Une rentrée mouvementée dans la nouvelle normalité #NewNormal

Les mesures contre la pandémie font partie d’un “nouvel ordre mondial”

A mesure que les efforts pour enrayer la pandémie s’intensifient sans qu’aucune date de fin ne soit en vue, un journaliste a demandé au Dr Kerry Chant, responsable de la santé publique en Nouvelle-Galles du Sud, au cours d’une conférence de presse jeudi, à quoi ressembleront les mesures lorsque le pays rouvrira ses portes en octobre, le Dr Chant a répondu : “Nous examinerons à quoi ressemble la recherche des contacts dans le “Nouvel ordre mondial“, a-t-elle déclaré.

“Et oui, cela inclu les pubs, les clubs et autres lieux si nous avons un cas positif. Notre réponse peut être différente si nous savons que les gens sont complètement vaccinés, donc nous travaillons sur un certain nombre de ces questions”, a poursuivi Chant.

“Dès que l’on s’engage sur la voie de la désignation de citoyens innocents comme boucs émissaires pour couvrir des erreurs politiques, les démocraties s’effondrent dans l’anarchie”, Alexandra Marshall pour The Spectator “Covid: the New World Order” 14 sept. 2021

Ce n’est pas la première fois qu’un responsable de la santé publique utilise cette expression pour décrire le monde post-pandémique. Le ministre de la santé Brad Hazzard a déjà qualifié la pandémie de “nouvel ordre mondial” en juillet 2020.

“Il s’agit d’une pandémie mondiale, c’est un événement qui ne se produit qu’une fois tous les 100 ans, donc vous pouvez vous attendre à ce que nous ayons une forme de contamination de temps en temps, et c’est comme ça. Nous devons accepter que c’est le nouvel ordre mondial“, a déclaré Hazzard à la suite d’une épidémie de cas.

Une correspondante de Newsmax à la Maison Blanche Emerald Robinson demande : “Qu’est-il arrivé à ‘mon corps mon choix’ en matière de vaccinations dans l’administration Biden ? Et en 2020, le président élu Biden a déclaré qu’il n’exigerait pas de mandat pour les vaccins.”

Une correspondante de CBSNews à la Maison Blanche Weijia demande si l’une de ces nouvelles mesures affectera la “vie quotidienne” des gens. La porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki répond souriante : “Cela dépend si vous êtes vacciné ou non.”

New Normal

Londres : Un chirurgien à la retraite, déclare sur les pass : “Cela ne s’arrêtera pas là, cela concernera les pubs, les restaurants, les vols, le nombre de kilomètres parcourus. Il ne s’agit pas d’un passeport vaccinal, mais d’un système de crédit social.”

Communiqué, l’Académie nationale de médecine propose de remplacer au plus tôt le passe sanitaire par un passe vaccinal.

Pour Thales, les pass vaccinaux sont un précurseur des portefeuilles d’identification numérique, offrant aux citoyens une commodité et une sécurité inégalées.

Le “passeport vaccinal” et la fusion à venir avec les systèmes d’identification numérique : un projet de contrôle social massif est en préparation depuis des années avec #Gavi, #INFUSE et autres, qui préparent le terrain pour faire de nous tous des esclaves numériques.

L’équipementier automobile français Valeo a dévoilé une borne capable de détecter le Covid 19 sans contact, en moins de 2 minutes. Avec un taux de fiabilité de 94%, cette borne devrait être homologuée d’ici un an.

Il est clair que les restrictions ne seront pas “temporaires”, loin de là.

Singapour déploie des robots pour détecter les “comportements indésirables”, ainsi que les groupes de “plus de cinq personnes”.

https://twitter.com/Alpha_Mind7/status/1434849402061877248

Mark Zuckerberg a dévoilé des nouvelles lunettes intelligentes Facebook x Ray-Ban. Donc pas de réalité augmentée, mais des lunettes en réseau avec deux caméras pour recueillir encore plus de données sur le comportement de ses utilisateurs et de tout le monde et de tout ce que ses utilisateurs regardent.

“Lorsque vos lunettes sont éteintes, elles sont complètement éteintes. Le micro est éteint et vous ne pouvez pas prendre de photos ni enregistrer de vidéos.”

Les pépites de fin août/début septembre, à chacun de juger….

Des documents nouvellement divulgués montrent que le Dr Fauci a menti et que les États-Unis ont bien financé la recherche sur le « gain de fonction » à Wuhan. The Epoch Times 8 septembre 2021.

Selon Le Point, on peut injecter une puce électronique via une seringue dans un corps humain.

Finalement ce sont les vaccinés qui contaminent les non vaccinés.

Une infection antérieure au COVID protège davantage contre le variant Delta que le vaccin Pfizer, selon une étude.

Pour infos, les essais cliniques vaxx covid sur les femmes enceintes sont en cours…

Moderna vient juste de commencer les essais cliniques sur les femmes enceintes pour obtenir plus de données à ce sujet peu étudié pour l’instant, pour se terminer, selon des estimations préalables, vers fin 2023 ou début 2024.

Les essais cliniques des femmes enceintes pour Pfizer ont débuté en février 2021 entre les semaines 24 et 34 de leur grossesse âgées d’au minimum 18 ans et être en bonne santé! Elles seront suivies pendant au moins 7 à 10 mois.

L’UE met en garde la France et les états qui mettent en place un rappel vaccinal. La Commission européenne a rappelé aux pays membres qui se préparent à injecter des doses de rappel (3eme, 4eme) aux vaccinés qu’ils s’exposent à des risques juridiques accrus. L’Agence européenne des médicaments n’a, en effet, pas donné son feu vert. la Commission n’endossera pas de responsabilité en cas de problème.

Les personnes qui se sont remises d’un épisode de Covid-19 (immunité naturelle) au cours de l’une des premières vagues de la pandémie semblent présenter un risque plus faible de contracter le variant delta que celles qui ont reçu deux doses du vaccin de Pfizer. Bloomberg

Le corona n’est pas une cause probable de décès dans 80 % des décès officiels de covid signalés en allemagne depuis début juillet, selon le professeur Bertram Häussler, directeur de l’institut indépendant de recherche sur la santé IGES à Berlin (Welt).

