Guerre cognitive : Le cerveau sera le champ de bataille du 21e siècle

La militarisation de la science du cerveau

Les gouvernements occidentaux de l’alliance militaire de l’OTAN développent des tactiques de “guerre cognitive”, utilisant les menaces supposées de la Chine et de la Russie pour justifier une “bataille pour votre cerveau” dans le “domaine humain”, pour “faire de chacun une arme”.

L’OTAN développe de nouvelles formes de guerre pour mener une “bataille pour le cerveau“, selon les termes de l’alliance militaire.

Le cartel militaire de l’OTAN dirigé par les États-Unis a testé de nouveaux modes de guerre hybride contre ses adversaires autoproclamés, notamment la guerre économique, la cyberguerre, la guerre de l’information et la guerre psychologique.

Aujourd’hui, l’OTAN met au point un tout nouveau type de combat qu’elle a baptisé “guerre cognitive“. Décrite comme une ” militarisation des sciences du cerveau “, cette nouvelle méthode consiste à “pirater l’individu” en exploitant “les vulnérabilités du cerveau humain” afin de mettre en œuvre une “ingénierie sociale” plus sophistiquée.

Jusqu’à récemment, l’OTAN divisait la guerre en cinq domaines opérationnels différents : air, terre, mer, espace et cybernétique. Mais avec le développement de stratégies de guerre cognitive, l’alliance militaire discute d’un nouveau domaine, le sixième : le “domaine humain“.

Une étude parrainée par l’OTAN en 2020 sur cette nouvelle forme de guerre explique clairement : “Alors que les actions menées dans les cinq domaines sont exécutées afin d’avoir un effet sur le domaine humain, l’objectif de la guerre cognitive est de faire de chacun une arme.”

“Le cerveau sera le champ de bataille du 21e siècle”, souligne le rapport. “Les humains sont le domaine contesté” et “les conflits futurs se produiront probablement entre les personnes numériquement d’abord et physiquement ensuite, à proximité des centres de pouvoir politique et économique.”

Le domaine cognitif est un nouvel espace de compétition, au-delà des domaines terrestre, maritime, aérien, cybernétique et spatial.
© NATO Innovation Hub

Si l’étude soutenue par l’OTAN insiste sur le fait qu’une grande partie de ses recherches sur la guerre cognitive est conçue à des fins défensives, elle concède également que l’alliance militaire développe des tactiques offensives, en déclarant : “L’humain est très souvent la principale vulnérabilité et il convient d’en tenir compte afin de protéger le capital humain de l’OTAN mais aussi de pouvoir tirer parti des vulnérabilités de nos adversaires.”

Dans une révélation qui fait froid dans le dos, le rapport dit explicitement que “l’objectif de la guerre cognitive est de nuire aux sociétés et pas seulement aux militaires”.

Avec des populations civiles entières dans le collimateur de l’OTAN, le rapport souligne que les armées occidentales doivent collaborer plus étroitement avec le monde universitaire pour armer les sciences sociales et humaines et aider l’alliance à développer ses capacités de guerre cognitive.

L’étude décrit ce phénomène comme “la militarisation de la science du cerveau“. Mais il semble évident que le développement de la guerre cognitive par l’OTAN conduira à une militarisation de tous les aspects de la société et de la psychologie humaines, des relations sociales les plus intimes à l’esprit lui-même.

Cette militarisation globale de la société se reflète dans le ton paranoïaque du rapport parrainé par l’OTAN, qui met en garde contre “une cinquième colonne intégrée, où chacun, à son insu, se comporte selon les plans de l’un de nos concurrents”. L’étude indique clairement que ces “concurrents” censés exploiter la conscience des dissidents occidentaux sont la Chine et la Russie.

En d’autres termes, ce document montre que les figures du cartel militaire de l’OTAN considèrent de plus en plus leur propre population nationale comme une menace, craignant que les civils ne soient de potentielles cellules dormantes chinoises ou russes, de redoutables “cinquièmes colonnes” qui remettent en cause la stabilité des “démocraties libérales occidentales”.

Le développement par l’OTAN de nouvelles formes de guerre hybride intervient à un moment où les campagnes militaires des États membres visent les populations nationales à un niveau sans précédent.

Le Ottawa Citizen a rapporté en septembre dernier que le Commandement des opérations conjointes de l’armée canadienne a profité de la pandémie de Covid-19 pour mener une guerre de l’information contre sa propre population, en testant des tactiques de propagande sur des civils canadiens.

Des rapports internes commandités par l’OTAN suggèrent que cette divulgation ne fait qu’effleurer la surface d’une vague de nouvelles techniques de guerre non conventionnelles que les armées occidentales emploient dans le monde entier.

Le Canada accueille le “Défi innovation de l’OTAN” sur la guerre cognitive

Deux fois par an, l’OTAN organise un événement de type “pitch” qu’elle qualifie de “défi de l’innovation”. Ces campagnes – l’une organisée au printemps et l’autre à l’automne par les États membres en alternance – font appel à des entreprises privées, des organisations et des chercheurs pour aider à mettre au point de nouvelles tactiques et technologies pour l’alliance militaire.

Les défis de type “chars à requins” reflètent l’influence prédominante de l’idéologie néolibérale au sein de l’OTAN, les participants mobilisant le libre marché, les partenariats public-privé et la promesse de prix en espèces pour faire avancer le programme du complexe militaro-industriel.

Le défi d’innovation de l’OTAN – Automne 2021 est organisé par le Canada et s’intitule “La menace invisible : Des outils pour lutter contre la guerre cognitive”.

“La guerre cognitive cherche à modifier non seulement ce que les gens pensent, mais aussi leur façon d’agir“, a fait savoir le gouvernement canadien dans sa déclaration officielle sur ce défi. “Les attaques contre le domaine cognitif impliquent l’intégration de capacités de cybernétique, de désinformation, de psychologie et d’ingénierie sociale.”

Le communiqué de presse poursuit : “La guerre cognitive positionne l’esprit comme un espace de combat et un domaine contesté. Son objectif est de semer la dissonance, de susciter des récits contradictoires, de polariser l’opinion et de radicaliser les groupes. La guerre cognitive peut inciter les gens à agir d’une manière qui peut perturber ou fragmenter une société autrement cohésive.”

Des responsables militaires canadiens soutenus par l’OTAN discutent de la guerre cognitive lors d’une table ronde

Un groupe de défense appelé NATO Association of Canada s’est mobilisé pour soutenir ce défi de l’innovation, en travaillant en étroite collaboration avec les entrepreneurs militaires pour inciter le secteur privé à investir dans de nouvelles recherches au nom de l’OTAN – et de ses propres résultats.

Bien que la NATO Association of Canada (NAOC) soit techniquement une ONG indépendante, sa mission est de promouvoir l’OTAN, et l’organisation se vante sur son site web : “La NAOC a des liens étroits avec le gouvernement du Canada, notamment avec Global Affairs Canada et le Department of National Defence.”

Dans le cadre de ses efforts pour promouvoir le Défi d’innovation de l’OTAN du Canada, la NAOC a organisé une table ronde sur la guerre cognitive le 5 octobre 2021.

Le chercheur qui a rédigé l’étude définitive de 2020 sur la guerre cognitive, parrainée par l’OTAN, François du Cluzel, a participé à l’événement, aux côtés d’officiers militaires canadiens soutenus par l’OTAN.

La table ronde était supervisée par Robert Baines, président de la NATO Association of Canada. Elle était animée par Garrick Ngai, un responsable du marketing dans l’industrie de l’armement qui est conseiller auprès du ministère canadien de la Défense nationale et vice-président et directeur du NAOC.

