Un médicament qui vous garde jeune

Judith Campisi, pionnière de la lutte contre le vieillissement, explique comment une percée récente pourrait permettre d’éviter les maladies liées au vieillissement.

Judith Campisi est une figure emblématique de la biologie du vieillissement depuis le début des années 1990, lorsque ses recherches sur les mécanismes de base du cancer ont révélé une découverte inattendue : le fait que les cellules entrent dans une phase appelée sénescence qui les empêche de devenir cancéreuses. Plus de 25 ans plus tard, cette idée a conduit à la mise au point d’un nouveau type de médicament susceptible de ralentir ou d’inverser légèrement le vieillissement humain.

Les recherches de Campisi portent sur le rôle de la sénescence cellulaire dans le cancer et d’autres maladies liées à l’âge. Les cellules sénescentes subissent une transition vers un état crépusculaire où elles sont toujours actives mais ne se divisent plus; Les recherches menées par Campisi et d’autres ont montré qu’il s’agissait d’une stratégie visant à faire dérailler les cancers naissants, caractérisés par une division et une croissance cellulaires incontrôlables. Mais elle et d’autres ont également découvert que ces cellules sénescentes s’accumulent à mesure que nous vieillissons, sécrétant un ensemble de molécules qui favorisent la dégradation des tissus associée au vieillissement.

Au cours des cinq dernières années, cette idée a conduit à la poursuite d’une nouvelle classe de médicaments appelés sénolytiques, qui éliminent les cellules sénescentes et, lors d’expérimentations sur des animaux, restaurent des caractéristiques plus jeunes. Campisi, professeur à l’institut Buck pour la recherche sur le vieillissement à Novato, en Californie, a cofondé une société appelée Unity Biotechnology en 2011, qui a lancé un essai humain de son premier médicament sénolytique en juillet dernier… Lire la suite : MIT Technology Review

pour en savoir plus : Les médicaments sénolytiques ont pour objectif de prévenir ou de retarder les affections liées au vieillissement en traitant, non pas des maladies en particulier, mais le processus du vieillissement. Nature, Scientific American

La pensée n’est pas dans le cerveau !

Dans l’expression « intelligence artificielle », le mot « intelligence » n’est qu’une métaphore. Car, si sa capacité calculatoire dépasse celle de l’homme, l’intelligence artificielle est incapable de donner une signification à ses propres calculs. Pour le philosophe et psychanalyste argentin Miguel Benasayag, réduire toute la complexité du vivant à un code informatique est illusoire, tout comme l’idée qu’une machine peut se substituer à l’homme est absurde.

Miguel Benasayag répond aux questions de Régis Meyran

Qu’est-ce qui distingue l’intelligence humaine de l’artificielle ?

L’intelligence vivante n’est pas une machine à calculer. C’est un processus qui articule l’affectivité, la corporéité, l’erreur. Elle suppose la présence du désir et d’une conscience chez l’être humain de sa propre histoire sur le long terme. L’intelligence humaine n’est pas pensable en dehors de tous les autres processus cérébraux et corporels.

Contrairement à l’homme, ou à l’animal, qui pense à l’aide d’un cerveau situé dans un corps, lui-même inscrit dans un environnement, la machine produit des calculs et des prédictions sans être capable de leur donner une signification. La question de savoir si une machine peut se substituer à l’homme, est en réalité absurde. C’est le vivant qui crée du sens, pas le calcul. Nombre de chercheurs en IA sont convaincus que la différence entre intelligence vivante et intelligence artificielle est quantitative, alors qu’elle est qualitative.

Deux ordinateurs du programme Google Brain seraient parvenus à communiquer entre eux dans une « langue » qu’ils auraient eux-mêmes créée et qui serait indéchiffrable pour l’homme… Qu’en pensez-vous ?

Cela n’a tout simplement aucun sens. En réalité, à chaque fois qu’on lance ces deux machines, elles répètent systématiquement la même séquence d’échange d’informations. Et cela n’a rien d’une langue, cela ne communique pas. C’est une mauvaise métaphore, comme celle consistant à dire que la serrure « reconnaît » la clé.

Dans le même ordre d’idées, certaines personnes disent qu’elles sont « amies » avec un robot. Il existe même des applications pour smartphone qui sont supposées vous permettre de « dialoguer » avec un robot. Voyez le film Her, de Spike Jonze (2013) : après une série de questions posées à un homme, qui permettent de cartographier son cerveau, une machine fabrique une voix et des réponses qui déclenchent un sentiment amoureux chez cet homme.

Mais peut-on avoir une relation amoureuse avec un robot ? Non, car l’amour et l’amitié ne se réduisent pas à un ensemble de transmissions neuronales dans le cerveau.

L’amour et l’amitié existent au-delà de l’individu, au-delà même de l’interaction entre deux personnes. Quand je parle, je participe à quelque chose que nous avons en commun, la langue. Il en va de même pour l’amour, l’amitié et la pensée : ce sont des processus symboliques auxquels les humains participent. Personne ne pense en soi. Un cerveau donne son énergie pour participer à la pensée.

