La carte de crédit biométrique débarque en Suisse

La Swiss Corner Bank a lancé une carte de crédit biométrique en partenariat avec Visa, Gemalto et Fingerprint Cards, qui est le premier lancement commercial limité de ce type, selon le communiqué.

La nouvelle Cornèrcard Biometric Gold Visa est produite par Gemalto avec le module de capteur T-Shape de Fingerprint Cards et sa plate-forme logicielle. La carte en édition limitée sera émise à 100 clients de la Swiss Corner Bank, ce qui leur permettra d’effectuer des paiements sans contact et sans plafond de montant.

La carte dispose d’une LED intégrée qui indique une correspondance biométrique réussie. Les clients devront entrer leur code PIN pour la première transaction, et ensuite seulement dans des circonstances particulières, ou si l’empreinte digitale n’est pas reconnue.

“Chez Visa, nous investissons constamment dans l’innovation pour rendre le paiement plus facile, plus pratique et plus sûr. C’est pourquoi nous sommes très heureux de lancer une carte Visa avec capteur d’empreintes digitales en collaboration avec notre partenaire de longue date, Cornèrcard “, résume Jörg Metzelaers, directeur national de Visa Suisse. “Avec la carte biométrique Visa de Cornèrcard, nous marquons un tournant dans le monde des paiements suisses. Les consommateurs sont de plus en plus à l’aise avec les nouvelles formes d’authentification biométrique et reconnaissent qu’elles leur facilitent la vie.”

Les données d’empreintes digitales sont stockées sur une puce sécurisée sur la carte et ne sont pas accessibles en cas de perte ou de vol.

“Nous sommes fiers d’offrir cette innovation exclusive à nos clients en Suisse. En touchant simplement la carte, le processus de paiement se fait rapidement et en toute sécurité “, commente Davide Rigamonti, directeur de Cornercard. “La carte de paiement biométrique n’a pas seulement une apparence spéciale. Elle offre également une expérience de paiement spéciale et s’intègre parfaitement dans la vie quotidienne du consommateur moderne.”

Selon Goode Intelligence, quelque 579 millions de cartes de paiement biométriques seront utilisées dans le monde d’ici 2023, et Fred Martinez, directeur de la biométrie chez Gemalto, a déclaré plus tôt cette année que sa société privilégiait la qualité de ses pilotes de cartes de paiement plutôt que la quantité.

Des puces et des hommes

L’homme amélioré par la technologie, c’est maintenant. En Suisse, des bio-hackers vivent avec une puce dans la main. Nouvo les a rencontré à « implant party » organisée pendant le LUFF à Lausanne au mois d’octobre.
Un reportage de l’émission Nouvo, une émission de la Radio Télévision Suisse, vendredi 18 novembre 2016.

Des singes paralysés retrouvent l’usage de la marche grâce à un implant cérébral

Les électrodes implantées dans le cerveau et la colonne vertébrale ont aidé les singes paralysés à marcher. Les neurologues derrière l’étude ont rapporté que les implants ont restauré la fonction dans les jambes des primates presque instantanément. Les résultats sont détaillés dans Nature.

A neural interface helped a monkey walk again after its spinal cord was cut Swiss Federal Institute of Technology in Lausanne
The brain-spine interface uses a brain implant like this one to detect spiking activity in the brain’s motor cortex. Alain Herzog / Swiss Federal Institute of Technology in Lausanne

La moelle épinière du singe a été partiellement coupée, de sorte que les jambes n’ont aucun moyen de communiquer avec le cerveau. Pour réparer l’interface cerveau-moelle épinière, des électrodes ont été placées sur des parties clés du corps du singe. Les implants ont été placés à l’intérieur du cerveau du singe à la partie qui contrôle le mouvement des jambes, avec un émetteur sans fil à l’extérieur du crâne. Des électrodes ont également été placées le long de la moelle épinière, en dessous de la blessure.

Un programme informatique a décodé les signaux cérébraux indiquant le mouvement des jambes et a transmis les signaux aux électrodes dans la colonne vertébrale. En quelques secondes seulement, le singe bougeait sa jambe. En quelques jours, il marchait sur un tapis roulant.

“Le primate a été capable de marcher immédiatement une fois que l’interface cerveau-moelle épinière a été activée. Aucune physiothérapie ou formation n’était nécessaire », a déclaré Erwan Bezard, l’un des auteurs de l’étude.

