L’augmentation humaine militaire sera nécessaire

Le scientifique en chef de la toute nouvelle US Space Force a déclaré que l’augmentation humaine ne tarderait pas à arriver.

Le Dr Joel Mozer, qui s’exprimait lors d’un événement au Airforce Research Laboratory, a déclaré qu’il était “impératif” que les États-Unis surpassent leurs adversaires en étant à la pointe de l'”augmentation humaine” dans la technologie militaire.

“Au siècle dernier, la civilisation occidentale est passée d’une société industrielle à une société de l’information, mais aujourd’hui, nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère : celle de l’augmentation humaine”, a déclaré Mozer. “Dans le domaine de la défense nationale, il est impératif que nous nous engagions dans cette nouvelle ère, sous peine de prendre du retard sur nos concurrents stratégiques”.

Mozer, dont la carrière s’est déroulée en grande partie au sein de l’armée de l’air américaine, où il a développé des technologies de vol spatial, a prévenu que des progrès “inimaginables” seront réalisés au cours de la prochaine décennie, citant les avancées en matière d’intelligence artificielle déjà réalisées par des programmes comme AlphaGo de Google.

Le scientifique de la Space Force a ajouté que l’IA pourrait un jour développer des tactiques et des stratégies militaires qu'”aucun humain ne pourrait développer”, et que des programmes ou des machines “autonomes” pourraient conseiller les commandants en temps réel.

“L’IA pourrait un jour créer des programmes qui conçoivent des lignes d’attaque trop complexes pour être comprises par les humains, a souligné Mozer. Cela s’étendra au champ de bataille, où les commandants et les décideurs auront à leur disposition de multiples agents autonomes, chacun pouvant contrôler l’exécution de tâches telles que la reconnaissance, le contrôle du tir ou l’attaque”, ajoute Mozer.

Il a averti que “nous devons réfléchir attentivement à l’éthique de tout cela, et à la façon dont nous ferons confiance à ces agents autonomes, en particulier à l’ère de la guerre autonome mortelle”.

Concernant l’augmentation humaine, il a suggéré que la technologie d’augmentation pourrait éventuellement produire une “main-d’œuvre surhumaine”, qui utilise des technologies telles que “la réalité augmentée, la réalité virtuelle et la stimulation nerveuse”.

Vous pouvez mettre un individu dans un état de flux, où l’apprentissage est optimisé et la mémorisation est maximisée”, a-t-il déclaré. Cet individu pourrait être transformé en une personne au potentiel très élevé.

DailyMailMetro UK

La France va débuter les recherches sur le soldat augmenté
Le soldat augmenté – Regards croisés sur l’augmentation des performances du soldat

Guerres et soldats du futur (conférence en ligne)

Dans l’imaginaire collectif, les soldats du futur sont perçus comme augmentés par la technologie, tels des Robocops. Mais quelle est la réalité des évolutions en cours dans le domaine ? Et quelle en serait la véritable utilité ? Cette visioconférence, présentée par Michel Goya, militaire chevronné et historien spécialiste de l’innovation militaire, nous permettra d’y voir beaucoup plus clair. Elle répondra également à des questions essentielles : Qu’est-ce qu’un soldat ? Comment vit-il le combat ? Comment peut-il le gagner ? Et enfin, comment les guerres sont-elles en train de changer ?

Cette conférence d’une heure trente (en comptant les échanges entre le conférencier et le public) aura lieu en ligne. Il est nécessaire de s’inscrire afin d’obtenir le lien pour se connecter. Une fois votre billet pris, nous vous enverrons par mail toutes les informations liées à la connexion un peu avant l’événement.

Michel Goya est spécialiste de l’innovation militaire, de l’analyse des conflits, et du comportement au combat. Ancien colonel des troupes de marine, il a été déployé sur de nombreux théâtres d’opérations (Sarajevo, Rwanda, Centrafrique…) et a également été membre du cabinet du chef d’État-Major des armées. Par ailleurs docteur en histoire, il a beaucoup enseigné, notamment comme titulaire de la chaire d’histoire militaire de l’École de Guerre. Enfin, il a écrit de nombreux ouvrages tels que Sous le feu : la mort comme hypothèse de travail ou encore S’adapter pour vaincre : Comment les armées évoluent.

