Un brevet pour créer des chatbots à partir de vos proches décédés

N’ayant apparemment rien appris de Black Mirror, Microsoft a déposé un brevet “Creating a Conversational Chatbot of a Specific Person,” pour ramener des êtres chers décédés sous forme de chatbots à partir de leurs données numériques afin que vous puissiez avoir une conversation de type messagerie instantanée avec eux depuis l’au-delà.

Le brevet mentionne également l’utilisation de modèles 2D ou 3D de personnes spécifiques générés par des photos ou des données vidéos.

“La personne spécifique peut correspondre à une entité passée ou présente (ou une version de celle-ci), telle qu’un ami, un parent, une connaissance, une célébrité, un personnage fictif, un personnage historique, une entité aléatoire, ou vous-même – ce qui implique que les personnes vivantes pourraient constituer un “remplaçant numérique” en cas de décès.

Les normes sociales changent, mais cela semble difficile à vendre.

https://twitter.com/disclosetv/status/1352608657230483457

Il y a très peu de chances que les ingénieurs de Microsoft développent un jour ce système. Tim O’Brien, directeur général des programmes d’IA chez Microsoft, a tweeté qu’il n’avait pas connaissance de projets visant à donner vie à ces algorithmes.

L’idée que vous puissiez, à l’avenir, parler à une simulation représentant une personne décédée n’est pas nouvelle. Plusieurs startups préparent le terrain pour ce futur, en compilant des données sur les personnes vivantes et décédées afin de pouvoir créer des avatars numériques de ces personnes. Le voyage vers l’immortalité numérique ne fait que commencer.

Input, The Independent

Liberté, Égalité, Singularité

À l’heure de la globalisation, les frontières ne disparaissent pas qu’entre les pays. Longtemps confinée aux domaines de la science, de l’industrie et du divertissement, la technologie envahit désormais des territoires considérés jusque-là comme essentiellement humains : les relations intimes, la psychologie, l’art, l’éducation et même… la politique. La conquête se fait sur plusieurs fronts simultanément : la sécurité, l’économie, le droit, l’environnement, la santé, mais aussi sur le plan électoral lui-même, et tout cela à grand renfort de big data. Cette évolution, qui soulève pourtant de nombreuses questions éthiques, ne semble pas inquiéter les citoyens et les citoyennes de nos chères démocraties, probablement usées par des décennies de scandales et de crises à répétition. En effet, dans un sondage réalisé le 21 mars 2019 par l’Université IE de Madrid, on apprend que « 25% des Européens seraient prêts à laisser des algorithmes gouverner plutôt que des hommes politiques pour prendre les bonnes décisions (…) Un chiffre qui monte à 30% en Allemagne, en Italie, en Irlande, au Royaume-Uni et même à 43% aux Pays-Bas »… Saint George (Orwell), priez pour nous.

Big data, big brother, big control

Les temps changent et, avec eux, les pratiques politiques. Enfin, les outils évoluent, mais les objectifs des puissants restent, eux, désespérément identiques au fil des siècles. Parmi ces objectifs, la clé de voûte du pouvoir : le contrôle. Et c’est ce que le big data permet aujourd’hui, dans des proportions inédites. Nous sommes scrutés sous toutes les coutures, nos actions sont observées, mesurées et enregistrées sans que nous en ayons conscience : caméras de surveillance dans les rues, reconnaissance faciale, géolocalisation, analyse de nos habitudes de consommation via nos cartes de paiement, de nos préférences culturelles et de nos orientations politiques sur les réseaux sociaux… Nous savons même désormais avec certitude que nous sommes écoutés par nos téléphones portables, nos tablettes et nos ordinateurs. Bien sûr, pour le moment cette collecte de données se fait officiellement à titre anonyme et pour des motivations commerciales. Mais il est clair que leur exploitation ne se limite pas à un usage mercantile et que ces pratiques ont d’ores et déjà des visées politiques, comme l’a démontré récemment le scandale Cambridge Analytica. Ajoutons à ce tableau le développement de nouvelles techniques comme le facial coding, qui consiste à décrypter les émotions sur le visage d’une personne, ou encore le déploiement du nudge, discipline qui vise à influer sur le comportement du consommateur (ou de l’électeur) par des moyens subtils et donc à guider sournoisement ses choix, et nous voyons se dessiner les contours d’une société où les notions de vie privée et de liberté ne seront bientôt plus qu’un lointain souvenir. Or, cette liberté est l’un des fondements de la démocratie et si les avancées technologiques la mettent en péril, alors il ne s’agit plus de progrès, mais d’une terrible régression. Le journaliste et essayiste Philippe Vion-Dury, auteur de La nouvelle servitude volontaire, le confirme : « Les entreprises de la Silicon Valley sont porteuses d’un véritable projet politique. Leurs algorithmes mettent sous leur coupe ceux qui s’y soumettent, volontairement. Aveuglant les consommateurs et les États par l’éclat de leur spectaculaire réussite économique, ces entreprises sont en train d’accumuler des sommes incalculables de données, grâce auxquelles elles ambitionnent de tout mesurer, tout contrôler, tout prévoir. Ou quand les mathématiques deviennent totalitaires. »

Power of equality

Les algorithmes sont-ils égalitaires, par nature ? Dans un rapport de la Human Technology Fondation intitulé « Intelligence artificielle, solidarité et assurances en Europe et au Canada » et daté du 20 janvier 2020, des acteurs majeurs du monde de l’assurance dressent un constat clair : « La montée en puissance des technologies et de l’IA nous force à réfléchir à ces pratiques et à leur futur. Ainsi, le recours, par les assureurs, aux objets connectés qui fournissent des informations précieuses sur le comportement de l’assuré, peut entrer en conflit avec le droit fondamental des personnes de mener leur existence selon leur propre conception de la vie bonne. En outre, l’hypersegmentation, qui aboutirait, à son point limite à la personnalisation complète des tarifs, pourrait remettre en question le principe de mutualisation entre les assurés. » En d’autres termes, l’IA et le big data pourraient accroître les inégalités en faisant payer davantage les citoyens dont on jugera le mode de vie « non conforme ». Les algorithmes pourraient devenir, si l’on n’y prend garde, des outils au service d’une discrimination sans précédent. Et ce qui est valable dans le monde de l’assurance, l’est tout autant dans les domaines de la culture, de l’éducation, de l’orientation religieuse, politique ou même sexuelle… Qui établira ce qui est conforme et ce qui ne l’est pas ? Quels seront les intérêts défendus par les instances en charge de telles décisions ? C’est là que l’État, en tant que représentant de l’intérêt général, a plus que jamais son rôle à jouer. Oui, mais voilà… Pour certains militants radicaux de la big tech, l’État, c’est justement la bête à abattre. Curtis Yarvin, ingénieur quadragénaire de la Silicon Valley et membre du mouvement néo-réactionnaire NRx, déclare : « Les États doivent devenir des entreprises lourdement armées et ultra rentables, qui aboliront le pouvoir de la presse, écraseront les universités, vendront les écoles publiques et transféreront les « populations décivilisées » dans des enclaves sécurisées pour les rééduquer ». Pour David Golumbia, professeur à la Virginia Commonwealth University, ce mépris pour la démocratie ferait partie de l’ADN même des fondateurs de la Valley : « Des gens comme Peter Thiel ou Elon Musk, pour ne citer qu’eux, dont le mépris est encore plus flagrant, sont célébrés comme des héros par les néo-réactionnaires ». Derrière les outils technologiques, il est donc bien question d’idéologie politique.

