Loi Bioéthique Clonage Humain et Chimère

Sont-ils devenus fous ? Avec Alexandra Caude-Henrion

 

Une thérapie génique pour allonger la durée de vie

Libella Gene Therapeutics prétend offrir une thérapie génique qui allongera la durée de vie pour 1 million de dollars la dose. La startup indique que deux patients ont déjà payé le traitement dans une clinique en Colombie.

Nous savons que les télomères peuvent avoir quelque chose à voir avec le vieillissement de notre corps. Dans certains tissus, une enzyme appelée télomérase agit pour reconstruire et étendre les télomères afin que les cellules puissent continuer à se diviser.

Nous ne savons pas si la télomérase protège une cellule du vieillissement ou si elle prolonge la vie d’organismes entiers. Les traitements d’extension du télomère chez la souris ont donné des résultats intrigants, mais personne ne l’a démontré chez l’humain.

Cela n’a pas freiné Libella. Il propose d’injecter aux patients des virus porteurs des instructions génétiques de la télomérase transcriptase inverse, qui intervient dans la fabrication de la télomérase.

Cet essai porte sur un traitement non prouvé et non testé qui pourrait même être nocif pour votre santé. Il se produit en dehors des États-Unis parce qu’il n’a pas été approuvé par la Food and Drug Administration. Et les experts dans le domaine ont beaucoup de questions sans réponse à ce sujet.

MIT Technology Review

D’après les auteurs de “l’Effet Télomère”, nous avons le pouvoir d’allonger notre espérance de vie

Les premières chimères de porc-singe nés dans un laboratoire chinois

L’objectif est de faire croître des organes humains à l’intérieur des animaux

Selon une exclusivité New Scientist, les tout premiers porcelets avec des cellules de singes sont nés dans un laboratoire chinois.

“Il s’agit du premier rapport sur des chimères porc-singe à terme”, a déclaré au magazine Tang Hai, chercheur de Key State Laboratory of Stem Cell and Reproductive Biology, co-auteur d’un nouveau document sur la naissance.

L’objectif final des chercheurs est de faire croître des organes humains à l’intérieur des animaux – mais cet avenir est encore lointain. Ces porcelets sont malheureusement morts dans la semaine qui a suivi leur naissance, et la cause exacte du décès demeure inconnue.

Pour créer les chimères de porc-singe, Hai et son équipe ont développé une culture de cellules de singe, en ont dérivé des cellules souches embryonnaires et les ont injectées dans des embryons de porc quatre jours après la fécondation.

Les résultats laissent à désirer. Seulement deux porcelets sur dix se sont avérés être des chimères. L’équipe a dû implanter plus de 4 000 embryons pour obtenir ces résultats.

“Compte tenu de l’efficacité chimérique extrêmement faible et de la mort de tous les animaux, je considère cela comme assez décourageant”, a déclaré à New Scientist le biologiste des cellules souches Paul Knoepfler de l’Université de Californie à Davis.

Les cellules de singe des deux chimères étaient réparties sur un certain nombre d’organes vitaux, mais ne représentaient qu’une très faible proportion de cellules – entre une sur 1000 et une sur 10 000, selon New Scientist.

New Scientist, Protein & Cell, DOI: 10.1007/s13238-019-00676-8

Le vieillissement est une maladie et la thérapie génique pourrait être le remède

Par : João Medeiros

Après que son fils ait reçu un diagnostic de diabète de type-1, Elizabeth Parrish a entamé des recherches sur les traitements génothérapiques (thérapie génique), et les a testés sur elle-même.

En septembre 2015, Elizabeth Parrish s’est envolée de Seattle à destination de Colombia pour recevoir un traitement expérimental.

Elle avait passé plus de deux ans à éplucher la documentation sur le sujet, à s’entretenir avec des experts et avait décidé de suivre une thérapie génique – un traitement visant les désordres génétiques qui introduit des gènes dans des cellules pour remplacer ceux qui sont défectueux ou absents. Elle a commandé des cellules thérapeutiques des mois à l’avance et s’est arrangée pour qu’un technicien lui administre la thérapie dans une salle blanche, près d’un hôpital, au cas où elle aurait une mauvaise réaction immunitaire. La thérapie génique lui a été livrée dans un récipient fermé et administrée par voie intraveineuse sur une période d’environ cinq heures. Parrish est demeurée sous observation pour quelques jours et est ensuite retournée chez elle.

