Guerres et soldats du futur (conférence en ligne)

Dans l’imaginaire collectif, les soldats du futur sont perçus comme augmentés par la technologie, tels des Robocops. Mais quelle est la réalité des évolutions en cours dans le domaine ? Et quelle en serait la véritable utilité ? Cette visioconférence, présentée par Michel Goya, militaire chevronné et historien spécialiste de l’innovation militaire, nous permettra d’y voir beaucoup plus clair. Elle répondra également à des questions essentielles : Qu’est-ce qu’un soldat ? Comment vit-il le combat ? Comment peut-il le gagner ? Et enfin, comment les guerres sont-elles en train de changer ?

Cette conférence d’une heure trente (en comptant les échanges entre le conférencier et le public) aura lieu en ligne. Il est nécessaire de s’inscrire afin d’obtenir le lien pour se connecter. Une fois votre billet pris, nous vous enverrons par mail toutes les informations liées à la connexion un peu avant l’événement.

Michel Goya est spécialiste de l’innovation militaire, de l’analyse des conflits, et du comportement au combat. Ancien colonel des troupes de marine, il a été déployé sur de nombreux théâtres d’opérations (Sarajevo, Rwanda, Centrafrique…) et a également été membre du cabinet du chef d’État-Major des armées. Par ailleurs docteur en histoire, il a beaucoup enseigné, notamment comme titulaire de la chaire d’histoire militaire de l’École de Guerre. Enfin, il a écrit de nombreux ouvrages tels que Sous le feu : la mort comme hypothèse de travail ou encore S’adapter pour vaincre : Comment les armées évoluent.

Détails
Date : 14 avril
Heure : 19 h 00 min – 20 h 30 min
Prix : Gratuit à 7€
Présenté par : Michel Goya
Inscription nécessaire pour obtenir le lien de connexion

La France va débuter les recherches sur le soldat augmenté

Un comité d’éthique du ministère de la défense a rendu un rapport qui autorise les forces armées françaises à lancer des recherches sur le thème du soldat augmenté. Créé à la demande de la ministre des Armées à la fin de l’année 2019, le Comité d’éthique de la défense est chargé d’apporter des éclairages sur les questions éthiques soulevées par les innovations scientifiques, techniques et leurs éventuelles applications militaires.

Le rapport examine les traitements médicaux, les prothèses et les implants corporels qui améliorent les capacités physiques, cognitives, perceptives et psychologiques, et pourraient permettre le suivi de la géolocalisation ou la connectivité à un système d’armes où à d’autres soldats. Où encore qui permettent d’améliorer les capacités cérébrales par stimulation cérébrale profonde.

Parmi les autres interventions possibles envisagées par le comité d’éthique figurent des traitements médicaux visant à prévenir ou à diminuer la douleur, le stress et la fatigue, ainsi que des substances qui amélioreraient la résistance mentale si un soldat était fait prisonnier.

Le comité a déclaré que la France doit maintenir “la supériorité opérationnelle de ses forces armées dans un contexte stratégique difficile” tout en respectant les règles régissant le droit militaire, le droit humanitaire et les “valeurs fondamentales de notre société”.

En conséquence, on a interdit toute modification dont on estime qu’elle est de nature à diminuer la maîtrise de l’emploi de la force, ou à provoquer une perte d’humanité ou encore qu’elle serait contraire au principe de respect de la dignité de la personne humaine. D’autres exemples de modifications interdites sont les implants cognitifs qui porteraient atteinte au libre arbitre d’un soldat, ou les changements qui affecteraient sa réintégration dans la vie civile.

La ministre des Armées, Florence Parly, a déclaré que les augmentations “invasives” telles que les implants ne font actuellement pas partie des plans militaires.

« Mais il nous faut être lucide, tout le monde n’a pas nos scrupules et c’est un futur auquel il nous faut nous préparer », a déclaré la ministre dans un communiqué de presse. « C’est un avis qui n’est pas gravé dans le marbre et qui sera régulièrement reconsidéré à l’aune des prochaines évolutions. »

La publication de ce rapport fait suite à une colonne d’opinion de John Ratcliffe, directeur du renseignement national des États-Unis, dans le Wall Street Journal, dans laquelle il a fait part de ses inquiétudes quant à la menace que représente la Chine pour les États-Unis et la démocratie mondiale, ainsi qu’à ses projets en matière de technologie militaire.

