La critique du transhumanisme (PDF)

capturevvKlaus-Gerd Giesen, Nicolas Le Dévédec et Gaëlle Le Dref émettent une critique sur le Transhumanisme. Cependant, nous nous sommes plus particulièrement penchés sur le texte de Klaus-Gerd Giesen qui émet un avis tranché sur cette philosophie actuellement omniprésente dans les médias. Plusieurs de ses idées retiennent notre attention et sont propices au débat :

– Klaus-Gerd Giesen dénonce une augmentation de l’homme qui ne sera accessible qu’à une minorité; à l’élite d’aujourd’hui. Dès lors, le Transhumanisme ne serait-il pas le point de départ de Castes génétiques ?

– Dans une société de crise telle que nous connaissons, l’espoir se fait mince, l’Homme se désillusionne, la pression de la société pour faire de nous des êtres parfaits et productifs étouffe l’individu. Le Transhumanisme suscite l’engouement et la fascination. Néanmoins, ne serait-il pas un outil de la société Capitaliste qui permettrait de renforcer ses idéaux et la dépression sociale ?

Mais aussi : le rôle de la cybernétique dans l’abolition des frontières Homme-Machine, l’Évolutionnisme Informationnel et d’autres thématiques sont abordées par Klaus-Gerd Giesen. Critique basée sur les propos d’experts tels que Nick Bostom, James Hughes mais aussi Natasha Vita-More.

Cet article permet d’avoir une autre vision du Transhumanisme qui n’est pas encore mise en avant dans les médias. Cela reste le point de vu personnel de l’auteur mais cela permet d’exercer son esprit critique. A la suite de cet article, se trouvent deux autres dossiers « L’Homme face à l’évolutionnisme » et « De l’humanisme au post humanisme : les mutations de la perfectibilité humaine » qui sont intéressants pour approfondir la compréhension de ce mouvement (origine, enjeux..).

La critique du Transhumanisme

Thèmes :
Transhumanisme
Post-humanisme
Homme augmenté
Cyborg
Singularité

La critique du transhumanisme

Klaus-Gerd Giesen
Transhumanisme et génétique humaine…………..1
Avril 2004

Nicolas Le Dévédec
De l’humanisme au post-humanisme : ……………..9
les mutations de la perfectibilité humaine
Décembre 2008

Nicolas Le Dévédec
La démocratie à l’épreuve du post-humain : ……. 25
médicalisation de la société, dépolitisation de la perfectibilité
Août 2009

Gaëlle Le Dref
L’homme face à l’évolutionnisme : …………………. 53
un animal paradoxal

Nicolas Le Dévédec et Fany Guis
L’humain augmenté, un enjeu social………………. 68
juillet 2012

Hors-sol et Pièces et Main d’œuvre
Politis et le transhumanisme : ………………………… 89
une autre réification est possible
août 2013

France : Les premiers implants du système de prothèse rétinienne Argus® II – “oeil bionique” rend la vue

La rétinite pigmentaire est une maladie héréditaire rare qui provoque une dégénérescence progressive des cellules de la rétine sensibles à la lumière, entraînant d’importants troubles visuels et, finalement, la cécité.

Le système de prothèse rétinienne Argus II (« Argus II ») est destiné à stimuler électriquement la rétine afin de déclencher une perception visuelle chez les personnes aveugles. L’implant est une prothèse épirétinienne implantée à l’intérieur et autour de l’œil par voie chirurgicale, qui comprend une antenne, un boîtier électronique et un faisceau d’électrodes. L’équipement externe inclut des lunettes, une unité de traitement vidéo (VPU) et un câble. L’Argus II a reçu l’homologation aux Etats Unis (FDA) et pour l’Espace économique européen (marquage CE) et il est disponible dans certains pays européens, et d’autres vont s’ajouter.

