La transmutation posthumaniste – Critique du mercantilisme anthropotechnique

Animal politique et corps de chair, la personne humaine va-t-elle être remplacée par le transhumain génétiquement modifié, le cyborg au métacorps augmenté, l’humanoïde branché sur des réseaux d’intelligence artificielle, le mutant hybride à très longue durée ? Sommes-nous à l’aube d’une rupture anthropologique majeure provoquée par l’application mercantile des biotechnologies et des neurosciences sur l’ensemble du vivant ?

Avec l’expansion mondiale des marchés dérégulés de la naissance artificielle (FIV, PMA, GPA), des modifications corporelles profondes (transgenrisme, chirurgies de biodesign), des “objets intelligents” bioconnectés (implants de puces radio-identification) ou des médecines de dépassement de l’humain (dopage, sélection génétique, clonage), la transmutation posthumaine, largement financée par les géants de l’industrie cybernétique, sort des romans de science-fiction pour investir les corporéités singulières mais aussi les corps sociaux et politiques.

Quatorze auteurs issus de différents champs disciplinaires mènent dans cet ouvrage des réflexions critiques sur l’anthropotechnie qui bouleverse le monde de la vie.

Isabelle Barbéris (agrégée de lettres modernes), Michel Bel (philosophe), Jean-François Braunstein (philosophe), Paul Cesbron (gynécologue-obstétricien), Denis Collin (philosophe), Anne-Lise Diet (psychanalyste), Emmanuel Diet (philosophe et psychanalyste), Christian Godin (philosophe), Aude Mirkovic (juriste), Isabelle de Montmollin (philosophe), François Rastier (linguiste), Pierre-André Taguieff (philosophe et politiste), Patrick Tort (philosophe et historien des sciences), Thierry Vincent (psychiatre et psychanalyste).

L’Homme artefact : Indistinction des sexes et fabrique des enfants

Procréation médicalement assistée ouverte à toutes les femmes, gestation pour autrui légalisée dans de nombreux pays, recherches actives sur l’ectogenèse (utérus artificiel, membrane cybernétique, etc.) sont autant de preuves d’une volonté d’enfanter en désexualisant la vie sexuelle et en déréalisant le corps.

Pour en arriver à fabriquer des bébés comme des artefacts, il faut théoriser l’indistinction de la sexuation humaine. Or, la prolifération des transidentités – transsexuels, transgenres, transhumains – témoigne d’une véritable crise des appartenances sexuelles. Ni homme ni femme, et homme et femme, non-binaire, queer ou cyborg, les “transidentitaires” qui grossissent les rangs des groupes LGBTIQ entendent mettre fin à la domination du “mâle blanc hétérosexuel” par la “dénégation mythifiante des deux sexes” (Devereux).

Les conséquences biopolitiques d’une déconstruction techno-médicale ou performative de l’altérité des sexes sont multiples. Elles posent le grave problème de la naissance et de l’avenir de la personne humaine.

Entretien avec Fabien Ollier

→ Greely a exploré les implications juridiques, éthiques, et sociétales des biotechnologies émergentes dans un nouveau livre : « The end of sex and the future of human reproduction » (Harvard University Press, 2016), qui envisage un monde où la procréation ne commence plus dans la chambre à coucher, mais plutôt dans une boîte de Pétri d’une clinique médicale.

L’ère du sexe pour la reproduction touche à sa fin

L’ère du sexe pour la reproduction touche à sa fin

Henry T. Greely est directeur du Center for Law and Biosciences de l’Université de Stanford, ainsi que de son programme sur les neurosciences et la société. Manifestement, le type en sait quelque chose sur la technologie et sur son rôle dans la vie des gens – et il prédit maintenant que les progrès technologiques feront un jour du sexe à des fins de reproduction une chose du passé.

“Ma prédiction la plus forte est que dans l’avenir, les gens auront toujours des rapports sexuels – mais plus rarement dans le but de faire des bébés”, a déclaré Greely, qui a publié un livre intitulé “The End of Sex and the Future of Human Reproduction”, à la BBC. “Dans 20 à 40 ans, la plupart des gens dans le monde qui auront une bonne couverture médicale choisiront de concevoir en laboratoire.”

Sommes-nous à vingt années des bébés personnalisés ?

Au cours des quatre décennies qui ont suivi la naissance du premier “bébé éprouvette”, plus de 8 millions de personnes sont nées par fécondation in vitro.

Aujourd’hui, les parents qui produisent certains de ces enfants choisissent de soumettre leurs embryons fécondés à un diagnostic génétique préimplantatoire (DPI) avant leur transfert dans l’utérus. Il s’agit de prélever des cellules sur les embryons pour voir si un enfant hériterait de gènes problématiques de ses parents.

Le DPI permet aux parents de n’utiliser que des embryons sans problème pour la FIV et, selon Greely, une fois qu’ils seront plus abordables et disponibles, de nombreux parents choisiront le DPI plutôt que de recourir au mode traditionnel de la reproduction.

“Comme la plupart des sujets, il y aura d’abord une certaine quantité de réactions viscérales négatives”, a-t-il dit à la BBC, avant d’ajouter que l’acceptation par le public interviendrait dès que les parents se rendront compte que les enfants nés avec le DPI ne naissent pas avec “deux têtes et une queue”.