À ceux qui croient que la machine peut penser, nous devons répondre : ce serait étonnant qu’une machine pense, puisque même le cerveau ne pense pas !

Selon vous, le fait de réduire le vivant à un code constitue le défaut principal de l’intelligence artificielle.

En effet, certains spécialistes de l’intelligence artificielle sont tellement éblouis par leurs prouesses techniques, un peu comme des petits garçons fascinés par leur jeu de construction, qu’ils perdent la vue d’ensemble. Ils tombent dans le piège du réductionnisme.

Le mathématicien américain et père de la cybernétique Norbert Wiener écrivait en 1950, dans The Human Use of Human Beings (Cybernétique et société), qu’on pourra un jour « télégraphier un homme ». Quatre décennies plus tard, l’idée transhumaniste du mind uploading est élaborée sur le même fantasme, selon lequel le monde réel tout entier peut être réduit à des unités d’information transmissibles d’un hardware à un autre.

L’idée que le vivant peut être modélisé en unités d’information se retrouve aussi chez le biologiste français Pierre-Henri Gouyon, par exemple, avec qui j’ai publié un livre d’entretiens, Fabriquer le vivant ? (2012). Il voit dans l’acide désoxyribonucléique (ADN) le support d’un code qu’on peut déplacer sur d’autres supports. Mais quand on estime que le vivant peut être modélisé en unités d’information, on oublie que la somme d’unités d’information n’est pas la chose vivante, et on ne s’inquiète pas de faire des recherches sur le non-modélisable.

La prise en compte du non-modélisable ne renvoie pas à l’idée de Dieu, ni à l’obscurantisme, quoi qu’en pensent certains. Les principes d’imprédictibilité et d’incertitude sont présents dans toutes les sciences exactes. C’est pourquoi l’aspiration à la connaissance totale des transhumanistes s’inscrit dans un discours technolâtre, parfaitement irrationnel. Si elle connaît un grand succès, c’est qu’elle est capable d’étancher la soif de métaphysique de nos contemporains. Les transhumanistes rêvent d’une vie dans laquelle ils auraient chassé toute incertitude. Or, dans le quotidien, comme dans la recherche, il faut bien se coltiner les incertitudes, l’aléatoire…

L’immortalité humaine pourrait être acquise grâce à l’intelligence artificielle

Selon la théorie transhumaniste, nous serons un jour capables d’atteindre l’immortalité grâce à l’intelligence artificielle.

Dans le bouleversement postmoderne actuel, où la relation entre les choses n’est plus pensée, où le réductionnisme et l’individualisme dominent, la promesse transhumaniste prend la place de la caverne de Platon.

Pour le philosophe grec, la vraie vie n’était pas dans le monde physique, elle était dans les idées. Pour les transhumanistes, vingt-quatre siècles plus tard, la vraie vie n’est pas dans le corps, elle est dans les algorithmes. Le corps n’est pour eux qu’un simulacre : il faut en extraire un ensemble d’informations utiles, et se débarrasser de ses défauts naturels. C’est ainsi qu’ils entendent atteindre l’immortalité.

J’ai eu l’occasion, lors de colloques scientifiques, de rencontrer plusieurs membres de l’Université de la Singularité [à orientation transhumaniste] qui portaient un médaillon autour du cou, pour signifier qu’en cas de décès, leur tête sera cryogénisée.

J’y vois l’émergence d’une nouvelle forme de conservatisme, alors même que c’est moi qui passe pour un bioconservateur, car je m’oppose à la philosophie transhumaniste. Mais lorsque mes adversaires me traitent de réactionnaire, ils utilisent le même type d’arguments que les hommes politiques qui prétendent moderniser ou réformer, pendant qu’ils détruisent les droits sociaux d’un pays et qu’ils taxent de conservateurs ceux qui veulent conserver leurs droits !

L’hybridation entre l’homme et la machine est déjà une réalité. C’est aussi un idéal transhumaniste.

Tout reste à faire pour comprendre le vivant et l’hybridation, car le monde de la technique biologique ignore aujourd’hui encore presque tout de la vie, qui ne se réduit pas aux seuls processus physicochimiques modélisables. Cela dit, le vivant est déjà hybridé avec la machine et il le sera certainement encore davantage avec les produits issus des nouvelles technologies.

Il existe de nombreuses machines, avec lesquelles nous travaillons et auxquelles nous déléguons un certain nombre de fonctions. Sont-elles toutes nécessaires ? C’est toute la question. J’ai travaillé sur l’implant cochléaire et la culture sourde : il existe des millions de sourds qui revendiquent leur propre culture – qui n’est pas assez respectée – et refusent l’implant cochléaire car ils préfèrent s’exprimer dans la langue des signes. Cette innovation, qui pourrait écraser la culture des sourds, constitue-t-elle un progrès ? La réponse ne va pas de soi.