Liberté

Nous vous suggérons un article d’Anne Applebaum pour The Atlantic : Les Nouveaux Puritains« Les codes sociaux changent, souvent pour le mieux. Mais pour ceux dont le comportement ne s’adapte pas assez vite aux nouvelles normes, le jugement peut être rapide et sans pitié. » « Une atmosphère croissante de justice populaire en Amérique produit le genre d’autocensure que l’on trouve dans un régime autoritaire ».

Une belle tribune exclusive publiée par Quartier Général sur la liberté d’expression, où plus de 2.500 chercheurs, universitaires, CNRS, INRAE, INSERM… médecins, infirmières, psy, soignants, juristes, enseignants, artistes et même quelques journalistes plus courageux que d’autres, dénoncent la censure inédite opérée autant par les médias que par les GAFAS au sujet de tout ce qui contredit le discours officiel sur le Covid. Chasse aux sorcières, règlements de compte, rien n’est épargné aux personnes qui contestent le bien-fondé du pass sanitaire, et réclament simplement plus de transparence concernant le processus vaccinal, ainsi qu’un débat contradictoire sur la stratégie sanitaire nationale.

Un brevet pour créer des chatbots à partir de vos proches décédés

N’ayant apparemment rien appris de Black Mirror, Microsoft a déposé un brevet “Creating a Conversational Chatbot of a Specific Person,” pour ramener des êtres chers décédés sous forme de chatbots à partir de leurs données numériques afin que vous puissiez avoir une conversation de type messagerie instantanée avec eux depuis l’au-delà.

Le brevet mentionne également l’utilisation de modèles 2D ou 3D de personnes spécifiques générés par des photos ou des données vidéos.

“La personne spécifique peut correspondre à une entité passée ou présente (ou une version de celle-ci), telle qu’un ami, un parent, une connaissance, une célébrité, un personnage fictif, un personnage historique, une entité aléatoire, ou vous-même – ce qui implique que les personnes vivantes pourraient constituer un “remplaçant numérique” en cas de décès.

Les normes sociales changent, mais cela semble difficile à vendre.

https://twitter.com/disclosetv/status/1352608657230483457

Il y a très peu de chances que les ingénieurs de Microsoft développent un jour ce système. Tim O’Brien, directeur général des programmes d’IA chez Microsoft, a tweeté qu’il n’avait pas connaissance de projets visant à donner vie à ces algorithmes.

L’idée que vous puissiez, à l’avenir, parler à une simulation représentant une personne décédée n’est pas nouvelle. Plusieurs startups préparent le terrain pour ce futur, en compilant des données sur les personnes vivantes et décédées afin de pouvoir créer des avatars numériques de ces personnes. Le voyage vers l’immortalité numérique ne fait que commencer.

Input, The Independent

Quelle forme de complicité a rendu Facebook possible ?

L’exemple de Facebook1 permet de remonter à la racine d’une « responsabilité du clic » associant le réflexe corporel – celui de cliquer, commun à toute l’économie du net – et le succès fulgurant d’une révolution globale non pas tant numérique (comme on se plaît à le dire) que politique. Facebook peut être considéré comme un exemple princeps de ce que Foucault nommait les « techniques du corps », exemple dont la valeur repose ici sur sa portée contre-intuitive, puisque l’Internet est réputé réaliser le triomphe de « l’immatériel ». Ainsi, la mystification est totale. La focalisation imaginaire sur la production des biens physiques – telles une voiture ou une paire de chaussures – fait volontiers oublier aux militants écologistes combien les réseaux ont accaparé un potentiel de croissance économique exponentielle qu’eux-mêmes hésitent à intégrer dans leur critique, en raison d’un désir de propager leur propre audience par ces moyens-là, désormais déclarés incontournables. Cette croissance est destinée à devenir ubiquitaire avec l’implantation du réseau 5G (de cinquième génération) et la généralisation de l’Internet des objets, ce qui montre à rebours que le capitalisme n’a pas dit son dernier mot sur les objets matériels : il s’agit par là de créer de toutes pièces une nouvelle phase d’accumulation qui ne laissera aucun geste quotidien en dehors de son emprise jusqu’à s’implanter dans le corps humain. Il s’agit de coloniser sans reste toute chose et tout être, et même les flux de pensée, avec notre consentement imperceptible, au nom de l’argument selon lequel il n’y a rien de mal à promouvoir des technologies si pratiques et si rapides. La croissance économique se présente ainsi sous les espèces d’une communication inoffensive, qu’il convient seulement de « faciliter » dans l’intérêt de tous, au service de bonnes causes, alors qu’elle vise à absorber l’ensemble des sphères non économiques dans sa progression dévorante. Ce faisant, elle parachève l’intégration de toute critique dans l’escarcelle de sa propre valorisation. Elle réussit à éliminer son propre dehors en contribuant à l’inanité de toute opposition politique – ceci dans la mesure même où elle prétend faciliter la diffusion de causes politiques. L’argument selon lequel on doit à Facebook (et d’autres réseaux sociaux) le départ et la diffusion de contestations sociales doit être analysé à l’aune de la croissance de Facebook lui-même, qui, pendant qu’on poussait les représentants de l’État à la démission, engrangeait les bénéfices cachés de ces révoltes : nous avons insensiblement changé de maîtres. La critique de la croissance peut ainsi en rester à la critique fétichiste des objets physiques en éludant les progrès d’une infrastructure de la communication prétendument acceptée pour la bonne cause. Ce faisant, elle nourrit un capitalisme à qui elle demande en même temps de décroître ou de disparaître. Cela démontre par les faits l’inconséquence d’une critique qui ne va pas jusqu’à considérer sérieusement l’affirmation de MacLuhan sur l’identité du message et du média. Que ne faut-il de naïveté ou d’idéologie pour penser qu’une bonne idée se suffit tellement à elle-même qu’elle n’a pas à s’interroger sur ses voies de médiatisation !