Pour de plus amples informations sur l’Argus II : détails

La France a approuvé le remboursement d’Argus II pour 30 cas par an dans 3 centres
voir le Communiqué de presse : Prothèse épirétinienne : Marisol Touraine met en place le “forfait innovation”

voir l’article déjà publié (engl)

http://www.secondsight.com/

Second Sight Europe

Un homme capable de maîtriser ses deux bras artificiels par la pensée

Si le bras bionique a aujourd’hui plus de dix années d’existence, la prouesse que viennent de réaliser les scientifiques de l’Université Johns Hopkins de Baltimore (Maryland, États-Unis) n’en reste pas moins une grande première mondiale.

Ce n’est pas un bras mais deux que l’équipe de prothésistes a réussi à implanter sur les épaules de Leslie Les Baugh, doublement amputé de ses membres supérieurs à la suite d’un grave accident électrique, il y a 40 ans.

L’homme, originaire du Colorado, peut désormais, à la seule force de sa pensée, piloter simultanément et en coordination ses deux prothèses robotisées, pour ainsi réaliser des gestes qui lui semblaient il y a bien longtemps fort anodins, tels que lever les bras, fermer la main, ou encore saisir un objet.

lire la suite : source

2030, l’Horizon H+ : les futurs probables, selon le NIC des États-Unis

Fin 2012, il y a tout juste deux ans paraissait Tendances mondiales 2030 : mondes alternatifs (Global Trends 2030 : Alternative Worlds) [1], un rapport très attendu de 160 pages rédigé et publié par le Conseil national du renseignement des États-Unis (National Intelligence Council, alias NIC) [2]. Formé en 1979, le NIC est une agence de renseignement qui produit des analyses stratégiques à moyen et long terme destinées à la communauté du renseignement américain.

Les prévisions, avis et préconisations émis par le NIC sont à la fois attendus et entendus par le Pentagone et par la Maison Blanche. Les études publiées cherchent à dégager les grandes tendances à quinze ans et les évolutions technologiques à fort impact, ce qui constitue par définition un exercice difficile et nécessaire. Le but du rapport n’est pas tant de prédire l’avenir mais de fournir un cadre de réflexion sur les futurs possibles et leurs conséquences sur les équilibres humains.

S’il fallait résumer l’idée dominante de ce rapport en une phrase, on pourrait dire que le monde de 2030 sera radicalement différent de celui dans lequel nous évoluons aujourd’hui.

Parmi les hypothèses à forte probabilité du rapport paru en décembre 2012, figurent notamment :

  • la fin de la domination mondiale américaine ;
  • la montée en puissance des individus ou groupes d’individus contre les États ;
  • l’émergence d’une classe moyenne mondiale qui n’hésite pas à contester les gouvernements ;
  • des pénuries chroniques en eau, en nourriture et en énergie ; les effets toujours plus violents du changement climatique.

Selon le rapport Global Trends 2030 La tendance la plus radicale concerne la modification et l’augmentation des capacités humaines par la technologie et l’évolution transhumaniste disruptive qui viendra bouleverser les grilles d’analyse usuelles. Rappelons encore une fois que ces prévisions ne sont pas le fruit d’un collectif d’auteurs de science-fiction ou de scientifiques iconoclastes se laissant aller à des divagations jubilatoires mais qu’elles proviennent d’une structure académique d’analyse et de renseignement sérieuse et respectée…

Ce que nous dit le rapport Global Trends 2030 sur la technologie

Comme on peut s’y attendre, le rapport insiste sur le déferlement hautement probable des implants, prothèses et exosquelettes motorisés qui se généraliseront à toutes les sphères d’activités humaines en devenant des extensions « banales » et pertinentes de notre corps. En très peu de temps, les capacités humaines pourraient évoluer de manière spectaculaire et modifier les équilibres actuels.

Les prothèses pourraient devenir plus performantes que les membres et organes biologiques « d’origine ».

Des pans entiers du handicap pourraient trouver des réponses fonctionnelles efficaces et acceptables. Les armées s’appuieront sur des exosquelettes pour équiper le combattant et augmenter ses capacités opérationnelles (déplacement en zone de combat, port de charges lourdes, vision diurne et nocturne, aide au tir,…). La mise au point de psychostimulants de nouvelle génération permettra au soldat de rester actif plus longtemps et lui donnera une acuité renforcée. Les stimulants amélioreront ses réactions et ses réflexes dans un contexte ultime de combat.