BBC

L’avenir du sexe : comment se transforme l’intimité

Produire ou se reproduire ?

Vivons-nous les dernières générations d’une reproduction à l’ancienne, dite naturelle ? D’ailleurs, peut-on seulement se « reproduire » ? Existe-t-il un lien entre notre civilisation du marché et de la performance et l’évolution rapide de la médicalisation de la procréation dans toutes les sociétés développées de la planète ? La sacralité, attribuée autrefois de manière inconsciente à la succession des générations, pourrait bien succomber sous les impératifs de la rentabilité à tous crins.

Les biotechnologies sont là et elles se fécondent les unes les autres. Homo sapiens est « addict » de la maîtrise et celle de sa reproduction n’échappera pas à son ingéniosité. Au début pour de bonnes raisons, bien médicales et bien justifiées : éviter par exemple la transmission d’une maladie héréditaire, puis pour de moins bonnes raisons : améliorer les performances intellectuelles et sportives des humains.

Sommes-nous à vingt années des bébés personnalisés ?

À l’heure où des laboratoires de biologie de la reproduction sont en train de fabriquer des ovules à partir des cellules de peau d’un homme et vice versa, à l’heure du copier-coller efficace et précis sur le génome et au moment où les États rivalisent d’ingéniosité pour disposer des meilleurs cerveaux et augmenter le nombre de leurs brevets pour mieux dominer le monde, tout concorde pour qu’on puisse prédire que les découvertes n’auront pas le temps de refroidir avant d’être essayées voire mises en œuvre.

La reproduction pourrait donc se voir assignée à efficience par les règles de la production et du marché. Bien se reproduire pour fabriquer de bons producteurs et reproducteurs.

Les humains génétiquement modifiés arriveront plus tôt que vous ne le pensez. Et nous ne sommes pas prêts.

Ces thèmes sont dérangeants et c’est bien pourquoi le Forum Européen de Bioéthique décide cette année de s’en emparer en invitant les meilleurs spécialistes français et européens pour nous expliquer simplement où nous en sommes de ces découvertes et ce qu’il y a dans les cartons des chercheurs. Prendre le temps de comprendre pour appliquer notre jugement individuel à ces perspectives qui concernent nos enfants et nos petits-enfants ne nous donnera pas forcément le pouvoir de modifier l’avenir. Mais que peut-on espérer de mieux d’une société que la lucidité devant ce qui se profile pour son propre avenir ?

Prev 1 of 2 Next
Prev 1 of 2 Next

Vous pouvez maintenant choisir la couleur des yeux de votre bébé

Une clinique de fertilité en Californie laisse les futurs parents choisir la couleur des yeux de leur futur bébé. Selon le Wall Street Journal, la clinique Fertility Institutes utilise la même technologie que celle utilisée pour tester les embryons pour des maladies génétiques afin de dépister la couleur de leurs yeux. Les parents peuvent alors choisir d’implanter que les embryons les plus susceptibles de produire une progéniture avec la couleur des yeux de leur choix.

Choisir la couleur des yeux d’un enfant à naître est une zone grise morale qui pourrait mener à d’autres pratiques eugéniques adjacentes. Aujourd’hui, une clinique peut offrir aux parents un choix de couleurs pour les yeux, mais demain, ils pourraient avoir la possibilité de contrôler les embryons pour déterminer la couleur des cheveux, la taille, l’intelligence et bien d’autres traits.

Qui décidera si la création de ces « bébés à la carte » est éthique ?

The Wall Street Journal, Fertility Institutes

PMA-GPA et bioéthique en France

Les débats font rage en France au sujet de l’ouverture de la PMA aux femmes seules et aux femmes homosexuelles. Cela fait bien 50 ans que la réglementation française touchant à l’institution familiale se libéralise au profit de l’autonomie de l’individu : plus d’autonomie pour les femmes vis-à-vis des maris et des pères, divorce par consentement mutuel, autorité parentale partagée pour les couples… L’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes seules doit figurer dans la prochaine révision de la loi de bioéthique présentée avant la fin de cette année. Le projet de loi sera ensuite débattu au Parlement début 2019.

Le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) a donc publié son avis n° 129 à la révision de la loi de bioéthique. Si elle ne touche pas (encore) à la GPA et à l’euthanasie, la contribution multiplie les transgressions au sujet de la PMA. Ce mardi 25 septembre 2018, le CCNE a donné un second avis favorable (comme il s’y était engagé juin 2017) à l’extension de la PMA à toutes les femmes, c’est-à-dire aux couples de femmes et aux femmes seules pour « pallier une souffrance induite par une infécondité résultant d’orientations personnelles ». La levée de l’anonymat des futurs donneurs de sperme, avec leur autorisation, est parallèlement défendue par le comité. Le CCNE s’oppose à la GPA au nom du « respect de la personne humaine, refus de l’exploitation de la femme, refus de la réification de l’enfant, indisponibilité du corps humain et de la personne humaine ».

