L’essence du totalitarisme

Le terme “totalitarisme” est utilisé intentionnellement, non pas pour faire de l’effet, mais par souci de précision. La nouvelle normalité (New Normal) est encore un totalitarisme naissant, mais son essence est indubitablement évidente. C. J. Hopkins a décrit cette essence dans une récente chronique.

“Quiconque s’écarte de l’idéologie officielle est systématiquement diabolisé et persécuté.

Tout système totalitaire naissant, à un certain stade de sa prise de contrôle de la société, lance une purge des opposants politiques, des dissidents idéologiques et autres “déviants antisociaux”. Ces purges peuvent être brèves ou de longue durée, et elles peuvent prendre toutes sortes de formes extérieures, selon le type de système totalitaire, mais il n’y a pas de totalitarisme sans elles.

L’essence du totalitarisme – quels que soient le déguisement et l’idéologie qu’il arbore – est le désir de contrôler complètement la société, chaque aspect de la société, chaque comportement et pensée individuels.

Tout système totalitaire, qu’il s’agisse d’une nation entière, d’une minuscule secte ou de toute autre forme de corps social, évolue vers cet objectif irréalisable … la transformation idéologique totale et le contrôle de chaque élément de la société (ou de tout autre type de corps social).

Cette poursuite fanatique du contrôle total, de l’uniformité idéologique absolue et de l’élimination de toute dissidence, est ce qui fait du totalitarisme le totalitarisme.

Ainsi, chaque nouveau système totalitaire, à un moment donné de son évolution, doit lancer une purge de ceux qui refusent de se conformer à l’idéologie officielle. Cette purge est nécessaire pour deux raisons essentielles : (1) pour ségréguer ou éliminer d’une autre manière les opposants politiques réels et les dissidents qui représentent une menace pour le nouveau régime ; et (2) et surtout, pour établir le territoire idéologique dans lequel les masses doivent désormais se confiner pour éviter d’être ségréguées ou éliminées.

La purge doit être menée ouvertement, brutalement, afin que les masses comprennent que les règles de la société ont changé, pour toujours, que leurs anciens droits et libertés ont disparu, et qu’à partir de maintenant, toute forme de résistance ou de déviation de l’idéologie officielle ne sera pas tolérée, et sera impitoyablement punie.

La purge est généralement lancée pendant un “état d’urgence”, sous la menace imminente d’un “ennemi” officiel (par exemple, des “infiltrés communistes”, des “contre-révolutionnaires” ou… vous savez, une “pandémie dévastatrice”), de sorte que les règles normales de la société peuvent être indéfiniment suspendues “dans l’intérêt de la survie”. Plus on peut terrifier les masses, plus elles seront disposées à renoncer à leur liberté et à suivre les ordres, aussi insensés soient-ils.

L’élément vital du totalitarisme est la peur… la peur de l’ennemi officiel du système (qui est constamment alimenté par la propagande) et du système totalitaire lui-même. Le fait que la brutalité du système soit rationalisée par la menace que représente l’ennemi officiel ne le rend pas moins brutal ou terrifiant. Dans les systèmes totalitaires (quel que soit leur type ou leur échelle), la peur est une constante et il est impossible d’y échapper.

La peur des masses est alors canalisée en haine… haine des “Untermenschen*“, que le système encourage les masses à désigner comme boucs émissaires. Ainsi, la purge est aussi un moyen de permettre aux masses de se purger de leur peur, de la transformer en haine moralisatrice et de la déverser sur les “Untermenschen” plutôt que sur le système totalitaire, ce qui serait évidemment suicidaire.

Tout système totalitaire – tant les individus qui le dirigent que le système, dans sa structure – comprend instinctivement comment tout cela fonctionne. Le totalitarisme New Normal ne fait pas exception.

Il suffit de réfléchir à ce qui s’est passé au cours des 18 derniers mois”.

* Littéralement « sous-homme » ; ici l’auteur indique que les “non-vaccinés” sont les nouveaux “Untermenschen”, une sous-classe d'”autres” sous-hommes que les masses de la nouvelle normalité sont conditionnées à détester. Cela concerne également toutes les personnes qui s’écartent de l’idéologie officielle.

Resist the Great Reset, London, 29.05.2021

Les jumeaux maléfiques du transhumanisme et de la technocratie

Il est facile de relier les points entre la technocratie et le transhumanisme une fois que l’on a compris que tous deux reposent sur la religion pseudo-scientifique du scientisme, selon laquelle la science est un dieu et les scientifiques et ingénieurs en sont le sacerdoce. Cet article fournit le cadre actuel permettant de comprendre ce lien.

La technocratie est à la transformation de la société ce que le transhumanisme est à la transformation de la condition humaine des personnes qui voudraient vivre dans cette société.

Tous deux sont fondés sur une croyance religieuse connue sous le nom de scientisme, selon laquelle la science est un dieu et les scientifiques, les ingénieurs et les technologues sont le sacerdoce qui traduit les découvertes en pratique.

C’est une erreur fatale que d’assimiler le scientisme à la science. La véritable science explore le monde naturel en utilisant la méthode scientifique éprouvée de l’expérimentation et de la validation répétées. En comparaison, le scientisme est une vision du monde spéculative et métaphysique sur la nature et la réalité de l’univers et la relation de l’homme avec celui-ci.

Le scientisme réfute les points de vue religieux, la morale et la philosophie traditionnels et considère plutôt la science comme la source de la valeur morale personnelle et sociétale.

La relation entre la technocratie et le transhumanisme est apparue dès 1933, lorsque Harold Loeb a écrit Life in a Technocracy : What It Might Be Like :

“La technocratie envisage une autre forme de domestication, une forme dans laquelle l’homme peut devenir plus qu’un homme… La technocratie est conçue pour développer les soi-disant facultés supérieures de chaque homme et non pour rendre chaque homme résigné au sort dans lequel il peut naître… Par la reproduction avec des individus spécifiques pour des buts spécifiques… Une technocratie devrait donc, à terme, produire une race d’hommes supérieure en qualité à toutes celles actuellement connues sur terre…”

Ainsi, Loeb voyait la technocratie (la société) comme produisant une qualité supérieure de l’homme en appliquant une technologie avancée à la condition humaine.

La nature de la technocratie

Formalisé en 1932 par des scientifiques et des ingénieurs de l’université de Columbia, le mouvement s’est défini dans l’édition de 1937 de son magazine, The Technocrat :

“La technocratie est la science de l’ingénierie sociale, le fonctionnement scientifique de l’ensemble du mécanisme social pour produire et distribuer des biens et des services à l’ensemble de la population…. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, cela sera fait comme un problème scientifique, technique, d’ingénierie.”

En effet, la technocratie était un système économique basé sur la science et l’ingénierie sociale. Les technocrates étaient si sûrs que leur approche scientifique était si juste qu’ils n’avaient pas besoin de la moindre structure politique :

“Il n’y aura pas de place pour la Politique, les Politiciens, la Finance ou les Financiers, les Rackets ou les Racketteurs… La Technocratie distribuera au moyen d’un certificat de distribution disponible pour chaque citoyen de la naissance à la mort.”

Aujourd’hui, la technocratie s’incarne dans le Great Reset du Forum économique mondial et dans les différentes manifestations du développement durable des Nations unies : Agenda 21, Agenda 2030, Nouvel Agenda Urbain, etc.

La nature du transhumanisme

Un pilier philosophique du transhumanisme moderne, Max More, l’a défini en 1990 comme suit :

“Le transhumanisme est une classe de philosophies de vie qui cherchent à poursuivre et à accélérer l’évolution de la vie intelligente au-delà de sa forme humaine actuelle et de ses limites humaines, au moyen de la science et de la technologie, guidées par des principes et des valeurs favorisant la vie.” (Max More, 1990).

Le moyen d’arriver à ses fins est finalement le génie génétique qui prend le relais et accélère la théorie de l’évolution pour créer l’humanité 2.0.

Depuis l’avènement de la technologie d’édition génétique CRISPR, les Transhumains ont saturé les universités et les entreprises privées pour modifier toutes les catégories d’êtres vivants, y compris les êtres humains.

Ce qui est prêché comme la préservation de la biodiversité par les Nations unies est en réalité la prise de contrôle du matériel génétique, ce qui a été constaté dès 1994, deux ans seulement après les débuts du développement durable et de l’Agenda 21 à la Conférence des Nations unies sur le développement économique (CNUED) à Rio de Janiero, au Brésil.

Le livre de 1994, The Earth Brokers, a été écrit par deux des principaux participants au processus de Rio qui n’ont pas avalé aveuglément ce qui venait de se passer. Ils ont noté deux choses à propos de la convention sur la biodiversité que 156 nations du monde ont adoptée :

“La convention assimile implicitement la diversité de la vie – animaux et plantes – à la diversité des codes génétiques, pour lesquels figurent les ressources génétiques. Ce faisant, la diversité devient quelque chose que la science moderne peut manipuler… la convention promeut la biotechnologie comme étant ‘essentielle pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité’.”

Deuxièmement, ils ont noté que “le principal enjeu soulevé par la convention sur la biodiversité est la question de la propriété et du contrôle de la diversité biologique… la préoccupation majeure était la protection des industries pharmaceutiques et biologiques émergentes.”

Il n’est guère étonnant aujourd’hui que l’industrie pharmaceutique produise des injections de thérapie génique utilisant de l’ARN génétiquement modifié pour transformer le système immunitaire de l’organisme. Ils travaillent d’arrache-pied depuis 1992 pour faire progresser la technologie nécessaire pour pirater/manipuler le génome humain et entamer la voie de la transformation de l’humanité 2.0.

Cependant, c’est la Technocratie qui a utilisé ses techniques de “science de l’ingénierie sociale” pour manipuler la population mondiale afin qu’elle accepte volontairement les injections de modification génétique des transhumains.

La grande réinitialisation englobe à la fois la technocratie et le transhumanisme

Il a été noté dans de nombreuses revues professionnelles que le Forum économique mondial et son fondateur/porte-parole Klaus Schwab font la promotion de la technocratie et du transhumanisme en même temps. À la lumière de cet article, cela ne devrait pas être surprenant.

