Le transhumanisme c’est quoi ?

ISBN : 9782204127479

• Comment est née l’idéologie transhumaniste ?
• Comment est-on passé de la volonté d’améliorer les conditions de la vie humaine au fantasme d’une nature humaine profondément modifiée ?
• Le transhumanisme est-il une utopie réalisable ?
• Quels en sont les fondements intellectuels ?
• Quels sont les dangers d’une telle entreprise ?
• Comment réhabiliter l’humanisme aujourd’hui ?

Trois spécialistes, un médecin, un philosophe et un théologien, répondent ici aux questions que pose aujourd’hui ce sujet de société aussi crucial que fascinant. Un ouvrage accessible pour connaître et comprendre le transhumanisme.

Transhumanisme : Est-il possible de dépasser l’humain par la technologie sans tomber dans l’inhumain ?

Au début de ce XXIe siècle, un courant né dans le monde anglo-saxon s’est proposé de mobiliser les nouvelles technologies pour permettre à l’être humain de faire reculer ses propres limites jusqu’à devenir transhumain — voire même posthumain — en modifiant son génome par la biotechnologie, en couplant son cerveau avec l’ordinateur, en transformant ses cellules par des matériaux plus solides à l’échelle nanométrique, etc.

Après une description de ce mouvement, une lecture critique sur le plan philosophique puis théologique est proposée. Que devient, dans cette perspective, la relation que l’homme avait nouée avec la nature et avec son semblable ? Quels droits s’arroge-t-il sur sa descendance et sur son propre corps ? Quelle est, finalement, cette sorte de nouvelle religion sans Dieu ? Un lexique explique, en fin d’ouvrage, les mots nouveaux.

Xavier Dijon est jésuite, professeur émérite à la Faculté de Droit de l’Université de Namur, collaborateur au Jesuit Refugee Service-Belgium.

Penser l’humain au temps de l’homme augmenté

Les progrès fulgurants des biotechnologies, combinés à la révolution des technologies de l’information, laissent entrevoir un avenir radicalement différent pour l’humanité. L’homme cybernétique, le « transhumain », peut-il vraiment « sauver l’homme » ou doit-il susciter nos craintes ?

À travers la critique de l’argumentaire transhumaniste, qui est fondé sur une conception appauvrie de ce qui fait l’humain, Thierry Magnin nous invite à porter un nouveau regard sur notre humble condition. Qu’est-ce que l’homme à l’heure où l’on pourra bientôt remplacer tous ses organes par des machines intelligentes, voire transférer son psychisme ? L’anthropologie chrétienne peut-elle nous aider à aborder avec confiance la révolution annoncée afin que celle-ci nous ouvre, non à un abandon de l’humain, mais à son plein accomplissement ?

Face à l’anthropologie de l’imposture

Discours académique de la séance solennelle de l’Institut de Théologie Orthodoxe Saint-Serge de Paris

Dimanche 8 février 2015, Par le R.P. Jean Boboc, professeur de Bioéthique

télécharger le PDF

Extrait :

L’antihumanisme des humanistes des Lumières, comme l’a si bien démontré le professeur Xavier Martin (Voltaire méconnu. Aspects cachés de l’humanisme des Lumières (1750-1800) ; L’homme des droits de l’homme et sa compagne (1750-1850). Sur le quotient intellectuel et affectif du ‘bon sauvage’ ; et dans « Le tribut des Lumières à la bioéthique », allié au culte de la raison, a généré le biotope propice à la floraison d’une anthropologie de l’émancipation et de l’autonomie humaine, renonçant au modèle chrétien de l’anthropologie révélée. Peut être, est-ce là, la première grande imposture éthique à laquelle se sont ralliés les bons esprits du XVIIIe siècle et les médecins philosophes qui voulaient recréer l’homme dans une apostasie civilisationnelle et précurseur du transhumanisme aujourd’hui déjà à l’œuvre et annonçant le post-humain. De l’homme-machine de Julien Offray de La Mettrie, dont le titre plaisait tant à Voltaire, on en vient la machine-homme.

[…]

Le professeur Testart, l’un des pères du premier bébé-éprouvette français, reconnaissait que « chaque pas plus permissif que le précédent, est logiquement argumenté ». Il en est de même dans le transhumanisme où « Pas à pas, année après année, petite transgression indolore par petite transgression indolore, notre transhumanité toujours plus technophile pourrait se faire à l’idée de la posthumanité », comme le souligne le neurobiologiste Laurent Alexandre.

Point de vue orthodoxe : Homme perfectible, homme augmenté

Une première partie regroupe les communications relatives à une « Approche philosophique et scientifique » :

– Bernard Baertschi, « “Human enhancement”: enjeux et questions principales »
– Jean-Louis Mandel, « Améliorer la condition humaine par la génétique? »
– Ghislain Waterlot, « Entre amélioration et aliénation: réflexions à partir de la “perfectibilité” chez Rousseau et chez Bergson »
– Pascale Lintz, « “Enhancement” et nanotechnologies »
– Otto Schäfer, « La notion d’ “homme végétal”, une piste pour renouveler le discours anthropologique chrétien? »
– Valentine Gourinat, « Le corps prothétique: un corps augmenté?
– Barbara Duarte, « Le piratage corporel ou “body hacking” au service de l’augmentation corporelle »

Une deuxième partie concerne l’« Approche biblique » :

– Christian Grappe, « La notion de perfection dans le Nouveau Testament et les réflexions contemporaines relatives à l’ “human enhancement” »

Une troisième partie contient les exposés se rapportant à l’« Approche d’éthique théologique et de spiritualité » :

Karsten Lehmkühler, « La théologie face à l’amélioration de l’homme »
– Marie-Jo Thiel, « L’homme augmenté aux limites de la condition humaine »
– Alberto Bondolfi, « Comment argumenter à propos de l’amélioration de la condition biologique de la vie humaine? »
– Jean-Claude Larchet, « La déification (“théôsis”) comme accomplissement de l’homme »
– François Marxer, « Accomplissement, performance, dépassement: quelle excellence choisir? »

“Ces communications ont, comme on l’aperçoit à leurs titres, des contenus très variés. Plusieurs d’entre elles ont souligné les limites de l’ambition de créer un homme parfait, tant du point de vue de sa réalisation technique que de son principe même, notant que le christianisme a fortement valorisé l’humilité et la faiblesse, dont le Christ lui-même, comme Dieu qui s’est fait homme, a montré l’exemple, et que le projet du christianisme consiste pour une part à assumer les limites de la nature dans l’état actuel qui est le sien, qui ne sont pas forcément négatives mais peuvent servir de support à une construction et une amélioration spirituelles de soi.

Ayant été invité à présenter le point de vue orthodoxe (qui s’est jusqu’à présent très peu exprimé dans ce débat, non seulement en France mais à l’étranger), j’ai pour ma part, dans l’introduction de mon exposé qui n’a pas été reproduite dans la version éditée, tout d’abord montré les limites internes du courant transhumaniste….”

Téléchargez le PDF pour lire le point de vue orthodoxe sur le transhumanisme