Close-up of the microarray of electrodes for the brain-implant.
Copyright: Alain Herzog / EPFL

Les résultats ont été étonnamment positifs, mais les chercheurs disent qu’il faudra au moins une décennie pour affiner la technologie pour une utilisation chez les humains. Pourtant, nos corps sont très similaires à ceux des singes, et les chercheurs croient que la transition pourrait être rapide.

Les nouvelles intéressantes sur l’étude sont que les composants que les chercheurs ont utilisés sont légaux pour l’utilisation humaine en Suisse. Le groupe suisse de l’étude a commencé l’essai clinique sur huit personnes atteintes de paralysie partielle de la jambe.

NBC News

Colloque international : L’humain et ses prothèses : savoirs et pratiques du corps transformé

11 et 12 décembre 2015, Paris

Ce colloque est organisé avec le pôle de recherche « Santé connectée et humain augmenté » du CNRS. Les questions qui seront abordées ont une visée interdisciplinaire et une volonté de confronter différentes approches européennes (France, Royaume-Uni, Belgique, Suisse) sur la question de l’hybridation technique du corps humain.

Dans un monde en pleine mutation, la médecine, outre son rôle traditionnel de soin, multiplie ses offres et ses innovations pour une société avide du meilleur, qui incite l’homme à traiter son corps comme un objet toujours perfectible.

C’est dans cette « disposition prométhéenne de l’homme » que la médecine, alliée à la technique, pose actuellement un autre regard sur le corps malade ou handicapé puisqu’elle permet d’accéder à des dispositifs prothétiques qui s’imposent comme des solutions palliatives idéales. Même s’ils permettent à ces personnes d’avoir accès à des traitements auparavant inimaginables, et de bénéficier d’avancées scientifiques inestimables, ils les engagent dans une dépendance qui va au-delà de l’accoutumance à un objet. Elles participent d’un processus complexe qui amène à la construction paradoxale du corps, affectant le sujet dans un au-delà de la construction de son image.

Par ailleurs, derrière cette proposition de l’homme « réparé » et porteur d’espoir, une autre vision de l’humain se profile en coulisse, celle d’un homme « augmenté » dans ses capacités. Ces connexions hybrides de prothèses directement intégrées au corps s’inscrivent dans le fantasme d’un humain idéal. Elles ne sont pas l’expression d’un désir nouveau, mais peuvent être comprises comme des solutions répondant aux exigences contemporaines du processus civilisateur – ce que Freud a appelé Kulturarbeit.

Être hybride engage le sujet dans un corps à corps avec la technique et provoque des expériences corporelles nouvelles, sans être certain d’en contrôler les effets.

Voilà de quoi alimenter avec vigueur le mouvement transhumaniste, qui trouve son origine aux États-Unis, du moins dans sa forme contemporaine. Si ce mouvement se scinde en de nombreux courants, tous partagent cependant la même ambition, celle de modifier l’humain par des technologies pour lui permettre de dépasser ses limites naturelles, d’avancer vers une « évolution choisie » et, surtout, d’en finir avec la vulnérabilité du corps (vieillesse, maladie, mort, etc.). Dans l’idéologie transhumaniste, l’hybridation corps-technique est non problématique. Le corps est considéré comme plastique et ne serait pas ontologiquement différent d’une machine dont on pourrait, à loisir, remplacer ou modifier des parties, en évacuant ainsi les dimensions subjectives et pulsionnelles. Pour ces militants du progrès illimité, qu’en est-il des questions interrogeant l’éthique et le psychique ?

Ces expériences nouvelles inscrites dans un nouvel idéal prométhéen, soulèvent des questions inédites : Comment conjuguer la technique dans une interaction qui ne laisserait pas de côté ce que l’on pourrait considérer comme des aspects fondateurs de l’humain ? Dans cette offre actuelle de la médecine, en complaisance avec la technoscience, qu’en est-il des destins pulsionnels du sujet ? Serions-nous en train d’assister à la création de nouvelles formes d’habiter son corps ? Quels sont les configurations et enjeux psychiques du « faire corps » avec la prothèse ?

Ce colloque est l’occasion de créer un dialogue entre historiens, anthropologues, sociologues, médecins et psychanalystes sur le fonctionnement de la logique prothétique.