Baines a ouvert l’événement en indiquant que les participants discuteraient de “la guerre cognitive et du nouveau domaine de compétition, où les acteurs étatiques et non étatiques visent à influencer ce que les gens pensent et comment ils agissent”.

Le président du NAOC s’est également réjoui des “opportunités lucratives pour les entreprises canadiennes” que promet ce défi d’innovation de l’OTAN.

Un chercheur de l’OTAN décrit la guerre cognitive comme “un moyen de nuire au cerveau”.

La table ronde du 5 octobre a débuté avec François du Cluzel, un ancien officier militaire français qui, en 2013, a contribué à la création du NATO Innovation Hub (iHub), qu’il dirige depuis lors depuis sa base de Norfolk, en Virginie.

Bien que l’iHub insiste sur son site web, pour des raisons juridiques, sur le fait que les “opinions exprimées sur cette plateforme ne constituent pas des points de vue de l’OTAN ou de toute autre organisation”, l’organisation est parrainée par l’Allied Command Transformation (ACT), décrit comme “l’un des deux commandements stratégiques à la tête de la structure de commandement militaire de l’OTAN”.

L’Innovation Hub agit donc comme une sorte de centre de recherche ou de groupe de réflexion interne à l’OTAN. Ses recherches ne constituent pas nécessairement une politique officielle de l’OTAN, mais elles sont directement soutenues et supervisées par l’OTAN.

En 2020, le Supreme Allied Commander Transformation (SACT) de l’OTAN a chargé Du Cluzel, en tant que responsable de l’iHub, de mener une étude de six mois sur la guerre cognitive.

Du Cluzel a résumé ses recherches lors de la table ronde d’octobre dernier. Il a commencé ses remarques en notant que la guerre cognitive “est actuellement l’un des sujets les plus chauds pour l’OTAN” et “est devenue un terme récurrent dans la terminologie militaire ces dernières années.”

Bien que français, Du Cluzel a souligné que la stratégie de guerre cognitive “est actuellement développée par mon commandement ici à Norfolk, aux États-Unis”.

Le responsable du NATO Innovation Hub s’est exprimé à l’aide d’une présentation PowerPoint, et a commencé par une diapositive provocatrice décrivant la guerre cognitive comme “une bataille pour le cerveau“.

“La guerre cognitive est un nouveau concept qui commence dans la sphère de l’information, c’est une sorte de guerre hybride”, a déclaré du Cluzel.

“Cela commence par l’hyper-connectivité. Tout le monde a un téléphone portable”, a-t-il poursuivi. “Cela commence avec l’information, car l’information est, si je puis dire, le carburant de la guerre cognitive. Mais cela va bien au-delà de la seule information, qui est une opération autonome – la guerre de l’information est une opération autonome.”

La guerre cognitive se recoupe avec les entreprises Big Tech et la surveillance de masse, car “il s’agit d’exploiter le big data“, explique Du Cluzel. “Nous produisons des données partout où nous allons. Chaque minute, chaque seconde, nous allons en ligne. Et il est extrêmement facile d’exploiter ces données afin de mieux vous connaître et d’utiliser ces connaissances pour changer votre façon de penser.”

Naturellement, le chercheur de l’OTAN a affirmé que les “adversaires” étrangers sont les agresseurs supposés qui utilisent la guerre cognitive. Mais dans le même temps, il a clairement indiqué que l’alliance militaire occidentale développe ses propres tactiques.

Du Cluzel a défini la guerre cognitive comme “l’art d’utiliser des technologies pour altérer la cognition de cibles humaines“.

Ces technologies, a-t-il noté, intègrent les domaines de la NBIC – nanotechnologie, biotechnologie, technologie de l’information et science cognitive. L’ensemble de ces technologies constitue un cocktail très dangereux qui permet de manipuler davantage le cerveau“, a-t-il déclaré.

Du Cluzel a poursuivi en expliquant que cette nouvelle méthode d’attaque exotique “va bien au-delà” de la guerre de l’information ou des opérations psychologiques (psyops).

“La guerre cognitive n’est pas seulement un combat contre ce que nous pensons, mais c’est plutôt un combat contre la façon dont nous pensons, si nous pouvons changer la façon dont les gens pensent“, a-t-il déclaré. “C’est beaucoup plus puissant et cela va bien au-delà de la [guerre] de l’information et des opérations psyops”.

De Cluzel poursuit : “Il est crucial de comprendre qu’il s’agit d’un jeu sur notre cognition, sur la façon dont notre cerveau traite l’information et la transforme en connaissance, plutôt qu’un jeu uniquement sur l’information ou sur les aspects psychologiques de notre cerveau. Ce n’est pas seulement une action contre ce que nous pensons, mais aussi une action contre la façon dont nous pensons, la façon dont nous traitons l’information et la transformons en connaissance.”

“En d’autres termes, la guerre cognitive n’est pas seulement un autre mot, un autre nom pour la guerre de l’information. C’est une guerre contre notre processeur individuel, notre cerveau.”

Le chercheur de l’OTAN a souligné que “c’est extrêmement important pour nous, les militaires”, car “cela a le potentiel, en développant de nouvelles armes et de nouveaux moyens de nuire au cerveau, d’engager les neurosciences et la technologie dans de très nombreuses approches différentes pour influencer l’écologie humaine… car vous savez tous qu’il est très facile de transformer une technologie civile en une technologie militaire.”

Quant à savoir qui pourraient être les cibles de la guerre cognitive, Du Cluzel a révélé que tout le monde est sur la table.

“La guerre cognitive a une portée universelle, en commençant par l’individu jusqu’aux États et aux organisations multinationales”, a-t-il déclaré. “Son champ d’action est global et vise à prendre le contrôle de l’être humain, civil comme militaire.”

Et le secteur privé a un intérêt financier à faire progresser la recherche sur la guerre cognitive, a-t-il noté : “Les investissements massifs réalisés dans le monde entier dans le domaine des neurosciences laissent penser que le domaine cognitif sera probablement l’un des champs de bataille de l’avenir.”

Le développement de la guerre cognitive transforme totalement le conflit militaire tel que nous le connaissons, a déclaré Du Cluzel, ajoutant “une troisième dimension de combat majeure au champ de bataille moderne : à la dimension physique et informationnelle s’ajoute désormais une dimension cognitive.”

Cela “crée un nouvel espace de compétition au-delà de ce que l’on appelle les cinq domaines d’opérations – ou domaines terrestre, maritime, aérien, cybernétique et spatial. La guerre dans l’arène cognitive mobilise un éventail plus large d’espaces de combat que ne peuvent le faire les seules dimensions physique et informationnelle.”

En bref, les humains eux-mêmes sont le nouveau domaine contesté dans ce nouveau mode de guerre hybride, aux côtés de la terre, de la mer, de l’air, du cyberespace et de l’espace.

L’étude de l’OTAN sur la guerre cognitive met en garde contre une “cinquième colonne intégrée”.

L’étude menée par François du Cluzel, responsable du NATO Innovation Hub, de juin à novembre 2020, a été parrainée par le Allied Command Transformation du cartel militaire, et publiée sous la forme d’un rapport de 45 pages en janvier 2021 (PDF).

Ce document glaçant montre comment la guerre contemporaine a atteint une sorte de stade dystopique, autrefois imaginable uniquement dans la science-fiction.

“La nature de la guerre a changé”, souligne le rapport. “La majorité des conflits actuels restent en deçà du seuil de la définition traditionnellement acceptée de la guerre, mais de nouvelles formes de guerre sont apparues, comme la guerre cognitive (Cognitive Warfare CW), tandis que l’esprit humain est désormais considéré comme un nouveau domaine de la guerre.”