Make America tech again

Comme tout courant de pensée, l’idéologie techno-futuriste a ses penseurs. D’aucuns diraient ses gourous. Malgré une posture anti-politique de façade, certains ne cachent pas leurs ambitions dans ce domaine, à l’instar de Peter Thiel. Le cofondateur de Paypal et de Palantir Technologies, une société spécialisée dans le big data, a soutenu la candidature de Donald Trump à la présidentielle américaine de 2016 et est resté, depuis, l’un de ses proches conseillers. Pour le très libertarien Thiel, « le sort de notre monde dépend d’un seul individu, d’une personne, qui sera capable de bâtir et diffuser des outils technologiques favorisant la liberté et permettant un monde plus sûr pour l’épanouissement du capitalisme »… Cette personne serait-elle Elon Musk ? Avec son entreprise Neuralink, le patron de Tesla entend augmenter l’être humain grâce à des interfaces homme-machine implantées directement dans le cerveau et ce, afin d’augmenter la mémoire, de piloter des logiciels par la pensée ou encore de bénéficier d’un moteur de recherche cérébral… De quoi donner des sueurs froides à la CNIL, dans une France encore très attachée à la protection des données et aux libertés individuelles. Catherine Vidal, neurobiologiste et membre du comité d’éthique de l’Inserm, estime qu’« une vigilance éthique accrue s’impose face au développement spectaculaire des technologies de manipulations cérébrales qui dépassent désormais le cadre de la médecine, avec des applications commerciales destinées à la population en bonne santé (…) Les stimulations (électriques ou magnétiques) peuvent altérer le fonctionnement normal du cerveau, ses capacités de plasticité, et porter atteinte à l’autonomie du patient en interférant avec ses pensées, ses émotions, son libre arbitre ». Mais si la plupart des chercheurs français se montrent prudents quant à l’impact des neurotechnologies sur la société, les américains sont plus décomplexés, voire carrément débridés. Parmi eux, le pape transhumaniste Ray Kurzweil qui considère que « l’existence humaine ne dépend pas d’un corps biologique » et que « la biologie elle-même n’est qu’un ensemble de nanomachines ». Pour le directeur de l’ingénierie de Google, « les machines dépasseront nos capacités » très bientôt et nous n’aurions d’autres choix, pauvres humains limités que nous sommes, que de fusionner avec une super intelligence artificielle pour survivre. Une vision que partage le leader du parti transhumaniste Zoltan Istvan, candidat aux élections présidentielles de 2020, qui fait campagne « pour mettre fin à l’idée de la mort ». Dans son programme, quelques grands classiques ultralibéraux et technophiles : fin de l’impôt sur le revenu et de l’IRS (l’administration fiscale américaine), réduction du nombre de fonctionnaires grâce aux robots et aux nouvelles technologies, lutte contre le réchauffement climatique avec la géo-ingénierie, développement des utérus artificiels… Mais aussi, en toute logique, des mesures orientées plus radicalement vers le transhumanisme. « Le gouvernement ne devrait pas être en mesure de limiter ce que nous pouvons faire à notre corps, quelles que soient les normes culturelles, les préjugés religieux ou l’orientation politique », déclare le candidat sur son site de campagne. Si Istvan souhaite accéder à la fonction suprême, c’est pour « interdire les lois qui entravent la recherche de la santé et de la longévité pour les citoyens, notamment les interdictions sur l’édition génétique, le clonage et d’autres sciences radicales (…), déréglementer autant que possible l’innovation scientifique et technologique (…), explorer des options telles que donner aux criminels le choix du reconditionnement cérébral plutôt que de l’exécution (…), jeter les bases de droits civils pour de futurs êtres avancés comme les robots conscients, les cyborgs et les êtres vivants génétiquement créés »… Le Docteur Frankenstein est sorti de son laboratoire pour convertir le monde à la religion scientiste. Le président américain ne prêtera-t-il bientôt plus serment sur la Bible lors de son investiture, mais sur l’ouvrage du médecin philosophe Julien Offray de La Mettrie, L’Homme Machine ? Amérique, pays de tous les extrêmes.

