Imaginer les technologies de “mémoire totale” avec la SF audiovisuelle occidentale

Étude sémiotique, intermédiale et technocritique des représentations de la mémoire personnelle

Résumé

On reconnaît généralement la science-fiction cyberpunk et postcyberpunk à sa particularité de mettre en scène des objets techniques plus évolués que ceux que nous utilisons au quotidien. Ces objets sont à la fois défamiliarisants et familiers. L’étrangeté instaurée par les mondes (post)cyberpunks repose en partie sur une mise à distance de notre présent dans le but de nous le faire éprouver.

Elle repose également sur l’exploration du devenir de nos propres objets techniques. Formant un laboratoire de possibles, la science-fiction concourt à l’élaboration de nouvelles séries technologiques dans les diégèses. Toutefois, nous aurions tort de les cantonner à de simples fantaisies. Ces technologies fictionnelles s’inscrivent en effet dans une dialectique propre : si la science-fiction se réapproprie et narrativise les objets techniques existants, elle nourrit en retour des liens étroits avec la science appliquée à l’industrie (les technosciences).

La science-fiction forme en réalité un moteur de l’innovation technologique. Cette dialectique invite à prendre au sérieux le « terrain socio-anthropologique » que constitue la science-fiction et les objets que celle-ci met en scène.

Par ailleurs, qu’il soit virtuel ou actuel, tout objet technologique peut s’observer suivant les dynamiques relationnelles qu’il entretient avec les autres objets. Les études intermédiales n’appréhendent pas les objets comme des dispositifs autonomes pour lesquels il faut penser a posteriori les dynamiques, mais partent du principe que ce sont les relations qui informent les objets.

Selon cette approche, une technologie comporte en elle des structures sémiotiques qui ne lui sont pas exclusives et réarticule des mémoires, des conflictualités, des matérialités, des questions, des concepts et des rapports de force liés à des objets plus anciens. Les technologies imaginées dans la science-fiction ne semblent pas échapper à ce nœud de relations.

En s’appuyant sur ce cadre théorique, cette thèse s’intéresse à un ensemble de technologies qui émerge dans la science-fiction audiovisuelle au sortir de la Guerre froide. Ces technologies, que nous appelons technologies de « mémoire totale », permettent aux personnages de gérer de façon inédite leur mémoire personnelle.

Du dispositif de lifelogging implanté dans le cerveau au phénomène du mind uploading (« téléversement de l’esprit »), la science-fiction imagine et problématise le devenir de la mémoire humaine.

Ainsi, l’étude entreprise ici consiste, d’une part, à comprendre d’où provient l’idée d’une mémoire totale, et d’autre part, à analyser les enjeux et les conséquences des technologies de mémoire totale sur la mémoire, les individus et les univers fictionnels.

À terme, ce projet de thèse vise à réfléchir avec la science-fiction aux limites de l’innovation technologique à l’heure où, d’un côté, l’idéologie transhumaniste prend de plus en plus d’ampleur et, de l’autre, les projets technoscientifiques s’inspirent ouvertement des fantaisies technologiques issues de la science-fiction.

En explorant les technologies de « mémoire totale », cette étude développe une critique de l’idéologie transhumaniste et de son projet d’amplification corporelle radicale (human enhancement) au sein duquel la mémoire tient un rôle clé.

Caccamo, Emmanuelle (2017). « Imaginer les technologies de “mémoire totale” avec la science-fiction audiovisuelle occidentale (1990-2016) : étude sémiotique, intermédiale et technocritique des représentations de la mémoire personnelle » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en sémiologie.

L’histoire de la superintelligence et la question de l’éthique des machines

Publié in Marianne Celka et Fabio La Rocca (dir.), Transmutations, Esprit Critique, Revue internationale de sociologie et sciences sociales, vol. 24, n° 1, été 2016, p. 43-57. Par Vincent Guérin, Docteur en histoire contemporaine.