Pour l’OTAN, la recherche sur la guerre cognitive n’est pas seulement défensive, elle est aussi très offensive.

“Développer des capacités pour nuire aux capacités cognitives des adversaires sera une nécessité”, indique clairement le rapport Du Cluzel. “En d’autres termes, l’OTAN devra obtenir la capacité de sauvegarder son processus décisionnel et de perturber celui de l’adversaire.”

Et n’importe qui peut être la cible de ces opérations de guerre cognitive : “Tout utilisateur des technologies modernes de l’information est une cible potentielle. Il vise l’ensemble du capital humain d’une nation”, ajoute le rapport de manière inquiétante.

“Outre l’exécution potentielle d’une guerre cognitive en complément d’un conflit militaire, elle peut également être menée seule, sans aucun lien avec un engagement des forces armées”, poursuit l’étude. “De plus, la guerre cognitive est potentiellement sans fin puisqu’il ne peut y avoir de traité de paix ou de reddition pour ce type de conflit.”

Tout comme ce nouveau mode de combat n’a pas de frontières géographiques, il n’a pas non plus de limite de temps : “Ce champ de bataille est mondial via internet. Sans début ni fin, cette conquête ne connaît aucun répit, rythmée par les notifications de nos smartphones, en tout lieu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.”

L’étude parrainée par l’OTAN note que “certains pays de l’OTAN ont déjà reconnu que les techniques et technologies neuroscientifiques ont un fort potentiel d’utilisation opérationnelle dans diverses entreprises de sécurité, de défense et de renseignement”.

Elle parle de percées dans les “méthodes et technologies neuroscientifiques” (neuroS/T), et précise “l’utilisation des résultats et des produits de la recherche pour faciliter directement la performance des combattants, l’intégration d’interfaces homme-machine pour optimiser les capacités de combat des véhicules semi-autonomes (par exemple, les drones), et le développement d’armes biologiques et chimiques (c’est-à-dire les neuroarmes)”.

Le Pentagone est l’une des principales institutions à faire avancer cette recherche novatrice, comme le souligne le rapport : “Bien qu’un certain nombre de nations aient poursuivi, et poursuivent actuellement, la recherche et le développement neuroscientifiques à des fins militaires, les efforts les plus proactifs à cet égard ont sans doute été menés par le Département de la défense des États-Unis ; les travaux de recherche et de développement les plus notables et les plus rapides étant menés par la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) et l’Intelligence Advanced Research Projects Activity (IARPA)”.

Selon l’étude, les utilisations militaires de la recherche neuroscientifique et technologique comprennent la collecte de renseignements, la formation, “l’optimisation des performances et de la résilience du personnel de combat et de soutien militaire” et, bien sûr, “l’utilisation directe des neurosciences et des neurotechnologies à des fins militaires”.

Cette militarisation de la neuroS/T peut être et sera fatale, comme le souligne clairement l’étude parrainée par l’OTAN. La recherche peut “être utilisée pour atténuer l’agressivité et favoriser les cognitions et les émotions d’affiliation ou de passivité ; induire la morbidité, le handicap ou la souffrance ; et “neutraliser” les adversaires potentiels ou provoquer la mortalité” – en d’autres termes, pour mutiler et tuer des gens.

Le rapport cite le général de division américain Robert H. Scales, qui résume la nouvelle philosophie de combat de l’OTAN : “La victoire se définira davantage en termes de capture du terrain psycho-culturel plutôt que géographique.”

Et tandis que l’OTAN développe des tactiques de guerre cognitive pour “capturer le psycho-culturel“, elle se dote également de plus en plus d’armes dans divers domaines scientifiques.

L’étude parle notamment de “creuset des sciences des données et des sciences humaines”, et souligne que “la combinaison des sciences sociales et de l’ingénierie des systèmes sera essentielle pour aider les analystes militaires à améliorer la production de renseignements.”

“Si la puissance cinétique ne peut vaincre l’ennemi, la psychologie et les sciences comportementales et sociales connexes peuvent combler ce vide.”

“L’exploitation des sciences sociales sera centrale pour le développement du plan d’opérations du domaine humain”, poursuit le rapport. “Il soutiendra les opérations de combat en fournissant des plans d’action potentiels pour l’ensemble du milieu humain environnant, y compris les forces ennemies, mais aussi en déterminant les éléments humains clés tels que le centre de gravité cognitif, le comportement souhaité comme état final.”

Toutes les disciplines universitaires seront impliquées dans la guerre cognitive, et pas seulement les sciences dures. “Au sein de l’armée, des compétences en anthropologie, ethnographie, histoire, psychologie, entre autres, seront plus que jamais nécessaires pour coopérer avec l’armée”, indique l’étude parrainée par l’OTAN.

Le rapport s’approche de sa conclusion avec une citation inquiétante : “Les progrès actuels des nanotechnologies, des biotechnologies, des technologies de l’information et des sciences cognitives (NBIC), dopés par la marche apparemment imparable d’une troïka triomphante composée de l’intelligence artificielle, du Big Data et de la “dépendance numérique” civilisationnelle, ont créé une perspective bien plus inquiétante : une cinquième colonne embarquée, où chacun, à son insu, se comporte selon les plans de l’un de nos concurrents.”

“Le concept moderne de la guerre ne concerne pas les armes mais l’influence”, postulait-il. “La victoire à long terme restera uniquement dépendante de la capacité à influencer, affecter, changer ou impacter le domaine cognitif.”

L’étude parrainée par l’OTAN se termine par un paragraphe final qui indique clairement que l’objectif ultime de l’alliance militaire occidentale n’est pas seulement le contrôle physique de la planète, mais aussi le contrôle de l’esprit des gens :

“La guerre cognitive pourrait bien être l’élément manquant qui permet de passer de la victoire militaire sur le champ de bataille à un succès politique durable. Le domaine humain pourrait bien être le domaine décisif, dans lequel les opérations multi-domaines permettent d’atteindre l’effet recherché par le commandant. Les cinq premiers domaines peuvent donner des victoires tactiques et opérationnelles ; seul le domaine humain peut obtenir la victoire finale et complète.”

Un officier canadien des opérations spéciales souligne l’importance de la guerre cognitive

Lorsque François du Cluzel, le chercheur de l’OTAN qui a mené l’étude sur la guerre cognitive, a conclu ses remarques lors de la table ronde de la NATO Association of Canada du 5 octobre 2021, il a été suivi par Andy Bonvie, un commandant du Centre canadien d’entraînement aux opérations spéciales.

Fort de plus de 30 ans d’expérience au sein des forces armées canadiennes, Bonvie a expliqué comment les armées occidentales utilisent les recherches de Du Cluzel et d’autres, et incorporent de nouvelles techniques de guerre cognitive dans leurs activités de combat.

“La guerre cognitive est un nouveau type de guerre hybride pour nous”, a déclaré Bonvie. “Et cela signifie que nous devons examiner les seuils traditionnels de conflit et comment les choses qui sont faites sont vraiment en dessous de ces seuils de conflit, des attaques cognitives, et des formes non cinétiques et des menaces non combatives pour nous. Nous devons mieux comprendre ces attaques et adapter nos actions et notre formation en conséquence pour être en mesure d’opérer dans ces différents environnements.”

Bien qu’il ait présenté les actions de l’OTAN comme étant “défensives”, affirmant que les “adversaires” utilisaient la guerre cognitive contre eux, Bonvie a été sans ambiguïté sur le fait que les armées occidentales développent elles-mêmes ces techniques, afin de conserver un “avantage tactique”.