“Les renseignements américains indiquent que la Chine a déjà effectué des tests humains sur des militaires dans l’espoir de développer des soldats aux capacités biologiques améliorées”, a déclaré Ratcliffe.

La Déclaration des chimpanzés du futur

Dans le cadre de la première conférence-débat du Forum de la biologie de synthèse, au Centre national des Arts et métiers de Paris, le 25 avril 2013, le débat est interrompu par une quinzaine de personnes portant des masques de singe, – les chimpanzés du futur – déployant une banderole “Non à la vie synthétique”. Slogans, affiches, banderoles, sifflets ont rendu impossible la tenue de l’opération officielle de communication. Cette dernière a laissé place, après une heure de chahut, à un échange dans la salle animé par des lycéens présents.

Credit PMO

Nous portons ces masques pour dénoncer la mascarade qui se déroule sous nos yeux. La mascarade de ce pseudo-débat pour nous faire accepter des décisions déjà prises. Nous portons ces masques parce que nous sommes les chimpanzés du futur.

Nous sommes ces chimpanzés – ces humains qui ne fusionneront pas avec la machine. Nous ne trafiquerons pas notre génome pour devenir plus performants. Nous refusons la vie synthétique mise au point dans les laboratoires.

Dans ce pseudo « Forum de la biologie de synthèse », vous pouvez dire tout ce que vous voulez. Cela n’a aucune importance, aucune incidence. Cela ne changera rien au développement de la biologie de synthèse. Les décisions sont prises, les programmes lancés. Pendant qu’on vous distrait avec ce spectacle, Total, Sanofi, Monsanto, l’INRA, le CEA, le Genopole fabriquent des bactéries synthétiques et des codes génétiques artificiels. Ils s’emparent du vivant et accélèrent l’épuisement de la planète.

Pour les manipulateurs d’opinion, il faut que nous participions à la mascarade. Comme ils disent : « Faire participer, c’est faire accepter ».

Si nous participons à cette parodie, nous laissons croire qu’un débat démocratique a eu lieu. Nous aidons les communiquants à roder leur argumentaire pour étouffer la contestation.

Participer, c’est accepter.

Vous, chercheurs, qui prétendez délibérer sur la biologie de synthèse, vous devez vos carrières, vos revenus, votre position sociale à la recherche. Vous êtes juges et parties ; vous êtes en conflit d’intérêt ; vous devriez être les derniers à vous exprimer sur le sujet. Votre participation à ce débat est illégitime. Autant consulter les marchands d’armes sur l’opportunité de déclarer la guerre.

Nous, chimpanzés du futur, nous ne défendons aucun avantage ni privilège. Nous défendons juste la possibilité de choisir ce qui va nous arriver.

La ministre de la recherche Geneviève Fioraso vous a commandé de « désamorcer les craintes » de l’opinion. Mais nous n’avons pas peur, nous sommes en colère.

Nous n’avons ni question à vous poser, ni incertitude à lever. Notre position est déjà figée : nous n’acceptons pas.

– Nous refusons la fuite en avant technologique qui épuise les humains, les écosystèmes et la planète.

– Nous refusons vos bactéries artificielles, votre biodiversité artificielle, votre viande synthétique cultivée en laboratoire,

– Nous refusons le pillage du vivant,

– Nous refusons votre monde-machine peuplé d’aliens à l’ADN synthétique – bactéries, plantes, animaux et humains génétiquement modifiés,

– Nous refusons la destruction du monde et des hommes au nom de la guerre économique.

Nos masques servent à dire que ce forum est une mascarade ; et maintenant la mascarade est finie. Vous, dans cette salle, rentrez chez vous. Informez-vous par vous-mêmes ; parlez avec vos proches, vos voisins, vos amis. Refusez la manipulation d’opinion et les faux débats. Rejoignez les chimpanzés du futur.