Détails
Date : 14 avril
Heure : 19 h 00 min – 20 h 30 min
Prix : Gratuit à 7€
Présenté par : Michel Goya
Inscription nécessaire pour obtenir le lien de connexion

La France va débuter les recherches sur le soldat augmenté

Un comité d’éthique du ministère de la défense a rendu un rapport qui autorise les forces armées françaises à lancer des recherches sur le thème du soldat augmenté. Créé à la demande de la ministre des Armées à la fin de l’année 2019, le Comité d’éthique de la défense est chargé d’apporter des éclairages sur les questions éthiques soulevées par les innovations scientifiques, techniques et leurs éventuelles applications militaires.

Le rapport examine les traitements médicaux, les prothèses et les implants corporels qui améliorent les capacités physiques, cognitives, perceptives et psychologiques, et pourraient permettre le suivi de la géolocalisation ou la connectivité à un système d’armes où à d’autres soldats. Où encore qui permettent d’améliorer les capacités cérébrales par stimulation cérébrale profonde.

Parmi les autres interventions possibles envisagées par le comité d’éthique figurent des traitements médicaux visant à prévenir ou à diminuer la douleur, le stress et la fatigue, ainsi que des substances qui amélioreraient la résistance mentale si un soldat était fait prisonnier.

Le comité a déclaré que la France doit maintenir “la supériorité opérationnelle de ses forces armées dans un contexte stratégique difficile” tout en respectant les règles régissant le droit militaire, le droit humanitaire et les “valeurs fondamentales de notre société”.

En conséquence, on a interdit toute modification dont on estime qu’elle est de nature à diminuer la maîtrise de l’emploi de la force, ou à provoquer une perte d’humanité ou encore qu’elle serait contraire au principe de respect de la dignité de la personne humaine. D’autres exemples de modifications interdites sont les implants cognitifs qui porteraient atteinte au libre arbitre d’un soldat, ou les changements qui affecteraient sa réintégration dans la vie civile.

La ministre des Armées, Florence Parly, a déclaré que les augmentations “invasives” telles que les implants ne font actuellement pas partie des plans militaires.

« Mais il nous faut être lucide, tout le monde n’a pas nos scrupules et c’est un futur auquel il nous faut nous préparer », a déclaré la ministre dans un communiqué de presse. « C’est un avis qui n’est pas gravé dans le marbre et qui sera régulièrement reconsidéré à l’aune des prochaines évolutions. »

La publication de ce rapport fait suite à une colonne d’opinion de John Ratcliffe, directeur du renseignement national des États-Unis, dans le Wall Street Journal, dans laquelle il a fait part de ses inquiétudes quant à la menace que représente la Chine pour les États-Unis et la démocratie mondiale, ainsi qu’à ses projets en matière de technologie militaire.

“Les renseignements américains indiquent que la Chine a déjà effectué des tests humains sur des militaires dans l’espoir de développer des soldats aux capacités biologiques améliorées”, a déclaré Ratcliffe.

L’ingénierie de neuroprothèses réactives et adaptables de demain

De nombreuses découvertes illustrent le progrès rapide en matière de prothèses de mains et de jambes, ainsi que des yeux, mais également des interfaces cerveau-machine.

WASHINGTON, DC 14-Nov-2017 – Si l’on en croit les études présentées aujourd’hui à Neuroscience 2017, la réunion annuelle de la Society for Neuroscience et la plus importante source mondiale d’informations émergentes relatives aux sciences du cerveau et de la santé, des prothèses perfectionnées de membres et des yeux ainsi que des interfaces cerveau-machine exploitent des circuits neuronaux existant afin d’améliorer la qualité de vie des personnes présentant ayant une déficience sensorielle.

Des millions de personnes à travers le monde sont incapables d’utiliser pleinement leurs corps ou leurs sens en raison d’une maladie, d’une blessure ou d’une amputation. Au mieux, les thérapies modernes et les prothèses ne rétablissent que partiellement la fonction. Au cours de ces 20 dernières années, les progrès de l’ingénierie biomédicale ont conduit au développement d’interfaces entres les dispositifs prothétiques, le système nerveux et les tissus humains, qui améliorent l’efficacité des dispositifs biomédicaux.

Les nouvelles découvertes d’aujourd’hui montrent que :

Les signaux neuronaux d’une moelle épinière extraite d’un rongeur peuvent contrôler les fibres musculaires disposées dans une boîte de Pétri, fournissant une nouvelle technique pour étudier comment le système nerveux dirige le mouvement (Collin Kaufman, résumé 781.11 voir le résumé ci-joint)

Un patient tétraplégique peut apprendre à adapter son activité neurale afin de maintenir le contrôle d’une interface cerveau-machine face à des défis techniques (Sofia Sakellaridi, résumé 777.06 voir le résumé ci-joint).