“Nous ne pouvons pas perdre l’avantage tactique pour nos troupes que nous plaçons à l’avant, car il s’étend non seulement sur le plan tactique, mais aussi sur le plan stratégique”, a-t-il déclaré. “Certaines de ces différentes capacités dont nous disposons et dont nous bénéficions tout à coup pourraient être pivotées pour être utilisées contre nous. Nous devons donc mieux comprendre la rapidité avec laquelle nos adversaires s’adaptent aux choses, puis être en mesure de prédire où ils vont dans le futur, afin de nous aider à obtenir et à maintenir l’avantage tactique pour nos troupes à l’avenir.”

“La guerre cognitive est la forme de manipulation la plus avancée à ce jour”.

La guerre cognitive intègre des capacités d’ingénierie cybernétique, informationnelle, psychologique et sociale pour parvenir à ses fins.
© Root Info Solutions

Marie-Pierre Raymond, lieutenant-colonel canadienne à la retraite qui occupe actuellement le poste de “scientifique de la défense et gestionnaire de portefeuille d’innovation” pour le programme Innovation for Defence Excellence and Security des Forces armées canadiennes, a également rejoint le panel du 5 octobre.

“Il est loin le temps où la guerre était menée pour acquérir plus de terres”, a déclaré Raymond. “Maintenant, le nouvel objectif est de changer les idéologies des adversaires, ce qui fait du cerveau le centre de gravité de l’humain. Et cela fait de l’humain le domaine contesté, et l’esprit devient le champ de bataille.”

“Lorsque nous parlons de menaces hybrides, la guerre cognitive est la forme de manipulation la plus avancée vue à ce jour”, a-t-elle ajouté, notant qu’elle vise à influencer la prise de décision des individus et “à influencer un groupe d’individus sur leur comportement, dans le but d’obtenir un avantage tactique ou stratégique.”

Raymond a noté que la guerre cognitive recoupe aussi fortement l’intelligence artificielle, le big data et les médias sociaux, et reflète “l’évolution rapide des neurosciences comme outil de guerre.”

Raymond aide à superviser le Défi d’innovation automne 2021 de l’OTAN au nom du Département de la défense nationale du Canada, qui a délégué les responsabilités de gestion au programme Innovation for Defence Excellence and Security (IDEaS) de l’armée, où elle travaille.

Dans un jargon très technique, Raymond a indiqué que le programme de guerre cognitive n’est pas seulement défensif, mais aussi offensif : “Ce défi appelle une solution qui soutiendra le domaine humain naissant de l’OTAN et qui lancera le développement d’un écosystème de la cognition au sein de l’alliance, et qui soutiendra le développement de nouvelles applications, de nouveaux systèmes, de nouveaux outils et concepts menant à une action concrète dans le domaine cognitif.”

Elle a souligné que cela “nécessitera une coopération soutenue entre les alliés, les innovateurs et les chercheurs pour permettre à nos troupes de combattre et de gagner dans le domaine cognitif. C’est ce que nous espérons voir émerger de cet appel aux innovateurs et aux chercheurs.”

Pour susciter l’intérêt des entreprises pour le NATO Innovation Challenge, Raymond a lancé : “Les candidats bénéficieront d’une visibilité nationale et internationale et recevront des prix en espèces pour la meilleure solution”. Elle a ensuite ajouté de façon alléchante : “Les candidats pourraient également en bénéficier en leur donnant potentiellement accès à un marché de 30 pays.”

Un officier militaire canadien appelle les entreprises à investir dans la recherche de l’OTAN sur la guerre cognitive

L’autre institution qui gère le Défi d’innovation de l’OTAN de l’automne 2021 au nom du Département de la défense nationale du Canada est le Commandement des forces d’opérations spéciales (CANSOFCOM).

Un officier militaire canadien qui travaille avec le CANSOFCOM, Shekhar Gothi, était le dernier panéliste de l’événement organisé par la NATO Association of Canada le 5 octobre. Gothi est l'”agent d’innovation” du CANSOFCOM pour le sud de l’Ontario.

Il a conclu l’événement en appelant les entreprises à investir dans la recherche de l’OTAN sur la guerre cognitive.

Le défi de l’innovation, qui a lieu deux fois par an, “fait partie du rythme de combat de l’OTAN”, a déclaré Gothi avec enthousiasme.

Il a indiqué qu’au printemps 2021, le Portugal a organisé un défi d’innovation de l’OTAN axé sur la guerre dans l’espace.

Au printemps 2020, les Pays-Bas ont accueilli un défi d’innovation de l’OTAN axé sur le Covid-19.

Gothi a rassuré les investisseurs que l’OTAN se pliera en quatre pour défendre leurs résultats : “Je peux assurer à tout le monde que le défi de l’innovation de l’OTAN indique que tous les innovateurs conserveront le contrôle total de leur propriété intellectuelle. L’OTAN ne prendra donc pas le contrôle de cette propriété. Le Canada non plus. Les innovateurs conserveront le contrôle de leur propriété intellectuelle.”

Ce commentaire a constitué une conclusion appropriée au panel, affirmant que l’OTAN et ses alliés du complexe militaro-industriel ne cherchent pas seulement à dominer le monde et les humains qui l’habitent à l’aide de techniques de guerre cognitive inquiétantes, mais aussi à s’assurer que les entreprises et leurs actionnaires continuent de profiter de ces projets impériaux.

Revue de l’OTAN, Innovation Hub, Le Monde

Ben Norton pour The Grayzone : Behind NATO’s ‘cognitive warfare’: ‘Battle for your brain’ waged by Western militaries

“On ne reviendra jamais à la normale” #NewNormal

Dr Kerry Chant, responsable de la santé publique en Nouvelle-Galles du Sud fait encore parler d’elle. Rappelez-vous, c’est elle qui affirmait dernièrement suivre les indications du Nouvel Ordre Mondial.

Cette fois-ci, elle déclare qu’on ne reviendra jamais à la normale. Et que les boosters sont là pour rester.


Emmanuel Macron l’a dit lui-même en mars 2020 “plus rien ne sera comme avant“.
“Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, seront remises en cause. Beaucoup de choses que nous pensions impossibles adviennent… le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant.”

New Normal

tolérer : Laisser se produire ou subsister (une chose qu’on aurait le droit ou la possibilité d’empêcher).

Une rentrée mouvementée dans la nouvelle normalité #NewNormal

Les mesures contre la pandémie font partie d’un “nouvel ordre mondial”

A mesure que les efforts pour enrayer la pandémie s’intensifient sans qu’aucune date de fin ne soit en vue, un journaliste a demandé au Dr Kerry Chant, responsable de la santé publique en Nouvelle-Galles du Sud, au cours d’une conférence de presse jeudi, à quoi ressembleront les mesures lorsque le pays rouvrira ses portes en octobre, le Dr Chant a répondu : “Nous examinerons à quoi ressemble la recherche des contacts dans le “Nouvel ordre mondial“, a-t-elle déclaré.

“Et oui, cela inclu les pubs, les clubs et autres lieux si nous avons un cas positif. Notre réponse peut être différente si nous savons que les gens sont complètement vaccinés, donc nous travaillons sur un certain nombre de ces questions”, a poursuivi Chant.

“Dès que l’on s’engage sur la voie de la désignation de citoyens innocents comme boucs émissaires pour couvrir des erreurs politiques, les démocraties s’effondrent dans l’anarchie”, Alexandra Marshall pour The Spectator “Covid: the New World Order” 14 sept. 2021

Ce n’est pas la première fois qu’un responsable de la santé publique utilise cette expression pour décrire le monde post-pandémique. Le ministre de la santé Brad Hazzard a déjà qualifié la pandémie de “nouvel ordre mondial” en juillet 2020.

