Des nanorobots capables de libérer des médicaments dans le corps par le contrôle de l’esprit

Qui aurait pu penser que les cafards pouvaient venir en aide à l’humanité ?

Les scientifiques de la Bar-Ilan University, avec l’aide du Interdisciplinary Center en Israël, ont conçu des nanorobots injectables, et ils les testent sur ces petites créatures. Étonnamment, cette technologie contrôle la libération de médicaments nécessaires au cerveau pour le fonctionnement même de ce dernier.

Ce travail a été publié dans le journal PLOS ONE.

Ces robots microscopiques sont équipés de nanoparticules en oxyde de fer qui agissent comme des « portes » pour le contrôle de la libération de médicaments nécessaires au cerveau. Ces portes peuvent être contrôlées par électroencéphalographie (EEG) induite par des électroaimants. Ces derniers répondent, et « ouvrent » lorsque se présente un motif cérébral spécifique détecté par l’EEG. En particulier, l’EEG peut être calibrée pour répondre à un épisode psychotique et les robots vont alors libérer les médicaments pour soulager le patient.

A cette fin, l’équipe affirme que les nanorobots peuvent être très utiles dans le cas de problèmes mentaux tels que la schizophrénie ou les troubles de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité.

Quoi qu’il en soit, à ce jour, ces méthodes n’ont pas été approuvées pour la phase de test sur les êtres humains, et c’est à ce moment-là que les cafards font leur entrée : l’équipe les utilise pour perfectionner cette technologie.

traduction Virginie Bouetel

Engadget, PLOS ONE

Une armée de nanorobots cible avec précision des tumeurs cancéreuses

Communiqué de presse

L’administration de médicaments anticancéreux redéfinie

Des chercheurs de Polytechnique Montréal, de l’Université de Montréal et de l’Université McGill viennent de faire une percée spectaculaire dans la recherche sur le cancer. Ils ont mis au point de nouveaux agents nanorobotiques capables de naviguer à travers le système sanguin pour administrer avec précision un médicament en visant spécifiquement les cellules actives des tumeurs cancéreuses. Cette façon d’injecter des médicaments assure un ciblage optimal de la tumeur et évite de compromettre l’intégrité des organes et des tissus sains environnants. Grâce à cette nouvelle approche, la dose de médicament, hautement toxique pour l’organisme humain, pourrait être largement réduite.

Cette avancée scientifique vient d’être publiée dans le prestigieux journal Nature Nanotechnology sous le titre «Magneto-aerotactic bacteria deliver drug-containing nanoliposomes to tumour hypoxic regions»

. L’article fait état des résultats de recherches effectuées sur des souris chez lesquelles on a administré, avec succès, des agents nanorobotiques dans des tumeurs colorectales.

crédit Polytechnique Montréal

« Cette armée d’agents nanorobotiques était en fait constituée de plus de 100 millions de bactéries flagellées – donc autopropulsées – et chargées de médicaments qui se déplaçaient en empruntant le chemin le plus direct entre le point d’injection du médicament et la zone du corps à traiter », explique le professeur Sylvain Martel, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en nanorobotique médicale et directeur du Laboratoire de nanorobotique de Polytechnique Montréal, qui dirige les travaux de l’équipe de chercheurs. « La force de propulsion du médicament a été suffisante pour parcourir efficacement le trajet et pénétrer profondément dans les tumeurs. »

Lorsqu’ils parviennent à l’intérieur d’une tumeur, les agents nanorobotiques peuvent, de manière entièrement autonome, détecter les zones tumorales appauvries en oxygène (dites « hypoxiques »), et y livrer le médicament. Cette hypoxie est causée par l’importante consommation d’oxygène engendrée par la prolifération rapide des cellules tumorales. Les zones hypoxiques sont reconnues comme étant résistantes à la plupart des traitements, incluant la radiothérapie.

Accéder aux tumeurs en empruntant des voies aussi petites qu’un globule rouge et en traversant des microenvironnements physiologiques complexes comporte toutefois plusieurs défis. Le professeur Martel et son équipe ont donc eu recours à la nanotechnologie pour y parvenir.