La European Academy on Religion and Society (EARS), par exemple, a écrit que :

“…les membres très influents du Forum économique mondial ont un plan pour ce qui devrait venir ensuite. Ce plan s’appelle ‘The Great Reset’ et envisage un avenir véritablement ‘transhumaniste’ pour nous tous […]. Depuis le milieu de l’année 2020, le WEF promeut sa vision de l’avenir post-coronavirus, qu’il appelle “The Great Reset”. Selon eux, la pandémie a révélé les faiblesses de notre ancien système et constitue donc une occasion parfaite de “réinitialiser” notre monde et de repartir sur de nouvelles bases. Ce qui frappe dans ce plan, que le WEF a condensé sous la forme d’une carte mentale en forme de virus, c’est son approbation implicite d’une philosophie appelée le “transhumanisme”.

Comme indiqué initialement, “La technocratie est à la transformation de la société ce que le transhumanisme est à la transformation de la condition humaine des personnes qui voudraient vivre dans cette société.”

En conclusion, les jumeaux maléfiques de la technocratie et du transhumanisme, ainsi que leur religion sous-jacente, le scientisme, doivent être reconnus pour ce qu’ils sont, mais surtout, ils doivent être combattus et rejetés de tout notre être.

Patrick Wood

Patrick Wood est un expert éminent et critique du développement durable, de l’économie verte, de l’Agenda 21, de l’Agenda 2030 et de la technocratie historique. Il est l’auteur de Technocracy Rising : The Trojan Horse of Global Transformation (2015) et co-auteur de Trilaterals Over Washington, Volumes I et II (1978-1980) avec le regretté Antony C. Sutton.

Pas de vie privée, pas de propriété : Le monde en 2030 selon le WEF

Le Forum économique mondial (WEF) a été fondé il y a cinquante ans. Il a gagné en importance au fil des décennies et est devenu l’une des principales plateformes de réflexion et de planification futuristes. Lieu de rencontre de l’élite mondiale, le WEF réunit les leaders du monde des affaires et de la politique ainsi que quelques intellectuels sélectionnés.

L’idée maîtresse du forum est le contrôle mondial. Les marchés libres et le choix individuel ne sont pas les valeurs principales, mais l’interventionnisme étatique et le collectivisme. La liberté individuelle et la propriété privée sont appelées à disparaître de la planète d’ici 2030, selon les projections et les scénarios du Forum économique mondial.

Huit prédictions

La liberté individuelle est à nouveau en danger. Ce qui nous attend peut-être a été projeté en novembre 2016 lorsque le WEF a publié “8 prédictions pour le monde en 2030.” Selon le scénario du WEF, le monde deviendra un endroit tout à fait différent d’aujourd’hui, car la façon dont les gens travaillent et vivent va subir un profond changement. Le scénario pour le monde en 2030 est plus qu’une simple prévision. C’est un plan dont la mise en œuvre s’est accélérée de manière drastique depuis l’annonce d’une pandémie et les confinements qui en découlent.

Selon les projections des “Global Future Councils” du WEF, la propriété privée et la vie privée seront abolies au cours de la prochaine décennie. L’expropriation à venir irait même plus loin que la demande communiste d’abolir la propriété des biens de production tout en laissant un espace pour les possessions privées. La projection du WEF indique que les biens de consommation, eux aussi, ne seraient plus une propriété privée.

Si la projection du WEF devait se réaliser, les gens devraient louer et emprunter leurs biens de première nécessité à l’État, qui serait le seul propriétaire de tous les biens. L’offre de biens serait rationnée en fonction d’un système de points de crédit social. Le shopping au sens traditionnel du terme disparaîtrait en même temps que les achats privés de biens. Chaque déplacement personnel serait suivi électroniquement, et toute production serait soumise aux exigences d’une énergie propre et d’un environnement durable.

Afin de parvenir à une “agriculture durable”, l’approvisionnement alimentaire sera principalement végétarien. Dans la nouvelle économie totalitaire de services, le gouvernement fournira le logement, la nourriture et les transports de base, le reste devant être prêté par l’État. L’utilisation des ressources naturelles sera réduite à son minimum. En coopération avec les quelques pays clés, une agence mondiale fixera le prix des émissions de CO2 à un niveau extrêmement élevé pour en dissuader l’utilisation.

Dans une vidéo promotionnelle, le Forum économique mondial résume les huit prédictions dans les termes suivants :

– Les gens ne posséderont rien. Les biens seront gratuits ou devront être prêtés par l’État.

– Les États-Unis ne seront plus la première superpuissance, mais une poignée de pays dominera.

– Les organes ne seront pas transplantés mais imprimés.

– La consommation de viande sera réduite au minimum.

– Des déplacements massifs de populations auront lieu avec des milliards de réfugiés.

– Pour limiter l’émission de dioxyde de carbone, un prix mondial sera fixé à un niveau exorbitant.

– Les gens pourront se préparer à aller sur Mars et à entamer un voyage à la recherche de vie extraterrestre.

– Les valeurs occidentales seront testées jusqu’au point de rupture…

Au-delà de la vie privée et de la propriété

Dans une publication pour le Forum économique mondial, l’éco-activiste danoise Ida Auken, qui avait été ministre de l’environnement de son pays de 2011 à 2014 et qui est toujours membre du Parlement danois (le Folketing), a élaboré le scénario d’un monde sans vie privée ni propriété. Dans “Bienvenue en 2030“, elle envisage un monde où “je ne possède rien, je n’ai aucune vie privée, et la vie n’a jamais été aussi belle.” En 2030, selon son scénario, les achats et la propriété sont devenus obsolètes, car tout ce qui était autrefois un produit est désormais un service.

Dans ce nouveau monde idyllique qui est le sien, les gens ont un accès gratuit aux transports, au logement, à la nourriture, “et à toutes les choses dont nous avons besoin dans notre vie quotidienne.” Comme ces choses deviendront gratuites, “cela a fini par ne plus avoir de sens pour nous de posséder quoi que ce soit.” Il n’y aurait pas de propriété privée dans les maisons et personne ne paierait de loyer, “parce que quelqu’un d’autre utilise notre espace libre quand nous n’en avons pas besoin.”

Le salon d’une personne, par exemple, sera utilisé pour des réunions d’affaires en son absence. Des préoccupations telles que “les maladies liées au mode de vie, le changement climatique, la crise des réfugiés, la dégradation de l’environnement, les villes complètement congestionnées, la pollution de l’eau, la pollution de l’air, les troubles sociaux et le chômage” appartiennent au passé. L’auteur prédit que les gens seront heureux de jouir d’une vie si agréable qui est tellement meilleure “que le chemin sur lequel nous étions, où il est devenu si clair que nous ne pouvions pas continuer avec le même modèle de croissance.”

Paradis écologique

Dans sa contribution 2019 à la réunion annuelle des Global Future Councils du Forum économique mondial, Ida Auken prédit à quoi le monde pourrait ressembler dans le futur “si nous gagnons la guerre contre le changement climatique“. En 2030, lorsque les émissions de CO2 seront fortement réduites, les gens vivront dans un monde où la viande dans l’assiette “sera un spectacle rare”, tandis que l’eau et l’air seront beaucoup plus propres qu’aujourd’hui. En raison du passage de l’achat de biens à l’utilisation de services, la nécessité d’avoir de l’argent disparaîtra, car les gens dépenseront de moins en moins pour acheter des biens. Le temps de travail diminuera et le temps de loisirs augmentera.

Pour le futur, Auken imagine une ville où les voitures électriques auront remplacé les véhicules à combustion conventionnels. La plupart des routes et des places de stationnement seront devenues des parcs verts et des zones de promenade pour les piétons. D’ici à 2030, l’agriculture offrira principalement des alternatives végétales à la viande et aux produits laitiers dans l’approvisionnement alimentaire. L’utilisation des terres pour produire des aliments pour animaux diminuera considérablement et la nature se répandra à nouveau sur le globe.

Fabriquer le consentement social

Comment amener les gens à accepter un tel système ? L’appât pour séduire les masses est l’assurance de soins de santé complets et d’un revenu de base garanti. Les promoteurs de la Grande Réinitialisation promettent un monde sans maladies.

Grâce aux organes produits par les biotechnologies et aux traitements médicaux individualisés basés sur la génétique, une espérance de vie considérablement accrue et même l’immortalité seraient possibles. L’intelligence artificielle éradiquera la mort et éliminera la maladie et la mortalité. La course est lancée entre les entreprises de biotechnologie pour trouver la clé de la vie éternelle.

Outre la promesse de transformer n’importe quelle personne ordinaire en un surhomme divin, la promesse d’un “revenu de base universel” est très attrayante, en particulier pour ceux qui ne trouveront plus d’emploi dans la nouvelle économie numérique. Obtenir un revenu de base sans avoir à passer par le tapis roulant et la disgrâce de la demande d’aide sociale est utilisé comme un appât pour obtenir la faveur des pauvres.

Pour le rendre économiquement viable, la garantie d’un revenu de base nécessiterait le nivellement des différences salariales. Les procédures techniques du transfert de l’argent de l’État seront utilisées pour promouvoir la société sans espèces. Avec la numérisation de toutes les transactions monétaires, chaque achat individuel sera enregistré. Par conséquent, les autorités gouvernementales auront un accès illimité pour superviser en détail la façon dont chaque personne dépense son argent.

Un revenu de base universel dans une société sans argent liquide permettrait d’imposer un système de crédit social et de fournir le mécanisme permettant de sanctionner les comportements indésirables et d’identifier les personnes superflues et non désirées.

Qui seront les dirigeants ?

Le Forum économique mondial est silencieux sur la question de savoir qui gouvernera dans ce nouveau monde.

Il n’y a aucune raison de s’attendre à ce que les nouveaux détenteurs du pouvoir soient bienveillants. Pourtant, même si les principaux décideurs du nouveau gouvernement mondial n’étaient pas méchants mais simplement technocrates, quelle raison aurait une technocratie administrative de s’occuper des indésirables ? Quel sens cela a-t-il pour une élite technocratique de transformer l’homme ordinaire en surhomme ? Pourquoi partager les avantages de l’intelligence artificielle avec les masses et ne pas garder la richesse pour quelques élus ?

Sans se laisser influencer par les promesses utopiques, une évaluation sobre des plans doit arriver à la conclusion que dans ce nouveau monde, il n’y aura pas de place pour l’individu moyen et qu’il sera mis à l’écart avec les “inemployables”, les “faibles d’esprit” et les “mal élevés”. Derrière la prédication de l’évangile progressiste de la justice sociale par les promoteurs de la Grande Réinitialisation et de l’établissement d’un nouvel ordre mondial se cache le sinistre projet d’eugénisme, qui, en tant que technique, est maintenant appelé “génie génétique” et, en tant que mouvement, est nommé “transhumanisme”, un terme attribué à Julian Huxley, le premier directeur de l’UNESCO.