“Il s’agit d’une pandémie mondiale, c’est un événement qui ne se produit qu’une fois tous les 100 ans, donc vous pouvez vous attendre à ce que nous ayons une forme de contamination de temps en temps, et c’est comme ça. Nous devons accepter que c’est le nouvel ordre mondial“, a déclaré Hazzard à la suite d’une épidémie de cas.

Une correspondante de Newsmax à la Maison Blanche Emerald Robinson demande : “Qu’est-il arrivé à ‘mon corps mon choix’ en matière de vaccinations dans l’administration Biden ? Et en 2020, le président élu Biden a déclaré qu’il n’exigerait pas de mandat pour les vaccins.”

Une correspondante de CBSNews à la Maison Blanche Weijia demande si l’une de ces nouvelles mesures affectera la “vie quotidienne” des gens. La porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki répond souriante : “Cela dépend si vous êtes vacciné ou non.”

New Normal

Londres : Un chirurgien à la retraite, déclare sur les pass : “Cela ne s’arrêtera pas là, cela concernera les pubs, les restaurants, les vols, le nombre de kilomètres parcourus. Il ne s’agit pas d’un passeport vaccinal, mais d’un système de crédit social.”

Communiqué, l’Académie nationale de médecine propose de remplacer au plus tôt le passe sanitaire par un passe vaccinal.

Pour Thales, les pass vaccinaux sont un précurseur des portefeuilles d’identification numérique, offrant aux citoyens une commodité et une sécurité inégalées.

Le “passeport vaccinal” et la fusion à venir avec les systèmes d’identification numérique : un projet de contrôle social massif est en préparation depuis des années avec #Gavi, #INFUSE et autres, qui préparent le terrain pour faire de nous tous des esclaves numériques.

L’équipementier automobile français Valeo a dévoilé une borne capable de détecter le Covid 19 sans contact, en moins de 2 minutes. Avec un taux de fiabilité de 94%, cette borne devrait être homologuée d’ici un an.

Il est clair que les restrictions ne seront pas “temporaires”, loin de là.

Singapour déploie des robots pour détecter les “comportements indésirables”, ainsi que les groupes de “plus de cinq personnes”.

https://twitter.com/Alpha_Mind7/status/1434849402061877248

Mark Zuckerberg a dévoilé des nouvelles lunettes intelligentes Facebook x Ray-Ban. Donc pas de réalité augmentée, mais des lunettes en réseau avec deux caméras pour recueillir encore plus de données sur le comportement de ses utilisateurs et de tout le monde et de tout ce que ses utilisateurs regardent.

“Lorsque vos lunettes sont éteintes, elles sont complètement éteintes. Le micro est éteint et vous ne pouvez pas prendre de photos ni enregistrer de vidéos.”

Les pépites de fin août/début septembre, à chacun de juger….

Des documents nouvellement divulgués montrent que le Dr Fauci a menti et que les États-Unis ont bien financé la recherche sur le « gain de fonction » à Wuhan. The Epoch Times 8 septembre 2021.

Selon Le Point, on peut injecter une puce électronique via une seringue dans un corps humain.

Finalement ce sont les vaccinés qui contaminent les non vaccinés.

Une infection antérieure au COVID protège davantage contre le variant Delta que le vaccin Pfizer, selon une étude.

Pour infos, les essais cliniques vaxx covid sur les femmes enceintes sont en cours…

Moderna vient juste de commencer les essais cliniques sur les femmes enceintes pour obtenir plus de données à ce sujet peu étudié pour l’instant, pour se terminer, selon des estimations préalables, vers fin 2023 ou début 2024.

Les essais cliniques des femmes enceintes pour Pfizer ont débuté en février 2021 entre les semaines 24 et 34 de leur grossesse âgées d’au minimum 18 ans et être en bonne santé! Elles seront suivies pendant au moins 7 à 10 mois.

L’UE met en garde la France et les états qui mettent en place un rappel vaccinal. La Commission européenne a rappelé aux pays membres qui se préparent à injecter des doses de rappel (3eme, 4eme) aux vaccinés qu’ils s’exposent à des risques juridiques accrus. L’Agence européenne des médicaments n’a, en effet, pas donné son feu vert. la Commission n’endossera pas de responsabilité en cas de problème.

Les personnes qui se sont remises d’un épisode de Covid-19 (immunité naturelle) au cours de l’une des premières vagues de la pandémie semblent présenter un risque plus faible de contracter le variant delta que celles qui ont reçu deux doses du vaccin de Pfizer. Bloomberg

Le corona n’est pas une cause probable de décès dans 80 % des décès officiels de covid signalés en allemagne depuis début juillet, selon le professeur Bertram Häussler, directeur de l’institut indépendant de recherche sur la santé IGES à Berlin (Welt).

Liberté

Nous vous suggérons un article d’Anne Applebaum pour The Atlantic : Les Nouveaux Puritains« Les codes sociaux changent, souvent pour le mieux. Mais pour ceux dont le comportement ne s’adapte pas assez vite aux nouvelles normes, le jugement peut être rapide et sans pitié. » « Une atmosphère croissante de justice populaire en Amérique produit le genre d’autocensure que l’on trouve dans un régime autoritaire ».

Une belle tribune exclusive publiée par Quartier Général sur la liberté d’expression, où plus de 2.500 chercheurs, universitaires, CNRS, INRAE, INSERM… médecins, infirmières, psy, soignants, juristes, enseignants, artistes et même quelques journalistes plus courageux que d’autres, dénoncent la censure inédite opérée autant par les médias que par les GAFAS au sujet de tout ce qui contredit le discours officiel sur le Covid. Chasse aux sorcières, règlements de compte, rien n’est épargné aux personnes qui contestent le bien-fondé du pass sanitaire, et réclament simplement plus de transparence concernant le processus vaccinal, ainsi qu’un débat contradictoire sur la stratégie sanitaire nationale.

Pass sanitaire, vers un traçage généralisé de la population

Arthur Delaborde reçoit François-Bernard Huygue, Directeur de recherche à l’institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), spécialisé sur la communication, la cyberstratégie et l’intelligence économique et Cyrille Dalmont, chercheur associé numérique à l’institut Thomas More.

@CyrilleDalmont “Aujourd’hui on se rend compte que les Etats aussi veulent collecter nos données, plus seulement les #gafam. Mais les géants du numérique n’ont pas d’armée, ni de police ou d’opposants politiques. On est sur une tendance lourde de sens…!” #PassSanitaire

@CyrilleDalmont “#PassSanitaire : toutes les personnes qui croient naïvement que cet outil va disparaitre après la #CriseSanitaire se leurrent ! Le QR code va s’inscrire dans le passeport biométrique européen !”

@CyrilleDalmont “#PassSanitaire permet de savoir où sont exactement les citoyens, quand et avec qui. Demain personne n’est capable de nous dire qui aura accès à ces données !” #CriseSanitaire

@CyrilleDalmont “#PassSanitaire : La logique de protection des données avancée par l’Etat est factuellement fausse ! Il y a forcément un échange de données lorsque vous scannez le QR code” #COVID19

Pass sanitaire – Il faut s’inquiéter du monde qui vient. “Le 12 juillet, Emmanuel Macron a annoncé l’extension du pass sanitaire aux espaces de loisir, où il faudra bientôt présenter un QR code. Cette décision s’inscrit dans une dynamique de traçage numérique et de privation de libertés”, déplorent Jean-Thomas Lesueur et Cyrille Dalmont.