Avant tout, nous devons veiller à ce que l’hybridation se fasse dans le respect de la vie. Or, ce à quoi nous assistons aujourd’hui n’est pas tant l’hybridation que la colonisation du vivant par la machine. À force d’externaliser, de nombreuses personnes ne se rappellent plus de rien. Elles ont des problèmes de mémoire qui ne résultent pas de pathologies dégénératives.

Prenez le cas du GPS : on a observé des chauffeurs de taxi à Paris et à Londres, deux villes labyrinthiques. Alors que les Londoniens conduisaient en s’orientant eux-mêmes, les Parisiens utilisaient systématiquement leur GPS. Au bout de trois ans, des tests psychologiques ont montré que les noyaux sous-corticaux qui s’occupent de cartographier le temps et l’espace étaient atrophiés chez ces derniers (des atrophies certainement réversibles si la personne abandonne cette pratique). Ils étaient affectés d’une sorte de dyslexie qui les empêchait de se repérer dans le temps et dans l’espace. C’est cela la colonisation : la zone est atrophiée car la fonction est déléguée sans être remplacée par quoi que ce soit.

https://iatranshumanisme.com/transhumanisme/les-technologies-emergentes/le-rapport-nbic/

Qu’est-ce qui vous inquiète le plus?

Je suis inquiet du succès démesuré de la logique d’innovation. La notion de progrès a fait long feu. Elle a été remplacée par l’idée d’innovation, qui est bien différente : elle ne contient ni point de départ, ni point d’arrivée, elle n’est ni bonne, ni mauvaise. Il faut donc la questionner de façon critique. Le traitement de texte sur ordinateurs est bien plus performant que la machine à écrire Olivetti que j’utilisais dans les années 1970 : pour moi, c’est un progrès. Mais, à l’inverse, tout smartphone contient plusieurs dizaines d’applications, et peu de gens se posent la question de combien parmi elles leurs sont vraiment nécessaires. La sagesse consiste à rester à distance de la fascination que provoquent le divertissement et l’efficacité des nouvelles technologies.

Par ailleurs, dans une société déboussolée, qui a perdu ses grands récits, le discours transhumaniste est très inquiétant : il infantilise les humains, et ne prend aucune distance avec la promesse technologique. En Occident, la technique a toujours renvoyé à l’idée de dépassement des limites. Déjà au XVII e siècle, le philosophe français René Descartes, pour qui le corps était une machine, avait imaginé la possibilité d’une pensée hors du corps. C’est une tentation humaine que de rêver que, par la science, on va se libérer de notre corps et de ses limites – ce que le transhumanisme pense enfin pouvoir réaliser.

Mais le rêve d’un homme post-organique tout-puissant et hors-limite a des conséquences en tous genres sur la société. Il me semble qu’il devrait même être analysé dans un rapport spéculaire avec la montée des fondamentalismes religieux, qui se recroquevillent sur les supposées valeurs naturelles de l’humain. Je les vois comme deux intégrismes irrationnels en guerre.

Philosophe et psychanalyste argentin. Miguel Benasayag est un ancien résistant guévariste au péronisme, il réussit à fuir l’Argentine en 1978 après y avoir été emprisonné et torturé, et réside désormais à Paris, en France. Il a publié récemment Cerveau augmenté, homme diminué (2016) et La singularité du vivant (2017).

Le Courrier de l’UNESCO • juillet-septembre

L’Homme-machine

L’Homme & la Société 2017/3

L’Homme-machine I

Le travailleur machine

La machine, l’automation, l’automatisation, l’ordinateur, le numérique, les nouvelles technologies sont de formidables générateurs à prophéties, annonçant, par exemple, avec l’« usine du futur » et la robotisation de l’industrie, la suppression d’un nombre considérable d’emplois, ou avec le numérique et l’Internet, la multiplication des pépites ou des licornes dans l’Eldorado des start-up. Ce dossier éclaire ces prophéties, leurs déploiements, leurs impasses et leurs contradictions.

Mais en adoptant une perspective sociohistorique, la place de la machine dans le construit social (visible dans les sphères économique, politique mais aussi dans le champ du loisir en tant que prétexte à re-création des forces de production) révèle la platitude idéologique d’une succession de « révolutions », industrielles hier, numériques aujourd’hui, qui font de chaque instant une grande transformation.

Vingt ans après leurs envolées lyriques sur la société numérique, les experts qui avaient chanté les louanges de la Silicon Valley ressortent du placard où les avait envoyés la crise des valeurs technologiques en 2000. Les « révolutions » industrielles s’enchaînent à un rythme toujours plus soutenu, en renvoyant sans cesse le présent dans un passé révolu, le travail et le salariat pouvant être pendant ce temps soumis aux vagues des « réformes structurelles » qui permettront aux entreprises de faire face à l’insoutenable incertitude de la rentabilité.

Le progrès technique transforme les sociologues en voyants, penchant vers le pessimisme d’un « travail en miettes », d’un monde toujours plus « sécuritaire », vers la joie de la libération du travail relayée par une multitude de « mouvements sociaux » promettant autant d’« interventions sociologiques » pour dépasser la grisaille du syndicalisme, ou la sobriété d’un revenu universel préfigurant la décroissance finale.