Playlist 

Intervenants

Pierre Ancet (Philosophe, Centre Georges Chevrier, CNRS-Université de Bourgogne)
Bernard Andrieu (Philosophe, EA Techniques et Enjeux du corps, UFR STAPS, Université Paris Descartes)
Paul-Laurent Assoun (Psychanalyste, Professeur à l’UFR d’Etudes Psychanalytiques, CRPMS, Université Paris 7-Diderot)
Miguel Benasayag (Philosophe et psychanalyste)
Fethi Benslama (Psychanalyste, Directeur de l’UFR d’Etudes psychanalytiques, CRPMS, Université Paris 7-Diderot)
Jean-Michel Besnier (Philosophe, EA Rationalités Contemporaines, Université Paris-Sorbonne)
Anne-Laure Boch (Médecin des Hôpitaux de Paris et docteur en philosophie)
Naïma Brennetot (Psychologue clinicienne, Centre de références des maladies rares, Hôpital Saint-Maurice, Saint-Maurice)
Daniela Cerqui (Anthropologue, Faculté des sciences sociales et politiques, Université de Lausanne)
Hervé Chneiweiss (Neurobiologiste et neurologue, DR CNRS, Neuroscience Paris Seine IBPS, CNRS-Inserm-UPMC, Président du Comité d’éthique de l’Inserm)
Christine Clerici (Professeure à l’UFR de Médecine et présidente de l’Université Paris 7 – Diderot)
Maxime Derian (Anthropologue, post-doctorant à l’ISCC et au CRPMS)
Véronique Donzeau-Gouge (Professeure d’informatique au Cnam et chercheuse associée à l’ISCC-CNRS)
Jean-Yves Goffi (Philosophe, Université Grenoble 2 – Pierre Mendès-France)
Valentine Gourinat (Doctorante en sociologie, Université de Strasbourg)
Pascal Griset (Professeur d’histoire contemporaine, directeur de l’ISCC-CNRS)
Paul-Fabien Groud (Doctorant en anthropologie, Université Lumière Lyon 2)
Nathanaël Jarrassé (Roboticien, Chercheur à l’Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique, CNRS-Université Pierre et Marie Curie)
Édouard Kleinpeter (Ingénieur de recherche, ISCC-CNRS)
Simone Korf Sausse (Psychanalyste, MDC à l’UFR d’Etudes Psychanalytiques, CRPMS, Université Paris 7- Diderot)
Xavier Labbée (Avocat au barreau de Lille, Professeur à l’Université de Lille 2)
Laurie Laufer (Psychanalyste, Professeur à l’UFR d’Etudes Psychanalytiques, CRPMS, Université Paris 7-Diderot)
Samuel Lepastier (Psychanalyste et chercheur au CRPMS)
Thomas Lepoutre (Doctorant, CRPMS, Université Paris 7 – Diderot))
Cristina Lindenmeyer (Psychanalyste, MDC-HDR à l’UFR d’Études psychanalytique, CRPMS, Université Paris 7- Diderot et chercheuse associée à l’ISCC-CNRS)
Jean-Noël Missa (Philosophe, Faculté de Philosophie et Lettres, Université Libre de Bruxelles)
Isabelle Queval (Philosophe, Centre de recherche Sens, Ethique, Société, CNRS – Université Paris Descartes)
Rémy Potier (MDC à l’UFR d’Etudes Psychanalytiques, CRPMS, Université Paris 7- Diderot)
Gérard Reynier (Psychologue clinicien, Hôpital Saint-Louis)
Anders Sandberg (James Martin Research Fellow, Future of Humanity Institute, Oxford University)
Véra Savvaki (Doctorante CRPMS, Université Paris 7-Diderot)
Silke Schauder (Professeure en psychologie clinique, UFR sciences humaines, sociales et philosophie, université de Picardie-Jules Verne)
Alain Vanier (Psychanalyste, directeur du CRPMS, Université Paris 7 – Diderot))
François Villa (Psychanalyste, Professeur à l’UFR d’Etudes Psychanalytiques, CRPMS, Vice-Président du Conseil d’administration de l’Université Paris 7-Diderot)

Le cerveau peut-être en mesure de se réparer lui-même

Docteur Jocelyne Bloch a obtenu son diplôme de médecin de la faculté de médecine de Lausanne en 1994. Par la suite, elle a fait sa formation en neurochirurgie avec les Professeurs Nicolas de Tribolet, Arnaldo Benini, et Jean Guy Villemure à Lausanne et à Zurich et a obtenu son titre de spécialiste en neurochirurgie en 2002. Elle s’est ensuite spécialisée en neurochirurgie stéréotaxique et fonctionnelle, et a acquis une large expérience chirurgicale dans les domaines de la neuromodulation et de la stimulation cérébrale profonde dans des indications telles que les pathologies du mouvement, la douleur et l’épilepsie. Elle est actuellement en charge du programme de neurochirurgie fonctionnelle au CHUV.