Le pass sanitaire est 100% compatible avec le Grand Reset

Vers une surveillance de masse ?

Ancien élève de l’ENA, Éric Verhaeghe a quitté l’administration en 2007. Entrepreneur et essayiste, il est notamment le fondateur du site Le Courrier des Stratèges, qui propose chaque jour une série d’articles en lien avec l’actualité politique et économique.

Dans son dernier ouvrage, Le Great Reset : mythes et réalités publié aux éditions Culture et Racines, Éric Verhaeghe décortique le contenu du livre Covid-19 : The Great Reset écrit par Klaus Schwab, fondateur du Forum de Davos, et Thierry Malleret, ancien collaborateur de Michel Rocard devenu consultant.

Si le livre de K. Schwab et T. Malleret, paru en juillet 2020, a fait couler beaucoup d’encre, Éric Verhaeghe s’est efforcé de faire la part des choses et de décrypter le projet porté par les auteurs à travers une lecture et une interprétation littérales.

Près d’un an après la parution du livre de K. Schwab et T. Malleret, Epoch Times a recueilli le point de vue d’Éric Verhaeghe sur les mesures politiques prises ces derniers mois en France, en Europe ou aux États-Unis afin de comprendre si elles s’inscrivaient dans le cadre idéologique du Grand Reset et si les recommandations formulées par le Forum économique mondial trouvaient un écho auprès des dirigeants occidentaux.

voir aussi : Covid-19 : Un rapport préconise la collecte de données personnelles

Covid-19 : Un rapport préconise la collecte de données personnelles

Dans un rapport présenté par la délégation sénatoriale à la prospective, les membres de la Haute assemblée défendent la mise en place d’une plateforme numérique de collecte de données pour prévenir de nouvelles épidémies.

Véronique Guillotin membre du Mouvement Radical
Christine Lavarde membre du parti Les Républicains
René-Paul Savary membre du parti Les Républicains

Le rapport « CRISES SANITAIRES ET OUTILS NUMÉRIQUES : RÉPONDRE AVEC EFFICACITÉ POUR RETROUVER NOS LIBERTÉS » est disponible ici (ou copie ici).

Les recommandations n’ont pas de valeur législative à ce jour et le rapport n’est donc pas un projet de loi adopté à ce jour. Mais, le contenu de ce rapport interroge.

Pour retrouver nos libertés il faut accepter une société de contrôle maximal, un contrôle numérique de l’intrusivité dans votre vie privée. Les seules réponses à une épidémie sont les restrictions de libertés.

https://www.publicsenat.fr/article/societe/covid-19-un-rapport-du-senat-preconise-la-collecte-de-donnees-personnelles-pour

p.10 http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/delegation/prospective/PRO_Rapport_numerique_pandemies.pdf
p.13-14
p.13-14
p.15
p.23
p.23-24
p.24
p.24-25
p.25
p.43-44
p.54
p.54
p.59
p.60
p.62
p.87
p.106
Source : Institut Montaigne, avril 2020
p.133
p.133 cdh
p.137
p.139
p.144
http://www.senat.fr/notice-rapport/2020/r20-673-notice.html

Partie III – Grand Reset, Le capitalisme aux caractéristiques chinoises

Qu’est-ce que le Grand Reset ? Partie III : Le capitalisme aux caractéristiques chinoises

Le titre de cet essai est un jeu de mots sur la description que fait le parti communiste chinois de son économie.

Il y a plusieurs décennies, lorsque le PCC ne pouvait plus nier de manière crédible la dépendance croissante de la Chine à l’égard des secteurs à but lucratif de son économie, ses dirigeants ont approuvé le slogan “socialisme aux caractéristiques chinoises” pour décrire le système économique chinois1. Formulée par Deng Xiaoping, cette phrase est devenue une composante essentielle de la tentative du PCC de rationaliser le développement capitaliste chinois dans le cadre d’un système politique socialiste-communiste.

Selon le parti, la privatisation croissante de l’économie chinoise ne devait être qu’une phase temporaire – pouvant durer jusqu’à cent ans selon certains dirigeants du parti – sur la voie d’une société sans classes du socialisme-communisme intégral. Les dirigeants du parti ont affirmé, et affirment toujours, que le socialisme aux caractéristiques chinoises était nécessaire dans le cas de la Chine parce que la Chine était un pays agraire “arriéré” lorsque le communisme a été introduit – trop tôt, a-t-on dit. La Chine avait besoin d’une piqûre de rappel capitaliste.

Avec ce slogan, le parti a pu faire valoir que la Chine avait été une exception à la position marxiste orthodoxe selon laquelle le socialisme n’arrive qu’après le développement du capitalisme – bien que Marx lui-même ait dévié de sa propre formule vers la fin de sa vie. En même temps, le slogan a permis au PCC de confirmer la position marxiste orthodoxe. La révolution communiste chinoise s’est produite avant le développement du capitalisme industriel – une exception au marxisme orthodoxe. Le capitalisme a donc été introduit plus tard dans le système économique de la Chine – une confirmation du marxisme orthodoxe.

Dépouillé de ses prétentions idéologiques socialistes, le socialisme aux caractéristiques chinoises, ou le système chinois lui-même, se résume à un État socialiste-communiste de plus en plus financé par le développement économique capitaliste. La différence entre l’ancienne Union soviétique et la Chine contemporaine est que, lorsqu’il est devenu évident que l’économie socialiste-communiste avait échoué, la première a abandonné ses prétentions économiques socialistes-communistes, alors que la seconde ne l’a pas fait.

Que les dirigeants du PCC croient ou non à leur propre rhétorique, la gymnastique idéologique déployée est néanmoins spectaculaire. À première vue, le slogan incorpore et dissimule une contradiction apparemment évidente dans une tentative de sanctifier ou de “recommunifier” le développement capitaliste chinois comme une condition préalable au socialisme-communisme intégral.

Cependant, le slogan chinois capture une vérité essentielle sur le communisme, une vérité qui est soit non reconnue ou non admise par le PCC et niée par les marxistes occidentaux. Contrairement aux affirmations des dirigeants et des adeptes du communisme, et même contrairement aux affirmations de beaucoup de ceux qui s’y opposent, le socialisme-communisme n’est pas essentiellement un système économique mais plutôt un système politique.

Une fois au pouvoir, les dirigeants socialistes-communistes reconnaissent qu’étant donné leur contrôle sur les ressources, ils sont effectivement devenus les nouveaux propriétaires des moyens de production (alors que, comme Ludwig von Mises l’a suggéré, les consommateurs détiennent effectivement le pouvoir de disposition économique dans les marchés libres2). En tentant de mettre en place une économie socialiste-communiste, ils reconnaissent qu’en l’absence de prix, la production industrielle à grande échelle nécessite une prise de décision sous surveillance. De même, la prise de décision n’est pas démocratique dans le sens promis par les idéologues socialistes-communistes. La prise de décision doit être centralisée, ou du moins bureaucratisée, dans une large mesure. La prise de décision démocratique est exclue par le fait que la production et la distribution appartiennent à l’État et sont contrôlées par lui.

Le socialisme-communisme est un système politique dans lequel l’allocation des ressources est commandée par l’État et donc effectivement contrôlée par les dirigeants de l’État, la véritable classe dirigeante. Ces derniers conservent le contrôle par l’idéologie et la force.