Quelques innovations sont également présentes : une ouverture à l’auto-conservation des ovocytes c’est-à-dire le prélèvement des ovocytes, leur vitrification puis leur conservation pour pouvoir les utiliser au moment choisi par la femme. Ou encore la PMA post-mortem soit le « transfert in utero d’un embryon cryoconservé après le décès de l’homme ». Charmant. Le Comité libéralise également la recherche d’aneuploidies (trisomies 21, 18 et 13) dans le cas de fécondations in vitro avec diagnostic pré-implantatoire, de même que les études scientifiques et les modifications génétiques sur l’embryon (sur les surnuméraires issus de PMA) tant qu’il n’y a pas ensuite transfert de l’embryon vers un utérus. Il s’interroge également sur la nécessité d’inscrire les deux critères de « finalité médicale » et « d’absence d’alternative à la recherche » dans la loi.

De plus, le CCNE propose que la recherche sur les embryons et celle sur les cellules souches embryonnaires n’aient plus le même régime juridique, « ouvrant la voie à de nombreuses manipulations sur l’humain » selon Génèthique, premier site francophone d’actualité bioéthique. L’interdiction de création d’embryons à des fins de recherche est tout de même conservée, comme celle des embryons transgéniques en vue d’une implantation ou encore celle des embryons chimériques insérant des cellules humaines dans un embryon animal [processus déjà enclenché dans d’autres pays cf. Géopolitique Profonde n°6, juillet-août 2018, p.23, 24]. La limite temporelle de culture de l’embryon reste fixée à 14 jours, mais la note demande des précisions sur cette limite qui n’a jamais reçu de justification scientifique.

Nous pouvons d’ores et déjà constater que la révision régulière des lois bioéthiques amène n’importe quelle idée à devenir finalement légitime avec le temps d’une propagande bien dosée. « Le CCNE se condamne ainsi à n’être qu’une caisse enregistreuse des évolutions sociétales ». Par ailleurs, « on peut également s’interroger sur les priorités d’un gouvernement qui rogne sur le remboursement de certains actes médicaux, d’une part, et qui pourrait, d’autre part, légaliser des opérations médicales pour des femmes qui ne sont pas malades… ».

Les limites de la PMA

Pour défendre l’ouverture de l’accès de la PMA, certains arguments du CCNE peuvent être rationnellement rejetés. Par exemple, selon la journaliste Charlotte d’Ornella, l’argument de la « discrimination » ne tient pas, car les questions bioéthiques cruciales du statut de l’embryon humain, de la question du tiers donneur et des origines de l’enfant, sont valables pour tout demandeur (femme seule, couple stérile, homosexuel, hétérosexuel…). D’ailleurs, le Conseil d’État a récemment invalidé cet argument : « les couples formés d’un homme et d’une femme sont, au regard de la procréation, dans une situation différente de celle des couples de personne de même sexe ». La PMA élargie ajoute en plus l’institutionnalisation de l’absence de père en violation de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant qui stipule que ce dernier a « dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d’être élevés par eux ».

En France, seulement quelques centaines d’hommes (255 en 2015) acceptent de donner leur sperme. Avec l’ouverture de la PMA, l’offre de gamètes actuelle ne peut répondre à un accroissement du procédé, car il manque actuellement 300 dons de spermatozoïdes par an à destination des couples infertiles. De plus, il faut attendre entre un et deux ans pour bénéficier d’un don. La levée de l’anonymat des donneurs va très probablement décourager ce nombre déjà très faible de volontaires. Le délai d’un à deux ans pour bénéficier d’un don risque de s’allonger. L’arrivée de la rémunération des donneurs à l’anglo-saxonne sera probablement la seule solution pour débloquer cette situation. Le risque d’inceste associé au don de masse de gamètes sera à signaler à ce moment-là.

Au niveau santé et bien-être, un manifeste de 1760 médecins, dont 100 gynécologues, 80 psychiatres, 80 pédiatres, 750 généralistes jugent que l’enfant sera la première victime de la « PMA pour toutes ». Selon eux, « rien ne justifie, pas même le désir naturel d’enfant chez une femme, que les médecins prêtent leur concours à la “fabrication” d’enfants privés volontairement de père et de racines paternelles. Nous savons bien que ces enfants souffriraient tôt ou tard de séquelles psycho-affectives ».

Selon une récente étude suisse disponible dans la revue de l’American College of Cardiology, le risque d’hypertension est six fois plus élevé chez les enfants conçus par PMA. D’autres études faites sur des enfants issus de PMA relèvent que leurs fragilités cardiovasculaires sont plus nombreuses. En plus d’un taux d’échec élevé (la PMA ne permet qu’à un couple infertile sur deux de devenir parent) et peu mis en avant, la prématurité (deux fois plus importante que dans une grossesse naturelle) et les bébés en sous-poids à la naissance sont plus courants lors de PMA. Des facteurs favorisant également les maladies cardiovasculaires et le diabète de type II à long terme.