Très active en recherche et neurosciences translationnelles, elle s’intéresse à développer des nouvelles indications de stimulation cérébrale profonde, ainsi qu’à participer à l’élaboration de technologies de pointe inédites. Elle essaye de réunir toutes ces approches novatrices pour offrir aux patients souffrant de déficits neurologiques, les meilleures options thérapeutiques.

De 1997 à 1999, elle a rejoint le laboratoire du Professeur Patrick Aebischer où elle a pu participer à des projets scientifiques de base et translationnels en thérapie génique et neurorégénération. Durant cette période, elle a pu travailler sur différents modèles animaux qui l’on amenée à contribuer à des études de grande importance publiées dans plusieurs journaux dont Science et Nature Medicine. Depuis lors elle garde des liens avec le centre de primatologie de l’institut de physiologie de Fribourg dirigé par le Prof Eric Rouiller.

En collaboration avec le Dr Jean-François Brunet, elle a parallèlement développé un projet pionnier sur les greffes de cellules cérébrales adultes autologues. Une étude clinique pilote chez des patients souffrant des séquelles d’un AVC devrait prochainement voir le jour. Actuellement elle collabore aussi avec les professeurs Grégoire Courtine et José del Millan du Centre des neuroprothèses de l’EPFL sur des thématiques translationnelles de neuromodulation visant à améliorer la locomotion de patients paraplégiques et sur des stratégies de stimulation en boucle fermée.

0:11 Je suis neurochirurgienne. Et comme la plupart de mes collègues, je dois faire face chaque jour à des tragédies humaines. Je me rends compte que votre vie peut changer d’une seconde à l’autre après un AVC ou un accident de voiture. Et ce qui est vraiment frustrant pour nous, les neurochirurgiens, c’est de comprendre que contrairement aux autres organes, le cerveau a une capacité vraiment faible à se réparer tout seul. Et après une blessure majeure du système nerveux central, les patients restent souvent avec un grave handicap. Et c’est la raison pour laquelle j’ai choisi d’être un neurochirurgien fonctionnel.

1:00 Qu’est-ce qu’un neurochirurgien fonctionnel ? C’est un médecin qui essaie d’améliorer une fonction neurologique par différentes stratégies de chirurgie. Vous avez sûrement entendu parler de l’une des plus célèbres : la stimulation cérébrale profonde, où l’on implante une électrode dans les profondeurs du cerveau afin de moduler un circuit de neurones pour améliorer une fonction neurologique. C’est une technologie vraiment étonnante car elle a amélioré la vie de patients atteints de la maladie de Parkinson, qui tremblaient et souffraient beaucoup. Mais, la neuromodulation ne signifie pas la réparation des neurones. Et le rêve des neurochirurgiens fonctionnels, c’est de réparer le cerveau. Je crois que nous allons atteindre ce rêve.

1:53 Et je voudrais vous montrer que nous y sommes presque. Et qu’avec un petit peu d’aide, le cerveau arrive à s’aider lui-même.

2:07 Ainsi, l’histoire commence il y a 15 ans. A cette époque, j’étais chef des internes travaillant jour et nuit aux urgences. Je devais m’occuper souvent de patients avec un traumatisme crânien. Vous devez savoir que lorsqu’un patient arrive avec un grave trauma crânien, son cerveau est gonflé, la pression intracrânienne augmente, et pour lui sauver la vie, vous devez diminuer cette pression intracrânienne. Et pour le faire, vous devez parfois enlever un morceau de cerveau tuméfié. Donc, au lieu de jeter ces morceaux de cerveau tuméfiés, nous avons décidé, avec Jean-François Brunet, un collègue biologiste, de les étudier.