Bactérie avec boussole

Pour se déplacer, les bactéries utilisées par l’équipe du  professeur Martel comptent sur deux systèmes naturels. Un genre de boussole, créée par la synthèse d’une chaîne de nanoparticules magnétiques, leur permet de se déplacer dans le sens d’un champ magnétique, alors qu’un capteur de concentration d’oxygène leur permet d’atteindre et de demeurer dans les zones actives de la tumeur. En exploitant ces deux systèmes de transport et en exposant les bactéries à un champ magnétique contrôlé par ordinateur, les chercheurs ont démontré que ces bactéries pouvaient imiter parfaitement les nanorobots artificiels du futur, imaginés pour ce genre de missions.

« Cette utilisation novatrice des nanotransporteurs aura un impact non seulement sur la création de concepts d’ingénierie plus poussés et de méthodes interventionnelles inédites, mais elle ouvre aussi tout grand la voie à la synthèse de nouveaux vecteurs de médicaments, d’imagerie et de diagnostic, poursuit le professeur Martel. La chimiothérapie, si toxique pour l’ensemble du corps humain, pourrait utiliser ces nanorobots naturels pour amener le médicament directement à la zone ciblée, ce qui permettrait d’éliminer les désagréables effets secondaires tout en augmentant l’efficacité thérapeutique. »

Les travaux du professeur Sylvain Martel ont reçu le très précieux appui du Consortium québécois sur la découverte du médicament (CQDM), des Chaires de recherche du Canada, du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), de la Chaire de recherche de Polytechnique en nanorobotique, de MITACS, de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI) et des National Institutes of Health (NIH). L’Hôpital général juif de Montréal, le Centre universitaire de santé McGill (CUSM), l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC), ainsi que le Centre de Recherche sur le Cancer Rosalind et Morris Goodman ont également participé à ces travaux de recherche prometteurs.

Face à l’anthropologie de l’imposture

Discours académique de la séance solennelle de l’Institut de Théologie Orthodoxe Saint-Serge de Paris

Dimanche 8 février 2015, Par le R.P. Jean Boboc, professeur de Bioéthique

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Extrait :

L’antihumanisme des humanistes des Lumières, comme l’a si bien démontré le professeur Xavier Martin (Voltaire méconnu. Aspects cachés de l’humanisme des Lumières (1750-1800) ; L’homme des droits de l’homme et sa compagne (1750-1850). Sur le quotient intellectuel et affectif du ‘bon sauvage’ ; et dans « Le tribut des Lumières à la bioéthique », allié au culte de la raison, a généré le biotope propice à la floraison d’une anthropologie de l’émancipation et de l’autonomie humaine, renonçant au modèle chrétien de l’anthropologie révélée. Peut être, est-ce là, la première grande imposture éthique à laquelle se sont ralliés les bons esprits du XVIIIe siècle et les médecins philosophes qui voulaient recréer l’homme dans une apostasie civilisationnelle et précurseur du transhumanisme aujourd’hui déjà à l’œuvre et annonçant le post-humain. De l’homme-machine de Julien Offray de La Mettrie, dont le titre plaisait tant à Voltaire, on en vient la machine-homme.

[…]

Le professeur Testart, l’un des pères du premier bébé-éprouvette français, reconnaissait que « chaque pas plus permissif que le précédent, est logiquement argumenté ». Il en est de même dans le transhumanisme où « Pas à pas, année après année, petite transgression indolore par petite transgression indolore, notre transhumanité toujours plus technophile pourrait se faire à l’idée de la posthumanité », comme le souligne le neurobiologiste Laurent Alexandre.