Non à la vie synthétique, à la vie artificielle, à la vie morte ! Vive la vie vraie, la vie vivante : notre seule vie !

Les chimpanzés du futur. Paris, le 25 avril 2013

Biologie et devenir technologique de l’homme : de la biologie synthétique à l’homme synthétique

Pascal Nouvel : Centre d’éthique contemporaine, département de philosophie, université Paul-Valéry, Montpellier, France – Centre de recherche Saint-Charles, laboratoire Epsylon, Montpellier, France

Résumé : L’article engage une investigation historique sur l’origine de l’expression « biologie synthétique » dans le but d’en dé gager les principales composantes philosophiques. Les résultats de cette analyse sont ensuite utilisés pour étendre l’examen au terme d’« homme synthétique ». On montre ainsi que les deux notions comportent l’affirmation d’une conviction philosophique commune qui peut se résumer de la façon suivante : « la biologie est de la technologie ». L’analyse de cette affirmation permet de distinguer nettement deux notions qui sont généralement confondues dans la littérature transhumaniste : celle d’homme synthétique et celle d’homme nouveau. Les conséquences de cette distinction cruciale sont discutées.

Introduction

Depuis quelques années, on parle de « biologie synthétique » et parfois aussi d’« homme synthétique ». Que désignent ces termes ? Et la notion de « synthétique », qui intervient dans les deux expressions, a-t-elle la même valeur dans les deux cas ? Si oui, qu’est-ce qu’une pareille notion laisse présager de cet homme dit « synthétique » ? Ce sont les questions que nous poserons dans le texte qui suit. Ce faisant, nous montrerons que les notions de « biologie synthétique » et d’« homme synthétique » reposent sur une conviction philosophique commune. C’est cette conviction qu’il s’agira ensuite d’analyser. Indiquons tout de suite le point ou` nous conduira cette analyse. A suivre les pronostics de certains commentateurs, la technologie contemporaine est sur le point d’entraîner une recomposition du concept même d’être humain : recomposition exaltante pour les uns, qui parlent de l’apparition d’un « homme nouveau » ; inquiétante pour les autres, qui parlent, quant à eux, plus volontiers, de la « disparition de l’homme » et de l’humanisme. Nous montrerons que, dans ces débats, le concept d’« homme synthétique » est, le plus souvent, abusivement confondu avec le concept d’« homme nouveau ». Cette confusion entraîne une orientation erronée des débats sur les progrès techniques à venir : l’homme synthétique, à parler rigoureusement, n’est ni un homme nouveau ni un surhomme, contrairement à ce que laisse entendre toute une partie de la littérature transhumaniste. Mais avant d’y venir, suivons l’histoire d’une expression, d’une locution : celle de « biologie synthétique ». C’est elle qui nous fera mieux comprendre le sens que possède l’expression « homme synthétique ».

Pour lire la suite, télécharger le PDF disponible sur le profil de Pascal Nouvel sur Academia.edu ou ici.

“L’homme synthétique est en fait déjà là comme le montrent les nombreuses connexions que nous entretenons déjà avec des machines de toute sorte. L’homme nouveau, lui, n’est que le rêve illuminé de quelques penseurs trop pressés pour être attentifs aux objections des philosophes”.

Le cerveau peut-être en mesure de se réparer lui-même

Docteur Jocelyne Bloch a obtenu son diplôme de médecin de la faculté de médecine de Lausanne en 1994. Par la suite, elle a fait sa formation en neurochirurgie avec les Professeurs Nicolas de Tribolet, Arnaldo Benini, et Jean Guy Villemure à Lausanne et à Zurich et a obtenu son titre de spécialiste en neurochirurgie en 2002. Elle s’est ensuite spécialisée en neurochirurgie stéréotaxique et fonctionnelle, et a acquis une large expérience chirurgicale dans les domaines de la neuromodulation et de la stimulation cérébrale profonde dans des indications telles que les pathologies du mouvement, la douleur et l’épilepsie. Elle est actuellement en charge du programme de neurochirurgie fonctionnelle au CHUV.