Rappelons-nous que le gouvernement Hollande hésitait déjà à démocratiser la PMA lors de l’arrivée du mariage homosexuel de 2013. En parlant de démocratie, les oppositions ont été tellement virulentes dans toutes les strates de la société face à l’ouverture du mariage pour tous que le sujet de la PMA n’a plus été abordé par le gouvernement de l’époque, le temps que cela se tasse. Cinq ans plus tard, nous y sommes. La GPA mettra sûrement plus de temps à arriver en France, mais suivra le même processus. Au nom de l’égalitarisme abstrait et de la concurrence juste et mieux réglementée que les GPA faites à l’étranger dans de mauvaises conditions, une GPA propre et made in France émergera inéluctablement s’il n’y a pas une (réelle) rupture politique d’ici là. Sur l’extension de la PMA à la GPA, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, répond que « ce n’est absolument pas la même problématique, arrêtons de tout mélanger ! ». Et bien si, nous allons faire l’amalgame en observant les pays plus avancés sur ces questions de procréation à la demande.

Bioéthique : Priver un enfant de son ascendance, c’est le mutiler

La GPA est en réalité effective en France

« Dans tous les pays où la GPA est autorisée, on n’a jamais vu une femme riche porter l’enfant d’une femme pauvre » souligne très justement Marie-Josephe Devillers, de l’association CQFD Lesbiennes Féministes. Cette association a, en lien avec le collectif pour le respect de la personne Corp (pour la suppression de la GPA) et le Mouvement Nid (pour l’arrêt de la prostitution), lancé une coalition internationale pour abolir la GPA. De nos jours, les homosexuels vivant en France privilégient plus les techniques de PMA/GPA que l’adoption et ses procédures longues et complexes. Chez les hommes homosexuels, ils y sont favorables à 44 % par rapport à l’adoption, tandis que le chiffre s’élève à 73 % pour les femmes lesbiennes.

Malgré l’interdiction de la GPA en France, elle reste pourtant bien réelle, car valable pour la justice à cause de l’absence de frontière et de la libre circulation. Par exemple, en juillet 2017, la Cour de cassation avait ouvert la voie à la reconnaissance légale de deux parents en France pour les enfants nés d’une GPA à l’étranger. Cette reconnaissance devant obligatoirement passer par une procédure d’adoption « simple » et non « plénière » par le conjoint du parent biologique. Dans l’adoption plénière, l’enfant adopté est assimilé à un enfant par le sang et la famille adoptive remplace définitivement la famille d’origine. Au contraire, l’adoption simple laisse subsister le lien de filiation d’origine, et lui ajoute un second lien adoptif.

La Cour d’appel de Paris est tout récemment allée plus loin mi-septembre 2018 en validant une demande d’adoption plénière et non simple de jumelles nées en 2011 d’une GPA au Canada. C’est la première fois qu’en France, la justice reconnaît une adoption par le deuxième père, selon l’avocate du couple homosexuel. Régulièrement saisie dans des procédures liées à la GPA, la Cour de cassation doit examiner prochainement deux demandes distinctes de transcription à l’état civil français d’actes de naissance d’enfants nés de cette procréation à l’étranger, jusqu’alors refusé par la justice.

Alors que l’adoption a pour but de réparer la privation de parents, la GPA fait le contraire en organisant l’éclatement de figure de la mère, puisque plusieurs femmes peuvent intervenir lors de cette technique de maternité. Ce que l’adoption répare, la GPA le provoque : une situation d’abandon pour rendre la marchandise (l’enfant) disponible pour satisfaire les besoins des clients.

Faire des enfants demain

Tour d’horizon des pratiques de procréation monétisées

Le phénomène est parfaitement illustré en Belgique. La quatrième édition de la conférence européenne de l’organisation américaine Men having babies a eu lieu à Bruxelles les 22 et 23 septembre 2018. Ce salon de vente d’enfants, avec catalogues de mères porteuses, location d’utérus et autres échanges de biens apparemment acceptables, est destiné aux couples homosexuels masculins. Les clients potentiels sont mis en relation avec les firmes US et canadiennes et doivent préparer des sommes allant de 95 000 $ à 160 000 $ tout compris pour obtenir le bébé de leur choix. Ici, l’enfant est donc un pur produit marchand qui s’achète et se vend selon l’offre et la demande. Des sociétés américaines viennent également dans l’Hexagone proposer des GPA aux Français, un délit d’entremise qui relève du pénal. Les sociétés de GPA sont généralement transnationales pour pouvoir se déplacer en fonction de l’évolution des lois des pays où elles s’implantent. La demande est forte et la technologie est simple (prélèvement d’ovocytes et de sperme, FIV) : tous les ingrédients sont réunis pour générer le profit. Pour faire une GPA dans le monde, la fourchette s’étend de 30 000 à 150 000 €.

La GPA est autorisée dans des pays tels que la Belgique, le Royaume-Uni, le Japon, dans certains états US ou au Canada, mais que voulez-vous le coût du travail y est élevé ! Alors depuis que l’Inde, la Thaïlande, le Cambodge, le Népal et d’autres pays asiatiques ont réglementé voire interdit la GPA low cost aux étrangers, au vu de l’attractivité de la pratique et des dérives qu’elle amène, les Occidentaux se sont tournés de plus en plus vers l’Europe de l’Est ces dernières années. Avec ses lois libérales sur la question, l’Ukraine est une destination prédominante. La législation du pays stipule que le bébé appartient aux « futurs parents » et que la mère porteuse est dépossédée de ses droits parentaux dès la conception. Là-bas tout se loue, tout se vend : ovules, sperme, ventre… et cela ne date pas de la révolution euro-otanesque de Maïdan de 2014, mais de décisions politiques antérieures.