Opération Crossroads 2020

« Il est évident que la guerre, peut-être même les civilisations, sont arrivées à un point critique grâce à cette arme révolutionnaire ». Telles sont les paroles du vice-amiral William Blandy, chef de l’opération Crossroads (« À la croisée des chemins »), une série d’essais nucléaires qui eurent lieu dans l’atoll de Bikini, au cours de l’été 1946, et dont le but était de valider la puissance destructrice des bombes A sur des navires et des sous-marins situés aux alentours. À la croisée des chemins, c’est probablement là que nous nous situons actuellement, avec le développement spectaculaire des neurotechnologies, de l’intelligence artificielle et du transhumanisme. Les enjeux de ces progrès sont, tout comme ceux liés à l’invention de la bombe atomique, planétaires et historiques. Nous parlons bel et bien ici, sans exagération, de l’avenir de l’humanité. À nos pieds, s’étendent deux voies, deux visions politiques, deux futurs possibles. L’une de ces routes nous mènerait vers un monde imprégné de scientisme, dans lequel la technologie serait mise au service d’une minorité recherchant toujours plus de richesses et de pouvoir, au détriment d’une population de plus en plus déclassée et soumise. Laurie Pycroft, chercheur en neurochirurgie à l’Université d’Oxford, analyse parfaitement ce risque : « Des neurotechnologies de pointe dont l’usage serait large pourraient offrir des modes de manipulation politique inimaginables jusqu’ici (…) Ce qui nous inquiète, c’est que si les mesures de sécurité appropriées ne sont pas mises en place, les patients pourraient être victimes de sévères effets secondaires, et leurs pensées pourraient être ciblées par des cyberattaques (…)L’attraction que pourrait générer la manipulation des souvenirs chez certains dirigeants politiques me semble évidente ! Modifier la mémoire ou changer notre point de vue sur un sujet est l’un des principaux objectifs de n’importe quel propagandiste. » Si le corps a déjà commencé à être envahi par la société de consommation, à travers la chirurgie esthétique et le transhumanisme, la conscience était restée jusque-là un territoire imprenable. Mais aujourd’hui, ce dernier bastion de la liberté humaine est menacé et pourrait bien être colonisé avec une efficacité redoutable, si nous n’y prenons pas garde. Les capitaines de la big tech eux-mêmes multiplient les déclarations chocs, comme pour se préserver de leur propre hubris. Brad Smith, le président de Microsoft, déclarait en 2018 au Web Summit de Lisbonne : « Pour la première fois, le monde est au seuil de technologies qui donneraient à un gouvernement la possibilité de suivre n’importe qui, n’importe où (…) Il pourrait savoir exactement où vous allez, où vous êtes allé et où vous étiez hier. Et cela a de profondes ramifications potentielles, même pour les libertés civiles fondamentales sur lesquelles reposent les sociétés démocratiques. Avant de nous réveiller et de constater que l’année 2024 ressemble à l’ouvrage « 1984 », déterminons le genre de monde que nous voulons créer, quels sont les garde-fous et les limites des entreprises et des gouvernements dans l’utilisation de ces technologies. » Nous devons, en effet, déterminer le monde dans lequel nous voulons vivre. La crise du Covid-19 nous le rappelle de manière brutale : le marché et ses lois ne nous guident pas vers un monde meilleur, et aujourd’hui sa main invisible doit être désinfectée chaque jour avec du gel hydroalcoolique, sous peine de mort. Pourtant, certaines autorités tentent actuellement de renforcer leur pouvoir – et celui de l’économie néolibérale – en proposant des mesures radicales de surveillance numérique, au prétexte de vouloir protéger les populations… Mais gardons espoir, car il existe une deuxième voie. Nous pouvons bâtir un autre avenir, un monde dans lequel la technologie ne tiendra pas un rôle oppressif, mais libérateur. Une société low tech où le numérique régulera la surconsommation, au lieu de l’aggraver ; où la technologie apportera un soutien à chaque citoyen, quel que soit son niveau social ; où la priorité ne sera pas la rentabilité d’un médicament, mais son efficacité ; où l’épanouissement des salariés prévaudra sur le niveau des dividendes ; où les tâches pénibles et dangereuses seront assurées par des robots, au bénéfice de l’homme ; où les solutions énergétiques durables ne seront pas enterrées parce qu’elles menacent les intérêts de certaines industries polluantes ; où chaque être humain mangera à sa faim, où qu’il soit sur Terre ; où le besoin de sécurité ne sera pas assuré par des politiques de surveillance liberticides, mais par la disparition des inégalités… Un nouvel Éden, où le progrès technique sera au service de l’humanité tout entière. Cette société est possible, ce n’est pas une utopie. Mais pour la faire advenir, nous avons des choix à faire. Des choix politiques, au sens le plus philosophique du terme.

In Google We Trust

Depuis son adoption par le Congrès en 1956, « In God We Trust » (« Nous avons confiance en Dieu ») est devenue la devise officielle des États-Unis. Quelle ironie de voir une nation qui a fondé ses valeurs sur la foi religieuse, devenir le fer de lance de la foi transhumaniste et promettre à qui veut l’entendre, par la bouche de ses techno-prophètes, que l’immortalité numérique est pour bientôt ! C’est justement là qu’une réflexion philosophique s’impose. Paradoxalement, l’intelligence artificielle, aboutissement ultime du matérialisme, va nous obliger à nous poser des questions d’ordre spirituel. Rappelons que la singularité annoncée par Ray Kurzweil, ce moment où l’intelligence artificielle dépassera l’intelligence humaine et où son développement échappera à tout contrôle, a son équivalent en mathématiques et en astrophysique : il s’agit de la frontière d’un trou noir, appelé « horizon des évènements », au-delà de laquelle les lois de la physique ne s’appliquent plus, une réalité littéralement métaphysique. Et c’est l’ultime raison pour laquelle le politique doit s’emparer des questions soulevées par la big tech : pour ne pas laisser ce qui relève de la pérennité de l’humanité aux seuls industriels, dont les choix sont encore trop dictés, aujourd’hui, par des objectifs uniquement financiers. L’humanité est, nous le pressentons tous, à un tournant de son histoire. Il se pourrait que, demain, de nouvelles découvertes scientifiques sur la conscience changent complètement la donne et redéfinissent les priorités de la recherche, autant que la vision que nous avons de la vie elle-même… Que deviendraient les promesses des transhumanistes et leur obsession de « guérir la mort », si nous découvrions que nous avons une âme et qu’elle existe dans une autre dimension ? Zoltan Istvan a-t-il envisagé cette possibilité ? Ray Kurzweil en a-t-il tenu compte dans son business plan ? Qu’elle soit spirituelle ou technologique, la singularité à venir ne peut, par définition, pas être anticipée. Mais une chose est sûre, elle sera le résultat des intentions que nous aurons déposées, aujourd’hui, collectivement, pour la construction de notre futur. Citoyennes, citoyens, nous sommes à la croisée des chemins.

Grégory Aimar
Auteur du roman d’anticipation I.AM

La vision du transhumaniste FM-2030 explorée dans un nouveau film

Les humains peuvent-ils abolir la mort ?

La vie de FM-2030, un transhumaniste qui croyait que les humains seraient capables de mettre fin à la mort naturelle dans le futur grâce à la technologie, est explorée dans un nouveau documentaire. Le film, intitulé “2030”, est sorti à la fin du mois dernier et est disponible sur plusieurs plateformes de streaming. Il a été réalisé par le cinéaste britannique Johnny Boston qui a interviewé un certain nombre de connaissances et d’experts scientifiques liés à FM-2030.

Les transhumanistes pensent que les humains peuvent et doivent utiliser les technologies futures pour améliorer considérablement leurs capacités. Cela pourrait inclure l’arrêt du processus de vieillissement par la thérapie génique, permettant aux humains d’éviter la mort naturelle.

FM-2030 est né à Bruxelles en 1930 sous le nom de Fereidoun M. Esfandiary. Fils d’un diplomate iranien, il a ensuite changé son nom légal pour marquer sa conviction que d’ici 2030 “nous serons sans âge et que chacun aura une excellente chance de vivre éternellement”. FM-2030 a écrit un certain nombre de livres sur la prolongation de la vie et les sujets transhumanistes, et est largement considéré comme l’un des pères fondateurs du mouvement transhumaniste moderne. Après sa mort en 2000, le corps de FM-2030 a été placé en chambre cryogénique en Arizona.

Le cinéaste Johnny Boston a déclaré avoir rencontré pour la première fois FM-2030 à Londres quand il avait 10 ans. Une rencontre qui s’est transformée en une amitié de toute une vie.