Ces technologies seront d’ailleurs déclinées dans leurs versions civiles pour lutter contre le vieillissement et prolonger la vie.

Les implants cérébraux font l’objet de prévisions claires et précises. Les interfaces « neuro-cloud » viendront combler les déséquilibres d’information et de calcul existant entre le cerveau humain et les systèmes cybernétiques. Ces neurotechnologies pourraient accroître de manière disruptive certaines capacités humaines et faire émerger de nouvelles fonctionnalités biologiques. L’œil et la vision humaine profiteront de ces augmentations.

Des implants rétiniens permettront une vision nocturne et donneront accès aux spectres de lumières inaccessibles chez l’homme de 2015. Les progrès réalisés sur la chimie des neurostimulants augmenteront nos capacités de mémorisation, d’attention, de vitesse de réaction et de réalisation.

Les systèmes de réalité augmentée devraient améliorer notre compréhension des phénomènes complexes réels.

La simulation numérique généralisée ouvrira de nouvelles fenêtres sur le monde. Les progrès de l’intelligence artificielle seront immédiatement intégrés aux développements de la robotique. Les avatars et robots fourniront des données inédites liées au toucher, à l’odorat. Ils bénéficieront d’une plus grande autonomie et d’une IA embarquée conséquente.

Le rapport nous alerte également sur les risques associés au progrès disruptif et au changement de paradigme qu’il devrait induire. D’après le groupe d’analystes, bon nombre de ces technologies d’augmentation ne seront disponibles que pour ceux qui seront en mesure de les payer.

Ces déséquilibres d’accès à l’amélioration pourraient être à l’origine de violentes turbulences, et de conflits si rien n’est mis en place pour réguler et encadrer les technologies impliquées.

Le risque principal résulte d’une société clivée, à deux niveaux formée d’une part des individus ayant accès aux technologies d’augmentation et profitant pleinement des améliorations et d’autre part, des laissés pour compte technologiques, non augmentés pour lesquels l’écart des capacités se creuse à mesure que le progrès avance. Cette asymétrie n’est pas tenable et nécessitera probablement une stricte surveillance des gouvernements et une régulation méthodique des technologies d’augmentation. La convergence des nanotechnologies, des biotechnologies, de l’informatique et des sciences cognitives (NBIC) devrait induire des progrès scientifiques collatéraux importants, comme ceux du stockage de l’énergie avec des batteries longue durée, ceux de l’interfaçage biologique-silicium, ou encore ceux de l’électronique biocompatible flexible.

Notons sur ce point que les premiers succès de l’électronique moléculaire viennent d’être enregistrés en cette fin d’année 2014, confirmant ainsi certaines prévisions à court terme du rapport…

Prévoir, Préparer, Prévenir

On ne doit pas douter une seconde de l’utilité d’un tel rapport lorsqu’il s’agit de prévoir les changements disruptifs, de préparer les gouvernants et les décideurs aux impacts d’une technologie exponentielle et de prévenir les futures crises liées à ces changements violents.

Les États-Unis produisent aujourd’hui l’essentiel de l’innovation technologique mondiale. Ils ont parfaitement compris l’intérêt stratégique d’une réflexion à toute échelle portant sur les évolutions NBIC et les risques associés. Des instituts de recherche intégrant des équipes de chercheurs en éthique contribuent régulièrement à la réflexion stratégique nationale.

La Grande-Bretagne dispose de l’Institut de l’avenir de l’humanité (Future of Humanity Institute, alias FHI) [3], composante de l’Université d’Oxford, qui mène une réflexion de qualité sur la convergence NBIC et ses effets sur l’humanité.

Le positionnement du FHI est assez proche de celui de l’Université de la Singularité (SU) créée par Google, Cisco, la Nasa, et de nombreux grands acteurs du numérique américain.