Facebook offre un cas d’espèce qui permet de définir un certain type d’enrôlement subjectif et d’éclairer la nature de certains compromis apparemment sans retour. La rumeur qui parlait d’une candidature de Zuckerberg aux élections américaines est à prendre au sérieux, même si la réputation de l’entreprise est désormais entachée : nous savons que le scénario d’un président milliardaire sans expérience politique est possible, aussi le scénario d’un milliardaire de la Silicon Valley président des États-Unis n’est pas à exclure. Comme chacun sait, Mark Zuckerberg a dû répondre en 2018 devant le Sénat américain et le Parlement européen du scandale de la vente des données personnelles à Cambridge Analytica, c’est-à-dire pour avoir transgressé le respect de la vie privée des utilisateurs et avoir permis que soient influencés les résultats des présidentielles Américaines. Mais la dénonciation aussi irrégulière qu’inefficace du monopole des GAFAM2 semble incapable de mener à une poursuite juridique à l’aide des seules lois antitrust américaines, en raison de l’intérêt pour le bien commun dont se targuent les géants du monde numérique : investissement dans la recherche scientifique (qui est cependant bien davantage qu’une recherche désintéressée puisqu’elle porte un vaste projet de société) et accession des particuliers à une multitude de services « gratuits ». Ces lois américaines qui surent dans le passé conduire au démantèlement d’entreprises aussi influentes que la Standard Oil ne s’appliquent plus à la situation actuelle. C’est pourquoi un auteur libéral comme Luc Ferry n’a rien de mieux à proposer aux Européens que de créer leur propre GAFAM. Leur monopole et leur ascension politique a déjà réussi la paralysie du monde politique, au point que la seule « alternative » aux GAFAM américains serait des équivalents européens, ce que les Chinois ont bien compris avant tout le monde avec leurs BATX3. L’arrogance européenne consistant à considérer par provision l’Europe comme naturellement porteuse de valeurs plus hautes – capable de transcender les horreurs américaines et chinoises – est une fois encore sans limites. Mais la menace que font peser les GAFAM sur l’économie et la politique elles-mêmes est la raison pour laquelle ces entreprises sont désormais dans le viseur de tout le spectre politique de droite comme de gauche, y compris américain : elles sont déclarées contrevenir aux règles minimales du libre-échange et inquiètent donc non pas tant pour leurs vertus capitalistes que pour leur nature anticapitaliste4, comme un tricheur à qui on rappelle les règles du jeu, sauf que c’est désormais le tricheur qui fait les règles. Il n’est donc pas étonnant qu’une libérale comme Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence (et, depuis le 1er décembre 2019, vice-présidente de la commission européenne en charge du numérique), ait fait de la lutte contre les GAFAM son plus grand défi. Comment en sommes-nous arrivés à une situation où des entreprises en situation de monopole mondial sont devenues à ce point capables de dicter les règles du jeu politique ? Il est possible d’étudier toute la stratégie commerciale de ces firmes pour en tirer des conclusions sur leurs ambitions politiques, dont le transhumanisme est le fleuron idéologique. Mais cette approche ne suffit pas : elle n’explique pas la protestation persistante des utilisateurs même les plus gauchistes et les plus anticapitalistes en faveur de Facebook « malgré leur répugnance », et ceci en dépit des nombreux signaux d’une modification sournoise et fondamentale de la vie politique que Facebook et d’autres ont déjà enclenchée et bientôt remportée. Il n’est que de voir le nombre de lieux qui se disent anticapitalistes et alternatifs, dont le compte Facebook est mieux mis à jour que leur site Internet : ce qui contribue de fait soit à forcer le sympathisant à ouvrir un compte Facebook pour accéder aux contenus, soit à l’exclure de ces mêmes contenus s’il persiste à refuser de se joindre à la communauté Facebook. On conviendra que c’est là un comble pour toute pensée critique. Qu’on en juge par les propos sans fards de Peter Thiel, fondateur de PayPal, actionnaire de Facebook, transhumaniste, libertarien élitiste et adversaire résolu de la démocratie : « Nous sommes engagés dans une course à mort entre la politique et la technologie. Le sort de notre monde dépend d’un seul individu, d’une personne, qui sera capable de bâtir et diffuser des outils technologiques favorisant la liberté et permettant un monde plus sûr pour l’épanouissement du capitalisme5. » Les États, pour rester dans la course, sont sur une pente glissante : la France des droits de l’homme n’a pas craint de faire passer sans débat parlementaire en 2016 un méga-fichier (Titres électroniques sécurisés) qui centralise les informations personnelles et biométriques de tous les Français. L’Europe met à l’essai « à des fins de recherche » un système de contrôle aux frontières européennes (iBorderCtrl) financé par la Commission européenne, qui utilise les technologies de reconnaissance faciale, un détecteur de mensonges et le recueil des données – tout ceci au nom du confort des usagers et de la sécurité collective qui seront les critères décisifs pour l’éventuelle adoption ultérieure de ce système de contrôle. Nous sommes insensiblement, une étape après l’autre, dépossédés du droit de ne pas être traçabilisés et personne ne sait à quoi peut servir dans un avenir incertain la constitution de tels fichiers (dont l’exemple de la Chine donne un certain avant-goût). Il n’y a aucune raison de penser qu’ils ne vont pas continuer de s’étendre en volume et en applications, toujours pour la bonne cause. « On vous protège », affirme désormais péremptoirement le métro parisien pour justifier les caméras de surveillance. Le progrès technologique est vu ici comme un développement autonome, naturel, cosmique en somme, contre lequel seules des interdictions puissantes auraient peut-être une chance de nous sauver du désastre. Il n’y a pas de choix ; il n’y a que des permissions ou des interdictions, des évitements ou des facilitations d’un phénomène qui, pour ainsi dire, se passe sans nous (dans la droite continuation du fétichisme du progrès). Pendant ce temps, nous continuons de nous enfoncer mollement dans la consommation numérique comme dans un sommeil de nos facultés critiques. Je prie le lecteur d’imaginer sur quelle pente nous mène ce faisceau de tendances qui concourent, mises ensemble, à transformer la planète en lieu invivable et sans échappatoire et l’humanité à un troupeau d’enfants qu’on dresse, qu’on surveille, qu’on protège et qu’on évalue.