« Est-ce que j’étais anxieuse par la suite ? Oui », affirme-t-elle, « J’étais manifestement à la recherche de signaux d’alarme, j’étais pleinement consciente de la moindre douleur. » Elle est devenue la première personne à se soumettre volontairement à une thérapie génique pour la maladie qui l’affecte : le vieillissement.

En janvier 2013, le fils de Liz Parrish a reçu un diagnostic de diabète de type-1. « Tous les deux jours, il avait un taux de sucre dans le sang extrêmement bas », dit-elle, « cela me rappelait continuellement que nous, les humains, passons beaucoup de temps à prétendre que notre mort n’est pas imminente. » Elle se souvient qu’on lui ait dit que son fils était chanceux parce que le diabète peut être traité. « J’étais durement touchée par le temps passé à l’hôpital pour enfants », constate-t-elle. Elle s’est intéressée à l’avenir promoteur de la médecine moderne, plus particulièrement la thérapie génique. « Je me suis demandé pourquoi cette technologie n’avait pas encore abouti dans ces hôpitaux où des enfants meurent. »

Parrish a alors commencé à assister à des conférences médicales. « J’ai trouvé une conférence à Cambridge qui semblait traiter de génétique », dit-elle, « finalement il était question de longévité. » Elle y a appris comment les modifications géniques avaient déjà prolongé jusqu’à 11 fois la durée de vie normale des vers et de 5 fois celle des souris. « J’ai compris que si le vieillissement était une maladie et que tout le monde en souffrait, la façon la plus rapide de financer ces recherches serait essentiellement d’informer les gens de cet état et de les convaincre d’investir dans la recherche pour trouver un remède », affirme Parrish.

À ce moment-là, Parrish, qui jusque-là travaillait à temps partiel pour des sociétés de génie logiciel, a mis sur pied sa propre entreprise, BioViva, afin d’accélérer les recherches thérapeutiques et en faire profiter des patients. « Pourquoi autant de patients doivent attendre, souffrir et mourir? », se demande-t-elle, « nous sommes devenus si réfractaires au risque que des patients meurent dans l’attente d’un traitement. Nous devons renverser la situation. Il y a des millions de patients en phase terminale sur la planète à l’heure actuelle. Ils devraient avoir accès aux thérapeutiques les plus prometteuses qui ne sont pas assorties d’une myriade d’effets secondaires. Aucune intelligence artificielle ni aucune méta-analyse de ces thérapies ne pourra remplacer ce qui se passe dans le corps humain. Et nous laissons des gens mourir parce que nous nous inquiétons du fait qu’une thérapie pourrait les tuer. C’est le comble de l’exercice du droit. »

Parrish a alors pris une autre décision : elle allait essayer la première thérapie sur elle-même. « J’estime que c’était la chose la plus responsable et la plus morale à faire. Je crois que l’entreprise devait goûter à sa propre médecine avant de l’offrir aux patients. »

Parrish a expérimenté deux thérapies. L’une était un inhibiteur de la myostatine, un médicament conçu pour augmenter la masse musculaire, et l’autre, une thérapie de la télomérase, qui rallonge les télomères, une partie des chromosomes qui protège le matériel génétique des dommages et permet la réplication de l’ADN. Rallonger les télomères peut, au moins en théorie, prolonger la longévité des cellules et les rendre plus résilientes aux dommages.

« Nous prenons des traitements comme la thérapie génique et les utilisons comme une technologie. »

« La thérapie de la télomérase a annulé les effets du vieillissement des souris et prolongé leur espérance de vie », affirme Parrish, « je suis convaincue qu’il s’agit de la thérapie la plus prometteuse, et elle prenait la poussière dans les laboratoires et ne semblait pas être une option viable en raison de ce qui semble être des questions de brevet et de chamailleries académiques. Nous ne le saurons jamais si nous ne l’essayons pas chez l’humain. Ça ne sert à rien de continuer de se demander si elle fonctionne ou non si nous ne l’utilisons jamais. Comme à l’image de ces lemmings qui arpentent les falaises, attendant que quelqu’un d’autre leur vienne en aide. »

Quelques semaines après le traitement, Parrish a subi des examens de suivi, menés par des tierces parties indépendantes. Les télomères de ses globules blancs avaient allongé de plus de 600 paires de base, ce qui, selon Parrish, signifie un prolongement équivalant à 20 ans. Une IRM de tout son corps a révélé une augmentation de sa masse musculaire et une réduction de sa graisse intramusculaire. D’autres analyses ont indiqué que sa sensibilité à l’insuline s’est améliorée et que son niveau d’inflammation a diminué.