“Il avait ces idées vraiment farfelues sur lesquelles nous allions vivre indéfiniment, sur le fait qu’il allait y avoir une politique beaucoup plus progressiste, il a parlé de cet avenir qui était juste au coin de la rue – que nous allions faire toutes sortes de choses. Il a parlé de la communication de cerveau à cerveau, et d’une machine où vous pouviez mettre différentes caractéristiques et qu’elle allait imprimer des objets. C’était dans les années 70-80 et c’était vraiment hors de portée.”

Aux États-Unis, Zoltan Istvan, un écrivain transhumaniste, est actuellement l’un des candidats qui défient Donald Trump pour l’investiture républicaine à la présidence. Des partis politiques transhumanistes sont apparus dans le monde entier pour promouvoir leurs idées, y compris au Royaume-Uni.

Boston a ensuite produit un certain nombre de vidéos exposant les idées de FM-2030. Il a déclaré : “Nous avons réalisé une série de films sur l’avenir de la démocratie qui sont issus des discussions menées par FM. “Cela parle vraiment de ce que l’avenir nous réserve en termes de mode de gouvernance. Il explique notamment que nous devons réinventer notre façon de nous gouverner et que nous devons utiliser l’IA.

Les transhumanistes veulent utiliser les technologies émergentes, comme la robotique, l’IA et l’édition génétique, pour augmenter les capacités humaines naturelles. Cela pourrait changer radicalement ce que signifie être un membre de notre espèce.

FM-2030 s’est consciemment considéré comme étant à l’avant-garde d’un nouveau mouvement scientifique et philosophique.

Bien que parfois rempli de motivations contradictoires et d’ambivalence, Johnny Boston se bat pour documenter la réanimation ; “2030” fait la chronique de ce voyage. 2030 est un docu-fiction captivant, mêlant thriller et science-fiction, qui cherche à répondre à la question profondément philosophique suivante : “Qu’est-ce que cela signifie pour un humain de vivre dans un monde où personne ne meurt ?

Si vous avez moins de 50 ans, vous vivrez éternellement

Lors de la récente édition du 4YFN Barcelona 2019, un sujet est susceptible d’en intéresser quelques uns : vivre pour toujours.

Stephen Dunne (Alpha), Ben Murnane (auteur de Ayn Rand and the Posthuman: The Mind-Made Future) et Alex Rodriguez Vitello (World Economic Forum) se sont entretenus dans une conversation perspicace et réfléchie. Le titre de la discussion était: Si vous avez moins de 50 ans, vous vivrez éternellement : Bonjour le Transhumanisme.

Découvrez ce qu’est le transhumanisme, ce qui se passe actuellement en ce qui concerne le transhumanisme et ce à quoi nous pourrions nous attendre dans le futur.

La mortalité humaine peut-elle être hackée ?

Un scientifique pense que quelqu’un vivant aujourd’hui vivra jusqu’à 1 000 ans.

Aubrey de Grey, un scientifique qui étudie la médecine régénérative, pense que les nouvelles biotechnologies permettront à des personnes d’atteindre l’âge de 1 000 ans.

“C’est extraordinaire pour moi qu’il s’agisse d’une affirmation aussi incendiaire”, a déclaré de Grey à The Week.

De Grey n’est qu’un des nombreux chercheurs de la Silicon Valley qui sont déterminés à prolonger la durée de vie de l’être humain autant que possible sur le plan technologique, ce qui représente un domaine en pleine croissance, mais toujours controversé, de chercheurs obsédés par la prévention de la mort.

https://iatranshumanisme.com/organisms-transhumanist/immortalite-lultime-conquete-de-la-liberte/

Par exemple, The Week rapporte qu’un médecin coréen nommé Joon Yun a offert deux prix de 500 000 $ à des chercheurs qui peuvent prolonger la vie d’un animal de 50 % en préservant la santé de son cœur.

Yun soutient qu’étant donné que le taux de mortalité des jeunes de 20 ans est d’environ un sur mille, les mathématiques de base prédisent qu’une personne capable de maintenir une bonne santé physique d’un jeune de 20 ans en santé vivrait environ 1 000 ans.

De Grey et Yun sont à peine aberrants – The Week fait état de plusieurs autres scientifiques obsédés par la mort, comme le fondateur de Bulletproof Coffee, Dave Asprey, qui prend 100 compléments alimentaires chaque jour et prévoit d’injecter régulièrement des cellules souches dans ses articulations et organes dans l’espoir de les garder plus jeunes.

Mais en dehors de la Silicon Valley, ces chercheurs en longévité n’ont pas vraiment convaincu la communauté scientifique qu’ils sont sur la bonne voie. The Week cite des experts dans le domaine qui estiment que les affirmations de De Grey sont totalement invraisemblables.

D’autres s’inquiètent du fait que la philosophie de la Silicon Valley qui consiste à “agir rapidement et casser les choses” ne devrait pas s’appliquer à la longévité humaine. Il y a trop de dilemmes éthiques inhérents à l’émergence d’une nouvelle classe de personnes extrêmement riches qui peuvent se permettre les traitements hypothétiques qui leur permettraient de vivre pendant des centaines d’années.

Heureusement, à part les prédictions de De Grey, rien n’indique vraiment que les gens d’aujourd’hui auront à s’inquiéter de ce genre de problème – les plus vieux humains à avoir vécu n’ont atteint que 122 ans.

The Week

Humanité – Tome 1 : La Fracture

Extrait
«— […] Nicolas Bain a un seul objectif dans la vie, il veut contribuer à vaincre la mort. Certes cela créera bien des inégalités dans un premier temps, mais n’est-ce pas ce que nous vivons déjà à bien des égards ? Un jour nous ne serons plus toutes et tous égaux devant la mort. La course pour atteindre cette frontière ultime a déjà commencé dans les laboratoires et centres de recherche du monde entier ».

ISBN 1026225418

Résumé

Et si demain, vous et votre famille deveniez immortels ? La famille Bain est constituée d’une lignée d’entrepreneurs dont le but ultime est de vaincre la mort. Avec l’immortalité en ligne de mire, ce premier tome emmène le lecteur dans un monde qui ne sera peut-être pas tellement éloigné de la réalité. De nationalité américaine, Nicolas Bain s’engage dans cette course contre la grande Faucheuse. Son fils Théo poursuivra son œuvre. Le monde sera régi par le Gouvernement d’Union dans lequel Américains, Russes et Chinois se partageront le pouvoir. Nous n’aurons pas réussi à protéger notre planète du dérèglement climatique ; la mafia, gangrène du pouvoir, tirera profit de toutes les situations et les progrès médicaux et technologiques vont transformer l’humanité. L’intelligence artificielle s’imposera progressivement. Quant à la conquête de Mars, ne serait-elle pas le commencement d’une nouvelle branche de l’humanité ?