La restauration du sens du toucher par le biais d’une prothèse de main sur un membre amputé améliore la motricité, réduit la douleur du membre fantôme, et procure un sentiment d’appropriation de la main (Jacob Anthony George, résumé 642.04 voir le résumé ci-joint).

D’autres résultats récents abordés montrent que:

Une prothèse rétinienne entièrement organique, faite de couches de polymères photosensibles et de soie, a entraîné une activité cérébrale et un comportement associés à la vision chez des rats aveugles (Jose Fernando Maya-Vetencourt, 683.02 voir le résumé ci-joint).

Des implants cérébraux conçus pour fondre et ne laisser aucune trace

« Contrairement à de nombreuses thérapies pharmacologiques ou biologiques visant à aider les personnes souffrant de lésions ou de maladies neurologiques, les solutions d’ingénierie ont le potentiel pour une restauration immédiate et parfois de manière impressionnante » explique le modérateur de conférence de presse Leigh Hochberg du Massachusetts General Hospital, Brown University, et du Providence VA Medical Center, également expert en neurotechnologies. « C’est vraiment passionnant de voir l’avancement de la recherche en neuroscience fondamentale et en neuro-ingénierie au cours des dernières années, qui mène à la création de technologies qui aideront à réduire le fardeau des maladies neurologiques et psychiatriques ».

Cette recherche a été soutenue par des organismes de financement nationaux tels que les National Institutes of Health, ainsi que d’autres organisations publiques, privées et philanthropiques dans le monde entier. Pour en savoir plus sur les neuroprothèses et l’interface cerveau-machine, visiter le site BrainFacts.org.

La Society for Neuroscience (SfN) est une organisation qui réunit environ 37 000 scientifiques et cliniciens qui étudient le cerveau et le système nerveux.

Lire le communiqué de presse complet et étudier les résumés

Et si vous pouviez « voir » directement dans le cerveau d’une autre personne ?

traduction Virginie Bouetel

EurekAlert, Society for Neuroscience

Soldat augmenté : une combinaison de combat résiste aux explosions nucléaires

La combinaison de haute technologie de la Russie, développée par Rostec et appelée le Ratnik 3, a reçu une mise à niveau montrant une résistance aux explosions nucléaires. La combinaison comprend 59 autres caractéristiques de haute technologie pour créer une armure la plus avancée.

La dernière mise à niveau de la nouvelle armure comprend une montre anti-explosion nucléaire. Selon un communiqué publié par le bureau de presse, Oleg Faustov, concepteur en chef du Life Support System of the Soldier Combat Outfit at the Central Scientific Research Institute pour le génie des machines de précision, a déclaré : « La montre, que nous avons incluse dans l’équipement de combat Ratnik, est capable de résister à l’irradiation solaire et aux impulsions électromagnétiques, par exemple après une explosion nucléaire. Si un soldat est exposé à l’émission électromagnétique d’une bombe nucléaire, la montre continuera de fonctionner sans interruption.» La montre dispose également d’un mécanisme de remontage automatique, fonctionne sous l’eau et résiste à des conditions climatiques sévères (-40 à +50 ° C).

Étude prospective à l’horizon 2030 : impacts des transformations et ruptures technologiques sur notre environnement stratégique et de sécurité.

La combinaison du « soldat du futur » Ratnik comprend un exosquelette motorisé qui donnera plus de force et d’endurance aux soldats ; un gilet pare-balles ; une visière en verre teinté couvrant entièrement le visage et un casque équipé d’un affichage tête haute (HUD). Le poids de l’équipement de combat sera réduit de 30% lors de son utilisation sur le terrain. L’équipement comprend également des armes d’infanterie, des munitions, des moyens de communication et de navigation.

L’armée russe veut créer des exosquelettes militaires dirigés par le cerveau en 5 ans

Le Ratnik 3 devrait être prêt à être utilisé d’ici 2022.

Business Insider

Éthique sur le champ de bataille dans un futur proche

L’Homme augmenté, réflexions sociologiques pour le militaire

Étude prospective à l’horizon 2030 : impacts des transformations et ruptures technologiques sur notre environnement stratégique et de sécurité.

Pour la première fois, un document gouvernemental en matière de prospective technologique est réalisé par le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) pour penser les défis technologiques à venir auxquels nous serons confrontés et les ruptures stratégiques qui en découleront. Il vise à proposer des pistes de réflexion à l’ensemble des acteurs de la communauté stratégique française, voire alimenter le débat public dans une période où les questions de sécurité et de défense s’imposent au cœur des préoccupations.