Résumé : Ce texte a pour objet d’analyser, chez les transhumanistes, le couplage de l’éthique des machines avec les risques inhérents à la superintelligence. La première favorisant l’émergence de la seconde. Par ce biais, nous observons une accentuation du rapprochement de l’homme et de la machine, initié par le paradigme informationnel ; un renversement même avec une machine considérée comme « smarter than us ».

Introduction

En 2014, l’informaticien et cofondateur de Skype Jaan Tallinn a créé The Future of Life Institute (FLI) avec entre autres les cosmologistes Anthony Aguirre (Université de Californie) et Max Tegmark (MIT). Dans le comité scientifique se trouve une constellation de personnalités célèbres comme Stephen Hawking, des auteurs à succès comme Erik Brynjolfsson (MIT Center for Digital Business), mais aussi l’acteur Morgan Freeman (film Transcendance de Wally Pfister, 2015) et l’inventeur et chef d’entreprise Elon Musk. Jaan Tallinn était déjà à l’initiative du Centre For The Study Of Existential Risk (CSER) ou Terminator studies en 2012 à l’Université de Cambridge avec le cosmologiste Martin Rees. Ces deux institutions ont pour ambition, entre autres, d’anticiper les risques majeurs qui menacent l’humanité, notamment ceux inhérents à l’intelligence artificielle (IA).

Dernièrement, Bill Gates, fondateur de Microsoft, lui-même, se dit préoccupé par l’IA. Ces deux institutions et Bill Gates ont un dénominateur commun : Nick Boström. l’auteur de Superintelligence, Paths, Dangers, Strategies (2014), qui a impressionné Bill Gates, est membre du comité scientifique de la FLE et du CSER. Il est professeur à la faculté de philosophie de la prestigieuse Université d’Oxford et fondateur de la Future of humanity Institute (FHI) qui a pour objet d’anticiper les risques majeurs qui menacent l’humanité (existential risks). Ses recherches portent sur l’augmentation de l’homme, le transhumanisme, les risques anthropiques et spécifiquement celui de la superintelligence. En 2008, il a codirigé avec Milan M. Ćirković Global Catastrophic Risks (Boström, Ćirković, 2008). Cet ouvrage dénombre dix risques catastrophiques au sens d’un bouleversement radical qui menacerait l’humanité (anthropiques ou non) 1 . Parmi les risques anthropiques recensés, Eliezer S. Yudkowsky (1979-), chercheur au Machine Intelligence Research Institute à Berkeley (MIRI), développe le chapitre sur l’IA (Yudkowsky, 2008).

Nick Boström et Eliezer Yudkowsky sont transhumanistes, un courant de pensée qui conçoit l’humain, l’humanité comme imparfaits et prône une prise en main de leur évolution par la technologie. En 1998, Nick Boström a fondé avec David Pearce la World Transhumanist Association (WTA) et l’Institute for Ethics & Emerging Technologies (IEET) avec James Hughes.

Plusieurs objectifs irriguent le transhumanisme, dont le devenir postbiologique (posthumain), la superintelligence et l’amortalité (une immortalité relative). Parmi les NBIC, deux technologies ont leur faveur. La première, la nanotechnologie (une construction à partir du bas à l’échelle du nanomètre soit un milliardième de mètre) est en devenir, et la seconde, l’intelligence artificielle générale (IAG) reste un fantasme. Nick Boström et Eliezer Yudkowsky pensent que l’IA favorisera la nanotechnologie, elle-même porteuse d’inquiétude (Drexler, 1986). Eric Drexler, transhumaniste et membre du FHI, a créé en 1986, le Foresight Institute afin de prévenir les risques technologiques et favoriser un usage bénéfique de la nanotechnologie. Qu’est-ce-que la (super) intelligence artificielle ? Quelles sont les corrélations entre le transhumanisme et cette inquiétude montante vis-à-vis de l’IA, ou plus exactement la superintelligence ? Comment et quand pourrait-elle émerger ? Comment s‟articule le complexe dit de Frankenstein et l’éthique des machines ?