La course vers l’immortalité

Milliardaire ambitieux et homme d’affaires, Nicolas est convaincu que l’immortalité est à portée de main. Soutenu par son ami, Samuel Johnson, il décide de mettre sa fortune personnelle en jeu et de tout mettre en œuvre pour accélérer la recherche. Ce projet un peu fou au premier abord, devient très vite un véritable enjeu pour les générations à venir. Chercheurs et scientifiques collaborent activement et parviennent en peu de temps à contrecarrer la mort elle-même. Nul n’aurait pu en prévoir les conséquences. À qui sera destiné ce fameux remède ? Conflits, révolutions et guerres civiles éclatent alors aux quatre coins de la planète. Laissez-vous entraîner dans cet univers futuriste où les avancées scientifiques révolutionnent le monde !

À la conquête d’un nouveau monde

L’auteur nous plonge ici dans un roman où science-fiction et politique s’entrecroisent. On y rencontre de sombres personnages tel Fang Chen, futur président chinois avide de pouvoir qui ne recule devant aucune promesse pour satisfaire sa soif de pouvoir. Malgré les conflits persistants et les machinations des uns et des autres, les trois puissances mondiales décident de coopérer dans un ultime but : la colonisation de Mars. La mission se concrétise et les premières colonies d’immortels voient le jour. À quoi ressemblera cette nouvelle civilisation ? Entre réalité et fiction, laissez-vous entraîner par les rêves de grandeur de la famille Bain !

Un mot sur l’auteur

Né à Bruxelles en 1965, Éric Lechien travaille dans l’industrie pharmaceutique. C’est au cours d’une lecture de vacances que naît l’idée d’écrire un roman d’anticipation qui irait jusqu’à l’année 2150. L’immortalité et ses conséquences, l’environnement, la géopolitique, la religion et le pouvoir, l’intelligence artificielle et la conquête de l’espace, sont autant de thèmes traités dans ce roman.

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Le transhumanisme : qu’est-ce que c’est ?

Natasha Vita-More a écrit un livre concis et sans fioritures qui explique ce qu’est le transhumanisme.

Les courbes de croissance rapide ont suscité des questions sur la signification de l’être humain et sur ce que nous pourrions devenir, en particulier avec les progrès de l’IA. Qui en tirera profit ? Les robots vont-ils diriger le monde ? La prolongation de la vie ne concerne-t-elle que les riches ? Qu’en est-il de la surpopulation ?

Alors que d’innombrables théories, stratégies et opinions religieuses semblent être, soit inconscients, soit très effrayés par l’avenir; les transhumanistes abordent ce sujet depuis des décennies. Ce livre offre des réponses directes aux idées fausses sur la philosophie et la vision grandissante du transhumanisme.

Nous pourrons choisir les qualités génétiques de nos enfants

L’extension radicale de la vie est-elle bénéfique pour la société ?

La littérature sur le vieillissement regorge de traitements qui pourraient prolonger la durée de vie de 20 à 40%, du moins chez les animaux de laboratoire. Des interventions telles que la restriction calorique, la rapamycine et la metformine ont été étudiées pendant des décennies pour leur capacité anti-âge. Bien qu’il y ait encore une certaine différence dans leur efficacité chez les primates, la communauté biomédicale convient qu’ils sont prometteurs.

Au cours des deux dernières années, plusieurs équipes scientifiques ont démontré le pouvoir rajeunissant du sang jeune. Une étude publiée dans la très estimée revue Nature a révélé que l’élimination des cellules sénescentes chez les souris âgées augmentait de 30% leur durée de vie.

Alors que la FDA reconnaît maintenant que le vieillissement est une maladie et donne le feu vert au premier essai clinique anti-âge, les humains semblent être sur la voie rapide d’une existence semblable à celle de Mathusalem.

Mais la durée de vie prolongée est-elle bénéfique pour la société et pour l’humanité dans son ensemble ? La poursuite de l’immortalité est-elle simplement un fantasme narcissique qui extirpe des ressources scientifiques d’autres problèmes urgents ?

Devrions-nous embrasser notre fin, ou devrions-nous guérir du vieillissement ? Les vies humaines sont-elles assez longues telles quelles ?

C’était la motion centrale d’un débat provocateur organisé par Intelligence Squared. Confrontant philosophe et sociologue à deux scientifiques, le débat a porté sur les conséquences éthiques et sociales d’une augmentation radicale de la durée de la vie humaine.

Aubrey de Grey, responsable scientifique de la Fondation de recherche SENS et réputé gérontologue biomédical, et Brian Kennedy, président du Buck Institute for Research on Aging, plaident contre l’idée que la durée de vie est suffisamment longue.

L’équipe affrontait le Dr Ian Ground, philosophe à l’Université de Newcastle, et le Dr Paul Root Wolpe, le directeur du Centre Emory pour l’éthique et ancien bioéthicien pour la NASA.

Le débat, d’un peu moins de deux heures, vaut bien une écoute dans son intégralité.

Contrairement à la plupart des discussions scientifiques sur l’extension de la vie, ce débat englobe mais dépasse également les arguments purement biomédicaux, ce qui nous amène directement à la question de savoir ce qui fait de notre vie une «expérience humaine».

La durée de vie limitée nous rend humain

Se plaignant contre la motion, Ground et Wolpe ont opté pour une approche sociologique et philosophique percutante. La question n’est pas de savoir si la prolongation de la vie est possible, mais si c’est souhaitable comme objectif scientifique intentionnel, a déclaré Wolpe.

Selon Wolpe, la quête d’immortalité n’est rien d’autre qu’une “sorte de fantasme narcissique”, qui fait partie d’une vision erronée plus large d’une utopie scientifique-technologique. Nous avons une vision idéalisée de la façon dont la technologie va changer les bases de la nature humaine et de notre société pour le mieux, mais il n’y a aucune preuve de cela, a déclaré Wolpe.

Tout le monde veut vivre plus longtemps, mais est-ce bon pour notre société ? « Est-ce que des vies plus longues font du monde un endroit meilleur et plus gentil ?» Demanda Wolpe avec rhétorique. “Je crois que non.”

En vieillissant, les gens deviennent souvent plus conservateurs. Imaginez si la génération de la guerre civile était toujours là, a déclaré Wolpe. Les droits civils auraient-ils autant progressé ?

Les jeunes sont ceux qui viennent avec des idées nouvelles, et il y a une sagesse évolutive de laisser disparaître l’ancienne génération. Si nous augmentons considérablement la durée de vie humaine, nous effacerions essentiellement le changement de génération qui se produit au fil du temps, a-t-il déclaré.