Conférence organisé par le Cercle de l’Aréopage sur le Transhumanisme

Le Transhumanisme : toute la vérité sur le posthumain

Par Père Jean Boboc, Docteur en Médecine de la Faculté de médecine de Paris. Titulaire de différentes spécialités médicales et en particulier de Pharmacologie et Toxicologie cliniques, le 15 février 2016

Anthropologie : Cours de propédeutique, questions anthropologiques et bioéthiques

Association culturelle catholique Cercle de l’Aréopage


Père Jean Boboc Professeur de Bioéthique : Ordonné prêtre le 10 mai 2009, par son Éminence le Métropolite Joseph dans l’Église des saints Archanges Mihaï, Gavriil et Rafaïl, devenue le jour même Cathédrale métropolitaine de la métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale par la décision à l’unanimité de la communauté roumaine de se rattacher désormais à la Métropole et de mettre fin à 60 ans de séparation entre la communauté de l’exil et l’Église mère, le père Jean Boboc a été ordonné pour cette cathédrale. Prêtre économe stavrophore, le  père Jean est le troisième prêtre de la cathédrale.

Français d’origine roumaine, le père Jean Boboc est Docteur en médecine de la Faculté de médecine de Paris. Titulaire de différentes spécialités médicales et en particulier de Pharmacologie et Toxicologie cliniques, il a partagé sa vie professionnelle entre la pratique praticienne et la recherche appliquée. Titulaire d’un MBA dans l’administration des affaires, il a dirigé différentes firmes pharmaceutiques comme président et en particulier aux Etats Unis et au Canada, ce qui l’a familiarisé aux problèmes éthiques de la recherche médicale.

Parallèlement, le père Jean a mené une vie active dans l’Exil roumain en France et en Amérique du Nord. Président fondateur de l’AFDOR (Association des Français d’Origine Roumaine) et de la BRP (Bibliothèque Roumaine de Paris), associations particulièrement utiles durant la guerre froide, le père Jean a donné de nombreuses conférences des deux côtés de l’Atlantique, sur la situation historique roumaine et en particulier sur la question des territoires de Bessarabie et de Bucovine, annexés par l’Union soviétique et toujours occupés ou annexés. Il a de même écrit sur ce sujet de nombreux articles et participé à des ouvrages collectifs traitant de ces questions. Un recueil de certains écrits politiques de Mihaï Eminescu, traduits en français, est d’ailleurs attendu.

Sous l’influence de Mircea Eliade, le père Jean a parallèlement à ses études médicales, suivi les cours de l’ISTR (Institut de Science et de Théologie des Religions) de l’Institut catholique de Paris. De retour des Etats Unis, il rejoint l’Institut de Théologie Orthodoxe Saint-Serge, où il obtient une licence et un master de théologie orthodoxe, et où il doit soutenir bientôt une thèse de doctorat sur les aspects eschatologiques de l’anthropologie orthodoxe. Un Essai d’anthropologie orthodoxe est aussi en cours de rédaction.

Co-traducteur des œuvres théologiques du père Dumitru Staniloae, le père Jean Boboc s’intéresse essentiellement aux aspects pneumatiques et eschatologiques de l’anthropologie orthodoxe et à leur impact sur les sciences de la vie, et donc aux questions brûlantes de la bioéthique actuelle.

Il est doyen du Centre Orthodoxe d’Etude et de Recherche “Dumitru Staniloae” et responsable de la direction Anthropologie, Éthique et Sciences de la vie dans le cadre du Centre.

cours et conférences

Première pierre du Centre de nanosciences et de nanotechnologies

Deux piliers couplés formant “une molécule photonique” vus au microscope électronique à balayage. Une boîte quantique semi-conductrice de taille nanométrique, insérée dans cette molécule, émet une paire de photons intriqués par impulsion excitatrice. Deux photons sont intriqués si les propriétés de l’un dépendent de celles de l’autre, quelle que soit la distance les séparant. L’intrication présente un grand potentiel d’application dans des domaines comme la cryptographie ou l’informatique. La “molécule photonique” permet de collecter efficacement les photons. La source lumineuse ainsi créée possède un débit d’une paire de photons collectée toutes les 8 impulsions. Elle est 20 fois plus brillante que tous les systèmes existants.
© LPN/CNRS Photothèque.