Par opposition à un système économique pleinement mis en œuvre, le socialisme-communisme n’est toujours qu’un arrangement politique. C’est pourquoi le socialisme-communisme peut être combiné au “capitalisme” sous des formes telles que le “capitalisme d’État3” ou le socialisme d’entreprise. Ses prétentions économiques seront abandonnées à mesure que le développement capitaliste sera introduit et habilement rationalisé, comme en Chine. Si de telles prétentions sont maintenues pendant longtemps, elles détruiront la société, comme dans l’ancienne Union soviétique. Dans les deux cas, les dirigeants socialistes-communistes apprendront que la production de richesses nécessite l’accumulation de capital privé – qu’ils comprennent ou non pourquoi.

Le Grand Reset, Le capitalisme avec des caractéristiques chinoises © Oliver Munday

Entrez dans le socialisme d’entreprise

Une version socialiste-communiste arrive bientôt près de chez vous. Certains des mêmes anciens protagonistes réapparaissent, tandis que de nouveaux ont rejoint le casting. Si l’idéologie et la rhétorique sont presque les mêmes, elles sont utilisées à des fins légèrement différentes. Cette fois-ci, les vieilles promesses sont en jeu, et un appât similaire mais non identique est brandi. Le socialisme promet la protection des personnes assiégées contre le “mal” économique et politique, la promotion des intérêts économiques de la sous-classe, le bannissement des personnes “dangereuses” des forums publics et de la vie civique, et une préoccupation primaire ou exclusive pour le “bien commun”. L’initiative chinoise “One Belt, One Road” (une ceinture, une route) peut suspendre ses bénéficiaires en Afrique et dans d’autres régions sous-développées comme s’il s’agissait d’un nœud coulant infrastructurel. Une autre variété de projets est prévue dans le monde développé, y compris aux États-Unis.

L’initiative chinoise “One Belt, One Road”4 (La nouvelle route de la soie, litt. “ceinture économique de la route de la soie” ou la ceinture et la route) peut suspendre ses bénéficiaires en Afrique et dans d’autres régions sous-développées comme s’il s’agissait d’un nœud coulant infrastructurel. Une autre variété de projets est prévue dans le monde développé, y compris aux États-Unis.

La variante contemporaine est le socialisme d’entreprise, ou un système à deux niveaux de “socialisme réellement existant5” sur le terrain, couplé à un ensemble parallèle de monopoles d’entreprise ou de monopoles potentiels au sommet. La différence entre le socialisme d’État et le socialisme d’entreprise est simplement qu’un groupe d’intérêt différent contrôle effectivement les moyens de production. Mais les deux dépendent du monopole, l’un de l’État et l’autre de l’entreprise qui monopolise l’économie. Et les deux dépendent de l’idéologie socialiste-communiste du socialisme démocratique, ou, dans une variante récente, de l’idéologie de la “justice sociale” ou du “woke”. Le socialisme d’entreprise est la fin souhaitée, tandis que le socialisme démocratique et le capitalisme sauvage font partie des moyens.

La Chine est le modèle du système économique et politique promu en Occident, et le Grand Reset est l’articulation la plus franche de ce système – bien que son articulation soit tout sauf parfaitement franche.

Le Grand Reset représente le développement du système chinois en Occident, mais à l’envers. Alors que l’élite politique chinoise a commencé par un système politique socialiste-communiste et a mis en œuvre le “capitalisme” par la suite, l’élite occidentale a commencé par le “capitalisme” et vise à mettre en œuvre un système politique socialiste-communiste maintenant. C’est comme si l’oligarchie occidentale regardait le “socialisme” affiché en Chine, et disait “oui, nous le voulons”.

Cela explique de nombreuses contradictions apparentes, dont la moindre n’est pas l’autoritarisme de gauche de Big Tech. Le Big Tech, et en particulier le Big Digital, est l’appareil de communication idéologique pour l’avancement du socialisme d’entreprise, ou capitalisme aux caractéristiques chinoises.

Les caractéristiques chinoises que le Grand Reset vise à reproduire en lien avec le capitalisme occidental ressembleraient au totalitarisme du PCC. Cela nécessiterait une grande restriction des droits individuels – y compris les droits de propriété, la liberté d’expression, la liberté de mouvement, la liberté d’association, la liberté de religion et le système de libre entreprise tel que nous le concevons.

Le Grand Reset mettrait en œuvre le système politique à peu près de la même manière que la Chine l’a fait – avec la surveillance des smart city par la 5G, l’équivalent des scores de crédit social, les passeports médicaux, l’emprisonnement politique et d’autres moyens de répression et de contrôle social et politique.

Au final, le socialisme aux caractéristiques chinoises et le capitalisme aux caractéristiques chinoises reviendraient au même.

Michael Rectenwald

Michael Rectenwald est l’auteur de onze ouvrages, dont Thought Criminal (2020), Beyond Woke (2020), Google Archipelago (2019), Springtime for Snowflakes (2018), Nineteenth-Century British Secularism (2016). Il a été professeur à l’université de New York de 2008 à 2019. Il a également enseigné à la Duke University, la North Carolina Central University, la Carnegie Mellon University et la Case Western Reserve University. Il est un expert et un défenseur de la liberté d’expression contre toutes les formes d’autoritarisme et de totalitarisme, y compris le socialisme-communisme, la “justice sociale”, le fascisme et le politiquement correct.

Il est titulaire d’un doctorat en études littéraires et culturelles de l’université Carnegie Mellon, d’une maîtrise en littérature anglaise de l’université Case Western Reserve et d’une licence en littérature anglaise de l’université de Pittsburgh. (voir son C.V. pour plus de détails). Ses essais universitaires et académiques sont parus dans le Quarterly Journal of Austrian Economics, Academic Questions, Endeavour, le British Journal for the History of Science, College Composition and Communication, International Philosophical Quarterly, les anthologies De Gruyter (Organized Secularism in the United States), etc.

Les publications de Michael destinées au grand public sont apparues sur le fil de Mises Institute, The Epoch Times, RT.com, Campus Reform, The New English Review, The International Business Times, The American Conservative, Quillette, The Washington Post, The Pittsburgh Post-Gazette, entre autres. Le Dr Rectenwald a participé à de nombreux talk-shows politiques et autres sur les grands réseaux (Tucker Carlson Tonight, Fox & Friends, Fox & Friends First, Varney & Company, The Glenn Beck Show), à des émissions de radio syndiquées (Glenn Beck et bien d’autres), ainsi qu’à des émissions et podcasts.


– Partie I : Qu’est-ce que le Grand Reset ? Espoirs réduits et Bio-techno-féodalisme
– Partie II : le socialisme d’entreprise
– Partie III : Le capitalisme aux caractéristiques chinoises
– Partie IV : Capitalisme des parties prenantes vs. néolibéralisme
– Partie V : L’idéologie Woke

Notes : 

1Ian Wilson, “Socialism with Chinese Characteristics: China and the Theory of the Initial Stage of Socialism,” Politics 24, no. 1 (September 2007): 77–84.

2Ludwig von Mises, Socialism: An Economic and Sociological Analysis, 3d ed. (New Haven, CT: Yale University Press, 1951), pp. 37–42.

3Western Marxists employ the term state capitalism to exclude the Soviet Union and China from the category of socialism-communism. They thereby reserve, in their own propaganda, at least, the hallowed terms social­ism and communism for the never present, always receding, and just-over-the-horizon ideal.

4Alexandra Ma, “The US Is Scrambling to Invest More in Asia to Counter China’s ‘Belt and Road’ Mega-Project. Here’s What China’s Plan to Connect the World through Infrastructure Is like.,” Business Insider, Nov. 11, 2019. https://www.businessinsider.com/what-is-belt-and-road-china-infrastructure-project-2018-1?IR=T.