Ensuite, il y a des conséquences socio-économiques. Tout le monde ne sera pas en mesure de s’offrir des traitements prolongeant la vie ; ceux qui le peuvent sont probablement les 1 % de personnes âgées riches et puissantes.

« Vivre plus longtemps peut aider les gens à accumuler de la richesse et contribuer à l’inégalité », a déclaré Wolpe.

Ground est d’accord avec Wolpe, mais propose un argument encore plus provocateur.

Nous parlons essentiellement de la valeur de la vie, a déclaré Ground. Une vie humaine est, par essence, une vie limitée, et la vie éternelle équivaut à un rejet de ce qui est humain.

La mort organise nos vies, explique Ground. Parce que nous avons une fin finie, nous avons un calendrier pour nous-mêmes : quand s’installer, quand avoir des enfants, quand lâcher prise. En tant qu’êtres humains, nous faisons des choix en fonction des coûts d’opportunité, qui sont fixés dans la monnaie du temps – notre ressource la plus précieuse.

Choisir comment dépenser cette ressource est ce qui fait de vous une personne en particulier, a-t-il déclaré. Imaginez si vous pouviez vivre pour toujours. Ne seriez-vous pas tenté d’essayer d’autres occupations, rechercher celle qui vous intéresse, et de reporter indéfiniment des décisions importantes dans votre vie ?

En ne s’installant pas dans une vie, les humains se perdent. La vie humaine est analogue et vivre plus longtemps perturbe l’histoire de ce qui est nécessairement humain.

https://iatranshumanisme.com/transhumanisme/les-organismes-transhumanistes/immortalite-lultime-conquete-de-la-liberte/

L’augmentation de la durée de vie est une obligation sociale et morale

De Grey et Brian Kennedy, qui ont tous deux soutenu que prolonger la vie valait la peine d’être poursuivi, ont opposé à l’équipe adverse un argument concret : cette augmentation de la durée de vie mène souvent à l’amélioration de la santé, ce qui réduit le coût socio-économique des soins de nos aînés.

Des recherches sur des animaux de laboratoire suggèrent que si nous parvenons à l’extension de la durée de vie chez l’homme, non seulement nous vivrons plus longtemps, mais nous passerons probablement la plupart de nos vieux jours exempts de maladies.

En 2015, la FDA a finalement reconnu le vieillissement comme un “trouble” que la communauté médicale pourrait cibler et potentiellement traiter, a déclaré Kennedy. C’est un changement de paradigme bienvenu.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié le 18 juin 2018 sa nouvelle Classification internationale des maladies (CIM-11). Depuis 2015, il a été proposé, par les lobbies de la longévité, de classer le vieillissement en tant que maladie sur la base des preuves cliniques existantes des mécanismes de causalité sous-jacents au vieillissement et de l’efficacité de diverses interventions pour moduler ces mécanismes de causalité.

La classification du vieillissement comme une maladie est une condition préalable nécessaire à l’évaluation clinique et à l’approbation de tout traitement prolongeant la durée de la santé, et cette proposition a été approuvée par l’OMS > “Ageing-Related” (XT9T)

EurekAlert : World Health Organization adds extension code for ‘aging-related’ via ICD-11

La CIM-11 sera présentée à l’Assemblée mondiale de la Santé, en mai 2019, pour adoption par les États Membres, et entrera en vigueur le 1er janvier 2022. (source OMS)

Nous savons que la durée de vie a essentiellement augmenté d’environ un an sur quatre, a déclaré Kennedy. Mais l’amélioration de la santé n’augmente pas au même rythme. Les Etats-Unis consacrent 19% de leur PIB aux soins de santé, dont la majeure partie est utilisée au cours des six derniers mois de la vie, a expliqué Kennedy.

Jusqu’ici, les soins médicaux sont centrés sur le traitement des maladies liées à l’âge – diabète, cancer, démence – une par une, sans grand succès. C’est un jeu de whack-a-mole et que nous perdons.

Pourtant, dans l’ensemble du paysage sanitaire, l’âge est le principal facteur de risque de ces maladies chroniques. En s’attaquant au vieillissement, la communauté médicale espère retarder l’apparition de la plupart – sinon de toutes – de ces causes de décès.

La prolongation de la vie, si cela se produit, serait également bénéfique pour la société.

Nous sommes dans «l’âge de l’âge», a déclaré Kennedy. Avec plus de personnes âgées sur la planète que jamais auparavant, certains sociologues appellent notre état actuel le « tsunami d’argent » (ou « tsunami gris » ).

Les personnes prennent généralement leur retraite avant l’âge de 70 ans pour des raisons de santé, d’obligations familiales ou du désir de cesser le travail et de profiter de la vie. Mais si nous améliorons leur santé et augmentons leur durée de vie, ces personnes pourraient potentiellement travailler plus longtemps et contribuer davantage à la société, a déclaré Kennedy.

L’équipe estime également que le fait de retarder la mortalité n’aggraverait pas la surpopulation mondiale.

«La naissance est géométrique mais la mort est linéaire», a déclaré Kennedy. Les données montrent clairement que les pays plus développés ont moins d’enfants et qu’une durée de vie plus longue ne va pas de pair avec une population plus nombreuse, a-t-il expliqué.

Bien que la plupart des arguments de De Grey et Kennedy soient de nature biomédicale, De Grey résume les réflexions de son équipe sur une question philosophique : n’avons-nous pas l’obligation, à l’égard de nos descendants, de prolonger leur vie ?

Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un choix, que ce soit de mener une guerre contre le vieillissement ou non, a-t-il déclaré.

Il ne fait aucun doute que si nous nous efforçons de résoudre le problème, nous trouverons une solution plus rapidement. Et comme nous sommes proche d’une percée scientifique, j’estime que nous avons l’obligation morale de trouver des moyens d’allonger la vie humaine et de donner à nos descendants le choix de s’en servir ou non, affirme de Gray.

« Voulons-nous vraiment condamner toute une cohorte de l’humanité à une courte vie inutile simplement parce que nous pensions que la société ne l’aimerait pas beaucoup ? » a-t-il demandé.

La prolongation de la durée de vie est semblable à toute autre avancée antérieure, avec le potentiel d’être bénéfique ou préjudiciable. Les humains craignent ce qui est nouveau, dit de Grey. Mais ce n’est pas une raison logique pour ne pas poursuivre la recherche de la science.

« Oui, il y a certainement beaucoup plus dans la vie que plus de vie. La question est, est-ce l’un ou l’autre ? » A déclaré de Grey dans sa déclaration de clôture.

« La prémisse implicite (…) de l’autre aspect est qu’en réalité, il y a l’un ou l’autre, ou que la vie sera réellement, dans certains sens profonds, bien pire si elle est beaucoup plus longue », a-t-il déclaré. « Je pense que c’est extrêmement incertain. »

En fin de compte, le débat a pris le parti de De Grey et Kennedy – que notre espérance de vie n’est pas assez longue et que la prolongation, l’extension de la vie est un objectif louable.