A vocation pédagogique, cet exercice de prospective n’exprime pas de position officielle et ne correspond pas à une quelconque doctrine, livre blanc ou politique publique. Il reflète le point de vue de chercheurs et l’état des réflexions sur un ensemble de sujets. Le choix des thématiques résulte du travail de veille technologique réalisé par le SGDSN, en relation étroite avec le monde de la recherche. Il pourra être actualisé et augmenté par l’étude ultérieure d’autres sujets.

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Sommaire

Avant-propos
Introduction
Partie 1 : Des tendances qui se consolident
La défense antimissile balistique en 2030 : un système militaire mature au cœur des équilibres stratégiques
La démocratisation de l’accès à l’espace
Paix et guerre dans le cyberespace
La dissuasion, atout de puissance et facteur de paix
Terrorisme et menaces NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) : vers un terrorisme technologique ?
Frontières passoires ou frontières intelligentes
Partie 2 : ruptures technologiques – ruptures stratégiques
Les missiles et vecteurs hypervéloces, nouveaux déterminants des puissances ?
Militarisation et insécurisation de l’espace
La révolution de l’impression 3D
La biologie de synthèse : un saut dans l’inconnu
Comment les neurosciences vont-elles transformer la guerre ?
La cryptographie est-elle à l’aube de la révolution quantique ?
Le champ de bataille « 3.0 » : intelligence artificielle, robots, nanotechnologies et armes à énergie dirigée sous l’uniforme


Extrait : Comment les neurosciences vont-elles transformer la guerre ?

L’impact potentiel des neurosciences sur la manière de faire la guerre est identifié et de nombreuses recherches sont en cours. Essentielles en termes de santé, ces avancées vers « l’homme augmenté » sont parfois déroutantes au plan militaire et éthique. La France et l’Europe doivent les prendre en compte pour maintenir leurs capacités de défense pour la guerre du futur, identifier les priorités afin de ne pas disperser moyens et financements et se préparer à créer les conditions d’une modération des acteurs et d’un encadrement international.

De formidables avancées susceptibles d’intéresser la défense

Les stratégies et méthodes permettant d’étudier le fonctionnement cérébral ou de modifier les capacités cognitives sont de natures très diverses, impliquant à la fois des technologies non-invasives ou invasives. Des avancées récentes en matière d’imagerie cérébrale, de techniques de neuromodulation ou d’interfaces cerveau-machine ouvrent de nouvelles perspectives à plus ou moins long terme.

Pour les forces armées, les recherches actuelles dans le domaine des neurosciences, si elles aboutissent, pourraient participer à la réalisation de plusieurs objectifs, comme :

– la préservation de la santé et de la sécurité des opérateurs militaires ;
– le maintien, voire l’amélioration de leurs performances, notamment en matière d’endurance, de capacités sensorielles, de réactivité, de productivité, de créativité ou encore de résistance au stress.

Ces applications auraient une incidence directe sur les performances individuelles et la capacité opérationnelle.

Parmi les axes de recherche qui suscitent également un intérêt – et soulèvent autant d’enjeux éthiques et sociétaux – figurent l’exploitation des connaissances et technologies relevant des neurosciences, en particulier des techniques d’imagerie cérébrale fonctionnelle, en vue d’évaluer la véracité des informations obtenues lors d’un interrogatoire ou même de déterminer le degré de responsabilité d’un individu, notamment dans le cadre d’expertises judiciaires ou dans le domaine du renseignement.

L’Homme augmenté, réflexions sociologiques pour le militaire
Éthique sur le champ de bataille dans un futur proche
Augmentation des performances humaines avec les nouvelles technologies : Quelles implications pour la défense et la sécurité ?

Les applications potentielles des neurosciences pour les forces armées, dont certaines restent à l’heure actuelle très hypothétiques, comprennent :

– le suivi médical individuel des combattants, par exemple la surveillance de l’évolution de la vigilance ou du niveau de stress ;
– la prise en charge médico-psychologique, avec notamment la possibilité de restaurer une fonction après une atteinte à l’intégrité physique, voire psychique (commande de dispositif prothétique, perception de sensations recréées, restauration des souvenirs, etc.) ;
– l’amélioration de la formation et de l’entraînement, y compris en cas de stress ;
– l’amélioration des performances physiques et sensorielles des combattants ;
– le guidage à distance de systèmes d’armes, tels que des robots, des drones ou un exosquelette, par une interface cerveau-machine ;
– l’amélioration des performances cognitives des opérateurs et des combattants, en particulier dans un environnement complexe et avec des sollicitations multiples ;
– l’obtention et l’évaluation d’informations à des fins de renseignement ;
– la mise en réseau de capacités cérébrales afin de pouvoir combiner des compétences individuelles.