La presse se fait, quant à elle, régulièrement l’écho d’études sur le rôle présumé des machines en matière de destruction ou de création d’emploi. Les problématiques des conditions de travail, d’organisation du travail, du temps de travail, de la santé au travail entrent immédiatement en résonance avec le sujet.

Nous interrogeons ici ces éléments avec une distance critique, distance prise avec la fascination pour l’Internet, le miracle de ces technologies de l’information qui, dès les années 1960, transforment le monde en un « village planétaire », le local en global, le travailleur en maker, etc.

L’Homme et la Société entend, avec « Le travailleur-machine », dégager la réflexion sur la technologie et la société de la chape de l’incessante nouveauté qui impose un futur sans avenir. Ce dossier s’inscrit dans la poursuite de deux précédents volumes intitulés « Les mille peaux du capitalisme », qui revendiquaient que le profit, la justification, le contrôle, la perpétuation et la prophétie constituaient le moteur du capitalisme.

Sommes-nous des Hommes-Machines ?

L’Homme-machine II

L’Homme & la Société 2018/2 (n° 207). 290 pages.

Du travailleur augmenté à l’homme augmenté

Notre exploration des fantasmes idéologiques accompagnant la perpétuation du capitalisme se poursuit à travers ce dossier, et nous fait passer de l’utopie d’une production mécanisée toujours plus efficace où la machine libèrerait l’humanité du travail (L’Homme-machine I), à la recherche de la vie éternelle dans la multiplication de thérapies, de disciplines, de prothèses et de big data visant à porter les corps et les esprits vers les sommets.

Il reste à en analyser la portée, en interrogeant ce que ce fantasme de l’homme augmenté représente dans la justification actuelle du capitalisme et en revenant sur sa spécificité à l’égard de la fascination pour la machine. L’homme-machine et l’homme augmenté sont liés au travail et à la question récurrente : « le travail ou comment s’en débarrasser ? »

La grande équation capitaliste de la machine se ramène aux gains de productivité liés à des combinaisons de facteurs de production nouvelles reposant sur la domestication de l’énergie dans le cadre d’un paradigme dominé par la physique. Cela nous a conduits à parler de « travailleur-machine » pour appréhender cette absorption du travailleur par la machine, mais aussi, en un sens, sa transformation en un « berger des machines ».

Le dossier invite à s’interroger sur le « décalage prométhéen » entre ce que les hommes savent faire techniquement et ce qu’ils sont en mesure de penser et de maîtriser moralement. Passé un certain seuil, la capacité technique devient démesurée par rapport à la condition humaine et l’excède.

Mais il s’agit également de réfléchir sur le transhumanisme comme un modèle de dépassement de l’humain qui, ce faisant, présuppose l’existence même d’une nature humaine qu’il entend transcender par l’initiative de ces capitaines d’industrie californiens défrayant la chronique de l’humanisme établi.

Or, dans la perspective que s’efforce d’approfondir L’Homme & la Société, c’est l’hypothèse même d’une nature humaine qui reste à mettre en question, pour saisir le déploiement historique d’une humanité dont la nature profonde est de réveiller les potentialités qui y sommeillent en bouleversant ainsi continûment cette nature même.

https://iatranshumanisme.com/transhumanisme/ethique-transhumaniste/

Transhumanisme et intelligence artificielle – Transhumanisme, Nanotechnologies, Transhumaniste, Neurosciences, GAFA

Manuel pour en finir avec la mort – Éditions Envolume

ISBN : 978-2-37114-062-2

Résumé

Il était une fois deux psychanalystes qui voulaient parler de la mort autrement. Ils sont partis à la rencontre de ceux qui la côtoient tous les jours, qui l’ont rencontrée au détour d’un événement traumatique, qui ont traversé des deuils, qui ont survécu à une maladie ou à un accident. La mort se vit de manière toujours singulière. Elle mène au cimetière comme à la création, à la souffrance invivable comme à la renaissance. Et il y a ceux qui ont approché la mort jusqu’à peut-être entrevoir ce qui se situe après… Joseph Agostini et Agnès Rouby leur ont donné la parole. Pour en finir avec la mort, c’est aussi et surtout un livre sur la vie… toujours recommencée.

Extrait

99,99% des espèces qui ont vécu sur Terre depuis la naissance de la vie, voici trois milliards et demi d’années, ont définitivement disparu de la surface planétaire ! Alors… Il est facile de dire que nous allons mourir nous aussi ! Le « Nous » crée ce qu’il faut de distance avec ce verbe hautement inflammable. Nous allons mourir, c’est comme ça. C’est la nature humaine. That’s life ! Les livres de biologie n’en finissent pas de nous le promettre. Quant aux livres d’Histoire, ils sont gorgés de guerres, de catastrophes et de famines, nous rappelant toujours un peu plus notre petitesse dans l’univers.