Très active en recherche et neurosciences translationnelles, elle s’intéresse à développer des nouvelles indications de stimulation cérébrale profonde, ainsi qu’à participer à l’élaboration de technologies de pointe inédites. Elle essaye de réunir toutes ces approches novatrices pour offrir aux patients souffrant de déficits neurologiques, les meilleures options thérapeutiques.

De 1997 à 1999, elle a rejoint le laboratoire du Professeur Patrick Aebischer où elle a pu participer à des projets scientifiques de base et translationnels en thérapie génique et neurorégénération. Durant cette période, elle a pu travailler sur différents modèles animaux qui l’on amenée à contribuer à des études de grande importance publiées dans plusieurs journaux dont Science et Nature Medicine. Depuis lors elle garde des liens avec le centre de primatologie de l’institut de physiologie de Fribourg dirigé par le Prof Eric Rouiller.

En collaboration avec le Dr Jean-François Brunet, elle a parallèlement développé un projet pionnier sur les greffes de cellules cérébrales adultes autologues. Une étude clinique pilote chez des patients souffrant des séquelles d’un AVC devrait prochainement voir le jour. Actuellement elle collabore aussi avec les professeurs Grégoire Courtine et José del Millan du Centre des neuroprothèses de l’EPFL sur des thématiques translationnelles de neuromodulation visant à améliorer la locomotion de patients paraplégiques et sur des stratégies de stimulation en boucle fermée.

0:11 Je suis neurochirurgienne. Et comme la plupart de mes collègues, je dois faire face chaque jour à des tragédies humaines. Je me rends compte que votre vie peut changer d’une seconde à l’autre après un AVC ou un accident de voiture. Et ce qui est vraiment frustrant pour nous, les neurochirurgiens, c’est de comprendre que contrairement aux autres organes, le cerveau a une capacité vraiment faible à se réparer tout seul. Et après une blessure majeure du système nerveux central, les patients restent souvent avec un grave handicap. Et c’est la raison pour laquelle j’ai choisi d’être un neurochirurgien fonctionnel.

1:00 Qu’est-ce qu’un neurochirurgien fonctionnel ? C’est un médecin qui essaie d’améliorer une fonction neurologique par différentes stratégies de chirurgie. Vous avez sûrement entendu parler de l’une des plus célèbres : la stimulation cérébrale profonde, où l’on implante une électrode dans les profondeurs du cerveau afin de moduler un circuit de neurones pour améliorer une fonction neurologique. C’est une technologie vraiment étonnante car elle a amélioré la vie de patients atteints de la maladie de Parkinson, qui tremblaient et souffraient beaucoup. Mais, la neuromodulation ne signifie pas la réparation des neurones. Et le rêve des neurochirurgiens fonctionnels, c’est de réparer le cerveau. Je crois que nous allons atteindre ce rêve.

1:53 Et je voudrais vous montrer que nous y sommes presque. Et qu’avec un petit peu d’aide, le cerveau arrive à s’aider lui-même.

2:07 Ainsi, l’histoire commence il y a 15 ans. A cette époque, j’étais chef des internes travaillant jour et nuit aux urgences. Je devais m’occuper souvent de patients avec un traumatisme crânien. Vous devez savoir que lorsqu’un patient arrive avec un grave trauma crânien, son cerveau est gonflé, la pression intracrânienne augmente, et pour lui sauver la vie, vous devez diminuer cette pression intracrânienne. Et pour le faire, vous devez parfois enlever un morceau de cerveau tuméfié. Donc, au lieu de jeter ces morceaux de cerveau tuméfiés, nous avons décidé, avec Jean-François Brunet, un collègue biologiste, de les étudier.

2:52 Qu’est-ce que cela signifie ? Nous voulions cultiver des cellules issues de ces morceaux de tissu cellulaire. Ce n’est pas facile. Cultiver des cellules à partir d’un bout de tissu cellulaire est comparable à faire grandir de tout petits enfants en dehors de leur famille. Vous devez donc trouver les bons nutriments, la chaleur, l’humidité, et tout l’environnement adéquat pour les faire s’épanouir. C’est ce que nous nous devions faire de ces cellules. Et après un grand nombre d’essais, Jean-François a réussi. Et voici ce qu’il a vu dans son microscope.