Le nouvel exosquelette des Forces Spéciales « Iron Man » arrête les balles avec une armure liquide
Robotisation des armées : « Il y a un début de fuite en avant dans certains pays »
Réalité augmentée pour les forces armées
Le nouveau programme de la DARPA envisage de stimuler vos nerfs pour l’auto-guérison

S’ils se concrétisent, certains développements pourraient être à l’origine de profonds bouleversements dans les prochaines décennies, sans qu’il ne soit encore possible de déterminer toutes les conséquences au niveau individuel, sociétal ou international. En effet, outre la restauration des capacités, il devient désormais envisageable de pouvoir altérer de façon ciblée des fonctions cognitives telles que la mémorisation ou le processus de prise de décision, en les améliorant ou en les dégradant, voire peut-être un jour de modifier ou créer des souvenirs ou encore d’accéder aux pensées d’un individu. Ces évolutions imposent d’engager une réflexion approfondie sur les questions éthiques, sociétales, juridiques et médicales afférentes, en fonction des applications, qu’elles soient civiles ou militaires, et du contexte d’emploi. Elles soulèvent des questions quant aux conséquences en termes de dignité humaine et de respect de la vie privée, mais aussi de risques d’atteinte à l’identité personnelle et à l’autonomie. En interférant avec les fonctions cognitives, ces avancées s’accompagnent ainsi d’une possible remise en cause des notions de libre arbitre ou de responsabilité individuelle, telles qu’elles sont traditionnellement appréhendées. Enfin, il convient de considérer les risques de détournement à des fins malveillantes.

Les scientifiques ont repéré le circuit cérébral qui pourrait aider à effacer la peur
Interfaces cerveau-ordinateur : des fonds militaires pour contrôler les sentiments
Une manipulation de neurones spécifiques aide à effacer les mauvais souvenirs et améliorer les bons
José Delgado et ses dispositifs de contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau

Au-delà de l’état actuel des connaissances sur le cerveau et son fonctionnement, la complexité de la problématique est aussi liée à l’interdépendance fonctionnelle avec l’environnement physique et social. Que la modification soit recherchée ou secondaire, il peut y avoir atteinte à l’intégrité physique ou psychique des individus. Sans même chercher à dégrader certaines capacités, il existe un risque que l’amélioration de fonctions cognitives spécifiques se fasse au détriment d’autres. La question de la réversibilité des effets doit également être posée. Il faut de plus considérer la problématique de l’acceptabilité individuelle mais aussi sociétale.

La sécurité des équipements médicaux implantables fait déjà partie des préoccupations majeures pour les acteurs du secteur de la santé. En plus des risques de dysfonctionnement, la vulnérabilité aux cyber-attaques de certains systèmes représente donc une crainte légitime, en particulier s’agissant de ceux qui sont connectés et reçoivent et/ou transmettent des flux de données à distance, et ce d’autant plus s’ils sont invasifs. En prenant pour exemple les travaux de recherche en cours portant sur le développement d’un implant neuronal qui pourrait remplacer les dispositifs externes de réalité virtuelle, des informations altérées pourraient par exemple être transmises directement au niveau du cortex visuel.

A l’horizon 2030, un soutien financier substantiel à des programmes de recherche innovants aura permis d’obtenir des résultats concrets, avec une transition réussie de la recherche fondamentale à des applications concrètes de façon générale mais aussi a posteriori dans les forces armées. Dans le même temps, les recherches relevant des neurosciences bénéficieront des approches collaboratives et interdisciplinaires, permettant la levée de verrous technologiques. « L’homme augmenté » sera en passe de devenir une réalité.

Les États-Unis, comme la Chine, auront investi massivement dans ce domaine. Malgré de fortes réticences au sein de la société civile et d’organisations non gouvernementales, voire du Comité international de la Croix-rouge, certains systèmes innovants seront déployés et opérationnels au sein des forces armées américaines et vraisemblablement, de façon plus limitée, de celles d’autres pays comme la Chine, de la Russie ou Israël. A ce stade, il s’agira principalement :

– d’implants destinés à augmenter l’acuité visuelle ou auditive ;
– de dispositifs d’électrostimulation cérébrale pour les opérateurs exerçant en environnement complexe ;
– d’interfaces cerveau-machine permettant soit d’utiliser des exosquelettes afin d’augmenter les capacités locomotrices, soit de piloter des drones ou des robots pour le déminage des engins explosifs improvisés (IED) ;
– d’outils d’aide aux interrogatoires à des fins de renseignement.