La Russie est également un pays assez libéral sur la GPA, contrairement à ce que l’on pourrait penser au premier abord. Elle le justifie dans le cadre de sa politique démographique nataliste. La méthode est considérée comme une manière d’augmenter le taux de naissance dans la fédération. Sur place, l’encadrement plutôt flou permet, par exemple, à la gestatrice de décider de garder l’enfant au dernier moment, sans recours possible des parents d’intention. Par contre, la mère porteuse n’a pas de protection dans le cas où des clients refusent d’accueillir l’enfant pour X ou Y raison (handicap, désistement…). La pratique existe depuis plus de 20 ans sur le sol russe pour les couples hétérosexuels et les femmes ou hommes célibataires qui ne peuvent pas mener à bien une grossesse. Comme pour la GPA, les techniques de PMA sont également tout aussi accessibles pour les étrangers. Un projet de restriction ou de suppression de la GPA est tout de même étudié par les parlementaires depuis quelques mois.

L’Espagne, à l’instar de nombreux pays européens, a interdit la maternité de substitution (GPA). Le Ministère des Affaires étrangères du pays a annoncé qu’il s’occuperait au cas par cas d’une trentaine de familles ayant utilisé les services d’agences ukrainiennes proposant la GPA. Le gouvernement accepte par contre sans problème la PMA [cf. Géopolitique Profonde n°6, juillet-août 2018, p.24]. Lorsque des parents ont recours à ce procédé et ne donnent pas suite aux relances concernant leurs embryons, les centres de reproduction espagnols peuvent légalement les détruire, mais aussi les utiliser pour la recherche scientifique ou encore les donner à d’autres couples. Parmi les adoptants français d’embryon abandonné, 28 % sont des femmes seules ayant essayé d’adopter un enfant en France.

Alors que la loi espagnole sur la reproduction assistée exige que tout don doit être « altruiste, solidaire et désintéressé », la Clinique FIV Marbella attribue elle aussi la coquette somme de 1 000 € à toute généreuse donneuse en tant que « compensation financière pour le désagrément engendré, les frais de déplacement et le traitement auquel les donneuses sont soumises ». De même, face à la pénurie d’ovocytes, les Pays-Bas n’hésitent pas à promouvoir l’altruisme des individus avec des « dons » d’ovocytes rémunérés jusqu’à 900 € de « compensation ».

En Roumanie, la GPA est extrêmement lucrative alors qu’elle est censée être illégale. Des catalogues divers sont disponibles pour comparer les prestations de mère porteuse, les informations des donneurs de gamètes (couleur de peau, santé, QI, diplômes, etc.), les assurances (handicap, décès, souci génétique, litige avec la mère)…

Utérus artificiel : l’avenir de la procréation humaine ?

Dans trois affaires de GPA sur enfants nés aux États-Unis, en Ukraine et au Ghana, des activistes pro GPA veulent obtenir de la Cour européenne des droits de l’homme l’abolition du principe historiquement fondamental stipulant que « la mère est la femme qui accouche ». Ceci va dans le sens du rapport du think tank Génération Libre, qui stipule que la GPA « s’inscrit dans la continuité de l’IVG » en mettant au goût du jour «la question de la disposition de soi » au nom de la « liberté procréative ». L’énoncé libéral propose une GPA formalisée par un contrat signé entre les deux parties, parents (« 1 et 2 ») et mère porteuse, rédigé par des avocats et avalisé par un juge. Ils proposent à la femme porteuse la possibilité de choisir les parents qui la rémunéreraient, tandis qu’elle bénéficierait dans le même temps d’une prise en charge des frais médicaux, de congés maternité avant et après l’accouchement, et aurait la possibilité d’inscrire sur l’acte civil de l’enfant la référence du jugement de GPA. Des enquêtes devront également déterminer « l’indépendance financière, affective et psychologique » des porteuses de bébés. Le rapport recommande également la mise en place d’une agence publique de GPA pour mettre en relation les individus et éviter ainsi les intermédiaires. Maxime Sbaihi, « citoyen du monde » et « éternel expatrié », comme il le dit lui-même sur son compte Twitter, est le directeur général de Génération Libre et auteur de ce rapport. Ce cosmopolite veut donc protéger les mères porteuses française en défendant une « GPA responsable » sur le territoire.

Notons pour finir que des chercheurs du monde entier mènent parallèlement la suite du programme avec des projets de recherche sur la transplantation utérine (ou greffe d’utérus). La pratique est similaire à la GPA d’un point de vue éthique donc pourquoi pas. Déjà dix enfants sont nés de cette technique sur la planète, dont huit en Suède. L’utérus artificiel n’est pas bien loin.