3:30 Et c’était pour nous une grande surprise. Pourquoi ? Parce que ça ressemble exactement à une culture de cellules souches, avec de grandes cellules vertes entourant de petites cellules immatures. Et peut-être vous souvenez-vous de vos cours de biologie que les cellules souches sont des cellules immatures, capables de se transformer en n’importe quel type de cellule du corps. Le cerveau adulte possède des cellules souches, mais elles sont très rares et elles sont situées dans de petits endroits enfouis dans les profondeurs du cerveau. Il était donc surprenant d’obtenir une culture de ce type de cellules souches à partir d’une partie superficielle et abimée de cerveau récupérée au bloc.

4:17 Et il y avait une autre observation intrigante : les cellules souches habituelles sont très actives, elles se divisent, divisent, et redivisent très rapidement. Et elles ne meurent pas, elles sont immortelles. Mais ces cellules se comportaient différemment. Elle se divisaient lentement, et après quelques semaines de culture, elle mouraient. Donc nous étions face à une nouvelle population étrange de cellules qui ressemblent aux cellules souches mais se comportent autrement.

4:50 Et il nous a fallu un certain temps pour comprendre d’où elles venaient. Elles venaient de ces cellules. Ces cellules bleues et rouges sont des cellules avec gène double-cortine actif. Nous en avons tous dans nos cerveaux. Elles représentent 4% de nos cellules corticales. Elles jouent un rôle très important pendant les étapes du développement. Lorsque vous étiez des foetus, elles ont aidé votre cerveau à se former. Mais pourquoi restent-elles dans votre tête ? Nous ne le savons pas. Nous pensons qu’elles peuvent contribuer à la réparation du cerveau car nous les avons trouvées en concentration élevée au voisinage de lésions. Mais ce n’est pas si sûr. Il y a quand même une chose claire : c’est à partir d’elles que nous avons obtenu nos cellules souches. Et nous voici avec une nouvelle source de cellules qui pourraient réparer le cerveau. Nous devions le prouver.

5:50 Alors, pour le faire, nous devions concevoir un paradigme expérimental. L’idée était de faire la biopsie d’une partie de cerveau prise dans une zone non-fonctionnelle, et de cultiver ces cellules de la même façon que Jean-François faisait dans son labo. Et ensuite de les marquer, de les coloriser afin de pouvoir les suivre dans le cerveau. Et la dernière étape était de les réimplanter dans la même personne. Nous appelons ceci une greffe autologue, ou une autogreffe.

6:20 Alors la première question était « Que va-t-il se passer si nous remettons ces cellules dans un cerveau normal et si nous réimplantons ces mêmes cellules dans un cerveau blessé ? » Grâce à l’aide du professeur Eric Rouiller, nous avons travaillé sur des singes.

6:38 Donc dans un premier scénario, nous avons réimplanté les cellules dans un cerveau normal et nous les avons vu disparaître complètement après quelques semaines comme si elles étaient retirées du cerveau, Au revoir ! L’espace est déjà opérationnel, elles ne sont pas utiles ici, donc elles disparaissent.

6:58 Dans un second scénario, nous avons fait la lésion et réimplanté exactement les mêmes cellules, et dans ce cas, les cellules sont restées et sont devenues des neurones matures. C’est l’image de ce que nous avons pu observer sous le microscope. Voici les cellules réimplantées. Et la preuve est qu’elles portent : ces petits points, ce sont les cellules que nous avons marquées in vitro, quand elles étaient en culture.