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Sommaire :

Introduction
La (super) intelligence artificielle
Le complexe dit de Frankenstein et l’éthique des machines
Épilogue
Références bibliographiques

Infléchir le futur ? Le transhumanisme comme auto-transcendance

Vincent Guérin, International Psychology, Practice and Research, 6, 2015


Résumé : Comment le transhumanisme oriente-t-il notre futur ? Entre l’eschatologie de la singularité technologique et la société de l’abondance promise par les nouvelles technologies (NBIC), il s’agit de saisir l’émergence et la diffusion d’une transcendance opératoire, son « inquiétante étrangeté ».


« The best way to predict the future is to create it yourself. » (17e loi de Peter H. Diamandis)

Introduction

Dans cet article, nous allons nous intéresser à la « communauté » des « singularitariens » de la Silicon Valley (Grossman, 2011). Deux de ses figures, Ray Kurzweil et Peter H. Diamandis ont créé, en 2008, l’université de la singularité. Son ambition : préparer l’humanité au changement induit par une accélération technologique à venir annoncée comme foudroyante. Cette entreprise qui prépare l’avenir tout en favorisant leurs ambitions. Au final, il s’agit d’explorer le tissage des forces en présence, mais aussi la réthorique utilisée par les « ingénieurs » singularitariens pour stimuler, orienter des recherches « stratégiques » devant favoriser leurs desseins. Sont-ils en mesure d’infléchir le futur, le faire advenir ?

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Sommaire :

La singularité technologique : enfer ou âge messianique ?

L’Université de la singularité

La possibilité de l’abondance

Conclusion

Bibliographie

Le prix Nobel de Physique hongrois Dennis Garbor affirme que « tout ce qui est techniquement faisable doit être réalisé, que cette réalisation soit jugée moralement bonne ou condamnable » (Gabor, 1973) ⇒ Le transhumanisme : Ce qui est possible est-il toujours souhaitable ?

 

Les nanotechnologies vont apporter une extension radicale de la longévité

Peter Diamandis, fondateur et président exécutif de XPRIZE et cofondateur et président exécutif de la Singularity University estime que les nanotechnologies amèneront la possibilité d’une extension radicale de la longévité.

Nanotechnologies et extension de la vie

Dans un question/réponse sur scène au Singularity University’s Global Summit, Diamandis a élaboré sur sa vision sur la façon dont les nanotechnologies peuvent conduire à de nouvelles techniques pour détecter la maladie ainsi que pour régénérer le corps, interfacer avec l’esprit humain et amener une radicale extension de la longévité.

Avec le temps, l’entrepreneur voit les humains et la technologie interagirent jusqu’à lier l’esprit humain aux machines et amener une plus grande espérance de vie.

SingularityHub rapporte que Diamandis a déclaré au Singularity University Global Summit que les nanotechnologies aideront à identifier les facteurs de risque dans le génome humain afin de stopper la maladie avant que celle-ci ne se manifeste. L’entreprise de santé fondée par Diamandis, Human Longevity, a pour objectif de combiner les informations clés sur la santé avec les données complètes sur la génétique d’une personne afin de déterminer leur profil de risque pour diverses maladies.

La médecine du futur aidera aussi à reconstituer le corps en cellules souches de sorte que chacun aura un moteur de régénération restauré/reconstitué durant toute leur vie. D’après la publication en ligne Inverse, un autre développement intéressant dans un avenir proche est l’interface esprit-machine (mind-machine).

Diamandis a expliqué que l’objectif de sa recherche est une nanotechnologie qui permettrait à des machines d’interagir avec les cerveaux humains. Cela devient de plus en plus proche de la réalité étant donné que des chercheurs de l’University of Southern California travaillent déjà sur des implants neuronaux capables d’améliorer les fonctions cognitives.

D’après Diamandis, la technologie progresse lentement jusqu’au point où les humains seront effectivement en mesure de se connecter via leur esprit. Ces développements ouvrent la possibilité d’une extension radicale de la longévité. Les humains pourront vivre plusieurs siècles dans le même corps, ainsi que télécharger leur conscience dans un ordinateur.

Diamandis collabore avec plusieurs entreprises poursuivant ces idées d’interfaces cerveau-machine et de nanotechnologie. D’après lui, l’horizon temporel de ces technologies pourrait être visible d’ici 20 à 30 ans.