2:52 Qu’est-ce que cela signifie ? Nous voulions cultiver des cellules issues de ces morceaux de tissu cellulaire. Ce n’est pas facile. Cultiver des cellules à partir d’un bout de tissu cellulaire est comparable à faire grandir de tout petits enfants en dehors de leur famille. Vous devez donc trouver les bons nutriments, la chaleur, l’humidité, et tout l’environnement adéquat pour les faire s’épanouir. C’est ce que nous nous devions faire de ces cellules. Et après un grand nombre d’essais, Jean-François a réussi. Et voici ce qu’il a vu dans son microscope.

3:30 Et c’était pour nous une grande surprise. Pourquoi ? Parce que ça ressemble exactement à une culture de cellules souches, avec de grandes cellules vertes entourant de petites cellules immatures. Et peut-être vous souvenez-vous de vos cours de biologie que les cellules souches sont des cellules immatures, capables de se transformer en n’importe quel type de cellule du corps. Le cerveau adulte possède des cellules souches, mais elles sont très rares et elles sont situées dans de petits endroits enfouis dans les profondeurs du cerveau. Il était donc surprenant d’obtenir une culture de ce type de cellules souches à partir d’une partie superficielle et abimée de cerveau récupérée au bloc.

4:17 Et il y avait une autre observation intrigante : les cellules souches habituelles sont très actives, elles se divisent, divisent, et redivisent très rapidement. Et elles ne meurent pas, elles sont immortelles. Mais ces cellules se comportaient différemment. Elle se divisaient lentement, et après quelques semaines de culture, elle mouraient. Donc nous étions face à une nouvelle population étrange de cellules qui ressemblent aux cellules souches mais se comportent autrement.

4:50 Et il nous a fallu un certain temps pour comprendre d’où elles venaient. Elles venaient de ces cellules. Ces cellules bleues et rouges sont des cellules avec gène double-cortine actif. Nous en avons tous dans nos cerveaux. Elles représentent 4% de nos cellules corticales. Elles jouent un rôle très important pendant les étapes du développement. Lorsque vous étiez des foetus, elles ont aidé votre cerveau à se former. Mais pourquoi restent-elles dans votre tête ? Nous ne le savons pas. Nous pensons qu’elles peuvent contribuer à la réparation du cerveau car nous les avons trouvées en concentration élevée au voisinage de lésions. Mais ce n’est pas si sûr. Il y a quand même une chose claire : c’est à partir d’elles que nous avons obtenu nos cellules souches. Et nous voici avec une nouvelle source de cellules qui pourraient réparer le cerveau. Nous devions le prouver.

5:50 Alors, pour le faire, nous devions concevoir un paradigme expérimental. L’idée était de faire la biopsie d’une partie de cerveau prise dans une zone non-fonctionnelle, et de cultiver ces cellules de la même façon que Jean-François faisait dans son labo. Et ensuite de les marquer, de les coloriser afin de pouvoir les suivre dans le cerveau. Et la dernière étape était de les réimplanter dans la même personne. Nous appelons ceci une greffe autologue, ou une autogreffe.

6:20 Alors la première question était « Que va-t-il se passer si nous remettons ces cellules dans un cerveau normal et si nous réimplantons ces mêmes cellules dans un cerveau blessé ? » Grâce à l’aide du professeur Eric Rouiller, nous avons travaillé sur des singes.

6:38 Donc dans un premier scénario, nous avons réimplanté les cellules dans un cerveau normal et nous les avons vu disparaître complètement après quelques semaines comme si elles étaient retirées du cerveau, Au revoir ! L’espace est déjà opérationnel, elles ne sont pas utiles ici, donc elles disparaissent.

6:58 Dans un second scénario, nous avons fait la lésion et réimplanté exactement les mêmes cellules, et dans ce cas, les cellules sont restées et sont devenues des neurones matures. C’est l’image de ce que nous avons pu observer sous le microscope. Voici les cellules réimplantées. Et la preuve est qu’elles portent : ces petits points, ce sont les cellules que nous avons marquées in vitro, quand elles étaient en culture.

