une avancée technologique, des améliorations dans le mode de production industrielle qui génèrent de nouvelles manières de travailler. La cobotique est aussi l’une des branches émergente dans la diffusion des technologies à l’intérieur des entreprises industrielles. Elle s’illustre par le fait que les robots sont employés pour assister les tâches industrielles réalisées par un opérateur humain.

En conclusion, il ne s’agit pas à partir de ces constats d’opter pour une approche résolument fonctionnaliste mais plutôt de réfléchir à la manière dont ces technologies bouleversent et transforment en profondeur les activités industrieuses notamment dans le rapport entre les hommes et les machines et pour lesquels les entreprises nécessiteront d’apporter des temps de formations aux opérateurs pour leurs garantir surtout une stabilité de l’emploi, et un renforcement de leurs compétences aussi bien à l’échelle individuelle que collective.

Bibliographie à titre indicatif

OECD (2017), The Next Production Revolution: Implications for Governments and Business, OECD Publishing, Paris. http://dx.doi.org/10.1787/9789264271036-en
Inria, Francis Colas – Robotique autonome
LeBigData.fr, Cloud Computing – Définition, avantages et exemples d’utilisation
Farinia Group, Qu’est-ce que la fabrication additive (FA) ?
Grégory Maubon, C’est quoi la Réalité Augmentée ?
Futura Tech, Big data
Les clés de demain – Le Monde.fr / IBM : Cobotique Robots, exosquelettes ou réalité augmentée, la caisse à outils de l’ouvrier de demain se précise

Benjamin Lorre
Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication – USPC. Il nous propose des articles d’opinions sur les questions de mode de travail, de révolutions des pratiques professionnelles et de l’innovation technologique dans la société. Il s’intéresse aux nouvelles mutations du travail en lien avec la diffusion des technologies numériques.

Les hommes bientôt remplacés par les robots ?

Selon une nouvelle étude dirigée par des experts de l’intelligence artificielle, il ne reste que 45 ans aux humains avant que les facultés des machines ne dépassent les leurs. Peu à peu, les technologies semblent prendre le pas sur l’humain au risque même de le supplanter. Déjà présent dans nos quotidiens, le secteur de l’intelligence artificielle est en pleine expansion grâce aux investissements de plusieurs acteurs : les Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon) et le BAT chinois (Baidu, Alibaba et Tencent). Mais que se passerait-il si les robots prenaient d’autres décisions que celles des hommes ? Que se passerait-il s’il y avait un conflit d’intérêt entre l’humain et le robot ? Certains scientifiques, comme Joël de Rosnay, nous invitent à “ne pas avoir peur de l’intelligence artificielle” puisque celle-ci demeure contrôlée. Pour en discuter, Laurence Devillers, professeure et chercheuse en intelligence artificielle, Jean-Gabriel Ganascia, informaticien, philosophe et spécialiste en intelligence artificielle et Laurent Alexandre, chirurgien, entrepreneur et spécialiste du transhumanisme.

Arte – émission 28 minutes est une émission de télévision d’actualité et de débat diffusée sur la chaîne franco-allemande

Dubaï veut des robots pour composer 25% de sa police d’ici 2030

Dubaï a lancé un nouveau robot policier qui marque la première phase de l’intégration des robots dans la police. Cette version modifiée du robot REEM (conçu par PAL Robotics) est capable d’alimenter la vidéo dans un centre de commandement, transmettre les crimes signalés à la police, régler les amendes, la reconnaissance faciale et parler neuf langues. Il fonctionnera dans la plupart des centres commerciaux et des attractions touristiques.

Dubaï estime que les robots constitueront 25 pour cent de sa force de police d’ici 2030, la prochaine étape étant de les utiliser comme réceptionnistes dans les postes de police. Le brigadier Khalid Nasser Alrazooqi, directeur général du Département des services intelligents de la police de Dubaï, a déclaré à CNN qu’ils voulaient finalement libérer un “robot entièrement fonctionnel qui peut fonctionner comme un policier normal”.

Vers une police 3.0 : enjeux et perspectives à l’horizon 2025
Hitachi : une IA capable de prédire les crimes avant qu’ils se produisent
Patrouille du futur : plutôt cop ou Robocop ?

Les policiers ou les soldats robotiques sont une ancienne idée de science-fiction, mais ils sont de plus en plus une réalité. En février, la Chine a commencé à utiliser AnBot qui utilise la reconnaissance faciale pour identifier les criminels et est capable de les suivre jusqu’à l’arrivée de la police. Le robot russe, Final Experimental Demonstration Object Research (FEDOR), a suscité des comparaisons avec Robocop lorsqu’une vidéo l’a montré en tirant avec une précision mortelle, en soulevant des haltères et en marchant.

La plus grande préoccupation éthique soulevée par ces développements concerne les personnes coupables si un robot prend une mauvaise décision et blesse quelqu’un dans une situation criminelle. Elon Musk, Steven Hawking et d’autres scientifiques prolifiques ont identifié l’IA comme un grave risque existentiel, arguant que les robots ne devraient jamais être autorisés à tuer des gens. Alan Winfield, professeur d’éthique robot à l’Université de l’Angleterre de l’Ouest, écrit sur ce sujet sur son blog. “Le problème, c’est que vous ne pouvez pas rendre une machine responsable de ses erreurs”, a déclaré Winfeild dans une interview à CNN. “Comment le punir ? Comment le sanctionnez-vous ? Vous ne pouvez pas.”