La Chine est également très engagée dans l’innovation NBIC et en mesure pleinement son potentiel en tant qu’outil de puissance. Les transgressions génétiques ne semblent pas rencontrer d’obstacle ou de réticence particulière dans la population chinoise qui adhère massivement au progrès technologique sous toutes ses formes.

Le temps des questions…

  1. La France est-elle prête à relever les défis technologiques majeurs des quinze prochaines années ?
  2. Existe-t-il, au sein de la sphère politique nationale, une réflexion stratégique globale à quinze ans, ouverte et suivie, intégrant le facteur technologique ?
  3. Avons-nous commandé un rapport s’inscrivant dans le même esprit que celui du NIC ?
  4. Disposons-nous sur le territoire national d’un institut de recherche similaire au FHI ou à la SU ?
  5. Comment allons-nous accueillir le train express des innovations technologiques et son wagon de transgressions éthiques ?
  6. Serons-nous passagers actifs de ce train du progrès ou simple spectateur immobile sur le quai, figé par des postures anachroniques et par des dogmes d’un autre siècle ?
  7. Allons-nous enfin adapter nos structures éducatives aux réalités d’une révolution technologique exponentielle, qui bouleverse l’ensemble des équilibres ?
  8. En 2030, nos enfants et petits-enfants auront-ils encore la possibilité de demander des comptes à ceux qui auront été à l’origine du déclin français amorcé au début de ce siècle ?
  9. Souhaitons-nous réorienter la France vers un destin technologique afin qu’elle puisse compter dans la compétition mondiale ?
  10. En avons-nous l’envie et les moyens ?

Ces dix questions n’ont pas vocation à provoquer ou à froisser la sensibilité du lecteur. Elles appellent toutes à des réponses individuelles issues d’une introspection minimale. Elles mériteraient d’être posées sans détour par le citoyen lors des prochaines échéances électorales nationales. Le politique n’aura pas le choix, il devra se saisir de la question technologique pour l’intégrer pleinement à son programme. Orienter la nation vers son destin technologique peut constituer l’objectif principal d’un gouvernement.

Les 10 principales tendances technologiques pour 2020

Cela sous-entend de l’abnégation, du courage politique, une volonté déconnectée de toute arrière-pensée de réélection, bref « de la sueur, du sang et des larmes » selon les mots de Winston Churchill en 1943.

Les grands hubs technologiques sont tous nés de volontés humaines et de concordances d’efforts exercés dans la même direction, celle de l’innovation et de la rupture technologique.

Les 20, 21 et 22 novembre 2014, a eu lieu la première conférence internationale Transvision 2014 sur le Transhumanisme face à la question sociale [4]. Ce colloque a rassemblé des acteurs majeurs du mouvement transhumaniste international, ainsi que des contradicteurs et pourfendeurs de la pensée H+ [5]. Les contributions des transhumanistes américains ont fait preuve d’une vraie différence d’approche sur les enjeux de l’augmentation, par rapport à celle des intervenants français. Les grandes figures du mouvement H+ ont affiché un optimisme appuyé et une tendance marquée à un solutionnisme, qui occulte assez facilement les risques collatéraux.

Le transhumanisme, questionné sous l’angle social, a constitué certainement la meilleure approche pour une première conférence organisée sur le sol français. Les échanges ont été fructueux et constructifs. Il reste maintenant à poursuivre cette réflexion dans un cadre académique et selon un programme de recherche structuré.

Notes

[1] Le rapport complet Global Trends 2030 (dni.gov, anglais, PDF)

[2] Le Conseil national du renseignement (National Intelligence Council alias NIC) est un lieu de réflexion stratégique à moyen et long terme au sein de la communauté du renseignement des États-Unis (United States Intelligence Community alias NIC). Il a été fondé en 1979. (Wikipédia, anglais)

[3] L’Institut de l’avenir de l’humanité est un institut de recherche multidisciplinaire de l’Université d’Oxford. Il rassemble un nombre restreint de grandes intelligences dans le but de développer des outils mathématiques, philosophiques et scientifiques permettant d’appréhender les questions relatives l’humanité et à ses perspectives. L’Institut appartient à la Faculté de Philosophie et est affilié à l’École Martin Oxford.