Les promoteurs du projet gardent le silence sur qui seront les dirigeants de ce nouveau monde. La nature dystopique et collectiviste de ces projections et plans est le résultat du rejet du capitalisme libre. L’établissement d’un monde meilleur par le biais d’une dictature est une contradiction dans les termes. La réponse aux problèmes actuels n’est pas moins mais plus de prospérité économique. Nous avons donc besoin de plus de marchés libres et de moins de planification étatique. Le monde devient plus vert et une baisse du taux de croissance de la population mondiale est déjà en cours. Ces tendances sont la conséquence naturelle de la création de richesses par les marchés libres.

Conclusion

Le Forum économique mondial et ses institutions connexes, associés à une poignée de gouvernements et à quelques entreprises de haute technologie, veulent faire entrer le monde dans une nouvelle ère sans propriété ni vie privée. Des valeurs comme l’individualisme, la liberté et la poursuite du bonheur sont en jeu, pour être répudiées en faveur du collectivisme et de l’imposition d’un “bien commun” défini par l’élite autoproclamée de technocrates.

Ce qui est vendu au public comme une promesse d’égalité et de durabilité écologique est en fait une attaque brutale contre la dignité humaine et la liberté. Au lieu d’utiliser les nouvelles technologies comme un instrument d’amélioration, la Grande Réinitialisation cherche à utiliser les possibilités technologiques comme un outil d’asservissement. Dans ce nouvel ordre mondial, l’État est le propriétaire unique de tout. On laisse à notre imagination le soin de déterminer qui programmera les algorithmes qui gèrent la distribution des biens et des services.

Antony P. Mueller

Antony P. Mueller est un professeur d’économie allemand qui enseigne actuellement au Brésil.

Les Nations unies et les origines de la grande réinitialisation

Il y a environ deux mille quatre cents ans, le philosophe grec Platon a eu l’idée de construire l’État et la société selon un plan élaboré. Platon voulait des “sages” (philosophes) à la tête du gouvernement, mais il a également précisé que son type d’État nécessiterait une transformation des humains. À l’époque moderne, les promoteurs de l’État omnipotent veulent remplacer le philosophe Platon par l’expert et créer l’homme nouveau par l’eugénisme, que l’on appelle désormais le transhumanisme. Les Nations unies et leurs différentes sous-organisations jouent un rôle central dans ce projet qui a atteint son stade actuel dans le projet de l’Agenda 2030 et du Great Reset.

La lutte pour un gouvernement mondial

La grande réinitialisation ne vient pas de nulle part. Les premières tentatives modernes de création d’une institution mondiale ayant une fonction gouvernementale ont été lancées par le gouvernement de Woodrow Wilson, président des États-Unis de 1913 à 1921. Sous l’inspiration du colonel Mandell House, premier conseiller et meilleur ami du président, Wilson souhaitait créer un forum mondial pour la période suivant la Première Guerre mondiale. Cependant, le projet de participation des États-Unis à la Société des Nations a échoué et l’élan vers l’internationalisme et l’établissement d’un nouvel ordre mondial a reculé pendant les années folles.

Un nouveau pas vers la gestion d’une société comme une organisation a toutefois été franchi pendant la Grande Dépression. Franklin Delano Roosevelt ne laisse pas passer la crise sans faire avancer les choses avec son “New Deal“. FDR était particulièrement intéressé par les privilèges exécutifs spéciaux qui découlaient de la Seconde Guerre mondiale. La résistance est quasi nulle lorsqu’il entreprend de jeter les bases d’une nouvelle Société des Nations, qui s’appellera désormais les Nations unies.

Sous la direction de Staline, Churchill et Roosevelt, vingt-six nations ont accepté en janvier 1942 l’initiative de créer une Organisation des Nations Unies (ONU), qui a vu le jour le 24 octobre 1945. Depuis sa création, l’ONU et ses branches, telles que le Groupe de la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ont préparé les pays du monde à se conformer aux objectifs annoncés lors de sa fondation.

Pourtant, les déclarations onctueuses sur la promotion de la “paix et de la sécurité internationales”, le “développement de relations amicales entre les nations” et l’action en faveur du “progrès social, de l’amélioration du niveau de vie et des droits de l’homme” cachent l’intention d’établir un gouvernement mondial doté de pouvoirs exécutifs dont la tâche ne consisterait pas à promouvoir la liberté et les marchés libres, mais à renforcer l’interventionnisme et le contrôle par le biais d’organisations culturelles et scientifiques. Cela est apparu clairement avec la création de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en 1945.

Aldous et Julian Huxley : deux récits transhumanistes irréconciliables ?

Eugénisme

Après la fondation de l’UNESCO en 1945, le biologiste évolutionniste anglais, eugéniste et mondialiste déclaré Julian Huxley (le frère d’Aldous Huxley, auteur de Brave New World – Le meilleur des mondes) est devenu son premier directeur.

Lors du lancement de l’organisation, Huxley appelle à un “humanisme scientifique mondial, de portée globale” (p. 8) et demande de manipuler l’évolution humaine à une fin “désirable”. Se référant au matérialisme dialectique comme “la première tentative radicale d’une philosophie évolutionniste” (p. 11), le directeur de l’UNESCO déplore que l’approche marxiste pour changer la société était vouée à l’échec en raison de son manque d’une indispensable “composante biologique.”

Avec ces idées, Julian Huxley était en respectable compagnie. Depuis la fin du XIXe siècle, l’appel à l’amélioration génétique de la race humaine par l’eugénisme a fait de nombreux adeptes de premier plan. John Maynard Keynes, par exemple, considérait la promotion de l’eugénisme et du contrôle de la population comme l’une des questions sociales les plus importantes et un domaine de recherche crucial.

Keynes n’était pas le seul. La liste des partisans de la reproduction de la race humaine en vue de son propre perfectionnement est assez longue et impressionnante. Parmi ces “réformateurs illibéraux” figurent, parmi de nombreux autres noms connus, les écrivains H.G. Wells et G.B. Shaw, le président américain Theodore Roosevelt, le premier ministre britannique Winston Churchill, ainsi que l’économiste Irving Fisher et les pionniers du planning familial Margaret Sanger et Bill Gates Sr, le père de Bill Gates, cofondateur de Microsoft et directeur de la Fondation Bill et Melinda Gates.

Dans le discours qu’il a prononcé lors de la fondation de l’UNESCO, Julian Huxley a été très précis quant aux objectifs et aux méthodes de cette institution. Pour réaliser le “progrès évolutif” souhaité de l’humanité, la première étape doit être de souligner “la nécessité ultime de l’unité politique mondiale et de familiariser tous les peuples avec les implications du transfert de la pleine souveraineté des nations séparées à une organisation mondiale.”

En outre, l’institution doit considérer le compromis entre “l’importance de la qualité par rapport à la quantité” (p. 14), ce qui signifie qu’elle doit tenir compte du fait qu’il existe “une gamme optimale de taille pour chaque organisation humaine comme pour chaque type d’organisme” (p. 15). L’organisation de l’ONU dans les domaines de l’éducation, de la science et de la culture doit accorder une attention particulière à “l’unité dans la variété de l’art et de la culture du monde, ainsi qu’à la promotion d’un pool unique de connaissances scientifiques” (p. 17).

Huxley précise que la diversité humaine ne convient pas à tous. La variété pour “les faibles, les fous et les déficients moraux… ne peut qu’être mauvaise”, et parce qu’un “pourcentage considérable de la population n’est pas capable de profiter d’une éducation supérieure” et aussi qu’un “pourcentage considérable de jeunes hommes” souffrent de “faiblesse physique ou d’instabilité mentale” et que “ces motifs sont souvent d’origine génétique” (p. 20), ces groupes doivent être exclus des efforts pour faire avancer le progrès humain.

Dans son discours, Huxley diagnostique qu’à l’époque où il écrit, “l’effet indirect de la civilisation” est plutôt “dysgénique au lieu d’eugénique” et que “de toute façon, il semble probable que le poids mort de la stupidité génétique, de la faiblesse physique, de l’instabilité mentale et de la prédisposition aux maladies, qui existe déjà dans l’espèce humaine, s’avérera un fardeau trop lourd pour que de réels progrès soient réalisés” (p. 21).

Après tout, il est “essentiel que l’eugénisme soit ramené entièrement dans les limites de la science, car, comme nous l’avons déjà indiqué, dans un avenir pas très lointain, le problème de l’amélioration de la qualité moyenne des êtres humains deviendra probablement urgent ; et cela ne peut être accompli qu’en appliquant les résultats d’un eugénisme véritablement scientifique” (pp. 37-38).

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Utilisation de la menace climatique

La prochaine étape décisive vers la transformation économique mondiale a été franchie avec le premier rapport du Club de Rome. En 1968, le Club de Rome a été créé au domaine Rockefeller de Bellagio en Italie. Son premier rapport a été publié en 1972 sous le titre “Les limites de la croissance“.

Le président émérite du Club de Rome, Alexander King, et le secrétaire du club, le général Bertrand Schneider, indiquent dans leur rapport du Conseil du Club de Rome que, lorsque les membres du club ont cherché à identifier un nouvel ennemi, ils ont énuméré la pollution, le réchauffement de la planète, les pénuries d’eau et les famines comme les éléments les plus opportuns à imputer à l’humanité, ce qui implique que l’humanité elle-même doit être réduite pour tenir ces menaces en échec.

Depuis les années 1990, plusieurs initiatives globales vers un système mondial de contrôle ont été entreprises par les Nations unies avec l’Agenda 2021 et l’Agenda 2030. L’Agenda 2030 a été adopté par tous les États membres des Nations unies en 2015. Il a lancé son plan directeur pour le changement mondial avec l’appel à atteindre dix-sept objectifs de développement durable (ODD). Le concept clé est le “développement durable” qui inclut le contrôle de la population comme un instrument crucial.