7:28 Mais nous ne pouvions pas nous arrêter là ! Est-ce que ces cellules peuvent aider un singe à guérir après une blessure ? Pour cela, nous avons entrainé des singes à des tests de dextérité manuelle. Ils devaient trouver des granules de nourriture sur un plateau. Ils étaient très agiles. Et lorsqu’ils atteignaient un niveau de performance, nous avons fait une lésion dans le cortex moteur correspondant à la main. Les singes étaient donc paralysés, ils ne pouvaient plus bouger leur main. Et exactement à la manière des humains, ils ont spontanément retrouvé une partie de leurs capacités, comme après un AVC. Des patients totalement paralysés essaient de retrouver leurs capacités, grâce à la plasticité du cerveau, et ils y arrivent partiellement tout comme les singes.

8:20 Donc une fois sûr que le singe avait atteint ce niveau de guérison spontanée, nous lui avons implanté ses propres cellules. Sur la gauche, vous voyez le singe qui a retrouvé ses capacités tout seul. Il est entre 40 et 50 % de ses performances précédentes avant la lésion. Il n’est pas aussi précis, ni aussi rapide. Et regardez maintenant, une fois les cellules réimplantées : deux mois après la réimplantation, le même individu.

8:56 (Applaudissements)

9:03 C’était aussi pour nous un résultat très excitant, je vous le promets. Depuis ce jour-là, nous avons compris beaucoup d’autres choses sur ces cellules. Nous savons que nous pouvons les cryoconserver, pour les réutiliser plus tard. Nous savons que nous pouvons les utiliser dans d’autres cas neuropathologiques, comme la maladie de Parkinson. Mais notre rêve reste de les implanter dans des humains. Et j’espère vraiment pouvoir vous montrer bientôt que le cerveau humain nous donne les outils pour se réparer lui-même.

9:37 Merci.

9:38 (Applaudissements)

9:44 Bruno Giussani : Jocelyne, c’est extraordinaire, et je suis sûr que maintenant, il y a des dizaines de personnes dans le public, peut-être même la plupart, qui pensent : « Je connais quelqu’un à qui ça peut servir », moi le premier. Et bien sûr, la question est de savoir quels sont les plus gros obstacles avant de pouvoir passer aux tests cliniques sur l’humain ?

10:06 Jocelyne Bloch : Les obstacles les plus importants sont les lois. (Rires) Ainsi, à partir de ses résultats excitants, vous devez remplir presque 2 kg de papiers et de formulaires pour être habilité à continuer vers ce genre d’expériences.

10:21 BG : Ce qui se comprend ! Le cerveau est fragile, etc.

10:23 JB : Oui, c’est vrai, mais ça prend du temps, beaucoup de patience et une équipe dédiée pour le faire !

10:30 BG : Si vous vous imaginez, après avoir fait les recherches et essayé d’obtenir la permission de démarrer les tests, si vous vous projetez dans le temps, dans combien d’années quelqu’un pourra aller à l’hôpital et avoir cette thérapie disponible ?

10:48 JB : C’est très difficile à dire. Ça dépend d’abord de l’approbation des tests. Est-ce que la loi nous autorisera bientôt à les faire ? Puis, vous devez faire ce type d’étude sur un petit groupe de patients. Et ça prend déjà longtemps de choisir les patients, faire le traitement et évaluer si c’est utile de faire ce type de soin. Puis vous devez généraliser le test sur plusieurs sites. Vous devez d’abord vraiment prouver que c’est utile avant d’offrir ce traitement à tous.

11:23 BG : Et sans danger, bien sûr. JB : Bien sûr.

11:25 BG : Jocelyne, merci d’être venue à TED pour partager ceci. JB : Merci.

Préparez-vous pour les premiers JO Cyborg du monde

Dans ces jeux, les concurrents utiliseront des technologies de pointe pour compenser les handicaps comme la paralysie et l’amputation des membres.

En 2016 se tiendra à Zurich en Suisse le Cybathlon, la première compétition d’athlètes équipés d’appareillages bioniques. Les technologies les plus évoluées de prothèses robotisées de jambes et de bras, les fauteuils roulants, les exosquelettes, les vélos et les interfaces cerveau-machine s’affronteront autant que les athlètes.

Ces sportifs « augmentés » par un système d’assistance robotisée, malgré leurs handicaps, s’affronteront le 8 octobre 2016, à Zurich (Suisse), lors de la toute première compétition de Jeux bioniques.

pour en savoir plus : http://www.cybathlon.ethz.ch/en/

sources : IEEE Spectrum, Futura Sciences

Un robot-pharmacien prépare les chimiothérapies

 

Installé dans la pharmacie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), cet automate prépare tout seul – ou presque – les poches contenant les chimiothérapies prescrites aux patients atteints de cancer, substances injectables élaborées dans la stérilité la plus stricte.