Conclusion : Un avenir dystopique annoncé

La PMA, la GPA et toute forme de procréation artificielle font de la conception d’enfants hors couple un nouveau marché à pourvoir. Quarante années de recul montrent que de nombreux individus adoptés ou issus de PMA-anonyme sont en souffrance, car en quête de leurs origines. Se pose donc le problème crucial de la filiation et de l’identité humaine et sociale qui est le fait à la fois de biologie et de psychologie.

Avec l’avancée technologique, la filiation devient purement subjective en fonction de l’évolution des techniques de procréation artificielle et de la seule volonté des adultes pouvant rémunérer un service marchand. La femme gestatrice précaire louant son corps à l’Occidental payant comptant ne doit pas être oubliée d’ici les prochaines lois liberticides. Dans les pays économiquement moins avancés, ces femmes peuvent être exploitées dans ce qui est communément appelé des « fermes » ou « usines à bébés ».

Pour conclure, nous citerons Pierre Bergé, grand capitaliste et chef de file de la cause homosexuelle, de la PMA et de la GPA. Une synthèse à lui tout seul : « Moi je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? C’est faire un distinguo qui est choquant ».

Géopolitique Profonde

Faire des enfants demain

​Jacques Testart est directeur de recherche honoraire à l’Inserm. Pionnier des méthodes de procréation assistée, il est l’auteur de nombreux ouvrages dans lesquels il défend l’analyse critique de la science afin de justifier l’engagement éthique et de nourrir la démocratie.

Trente-cinq ans après le premier « bébé-éprouvette », près de 3 % des enfants sont conçus avec l’aide de la biomédecine dans les pays industrialisés. Qu’en sera-t-il dans les décennies à venir ?

S’il ne s’agit, selon la loi actuelle, que d’aider les couples stériles, l’assistance médicale à la procréation a désormais atteint ses buts avec l’optimisation des actes biologiques et médicaux. Mais la technique, sous couvert de médecine de pointe, cherche toujours à agrandir son territoire et à régenter nos vies, même lorsque la nécessité ne s’impose pas… Aussi, puisqu’aujourd’hui la régulation bioéthique fait l’objet d’une permissivité croissante, la question se pose de savoir jusqu’où ira la médicalisation de la procréation, et comment la société pourra en maîtriser les dérives sociétales et eugéniques.

Devrons-nous aller jusqu’à compter sur la décroissance économique pour, mieux que les lois de bioéthique, imposer des limites à la démesure technoscientifique ?

Fin du sexe, avenir de la procréation. Demain, les enfants seront conçus au laboratoire et le sexe sera réservé au plaisir.

“Je rencontre, depuis trente ans, deux types de réaction quand j’expose cette perspective révolutionnaire et dramatique. D’abord celle des « bioconservateurs » selon la terminologie transhumaniste, horrifiés par la fabrication des enfants comme des objets de commerce. Puis celle de personnes de plus en plus nombreuses, et de plus en plus jeunes, qui osent lancer « Et alors ?…Où est le problème ?… ». Tentons quelques réponses. L’humaniste voit dans la sélection humaine la réification de l’enfant et une incitation pour stigmatiser les handicapés, ou seulement les déviants, c’est à dire un fort recul de nos valeurs. Il craint aussi l’instauration future de politiques autoritaires au nom du « bien collectif ». Encore nous situons nous ici dans la perspective traditionnelle de la conception par un homme et une femme et pas dans celles, possibles, de la conception homosexuelle voire autonome. Quant au biologiste, il imagine la désillusion possible dans les familles si l’enfant, sélectionné sur des bases statistiques, vient créer la surprise par son identité individuelle. Mais, surtout, il s’inquiète de la perte de diversité génétique si, comme c’est vraisemblable, les critères de sélection (hors cosmétiques) deviennent les mêmes partout, évoluant en tout lieu grâce aux corrélations croissantes issues du croisement informatique des données génomiques avec les caractéristiques de personnes existantes. Il ne faudrait pas plus de quelques générations, en recourant de façon quasi généralisée au tri embryonnaire, pour changer le génome de notre espèce, et ceci sans avoir modifié un seul génome! Aussi, en ces temps incertains de modifications drastiques de l’environnement, il serait sage d’assurer notre pérennité en conservant une biodiversité capable de résister à des fléaux inconnus (conditions climatiques, alimentation, parasites, épidémies,…). Bien sûr, cette précaution est superflue pour les transhumanistes qui souhaitent changer notre espèce. H Greely reconnaît cet effet de l’ « easy PGD » (DPI facile) mais il ne s’en inquiète pas. Il ne propose de législation que pour des actes délictueux (vol de cellules sur une tasse pour faire fabriquer le bébé d’une star…). Il pense qu’il serait dangereux pour un gouvernement de distinguer entre vies supportables ou non selon la sévérité estimée des atteintes de l’enfant à venir, et qu’il faut donc laisser les couples choisir. Mais il ajoute que la coercition n’est pas toujours mauvaise et évoque alors une taxation… Bref, une éthique à l’américaine ! Avouons qu’au point avancé où nous en sommes il serait naïf d’imaginer faire mieux.”