Dire « Je vais mourir », en revanche, est une autre paire de manches. Pour le Moi, la mort est une fable. Il ne l’imagine que chez les autres. La sienne est littéralement impensable. Pour autant, il reste fasciné par sa mortalité. Elle le scotche. Il n’a pas demandé à naître, pourquoi devrait-il mourir ?! Il doit y avoir erreur. Des spiritualistes partent d’un présupposé différent, selon lequel nous aurions demandé à naître. Le Moi agirait comme une victime qui refuserait de s’attribuer cette part de responsabilité. Nous serions avant tout des êtres énergétiques, en contact avec des vibrations terrestres. Nous naîtrions pour nous élever, pour faire grandir notre âme au fil de nos expériences humaines. Le temps historique, « à l’occidental », cacherait en réalité un temps cosmologique, cyclique, fait d’éternels retours, de métempsycose ou de réincarnation. Alors, qui croire ? Et d’ailleurs, ne s’agit-il que de croyances ?

En librairie le 18 octobre 2018.

Joseph Agostini est psychologue clinicien, diplômé d’état de l’Université Paris 7 Denis Diderot. Formé au psychodrame à l’Hôpital de la Pitié Salpêtrière et à la psychotraumatologie au service de réanimation de l’Hôpital Necker. Il a exercé en hôpital de jour et en foyer spécialisé. Il a son cabinet privé à Clamart. Joseph Agostini est auteur de théâtre. Ses pièces, On peut se pendre avec sa langue, Barbarie Land, Ajoutez comme ennemi, Le dernier secret, Œdipe à la folie et Le petit garçon qui posait trop de questions, ont été jouées à Paris et en Avignon. Il est également l’auteur du premier essai psychanalytique sur une chanteuse populaire, Dalida sur le divan, Envolume (2017).

Agnès Rouby est psychopraticienne. Psychanalyste, formée à l’institut freudien de psychanalyse, et thérapeute holistique, elle a créé l’association Eveil, consciences et soins proposant ateliers et rencontres, ouverts à tous les cheminements spirituels guidés par la conscience de soi et la bienveillance.

Bioéthique. Pour en finir avec la mort ! FEBS 2017

Interview de Joseph Agostini

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de racolage ?

Je dis juste qu’on peut être drôle et pointu, pertinent et populaire. Pourquoi choisir ? Les concepts psychanalytiques ne nous amènent pas à une complexité intellectuelle, mais au contraire, à une approche du réel le plus simple, le plus radical. Je les compare souvent à des épures, à des poèmes japonais. En ce qui me concerne, j’ai voulu donner des clés d’accès à un univers souvent vu comme hermétique à tort. Les psychanalystes sont des clowns ! Des clowns du langage ! Ils s’amusent avec, le tordent dans tous les sens pour extraire son essence, sa magie. Lacan et Freud nous l’ont dit bien avant moi.

On peut donc être sérieux sans se prendre au sérieux ?

Pourquoi avoir une morgue, une arrogance quand on parle de choses graves ? Mes inspirateurs dans ce métier sont d’une humilité extrême. Les plus habiles cliniciens savent qu’ils ne savent pas. En cela, ils donnent beaucoup d’eux-mêmes à leurs patients, viennent les convoquer dans leur véritable subjectivité. Les donneurs de leçons, qui s’érigent en maîtres et ne pratiquent ni plus ni moins que du clientélisme intellectuel, discréditent le métier et le rabaissent à une querelle d’égos. Un comble pour des psychanalystes, quand on sait que nous travaillons précisément avec la dimension imaginaire des ambitions du Moi !

Comment voyez-vous la psychanalyse dans dix ou quinze ans ?

Nous devons nous remettre en question, savoir transmettre, vulgariser notre savoir. Les thérapies comportementales et cognitives prennent le pas sur la psychanalyse, car elles décomplexifient le monde dont elles parlent. La psychanalyse peut aussi avoir cette vocation tout en gardant sa profondeur, sa substance. L’écriture est une question de charme, elle doit venir séduire pour ensuite véhiculer sa puissance, ses enjeux véritables. Si l’ennui règne, rien n’est possible.

La presse en parle

France 3, le 24 septembre à 20H00, interview de 25 minutes au cours de l’émission « Votre rendez-vous »

Transhumanisme : quel avenir pour l’humanité ?

De ses débuts confidentiels dans la Californie des années 1990 à la profusion d’articles, de livres et de débats, le transhumanisme suscite rejets radicaux ou adhésions extrêmes, de F. Fukuyama le qualifiant d’« idée la plus dangereuse du monde » à ceux qui décrivent ses opposants en « chimpanzés du futur ». Car le transhumanisme, qui entend augmenter les capacités physiques et mentales de l’être humain, allonger considérablement sa durée de vie, n’est pas une simple confiance dans le progrès technologique. Il porte une utopie : le dépassement de la condition humaine.

