Loi Bioéthique Clonage Humain et Chimère

Sont-ils devenus fous ? Avec Alexandra Caude-Henrion

 

Un médicament inverse de manière significative la perte de mémoire

Un médicament mis au point pour le diabète pourrait être utilisé pour traiter la maladie d’Alzheimer après que les scientifiques ont découvert qu’il avait «significativement inversé la perte de mémoire» chez les souris grâce à une triple méthode d’action.

La recherche, publiée dans Brain Research, pourrait apporter des améliorations substantielles dans le traitement de la maladie d’Alzheimer grâce à l’utilisation d’un médicament créé à l’origine pour traiter le diabète de type 2.

Le chercheur principal, le professeur Christian Holscher, de l’université de Lancaster, au Royaume-Uni, a déclaré que le traitement innovant “est clairement prometteur pour devenir un nouveau traitement pour les maladies neurodégénératives chroniques telles que la maladie d’Alzheimer”.

Roger Lenglet : Nanotoxiques et Menace sur nos neurones

La maladie d’Alzheimer est la cause la plus fréquente de démence et les chiffres devraient atteindre deux millions de personnes au Royaume-Uni d’ici à 2051 selon la Société Alzheimer, qui a financé partiellement la recherche.

Dr Doug Brown, directeur de la recherche et du développement à la Société Alzheimer, a déclaré : ” Sans nouveaux traitements en près de 15 ans, nous devons trouver de nouvelles façons de lutter contre la maladie d’Alzheimer. Il est impératif que nous explorions si les médicaments développés pour traiter d’autres conditions peuvent bénéficier aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de démence. Cette approche de la recherche pourrait rendre beaucoup plus rapide l’obtention de nouveaux médicaments prometteurs pour les personnes qui en ont besoin. “

Bien que les bénéfices de ces médicaments «triple agonistes» n’aient jusqu’ici été trouvés que chez la souris, d’autres études sur des médicaments existants comme le liraglutide ont montré de réelles promesses pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

C’est la première fois qu’un médicament triple récepteur a été utilisé, il agit de multiples façons pour protéger le cerveau de la dégénérescence. Il combine le GLP-1, GIP et le Glucagon qui sont tous des facteurs de croissance. Il a été démontré que les troubles de la signalisation des facteurs de croissance sont altérés dans le cerveau des patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

L’étude a utilisé des souris APP / PS1, qui sont des souris transgéniques qui expriment des gènes mutés humains responsables de la maladie d’Alzheimer. Ces gènes ont été trouvés chez les personnes qui ont une forme d’Alzheimer qui peut être héréditaire. Des souris transgéniques âgées en stades avancés de neurodégénérescence ont été traitées.

Dans un test de labyrinthe, l’apprentissage et la formation de la mémoire ont été grandement améliorés par le médicament qui :
– a également augmenté les niveaux d’un facteur de croissance du cerveau qui protège le fonctionnement des cellules nerveuses
– réduit la quantité de plaques amyloïdes dans le cerveau liée à la maladie d’Alzheimer
– réduit à la fois l’inflammation chronique et le stress oxydatif
– ralenti le taux de perte de cellules nerveuses

Un médicament pour empêcher le développement des maladies neurodégénératives du cerveau

Le professeur Holscher a déclaré : «Ces résultats très prometteurs démontrent l’efficacité de ces nouveaux médicaments à récepteurs multiples qui ont été initialement développés pour traiter le diabète de type 2, mais qui ont montré des effets neuroprotecteurs cohérents dans plusieurs études.

“Les études cliniques avec une version plus ancienne de ce type de médicament ont déjà montré des résultats très prometteurs chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou avec des troubles de l’humeur”.

“Nous montrons ici qu’un nouveau médicament triple récepteur est prometteur comme traitement potentiel de la maladie d’Alzheimer, mais d’autres tests de dose-réponse et des comparaisons directes avec d’autres médicaments doivent être effectués afin d’évaluer si ces nouveaux médicaments sont supérieurs aux précédents.”

Le diabète de type 2 est un facteur de risque pour la maladie d’Alzheimer et a été impliqué dans la progression de la maladie. L’insuline altérée a été liée à des processus dégénératifs cérébraux dans le diabète de type 2 et la maladie d’Alzheimer. La désensibilisation à l’insuline a également été observée dans le cerveau de la maladie d’Alzheimer. La désensibilisation pourrait jouer un rôle dans le développement de troubles neurodégénératifs car l’insuline est un facteur de croissance aux propriétés neuroprotectrices.