Quand les cyborgs et les chrétiens se compromettent

La droite religieuse s’accorde avec le transhumanisme.

Mais les fidèles s’inquiètent encore de l’avenir de l’humanité.

En août, Steven Sanchez, un homme paraplégique, a été amené sur scène lors de la conférence Human x Design à New-York, un rassemblement des leaders mondiaux de la pensée transhumaniste. L’homme ne pouvait pas marcher, mais il portait un exosquelette curieux, mince et délicat. Avec un vrombissement mécanique, l’homme se leva et fit un pas à travers la scène. (voir à 05:16:20 de la vidéo à la fin de l’article)

credit: Suits

“Le souffle de tout le monde a été emporté”, a déclaré E. Christian Brugger, professeur de philosophie et d’éthique au Séminaire théologique de St. John Vianney à Denver. Brugger était à la réunion représentant une école conservatrice de la pensée – celle qui semblerait être en contradiction avec le projet transhumaniste, fondée sur l’idée de la ré-invention. Brugger est bien conscient que la religion n’a pas rencontré historiquement des ajustements technologiques et scientifiques à la définition de l’humanité avec les bras ouverts, mais dit qu’un paraplégique qui marche, illustre comment la conversation autour du transhumanisme pourrait potentiellement finir à une compréhension mutuelle.

Une récente étude du Pew Research Center a sondé plus de 4 700 Américains sur leurs réflexions de l’utilisation de la biotechnologie pour améliorer les capacités humaines, et les résultats ont révélé un pays dévasté par le scepticisme et la peur. Environ 68 % des adultes étaient « inquiets » sur l’utilisation de l’édition de gènes pour réduire le risque de maladie chez les bébés, 69 % ressentaient de manière similaire au sujet des implants cérébraux – ou « puce électronique cérébrale » (également appelés « BrainChips » ou « Brain implant » en anglais) pour améliorer les capacités cognitives et 63 % ressentaient la même chose sur l’utilisation de sang synthétique pour améliorer ses capacités physiques.

Et peut-être le plus surprenant, la fracture religion-science a été soulignée dans l’analyse de Pew. Les Américains religieux étaient plus susceptibles de répondre négativement à l’amélioration humaine, une intervention qu’ils étaient susceptibles de classer comme “ingérence avec la nature”.

Brugger est non seulement compatissant à cette idée, mais aussi à la notion que des solutions radicales peuvent être bonnes. Il identifie l’intersection des valeurs fondamentales de la droite religieuse avec le transhumanisme comme « l’utilisation thérapeutique de la biotechnologie ». Il est profondément conscient que les transhumanistes aiment parler d’idées abstraites qui dérangent les chrétiens observateurs tout en créant des technologies qui ne le sont pas.

“Peut-être que ce devrait être le point de départ de la conversation, plutôt que de commencer avec le téléchargement de nos esprits dans le cloud, de sorte que nous sommes dans un monde désincarné”, dit-il.

Des questions comme l’avortement, la consommation de drogues, l’édition de gènes et le clonage ont élargi le schisme souvent apparent entre les communautés scientifiques et religieuses. L’accusation portée contre les scientifiques par ceux qui s’opposent à leur travail est souvent qu’ils “jouent à Dieu”, repoussant les limites de quelles parties de notre corps sont moralement acceptables pour nous de manipuler.

“Dans l’impératif « si nous pouvons le faire, alors nous devrions le faire », ils entendent un chuchotement de la tentation originale”, dit Brugger des religieux luddites . “Faites-le, et vous serez comme Dieu.”

Les gens religieux, explique-t-il, s’inquiètent d’un avenir où les humains se préoccupent de se métamorphoser en “quelque chose d’autre que l’humain“. Et pour être juste, leurs préoccupations concernant le transhumanisme, mouvement fondé sur l’idée d’une surhumanité, sont compréhensibles. Il est facile de voir que des personnalités comme Zoltan Istvan, un tiers candidat à la présidentielle qui voyage à travers le pays dans un bus en forme de cercueil pour une prolongation de la vie infinie, et Neil Harbisson, un «cyborg activiste daltonien» qui a un dispositif implanté dans son crâne qui lui permet d’entendre la couleur, jouent très bien les faux prophètes. Si leurs projets exponentiellement ambitieux et éthiquement ambigus sont l’avenir du mouvement transhumaniste, la réconciliation avec la droite religieuse semble improbable.

