Guerres et soldats du futur (conférence en ligne)

Dans l’imaginaire collectif, les soldats du futur sont perçus comme augmentés par la technologie, tels des Robocops. Mais quelle est la réalité des évolutions en cours dans le domaine ? Et quelle en serait la véritable utilité ? Cette visioconférence, présentée par Michel Goya, militaire chevronné et historien spécialiste de l’innovation militaire, nous permettra d’y voir beaucoup plus clair. Elle répondra également à des questions essentielles : Qu’est-ce qu’un soldat ? Comment vit-il le combat ? Comment peut-il le gagner ? Et enfin, comment les guerres sont-elles en train de changer ?

Cette conférence d’une heure trente (en comptant les échanges entre le conférencier et le public) aura lieu en ligne. Il est nécessaire de s’inscrire afin d’obtenir le lien pour se connecter. Une fois votre billet pris, nous vous enverrons par mail toutes les informations liées à la connexion un peu avant l’événement.

Michel Goya est spécialiste de l’innovation militaire, de l’analyse des conflits, et du comportement au combat. Ancien colonel des troupes de marine, il a été déployé sur de nombreux théâtres d’opérations (Sarajevo, Rwanda, Centrafrique…) et a également été membre du cabinet du chef d’État-Major des armées. Par ailleurs docteur en histoire, il a beaucoup enseigné, notamment comme titulaire de la chaire d’histoire militaire de l’École de Guerre. Enfin, il a écrit de nombreux ouvrages tels que Sous le feu : la mort comme hypothèse de travail ou encore S’adapter pour vaincre : Comment les armées évoluent.

Détails
Date : 14 avril
Heure : 19 h 00 min – 20 h 30 min
Prix : Gratuit à 7€
Présenté par : Michel Goya
Inscription nécessaire pour obtenir le lien de connexion

La France va débuter les recherches sur le soldat augmenté

Un comité d’éthique du ministère de la défense a rendu un rapport qui autorise les forces armées françaises à lancer des recherches sur le thème du soldat augmenté. Créé à la demande de la ministre des Armées à la fin de l’année 2019, le Comité d’éthique de la défense est chargé d’apporter des éclairages sur les questions éthiques soulevées par les innovations scientifiques, techniques et leurs éventuelles applications militaires.

Le rapport examine les traitements médicaux, les prothèses et les implants corporels qui améliorent les capacités physiques, cognitives, perceptives et psychologiques, et pourraient permettre le suivi de la géolocalisation ou la connectivité à un système d’armes où à d’autres soldats. Où encore qui permettent d’améliorer les capacités cérébrales par stimulation cérébrale profonde.

Parmi les autres interventions possibles envisagées par le comité d’éthique figurent des traitements médicaux visant à prévenir ou à diminuer la douleur, le stress et la fatigue, ainsi que des substances qui amélioreraient la résistance mentale si un soldat était fait prisonnier.

Le comité a déclaré que la France doit maintenir “la supériorité opérationnelle de ses forces armées dans un contexte stratégique difficile” tout en respectant les règles régissant le droit militaire, le droit humanitaire et les “valeurs fondamentales de notre société”.

En conséquence, on a interdit toute modification dont on estime qu’elle est de nature à diminuer la maîtrise de l’emploi de la force, ou à provoquer une perte d’humanité ou encore qu’elle serait contraire au principe de respect de la dignité de la personne humaine. D’autres exemples de modifications interdites sont les implants cognitifs qui porteraient atteinte au libre arbitre d’un soldat, ou les changements qui affecteraient sa réintégration dans la vie civile.

La ministre des Armées, Florence Parly, a déclaré que les augmentations “invasives” telles que les implants ne font actuellement pas partie des plans militaires.

« Mais il nous faut être lucide, tout le monde n’a pas nos scrupules et c’est un futur auquel il nous faut nous préparer », a déclaré la ministre dans un communiqué de presse. « C’est un avis qui n’est pas gravé dans le marbre et qui sera régulièrement reconsidéré à l’aune des prochaines évolutions. »

La publication de ce rapport fait suite à une colonne d’opinion de John Ratcliffe, directeur du renseignement national des États-Unis, dans le Wall Street Journal, dans laquelle il a fait part de ses inquiétudes quant à la menace que représente la Chine pour les États-Unis et la démocratie mondiale, ainsi qu’à ses projets en matière de technologie militaire.