Or tout se passe ainsi comme si nous avions (presque) tous voté pour Facebook et que nous considérions cette dictature d’un genre nouveau (sans doute difficile à décrypter aux habitudes héritées de l’histoire des dictatures) comme la seule option possible, rapportée à une inoffensive évolution des pratiques – du moins aussi longtemps que quelqu’un d’en haut ne nous en aura pas libérés, comme des enfants pris au piège. C’est dans ce contexte qu’il convient de replacer la demande répétée aux institutions européennes de nous libérer des GAFAM. Se peut-il que tout le monde s’en serve, mais que personne n’en veuille ? Voulons-nous ce que nous désirons, pour reprendre une formule de Lacan ? Personne ne se risque à dire sur quel modèle économique l’Europe pourrait sortir des GAFAM, étant donné qu’une version européenne des GAFAM fondée sur le même modèle économique n’aurait évidemment rien d’émancipateur, sauf à supposer qu’un label européen serait naturellement plus moral qu’un label étranger, comme tend à le croire le vieux chauvinisme européen. Quoi qu’il en soit, les politiques nationales et européennes sont dans l’impasse et leurs représentants sont détestés à la mesure de l’attente exorbitante à leur endroit. Que dire ici des utilisateurs de Facebook ? Ils ne semblent à tout le moins pas faire grand cas ni de leurs données personnelles, ni des projets qu’elles permettent de financer, ni des influences qu’on exerce sur eux. Pourquoi en effet poursuivre les entreprises si le public en redemande ? La même personne qui ne se déclare pas prête à quitter Facebook peut à la fois critiquer la viduité de la plus grande partie des communications échangées sur Facebook, jouer tout de même les « infiltrés » et en appeler à la lutte active contre les GAFAM6. De manière caractéristique, cette argumentation manie soumission et fausse critique sans rien trancher sur le fond. À côté de l’argument pratique, il se développe en particulier une série de « justification par l’infiltration » : être présent sur Facebook permettrait justement d’observer Facebook, voire permettrait de répandre à grande échelle des informations critiques, de lancer des mouvements ou d’accéder soi-même à des informations inaccessibles ailleurs (alors même que tant d’informations sont notoirement des fake news et que tant d’autres sont censurées). Voyons plutôt ce que déclarait l’une des collaboratrices de Facebook au souvenir de l’introduction des News Feed en 2006 :

« Nous nous sommes réveillés avec des centaines de milliers de gens indignés. Pendant la nuit, des groupes Facebook comme “je déteste newsfeed”, “Ruchi [la collaboratrice en question] est le diable” s’étaient constitués. Des reporters journalistiques et des étudiants étaient campés devant les bureaux. Nous avons dû nous faufiler discrètement par la sortie arrière pour quitter le bureau. Des tas de gens nous demandaient de fermer définitivement News Feed. Et la plupart des autres entreprises auraient exactement fait cela, en particulier si 10 % de leurs usagers menaçaient de boycotter le produit. Mais nous ne l’avons pas fait… En fait, News Feed a marché. Au milieu de tout ce bazar, de toute cette indignation, nous avons remarqué quelque chose d’inhabituel. Bien que chacun prétendait le détester, l’activité avait doublé7. »

La mesure de l’action plutôt que celle de l’opinion aura ici été déterminante : non pas ce que vous dîtes, mais ce que vous faites. C’est bien le coup de clic qui aura été décisif, cette sorte de réflexe inscrit dans la peau des utilisateurs de l’ère numérique. Cela porte un nom en théorie néoclassique : ce sont les préférences révélées8. L’écart entre l’indignation affichée des utilisateurs et le succès réel de la chose (« News Feed a marché… l’activité avait doublé ») justifie la poursuite de l’entreprise, ressort ultime de son ascension. Le compromis passé à ce moment-là ouvre une voie qui, semble-t-il, est sans retour : une fois que ce cap fut franchi, Facebook devint en quelques années toujours plus puissant et politiquement hors d’atteinte. Les conditions d’installation initiales furent comme frappées de refoulement. Le compromis originel devient illisible dans ce que Freud nomme les phénomènes de déplacement ou de condensation : le destin du compromis est d’avoir effacé ses propres traces. Il n’empêche que le monde numérique est plein de repentis, tel le fondateur de WhatsApp qui, après avoir revendu l’application à Facebook investit désormais dans la protection des données, laquelle ne change rien au modèle économique de Facebook : elle renforce au contraire sa légitimité écornée. L’opinion d’une gauche imbue d’elle-même selon laquelle nous ne voulons pas de ce modèle de société est contredite par l’ascension arrogante de ce même modèle assise sur une complicité généralisée. Se peut-il alors que les gens ne reçoivent pas autre chose en fait que ce qu’ils veulent vraiment ? Leur véritable désir est-il celui, pur, qui précèderait le moment de corruption, ou bien celui révélé par l’offre qu’ils acceptent gracieusement ? Cette spirale rétroactive ne se ferme sur aucune ontologie subjective susceptible d’endosser l’entière responsabilité du circuit de l’offre et de la demande. Leur vrai désir n’est certainement ni l’un ni l’autre : le désir n’a pas de substance. Lacan a dit que le désir de l’homme, c’est le désir de l’Autre : toutes les gesticulations sur mon désir insatisfait ne valent pas un instant de considération si mon adresse constitue un ralliement secret à cet Autre incarné dans le discours du moment – en attendant le prochain discours. À charge donc pour le critique d’incarner un autre discours. Le moment fictif de corruption (celui où un utilisateur se met à agir d’une manière qu’il réprouve ou prétend réprouver) est lui-même ce point évanouissant d’une subjectivité impossible à objectiver à la fin autrement que dans la somme de ses actes. L’autre sujet, celui de l’inconscient, celui qui articule la structure « je sais bien, mais quand même… », n’est justement pas lisible dans l’ordre du monde algorithmique. Que vous ayez un doute, une mauvaise conscience ou un repentir ne compte pas pour les big data, qui ne font que totaliser des actes. Il s’ensuit que ce réseau social est probablement l’entreprise la plus populiste au monde, à savoir qu’il accorde une certaine fonction politique à la multitude dont il révèle ou façonne une préférence en supplantant imperceptiblement dans son creuset algorithmique toutes les formes connues d’organisation politique.

Mark Zuckerberg ne cesse de protester ingénument (lui aussi) du fait qu’il n’avait aucune autre intention que celle de lancer un réseau efficace et enrichissant pour les utilisateurs. Il nous semble décidément n’avoir à faire qu’à une humanité exclusivement soucieuse de générosité et de partage. Mais l’histoire de Facebook montre que la bonne intention dérape à un endroit de sa collusion obscure avec l’Autre au cours de son processus de multiplication. N’est-ce pas à juste raison que Zuckerberg ne manque jamais de remercier les utilisateurs de l’avancement de son grand projet universel ?