Traduction Thomas Jousse

iTechPost

Huawei se prépare aux chefs suprêmes robots et à la communication avec les morts

Le géant chinois Huawei se prépare à un monde post-humain où les gens vivent pour toujours, les morts hantent les ordinateurs et les robots essaient de tuer les humains.

Huawei est surtout connu comme l’un des plus grands producteurs mondiaux des équipements de réseau à large bande et des smartphones. Mais le Président Kevin Ho a déclaré à la Conférence CES Asia à Shanghai que l’entreprise utilisait des films de science-fiction comme « The Matrix » pour envisager les tendances futures et les nouvelles idées commerciales.

« La faim, la pauvreté, la maladie ou même la mort ne devraient plus poser de problème d’ici 25 ans à partir de maintenant » dit-il. « Dans le futur, vous serez en mesure d’acheter de la capacité calcul qui servent de substituts afin de passer du monde physique au monde numérique ».

Il a décrit un avenir où les enfants pourraient utiliser des applications comme WeChat pour interagir avec les grands-parents morts, grâce à la possibilité de télécharger la conscience humaine dans les ordinateurs. Toutes ces technologies exigeraient des quantités énormes de stockage de données, ce qui pourrait générer du business pour Huawei, a-t-il ajouté.

Ho a également fait référence à une scène dans « The Matrix » où un personnage télécharge la possibilité de piloter un hélicoptère.


Comment télécharger des connaissances à votre cerveau


Dans la Silicon Valley, les entreprises comme Google ont discuté de la planification à long terme pour une société post-humaine, tandis que Calicot et Peter Thiel ont tous deux soulevé la perspective de l’immortalité. Le fondateur de SpaceX Elon Musk a depuis longtemps le but de transporter l’humanité pour coloniser d’autres planètes.

Mais il est rare que des entreprises technologiques chinoises établies comme Huawei fassent des préparatifs d’affaires basés sur des possibilités intangibles auxquels sont confrontées les espèces. Ho dit que les films SF ont aidé son équipe à envisager de nouvelles gammes de produits.

« Nous avons besoin d’authentification, d’une meilleure protection de la technologie et d’une défense à distante – nous développons tous cela dès maintenant. »

Bloomberg News

$ 1,2 milliards pour Human Brain Project

Les technologies informatiques représentent un nouvel espoir dans cette quête pour une meilleure compréhension de notre cerveau, c’est pourquoi le Human Brain Project (HBP) attire toute l’attention des médias dans le domaine des neurosciences.

Le HBP est d’une valeur € 1,2 milliards et un long projet global de 10 ans qui va nous donner une compréhension plus profonde et plus significative du fonctionnement du cerveau humain. Il est composé de 130 établissements de recherche dans toute l’Europe et coordonné par l’École Polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) en Suisse.

La cartographie expérimentale du cerveau s’est avérée être une voie sans issue, étant donné qu’il faut 20 000 expériences juste pour mapper un circuit neuronal et que notre cerveau est constitué de 100 milliards de neurones et 100 trillions de synapses. Le HBP est venu avec une meilleure solution en construisant le premier modèle du cerveau humain. Ce sont des systèmes informatiques neuromorphiques qui utilisent les mêmes principes de base de calcul et des architectures cognitives dans le cerveau.

Le plan consiste à déterminer les principes fondamentaux de comment les neurones sont connectés et utilisent ces principes pour construire des simulations statistiques. Un modèle de simulation sera alors de prédire comment certaines parties du cerveau, (nous n’avons aucunes ou peu de données expérimentales), sont câblées et ensuite comparer les résultats avec les données biologiques réelles. En d’autres termes, l’idée est de trouver un principe sous-jacent qui régit la morphologie du cerveau et la rétro-ingénierie (ingénierie inverse) du cerveau humain à l’aide de superordinateurs.