“Les renseignements américains indiquent que la Chine a déjà effectué des tests humains sur des militaires dans l’espoir de développer des soldats aux capacités biologiques améliorées”, a déclaré Ratcliffe.

Jacques Attali et “L’ordre cannibale”

03 nov. 1979 : Interview de Jacques Attali à l’occasion de la sortie de son livre “L’ordre cannibale” dans lequel il évoque l’évolution de l’homme et de la médecine. Il explique que progressivement l’homme pourra acheter des copies de lui même, des organes artificiels et des machines permettant de se soigner. Ainsi il estime que l’homme deviendra un objet de consommation pour l’homme lui même.

Présentation de l’éditeur

L’Ordre cannibale – Jacques Attali, Ed. : Grasset, 1979.

Où vont la médecine, la maladie, la santé ? La crise de nos sociétés ne plonge-t-elle pas ses racines les plus profondes en ce domaine où les attitudes et les conceptions risquent, d’ici la fin du siècle, de se trouver radicalement bouleversées ? Telle est la première interrogation à laquelle répond Jacques Attali dans cette économie politique du mal réalisée au terme de plusieurs années de réflexion et d’enquête, notamment aux USA, au Japon et partout en Europe.

Si la vie risque de devenir de plus en plus un bien économique, s’il est vrai que l’hôpital va se vider, que l’exercice de la médecine est en passe de céder le pas devant l’utilisation des prothèses, encore ne faut-il pas se borner à constater ces évolutions prévisibles, mais se demander : comment en est-on arrivé là depuis que les hommes tentent de désigner le mal, de le conjurer et de le séparer ?

Jacques Attali répond en appuyant son analyse contemporaine et prospective sur une vaste synthèse historique montrant, dans leurs dimensions mondiales, les principaux tournants de l’histoire de la médecine, de l’hôpital, des épidémies, de la charité, de l’assurance, jalonnée par les hégémonies successives du guérisseur, du prêtre, du policier puis du médecin dont le règne aujourd’hui touche à sa fin.

Au terme de cette double enquête-réflexion – sur le terrain où s’esquisse l’avenir, dans le passé où il s’explique -, on est conduit à se demander si, de la consommation réelle des corps dans les sociétés cannibales de jadis à la consommation des copies du corps que nous prépare l’ère des prothèses, nous sommes jamais sortis d’un ordre cannibale, ou encore si notre société industrielle n’a jamais été rien d’autre qu’une machine à traduire un cannibalisme vécu en cannibalisme marchand.”

Un réseau de neurones connecté à un cerveau humain

À l’avenir, certains chercheurs espèrent que les personnes qui perdent l’utilisation de leurs membres pourront contrôler des prothèses robotiques à l’aide d’interfaces cerveau-ordinateur.

Le problème est que les signaux cérébraux sont difficiles à décoder, ce qui signifie que les interfaces cerveau-ordinateur existantes qui contrôlent les membres robotiques sont souvent lentes ou maladroites. Mais cela pourrait changer.

Une équipe de médecins et de neuroscientifiques a publié un article dans la revue Nature Medicine sur une interface cerveau-ordinateur utilisant un réseau de neurones pour décoder les signaux cérébraux en mouvements précis à l’aide d’un bras robotique réaliste et contrôlé par l’esprit.

Interfaces cerveau-ordinateur : des fonds militaires pour contrôler les sentiments

Décodeur de cerveau

Les chercheurs ont pris les données d’un homme tétraplégique âgé de 27 ans à qui on avait implanté un réseau de microélectrodes dans son cerveau et ils les ont introduites dans une série de réseaux de neurones, qui sont des systèmes d’intelligence artificielle calqués sur les circuits de notre cerveau et qui excellent pour trouver des modèles dans de grands ensembles d’informations.

Après près de deux ans et demi d’entraînement, les réseaux de neurones ont permis d’identifier les signaux cérébraux liés à des commandes musculaires spécifiques et de savoir comment les transmettre au membre robotique.

Non seulement le réseau neuronal a-t-il permis au patient de déplacer le bras robotique avec une meilleure précision et moins de retard que les systèmes existants, mais il a même été meilleur lorsque les chercheurs l’ont laissé s’entraîner lui-même. En d’autres termes, le réseau neuronal a pu apprendre par lui-même quels signaux du cerveau correspondaient aux mouvements des bras de manière plus efficace sans aucune indication des chercheurs.