« À un moment, il [Mark Zuckerberg] décida que le principe universel qui vaut ici, c’est celui de l’acte d’engagement. Ce à quoi nous devrions vraiment prêter attention, ce dont il s’assurera que nous y prêtions attention, ce sont les choses qui génèrent de l’engagement. […] Le behaviourisme est ancré dans Facebook. Facebook n’en a pas fait mystère. Facebook est constamment en train d’ajuster ses algorithmes pour essayer de commuter nos états émotionnels positifs, qu’on appelle habituellement le bonheur. C’est l’une des raisons pour lesquelles Facebook mesure le bonheur du mieux qu’il peut, ou du moins c’est ce que pensent ses administrateurs. Voilà pourquoi ils ont conduit des études sur le changement de l’humeur (et cela leur causa des problèmes). C’est le genre d’ingénierie sociale qu’ils veulent mettre en place. C’est l’une des raisons pour lesquelles ils essayent d’appliquer le principe de mesure hédoniste à toutes les espèces9. »

Or Zuckerberg n’a pas mieux à promettre que ses investissements dans le domaine de la connexion télépathique universelle et la disparition de toutes les maladies de la terre, projets qui en d’autres temps seraient passés pour ceux d’un dangereux psychopathe. Lorsqu’il dévoile son projet d’interface cerveau-ordinateur, qui serait capable de transformer le flux des pensées en données partageables et en interaction directe avec les objets connectés, il n’a aucune raison de douter qu’une telle technologie trouvera des utilisateurs, conformément aux principes qui ont fait leurs preuves jusqu’à présent : « Je suppose que ce serait quelque chose que quelqu’un choisirait d’utiliser comme produit10. » Le fantasme de symbiose technologique tire son ressort de la promesse de surmonter la division du sujet par la fusion de l’environnement et de l’individu – en quoi notre civilisation s’avance dangereusement au bord de l’abîme de la responsabilité. Ceci dit indépendamment de la faisabilité de ce projet, qui reste bien sûr incertaine.

Et tandis que la seule solution, mais la plus improbable d’après certains critiques, serait de quitter massivement Facebook, on argue en face qu’il est peine perdue de quitter Facebook (les données étant récoltées partout ailleurs, autant dire qu’il est trop tard) et qu’on ne voit pas comment garder contact avec famille et amis, organiser un événement d’envergure ou lancer un mouvement contestataire sans un service équivalent à celui de Facebook11. Si une étude déplorait un quart de fermeture de comptes Facebook par les utilisateurs américains lors du deuxième trimestre 2018 (mais seulement environ 1 % de baisse d’utilisation active en Europe), Facebook n’est pas menacé et détient suffisamment d’autres services par ailleurs. Chacun sait que lorsque les utilisateurs sont lassés d’un service, il suffit – c’est de bonne guerre capitaliste – d’en proposer un nouveau. Ce point de fuite est caractéristique d’une incapacité croissante des peuples et des individus à dire non, le refus ponctuel étant de toute façon immédiatement réorienté vers une nouvelle offre. Il faut donc le dire : Mark Zuckerberg a dû répondre des opérations de son entreprise, mais les utilisateurs sont à la fin lavés de toute responsabilité. Eux n’ont que de bonnes raisons, ludiques ou sérieuses, et toujours déclarées « pratiques », de rester utilisateurs d’un réseau qui, en vérité produit une accumulation capitaliste exponentielle grâce à leurs données personnelles et met en œuvre une révolution politique. Or ce n’est pas le règlement général sur la protection des données (RGPD) qui change quoi que ce soit à cette politique ; ce dernier parachève la perversion en permettant la récolte des données… avec votre consentement obligatoire, même si celui-ci est obtenu en un clic négligeant. Même si la case cochée par défaut n’est plus légale, on peut se demander quel utilisateur lit à chaque fois l’intégralité des conditions d’utilisation et s’embête d’un long détour pour refuser son accord. De plus le RGPD ne s’applique qu’en cas d’identification personnelle des données, mais ne s’applique pas à leur recueil anonyme à des fins statistiques (certains types de cookies), ce qui égare l’utilisateur. Il s’ajoute à cela un certain nombre de détournements des conditions d’utilisation qui ont été dénoncées en France par l’association la Quadrature du Net. La tactique du plus malin caractérise le recueil du consentement qui n’est pas du tout aussi « univoque » que le prétend le RGPD. En pratique, c’est une demande fastidieuse répétée à chaque nouveau site, renouvelable régulièrement, soumise à des conditions d’utilisation et à des paramétrages qui n’intéressent pas le profane. Le consentement s’obtient en harassant l’utilisateur par une demande répétée faîte dans des conditions qui dérangent sa navigation. Or le consentement obtenu de cette manière est d’ores et déjà l’argument imparable de Facebook dans les plus récentes accusations de collecte de données qui se poursuivent en contournant le règlement européen par le biais d’applications mobiles, faisant de l’utilisateur un « complice12 » par sa négligence même à vérifier les conditions d’utilisation au moment de l’installation d’une application. Nous retrouvons au cœur de la question de la responsabilité la notion de consentement qui est tout sauf « univoque », contrairement à ce que prétend le RGDP. C’est plutôt en se fondant sur une équivoque fondamentale du consentement que Facebook peut continuer à déployer son modèle commercial. Comment Facebook cesserait-il, du reste, de collecter des données, puisque tout son modèle politique et commercial est bâti là-dessus ? Pourquoi fait-on mine tous les quatre matins de redécouvrir la même chose et de s’en offusquer ? Seule l’interdiction pure et simple de l’utilisation commerciale des données mettrait en péril le monopole, voire l’existence de Facebook. Au risque d’avoir un tiers de l’humanité en révolte pour défendre leur réseau social ?

Le mythe d’un Facebook générateur de rassemblement horizontal et de révolutions sociales (printemps arabes, gilets jaunes) oublie que ces révolutions sont retombées comme des crêpes, débouchant ici sur de nouvelles dictatures, là sur des réclamations populistes qui ne démontrent aucunement la capacité des citoyens à concevoir et organiser une nouvelle société, car une nouvelle organisation demande, comme disaient les surréalistes, de changer la vie et non pas seulement de répandre des mots d’ordre sur les réseaux. On ne pourra changer la vie qu’en reprenant la main sur les circuits de production et de décision politique. La « communauté globale » que promeut Facebook pour faire face aux défis globaux (tels le terrorisme, la crise des réfugiés ou le changement climatique13) ne démontre que l’ambition de son fondateur, pas seulement de renvoyer à la société son miroir supposé, mais aussi d’être à la source d’un changement mégalomane de société auquel chacun de nous a renoncé à toute petite échelle (à l’échelle de changer la vie). C’est ainsi qu’un enchaînement d’effets de masse conduit un fantasme ordinaire (qui ne voudrait sauver le monde ?) mais réprimé vers un effroyable degré de réalisation parfaitement combiné à l’apathie générale. Il repose sur la réorientation de toute activité de changement politique vers une émotion cliquée.