Mais il n’est pas impossible d’imaginer un avenir où le transhumanisme et la religion peuvent coexister, affirme Micah Redding, directeur exécutif de l’Association chrétienne transhumaniste, qui croit que ce n’est pas la technologie elle-même qui est en désaccord avec l’ensemble religieux, mais les raisons que nous donnons pour la développer. “L’extension de la vie est simplement le processus de guérison du corps humain”, a déclaré Redding à Inverse. “Quiconque soutient la médecine devrait, en théorie, être en mesure de soutenir l’extension radicale de la vie.”

Après tout, nous avons toujours utilisé la technologie pour améliorer la qualité et la durée de vie. Voilà quels sont les outils. La Bible ne nous exhorte pas à ignorer notre propre impuissance – au contraire.

“Nous portons des lunettes, des lentilles de contact, des implants cardiaques, des implants dentaires, toutes ces choses ont cours depuis des générations”, a déclaré Redding, soulignant qu’aucune de ces technologies n’ont jamais été considérées en contradiction avec le christianisme. Pourquoi alors, devrions-nous traiter le sang intelligent – qui promet d’améliorer nos capacités physiologiques – ou une puce informatique – qui pourrait améliorer notre intelligence – différemment ?

Redding soutient que prolonger la vie est un mandat biblique, commandé par l’appel à imiter un Dieu qui croit que la vie est bonne. «Tout comme Dieu crée et cultive la vie, il veut que nous créions et cultivions la vie», dit Redding.

Les transhumanistes ont des raisons de croire que nous sommes à l’aube du moment révolutionnaire du mouvement : l’édition génique basée sur CRISPR a le potentiel de créer un “Homo futurus” plus fort et plus intelligent; la cryogénisation tient la promesse d’une immortalité congelée; la science commence à se replier sur la robotique et l’intelligence artificielle pour améliorer nos activités quotidiennes. Pour les adeptes de la marque particulière du Christianisme de Redding, il serait moralement irresponsable de ne pas utiliser ces outils.

La réponse unanime de la foule à l’égard du paraplégique Steven Sanchez (pilote d’essai de l’exosquelette Phoenix) lors de la conférence Human x Design était la preuve que l’augmentation humaine peut provoquer un sentiment de contentement nous sommes tous moralement d’accord avec. Un homme paralysé, fusionné à un exosquelette, qui retrouve la capacité de marcher, ne doit pas être un exemple de notre défi à l’omnipotence de Dieu ou de notre audace effrontée/imprudente de faire des choses parce que nous le pouvons. Si nous voulons vivre dans un monde dans lequel la crainte de Dieu et l’étreinte de la longévité peuvent vivre ensemble, il devrait être considéré, tout simplement, comme un homme qui était autrefois malade et qui maintenant ne l’est plus.

Yasmin Tayag pour Inverse, le 25 sept. 2016

L’armée canadienne test des genouillères bioniques

Spring Loaded Technologies

Spring Loaded Technology, basé à Halifax, a annoncé la livraison des 60 premières genouillères « Upshot » pour l’armée canadienne afin de les tester. Cette technologie permet aux soldats de facilement soulever 100 livres (environ 45 kg), d’optimiser leurs performances et éviter les blessures.

Communiqué de presse

L’entreprise fournit le Canadian Department of National Defence avec des genouillères bioniques

HALIFAX, NS – 16 juillet, 2016 – Spring Loaded Technology annonce avoir complété sa livraison initiale de 60 genouillères bioniques Upshot au Department of National Defence dans le cadre de son contrat de 1M$ (CAD) reçu en vertu de Build in Canada Innovation Program avec l’armée canadienne comme département d’essais. Assez puissant pour aider  à soulever plus de 100 livres (environ 45kg) de poids corporel lorsqu’elle est portée sur les deux genoux, les genouillères de qualité militaire utilisent une technologie de ressort liquide qui absorbe les chocs et réduit l’impact sur les genoux des soldats. A la suite de l’achèvement complet de son contrat, Spring Loaded Technology aura fourni un total de 190 genouillères aux militaires canadiens pour les tester sur le terrain.

Les tests des genouillères Upshot seront supervisés par le Major Edward Jun du Directorate of Land Requirement. Major Jun et son équipe mettront à l’épreuve les genouillères au travers d’essais rigoureux pour démontrer l’intégration des UpShot avec  l’équipement des soldats.