Étant donnée la place croissante qu’il occupe dans le débat public, une synthèse, accessible à tous et qui fasse le point sans parti pris, s’impose. De l’apparition de l’idée à sa structuration dans le temps, des figures fondatrices aux acteurs d’aujourd’hui, cet ouvrage présente les idées centrales de la pensée transhumaniste, les arguments pro- et anti-, pour permettre au lecteur de se forger son propre avis et prendre part au débat.

Franck Damour est agrégé d’histoire, chercheur associé à ETHICS EA-7446 et membre de la chaire Éthique et Transhumanisme à l’Université Catholique de Lille. Il codirige la revue Nunc.

David Doat est docteur en philosophie, maître de conférences à ETHICS EA-7446 et titulaire de la chaire éthique et Transhumanisme à l’Université Catholique de Lille.

Introduction

Depuis une dizaine d’années, le transhumanisme alimente des espoirs, des craintes et de très nombreux débats des deux côtés de l’Atlantique. Ce courant d’idées entend promouvoir l’usage des sciences et des techniques en vue d’améliorer et augmenter les capacités physiques et mentales des êtres humains, de prolonger considérablement la durée de vie, bref de libérer l’homme des limites de sa condition. Le transhumanisme défend des projets parfois sidérant d’audace, comme prolonger la vie de plusieurs siècles, coloniser l’espace, doter l’homme de capacités sensorielles et cognitives bien au-delà de sa condition actuelle ou encore contrôler son état psychologique par un dopage permanent.

Ces promesses ne constituent pas une simple confiance dans le progrès technologique. Souvent, le transhumanisme est perçu comme une spéculation sur le développement technologique, ce qu’il est, mais en partie seulement. En effet, ces spéculations sur le futur des nanotechnologies, des interfaces homme/machine, du génie génétique, de l’essor des Big data et du numérique sont portées par une utopie : le dépassement de la condition humaine. Le transhumanisme nous appelle à prendre en main notre évolution pour nous libérer de « la loterie génétique », de la mortalité, des limites de nos capacités. Il s’agit ni plus ni moins que de changer l’homme, de révolutionner ses conditions biologiques pour le transformer, bref faire passer l’humanité à une étape nouvelle (et supérieure) de son évolution grâce à un effort technologique concerté et intense. Le transhumanisme se pense comme un mouvement de libération biopolitique, dans la lignée de ceux qui ont marqué l’histoire depuis les années 1960, avec la particularité de ne pas proposer une révolution sociale ou politique mais une révolution technologique qui changerait le corps et, par ricochet, la société et la politique.

Né à la fin des années 1980, le mouvement transhumaniste a réussi à faire du transhumanisme un courant de pensée, discuté, débattu, scruté dans la plupart des pays occidentaux, au sein d’universités, d’hémicycles politiques, de débats médiatiques. Il est entré dans les dictionnaires et les manuels universitaires, a suscité l’écriture de dizaines de thèses, une abondante littérature, des colloques, des séminaires. Si seulement quelques partis politiques embryonnaires se sont revendiqués du transhumanisme, ses thématiques ont attiré l’attention des dirigeants politiques depuis plus de 15 ans, d’abord aux États-Unis puis en Europe. C’est que le transhumanisme a réussi à inscrire à l’agenda mondial certaines de ses problématiques, son vocabulaire, sa vision du monde : l’homme augmenté, l’eugénisme libéral, le prolongévisme, la colonisation spatiale comme réponse à la crise climatique, autant de thématiques qui ne sont peut-être pas propres au transhumanisme mais que celui-ci porte et, surtout, unifie dans un projet global. Des deux côtés de l’Atlantique, le transhumanisme inspire le travail de think tanks qui entendent orienter la réflexion politique et éthique sur les technologies. Ce travail d’influence passe par des réseaux, des publications, des institutions, des porte-paroles médiatiques. Les transhumanistes annoncent une « révolution technologique » en cours, révolution pour laquelle ils proposent une pensée, une éthique, une psychologie. Aussi n’est-il pas surprenant que le transhumanisme inspire l’action de dirigeants de multinationales qui investissent des sommes considérables dans le développement de technologies correspondant aux utopies transhumanistes, de la conquête spatiale aux transformations du génome. Larry Page et Sergey Brin, Elon Musk, Peter Thiel, Mark Zuckerberg sont les plus médiatisés, les plus puissants sans doute. On peut considérer que l’influence du transhumanisme est devenue majeure au sein de la Silicon Valley et ailleurs, dans les bioindustries comme dans les industries du numérique, notamment au nom de la convergence des technologies.

Mais le singulier utilisé jusqu’à présent ne doit pas leurrer : le transhumanisme n’est pas un mouvement unifié de militants porteurs d’une idéologie entièrement structurée. Ce courant de pensée est un mouvement protéiforme, avec des tendances multiples, pratiquant la controverse et cultivant un libéralisme foncier. Cette diversité des sensibilités se retrouve dans la diversité de ses formes : le mouvement transhumaniste est constitué de réseaux de militants mais aussi de pôles académiques et de fondations, mobilise des entrepreneurs, des ingénieurs, des sociologues ou des biologistes.