Chacun s’émut d’apprendre que « la démocratie est menacée » lorsqu’une frange d’électeurs fut subrepticement influencée pendant la campagne politique de Donald Trump : mais qui met en doute la psychologie behavioriste rudimentaire qui fonde cette affaire, selon laquelle il suffit d’envoyer un message ciblé à la bonne frange d’électeurs et au bon moment pour faire tourner le vent politique ? L’idée fondamentale est que les électeurs, comme les consommateurs, sont des sortes d’animaux manipulables à volonté, et non des sujets responsables de leur vote, quelque légère ou versatile que soit leur opinion. C’est une vision qui n’est ici pas un instant mise en doute : l’homme est un animal qui répond à des signaux. Il n’est donc pas responsable de ce qu’il fait et il convient uniquement de s’assurer de lui trouver un maître pas trop mauvais ou de vérifier les signaux qui lui sont envoyés, au cas où ils seraient malveillants, racistes, sexistes ou encore simplement faux. Il faut protéger la petite tête influençable du citoyen. Il y a beaucoup plus de souci à se faire sur cette définition animalière de l’homme réagissant au premier stimulus venu (comme si rien ne venait de lui et qu’il n’avait aucune responsabilité dans sa réponse) que sur les politiques d’un Trump ou d’un Zuckerberg qui du reste ont été portés au sommet par les peuples – l’un par le vote politique, l’autre par le vote économique. Deux formes de choix social qui ont bien en commun certains principes et certains paradoxes, notamment celui de ne jamais pouvoir refléter le désir supposé de l’individu, et donc de pouvoir donner lieu à des résultats collectifs aberrants, qui relancent, à rebours, l’insondable question de leur rapport à l’individu. Ce dernier évitera ainsi de se demander ce qu’il a à voir avec un résultat collectif dont il croyait ne pas vouloir. L’individu, citoyen ou utilisateur, préférera rejeter en bloc les élites et les représentants, accusés d’avoir menti sur la marchandise, plutôt que de remonter à la racine du compromis passé avec les forces qui le dépossèdent de son pouvoir d’agir. L’exemple de Facebook et d’autres plateformes à l’ascension fulgurante met en évidence par quel compromis imperceptible nous mettons le pied dans un engrenage qui ne tarde pas à apparaître ensuite comme une machine écrasante sur laquelle l’individu n’a plus aucune emprise. Facebook représente en ce sens le récapitulatif fulgurant de toute l’histoire du capitalisme.


Notes :

1Cet article correspond au treizième chapitre de l’ouvrage paru le 5 décembre 2019, reproduit ici avec de légères modifications avec l’accord de l’éditeur : Sandrine Aumercier, Tous écoresponsables ? Capitalisme vert et responsabilité inconsciente, Libre & Solidaire, 2019.

2Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft

3Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi.

4Larry Elliott, « Is it Time to Break Up the Tech Giants Such as Facebook ? », The Guardian, 25 mars 2018.

5Fabien Benoit, « Peter Thiel, l’homme qui voulait achever la démocratie », Usbek et Rica, 17 juin 2018.

6 Olivier Erztscheid, « Pourquoi je ne quitte pas (encore) Facebook », Libération, 24 avril 2018.

7 Ruchi Sanghvi, post Facebook, 06 septembre 2016, cité par Andrea Huspeni, « Mark Zuckerberg Reveals the 5 Strategies that Helped Facebook Grow at an Insane Rate », Entrepreneur, 25 mai 2017.

8Olivier Mongin, « Les préférences révélées et la formation de la théorie du consommateur », in Revue économique, vol. 51, n° 5, septembre 2000.

9Alexis C. Madrigal, « Were We Destined to Live in Facebook’s World ? », Entretien avec Siva Vaidhyanathan, The Atlantic, 24 juillet 2018.

11Brian X. Cjen, « Want to #DeleteFacebook ? You Can Try », New York Times, 21 mars 2018.

12Hatim Boumhaouad, « Exploitation des données personnelles par Facebook : l’usager est-il complice ? », The Conversation, 7 avril 2019.

13Alexis C. Madrigal, « The Education of Mark Zuckerberg », in The Atlantic, 20 novembre 2017.

La France lance un programme national d’identification faciale à l’échelle nationale

La France est sur le point de devenir le premier pays européen à utiliser la technologie de reconnaissance faciale pour donner aux citoyens une identité numérique sécurisée, qu’ils le souhaitent ou non.

Le gouvernement du président Emmanuel Macron, qui dit vouloir rendre l’État plus efficace, fait avancer le projet de déploiement d’un programme d’identification, baptisé Alicem “Authentification en ligne certifiée sur mobile”. Il sera déployée en novembre. Le régulateur des données du pays affirme que le programme viole la règle européenne du consentement et qu’un groupe de protection de la vie privée le conteste devant la plus haute juridiction administrative de France. Il a fallu un peu plus d’une heure à un pirate informatique pour pirater une application de messagerie “sécurisée” du gouvernement cette année, ce qui soulève des inquiétudes quant aux normes de sécurité de l’État.

Rien de tout cela ne décourage le ministère de l’intérieur français.

“Le gouvernement veut amener les gens à utiliser Alicem et la reconnaissance faciale”, a déclaré Martin Drago, un avocat membre du groupe de protection de la vie privée La Quadrature du Net qui a porté plainte contre l’État. “Nous nous dirigeons vers une utilisation massive de la reconnaissance faciale. Peu d’intérêt pour l’importance du consentement et du choix.” L’affaire, déposée en juillet, ne suspendra pas Alicem.

Identités numériques

La France rejoindra ainsi les Etats du monde entier qui s’empressent de créer des “identités numériques” pour donner aux citoyens un accès sécurisé à tout, de leurs impôts et de leurs banques aux factures de sécurité sociale et de services publics. Singapour utilise la reconnaissance faciale et a signé un accord pour aider le Royaume-Uni à préparer son propre système d’identification. L’Inde utilise la balayage de l’iris.