CNN

Vers une police 3.0 : enjeux et perspectives à l’horizon 2025

Rapport du Groupe de diagnostic stratégique n°3 – 27e Session nationale Sécurité et Justice – 2015/2016
INHESJ – Institut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice.

La révolution numérique bouleverse profondément notre société et la police ne peut échapper à cette mutation. Dans un discours en 2013 devant les forces de l’ordre, le ministre de l’Intérieur appelait ainsi au renforcement de « la police et la gendarmerie 3.0 ». Après un diagnostic détaillé des dispositifs existant et des enjeux de l’adaptation de ces institutions à la révolution numérique, le groupe a pu développer des pistes d’amélioration innovantes, nourries par l’idée que les mutations technologiques auxquelles doivent se préparer les forces de sécurité marquent l’absolue nécessité de remettre l’humain au cœur du dispositif et de l’action publique.

Télécharger le rapport (PDF)

Synthèse

Qu’il s’agisse de la robotique avancée, du véhicule autonome, de l’automatisation des savoirs, de l’informatique quantique ou encore de la réalité augmentée, de nombreuses technologies de rupture vont affecter la société et avec elle, les forces de sécurité, d’ici à 2025. Si la France a commencé à s’y préparer au travers d’un plan de modernisation de la sécurité allouant 108 millions d’euros à cinq défis prioritaires pour la période 2015-2017, de nombreux enjeux restent encore à aborder : collecte d’information et veille sur internet, big data, internet des objets, vidéoprotection intelligente, productivité, …

Dans le même temps, la délinquance (criminels isolés ou organisations terroristes) a su identifier les « opportunités » que lui offre la révolution numérique, faisant naitre une cyber criminalité aux moyens et aux modes opératoires nouveaux. Nos concitoyens ont eux aussi modifié leurs attentes et leurs comportements, obligeant police et gendarmerie à développer une présence nouvelle sur internet et à entrer dans une nouvelle ère de la communication. Même la relation des forces de sécurité avec le secteur privé est affectée par ces évolutions technologiques (collaboration conjointe aux efforts de R&D des entreprises, participation d’experts aux investigations, contributions – encore modérées – à la construction d’une industrie tricolore de la sécurité intérieure).

Comment nos forces de sécurité abordent-elles cette révolution numérique ? Par le passé, plusieurs projets de transformation technologique de grande ampleur (ACROPOL, terminaux informatiques embarqués, CHEOPS, …) se sont soldés par des déboires non négligeables, principalement en raison d’une complexité organisationnelle excessive des structures qui en avaient la charge. Ce même manque de lisibilité se retrouve au niveau de la gestion des ressources humaines, où la culture de la transformation n’est pas encore assez présente en dépit d’initiatives intéressantes (officiers commissionnés de la gendarmerie, formation des spécialistes en cyber criminalité, …) mais limitées.

Reste que la révolution numérique offre une double opportunité : celle d’une « expérience » renouvelée pour nos concitoyens (nouveaux services, nouvelle proximité avec les forces de sécurité, …), mais aussi celle d’un fonctionnement optimisé (d’où un travail plus riche pour les policiers et les gendarmes, plus pertinent et plus au contact des populations). Les forces de sécurité françaises pourraient ainsi chercher à « devenir, grâce à l’usage des technologies numériques, l’une des trois forces de sécurité de référence dans le monde, pour leur efficacité et pour la qualité du service offert à tous ».

Pour concrétiser cette vision, nos préconisations s’articulent autour de huit axes.

  • Transformer les structures en s’appuyant sur une vision à long terme : nouvelle loi d’orientation et de programmation, accompagnement du changement, décloisonnement, …
  • Développer les talents déjà présents au sein des institutions : gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, filière métier dédiée à l’investigation numérique, …
  • Attirer de nouveaux talents : ouverture des concours, élargissement du champ des officiers commissionnés, interactions avec le monde extérieur, …
  • Mettre en œuvre la stratégie digitale : création d’un poste de directeur digital au sein du ministère de l’Intérieur, dématérialisation des processus, unification des systèmes d’identification et d’authentification, …
  • Muscler les dispositifs d’investigation numérique : dispositif de veille sur le marché des solutions d’investigation numérique, acquisitions de solutions, développement d’une cyber police, …
  • Accélérer et pérenniser les approches prédictives : élargissement des expérimentations y compris en zone de sécurité prioritaire, diffusion de la culture de l’analyse prédictive dans l’organisation, …
  • Moderniser les centres de commandement : intégration des potentialités du numérique dans les appels 17, décloisonnement, intégration des drones, des murs d’images et des réseaux sociaux, …
  • Ouvrir une relation nouvelle avec la population : renforcement des services numériques, encouragement de l’implication citoyenne,…

Les mutations numériques auxquelles doivent se préparer les forces de sécurité françaises marquent l’absolue nécessité de remettre l’humain, citoyens ou membres des forces de sécurité, au cœur du dispositif et de l’action publique.

Télécharger le rapport (PDF)

voir aussi → Hitachi : une IA capable de prédire les crimes avant qu’ils se produisent
Patrouille du futur : plutôt cop ou Robocop ?

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