Sauver la terre est devenu le slogan des guerriers de la politique verte. Depuis les années 1970, le scénario d’horreur du réchauffement climatique a été un outil utile entre leurs mains pour gagner en influence politique et finalement dominer le discours public. Entre-temps, ces groupes anticapitalistes ont obtenu une influence dominante dans les médias, les systèmes éducatif et judiciaire, et sont devenus des acteurs majeurs de l’arène politique.

Dans de nombreux pays, notamment en Europe, les partis dits “verts” sont devenus un élément central du système politique. Nombre de leurs représentants revendiquent ouvertement de rendre la société et l’économie compatibles avec des normes écologiques élevées qui nécessitent une profonde remise en question du système actuel.

En 1945, Huxley (p. 21) note qu’il est trop tôt pour proposer carrément un programme de dépopulation eugénique, mais conseille qu’il sera important pour l’organisation “de veiller à ce que le problème eugénique soit examiné avec le plus grand soin, et que l’esprit public soit informé des questions en jeu, de sorte que beaucoup de choses qui sont aujourd’hui impensables puissent au moins devenir pensables”.

La mise en garde de Huxley n’est plus nécessaire. Entre-temps, les branches des Nations unies ont acquis un tel niveau de pouvoir que même des sous-organisations de l’ONU, à l’origine mineures, comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ont été en mesure d’ordonner aux différents gouvernements du monde d’obéir à leurs ordres. L’OMS et le Fonds monétaire international (FMI) – dont la conditionnalité des prêts est passée de la restriction budgétaire à la mesure dans laquelle un pays suit les règles fixées par l’OMS – sont devenus le tandem suprême pour œuvrer à l’établissement du nouvel ordre mondial.

Comme le soulignait Julian Huxley dans son discours de 1945, il appartient aux Nations Unies de supprimer la liberté économique, car “le laisser-faire et les systèmes économiques capitalistes” ont “créé beaucoup de laideur” (p. 38). Le moment est venu de travailler à l’émergence “d’une culture mondiale unique” (p. 61). Cela doit se faire avec l’aide explicite des médias et des systèmes éducatifs.

Conclusion

Avec la fondation des Nations Unies et de ses sous-organisations, la volonté de faire avancer les programmes d’eugénisme et du transhumanisme ont fait un grand pas en avant. Conjointement avec les activités du Club de Rome, elles ont permis d’initier la grande remise à zéro qui a lieu actuellement. Avec l’annonce d’une pandémie, l’objectif d’un contrôle gouvernemental complet de l’économie et de la société a fait un nouveau bond vers la transformation de l’économie et de la société. La liberté fait face à un nouvel ennemi.

La tyrannie se présente sous le déguisement d’un gouvernement d’experts et d’une dictature bienveillante. Les nouveaux dirigeants ne justifient pas leur droit à la domination par la providence divine, mais revendiquent désormais le droit de gouverner le peuple au nom de la santé et de la sécurité universelles, sur la base de preuves scientifiques présumées.

Antony P. Mueller

Le Dr. Antony P. Mueller est un professeur d’économie allemand qui enseigne actuellement au Brésil.

L’UNESCO: ses buts et sa philosophie, par Julian Huxley, 1946
UNESCO: its purpose and its philosophy, by Julian Huxley, 1946


Nous publions, à titre de document historique, la traduction de ce qui a été appelé à l’époque le Manifeste des généticiens (1939), produit du septième Congrès International de Génétique qui s’est clôturé à Edinburgh trois jours avant la déclaration de la Seconde Guerre Mondiale. Les personnalités à l’origine de ce texte, notamment J. Huxley, J. B. S. Haldane et H. Müller, sont toutes progressistes.

Voir également Le Transhumanisme (1957) selon Julian Huxley.

La quatrième révolution industrielle dystopique sera différente de la 1ère

Si l’on considère les publications du Forum économique mondial (WEF) comme une indication de la manière dont la “quatrième révolution industrielle” va changer la société, le monde est confronté à une attaque massive contre la liberté individuelle et la propriété privée. Un nouveau type de collectivisme est sur le point d’émerger. À l’instar du communisme du passé, le nouveau projet séduit le public avec l’assurance du progrès technologique et de l’inclusion sociale. De plus, la durabilité écologique et la promesse de longévité, voire d’immortalité, sont utilisées pour séduire le public. En réalité, cependant, ces promesses sont profondément dystopiques.

La quatrième révolution industrielle

Selon Klaus Schwab, fondateur et actuel président exécutif du WEF, la “quatrième révolution industrielle” (2016) représente une nouvelle étape des avancées technologiques perturbatrices qui ont débuté vers la fin du XVIIIe siècle avec l’industrie textile et l’utilisation de la vapeur. La deuxième révolution industrielle a eu lieu dans les décennies précédant et suivant 1900. Elle a donné naissance à une pléthore de nouveaux biens de consommation et de technologies de production qui ont permis la production de masse. La troisième révolution industrielle a commencé vers 1950 avec les percées dans les technologies numériques. Aujourd’hui, selon Klaus Schwab, la quatrième révolution industrielle signifie que le monde se dirige vers “une véritable civilisation mondiale.”

La quatrième révolution industrielle a le potentiel de “robotiser l’humanité et de compromettre ainsi nos sources traditionnelles de sens – travail, communauté, famille, identité”. Schwab prédit que la quatrième révolution industrielle “élèvera l’humanité vers une nouvelle conscience collective et morale.”

Le transhumanisme fait partie de la transformation qui accompagne la quatrième révolution industrielle, car l’intelligence artificielle surpassera même les meilleures performances humaines dans des tâches spécifiques. Les nouvelles technologies “ne se contenteront pas de faire partie du monde physique qui nous entoure, elles feront partie de nous”, déclare Schwab.

Dans la préface du livre de Schwab, Shaping the Future of the Fourth Industrial Revolution (2018), le PDG de Microsoft, Satya Nadella, affirme que l’évolution des nouvelles technologies “est entièrement en notre pouvoir.” Microsoft et les autres entreprises de haute technologie “parient sur la convergence de plusieurs changements technologiques importants – réalité mixte, intelligence artificielle et informatique quantique.”

Satya Nadella informe les lecteurs que Microsoft, Amazon, Google, Facebook et IBM coopéreront dans le cadre d’un partenariat sur l’IA qui s’emploiera à développer et à tester la technologie dans des domaines tels que “l’automobile et les soins de santé, la collaboration entre l’homme et l’IA, le déplacement économique et la manière dont l’IA peut être utilisée pour le bien social”.

La quatrième révolution industrielle émerge de l’IA et de l’internet des objets. Credit: GettyImages

Transformation globale

Dans la préface de son livre, Klaus Schwab prédit que la quatrième révolution industrielle “bouleversera les modes actuels de détection, de calcul, d’organisation, d’action et de livraison”. Il affirme que “les externalités négatives” de l’économie mondiale actuelle nuisent “à l’environnement naturel et aux populations vulnérables.”

Les changements qui accompagnent les nouvelles technologies seront globaux et bouleverseront “la façon dont nous produisons et transportons les biens et les services.” La révolution bouleversera la façon dont “nous communiquons, la façon dont nous collaborons et la façon dont nous vivons le monde qui nous entoure.” Le changement sera si profond que les progrès des neurotechnologies et des biotechnologies “nous obligent à remettre en question ce que signifie être humain.”

À l’instar de l’avant-propos de Satya Nadella, le texte de Schwab réitère à plusieurs reprises l’affirmation selon laquelle “l’évolution de la quatrième révolution industrielle” est “entièrement en notre pouvoir” lorsque “nous” utilisons la “fenêtre d’opportunité” et recherchons “l’autonomisation.” Le “nous” dont parlent les deux auteurs est l’élite technocratique mondiale qui appelle au contrôle central et à l’interventionnisme de l’État (appelé “façonner l’avenir”) dans un nouveau système caractérisé par une coopération intime entre les entreprises et le gouvernement ou, plus précisément, entre la haute technologie et une poignée d’États clés.

La page web du Forum économique mondial consacrée à la “grande réinitialisation” proclame que “la crise de Covid-19” présente “une occasion unique de façonner le redémarrage”. À ce “carrefour historique”, les dirigeants mondiaux doivent s’attaquer aux “incohérences, inadéquations et contradictions” qui vont des soins de santé et de l’éducation aux finances et à l’énergie. Le forum définit le “développement durable” comme l’objectif central des activités de gestion mondiale.

La “Grande Réinitialisation” appelle à une coopération mondiale pour atteindre des objectifs tels que “exploiter la quatrième révolution industrielle”, “restaurer la santé de l’environnement”, “redéfinir les contrats sociaux, les compétences et les emplois” et “façonner la reprise économique.” Comme cela a été thématisé lors du ” Jobs Reset Summit ” du 20 au 23 octobre 2020, une “reprise verte” après la crise du covid-19 promet un “horizon vert”. Le sommet du WEF de janvier 2021 a abordé spécifiquement les transformations à venir. Parmi les principaux thèmes abordés figurent la “stabilité du climat”, le “développement durable”, une économie “zéro carbone” et une production agricole qui réduirait l’élevage bovin en phase avec la réduction mondiale de la consommation de viande.

L’alternative

L’augmentation du niveau de vie et la croissance de la population mondiale ont été rendues possibles par la révolution industrielle. Ceux qui veulent abattre la société capitaliste et l’économie doivent nécessairement opter pour la baisse du niveau de vie et la dépopulation. Les promoteurs des plans visant à instaurer un nouvel ordre mondial avec la force de l’État nient le fait que le capitalisme radical pourrait bien mieux fournir les moyens de passer à un monde meilleur, comme c’est le cas depuis le début de la première révolution industrielle.

Ce sont les marchés libres et les choix individuels qui ont entraîné les révolutions industrielles du passé. Comme l’explique Mises, c’est l’idéologie du laissez-faire qui a produit la première révolution industrielle. Il y a d’abord eu une révolution spirituelle qui a mis fin à “l’ordre social dans lequel un nombre sans cesse croissant de personnes étaient condamnées au besoin abject et à la misère” et où l’activité manufacturière “avait presque exclusivement répondu aux besoins des nantis” et leur “expansion était limitée par la quantité de produits de luxe que les couches les plus riches de la population pouvaient se permettre.”

L’idéologie du Forum économique mondial est celle de l’ère préindustrielle. Alors que le site web du forum (WEF) regorge de termes tels que “pouvoir”, “organisation” et “développement durable”, des concepts tels que “liberté”, “coordination du marché” et “choix individuel” sont manifestement absents. Le forum cache le fait qu’au lieu du progrès humain, l’appauvrissement et la suppression sont l’avenir de l’humanité. La conséquence implicite de l'”économie écologique” planifiée est la réduction drastique de la population mondiale.