« UpShot de Spring Loaded Technology promet de réduire la fatigue musculaire, d’augmenter la force et les performances, et de se protéger contre les blessures du genou – ce sont de grand avantage pour les soldats pour manipuler de grosses charges et des terrains accidentés. Les armées modernes dans le monde sont confrontées à des facteurs humains et défis similaires, dans le fait que nous demandons aux soldats de transporter plus d’équipement pour atteindre une plus grande capacité au cours des missions. Dans un même temps, les avancées technologiques en matière de sciences des matériaux ont atteint un palier dans la réduction du poids de l’équipement des soldats tels que les casques, les gilets pare-balles et les armes portatives. “Essayer une technologie à la pointe nous aidera à combler l’écart entre l’efficacité des soldats sur le champ de bataille et leur capacité à supporter des charges lourdes avec leur propre force”, a déclaré le Major Jun. « Nous sommes impatients de voir comment cela fonctionne dans des conditions de terrain, et dans les centres d’entraînements à travers le pays. »

The Upshot knee brace (Screengrab via Spring Loaded Technologies video)

Spring Loaded Technology a aussi créé une version commerciale de la qualité militaire UpShot, la Levitation Knee Brace. A la différence d’autres genouillères sur le marché, la Levitation Knee Brace améliorent la force, la mobilité et l’endurance en stockant l’énergie quand les jambes fléchissent et renvoyant cette énergie quand celles-ci se redressent. Actuellement disponible en pré-commande sur le site de Spring Loaded Technology (2,380 $ CAD), les livraisons aux consommateurs commenceront d’ici septembre 2016.

« Bien qu’UpShot soit conçu pour résister à des impacts militaires extrêmes et d’accélérer la réhabilitation des soldats blessés, les genouillères Levitation aideront les consommateurs à utiliser une technologie similaire dans leur vie de tous les jours », a déclaré Chris Cowper-Smith, PDG de Spring Loaded Technology. « Avec une puissance de sortie similaire à ce que l’on retrouve dans des exosquelettes motorisés à $100,000, ce sont les premières genouillères du genre qui peuvent aider les personnes lambda à s’accroupir, marcher ou à sauter sans douleurs. »

A propos de Spring Loaded Technology

Spring Loaded Technology est une compagnie primée basée à Halifax, Nouvelle-Écosse, ayant conçu une toute nouvelle technologie fortifiant le genou pour améliorer la force et la puissance des muscles de la jambe. En augmentant la force des jambes, leur technologie peut être utilisée dans une large variété d’applications incluant : l’assistance à la mobilité, la réduction de la fatigue, la prévention des blessures, la réhabilitation des blessures, et l’amélioration des performances. La société a été fondée en 2012.

A propos du Build in Canada Innovation Program (BCIP)

Le Build in Canada Innovation Program (BCIP) vise à rendre les fournisseurs Canadiens plus concurrentiels et accroître leur contribution à l’économie. Ce programme finance l’acquisition de nouveaux produits et services innovants pour des essais par des départements du gouvernement dans des environnements du monde réel. Les innovations sont évaluées et deviennent pré-qualifiées pour des contrats potentiels parle biais d’un processus concurrentiel de propositions.

traduction Thomas Jousse

Bouleversements à venir

Extrait de : Pour une présidentielle sous le signe des NBIC, par Laurent Alexandre, LesEchos.fr, le 23 mai 2016

Le prochain quinquennat devra être celui de l’orientation technologique des politiques publiques à toute échelle et pour tous les citoyens. La France ne peut plus sous-estimer les effets et les turbulences engendrés par la convergence NBIC. La montée en puissance de l’intelligence artificielle et de la robotique n’impactera pas seulement les joueurs de Go, mais bien l’ensemble des acteurs économiques de la nation. Aucun secteur, aucun écosystème ne pourra faire l’économie d’une adaptation rapide aux mutations technologiques. La révolution NBIC va modifier en profondeur le marché du travail, la finance, l’industrie, l’économie, la santé publique, l’éducation, la recherche et la défense nationale.

Chaque ministère du futur gouvernement devra accompagner et gérer des ruptures technologiques qui détruiront les consensus et les équilibres traditionnels. Face à ces ruptures, la France doit mener un combat exemplaire pour s’adapter. Il faut désormais que les candidats s’interrogent et nous interrogent sur l’avenir technologique de la Nation : allons-nous subir la révolution des NBIC ou au contraire, agir et profiter de ses innovations et du développement économique qu’elle entraîne ? C’est finalement la question principale qui devrait guider la rédaction d’un programme politique pour 2017.

La société civile, quant à elle, ne peut plus rester à l’écart de l’action politique. Ils contribueront au succès de la Nation, ou à son déclin, s’ils ne sont pas entendus par le pouvoir.