Lancaster University ; https://doi.org/10.1016/j.brainres.2017.10.012

Transhumanisme en marche : des biologistes annoncent avoir créé des chimères porc-homme

Des embryons contenant moins de 0,001% d’humains – et le reste de porc – ont été fabriqués et analysés par des scientifiques.

C’est la première preuve que des chimères peuvent être fabriquées en combinant du matériel provenant d’êtres humains et d’animaux.

Cependant, le rapport scientifique de la revue Cell montre que le processus est difficile et que l’objectif de la croissance d’organes humains chez les animaux est lointain.

Il a été décrit comme une “publication excitante” par d’autres chercheurs.

Pour créer une chimère, des cellules souches humaines – le type qui peut se développer dans n’importe quel tissu – sont injectées dans un embryon de porc.

BBC, Jean-Yves Nau, journaliste et docteur en médecine

Des scientifiques auraient identifié la protéine responsable du vieillissement

En plus d’être « l’usine énergétique de la cellule », la mitochondrie pourrait également héberger une protéine particulière responsable du vieillissement du corps, si l’on en croit une étude récente menée par deux biochimistes à l’Université de Nottingham.

Le Dr. Lisa Chakrabarti et son étudiante en thèse Amelia Pollard ont examiné le cerveau et les cellules musculaires de deux souris jeunes et d’âge moyen. Elles ont noté que des niveaux élevés d’une protéine appelée anhydrase carbonique ont été trouvés dans les souris les plus âgées. Une concentration élevée d’anhydrase carbonique est également traduite dans des échantillons provenant de jeunes cerveaux atteints de dégénérescence précoce, ce qui suggère une augmentation de la concentration de la protéine qui pourrait être liée au processus de vieillissement.

Credit: Pasieka/Science Photo Library

Pour tester un peu plus cette théorie, les scientifiques ont nourri de tout petits vers nématodes avec de l’anhydrase carbonique et ils ont remarqué que la durée de vie de ces organismes s’en voyait également réduite.

S’il s’avère que l’anhydrase carbonique provoque de tels effets, cela pourra nous aider à développer de futurs traitements pour ralentir le vieillissement général ou atténuer les maladies neurodégénératives telles que l’Alzheimer ou la maladie de Parkinson.

« Cela nous donne un début très prometteur pour trouver comment mieux identifier cette protéine à l’intérieur de la mitochondrie afin de ralentir les effets du vieillissement du corps tout en limitant d’autres effets secondaires indésirables sur le corps » a déclaré Chakrabarti. « Cela pourrait potentiellement offrir une nouvelle piste concrète à la fois pour empêcher les maladies dégénératives et les autres impacts plus communs du vieillissement du corps ».

Bien que les travaux de Chakrabarti et Pollard soient prometteurs, nous sommes encore très loin de comprendre parfaitement les causes de la dégénérescence cellulaire. Il existe encore un grand pas entre les souris et l’homme, et par conséquent, d’autres tests seront nécessaires avant de pouvoir appliquer leurs travaux sur des sujets humains.

traduction Virginie Bouetel

The Sun,The University of Nottingham

Bioéthique : mi-hommes, mi-bêtes : voici bientôt venu le temps des chimères américaines

chimère humaine-animale
Splice ou Nouvelle Espèce au Québec est un film de science-fiction franco-canado-américain écrit et réalisé par Vincenzo Natali, sorti en 2010.

reblog via blog de Jean-Yves Nau, journaliste et docteur en médecine

Extrait :

… venue des Etats-Unis, un papier du New-York Times et une dépêche de l’Agence France Presse :

« Le gouvernement américain pourrait bientôt débloquer des fonds pour financer la recherche associant des cellules souches humaines à des embryons animaux, une perspective qui soulève une multitude de questions éthiques et scientifiques.

Ils ouvrent d’immenses perspectives médicales, depuis le traitement de maladies dégénératives jusqu’à la création d’organes destinés à des greffes… mais suscitent aussi des questions si profondes que les Instituts nationaux américains de santé (NIH), qui dépendent du ministère américain de la Santé, avaient placé il y a un an un moratoire sur ce type de travaux. Après avoir consulté chercheurs, biologistes et spécialistes du bien-être des animaux, le NIH se propose de lever ce moratoire, ouvrant la porte au financement public de ce type de recherches. »

C’est là une annonce d’une portée éthique considérable : seraient alors autorisées les expériences « où des cellules humaines pourraient apporter soit une contribution substantielle soit une modification fonctionnelle substantielle au cerveau de l’animal » (communiqué des NIH). Et, dans un souci bien compris d’apparence démocratique, ces mêmes NIH ont ouvert une période de 30 jours pour que spécialistes et grand public soumettent leurs commentaires en ligne.  Après cette période, l’organisme décidera ou pas de lever le moratoire… lire la suite

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Une vitamine qui arrête le processus de vieillissement des organes

Communiqué de presse de l’École polytechnique fédérale de Lausanne

En administrant de la nicotinamide riboside à des souris déjà âgées, des chercheurs de l’EPFL ont pu réactiver la régénération de leurs organes vieillissants et prolonger leur vie. Une méthode encourageante pour traiter certaines maladies dégénératives.