Avec l’abolition des marchés et la suppression des choix individuels, que les plans collectivistes du WEF proposent, un nouvel âge sombre viendrait. Contrairement à ce que supposent les planificateurs, le progrès technologique lui-même s’arrêterait. Sans la créativité humaine qui découle de l’esprit d’individualisme, aucun progrès économique n’a jamais été possible.

Conclusion

Les nouvelles technologies qui accompagnent la quatrième révolution industrielle peuvent être d’une grande utilité pour l’humanité. Ce ne sont pas les technologies en elles-mêmes qui posent problème, mais la manière dont elles sont utilisées. Un avenir dystopique nous attend si l’élite mondiale du Forum économique mondial a son mot à dire. Il en résulterait un régime de terreur technocratique déguisé en gouvernement mondial bienveillant. Il existe pourtant une alternative.

Comme cela a été largement prouvé au cours des deux cents dernières années, les marchés libres et les choix individuels sont les sources du progrès technologique, du progrès humain et de la prospérité économique. Il n’y a aucune raison rationnelle de supposer que la quatrième révolution industrielle nécessiterait le collectivisme. Les marchés libres sont le meilleur moyen de faire face aux défis qui accompagnent les nouvelles technologies. La réponse est non pas moins mais plus de capitalisme.

Antony P. Mueller

Le Dr. Antony P. Mueller est un professeur d’économie allemand qui enseigne actuellement au Brésil.

Partie VI – Les plans d’une élite technocratique

Qu’est-ce que la Grande Réinitialisation ? Partie VI : Les plans d’une élite technocratique

Dans les articles précédents, j’ai présenté l’idée1 de la Grande Réinitialisation et je l’ai traitée sous l’angle de ses composantes économiques2 et idéologiques3. Dans ce sixième épisode, je discuterai de ce que la Grande Réinitialisation implique en termes de gouvernance et de Quatrième Révolution Industrielle, pour conclure par des remarques sur le projet global de Grande Réinitialisation et ses implications.

Selon Klaus Schwab, fondateur et président exécutif du Forum économique mondial (WEF), la quatrième révolution industrielle fait suite aux première, deuxième et troisième révolutions industrielles – respectivement4 mécanique, électrique et numérique.

La quatrième révolution industrielle s’appuie sur la révolution numérique, mais Schwab la voit comme un décollage exponentiel et une convergence des domaines existants et émergents, notamment le Big Data, l’intelligence artificielle, le machine learning, l’informatique quantique, ainsi que la génétique, les nanotechnologies et la robotique. La conséquence en est la fusion des mondes physique, numérique et biologique. Le brouillage de ces catégories remet finalement en question les ontologies mêmes par lesquelles nous nous comprenons et comprenons le monde, y compris “ce que signifie être humain”5.

Les applications spécifiques qui composent la quatrième révolution industrielle sont trop nombreuses et diverses pour être traitées dans leur intégralité, mais elles comprennent l’internet omniprésent, l’internet des objets, l’internet des corps, les véhicules autonomes, les villes intelligentes, l’impression 3D, les nanotechnologies, les biotechnologies, la science des matériaux, le stockage de l’énergie, etc.

Si Schwab et le WEF promeuvent une vision particulière de la quatrième révolution industrielle, les développements qu’il annonce ne sont pas de son cru, et ses formulations n’ont rien d’original.

Les transhumanistes et les singularitariens (ou prophètes de la singularité technologique), tels que Ray Kurzweil et bien d’autres, ont prédit ces développements et d’autres encore, bien avant que Schwab ne les annonce6.

L’importance de l’approche de Schwab et du WEF concernant la nouvelle révolution technologique réside dans la tentative de la mettre au service d’un objectif particulier, vraisemblablement “un avenir plus juste et plus vert”7.

Mais si les développements actuels de la quatrième révolution industrielle sont une indication de l’avenir, alors l’enthousiasme de Schwab est déplacé et la quatrième révolution industrielle est mal représentée. Ces développements incluent déjà les algorithmes Internet qui alimentent les utilisateurs en nouvelles et publicités ciblées et déclassent ou excluent les contenus bannis ; les algorithmes qui censurent le contenu des médias sociaux et envoient les individus et organisations “nuisibles” dans des goulags numériques ; des applications qui permettent de suivre et de localiser les suspects et de dénoncer les contrevenants à la police ; des robots policiers équipés de lecteurs de QR codes pour identifier et rassembler les dissidents ; et des villes intelligentes où chacun est une entité numérique à surveiller, à contrôler et à enregistrer, tandis que les données sur ses moindres mouvements sont collectées, rassemblées, stockées et rattachées à une identité numérique et à un score de crédit social.

En d’autres termes, les technologies de la quatrième révolution industrielle soumettent les êtres humains à une gestion technologique qui fait passer la surveillance exercée auparavant par la National Security Agency pour un jeu d’enfant. Schwab fait l’éloge des développements futurs qui connecteront les cerveaux directement au Cloud, permettant le “data mining” de la pensée et de la mémoire, une maîtrise technologique de l’expérience qui menace l’autonomie individuelle et sape tout semblant de libre arbitre.

La quatrième révolution industrielle accélère la fusion des humains et des machines, donnant naissance à un monde dans lequel toutes les informations, y compris les informations génétiques, sont partagées et où chaque action, chaque pensée et chaque motivation inconsciente sont connues, prédites et peut-être même empêchées.

Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley me vient à l’esprit. Pourtant, Schwab présente les interfaces cerveau-cloud comme des améliorations, des progrès considérables par rapport à l’intelligence humaine standard, ce qui leur confère un attrait qui n’est pas du tout imaginable pour le soma.

De nombreux développements positifs peuvent découler de la quatrième révolution industrielle, mais si elle n’est pas retirée des mains des technocrates socialistes et corporatistes, elle constituera une prison virtuelle.

Dans le cadre du modèle de gouvernance de la Grande Réinitialisation, les États et les entreprises favorisées forment des “partenariats public-privé” pour contrôler la gouvernance. Cette configuration donne naissance à un hybride entreprise-état qui n’a pas de comptes à rendre aux électeurs des gouvernements nationaux.

La relation intime entre les multinationales et les gouvernements a même suscité le mépris de quelques critiques de gauche. Ils notent que le modèle de gouvernance du WEF représente au moins une privatisation partielle de l’Agenda 2030 des Nations unies, le WEF apportant à la table des partenaires commerciaux, de l’argent et une prétendue expertise sur la quatrième révolution industrielle. Et le modèle de gouvernance du WEF s’étend bien au-delà de l’ONU, affectant la constitution et le comportement des gouvernements du monde entier. Cette usurpation a conduit le politologue Ivan Wecke à qualifier la refonte gouvernementale du système mondial par le WEF de “prise de contrôle de la gouvernance mondiale par les entreprises.”8

C’est vrai, mais l’inverse est également vrai. Le modèle du WEF représente également la gouvernementalisation de l’industrie privée. Dans le cadre du “capitalisme des parties prenantes” de Schwab et du modèle de gouvernance multi-parties prenantes, la gouvernance est non seulement de plus en plus privatisée, mais aussi et surtout, les entreprises sont considérées comme des ajouts majeurs aux gouvernements et aux organismes intergouvernementaux.

L’État est ainsi étendu, amélioré et augmenté par l’ajout d’énormes actifs d’entreprise. Il s’agit notamment de financements destinés au “développement durable” à l’exclusion des non-conformistes, ainsi que de l’utilisation du Big Data, de l’intelligence artificielle et de la 5G pour surveiller et contrôler les citoyens. Dans le cas du régime du vaccin covid, l’État accorde à Big Pharma une protection monopolistique et une indemnité de responsabilité en échange d’un véhicule par lequel il peut étendre ses pouvoirs de coercition.

En tant que telles, les parties prenantes des entreprises deviennent ce que j’ai appelé des “gouvernementalités”, c’est-à-dire des organisations autrement “privées” utilisées comme des appareils d’État, sans obligation de répondre à des électeurs gênants9. Comme ces sociétés sont multinationales, l’État devient essentiellement mondial, qu’un “gouvernement mondial unique” soit formalisé ou non.

Dans Google Archipelago, j’ai soutenu que l’autoritarisme de gauche est l’idéologie politique et le modus operandi de ce que j’appelle Big Digital, et que Big Digital est le fer de lance d’un système mondial émergent. Big Digital est le bras communicationnel, idéologique et technologique d’un socialisme d’entreprise émergent. La Grande Réinitialisation est le nom qui a été donné depuis au projet d’établissement de ce système mondial.

Tout comme Klaus Schwab et le WEF l’espéraient, la crise du covid a accéléré le développement de l’étatisme corporatiste-socialiste de la Grande Réinitialisation. Les développements qui font avancer l’agenda de la Grande Réinitialisation incluent l’impression illimitée de monnaie par la Réserve Fédérale, l’inflation qui s’ensuit, l’augmentation des taxes sur tout ce qui est imaginable, la dépendance accrue à l’égard de l’État, la crise de la chaîne d’approvisionnement, les restrictions et les pertes d’emplois dues aux mandats de vaccination, et la perspective des quotas de carbone personnels10.

Dans l’ensemble, ces politiques et d’autres du même type constituent une attaque coordonnée contre la majorité. Ironiquement, elles représentent également l’aspect “équité” de la Grande Réinitialisation – si l’on entend par équité l’égalisation du statut économique de “l’Américain moyen” avec celui des régions moins “privilégiées”. Et c’est là l’une des fonctions de l’idéologie du woke11 – faire en sorte que la majorité des habitants des pays développés se sentent indignes de leurs modes de vie et de consommation “privilégiés”, que l’élite est en train de ramener à une nouvelle normalité (new normal) réduite et statique.