France culture : Assiste-t-on à une révolution dans la procréation ? 19.03.2014

https://s3-eu-west-1.amazonaws.com/cruiser-production/static/culture/sons/2014/03/s12/NET_FC_7a117994-f864-48a3-a08b-b42ba04b7d8e.mp3?_=1

 

Jacques Testart : Ça fait bientôt trente ans que j’essaie de me battre contre certaines dérives.Ce que je crains, c’est que la procréation assistée devienne une sorte de fabrique des enfants, y compris pour des gens qui n’ont pas besoin d’assistance médicale. En fabriquant l’enfant, la bio-médecine prend une responsabilité et ferait en sorte que l’enfant soit de meilleure qualité que l’enfant qu’on pourrait concevoir au hasard. Ce que je crains le plus, c’est le tri des embryons, qui se développe un peu dans tous les pays et qui risque de prendre une ampleur que personne n’imagine aujourd’hui.

Est en train de se mettre en place tout un système de sécurisation de la procréation, de fabrication, qui est assez navrant. Il y a quelque chose qui se met en place, comme s’il était normal de faire un bébé dans un laboratoire plutôt que dans un lit. On est devant une nouvelle considération de ce qu’est la procréation.


Jacques Testart : “J’ai des craintes de dérives eugéniques”.

Emmanuel Faux reçoit Jacques Testart, directeur de recherche honoraire à l’Inserm, auteur de Faire des enfants demain.

Dans cette vidéo, Jacques Testart nous livre ses impressions sur le devenir de la procréation médicalement assistée.

Jacques Testart : Tous les enfants conçus par PMA dans un siècle ?


Depuis le 1er janvier 2012, suite à la réorganisation des instances intergouvernementales au Conseil de l’Europe, le Comité de Bioéthique (DH-BIO) mène les travaux qui sont assignés au Comité directeur pour la bioéthique (CDBI) par la Convention pour la protection des droits de l’homme et de la dignité de l’être humain à l’égard des applications de la biologie et de la médecine. Cette réorganisation a également pour but de créer un lien plus étroit entre le DH-BIO et le Comité directeur pour les Droits de l’Homme (CDDH).

Rapports abrégés

DH-BIO abr RAP 1 F, DH-BIO abr RAP 2 F, DH-BIO abr RAP 3 F, DH-BIO abr RAP 4 F, DH-BIO abr RAP 5 F, DH-BIO abr RAP 6 F, DH-BIO abr RAP 7 F, DH-BIO abr RAP 8 F, DH-BIO abr RAP 9 F, DH-BIO abr RAP 10 F

Les humains génétiquement modifiés arriveront plus tôt que vous ne le pensez. Et nous ne sommes pas prêts.

La bio-ingénierie a déjà permis aux êtres humains de prendre le contrôle de leur propre évolution. Que ce soit par le biais de technologies émergentes de clonage ou de la thérapie génique de pointe, nous sommes à l’aube d’un monde où les êtres humains peuvent – et pourront – changer leur façon de vivre et de mourir.

Michael Bess est historien des sciences à la Vanderbilt University et l’auteur d’un nouvel ouvrage : Our Grandchildren Redesigned: Life in a Bioengineered Society (Nos petits enfants remodelés : la vie dans une société issu du génie biologique). Le livre de Bess propose un regard général sur notre avenir génétiquement modifié, un avenir aussi terrifiant que prometteur.

« Nous allons nous doter d’un pouvoir sans pour autant avoir la sagesse de le contrôler correctement ». L’ouvrage de Bess est une tentative de lutter avec les conséquences de cela.

L’historien de Vanderbilt offre une vision déconcertante d’un avenir proche de la bioingénierie :

Pensez-y comme des « humains version XP », « humains version 7 », « humains version 10 ». Tout comme le logiciel Microsoft, il y aura une hausse continue dans ce qui est considéré comme standard ou la norme ».

Our Grandchildren Redesigned: Life in a Bioengineered Society

publié chez Beacon Press

Ceci est un livre sur un futur plus ou moins proche – d’aujourd’hui à la moitié du 21e siècle. Il évalue l’impact que les biotechnologies auront sur nos vies, du fait de son omniprésence croissante dans la modification du corps humain et de l’esprit. Grâce à l’utilisation de produits pharmaceutiques, nous apprenons comment contrôler nos humeurs, stimuler nos performances physiques et mentales, augmenter notre longévité et notre vitalité. Grâce aux prothèses, implants cérébraux, et d’autres dispositifs bioélectroniques, nous ne faisons pas que soulager les malvoyants et les personnes souffrant de paralysies, mais nous commençons aussi à reconfigurer nos corps, à augmenter nos capacités de mémorisation, nos souvenirs, et de générer de nouveaux moyens d’interagir avec les machines. A travers des interventions génétiques, nous ne nous limitons pas simplement à neutraliser certaines maladies, dites longues voire incurables, mais nous ouvrons de nouvelles possibilités pour prendre en main notre évolution – la refonte de la « plate-forme » humaine du corps et de l’esprit d’une manière approfondie.