Le Centre de nanosciences et de nanotechnologies (C2N, CNRS/Université Paris-Sud), créé au 1er juin 2016, regroupe deux laboratoires franciliens leaders dans leur domaine : le Laboratoire de photonique et de nanostructures (CNRS) et l’Institut d’électronique fondamentale (CNRS/Université Paris-Sud). La première pierre de ce nouveau laboratoire a été posée le mardi 28 juin 2016 sur le campus de l’université Paris-Saclay, en présence de Thierry Mandon secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Cette nouvelle structure, qui hébergera la plus grande centrale de nanotechnologie francilienne du réseau national Renatech, se place dans une perspective ambitieuse : constituer, en France, un laboratoire phare de niveau mondial pour la recherche en nanosciences et en nanotechnologies. Le C2N, avec son bâtiment de 18 000 m², représente le plus grand projet immobilier du CNRS depuis 1973. Conduit conjointement par le CNRS et l’université Paris-Sud depuis 2009, ce projet s’inscrit dans l’opération d’intérêt national Paris-Saclay portée par l’Etablissement public d’aménagement Paris-Saclay.

L’implantation du Centre de nanosciences et de nanotechnologies (C2N) au cœur du plateau de Saclay, dans le quartier de l’école Polytechnique, a été initiée dans le cadre du plan Campus en 2009. Elle permet de renforcer la dynamique de l’écosystème scientifique des nanosciences et nanotechnologies en Ile-de-France.

Le C2N mène ses recherches dans de nombreux domaines innovants dont la science des matériaux, la nanophotonique1, la nanoélectronique2, les nanobiotechnologies et les microsystèmes, ainsi que dans ceux des nanotechnologies (voir des exemples de travaux de recherche en fin de texte). Structuré en quatre départements scientifiques, le C2N aborde des recherches à la fois fondamentales et appliquées. Il représentera le pôle de référence en matière de nanosciences et nanotechnologies de l’université Paris-Saclay. Plus largement, à l’échelle européenne, il constituera l’un des plus grands centre académique de nanophotonique et, avec les acteurs locaux, l’un des plus grands consortiums en spintronique. Le C2N participe donc au rayonnement de la communauté à l’international. Ainsi l’université Paris-Sud vient d’être reconnue 42e établissement mondial en science des matériaux par le dernier classement de Shanghai en ingénierie (juin 2016).

Au cœur du projet du C2N, la salle blanche (2800 m²) de la centrale de technologie sera la plus grande plateforme de ce type à l’échelle nationale. Elle constituera le pôle francilien du réseau national des grandes centrales académiques Renatech, réseau d’infrastructures et de moyens lourds en micro et nanotechnologie. Cette centrale sera ouverte à l’ensemble des acteurs académiques et industriels du domaine des nanosciences et des nanotechnologies afin qu’ils puissent y développer leurs technologies. Un espace sera ainsi réservé à l’accueil d’entreprises, notamment des start-up et des PME, pour des développements technologiques spécifiques. La formation à la recherche sera également au centre des priorités du C2N, avec notamment la mise en place d’une salle blanche d’entraînement, en conditions réelles, réservée à la formation pratique d’étudiants, stagiaires, ingénieurs et chercheurs désireux d’apprendre.

Ce projet immobilier d’environ 92 millions d’euros a été financé à hauteur de 71 millions d’euros par le Programme d’investissements d’avenir, 12,7 millions d’euros par le CNRS, qui contribuera également au déménagement des deux laboratoires et au raccordement des équipements à hauteur de 4,3 millions d’euros. Le foncier s’élevant à 4,32 millions d’euros a été acquis par le CNRS en 2014. La conception du bâtiment a été confiée au groupement ARTELIA (structure ingénierie et bureau d’étude) et à l’atelier d’architecture Michel Rémon et le chantier à Bouygues Ouvrages Publics, Engie Axima, GER2I, Engie Ineo et Eurovia.

Les travaux ont débuté en novembre 2015 et se termineront à l’automne 2017. Les 18 000 m² du bâtiment, regroupant les laboratoires expérimentaux (3400 m²), les bureaux (2900 m²) et la salle blanche (2800 m²), accueilleront fin 2017 entre 410 et 470 personnes, réparties entre personnels permanents (chercheurs et enseignant-chercheurs, ingénieurs, techniciens et administratifs) et non permanents (doctorants, post doctorants, étudiants, techniciens stagiaires, visiteurs, etc.).