Néanmoins, le grand plan de création d’un modèle parfait de cerveau ne s’arrête pas ici. Henry Markram, neuroscientifique et co-directeur de ce projet ambitieux, envisage cet exploit encore un peu plus loin. Il veut unir la simulation du cerveau avec une plate-forme informatique médicale. Cela signifie toutes les données cliniques disponibles sur les maladies mentales des hôpitaux publics et des laboratoires pharmaceutiques seraient intégrées dans le modèle de simulation. De cette façon, les experts pourraient étudier systématiquement des sujets sains et des patients souffrant de divers troubles et d’en tirer des corrélations empiriques entre les maladies mentales et les causes biologiques. « L’étape finale serait d’utiliser ce nouveau système de classification biologique pour développer de nouveaux outils de diagnostic et de proposer des stratégies pour le développement de médicaments et de traitements », explique Markram.

Un directeur de projet pense aussi à connecter la simulation de cerveau avec un robot, où le robot serait en mesure de voir et d’entendre son environnement. Les chercheurs pourraient introduire des distorsions dans la simulation à imiter par exemple un cerveau autiste et d’examiner l’expérience des autistes du monde. Cela représenterait sans aucun doute une avancée énorme en informatique médicale et également dans l’informatique en général.

Comprendre le cerveau est vital, non seulement pour diagnostiquer et traiter les maladies du cerveau, mais aussi pour le développement des nouvelles technologies du cerveau comme la neuro-robotique et l’ingénierie neuromorphique. Ces technologies du cerveau peuvent nous apporter de nouveaux outils et méthodes pour étudier la plasticité du cerveau et de développer des systèmes neuronaux incorporés dans des dispositifs artificiels logiciels et matériels, machines, robots, etc.. Pour y parvenir, nous devons aussi explorer de nouvelles architectures informatiques qui imitent les structures de neurones biologiques dans le but d’atteindre les capacités de calculs de ces systèmes avec le même volume et l’efficacité énergétique.

Ce sont tous les défis que doivent surmonter les scientifiques travaillant sur le projet de cerveau humain. En attendant, le monde entier reste dans l’attente des nouvelles découvertes qui révéleront comment fonctionne l’organe le plus complexe.

Par Blazka Orel, Msc, BioSistemika LLC

Elsevier SciTech Connect

Dr James Martin – Une crise est à venir

“Humanity is drifting into time when there is great insecurity, because the population is growing too large, consumption is growing too large, we’re talking about the footprint, meaning the resources that humanity consumes. And about 20 years ago, we got to a stage when we were consuming 100% of the sustainable resources on the planet, and in 20 years from now that will go up to 200%, and that of course is impossible to sustain, and so in many ways you can look at humanity and say there’s a crunch coming.

I think we know that in many ways we’re on the wrong path today, with the civilization that we have, and so major changes have got to be made, and we’re going to have fabulous technology for creating those changes.” says Dr. James Martin

Futurist Entrepreneur

Visionary tech entrepreneur. Science sponsor: Oxford University’s largest benefactor in 900 years.

The Oxford Martin School is a unique, interdisciplinary research community designed to address the most pressing global challenges and opportunities of the 21st century. It conducts research to develop solutions for the biggest problems facing humanity in the twenty-first century and to identify the biggest, new opportunities.

It has 38 institutes doing leading-edge research, concerned with different aspects of the twenty-first century, from the governance of climate change and the possibilities of quantum physics, to the future of food and the implications of our ageing population. Each institute can only function by integrating multiple disciplines.

The School has over 300 post-doctorate scholars and professors, working across the University of Oxford. The different issues of the School connect to form an understanding of our future.

Martin wrote The Meaning of the 21st Century, which was made into a major film, narrated by Michael Douglas. He was a Pulitzer nominee for his book The Wired Society. When the School was founded, Martin made a film narrated by Michael Douglas, called The Meaning of the 21st Century. A recent film has been made about the School, called Revolution in Oxford.

Martin was a pioneer in the automation of software development, and was ranked 4th in Computer World’s 25th Anniversary Edition’s most influential people in computer technology. He was a member of the Scientific Advisory Board of the U.S. Department of Defense. He is an Honorary Life Fellow of the British Royal Institution, a Fellow of the World Academy of Art and Science, an Honorary Fellow of Keble College, Oxford, and a Senior Fellow of the James Martin Center for Non-Proliferation Studies at Monterey, California. Martin has honorary doctorates from all six continents.