Êtes-vous d’accord ?

SingularityHub

Bulterijs S, Hull RS, Björk VC, Roy AG. It is time to classify biological aging as a disease. Front Genet. 2015;6:205. Published 2015 Jun 18. doi:10.3389/fgene.2015.00205
Zhavoronkov A, Bhullar B. Classifying aging as a disease in the context of ICD-11. Front Genet. 2015;6:326. Published 2015 Nov 4. doi:10.3389/fgene.2015.00326
Institut de recherche et d’informations socio-économiques – IRIS : Quels seront les impacts du vieillissement de la population ? avril 2015.

Transhumanisme : vision utopique ou avenir dystopique ?

Le transhumanisme est un mouvement radical qui favorise la transformation de la condition humaine. Ses représentants préconisent l’application proactive de la science et de la technologie pour «améliorer» les fonctions cognitives et émotionnelles, ainsi que les capacités physiques et sensorielles. Les transhumanistes avancent que les avancées technologiques en génie génétique, en intelligence artificielle, en robotique et en nanotechnologie devraient permettre aux sciences d’étendre considérablement les facultés intellectuelles, de vaincre les maladies liées au vieillissement, d’éliminer le malheur et l’anxiété et d’éviter le vieillissement et même la mort. Le transhumanisme voudrait donc que nous jouions avec notre propre évolution en tant qu’espèce, transformant rapidement les humains en transhumains et, éventuellement, en «posthumains». Je soutiendrai que ce faisant, nous détruirions ce qui est le plus précieux pour l’humanité; La vision du transhumanisme d’une liberté individuelle accrue produirait un monde futur dystopique.

Nick Bostrom, philosophe transhumaniste de l’Université d’Oxford, est mondialement reconnu pour ses recherches hypothétiques sur les risques existentiels, les considérations éthiques liées à l’amélioration de l’homme, ainsi que les avantages et les inconvénients d’une intelligence artificielle accrue. Il est également le fondateur de l’institut Future of Humanity, un centre de recherche multidisciplinaire qui permet à des futuristes exceptionnels de réfléchir aux priorités et possibilités mondiales. Les transhumanistes sont, en fin de compte, des philosophes qui chercheraient à transformer l’espèce humaine bien au-delà de son héritage biologique en appliquant les technologies actuelles et futures. Plus problématiques encore, ils considèrent que le vieillissement, voire la mort, sont tous deux inutiles, dans le contexte de l’intensification de nos progrès scientifiques, et indésirables; Ironiquement, Bostrom a publié lui-même un essai en ligne intitulé «Le transhumanisme, l’idée la plus dangereuse au monde». Francis Fukuyama, un critique acharné de Bostrom, souligne que le transhumanisme cherche à libérer l’humanité de ses contraintes biologiques. Tout à fait séduisant et semble paraître assez inoffensif mais à quel prix cette servitude serait-elle brisée ?

Transhumanisme – l’idée la plus dangereuse du monde

En 1957, Julian Huxley (1887-1975) a inventé le mot transhumanisme, prévoyant une société efficace et puissante, vouée au plein développement du potentiel humain, rendant obsolète l’État-providence. Pour Huxley, cela décrivait «l’humanisme évolutionniste», l’effort délibéré de l’humanité pour «se transcender – dans son intégralité, en tant qu’humanité… l’homme restant homme, mais se dépassant lui-même, en réalisant les possibilités de et pour sa nature humaine». Des penseurs transhumanistes ont par la suite inclus des avocats occupant une frange universitaire, tels que Fereidoun M. Esfandiary, qui a changé son nom en FM2030 (2030, date présumée de son centième anniversaire, bien qu’il mourût en réalité en 2000), et qui considérait les transhumanistes comme un dépassement des contraintes humaines du temps et de l’espace. Max More, Ray Kurzweil et Hans Moravec, également des transhumanistes convaincus, estiment que les nouvelles technologies devraient mettre fin à l’existence humaine en tant que telle, en introduisant dans le monde une classe de «Robo sapiens» qui remplacerait Homo sapiens, produisant la prochaine phase. Par exemple, Moravec avait prédit, en 1999, qu ‘«avant la fin du siècle prochain, les êtres humains ne seront plus le type d’entité le plus intelligent ou le plus capable de la planète.

Ces technocrates utiliseraient des programmes de recherche technologique accrédités par les électeurs et financés par le gouvernement pour recréer l’humanité, un effort de la société visant à jouer à Dieu.

Selon le transhumanisme, le droit fondamental à l’autonomie de l’individu fournit le fondement éthique qui justifie l’application de technologies génétiques, nanotechnologies et robotiques / IA (GNR) afin d’élargir la gamme de choix offerts à tous, améliorant ainsi “la condition humaine”. Pour sa part, Bostrom qualifie les détracteurs du transhumanisme de “bioluddites et bioconservateurs”. David Trippett, du Genetic Literacy Project, suggère au transhumaniste de faire face à deux alternatives, dont l’une consiste à tirer parti des avancées des technologies GNR et d’autres sciences médicales pour améliorer les fonctions biologiques de l’être humain (ce qui signifierait ne jamais revenir en arrière). L’autre alternative est de légiférer pour empêcher ces manipulations génétiques et ces modifications physiques de s’enraciner rapidement dans l’humanité, par le biais de la technomédecine socialement coercitive, qui nous opposerait tous progressivement. Qui devrait avoir le droit de décider ? Qui devrait avoir le droit de décider qui a le droit de jouer à Dieu en cette ère moderne ?

Et que dire de cet aspect de nous-mêmes qui, selon la plupart des gens, conviendrait le mieux, nous rend humains, notre conscience ? Le principe fondamental du transhumanisme, sa quête pour atteindre l’immortalité, nécessiterait une attaque de notre conscience humaine et, en fin de compte, une reprise complète du corps humain. Si la vision transhumaniste consistant à remplacer le corps humain par un substitut mécanique était réalisée, les admonitions de films de science-fiction comme Terminator, Blade Runner ou encore Frankenstein deviendraient une réalité. L’empathie humaine disparue, nous deviendrions non humains, ni transhumains ni posthumains. La culpabilité, la honte, l’envie, la compassion et la peur seraient réduites à des états corrigés ou induits par des doses de 800 mg d’opiacés, rendant le monde toujours agréable.