Notes:

1 La nanophotonique est l’étude de la lumière et de ses interactions avec la matière à des échelles nanométriques.
2 La nanoélectronique fait référence à l’utilisation des nanotechnologies dans la conception des composants électroniques.

Quelques exemples de résultats obtenus au LPN et à l’IEF :
Des LED flexibles à nanofils : une nouvelle avancée pour les écrans pliables
Une nouvelle source de lumière quantique
Diagnostic médical : un test nanobiophotonique pour détecter des micro-ARNs
Des nanolasers couplés pour approcher le régime quantique de la brisure spontanée de symétrie

Film CNRS Images sur le LPN : Nouvelles techniques de lithographie.

Communiqué de presse CNRS

Augmentation des performances humaines avec les nouvelles technologies : Quelles implications pour la défense et la sécurité ?

Augmentation des performances humaines, résumé :

Le CHEAr puis l’IRSEM a animé durant une année un club de réflexion et de recherche sur la problématique de l’augmentation artificielle des performances humaines, à des fins militaires. Cette réflexion est suscitée par l’essor des nouvelles technologies (nanotechnologies – biotechnologies – techniques de l’information et de la communication – sciences cognitives et neurosciences), qui donne lieu à des avancées en matière de réparation de l’homme en médecine.

La faisabilité de l’augmentation des capacités opérationnelles des personnels (voire leur optimisation) et les conséquences associées, constitue un axe de recherche qui suscite l’intérêt et pose un certain nombre de questions.

La démarche a consisté à proposer un regard prospectif à la fois technique, applicatif pour les usages défense, éthique voire philosophique sur les limites d’utilisation de ces nouvelles technologies.

En faisant se rencontrer des chercheurs du domaine de la recherche universitaire, de l’industrie, et de la défense, ce groupe de travail a permis de fournir une réflexion croisée en vue de préciser ce que l’on peut attendre des recherches actuelles et à venir sur les nouvelles technologies au regard des problèmes éthiques d’utilisation chez l’homme. On peut résumer les conclusions du club de la manière suivante :

– Pour la défense, ces nouvelles techniques ouvrent des perspectives pour le combattant d’améliorer ses capacités d’adaptation à l’environnement militaire, d’augmenter ses performances et son efficience mais aussi d’être “réparé” en cas de nécessité. Mais ces techniques peuvent aussi constituer, de nouvelles menaces pour le combattant.

– Elles soulèvent la question de l’augmentation artificielle de performances pour disposer d’un “supercombattant”. D’un point de vue technique, il semble que les progrès les plus significatifs se situent dans deux voies : l’une concerne les technologies de l’information et de la communication, les interfaces, la robotique et l’autre, l’usage de nouvelles molécules dopantes (ou vectorisation de molécules efficaces) grâce aux nanobiotechnologies qui peuvent agir directement sur la physiologie de l’homme.

– Toutefois, le passage de l’homme réparé (“rétabli dans son fonctionnement nominal”) à celui de l’homme modifié (“fonctionnement hors norme”) est loin d’être acquis, même si ce domaine stimule l’imagination.

– À l’instar des préoccupations de la société civile autour de l’augmentation des performances sportives (par le dopage, la chirurgie amélioratrice, etc.), les questions associées ne sont pas uniquement de nature technique. Elles suscitent de nombreuses réflexions éthiques et juridiques autour des règles d’utilisation de ces nouvelles technologies.

– Du point de vue éthique, l’utilisation des nouvelles technologies à des fins non thérapeutiques pose, en effet, de nouvelles interrogations sur le respect des valeurs morales et sur la santé des personnes. Il a été constaté qu’il n’existe pas de cadre législatif ni réglementaire, ni même de cadre normatif, adapté aux questions d’amélioration de l’individu. Cela est dû au fait que dans le monde médical, seules les applications thérapeutiques sont considérées.