[4] Transvision 2014 sur le Transhumanisme face à la question sociale a été organisée à Paris, Espace des Sciences Pierre-Gilles de Gennes – ESPCI.

[5] Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel international prônant l’usage des sciences et des techniques, ainsi que les croyances spirituelles afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains. Le terme transhumanisme est symbolisé par H+ (anciennement >H) et est souvent employé comme synonyme d’amélioration humaine. (Wikipédia, français)

Pour approfondir

Source : 2030, l’Horizon H+ : Les futurs probables selon le National Intelligence Council (echoradar.eu, français, 09-12-2014)

Vidéo : Sarif Industries

La société Sarif Industries est spécialisée dans la conception et la production de neuro-augmentations et de prothèses de pointe pour l’implantation humaine. Elle se démarque de la concurrence en travaillant avec ses clients pour créer des augmentations personnalisées, avant-gardistes et évolutives, capables de répondre à des besoins et des exigences précises. Nous pensons fermement que la recherche, le développement et l’implémentation d’augmentations sont des progrès pour l’Homme, qui lui permettront à terme de se forger un plus bel avenir dans un corps plus puissant, plus rapide et plus intelligent.

Sarif Industries dispose d’une équipe interne de docteurs et d’infirmières, en plus des scientifiques et chercheurs spécialisés dans les TAH (Technologies d’Amélioration Humaine), et nous formons chacun d’entre eux pour travailler avec des clients exigeants afin de définir leurs besoins.

Sarif Industries propose à ses clients des examens préopératoires complets et gratuits afin de cerner au mieux leurs défis et besoins personnels.

Sarif Industries fait passer des tests psychologiques lors de chaque examen pour découvrir la meilleure façon d’augmenter chacun de ses clients.

Sarif Industries est une entreprise fictive qui fait partie de Deux Ex Human Revolution, elle n’est en aucun cas réel. Toutes ces vidéos sont des vidéos de promo virales du jeu pour amplifier le sentiment d’immersion des joueurs. Faut avouer que c’est une vision du futur plutôt effrayante et assez convaincante…

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Transhumanisme l’homme modifié

Une espèce « nouvelle » arrive dans le monde : moitié homme, moitié robot !

Ray Kurzweil (qui prévoit de « ressusciter son père ») est un ingénieur informaticien et futurologue récemment embauché par Google. Il annonce que l’homme qui arrive « sur le marché » sera de moins en moins biologique car « bourré » de composants électroniques. D’autres annoncent déjà que « nous serons comme des dieux », puisque nous serons capables de connaître les pensées de n’importe quelle personne située dans n’importe quel endroit du monde. Ces déclarations sont dans la droite ligne du mouvement « transhumaniste », un mouvement qui souhaite « améliorer » l’homme grâce à la technologie et, pourquoi pas, le rendre immortel…

Un documentaire d’Armel Joubert des Ouches.

Des sociétés suédoises implantent des puces RFID à leurs employés

Vous voulez rentrer dans votre bureau, monter dans un bus, ou peut-être acheter un sandwich? Nous sommes tous habitués à nous servir d’une carte pour faire toutes ces choses. Mais à l’Epicenter, un nouveau bâtiment de bureau high-tech en Suède, ils tentent une approche différente : une puce sous la peau.

Felicio de Costa, dont la société est l’un des locataires, arrive à la porte avant et tient sa main contre elle pour pouvoir entrer. A l’intérieur, il fait la même chose pour entrer dans l’espace de bureau qu’il loue, et il peut aussi agiter la main pour faire fonctionner la photocopieuse. Il fait cela car il a une petite puce RFID (identification par radiofréquence), de la taille d’un grain de riz, implantée dans sa main. Bientôt, d’autres parmi les 700 personnes attendues pour occuper l’immeuble auront également la chance d’être équipés de puces. Avec l’accès aux portes et aux photocopieurs, ils ont promis d’autres services à plus long terme, y compris la capacité de payer au café en passant la main.