La France affirme que le système d’identification ne sera pas utilisé pour surveiller les résidents. Contrairement à la Chine et à Singapour, le pays n’intégrera pas la biométrie de reconnaissance faciale dans les bases de données d’identité des citoyens. En fait, le ministère de l’Intérieur, qui a développé l’application Alicem, affirme que les données de reconnaissance faciale recueillies seront supprimées lorsque le processus d’inscription sera terminé. Cela n’a pas empêché les gens de s’inquiéter de son utilisation abusive potentielle.

“Se lancer dans la reconnaissance faciale à ce stade est un risque majeur” en raison des incertitudes sur son utilisation finale, a déclaré Didier Baichere, un législateur du parti au pouvoir qui siège à la commission “technologies du futur” du Parlement et qui est l’auteur d’un rapport sur ce sujet en juillet. Permettre l’utilisation de masse avant de mettre en place des freins et contrepoids appropriés est “ridicule”, a-t-il déclaré.

Image publicitaire du ministère de l’Intérieur pour Alicem.

Sans consentement

L’application exclusivement Android et portant le blason de la République française, que Bloomberg a pu consulter, sera le seul moyen pour les résidents de créer une identité numérique légale et la reconnaissance faciale en sera l’unique catalyseur. Un identifiant sera créé par le biais d’une inscription unique qui consiste à comparer la photo de l’utilisateur figurant dans son passeport biométrique à une vidéo selfie prise sur l’application qui capturera les expressions, les mouvements et les angles. Le téléphone et le passeport communiqueront via leurs puces intégrées.

Les opposants affirment que l’application enfreint potentiellement le règlement général européen sur la protection des données, qui rend obligatoire le libre choix. Emilie Seruga-Cau, qui dirige le service des affaires régaliennes à la CNIL, le régulateur indépendant du pays pour la protection de la vie privée, a déclaré que ses préoccupations étaient “très claires”.

La sécurité est une autre préoccupation. Les autorités disent que la sécurité d’Alicem est au “plus haut niveau de l’Etat”. Pourtant, en avril, Robert Baptiste, un pirate informatique qui se fait appeler Elliot Alderson sur Twitter, a pu accéder en 75 minutes à l’une des applications “hautement sécurisées” du gouvernement, ce qui soulève des questions sur la résilience de la sécurité en ligne de l’État.

“Le gouvernement ne devrait pas se vanter que son système est sécurisé, mais accepter d’être contesté”, a déclaré Baptiste.” Ils pourraient débloquer des primes pour la découverte de bugs critiques avant de commencer, parce que ce serait grave si des failles étaient découvertes après que les gens commencent à l’utiliser, ou pire si l’application est piratée lors de l’inscription, lorsque les données de reconnaissance faciale sont recueillies”.

Fuite d’une base de données de reconnaissance faciale en Chine

Les législateurs de l’opposition s’inquiètent de l’intégration de la reconnaissance faciale dans les lois permettant de suivre les manifestants violents, comme lors des manifestations du gilet jaune. Drago, qui conteste les projets du gouvernement sur les questions de confidentialité et de consentement, a déclaré que l’absence de débat “permet à l’État d’aller de l’avant, sans entraves”.

Pendant ce temps, les tests de reconnaissance faciale se multiplient. La surveillance par caméra en direct dans les rues du Pays de Galles a été jugée légale ce mois-ci par un tribunal de Londres. L’Allemagne, les Pays-Bas et l’Italie l’utilisent pour accélérer les contrôles aux frontières. En août, l’autorité suédoise de protection des données a infligé une amende à la municipalité de Skelleftea pour avoir testé la reconnaissance faciale d’élèves du secondaire afin de mesurer leur fréquentation. Apple Inc. a banalisé l’utilisation de la biométrie pour déverrouiller les téléphones portables.

La nouvelle Commission de l’UE, dont le mandat débute en novembre, a notamment pour objectif la construction d’une “Europe digne de l’ère numérique”. Un document de politique interne de la Commission décrivait en détail les mesures que l’UE devrait prendre pour maîtriser les technologies de l’intelligence artificielle, y compris la reconnaissance faciale.

“L’utilisation généralisée d’un équivalent de l’ADN public est un défi pour les régulateurs”, a déclaré Patrick Van Eecke, spécialiste de la vie privée et des données chez DLA Piper à Bruxelles. “L’utilisation par la France de la reconnaissance faciale pour l’identité numérique peut être envisagée de deux façons : elle va trop loin en termes de respect de la vie privée, ou elle utilise la nouvelle technologie la plus sûre.

Bloomberg, Numerama

La Thaïlande approuve une loi controversée sur la cybersécurité

La Thaïlande adopte une loi permettant à l’État d’accéder aux communications privées

L’Assemblée législative nationale thaïlandaise a adopté une loi controversée sur la cybersécurité pour permettre à l’État de perquisitionner, saisir et infiltrer des données et du matériel informatique sans ordonnance judiciaire.

Un projet de loi sur la protection des données personnelles adopté plus tôt dans la même journée n’assurerait aucune protection, puisqu’il prévoit une exemption pour les demandes de données émanant d’un service de sécurité de l’État.

Phys.org

Et si nos vies n’étaient qu’énigme ?

ISBN- 979-1034603879

« Là où c’était à l’instant même, là où c’était pour un peu, entre cette extinction qui luit encore et cette éclosion qui achoppe, Je peux venir à l’être de disparaître de mon dit » Lacan, Ecrits, page 801.

L’homme parle et ne sait pas ce qu’il dit, il désire mais ne sait pas quoi, il jouit mais ne s’en satisfait pas…

Il y a chez l’être humain – parlêtre dirait Lacan – cette vibration intime et secrète de la chair depuis que le Verbe l’a percuté et cette vibration, cette pulsation, c’est le vivant.

Depuis toujours, l’homme a été intrigué par ce vivant mystérieux. Il a voulu le comprendre, l’expliquer,le maitriser, l’évaluer, etc. Il en appelé à l’écriture, à l’image, à la philosophie, aux mathématiques, à l’art, aux religions, et plus que jamais à la science. Ainsi sommes nous passés de Thalès calculant la hauteur de la pyramide de Khéops en mesurant l’ombre portée de son corps, à Armstrong marchant sur la lune…

La science dont la fonction est d’établir des rapports, n’avait pas, jusqu’à il y quelques décennies, répondu aux « origines » et aux « fins ».