Le club suggère de capitaliser toutes les réflexions et interrogations sur cette problématique, par la création de deux entités au sein de la défense correspondantes à des finalités et des modes de fonctionnement différents :

– une cellule de veille qui pourrait établir à échéance régulière un point de situation sur les perspectives scientifiques, techniques et opérationnelles dans le domaine de la réparation et de l’augmentation de l’homme. Elle s’attacherait à identifier les avantages, les menaces que pourraient engendrer ces nouvelles possibilités pour l’homme dans son intégrité et pour la société.

– une structure destinée à alimenter la réflexion au sein des instances étatiques. Elle aurait en particulier pour mission de mieux cerner d’un point de vue éthique et juridique, les applications à visée non thérapeutique.

Ces questions peuvent être abordées d’autant plus sereinement compte tenu des délais prévisibles importants qui nous séparent des éventuelles disponibilités en opérations. De telles entités devraient ainsi réunir, dans un cadre de réflexions ouvertes, des militaires des différentes armées, des scientifiques, des juristes, des médecins, civils et militaires.

Télécharger le PDF Travaux_de_l’Irsem – Augmentation des performances humaines avec les nouvelles technologies

Sous la présidence de Jean Didier Vincent
Professeur émérite des universités
Membre de l’Académie des sciences et de l’Académie de médecine

Membres :

Arnaud de la Lance : DGA/SASF – Architecte capacitaire santé et défense NRBC
Bernadette Bensaude-Vincent : Professeur des universités, Philosophie des sciences, Université Paris 10
Eric Gaffet : CNRS Belfort – Directeur de Recherches, domaine nanotechnologies
Louis Laurent : ANR (puis Campus du plateau de Saclay) – Physicien
Michel Detilleux : Médecin des hôpitaux, Cochin, Professeur des universités Paris Descartes
Michel Peres : DGA/DET – Ingénieur d’études, domaine sciences de l’homme
Régis Guillemaud : CEA Leti-Minatec – Chef du laboratoire Electronique et Système pour la Santé
Virginie Tournay : CNRS – Institut d’Etudes Politiques- Grenoble- Chargée de recherches
Xavier Bigard : CRSSA – Médecin-chercheur du Service de Santé des Armées, Professeur agrégé Val-de-Grâce, titulaire de la chaire de recherche appliquée aux armées
Yann Perrot : CEA-List – Chef du Laboratoire de Robotique Interactive

Rapporteur : Agnès Colin : IRSEM – Chargée d’études

https://iatranshumanisme.com/transhumanisme/les-technologies-emergentes/le-rapport-nbic/

Google : La stratégie secrète pour transformer l’humanité

Laurent Alexandre, spécialiste du transhumanisme, explique ce que Google semble bâtir sous nos yeux. Le constat est à la fois fascinant et effrayant. Les informations soulignées par Alexandre et le bilan que l’on peut faire aujourd’hui sur la société, associés au fait que ses dirigeants n’ont jamais voulu détailler leurs stratégies et objectifs, laissent la place à une hypothèse incroyable.

Les débuts de l’intelligence artificielle

Selon Alexandre, l’objectif de Google, quant à son moteur de recherche, est de transformer ce dernier en intelligence artificielle. À une échelle encore embryonnaire, ce spécialiste des questions des secteurs NBIC estime que Google commence à y arriver.

Il fait le lien entre les différentes actions de Google ces dernières années. Selon lui, la quantité de start-ups que Google rachète, la création de Calico (la société réfléchissant aux maladies liées au vieillissement), la présence du géant dans le secteur du séquençage ADN et la robotique, avec le projet BigDog de Boston Dynamics, pour ne parler que d’eux, dessinent le projet de Google.

Par ailleurs, la société a recruté les plus grands noms de la question de l’intelligence artificielle, tels que le gourou du sujet, Ray Kurzweil, selon lequel les robots seront égaux aux humains d’ici 2029, qui est désormais ingénieur en chef du moteur de recherche.

Google maitrise toutes les technologies qui permettent le transhumanisme. Tous les moyens sont bons pour améliorer l’homme physiquement, intellectuellement, et dans son espérance de vie. Google est présent dans la robotique, l’informatique, les moteurs de recherche, l’intelligence artificielle, les nanobiotechnologies et le séquençage d’ADN.