Au cours des vingt-et-un derniers mois, la réponse au fléau du covid-19 a consolidé l’emprise des sociétés monopolistiques sur l’économie au sommet, tout en faisant progresser le “socialisme réellement existant” en bas. En partenariat avec Big Tech, Big Pharma, les médias traditionnels, les agences de santé nationales et internationales et les populations complaisantes, les États occidentaux jusqu’ici “démocratiques” se transforment de plus en plus en régimes totalitaires sur le modèle de la Chine, et ce, du jour au lendemain. Je n’ai pas besoin de fournir une litanie de la tyrannie et des abus. Vous pouvez les lire sur des sites d’information alternatifs, jusqu’à ce que vous ne puissiez plus les lire même là.12

La Grande Réinitialisation n’est donc pas une simple théorie du complot ; c’est un projet ouvert, avoué et planifié, et il est en bonne voie. Mais parce que le capitalisme aux caractéristiques chinoises13, ou l’étatisme socialiste corporatif, ne dispose pas de marchés libres et dépend de l’absence de libre arbitre et de liberté individuelle, il est, ironiquement, “non durable” et voué à l’échec. La question est de savoir combien de souffrances et de distorsions seront endurées jusqu’à ce qu’il échoue.

Michael Rectenwald

Michael Rectenwald est l’auteur de onze ouvrages, dont Thought Criminal (2020), Beyond Woke (2020), Google Archipelago (2019), Springtime for Snowflakes (2018), Nineteenth-Century British Secularism (2016). Il a été professeur à l’université de New York de 2008 à 2019. Il a également enseigné à la Duke University, la North Carolina Central University, la Carnegie Mellon University et la Case Western Reserve University. Il est un expert et un défenseur de la liberté d’expression contre toutes les formes d’autoritarisme et de totalitarisme, y compris le socialisme-communisme, la “justice sociale”, le fascisme et le politiquement correct.

Il est titulaire d’un doctorat en études littéraires et culturelles de l’université Carnegie Mellon, d’une maîtrise en littérature anglaise de l’université Case Western Reserve et d’une licence en littérature anglaise de l’université de Pittsburgh. (voir son C.V. pour plus de détails). Ses essais universitaires et académiques sont parus dans le Quarterly Journal of Austrian Economics, Academic Questions, Endeavour, le British Journal for the History of Science, College Composition and Communication, International Philosophical Quarterly, les anthologies De Gruyter (Organized Secularism in the United States), etc.

Les publications de Michael destinées au grand public sont apparues sur le fil de Mises Institute, The Epoch Times, RT.com, Campus Reform, The New English Review, The International Business Times, The American Conservative, Quillette, The Washington Post, The Pittsburgh Post-Gazette, entre autres. Le Dr Rectenwald a participé à de nombreux talk-shows politiques et autres sur les grands réseaux (Tucker Carlson Tonight, Fox & Friends, Fox & Friends First, Varney & Company, The Glenn Beck Show), à des émissions de radio syndiquées (Glenn Beck et bien d’autres), ainsi qu’à des émissions et podcasts.


Notes :

1Michael Rectenwald, “What Is the Great Reset? Part I: Reduced Expectations and Bio-techno-feudalism,” Mises Wire, December 11, 2020, https://mises.org/wire/what-great-reset-part-i-reduced-expectations-and-bio-techno-feudalism. (version FR : https://iatranshumanisme.com/2021/04/17/quest-ce-que-le-grand-reset/)

2Michael Rectenwald, “The Great Reset, Part II: Corporate Socialism,” Mises Wire, December 31, 2020, https://mises.org/library/great-reset-part-ii-corporate-socialism (version FR : https://iatranshumanisme.com/2021/04/18/le-grand-reset-le-socialisme-entreprise/); Rectenwald, “The Great Reset, Part III: “Capitalism with Chinese Characteristics,” Mises Wire, December 28, 2020, https://mises.org/wire/great-reset-part-iii-capitalism-chinese-characteristics (version FR : https://iatranshumanisme.com/2021/04/23/le-grand-reset-le-capitalisme-aux-caracteristiques-chinoises/); Rectenwald, “The Great Reset, Part IV: ‘Stakeholder Capitalism’ vs. ‘Neoliberalism,’” Mises Wire, January 26, 2021, https://mises.org/wire/great-reset-part-iv-stakeholder-capitalism-vs-neoliberalism (version FR : https://iatranshumanisme.com/2021/04/26/grand-reset-capitalisme-des-parties-prenantes-vs-neoliberalisme/).

3Michael Rectenwald, “The Great Reset, Part V: Woke Ideology.” Mises Wire, February 23, 2021, https://mises.org/wire/great-reset-part-v-woke-ideology (version FR : https://iatranshumanisme.com/2021/04/26/le-grand-reset-ideologie-woke/).

4Klaus Schwab, The Fourth Industrial Revolution (New York: Crown Business, 2016), pp. 6–8, Kindle.

5Schwab, The Fourth Industrial Revolution, vii.

6Ray Kurzweil, The Singularity Is Near: When Humans Transcend Biology (London: Duckworth, 2006).

7Klaus Schwab and Thierry Malleret, COVID-19: The Great Reset (Geneva: Forum Publishing, 2020), p. 57, Kindle.

8Ivan Wecke, “Conspiracy Theories aside, There Is Something Fishy about the Great Reset,” openDemocracy, August 16, 2021, https://www.opendemocracy.net/en/oureconomy/conspiracy-theories-aside-there-something-fishy-about-great-reset/.

9Michael Rectenwald, “The Google Election,” Mises Wire, November 10, 2020, https://mises.org/wire/google-election.

10Francesco Fuso Nerini, Tina Fawcett, Yael Parag, and Paul Ekins, “Personal Carbon Allowances Revisited,” Nature Sustainability (2021). https://doi.org/10.1038/s41893-021-00756-w.

11Michael Rectenwald, “The Great Reset, Part V: Woke Ideology.” Mises Wire, February 23, 2021, https://mises.org/wire/great-reset-part-v-woke-ideology (version FR : https://iatranshumanisme.com/2021/04/26/le-grand-reset-ideologie-woke/).

12Lori R. Price contributed the second half of this statement in conversation.

13Michael Rectenwald, “The Great Reset, Part III: Capitalism with Chinese Characteristics,” Mises Wire, December 28, 2020, https://mises.org/wire/great-reset-part-iii-capitalism-chinese-characteristics (version FR : https://iatranshumanisme.com/2021/04/23/le-grand-reset-le-capitalisme-aux-caracteristiques-chinoises/).

L’adaptation de la technocratie et du transhumanisme

Big Tech → technocratie → transhumanisme

Si la société doit être transformée en Technocratie, alors les humains qui y vivent doivent être modifiés en Transhumains. En d’autres termes, la société parfaitement efficace et utopique envisagée par les technocrates serait rapidement souillée si elle était habitée par des humains faibles d’esprit et imparfaits dans leur forme actuelle. C’est exactement la raison pour laquelle nous voyons de nombreux technocrates qui s’identifient également comme des transhumains. Parmi les noms connus qui viennent à l’esprit figurent Elon Musk (Tesla), Jeff Bezos (Amazon), Ray Kurzweil (Google) et Peter Thiel (PayPal).

Pour saisir cette image plus large, il est nécessaire de répondre à trois questions :

Qu’est-ce que la technocratie ?
Qu’est-ce que le transhumanisme ?
Comment le scientisme est-il le ciment qui les unit ?

Qu’est-ce que la technocratie ?

En 1937, le magazine The Technocrat écrivait :

La technocratie est la science de l’ingénierie sociale, le fonctionnement scientifique de l’ensemble du mécanisme social pour produire et distribuer des biens et des services à l’ensemble de la population.

Le magazine explique ensuite que la technocratie rejette le capitalisme, la libre entreprise et les politiciens élus et qu’elle cherche à créer un système économique basé sur les ressources, dans lequel les scientifiques, les ingénieurs et les techniciens seraient les seuls à planifier et à contrôler la société.

Aujourd’hui, de nombreux technocrates n’ont aucune idée des objectifs plus profonds de la technocratie, mais utilisent néanmoins leur expertise pour diriger des portions de la société sans aucun égard pour les processus politiques traditionnels de l’Amérique. Le “gouvernement par les experts” est une règle, mais ce n’est qu’une partie subalterne de l’objectif global qui consiste à remplacer notre système économique actuel par le développement durable, alias la technocratie, l’économie verte, le New Deal vert, etc.

Qu’est-ce que le transhumanisme ?

Un champion moderne du transhumanisme, le Dr Max More, a écrit,

Le transhumanisme est un mouvement vaguement défini qui s’est développé progressivement au cours des deux dernières décennies. “Le transhumanisme est une classe de philosophies de vie qui cherchent à poursuivre et à accélérer l’évolution de la vie intelligente au-delà de sa forme actuellement humaine et de ses limites humaines, au moyen de la science et de la technologie, guidées par des principes et des valeurs favorables à la vie.” (Max More, 1990).

Les transhumanistes cherchent à appliquer des technologies avancées à la condition humaine afin de prendre en charge le processus d’évolution et de créer littéralement des Humains 2.0. Le Saint Graal du transhumanisme est d’atteindre l’immortalité, mais dans le processus, ils ont l’intention d’éliminer les caractéristiques les plus négatives des Humains 1.0 : leur nature guerrière et leur tendance à être argumentatifs, incohérents, peu fiables, etc. Il s’agit d’un nettoyage génétique à grande échelle.

Le scientisme est le ciment qui les unit.

Le scientisme est une proposition religieuse qui a été présentée pour la première fois par le philosophe français Henri De Saint-Simon (1760-1825). Il a écrit ,

“Un scientiste, mes chers amis, est un homme qui prévoit ; c’est parce que la science fournit les moyens de prévoir qu’elle est utile, et que les scientistes sont supérieurs à tous les autres hommes.”

Alors que la vraie science explore le monde naturel en utilisant la méthode scientifique éprouvée de l’expérimentation et de la validation répétées, le scientisme de Saint-Simon est une vision du monde spéculative et métaphysique sur la nature et la réalité de l’univers et la relation de l’homme avec celui-ci.

Saint-Simon proposait que le leadership religieux de son époque soit littéralement remplacé par un sacerdoce de scientistes et d’ingénieurs, qui interpréteraient l’oracle de la science afin de faire des déclarations à la société sur les actions humaines nécessaires pour mener l’humanité à l’Utopie. Ainsi, la science serait élevée au rang de divinité immuable, adorée par ses adeptes, qui sont dirigés par ses prêtres.

La technocratie et le transhumanisme sont tous deux basés sur le scientisme.