Une prouesse technologique proposée par l’Allemand Fresenius et dont peuvent se targuer trois à quatre hôpitaux dans le monde, et aucun autre en Suisse, explique Pascal Bonnabry, le pharmacien-chef des HUG.

Le robot identifie les poches grâce à des puces de radio-identification (RFID), du type de celles qu’on trouve dans les passeports ou les cartes sans contact.

lire l’article sur Le temps.ch

 

Le transhumanisme : la prochaine étape de la civilisation

Le transhumanisme est la prochaine étape de la civilisation, et le laissez-faire est sa justification, sa condition préalable et sa limite :

  • Premièrement, c’est la seule philosophie qui fournisse une justification adéquate à la liberté transhumaniste, et une réponse solide à ceux qui l’opposent ;
  • Deuxièmement, c’est la seule philosophie qui permet au monde d’être suffisamment prospère pour que nous puissions effectivement nous le permettre, et laisse les gens utiliser leur argent à cette fin ;
  • Troisièmement, c’est la seule philosophie qui se développe en un cadre cohérent et rationnel permettant de gérer les nouvelles questions éthiques soulevées par le progrès technologique.

Table des matières

1. Le transhumanisme en tant que droit libéral
1.1. Le droit de vivre contre le devoir de mourir
1.2. Individualisme contre collectivisme
1.3. Droit universel contre valeurs subjectives
1.4. Liberté d’association contre pouvoir religieux
1.5. Présomption de liberté contre principe de précaution
1.6. Pouvoir sur la nature contre pouvoir sur les personnes
2. Le capitalisme de laissez-faire en tant que pré-condition matérielle au transhumanisme
2.1. Croissance économique contre famine
2.2. L’immortalité contre les intérêts de l’État
3. L’éthique libérale en tant que cadre moral et légal de l’ère nouvelle
3.1. Pouvoir individuel contre pouvoir collectif sur la génétique
3.2. Droits individuels contre différences génétiques
3.3. Identité des droits contre égalité
3.4. Droits et libertés contre le paradigme interdit ou obligatoire
3.5. La question difficile : qui a des droits ?
Conclusion

Téléchargez le PDF : Le transhumanisme prochaine étape de la civilisation

Auteur : Jan Krepelka
Il est chercheur scientifique, à l’Institut Constant de Rebecque, installé à Lausanne. Il mène des recherches sur les thèmes libéraux, libertariens en s’appuyant particulièrement sur l’analyse de l’école autrichienne d’économie.

Le cerveau d’un rat reconstitué par ordinateur

Le Blue Brain Project, le centre de la simulation du Human Brain Project, a publié un projet de reconstitution numérique des micro-circuits du néocortex d’un rat juvénile — en incluant 31 000 neurones connectés, de 207 types différents, par près de 37 millions de synapses.

La simulation du comportement électrique émergent de ce tissu virtuel par des superordinateurs, a reproduit une gamme d’observations faites précédemment lors d’expériences sur le cerveau, validant ainsi son exactitude biologique, tout en jetant de nouvelles lumières sur le fonctionnement du néocortex. Les recherches ont été publiées jeudi 8 octobre dans le journal Cell.

An image of a simulated rat brain slice Credit: Blue Brain Project, EPFL

Les équipes ont réalisé des dizaines de milliers d’expériences sur les neurones et les synapses dans le néocortex de jeunes rats, avant de cataloguer chaque type de neurone et de synapse ainsi trouvé.

Les chercheurs ont ensuite identifié une série de règles fondamentales décrivant la manière dont les neurones sont arrangés dans les micro-circuits et comment ils se connectent via les synapses. Malgré son ampleur, la base de données est toutefois insuffisante pour reconstituer une carte complète des micro-circuits.

«Nous ne pouvons ni ne devons tout mesurer, explique Henry Markram, auteur de l’étude et directeur du Brain Blue Project à l’école Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) en Suisse.

«Le cerveau est une structure bien ordonnée et dès lors que vous commencez à comprendre cet ordre au niveau microscopique, vous pouvez commencer à déduire une grande partie des données manquantes ».

pour en savoir plus : EPFL

source : Live Science; Le Matin.ch

traduction : Buendía Carlos