Nos émotions, qui ont évolué de manière organique au cours de millions d’années, fournissent des ancres qui contrôlent nos désirs et nos impulsions. – par exemple, nous motiver à vouloir traiter tout le monde équitablement. Un autre aspect honteux (ou sans vergogne ?) du transhumanisme est que, même si ses adhérents prétendent que ses possibilités de développement personnel seront accessibles à toute l’humanité, l’égalité d’accès est tout à fait improbable. La société postindustrialisée se transformerait en une guerre de classe encore plus profonde, une autre version du prolétariat contre la bourgeoisie, opposant les transhumains en cours ou aspirants aux posthumains. Un tel monde serait beaucoup plus dystopique qu’utopique.

Quelque part sur le chemin de l’ingénierie de l’immortalité, les transhumanistes envisagent également de mettre fin au processus de vieillissement. Les biotechnologies génétiques et autres permettraient non seulement de guérir la maladie d’Alzheimer, le cancer, le diabète tardif et d’autres maladies liées à l’âge, mais parviendraient également à éliminer le vieillissement, augmentant ainsi considérablement la «durée de vie». Aubrey de Grey, un gérontologue qui se considère comme un «ingénieur anti-âge», est un autre transhumaniste de premier plan. Son but est de faire du vieillissement un problème mécanique. De Grey milite énergiquement pour mettre toutes les ressources disponibles dans la «guerre contre le vieillissement».

Extrait : La technique | Bernard Charbonneau & Jacques Ellul

En tant qu’organismes humains vivants, plutôt que de jouets mécaniques, nous naissons, prenons à la fois de bonnes et de mauvaises décisions, éprouvons du plaisir et de la douleur, et à travers tout cela (en dehors de la petite enfance), nous attendons à un moment donné de mourir, ce qui crée le cycle de vie humaine. Sous le régime du posthumanisme, on pourrait vraisemblablement jouir de la perspective de l’immortalité et continuer à vivre la vie aussi joyeusement qu’auparavant sans la menace de laisser des êtres chers. La mort imminente n’est généralement pas considérée comme un aspect positif de notre vie, pourtant, mais il est considéré comme un aspect positif de nos vies, et il constitue un élément essentiel de la vie. Il laisse la place aux générations futures et nous oblige à apprécier la durée de vie que nous avons. Nous évoluons dans la vie dans un esprit constamment conscient de notre éventuelle disparition, même si ce n’est que dans le tourbillon [les brûleurs arrière : the back burners] de notre conscience. Les transhumanistes étoufferaient les flammes de ces brûleurs arrière.

Lorsque les flammes de la jeunesse s’atténuent et que l’âge diminue, mais concentre également nos capacités physiques et mentales, on a généralement acquis des compétences et des talents importants avec l’expérience de la vie, notamment des formes de compassion et d’empathie qui mûrissent au fur et à mesure du vieillissement. Pourtant, le posthumain vivrait perpétuellement, sans se soucier du monde, ni même de devenir vieux, voire de disparition imminente, s’il était protégé par des modifications physiques drastiques. Le but réel de la vie – vivre malgré les limitations – ne serait pas amélioré, mais détruit par les transhumanistes. L’idée même du report de la mortalité est un acte de rébellion contre Dieu, selon Hava Tirosh-Samuelson. Ne devrions-nous pas vouloir nous assurer que nos vies auront eu un sens et une valeur, alors que nos empreintes vivent pour toujours ? Cependant, c’est cette incarnation même de la vie organique que le transhumanisme cherche à transcender dans sa forme la plus radicale, la cyberimmortalité.

La cyberimmortalité, encore un autre jargon transhumaniste, qui illustre à quel point Bostrom et d’autres futuristes ont profondément ancré leurs espoirs d’amélioration de l’humanité dans l’idolâtrie du scientisme. Massimo Pigliucci, philosophe à la City University de New York, écrit que ces futuristes ont presque toujours spectaculairement tort et absolument dépourvus de tout progrès technologique. Melinda Hall souligne que le transhumanisme assumerait le rôle de décider des vies qui valent la peine d’être vécues. Les transhumanistes prétendent se concentrer sur la protection et l’extension de l’autonomie, affirmant que la moralité et la justice sont renforcées à tout moment et en dépit des forces physiques et mentales renforcées. Cependant, ce faisant, ils ont à la fois une vision négative du droit présent et une vision injustifiée des possibilités apparemment sans limites de la technologie. Ces extrêmes de rejet de soi et d’agitation impatiente sont les deux caractéristiques de la pensée utopique incontrôlable.

Bostrom a involontairement raison de dire que le transhumanisme est l’une des idées les plus dangereuses du monde. Lui et ses compatriotes jouent avec le feu en défendant leurs visions naïves de transformer le genre humain. Depuis au moins 1957, cette philosophie dystopique n’a cessé de gagner du terrain chez de nombreux entrepreneurs très enracinés et autres penseurs frénétiques qui s’attendent à ce que des solutions réalisables émergent d’un tout nouveau domaine des technologies GNR et laissent miraculeusement notre humanité fondamentale intacte. Par leur foi en une philosophie de l’évolution qui transcende le temps et l’espace, Bostrom et ses soldats révolutionnaires jouent tous à Dieu. Si ils y parvenaient, ils créeraient un monde futur profondément dystopique, et non le monde utopique qu’ils recherchent.

James E. Sullivan

Nick Bostrom. Transhumanism: The World’s Most Dangerous Idea.” Retrieved from : https://nickbostrom.com/papers/dangerous.html
Francis Fukuyama, “Transhumanism.” Foreign Policy Magazine, October 23, 2009.
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FM2030 (1970), “Towards New Ideologies,” http://www.aleph.se/Trans/Intro/ideologies.txt
Hansell and Grassie, op.cit.
Nick Bostrom. “Transhumanist Values” in Ethical Issues for the 21st Century, ed. Frederick Adams (Philosophical Documentation Center Press, 2003); reprinted in Review of Contemporary Philosophy, Vol. 4, May (2005).
David Trippett. “Transhumanism could push evolution into hyperdrive, Should we embrace it?” Genetic Literacy Project, April 19, 2018. Retrieved from : https://geneticliteracyproject.org/2018/04/19/transhumanism-could-push-human-evolution-into-hyperdrive-should-we-embrace-it/
Lisa Renee.”Transhumanism-The Consciousness Trap.” Retrieved from : https://veilofreality.com/transhumanism-the-consciousness-trap/
Hava Tirosh-Samuelson, “Engaging Transumanism,” H+-Transhumanism and its Critics, p.20
Massimo Piglilucci, “Why we don’t need Transhumanism,” Rationally Speaking, October 04, 2010. Retreived from http://rationallyspeaking.blogspot.com/2010/10/why-we-dont-need-transhumanism.html
Melinda Hall, “Vile Sovereigns in Bioethical Debate,” Disability Studies Quarterly, vol 33, no.4 2013 http://dx.doi.org/10.18061/dsq.v33i4.3870