Grâce au réseau neuronal, le volontaire participant à l’expérience a pu saisir et manipuler trois petits objets avec la main robotique – une capacité facile à prendre pour acquise mais qui échappe souvent à ceux qui dépendent de prothèses pour naviguer dans la vie quotidienne.

MedicalXpress

L’intelligence artificielle pourrait détourner les interfaces cerveau-machine

Une prothèse de bras permet de contrôler chaque doigt individuellement

The arm has an ultrasound sensor, allowing it to watch the muscles as they move.
Credit: Georgia Tech

Jason Barnes a perdu son bras droit en 2012, et par conséquent sa capacité à jouer de la batterie et du piano. En 2014, Georgia Tech a créé un bras prothétique qui lui a permis de jouer de la batterie. Maintenant, en 2017, cela lui a donné les moyens de jouer à nouveau du piano.

Lorsque Jason Barnes a été électrocuté en 2012, les médecins ont été contraints d’amputer son bras à partir du coude. En tant que musicien, la perte de son bras droit l’a très certainement traumatisé et attristé bien au-delà de la simple réparation.

Deux ans plus tard, Gil Weinberg, un professeur du Georgia Tech College of Design, et son laboratoire ont développé une nouvelle prothèse bionique pour Barnes qui lui a permis de jouer d‘un de ses instruments préférés : la batterie. La prothèse bionique était équipée d’une paire de baguettes – une contrôlée par Barnes lui-même, tandis que l’autre bougeait de son propre chef et improvisait ses mouvements en fonction de la musique entendue à proximité.

Barnes jouait aussi du piano, mais la majorité des bras prothétiques disponibles sont encore incapables de fournir le niveau de dextérité requis pour jouer d’un instrument aussi complexe. Weinberg entreprit de créer un autre dispositif qui permettrait à Barnes de jouer à nouveau du piano, et il s’inspira du membre robotique de Luke Skywalker. Une source dont s’inspire également la DARPA.

Malgré l’amputation de son bras, Barnes avait encore les muscles nécessaires pour contrôler ses doigts. Le problème était que les capteurs d’électromyogramme (EMG) utilisés dans la plupart des prothèses étaient inexacts, ce qui signifiait que Weinberg et son équipe devaient trouver une autre approche.

Viktoria Modesta, la première artiste pop amputée du monde

« Nous avons essayé d’améliorer la détection de modèle de l‘EMG pour Jason, mais nous n’avons pas pu obtenir de contrôle pour chaque doigt », explique Weinberg. C’est à ce moment-là que l’équipe a intégré une échographe à laquelle elle a attaché une sonde à ultrasons au bras prothétique quotidien de Barnes – en collaboration avec d’autres professeurs de Georgia Tech – Minoru Shinohara, Chris Fink et Levent Degertekin.

Comme l’explique Georgia Tech, les mouvements musculaires observés lorsque Barnes tente de bouger son annulaire amputé sont différents de ceux observés lorsqu’il essaie de bouger un autre doigt. À l’aide de cette information, Weinberg et son équipe ont alimenté les mouvements musculaires uniques de chaque doigt dans un algorithme capable de déterminer quel doigt Barnes veut bouger. Utilisés en combinaison, les signaux ultrasonores et le machine learning peuvent détecter les mouvements de chaque doigt ainsi que la force qu’il veut utiliser.

Aujourd’hui, 5 ans plus tard, il est en mesure de jouer à nouveau du piano.

« C’est époustouflant », a déclaré Barnes. « Ce nouveau bras me permet de faire ce que je veux, à la volée, sans changer de mode ni appuyer sur un bouton. Je n’ai jamais pensé que nous serions capables de faire cela. »

traduction Thomas Jousse

Georgia Tech, Engadget

Un bras bionique à contrôle mental aide à ressentir la sensation du touché

L’ingénierie de neuroprothèses réactives et adaptables de demain

De nombreuses découvertes illustrent le progrès rapide en matière de prothèses de mains et de jambes, ainsi que des yeux, mais également des interfaces cerveau-machine.

WASHINGTON, DC 14-Nov-2017 – Si l’on en croit les études présentées aujourd’hui à Neuroscience 2017, la réunion annuelle de la Society for Neuroscience et la plus importante source mondiale d’informations émergentes relatives aux sciences du cerveau et de la santé, des prothèses perfectionnées de membres et des yeux ainsi que des interfaces cerveau-machine exploitent des circuits neuronaux existant afin d’améliorer la qualité de vie des personnes présentant ayant une déficience sensorielle.