Les prises de position radicales – elles ne font pas dans la demi-mesure et elles touchent aux fondements – des transhumanistes ne peuvent que susciter de fortes polémiques. En remettant en question l’idée que l’homme ait une nature définie, qu’il doive respecter les limites physiques de sa condition, que la mort soit un horizon indépassable pour toute construction sociale, le transhumanisme interroge des éléments structurants de l’expérience humaine. Par certaines de ses propositions les plus radicales, le transhumanisme pousse les positions éthiques classiques dans leurs retranchements, les amenant à se positionner en face de pratiques déjà effectives que l’on pourrait rapporter au transhumanisme (comme un certain eugénisme libéral, l’usage de médicaments pour des bien-portants à finalité d’augmenter leurs capacités, etc.). Certains parlent même d’un « transhumanisme ordinaire », d’un transhumanisme qui se pratique sans que le nom soit utilisé, dans les laboratoires et les éprouvettes, mais aussi dans le secret des consciences. La controverse provoquée par le transhumanisme est donc aussi une formidable machine pour penser notre rapport aux technologies, formuler l’implicite, interroger les non-dits et les a priori, sonder les angles morts.

De tels débats donnent lieu à des prises de position fortes, de part et d’autres, qui souvent peuvent glisser vers la caricature. La rapidité avec laquelle ces débats se sont développés et leur écho médiatique ont favorisé le développement de nombreux lieux communs. C’est à la discussion de ces idées reçues que ce livre veut répondre : quelles sont les origines de ce courant d’idée ? Quelles sont l’ampleur et la nature du mouvement qui le véhicule ? Que veulent les transhumanistes ? Quelles sont leurs valeurs ? Quels sont les arguments de ses adversaires ? Comment, s’il est possible, dépasser les arguments maintes fois répétés et formuler ce qui est en jeu dans ce débat ?

Quel que soit l’avenir du transhumanisme, qu’un mouvement se perpétue ou non, qu’une pensée se structure ou non, que ses relais industriels s’épuisent ou non dans leur quête de l’immortalité ou de l’espace, que se développent des transhumanist studies ou non, le transhumanisme a permis de formuler toute une série de questions sur l’impact des technologies dans nos sociétés. Chemin faisant, en débattant du transhumanisme, c’est de la place que prennent les technologies dans notre vie que nous discutons. Le détour en vaut donc la peine !

Parution le 27 septembre 2018

Sommaire

Petite histoire du transhumanisme
Le transhumanisme est une idée neuve.
Il faut être américain pour croire au transhumanisme.
Le transhumanisme, une histoire de milliardaires.
Le transhumanisme est une nébuleuse.
Nous sommes déjà tous des cyborgs !
La pensée transhumaniste
Les transhumanistes veulent devenir immortels.
Le transhumanisme est un eugénisme.
C’est encore la vieille histoire de l’homme qui se prend pour Dieu.
L’homme augmenté, c’est du transhumanisme.
Le transhumanisme, c’est du libertarisme.
Le transhumanisme, c’est la fin de la morale.
Le transhumanisme, c’est de la science-fiction.
Le transhumanisme dans tous ses états
Le transhumanisme, une stratégie des GAFA pour nous manipuler.
Le transhumanisme est l’idée la plus dangereuse du monde.
Les personnes appareillées en raison d’un handicap préfigurent l’homme du futur.
L’homme d’aujourd’hui sera le chimpanzé du futur.
Une société où l’on ne meurt plus, c’est une société où on ne vit plus.
Le transhumanisme, c’est une religion qui sacralise la technique.

Philosophie et idéologies trans/posthumanistes

ISBN 978-2-7116-2785-1 – octobre 2017

Jusqu’ici, c’est principalement outre-Manche et outre-Atlantique que des philosophes se sont efforcés d’élaborer la nébuleuse trans/posthumaniste en un discours cohérent argumenté prenant en charge des questions indispensables à notre temps et fécond pour l’avenir. Le transhumanisme n’est pas la pensée d’un seul. Ses idées s’expriment à partir de nombreux champs disciplinaires : médecins, ingénieurs, entrepreneurs, biologistes, philosophes, théologiens, informaticiens, roboticiens, etc. En même temps, il ouvre la voie pour une approche intégrée, unifiée, d’idées autrement éparses et morcelées : de la métaphysique à l’éthique et au politique en passant par des analyses relatives à l’épistémologie, à l’anthropologie, à l’esthétique, aux philosophies de la technique, du langage et de la religion. Est propre au transhumanisme l’accentuation des technologies matérielles qui invitent à repenser l’anthropologie philosophique sous l’angle de la technique. Prendre au sérieux le transhumanisme invite à se méfier également de sa rhétorique technolâtre, prophétique ou commerciale, et des procès faciles et répétés qui lui sont adressés. Loin du court-termisme idéologique et utopiste, le trans/posthumanisme renvoie à la temporalité de l’Évolution ainsi qu’à celle de la science elle-même, empirique, laborieuse, provisoire, invitant à un transhumanisme prudent, patient, persévérant et modeste.