The Human Brain Project : le fantasme de l’immortalité digitale

Financé par l’Union Européenne et installé à Genève, The Human Brain Project est un superordinateur capable de reproduire le comportement humain et les réactions physiologiques du cerveau afin, notamment, de mieux comprendre les mécanismes des maladies neurodégénératives.

Mais, bien au-delà de l’aspect médical, le projet devrait permettre la création de l’un des cerveaux digitaux les plus perfectionnés au monde, et pourrait permettre de prolonger la vie en transférant le contenu d’un cerveau humain dans cette entité digitale.

Un an seulement après son lancement officiel, le Human Brain Project (HBP) compte déjà des succès remarquables. Désigné en 2014 comme l’un des deux “flagships” (projets phares) de l’Union Européenne pour la décennie à venir, ce programme de recherche, installé à Genève et dirigé par l’École Fédérale Polytechnique de Lausanne, rassemble plus d’une centaine de partenaires et chercheurs issus de 24 pays à travers le monde, dont les États-Unis, la Chine, l’Allemagne ou encore Israël.

D’une approche réductionniste à une approche globale

Jusqu’à présent, l’étude du cerveau consistait à observer le fonctionnement et les réactions de chaque sous-partie de la structure. Cette méthode a, bien entendu, permis de réaliser d’immenses avancées, mais la recherche a également prouvé que la complexité du cerveau et les relations au sein de l’architecture cérébrale empêchaient désormais de progresser dans la connaissance des mécanismes du cerveau humain. Il était donc nécessaire de passer rapidement à une approche beaucoup plus globale pour, notamment, espérer progresser dans les recherches en neurosciences et le traitement de maladies neurodégénératives, comme Alzheimer ou Parkinson.

L’objectif ultime du HBP est donc de synthétiser toutes les données acquises sur le cerveau afin de construire une sorte de “simulateur” virtuel des mécanismes et fonctionnements cérébraux. A terme, le projet sera à disposition des chercheurs du monde entier, afin que ceux-là puissent tester leurs hypothèses et mettre au point de nouvelles thérapies.

90% des objectifs atteints

En 2014, le HBP avait fixé treize objectifs, ou sous-projets, à atteindre. Les résultats sont extrêmement positifs, puisque 90% des objectifs ont été remplis. Les différents groupes de travail ont ainsi pu créer en 3D, et pour la première fois, une modélisation du cerveau d’un rat de laboratoire. Ils ont également réalisé un atlas du cerveau en 3D, dont la résolution est cinquante fois supérieure à toutes les cartes réalisées jusqu’à présent.

Cependant, le projet “cerveau humain” ne se limite pas à la recherche en neurosciences. Et c’est bien cette partie de ce programme scientifique hors norme qui suscite le plus de critiques dans le monde scientifique. En 2014 déjà, des tests ont été effectués sur des puces neuromorphiques, inspirées des modélisations du HBP et capables de rivaliser avec les ordinateurs les plus performants… Une pétition a même été lancée dans le monde, et signée par plus de 300 neurobiologistes, à l’initiative d’une centaine de chercheurs de renom pour tenter de mettre fin au HBP.

De la peur au fantasme…

Pour ses détracteurs, le HBP constitue un danger puisqu’il n’a pas pour vocation unique de développer les neurosciences expérimentales. Tous les secteurs de la recherche, de l’informatique à la médecine en passant par le neuromarketing, pourront donc venir tester leurs théories sur le cerveau et son fonctionnement. Il existe donc un risque certain, pour ces opposants, de dérives. Certains évoquent, d’ores et déjà, les possibilités de manipuler les populations tandis que d’autres imaginent pouvoir, sous peu, transférer l’intégralité du contenu d’un cerveau humain dans un superordinateur, réalisant enfin ce fantasme de la science-fiction : l’immortalité virtuelle…

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