Parmi toutes les avancées de ces bio-améliorations technologiques, certaines seront spectaculaires par nature, offrant de formidables nouvelles capacités et aptitudes. Simultanément, ces progrès vont s’accompagner de désagréments et les dangers seront si profonds qu’ils justifieront des interdictions de certaines catégories d’interventions ou de dispositifs d’amélioration. Toutes ces technologies – même celles qui semblent les plus sensées et anodines – vont déstabiliser les éléments clés de notre système sociétal, ainsi que notre compréhension de ce que signifie être humain. Je soutiens que la société contemporaine est dangereusement mal préparée pour les changements spectaculaires qu’elle est sur le point d’éprouver – un changement drastique de ses repères. Elle n’est absolument pas prête à faire face aux bouleversements qui l’attendent d’ici peu.

Parmi les sujets abordés dans cet ouvrage :

  • Les stratégies pour envisager l’avenir à moyen terme. En prenant en considération les modifications qui ont eu lieu dans notre histoire passée, nous pouvons mieux envisager et nous préparer aux futurs possibles.
  • Science et technologie de la bio-amélioration humaine : huit domaines clés d’innovation : produits pharmaceutiques, bioélectronique, génétique, nanotechnologies, robotique, intelligence artificielle (IA), biologie synthétique, et la réalité virtuelle.
  • Les débats acharnés entre partisans et opposants au transhumanisme et l’ « avenir du posthumain » : comment trouver une solution objective et constructive pour aller de l’avant.
  • L’épanouissement de l’humain : un cadre moral pour évaluer les bio-améliorations spécifiques au cas par cas.
  • Le potentiel révolutionnaire des modifications épigénétiques d’amélioration.
  • Si les bio-améliorations sont adoptées par des millions de consommateurs, quelles en seront les conséquences économiques, sociales et culturelles ?
  • La bio-amélioration des animaux : devrions-nous créer de nouveaux hybrides et des créatures augmentées ?
  • Les modifications directes du cerveau et de l’esprit : comment le nouveau domaine de la neuroéthique peut nous aider à clarifier et évaluer les implications ?
  • La possibilité attrayante (et problématique) de la « bio-amélioration morale » (Paradise engineering).
  • La marchandisation des êtres humains, et les manières spécifiques dont les technologies de bio-amélioration pourraient mettre en péril la dignité humaine.
  • Les technologies de rajeunissement et l’allongement de la durée de vie en bonne santé – quelles en seraient les conséquences écologiques, économiques, et psychologiques ?
  • La Singularité, la bio-amélioration « définitive » et la possibilité de créer des formes d’intelligence artificielle de niveau humain.
  • Les valeurs qui méritent d’être préservées face à l’arrivée de l’entreprise d’amélioration au cours des décennies à venir.
  • De l’espace pour une agence humaine dans le pilotage du développement de l’innovation scientifique et technologique.

Aperçu du Livre

voir aussi :
Les cyborgs plus proches de la réalité dans les prochaines étapes de l’évolution humaine
Le transhumanisme est inévitable : Beyond human: How cutting-edge science is extending our lives
Sommes-nous à vingt années des bébés personnalisés ? : « The end of sex and the future of human reproduction » (Harvard University Press, 2016)


A propos de l’auteur

Michael Bess is the Chancellor’s Professor of History at Vanderbilt University. He has received major fellowships from the J. S. Guggenheim Foundation, the American Council of Learned Societies, the National Human Genome Research Institute, the John D. and Catherine T. MacArthur Foundation, and the Fulbright Program. His previous books include Choices Under Fire and The Light-Green Society.

Traduction Virginie Bouetel

Le diagnostic préimplantatoire dans les législations des pays européens : sommes-nous sur une pente glissante?

Bioethica Forum / 2008 / Volume 1 / No. 2 – Institut d’Ethique Biomédicale, Université de Zurich

Près de deux décennies après l’adoption des premières lois sur les procréations médicalement assistées (PMA) en Europe, on constate encore des divergences profondes entre les pays du Vieux Continent en ce qui concerne les réponses légales à apporter à ces nouveaux défis. Dans ce contexte, cet article se concentre sur la question du diagnostic préimplantatoire (DPI) afin de mettre en évidence les positions inconciliables qui existent entre les pays qui ont décidé d’autoriser cette technique et ceux qui y sont toujours opposés. En même temps, il vise à montrer que, chez les pays ayant autorisé le tri d’embryon, on observe une tendance nette à élargir de plus en plus les indications du recours à cette technique. Cela pose dans toute son acuité le problème de la «pente glissante», c’est-à-dire du risque de s’engager, sans le vouloir, dans un processus aboutissant à des conséquences de plus en plus pernicieuses pour l’ensemble de la société. Dans le cas du DPI, le risque majeur est de se trouver dans une course imparable vers une nouvelle forme d’eugénisme. De toute évidence, le débat autour du DPI dépasse de loin le cadre d’une discussion sur une technique complémentaire des PMA, mais implique des choix de société fondamentaux dont il faut être conscient dès le départ.

Télécharger le PDF

Sud radio : Aimeriez-vous choisir le sexe de vos enfants ? Un enfant à la carte ?
Jürgen Habermas : L’avenir de la nature humaine. Vers un eugénisme libéral ?
Sommes-nous à vingt années des bébés personnalisés ?
Bébé sur mesure – ARTE Reportage
L’appréhension juridique contemporaine du corps humain
La révolution des cellules souches ?