« L’entreprise a été fondée principalement pour prouver si ces thérapies fonctionnent ou non », déclare Parrish « Souvenez-vous que BioViva n’est pas un organisme de recherche. Nous prenons des traitements comme la thérapie génique et les utilisons comme une technologie. Nous aimerions créer un marché libre où des gens pourraient acheter ces technologies, comme on le ferait pour un cellulaire ou un ordinateur. »

D’autres analyses sont réalisées au laboratoire George Church à Harvard. Parrish et son équipe mènent actuellement de concert avec d’autres établissements hospitaliers du monde entier des études de sécurité et de faisabilité sur des sujets humains. « J’avais déjà mis les choses en perspectives, que sans la médecine, mon fils serait mort, et il est la prunelle de mes yeux », affirme Parrish, « je sentais que je n’avais pas vraiment contribué à la société et voici l’occasion de le faire. »

traduction Stéphanie S.

Wired

Ingénierie des génomes et la révolution CRISPR (VO)

CRISPR: It’s the powerful gene editing technology transforming biomedical research. Fast, cheap and easy to use, it allows scientists to rewrite the DNA in just about any organism—including humans—with tests on human embryos already underway. The technique’s potential to radically reshape everything from disease prevention to the future of human evolution has driven explosive progress and heated debate. Join the world’s CRISPR pioneers to learn about the enormous possibilities and ethical challenges as we stand on the threshold of a brave new world of manipulating life’s fundamental code.

What is CRISPR? 00:05
Introduction by Richard Besser 3:58
Participant Introductions. 5:02
What is so powerful about CRISPR? 7:25
How is CRISPR is used? 13:00
How will CRISPR help eliminate Zika Virus? 20:45
Modifying 60 genes at once in a pig. 26:02
What are potential agricultural advantages from CRISPR? 28:44
If you have eaten CRISPR cells? 35:00
Using a gene drives to eliminate virus? 37:40
Creating an off switch for CRISPR 40:27
How is it ethical to not rid the world of malaria? 42:55
What is the difference between editing a germ line and editing a cancer cell? 48:27
Why would the first CRISPR baby create backlash? 58:48
How do we regular CRISPR used in military applications? 1:06:33
What is the regulation to be expected from CRISPR? 1:13:09
What does a CRISPR-ised world look like? 1:16:00


Featuring Geneticist George Church, Geneticist Luke Dow, Bioethicist Josephine Johnston, Biologist Ben Matthews, Medical Geneticist Harry Ostrer, and Biologist Noel Sauer with Physician, Journalist Richard Besser Moderating.

Thérapie génique, premier succès contre le vieillissement humain !

22 avril 2016 : Communiqué de presse

Une femme américaine devient biologiquement plus jeune après des thérapies géniques

Elizabeth Parrish, PDG de Bioviva USA Inc. est devenue le premier être humain à être rajeuni avec succès par la thérapie génique, après que les traitements expérimentaux de sa propre compagnie ont renversé de 20 ans le raccourcissement des télomères normaux.

Le score des télomères est calculé selon la longueur des télomères des globules blancs (lymphocytes T). Ce résultat est basé sur la moyenne de la longueur des télomères des lymphocytes-T par rapport à la population américaine dans la même tranche d’âge. Plus le score de télomère est haut, plus « jeunes » sont les cellules.

En septembre 2015, alors âgé de 44 ans, PDG de BioViva USA Inc. Elizabeth Parrish a reçu deux thérapies géniques expérimentales de sa propre compagnie : une pour se protéger contre la perte de la masse musculaire avec l’âge, l’autre pour combattre l’appauvrissement de cellules souches responsables de diverses maladies et infirmités liées à l’âge.


voir l’article de MIT Technology Review du 14 octobre 2015


Le traitement était initialement destiné à démontrer l’innocuité de la dernière génération des thérapies. Mais si les premières données sont exactes, c’est déjà le premier exemple réussi du monde de l’allongement  des télomères par l’intermédiaire de la thérapie génique chez un individu humain. La thérapie génique a été utilisée pour rallonger les télomères sur des cellules cultivées chez la souris, mais jamais sur un patient humain.