5“Actually existing socialism” is a “[t]erm used in the former communist countries to describe them as they really were, rather than as the official theory required them to be. Its use was largely ironical, and more or less confined to the writings of dissidents.” Palgrave Macmillan Dictionary of Political Thought, by Roger Scruton, 3d ed. (New York: Macmillan Publishers, 2007), s.v. “Actually existing socialism.” Credo Reference. http://proxy.library.nyu.edu/login?url=https://search.credoreference.com/content/entry/macpt/actual¬ly_existing_socialism/0?institutionId=577.

Microsoft et Improbable s’associent pour améliorer les capacités de sécurité nationale

Microsoft et Improbable annoncent un partenariat mondial pour le secteur de la défense et de la sécurité nationale

Improbable Worlds Limited, une société spécialisée dans les technologies d’environnement synthétique, annonce un partenariat avec la division Défense et renseignement de Microsoft afin d’aider les gouvernements à améliorer leurs résultats en matière de sécurité nationale.

Ce partenariat transformera la capacité des gouvernements et de leurs fournisseurs de solutions à fournir des environnements synthétiques multi-domaines pour la défense et la sécurité nationale.

L’activité de défense d’Improbable, basée principalement à Londres et à Washington DC, s’appuie sur la base de la technologie innovante pour les jeux et le divertissement numérique, combinée à une expertise spécifique en modélisation informatique, IA, analyse de données et autres compétences et connaissances pertinentes pour les applications de défense et de sécurité nationale.

La plateforme d’environnement synthétique d’Improbable est une plateforme de simulation puissante, flexible et sécurisée, adaptée aux besoins de la communauté de la défense et capable de prendre en charge les simulations militaires et les environnements synthétiques les plus sophistiqués jamais expérimentés.

Improbable travaille au sein de l’alliance de l’OTAN et avec une série de partenaires industriels pour transformer la planification, la formation et l’aide à la décision au sein des communautés gouvernementales, de la défense et de la sécurité.

La plateforme d’environnement synthétique d’Improbable sera disponible sur les services Azure en local, dans le cloud et cloud-to-edge.

La combinaison de leurs outils transformerait les capacités, notamment la planification opérationnelle, la conception des politiques, la formation collective, la résilience nationale et l’expérimentation en matière de défense.

Dans le cadre de ce partenariat, les organisations utilisant Microsoft Azure pourront proposer des produits tels que des modèles, des ensembles de données et des applications d’intelligence artificielle par le biais de la plateforme d’Improbable.

Les deux entreprises ont déclaré que cela renforcerait l’innovation dans le développement de l’environnement synthétique et faciliterait l’accès des clients de la défense aux capacités fournies par l’industrie, le gouvernement et les universités.

Gus MacGregor-Millar, directeur général de Microsoft Defence & Intelligence, a déclaré : “Nous sommes fiers d’annoncer que la plateforme d’environnement synthétique d’Improbable est désormais disponible sur le cloud Microsoft Azure et l’offre Azure Stack.”

“Nous sommes ravis de combiner nos forces complémentaires et d’offrir à nos clients du secteur de la défense et du renseignement le potentiel de transformation des environnements synthétiques alimentés par des calculs sécurisés et fiables dans le cloud.”

Microsoft et Improbable ont déclaré que la combinaison de la plate-forme d’environnement synthétique et des services professionnels, ainsi que des “écosystèmes de partenaires communs”, permettrait de “développer, valider, déployer et adapter plus rapidement et plus facilement des solutions d’environnement synthétique” conçues pour répondre à de plus nombreux défis en matière de défense et de sécurité.

Résultats de la consultation sur le passeport vaccinal

Cette synthèse a été remise aux pouvoirs publics.

Le Conseil économique social et environnemental (CESE) a pour rôle d’organiser les remontées des citoyens auprès du Gouvernement.

Le CESE a lancé du 17 février au 7 mars 2021 un nouveau module participatif, sur la question du passeport vaccinal. Questionnement qui émerge en effet fortement dans le débat public. La question posée était la suivante : « Que pensez-vous du passeport vaccinal, dans le cadre d’une utilisation pour accéder aux lieux aujourd’hui fermés (restaurants, cinémas, stades, musées…) ? ».

Les enseignements généraux de la consultation

Parmi les 110 507 participants à la consultation :

72,7% des participants se sont déclarés défavorables à la mise en place d’un passeport vaccinal sur le territoire national.
20,2% d’entre eux se sont au contraire déclarés très favorables.

Les personnes défavorables citent majoritairement l’atteinte aux libertés privées que constituerait un tel dispositif, tandis que les personnes favorables évoquent quant à elles la possibilité de rouvrir les lieux fermés au public.

Les participants qui se déclarent favorables au passeport vaccinal mettent majoritairement en avant la possibilité de rouvrir les lieux fermés, de voyager à nouveau ou encore de retrouver ses libertés.

A l’inverse, les participants qui se déclarent défavorables au passeport vaccinal pointent principalement l’atteinte aux libertés privées, l’incertitude concernant l’efficacité et la sûreté des vaccins, ou encore la discrimination entre les citoyens que créerait ce dispositif.

Une nécessité pour un retour à la vie normale vs. une proposition liberticide

Chez les Pour, le principal bénéfice avancé pour justifier la mise en place du passeport vaccinal est sa nécessité pour un retour à la vie normale : réouverture des lieux collectifs fermés (restaurants, musées, salles de sport…), possibilité de voyager à l’étranger et de voir ses proches sans crainte.

Les répondants acceptent cette attestation qui est jugée assez similaire aux carnets de vaccination internationaux obligatoires pour voyager dans certains pays, ou au carnet de vaccination traditionnel suivant la vaccination des enfants.

=> Condition de mise en œuvre : le passeport vaccinal ne serait toutefois accepté (et acceptable) que quand toutes les personnes volontaires auront pu être vaccinées. Les répondants insistent ainsi sur la nécessaire accélération de la campagne de vaccination

Chez les Contre, ce retour à la vie normale est beaucoup plus nuancé. Deux arguments principaux y sont opposés, un de principe, l’autre d’efficacité :

* Le passeport vaccinal créerait une discrimination entre les citoyens vaccinés et non vaccinés (notamment les personnes ne pouvant pas être vaccinées), et de fait restreindrait les libertés des derniers. Le caractère potentiellement inconstitutionnel du dispositif est ainsi mis en avant

* Le passeport vaccinal serait trop difficile à mettre en place pour qu’il soit effectif. La difficulté de réaliser les contrôles par les restaurateurs est ainsi un argument fréquent dans les réponses. Dans une moindre mesure, les participants revendiquent leur hostilité à l’idée de présenter un document à l’entrée des lieux collectifs

=> Conditions de mise en œuvre : Face à ces arguments, trois propositions sont récurrentes :

– Ne mettre en place le passeport vaccinal que pour les déplacements à l’étranger (sur le même format que le carnet de vaccination international), mais pas pour la vie quotidienne sur le territoire national
– Pour les personnes non vaccinées, pouvoir remplacer le passeport vaccinal par un test PCR négatif réalisé 72h avant
– Faire réaliser les contrôles à l’entrée des lieux collectifs par des policiers et/ou autres agents officiels

Les contre mettent également en avant les risques du vaccin encore non éprouvé (pas de retours sur son efficacité, sa dangerosité et sa compatibilité avec les nouveaux variants). Les répondants soulignent la “fausse défense” apportée par le vaccin : une personne vaccinée peut, en effet, toujours être porteuse et contagieuse.

Pour aller plus loin, nous vous invitons à télécharger la synthèse des contributions.

Résultats de la consultation sur le passeport vaccinal du Conseil économique social et environnemental (CESE)