NR treatment rescues neural stem cell decline in aged mice

Étonnante, la nicotinamide riboside (NR). Déjà mise en lumière à plusieurs reprises pour son aptitude à améliorer le fonctionnement du métabolisme, elle dévoile aujourd’hui une partie de ses secrets grâce à l’analyse d’une équipe de chercheurs du Laboratoire de physiologie intégrative de l’EPFL (LISP), dirigé par Johan Auwerx. L’un de ses doctorants, Hongbo Zhang, signe aujourd’hui dans Science un article décrivant les effets bénéfiques de la NR sur le fonctionnement des cellules souches. Ceux-ci s’apparentent à une véritable cure de jouvence.

A la fin de leur vie, les souris, comme tout autre mammifère, voient en effet diminuer leur capacité à régénérer certains de leurs organes, tels que le foie, les reins ou les muscles – dont le cœur. Leur aptitude à les réparer après un traumatisme s’en ressent également. S’ensuivent de nombreux troubles typiques de la vieillesse.

NR treated aged mice have improved muscle regeneration ability

Les mitochondries – utiles aussi dans les cellules souches

A l’EPFL, en partenariat avec des collègues de l’ETH Zurich, de l’Université de Zurich et d’universités canadienne et brésilienne, Hongbo Zhang a voulu comprendre de quelle manière ce processus de régénération s’altérait avec l’âge. En suivant plusieurs marqueurs, il a pu identifier la chaîne moléculaire régulant le fonctionnement des mitochondries, les « usine énergétiques » des cellules, et son évolution avec l’âge. Le rôle des mitochondries pour le métabolisme a déjà été largement démontré, « mais nous avons pu mettre en évidence pour la première fois l’importance de leur bon fonctionnement dans les cellules souches », souligne Johan Auwerx, directeur du LISP.

Or ce sont ces cellules souches qui, réagissant aux signaux envoyés par l’organisme, sont normalement en mesure de régénérer des organes affectés, en produisant de nouvelles cellules spécifiques. Du moins chez les jeunes. « Nous avons démontré que la fatigue des cellules souches était l’une des causes principales conduisant à une mauvaise régénération, voire une dégénérescence de certains tissus ou organes », ajoute Hongbo Zhang.

Raison pour laquelle les scientifiques ont voulu « revitaliser » les cellules souches musculaires de souris déjà âgées. Et ce, en ciblant précisément les molécules utiles au bon fonctionnement des mitochondries. « Nous avons donné de la nicotinamide riboside à des souris âgées de 2 ans, soit à l’automne de leur vie, poursuit le chercheur. Cette substance, proche de la vitamine B3, est le précurseur de la molécule NAD+, dont le rôle est crucial pour l’activité mitochondriale. Nos résultats sont extrêmement prometteurs : la régénération musculaire est bien meilleure chez les souris ayant reçu la NR, et elles vivent plus longtemps que celles qui n’en ont pas eu. »

Muscle stem cells from NR treated mice have better transplantation efficiency

Une avancée pour la médecine régénérative

Des études parallèles ont démontré qu’un effet comparable pouvait être observé sur des cellules souches du cerveau ou de la peau. « Ces travaux donnent des perspectives très intéressantes dans le domaine de la médecine régénérative, estime Johan Auwerx. On ne parle pas ici d’introduire des corps étrangers dans l’organisme, mais de lui réapprendre à se réparer tout seul, avec un produit qu’il suffit d’ingérer avec son repas. » Outre les effets du vieillissement, ces travaux pourraient s’appliquer au traitement de certaines maladies telles que la dystrophie musculaire (myopathie), qui peut toucher les jeunes et leur être fatale.

Jusqu’à ce jour, aucun effet secondaire néfaste n’a été constaté lors de l’utilisation de NR, même à haute dose. La prudence reste toutefois de mise avant d’envisager d’en absorber en tant qu’« élixir de jouvence » : comme elle semble stimuler le fonctionnement de toutes les cellules, il pourrait en être de même pour des cellules pathologiques. Des études approfondies doivent donc encore être menées.

Note : cet article est publié en ligne par le journal Science le jeudi 28 avril 2016 à 20h (CET), sous le titre « Improving mitochondrial function by NAD+ repletion improves mitochondrial and stem cell function and enhances lifespan in mice ».