La machine omnisciente

Lorsqu’on lui demande qui contrôle Google aujourd’hui, Alexandre explique que seuls ses actionnaires ont le pouvoir. Il avance alors la nécessité d’encadrer l’intelligence artificielle au niveau mondial, soulignant que les États-Unis y réfléchissent déjà sérieusement, tout comme l’Asie, alors que l’Europe observe passivement la situation.

Si une telle entité devient le leader dans la lutte contre la mort, l’intelligence artificielle, la robotique, la domotique et les voitures intelligentes, il faudra alors réfléchir à la démanteler.

Dans une telle situation, Google deviendrait plus puissant que des États.

L’auteur termine son interview en évoquant la loi de Moore, décrivant le rythme d’évolution de la puissance des ordinateurs. D’après cette loi, les ordinateurs ayant la puissance de calcul du cerveau humain sont pour 2040, et l’intelligence des machines nous dépassera d’ici la fin du siècle. La rencontre de cette puissance, de l’impression 3D et de la mise en réseau de cette intelligence en ferait une entité quasi omnisciente.

Connectons les points

Alexandre « se contente » ici de parler de la puissance de l’entité Google et de l’avènement de la machine pensante, ce qui est en soi une perspective incroyable et paradoxalement crédible. Mais d’autres spéculations sont autorisées.

Lorsque je fais la somme de tout ce que Google entreprend depuis quelques années, je vois autre chose se dessiner. Faisons le point.

Google a cartographié la planète, et se lance depuis quelque temps dans la cartographie de l’intérieur des bâtiments. La société a par ailleurs pour ambition manifeste de numériser toutes les productions humaines, avec notamment Google Books, mais nous pourrions aussi parler du fait qu’elle possède le site leader du stockage de vidéos avec YouTube.

L’idée de Chrome OS est de centraliser les données sur le cloud pour que nos contenus se trouvent « partout ». De plus, les investissements de la société dans des câbles haut débit sous-marins connectant les continents entre eux, le Projet Loon envoyant des ballons relayant internet dans la stratosphère et les drones solaires ayant la même ambition, affichent la volonté de Google de faire qu’internet soit accessible absolument partout sur Terre.

Ainsi, Google est en train de fabriquer une version numérique de notre planète et de ses contenus, avec l’ambition de les rendre accessibles depuis n’importe où.

La question de l’identité

Par ailleurs, certains d’entre nous réalisent déjà qu’ils passent une majeure partie de leur existence à interagir avec internet, par leur smartphone ou leur ordinateur, qu’il s’agisse de communiquer avec d’autres humains ou de consulter du contenu. La question de l’identité est ainsi en jeu.

Il ne s’agit pas ici de juger de la chose d’un point de vue moral, mais de constater le phénomène. Si la plupart de mes interactions avec le monde se font via internet, mon identité numérique n’est-elle pas une part importante de mon identité globale ?

Alors, me revient le fait que Ray Kurzweil, le futurologue dont nous parlions plus haut, a fait entre autres projections ces dernières années que l’être humain pourrait transférer son cerveau sur des disques durs avant 2030. Et d’un coup, les points semblent se connecter.

En produisant une réplique numérique de la planète et de ses ressources intellectuelles, en permettant à internet d’être disponible même dans les zones les plus reculées du monde, en investissant dans la robotique et en s’intéressant de prêt au vieillissement, le projet de Google ne serait-il pas de dématérialiser l’être humain ?

La question de savoir si la chose serait bonne ou mauvaise est un gouffre d’interrogations philosophiques et métaphysiques, mais pour le pire ou pour le meilleur, et au regard de l’adhésion des dirigeants de Google au transhumanisme et aux théories de Kurzweil, le fait que l’objectif final de la société soit que l’humanité vive éternellement dans une réalité virtuelle mondialement connectée, est sans doute envisageable. La question de savoir s’ils pourront y parvenir est bien évidemment tout autre.

source : Phonandroid, via Le JDD