Tous deux croient que la science, l’ingénierie et la technologie de pointe sont les instruments exclusifs du progrès. Tous deux sont adeptes de la promesse d’avantages qui sont toujours à portée de main, mais qui ne se concrétisent jamais. Tous deux sont experts dans la manipulation des gouvernements pour qu’ils fournissent les ressources des contribuables afin de financer leurs projets respectifs. Tous deux croient qu’ils détournent les processus d’évolution pour créer un avenir conçu par les technologues.

The Technocrat – Vol. 3 – No. 4 – September 1937

Pas de futur ici, allez sur Mars…

Un lien encore plus important entre la technocratie et le transhumanisme est qu’ils ne voient aucun avenir pour le monde tel qu’il existe aujourd’hui. Les écologistes radicaux comme Greta Thunberg pensent que le monde n’a plus que 12 ans avant qu’une apocalypse climatique ne nous détruise tous. Elon Musk utilise ses milliards pour échapper à la Terre en finançant sa société de fusées SpaceX, avec l’intention ultime de coloniser Mars. Jeff Bezos finance à titre privé sa société Blue Origin dans le même but : coloniser Mars. Ils ont tous deux déclaré que le seul avenir de l’humanité est dans l’espace, en peuplant le cosmos parce que la Terre va se retrouver dans une impasse lorsque ses ressources naturelles seront épuisées.

En bref, la technocratie et le transhumanisme sont tous deux anti-humains. La technocratie, canalisée par les Nations unies sous le nom de développement durable, estime que la Terre ne peut supporter qu’un milliard d’êtres humains environ. En outre, tous les humains sont considérés comme de simples ressources au même titre que les animaux de troupeau tels que le bétail. Le transhumanisme estime que l’humanité 1.0 est pratiquement morte et que le seul espoir pour l’avenir de l’homme est que les scientistes transhumains inventent l’humanité 2.0 et quittent complètement la Terre.

Dans un sens, l’allocation stricte des ressources et de l’énergie par la Technocratie ne marque qu’un modèle de confinement pendant qu’elle construit et teste la technologie du voyage spatial.

Cette pensée n’est pas nouvelle. En 1872, Winwood Reade a écrit The Martyrdom of Man (Le martyre de l’homme), dans lequel il affirme aussi clairement que n’importe quel transhumaniste ou technocrate moderne pourrait le faire :

Les maladies seront extirpées ; les causes de la décadence seront supprimées ; l’immortalité sera inventée. Et alors, la terre étant petite, l’humanité migrera dans l’espace, et traversera les Saharas sans air qui séparent les planètes les unes des autres, et le soleil du soleil. La terre deviendra une Terre Sainte qui sera visitée par des pèlerins venus de tous les coins de l’univers. Enfin, les hommes maîtriseront les forces de la Nature ; ils deviendront eux-mêmes des architectes de systèmes, des constructeurs de mondes.

Ces corps que nous portons maintenant appartiennent aux animaux inférieurs ; notre esprit les a déjà dépassés ; déjà nous les regardons avec mépris. Un temps viendra où la Science les transformera par des moyens que nous ne pouvons pas conjecturer, et que, même si on nous les expliquait, nous ne pourrions pas comprendre maintenant, de même que le sauvage ne peut pas comprendre l’électricité, le magnétisme, la vapeur. (p. 179)

Le mot “radical” n’effleure même pas la surface.

À la lumière de ce qui précède, j’espère que vous réalisez que vous ne pouvez tout simplement pas regarder les technocrates et les transhumanistes et leur coller des étiquettes telles que marxiste, socialiste, communiste ou fasciste. Les transhumanistes et les technocrates représentent un nouveau type de radicalité que le monde n’a jamais vu auparavant.

Cela ne signifie rien lorsque des personnes se réunissent pour discuter de questions philosophiques et de nouvelles façons de faire les choses, si elles n’ont pas les moyens de faire ce qu’elles prétendent. Jeff Bezos n’attend pas que la NASA colonise Mars ; il construit son propre vaisseau spatial avec son propre argent. De même, Elon Musk autofinance sa propre flotte spatiale. Le défunt financier mondial, David Rockefeller, n’a pas attendu que les gouvernements mettent en place un nouvel ordre économique, mais a plutôt utilisé ses propres fonds pour créer la Commission trilatérale et ses propres transformations économiques.

Grâce à l’adoption par les Nations unies de la technocratie en tant que développement durable, les politiques de l’Agenda 21 ont été étendues à tous les coins de la planète, y compris à chaque ville et comté d’Amérique. Dans l’ignorance totale du piège qui leur est tendu, les gens exigent maintenant plus, et non moins. Le réchauffement climatique est utilisé comme un bélier pour briser le système économique actuel, ouvrant la voie à la seule alternative proposée : Le développement durable, alias la technocratie.

Utiliser le mot “radical” pour décrire la technocratie et le transhumanisme serait un euphémisme. Ils sont tous deux en dehors des limites de la réalité objective. Et pire encore, ils entraînent le reste d’entre nous avec eux.

“La technocratie est à la société ce que le transhumanisme est aux personnes qui voudraient faire partie de cette société transformée”, Patrick Wood.

Patrick Wood est un expert éminent et critique du développement durable, de l’économie verte, de l’Agenda 21, de l’Agenda 2030 et de la technocratie historique. Il est l’auteur de Technocracy Rising : The Trojan Horse of Global Transformation (2015) et co-auteur de Trilaterals Over Washington, Volumes I et II (1978-1980) avec le regretté Antony C. Sutton.

“On ne reviendra jamais à la normale” #NewNormal

Dr Kerry Chant, responsable de la santé publique en Nouvelle-Galles du Sud fait encore parler d’elle. Rappelez-vous, c’est elle qui affirmait dernièrement suivre les indications du Nouvel Ordre Mondial.

Cette fois-ci, elle déclare qu’on ne reviendra jamais à la normale. Et que les boosters sont là pour rester.


Emmanuel Macron l’a dit lui-même en mars 2020 “plus rien ne sera comme avant“.
“Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, seront remises en cause. Beaucoup de choses que nous pensions impossibles adviennent… le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant.”

New Normal

tolérer : Laisser se produire ou subsister (une chose qu’on aurait le droit ou la possibilité d’empêcher).

La Grande Réinitialisation a un but précis

Il s’agit d’une prise de contrôle de la gouvernance mondiale par les entreprises, qui concerne notre alimentation, nos données et nos vaccins.

Les théories du complot sur le “Grand Reset” ne semblent pas vouloir mourir. Ces théories ont été déclenchées par le sommet du Forum économique mondial (WEF) de l’année dernière, qui avait pour thème “The Great Reset” (la grande réinitialisation) et affirmait que la crise du COVID était l’occasion de s’attaquer aux problèmes majeurs auxquels le monde est confronté. Selon la BBC, le terme “Great Reset” a reçu plus de huit millions d’interactions sur Facebook et a été partagé près de deux millions de fois sur Twitter depuis le lancement de l’initiative du WEF.

L’ensemble des théories du complot autour du Grand Reset sont nébuleuses et difficiles à cerner, mais en les rassemblant, on obtient quelque chose comme ceci : le Grand Reset est le plan de l’élite mondiale pour instaurer un ordre mondial communiste en abolissant la propriété privée tout en utilisant le COVID-19 pour résoudre le problème de la surpopulation et en asservissant ce qui reste de l’humanité avec les vaccins.

Intrigué par les palabres qui ont entouré le sommet de l’année dernière, j’ai décidé de découvrir ce qu’était réellement le plan du WEF intitulé “Great Reset”. Au cœur des théories du complot se trouvent les supposés agendas secrets et les intentions malveillantes. Bien que ces éléments soient absents de l’initiative Great Reset du WEF, j’ai trouvé quelque chose de presque aussi sinistre qui se cachait au grand jour. En fait, c’est encore plus sinistre car c’est réel et cela se passe maintenant. Et cela concerne des choses aussi fondamentales que notre alimentation, nos données et nos vaccins.

La vraie Grande Réinitialisation

Les mots magiques sont “capitalisme des parties prenantes“, un concept que le président du WEF, Klaus Schwab, martèle depuis des décennies et qui occupe une place de choix dans le plan du WEF “Great Reset” à partir de juin 2020. L’idée est que le capitalisme mondial doit être transformé afin que les entreprises ne se concentrent plus uniquement sur le service aux actionnaires mais deviennent les gardiens de la société en créant de la valeur pour les clients, les fournisseurs, les employés, les communautés et autres “parties prenantes” (stakeholders). Selon le WEF, le capitalisme des parties prenantes s’exerce par le biais d’une série de “partenariat à multi-parties prenantes” réunissant le secteur privé, les gouvernements et la société civile dans tous les domaines de la gouvernance mondiale.

Partie IV Grand Reset, Capitalisme des parties prenantes vs néolibéralisme

L’idée du capitalisme des parties prenantes et des partenariats multi-parties prenantes peut sembler sympathique, jusqu’à ce que l’on se rende compte qu’il s’agit en fait de donner plus de pouvoir aux entreprises sur la société, et moins aux institutions démocratiques.

Le plan à l’origine de la Grande Réinitialisation était appelé Global Redesign Initiative. Rédigée par le WEF après la crise économique de 2008, cette initiative contient un rapport de 600 pages sur la transformation de la gouvernance mondiale. Dans la vision du WEF, “the government voice would be one among many, without always being the final arbiter“. Les gouvernements ne seraient qu’une partie prenante parmi d’autres dans un modèle de gouvernance mondiale à multi-parties prenantes. Harris Gleckman, chercheur principal à l’université du Massachusetts, décrit le rapport comme “la proposition la plus complète de refonte de la gouvernance mondiale depuis la création des Nations unies pendant la Seconde Guerre mondiale”.

“Les partenariats à multi-parties prenantes sont des partenariats public-privé sur la scène mondiale”.

Qui sont ces autres parties prenantes, non gouvernementales ? Le WEF, mieux connu pour sa réunion annuelle de personnes fortunées à Davos, en Suisse, se décrit comme une organisation internationale pour la coopération public-privé. Les partenaires du WEF comprennent certaines des plus grandes entreprises du secteur pétrolier (Saudi Aramco, Shell, Chevron, BP), de l’alimentation (Unilever, The Coca-Cola Company, Nestlé), de la technologie (Facebook, Google, Amazon, Microsoft, Apple) et des produits pharmaceutiques (AstraZeneca, Pfizer, Moderna).