Des millions de personnes à travers le monde sont incapables d’utiliser pleinement leurs corps ou leurs sens en raison d’une maladie, d’une blessure ou d’une amputation. Au mieux, les thérapies modernes et les prothèses ne rétablissent que partiellement la fonction. Au cours de ces 20 dernières années, les progrès de l’ingénierie biomédicale ont conduit au développement d’interfaces entres les dispositifs prothétiques, le système nerveux et les tissus humains, qui améliorent l’efficacité des dispositifs biomédicaux.

Les nouvelles découvertes d’aujourd’hui montrent que :

Les signaux neuronaux d’une moelle épinière extraite d’un rongeur peuvent contrôler les fibres musculaires disposées dans une boîte de Pétri, fournissant une nouvelle technique pour étudier comment le système nerveux dirige le mouvement (Collin Kaufman, résumé 781.11 voir le résumé ci-joint)

Un patient tétraplégique peut apprendre à adapter son activité neurale afin de maintenir le contrôle d’une interface cerveau-machine face à des défis techniques (Sofia Sakellaridi, résumé 777.06 voir le résumé ci-joint).

La restauration du sens du toucher par le biais d’une prothèse de main sur un membre amputé améliore la motricité, réduit la douleur du membre fantôme, et procure un sentiment d’appropriation de la main (Jacob Anthony George, résumé 642.04 voir le résumé ci-joint).

D’autres résultats récents abordés montrent que:

Une prothèse rétinienne entièrement organique, faite de couches de polymères photosensibles et de soie, a entraîné une activité cérébrale et un comportement associés à la vision chez des rats aveugles (Jose Fernando Maya-Vetencourt, 683.02 voir le résumé ci-joint).

Des implants cérébraux conçus pour fondre et ne laisser aucune trace

« Contrairement à de nombreuses thérapies pharmacologiques ou biologiques visant à aider les personnes souffrant de lésions ou de maladies neurologiques, les solutions d’ingénierie ont le potentiel pour une restauration immédiate et parfois de manière impressionnante » explique le modérateur de conférence de presse Leigh Hochberg du Massachusetts General Hospital, Brown University, et du Providence VA Medical Center, également expert en neurotechnologies. « C’est vraiment passionnant de voir l’avancement de la recherche en neuroscience fondamentale et en neuro-ingénierie au cours des dernières années, qui mène à la création de technologies qui aideront à réduire le fardeau des maladies neurologiques et psychiatriques ».

Cette recherche a été soutenue par des organismes de financement nationaux tels que les National Institutes of Health, ainsi que d’autres organisations publiques, privées et philanthropiques dans le monde entier. Pour en savoir plus sur les neuroprothèses et l’interface cerveau-machine, visiter le site BrainFacts.org.

La Society for Neuroscience (SfN) est une organisation qui réunit environ 37 000 scientifiques et cliniciens qui étudient le cerveau et le système nerveux.

Lire le communiqué de presse complet et étudier les résumés

Et si vous pouviez « voir » directement dans le cerveau d’une autre personne ?

traduction Virginie Bouetel

EurekAlert, Society for Neuroscience

Un bras bionique à contrôle mental aide à ressentir la sensation du touché

Le retour sensorielvoir l’article de Motherboard “Watch This Mind-Controlled Bionic Arm Touch and Feel”

Deus Ex s’associe à Open Bionics, Razer et Intel

Les quatre entreprises se réunissent pour créer la prochaine génération de mains bioniques : des prothèses cyberpunk inspirés de la série Deus Ex.

Les prothèses seront disponibles d’ici la fin de 2017.

pour en savoir plus : http://www.augmentedfuture.com/

Viktoria Modesta, la première artiste pop amputée du monde

Née en Russie, Viktoria Modesta est artiste, modèle, et femme bionique. Après que nombreuses tentatives pour corriger sa jambe gauche disloquée et sa hanche dont elle souffrait depuis la naissance, à l’âge de 20, elle subit une chirurgie volontaire pour amputer sa jambe au-dessous du genou. À l’aide de prothèses avancées, Viktoria a transformé son handicap en un symbole personnel, contestant la perception moderne de la société sur la beauté physique.

http://www.viktoriamodesta.com/

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