Aujourd’hui, elle le veut. Et le prouve en dissociant, par exemple, la parentalité de la reproduction ou en nous promettant l’éternité !

Naguère, la puissance du réel était dévolue au divin. Désormais, le discours scientifique s’en empare,prouvant une fois de plus que rien n’est plus insupportable que le réel, rien n’est plus déconcertant que l’impossible à dire et à se représenter. Alors, autant le confondre, ce réel, avec la réalité !

Cependant, paradoxalement, plus ce discours se veut riche de promesses et plus notre errance s’accroît, ne sachant pas davantage d’où nous venons, ni même où nous allons…

« La psychanalyse trouve sa diffusion en ceci qu’elle met en question la science comme telle – science pour autant qu’elle fait de l’objet un sujet, alors que c’est le sujet qui est de lui-même divisé. » Lacan, Le Séminaire XXIII, p.36.

Actes du colloque organisé par le Collège des humanités les 24 et 25 septembre 2016.

Les auteurs :
Marc Lévy, Psychiatre, psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP, à Montpellier
Augustin Menard, Psychiatre, psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP, à Nîmes
Patrick Lévy, Ecrivain, Poète, Kabbaliste
Esthela Solano, Psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP, à Paris
Jacques Borie, Psychanalyste à Lyon, membre de l’ECF et de l’AMP
Jean-Paul Laumond, Roboticien, directeur de recherche au CNRS-LAAS de Toulouse
Catherine Vidal, Neurobiologiste, Directrice de recherche à l’Institut Pasteur
Valerie Arrault, Professeur en Arts et sciences de l’Art, univ. Paul Valery, Montpellier 3
Jean-Daniel Causse, Professeur au dépt de Psychanalyse, univ. Paul Valéry, Montpellier 3
Jean-Michel Besnier, Professeur de philosophie, Paris 4, docteur en sciences politiques

NEC apporte des solutions biométriques pour la police à l’Assemblée générale d’INTERPOL

NEC présentera ses solutions de cybersécurité et de biométrie pour la police lors de la 85ème exposition de l’Assemblée générale de l’OIPC-INTERPOL au Bali Nusa Dua Convention Center (BNDCC), en Indonésie, cette semaine.

La solution de cybersécurité de l’entreprise utilise une combinaison de technologies et de solutions de sécurité pour protéger les environnements TIC à grande échelle. La suite de la solution de médecine légale numérique (Digital Forensic Solution) aide les organismes chargés de faire appliquer la loi, à lutter contre la cybercriminalité et donne aux organisations des connaissances pour des domaines médico-légaux spécifiques, y compris : la médecine légale d’appareils mobiles ; médecines légales de disque ; médecines légales de Malware, et, médecines légales de mémoire. La suite comprend également une solution de sécurité de nouvelle génération pour contrer les menaces inconnues en utilisant une technologie heuristique progressive et d’autres développements dans une solution basée sur les analyses.

NEC expose également sa technologie biométrique de reconnaissance faciale et sa technologie d’appariement d’empreinte digitale incluant : NeoFace Watch, application de reconnaissance faciale pour la surveillance vidéo en temps réel, recherche de visuels hors ligne et recherche de visages à gros volumes; NeoFace Reveal, un poste de travail à face latente offrant la possibilité d’améliorer les images de visage latentes de mauvaise qualité, de rechercher des dépôts d’images et d’identifier des candidats potentiels; NeoFace Smart ID et NeoScan45, une application mobile équipée de capacités de capture multi-biométriques incluant des images faciales, des empreintes digitales et des voix en plus de données descriptives; SmartScan, une solution de capture multimodale avancée.

Juste la semaine dernière, NEC a lancé globalement NeoFace Image data mining (NeoFace Idm), un logiciel spécialisé qui utilise l’intelligence artificielle pour rechercher rapidement et précisément des séquences vidéo, comme le contenu des caméras de vidéosurveillance, pour des personnes spécifiques.

BiometricUpdate

NEC lance un logiciel d’IA – NeoFace – avec une recherche individuelle spécifique

NEC Corporation a lancé à l’échelle mondiale NeoFace Image Data Mining (Extraction de données d’images) – NeoFace Idm – un logiciel spécialisé qui utilise l’intelligence artificielle pour rechercher rapidement et avec précision des séquences vidéos, tel que le contenu de caméras de vidéosurveillance, pour certains individus.

NeoFace Idm peut rechercher des sujets qui apparaissent à certains moments et endroits, ou qui apparaissent avec d’autres sujets d’intérêt spécifiques.

Le logiciel offre un éventail d’application, telles que les organismes d’applications de la loi chargée de la recherche d’enfants perdus et les détaillants offrant un service à la clientèle amélioré.

Lors de la recherche vidéo où apparaissent environ 1 million de cas individuels de données faciales, le logiciel peut effectuer des recherches dans les 10 secondes environ.

NeoFace Idm combine la « technologie de reconnaissance faciale la plus précise au monde » avec la technologie de « profilage des données spatio-temporelles » (Profiling Across Spatio-Temporal Data), qui génère des groupes de sujets basés sur leurs similitudes et effectue des recherches à grande vitesse pour des profils spécifiques.

« Ces dernières années, il y a une demande croissante pour l’analyse approfondie des images de caméra pour une utilisation dans les applications de sécurité et de marketing », a déclaré Noritaka Taguma, directeur général de la division transport et infrastructure de la ville de NEC. « NeoFace Idm répond à cette demande en fournissant des recherches à grande vitesse et de haute précision pour les personnes qui apparaissent dans des modèles spécifiques, qui ne pourraient pas être atteintes par le biais de recherches manuelles ou les technologies conventionnelles. »

Indiqué précédemment : NEC est actuellement en pourparlers avec les banques et les sociétés de cartes de crédit pour déployer la reconnaissance faciale pour les applications d’identification grand public.

FindFace, un puissant algorithme de reconnaissance faciale utilisé dans une application russe
→ Le système de reconnaissance faciale DeepFace, propriété du réseau social Facebook : Une IA capable de vous reconnaître sur n’importe quelle photo

BiometricUpdate

Parler avec les morts : intelligence artificielle et vieilles croyances

Une femme créé un programme qui parle avec les mots de son ami mort. Mais avec qui parle-t-elle ?

https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16371-01.11.2016-ITEMA_21122619-0.mp3?_=1


voir les articles sur : The Verge, Rue89

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