Au lieu que les entreprises soient au service de nombreuses parties prenantes, dans le modèle de gouvernance mondiale à multi-parties prenantes, les entreprises sont promues au rang de parties prenantes officielles dans le processus décisionnel mondial, tandis que les gouvernements sont relégués au rang de parties prenantes parmi d’autres. Dans la pratique, les entreprises deviennent les principales parties prenantes, tandis que les gouvernements jouent un rôle de second plan et que la société civile n’est qu’une façade.

L’écosystème des multi-parties prenantes

L’exemple le plus symbolique de ce changement est peut-être l’accord de partenariat stratégique controversé que les Nations unies (ONU) ont signé avec le WEF en 2019. Harris Gleckman décrit cela comme une démarche visant à transformer l’ONU en un partenariat public-privé, en créant une place spéciale pour les entreprises au sein de l’ONU.

Le modèle des multi-parties prenantes est déjà en cours de construction. Ces dernières années, un écosystème en constante expansion de groupes multi-parties prenantes s’est étendu à tous les secteurs du système de gouvernance mondiale. Il existe désormais plus de 45 groupes multi-parties prenantes au niveau mondial qui fixent des normes et établissent des lignes directrices et des règles dans toute une série de domaines. Selon Gleckman, ces groupes, qui n’ont aucune responsabilité démocratique, sont constitués d’acteurs privés (grandes entreprises) qui “recrutent leurs amis au sein du gouvernement, de la société civile et des universités pour qu’ils les rejoignent dans la résolution des problèmes publics”.

Le multi-stakeholderism est la mise à jour par le WEF du multilatéralisme, qui est le système actuel par lequel les pays travaillent ensemble pour atteindre des objectifs communs. L’institution centrale du système multilatéral est l’ONU. Le système multilatéral est souvent accusé à juste titre d’être inefficace, trop bureaucratique et biaisé en faveur des nations les plus puissantes. Mais il est au moins théoriquement démocratique, car il réunit des dirigeants de pays démocratiquement élus pour prendre des décisions dans l’arène mondiale.

Au lieu de réformer le système multilatéral pour renforcer la démocratie, la vision du WEF de la gouvernance multi-parties prenantes implique de supprimer davantage la démocratie en mettant les gouvernements sur la touche et en plaçant des “parties prenantes” non élues – principalement des entreprises – à leur place lorsqu’il s’agit de prendre des décisions au niveau mondial.

En termes clairs, les partenariats à multi-parties prenantes sont des partenariats public-privé sur la scène mondiale. Ils ont des répercussions concrètes sur l’organisation de nos systèmes alimentaires, la gouvernance des grandes technologies et la distribution de nos vaccins et médicaments.

L’avenir de l’alimentation

À l’automne 2021, l’ONU doit accueillir à Rome le Sommet mondial sur les systèmes alimentaires (FSS). Cet événement est nécessaire, étant donné que 3,9 milliards de personnes – plus de la moitié de la population mondiale – luttent actuellement contre la faim et la malnutrition, alors qu’il y a suffisamment de nourriture pour nourrir le monde. Toutefois, le sommet de cette année diffère sensiblement des précédents sommets des Nations unies sur l’alimentation, puisqu’il adopte une “inclusion multi-parties prenantes“, dans laquelle le secteur privé joue “un rôle important“. Une note conceptuelle de 2019 montrait que le WEF devait être impliqué dans l’organisation du sommet, bien qu’il ne soit pas clair aujourd’hui quel sera le rôle du WEF.

“L’abandon des pesticides n’est pas sur la table. Comment cela est-il possible ?”, demande Sofia Monsalve de FIAN International, une organisation de défense des droits de l’homme axée sur l’alimentation et la nutrition. “Il n’y a aucune discussion sur la concentration des terres ou sur la nécessité de tenir les entreprises responsables de leurs abus en matière d’environnement et de conditions de travail.” Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large où, selon Monsalve, les grandes entreprises, qui dominent le secteur alimentaire, sont réticentes à corriger le système de production. “Elles veulent juste trouver de nouvelles opportunités d’investissement”.

FIAN International, ainsi que 300 autres organisations, ont exprimé leurs inquiétudes au sujet de la configuration multi-parties prenantes dans une lettre ouverte au secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Lors d’une réunion avec les groupes de la société civile qui ont signé la lettre, Amina Mohammed, la secrétaire générale adjointe des Nations unies, leur a assuré que des garanties solides empêcheraient les entreprises de s’emparer de l’événement, “en autorisant uniquement les plateformes ou les réseaux et aucune entreprise unique à participer au sommet”.

Mais pour Monsalve, “cela ne fait qu’empirer les choses. Désormais, les entreprises peuvent protéger leurs intérêts et se cacher derrière ces plateformes, car on ne sait pas très bien qui s’y trouve.” En effet, la liste des entreprises partenaires est introuvable sur le site officiel. Les organisateurs de la FSS ont été contactés pour un commentaire mais n’avaient pas répondu au moment de la publication.

Les signataires de la lettre craignent qu’avec la participation des entreprises au sommet, l’alimentation continue d’être traitée “comme une marchandise et non comme un droit humain”. S’ils restent inchangés, les systèmes alimentaires industriels continueront à avoir des impacts irréversibles sur notre santé et celle de notre planète.

Les Big Tech gouvernent les Big Tech

Un autre jalon dans le développement du capitalisme des parties prenantes se trouve dans le secteur des Big Tech. Dans le cadre de sa feuille de route 2020 pour la coopération numérique, le secrétaire général des Nations unies a appelé à la création d’un nouvel “organisme de haut niveau stratégique et autonome composé de multiples parties prenantes“. Là encore, il n’est pas facile de trouver une liste des parties prenantes, mais après quelques recherches, on trouve une longue liste de “participants aux tables rondes”, dont Facebook, Google, Microsoft et le WEF.

Bien que les fonctions de ce nouvel organisme soient assez vagues, les organisations de la société civile craignent qu’il ne s’agisse pour les grandes entreprises technologiques de créer un organisme mondial pour se gouverner elles-mêmes. Cela risque d’institutionnaliser la résistance de ces entreprises à une réglementation efficace, tant au niveau mondial que national, et d’accroître leur pouvoir sur les gouvernements et les organisations multilatérales. Si l’organisme se concrétise, il pourrait s’agir d’une victoire décisive dans la guerre que les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) livrent actuellement aux gouvernements au sujet de l’évasion fiscale, des règles antitrust et de leur pouvoir toujours plus grand sur la société.

Plus de 170 groupes de la société civile du monde entier ont signé une nouvelle lettre ouverte au secrétaire général de l’ONU – cette fois pour empêcher la formation de l’organe de gouvernance numérique. Le secrétaire général a été sollicité pour un commentaire mais n’avait pas répondu au moment de la publication.

COVAX

Et puis il y a COVAX. L’initiative COVAX vise à “accélérer le développement et la fabrication des vaccins COVID-19, et à garantir un accès juste et équitable pour tous les pays du monde”. Là encore, cela semble merveilleux, surtout si l’on considère les inégalités criantes entre les pays riches et les pays en développement en matière de vaccination.

Mais pourquoi l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui fait partie de l’ONU, ne prend-elle pas les choses en main ? “Les pays sont censés prendre ensemble, par l’intermédiaire d’agences multilatérales comme l’OMS, des décisions sur les questions de santé mondiale, avec peut-être un soutien technique de la part des autres”, explique Sulakshana Nandi, de l’ONG People’s Health Movement, qui a récemment publié un document d’orientation sur COVAX.

“Ils veulent juste trouver de nouvelles opportunités d’investissement”.

COVAX a été créé en tant que groupe multi-parties prenantes par deux autres groupes multi-parties prenantes, GAVI (the Vaccine Alliance) et CEPI (the Coalition for Epidemic Preparedness Innovations), en partenariat avec l’OMS. GAVI et CEPI ont tous deux des liens étroits avec le Forum économique mondial (qui a été l’un des fondateurs du CEPI) ainsi qu’avec la Fondation Bill et Melinda Gates, et tous deux sont également liés à des entreprises telles que Pfizer, GlaxoSmithKline, AstraZeneca et Johnson & Johnson par le biais de partenariats avec des fabricants (GAVI) ou en tant que “supporters” (CEPI). Même si COVAX est financé principalement par les gouvernements, ce sont ces coalitions centrées sur les entreprises qui supervisent son déploiement.

Le contraste entre l’approche multi-parties prenantes et une approche multilatérale “classique” a été mis en évidence lorsque l’Afrique du Sud et l’Inde ont proposé la dérogation ADPIC (Agreement on Trade-Related Aspects of Intellectual Property Rights : TRIPS) à la fin de l’année dernière. Ils ont demandé une levée temporaire des règles de propriété intellectuelle sur toutes les technologies COVID-19 afin de stimuler la fabrication et la distribution de vaccins et d’autres produits médicaux essentiels dans les pays principalement en développement. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré dans un discours qu’il soutenait la proposition. “Mais GAVI, la Fondation Bill et Melinda Gates – voire Bill Gates lui-même – et Big Pharma se sont opposés très fermement à cette proposition”, a déclaré Nandi. “Il est plus important pour eux de protéger leurs intérêts et les mécanismes du marché que de protéger la santé universelle ou de protéger les gens du COVID.” L’OMS a été sollicitée pour un commentaire mais n’a pas répondu.

Là encore, le choix est rude entre une approche axée sur les droits de l’homme et menée par l’ONU et une approche axée sur le profit et menée par des organismes multi-parties prenantes représentant les intérêts des entreprises. Dans le cas de COVAX – qui ne parvient pas à atteindre son objectif modeste de vacciner 20 % de la population des pays à faible et moyen revenu – la première l’a emporté.

Développer le capitalisme des parties prenantes

Ainsi, même si le WEF (ou Bill Gates) n’est pas responsable de la pandémie de COVID, même si les vaccins ne sont pas dotés de micropuces pour contrôler nos pensées, il se passe vraiment quelque chose dans la gouvernance mondiale. Si vous tenez à votre droit à la santé publique, à la vie privée, à l’accès à une alimentation saine ou à la représentation démocratique, méfiez-vous des mots “capitalisme des parties prenantes” lorsqu’ils apparaîtront au prochain sommet de Davos.

Le WEF a été sollicité pour commenter les questions soulevées dans cet article, mais n’a pas répondu au moment de la publication.

Ivan Wecke un politologue et écrivain
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