Le jour de l’ouverture officielle de l’édifice, le chef de la direction du développement a été lui-même injecté d’une puce en direct sur scène. Et j’ai décidé pour me familiariser avec cette technologie que je devais serrer les dents et obtenir la puce aussi.

L’ensemble du processus est organisé par un groupe de bio-piratage suédois qui a été profilé par mon collègue Jane Wakefield récemment. Un de ses membres, un tatoueur a l’air plutôt redoutable, a inséré ma puce. D’abord, il a massé la peau entre le pouce et l’index et frotté un peu de désinfectant. La, il m’a dit de prendre une profonde respiration alors qu’il insérait la puce. J’ai ressenti de la douleur un moment, mais rien de bien exceptionnel par rapport à une autre infection, puis il a collé un pansement sur ma main. Avant d’essayer ma puce, je voulais en savoir plus sur le but de sa conception. Hannes Sjoblad, dont la carte de visite électronique est sur sa propre puce et être consultée par un simple effleurement d’un smartphone, a le titre de chef de la perturbation au développement. Je lui ai demandé si les gens voulaient vraiment d’une telle intimité avec la technologie.

“Nous interagissons avec la technologie déjà tout le temps,” dit-il. “Aujourd’hui, c’est un peu brouillon – nous avons besoin de codes PIN et de mots de passe. Ne serait-ce pas plus facile d’interagir juste avec sa main? C’est vraiment intuitif.”

Lorsque j’ai testé ma puce, j’ai trouvé que ce n’était pas si intuitif, je devais tordre ma main dans une position non naturelle pour faire fonctionner le photocopieur. Et tandis que certains des gens autour de l’immeuble ont été impatients d’être implantés, d’autres étaient nettement moins enjoués. “Absolument pas”, a déclaré un jeune homme quand je lui ai demandé s’il se ferait implanter. Une femme âgée a été plus positive sur le potentiel de la technologie, mais a vu peu d’intérêt à être implanté juste pour passer à travers une porte.

Mais Hannes Sjoblad dit que lui et le groupe de Bio Haking suédois ont un autre objectif : nous préparer pour le jour ou les autres veulent nous pucer. “Nous voulons être en mesure de comprendre cette technologie avant que les grandes entreprises et les gouvernements viennent nous voir en nous disant que tout le monde doit être implanté – la puce de l’administration fiscale, la puce Google ou Facebook.” Alors, dit-il, nous serons tous en mesure de remettre en question la façon dont la technologie est mise en œuvre sur la base d’une bien meilleure connaissance de la technologie.

Je suis revenu en Grande-Bretagne avec une main légèrement endolorie et une puce toujours sous ma peau qui contient en elle mes coordonnées. Ce n’est pas réellement utile, mais aucun doute que des puces plus sophistiquées vont bientôt remplacer la technologie portable comme les badges d’accès pour les salles de sport ou les dispositifs de paiement, et nous nous habituerons à être augmenté. Toutes sortes de choses sont possibles. A savoir si cela deviendra culturellement acceptable d’insérer de la technologie sous notre peau est une autre affaire.

La BBC n’en est pas à son coup d’essai pour nous vendre les puces RFID. L’année dernière elle publiait un article au nom évocateur :” pourquoi je veux une puce implantée“. France 2, très avant-gardiste, en parlait déjà il y a 8 ans. Depuis, des patients américains se font volontairement pucer aux États-Unis et des écoles forcent les élèves a porter des puces RFID pour pouvoir les traquer sur le campus.En France, la technologie s’immisce discrètement dans nos vies avec les cartes de paiement sans contact, dans les librairies municipales et surtout les transports en commun. Comme l’indique l’interviewé, l’étape ultime sera probablement un jour d’intégrer des puces biométriques pour l’identification et le paiement sous la peau des gens. L’effet de mode aidant, beaucoup le font déjà spontanément. Pour les autres, comme dit Attali, cela pourrait être volontaire… ou non. Le puçage humain à grande échelle n’est visiblement plus de la science-fiction.
prochaine étape les tatouages numériques
sources : BBC