Hongbo Zhang, Dongryeol Ryu, Yibo Wu, Karim Gariani, Xu Wang, Peiling Luan, Davide D’amico, Eduardo R. Ropelle, Matthias P. Lutolf, Ruedi Aebersold, Kristina Schoonjans, Keir J. Menzies, Johan Auwerx. NAD repletion improves mitochondrial and stem cell function and enhances lifespan in mice.
Science, 2016 DOI: 10.1126/science.aaf2693

Docteur Bernard Kron : Chirurgie, chronique d’une mort programmée

Le Docteur Bernard Kron est Membre de l’Académie Nationale de Chirurgie.

Accidents médicaux et chirurgicaux défraient la chronique au point que chaque Français responsable s’interroge : « Serons-nous soignés demain ? »

Prix Henri Mondor de chirurgie pour ses recherches, le docteur Bernard Kron ancien chirurgien  de l’Assistance Publique de Paris, hospitalier et libéral, nous offre dans cet ouvrage, un témoignage exceptionnel. Avec la pratique de plus de 25 000 interventions chirurgicales et à travers de nombreuses publications, il apporte de précieux éléments de réponses aux problèmes médicaux de notre temps.

De lourdes menaces pèsent sur la chirurgie. Un carcan inextricable de lois enserre l’exercice libéral. L’hôpital n’est guère mieux loti, étouffé par l’administration. Normes et référentiels, traçabilité ou RTT ne laissent plus le temps au soignant de compléter sa formation.

Dans le même temps, la “French Revolution” de la cœlio-chirurgie, la robotique, les greffes d’organes annoncent avec les nanotechnologies un avenir prometteur passionnant. La chirurgie de la cellule est déjà pour demain. Les progrès de la génétique pourraient permettre à l’homme de vivre mille ans, paradoxe que la planète ne lui permettrait pas. Tels sont les défis de notre troisième millénaire que cet ouvrage aborde sans concession.

Avec l’aimable collaboration du Docteur Bernard Kron, nous vous proposons aujourd’hui de découvrir quelques extraits :

Si l’hygiène de vie et l’environnement des pays développés ne se dégradaient pas, vivre centenaire sera sans doute le cas de tous les enfants qui verront le jour ces prochaines années. Il semblerait que certains gènes de centenaires japonais soient à l’origine de leur possibilité d’atteindre un âge élevé. L’élimination du tabac, la réduction du sucre et des acides gras insaturés dans l’alimentation, ainsi que l’exercice physique régulier seraient déjà un gage de longévité. Les possibilités de corriger les maladies génétiques et dégénératives viendront compléter l’édifice.

L’utopie transhumaniste défend l’idée que les sciences et les techniques peuvent améliorer les caractéristiques de l’homme. Les biotechnologies, les progrès de la génétique nourrissent ces objectifs. Le corps humain est une machine complexe, il pourrait être indestructible, pour peu qu’on sache l’entretenir correctement et fabriquer des pièces de rechange. Pour les transhumanistes, le vieillissement est théoriquement réparable et une vie éternelle des cellules est envisageable. La science moderne ne voit donc aucun obstacle pour atteindre, du moins en théorie, l’immortalité…

Biologistes, médecins, chimistes et Nanoengineering assurent que retarder le vieillissement est un objectif réaliste. Des chercheurs pensent que la durée de la vie humaine pourrait être augmentée jusqu’à 1000 ans et pourrait concerner actuellement ceux ou celles qui n’ont pas atteint le seuil de vingt ans ! Les thérapies géniques permettront de limiter le vieillissement et d’améliorer la fin de vie des personnes âgées en faisant reculer les maladies dégénératives.

Aujourd’hui on essaie de reconstituer des neurones pour lutter contre les maladies de Parkinson et d’Alzheimer. On sait cultiver des cellules de la peau, reconstituer des os, des tendons. À partir de cellules souches, on pourra régénérer les cellules hépatiques ou pancréatiques pour produire de l’insuline contre le diabète. Cette évolution sera positive si l’objectif est d’augmenter la longévité en bonne santé. Mais la Terre est surpeuplée, son environnement pollué en conséquence, ce qui affecte son cycle climatique. La génétique et les nanotechnologies vont révolutionner la médecine et peut-être nous permettre d’atteindre un âge d’or si l’homme retrouve un peu de sagesse et ne recherche pas la vie éternelle. Les USA investissent des milliards de dollars dans ce projet. Ces progrès vont-ils trop vite pour les capacités humaines ? La planète trop martyrisée ne le permettra pas…