Les télomères sont de courts segments de l’ADN qui couvrent les extrémités de chaque chromosome, agissant comme des “amortisseurs” contre l’usure. Ils raccourcissent à chaque division cellulaire, devenant finalement trop court pour protéger le chromosome, ce qui entraîne un dysfonctionnement de la cellule et le vieillissement du corps .

En septembre 2015, les données de télomère prises des globules blancs de Parrish par le laboratoire d’essais clinique spécialisé de SpectraCell à Houston, au Texas, juste avant que les traitements aient été administrés, ont révélé que les télomères de Parrish étaient inhabituellement courts pour son âge, la laissant vulnérable aux maladies associées à l’âge plus tôt dans la vie.

En mars 2016, les mêmes tests ont été repris par SpectraCell et ont révélé que ses télomères avaient rallongé d’une vingtaine d’années, de 6,71 kb à 7,33 kb. Cela implique que les globules blancs de Parrish (leucocytes) sont devenus biologiquement plus jeunes. Ces résultats ont été vérifiés de manière indépendante par le HEALES à but non-lucratif basée à Bruxelles (Healthy Life Extension Company) et la Biogerontology Research Foundation, un organisme de bienfaisance basée au Royaume-Uni qui s’est engagé à lutter contre les maladies liées au vieillissement.

La réaction de Parrish : “les thérapeutiques actuels offrent seulement des avantages marginaux pour les personnes souffrant de maladies du vieillissement. En outre, la modification du mode de vie a un impact limité pour le traitement de ces maladies. Les progrès des biotechnologies sont la meilleure solution, et si ces résultats sont loin d’être précis, nous avons fait l’histoire“, a déclaré Parrish.

Bioviva continuera de surveiller le sang de Parrish pendant les mois et les années à venir. Pendant ce temps, BioViva va tester de nouvelles thérapies géniques et des combinaisons de thérapies géniques pour restaurer les dommages liés à l’âge. Il reste à voir si le succès dans les leucocytes peut s’étendre à d’autres tissus et organes et repris pour les futurs patients. Pour l’instant, toutes les réponses se trouvent dans les cellules d’Elizabeth Parrish, « patient zéro » de la thérapie génique réparatrice.

Depuis les premières injections de thérapie génique, BioViva a suscité l’intérêt global de communautés scientifiques et d’investissement.

A suivre…

Bioviva, Deep Knowledge Ventures, SpectraCell, HEALES

Voir aussi : Stanford Medecine, Telomere extension turns back aging clock in cultured human cells, study finds

https://twitter.com/iatranshumanism/status/723570309899661313

Conférence à Paris sur le Transhumanisme au NUMA 24 mars 2016

Transhumanisme, longévité et neurosciences

Perspectives radicales de la médecine et des neurosciences : comment agir individuellement et collectivement ?

Porté par de grands entrepreneurs et intellectuels aux États-Unis, le transhumanisme s’invite aujourd’hui dans les débats de société et les médias français. L’Association Française Transhumaniste Technoprog représente ces idées en France et développe une vision du transhumanisme “franco-compatible”.

Les progrès récents de la médecine et de la science nous permettent d’envisager une vie en bonne santé beaucoup plus longue et l’augmentation radicales de nos capacités notamment cognitives. Mais jusqu’où peut-on aller ? Comment s’assurer que les avancées utiles soient accessibles à tous ceux qui le souhaitent et prévoir des garde-fous ?

Le NUMA co-organise une conférence avec l’AFT.

Pour l’occasion, seront invités deux experts scientifiques reconnus :
Jean-Marc Lemaitre (chercheur en biologie cellulaire)
Dr Christian Dimitriu (neurochirurgien à l’hôpital du Val de Grâce)

Et deux membres de l’association transhumaniste Technoprog :
Didier Coeurnelle (auteur et spécialiste en longévité)
Alexandre Maurer (docteur en informatique)

Ces exposés seront suivis d’un débat entre les intervenants et avec le public, animé par Quentin Bruet-Ferréol.

Inscription sur Paris.Numa.co