Membre de l’Académie Royale de Belgique et de l’Institut International de Philosophie, G. Hottois est professeur émérite de l’Université Libre de Bruxelles

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D’un désir mortifère d’immortalité. À propos du transhumanisme

Les mouvements transhumanistes affichent l’obsession de “réaliser” un idéal d’humanité grâce aux technosciences. Ils mettent notamment l’accent sur les prouesses en matière de longévité et s’aventurent parfois à annoncer l’immortalité comme possible. Du mythe à la réalité, le passage serait-il donc aujourd’hui permis ? Peut-être la fusion avec les machines qui fait le fond des utopies posthumaines ne promet-elle, en matière d’immortalité, qu’une pure volonté de néant. Peut-être n’a-t-elle en vue rien d’autre que la disparition de l’altérité – et par suite, de l’humanité elle-même ?

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Intervention donnée dans le cadre de l’Université d’été Sciences, éthique et société 2013, organisée par l’Espace éthique/Ile-de-France les 11 et 12 juin 2013, sous le Haut patronage du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Jean-Michel Besnier est Professeur de philosophie à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV)

Et si nos vies n’étaient qu’énigme ?

ISBN- 979-1034603879

« Là où c’était à l’instant même, là où c’était pour un peu, entre cette extinction qui luit encore et cette éclosion qui achoppe, Je peux venir à l’être de disparaître de mon dit » Lacan, Ecrits, page 801.

L’homme parle et ne sait pas ce qu’il dit, il désire mais ne sait pas quoi, il jouit mais ne s’en satisfait pas…

Il y a chez l’être humain – parlêtre dirait Lacan – cette vibration intime et secrète de la chair depuis que le Verbe l’a percuté et cette vibration, cette pulsation, c’est le vivant.

Depuis toujours, l’homme a été intrigué par ce vivant mystérieux. Il a voulu le comprendre, l’expliquer,le maitriser, l’évaluer, etc. Il en appelé à l’écriture, à l’image, à la philosophie, aux mathématiques, à l’art, aux religions, et plus que jamais à la science. Ainsi sommes nous passés de Thalès calculant la hauteur de la pyramide de Khéops en mesurant l’ombre portée de son corps, à Armstrong marchant sur la lune…

La science dont la fonction est d’établir des rapports, n’avait pas, jusqu’à il y quelques décennies, répondu aux « origines » et aux « fins ».

Aujourd’hui, elle le veut. Et le prouve en dissociant, par exemple, la parentalité de la reproduction ou en nous promettant l’éternité !

Naguère, la puissance du réel était dévolue au divin. Désormais, le discours scientifique s’en empare,prouvant une fois de plus que rien n’est plus insupportable que le réel, rien n’est plus déconcertant que l’impossible à dire et à se représenter. Alors, autant le confondre, ce réel, avec la réalité !

Cependant, paradoxalement, plus ce discours se veut riche de promesses et plus notre errance s’accroît, ne sachant pas davantage d’où nous venons, ni même où nous allons…

« La psychanalyse trouve sa diffusion en ceci qu’elle met en question la science comme telle – science pour autant qu’elle fait de l’objet un sujet, alors que c’est le sujet qui est de lui-même divisé. » Lacan, Le Séminaire XXIII, p.36.

Actes du colloque organisé par le Collège des humanités les 24 et 25 septembre 2016.

Les auteurs :
Marc Lévy, Psychiatre, psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP, à Montpellier
Augustin Menard, Psychiatre, psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP, à Nîmes
Patrick Lévy, Ecrivain, Poète, Kabbaliste
Esthela Solano, Psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP, à Paris
Jacques Borie, Psychanalyste à Lyon, membre de l’ECF et de l’AMP
Jean-Paul Laumond, Roboticien, directeur de recherche au CNRS-LAAS de Toulouse
Catherine Vidal, Neurobiologiste, Directrice de recherche à l’Institut Pasteur
Valerie Arrault, Professeur en Arts et sciences de l’Art, univ. Paul Valery, Montpellier 3
Jean-Daniel Causse, Professeur au dépt de Psychanalyse, univ. Paul Valéry, Montpellier 3
Jean-Michel Besnier, Professeur de philosophie, Paris 4, docteur en sciences politiques

Le transhumanisme c’est quoi ?

ISBN : 9782204127479

• Comment est née l’idéologie transhumaniste ?
• Comment est-on passé de la volonté d’améliorer les conditions de la vie humaine au fantasme d’une nature humaine profondément modifiée ?
• Le transhumanisme est-il une utopie réalisable ?
• Quels en sont les fondements intellectuels ?
• Quels sont les dangers d’une telle entreprise ?
• Comment réhabiliter l’humanisme aujourd’hui ?

Trois spécialistes, un médecin, un philosophe et un théologien, répondent ici aux questions que pose aujourd’hui ce sujet de société aussi crucial que fascinant. Un ouvrage accessible pour connaître et comprendre le transhumanisme.