7:28 Mais nous ne pouvions pas nous arrêter là ! Est-ce que ces cellules peuvent aider un singe à guérir après une blessure ? Pour cela, nous avons entrainé des singes à des tests de dextérité manuelle. Ils devaient trouver des granules de nourriture sur un plateau. Ils étaient très agiles. Et lorsqu’ils atteignaient un niveau de performance, nous avons fait une lésion dans le cortex moteur correspondant à la main. Les singes étaient donc paralysés, ils ne pouvaient plus bouger leur main. Et exactement à la manière des humains, ils ont spontanément retrouvé une partie de leurs capacités, comme après un AVC. Des patients totalement paralysés essaient de retrouver leurs capacités, grâce à la plasticité du cerveau, et ils y arrivent partiellement tout comme les singes.

8:20 Donc une fois sûr que le singe avait atteint ce niveau de guérison spontanée, nous lui avons implanté ses propres cellules. Sur la gauche, vous voyez le singe qui a retrouvé ses capacités tout seul. Il est entre 40 et 50 % de ses performances précédentes avant la lésion. Il n’est pas aussi précis, ni aussi rapide. Et regardez maintenant, une fois les cellules réimplantées : deux mois après la réimplantation, le même individu.

8:56 (Applaudissements)

9:03 C’était aussi pour nous un résultat très excitant, je vous le promets. Depuis ce jour-là, nous avons compris beaucoup d’autres choses sur ces cellules. Nous savons que nous pouvons les cryoconserver, pour les réutiliser plus tard. Nous savons que nous pouvons les utiliser dans d’autres cas neuropathologiques, comme la maladie de Parkinson. Mais notre rêve reste de les implanter dans des humains. Et j’espère vraiment pouvoir vous montrer bientôt que le cerveau humain nous donne les outils pour se réparer lui-même.

9:37 Merci.

9:38 (Applaudissements)

9:44 Bruno Giussani : Jocelyne, c’est extraordinaire, et je suis sûr que maintenant, il y a des dizaines de personnes dans le public, peut-être même la plupart, qui pensent : « Je connais quelqu’un à qui ça peut servir », moi le premier. Et bien sûr, la question est de savoir quels sont les plus gros obstacles avant de pouvoir passer aux tests cliniques sur l’humain ?

10:06 Jocelyne Bloch : Les obstacles les plus importants sont les lois. (Rires) Ainsi, à partir de ses résultats excitants, vous devez remplir presque 2 kg de papiers et de formulaires pour être habilité à continuer vers ce genre d’expériences.

10:21 BG : Ce qui se comprend ! Le cerveau est fragile, etc.

10:23 JB : Oui, c’est vrai, mais ça prend du temps, beaucoup de patience et une équipe dédiée pour le faire !

10:30 BG : Si vous vous imaginez, après avoir fait les recherches et essayé d’obtenir la permission de démarrer les tests, si vous vous projetez dans le temps, dans combien d’années quelqu’un pourra aller à l’hôpital et avoir cette thérapie disponible ?

10:48 JB : C’est très difficile à dire. Ça dépend d’abord de l’approbation des tests. Est-ce que la loi nous autorisera bientôt à les faire ? Puis, vous devez faire ce type d’étude sur un petit groupe de patients. Et ça prend déjà longtemps de choisir les patients, faire le traitement et évaluer si c’est utile de faire ce type de soin. Puis vous devez généraliser le test sur plusieurs sites. Vous devez d’abord vraiment prouver que c’est utile avant d’offrir ce traitement à tous.

11:23 BG : Et sans danger, bien sûr. JB : Bien sûr.

11:25 BG : Jocelyne, merci d’être venue à TED pour partager ceci. JB : Merci.

Recours aux techniques biomédicales en vue de « neuro-amélioration » chez la personne non malade

Comité Consultatif National d’Éthique pour les Sciences de la Vie et de la Santé
Avis N°122
Paris, le 12 décembre 2013

Anne Fagot-Largeault, Professeur honoraire au Collège de France, chaire des sciences biologiques et médicales.
Etienne Klein, Directeur de recherches au Commissariat à Energie Atomique et aux énergies alternatives.
Hervé Chneiweiss, Directeur de recherches au CNRS, Centre de recherches neurosciences Paris Seine, université Pierre et Marie Curie.

Dans le cadre de la mission de veille éthique sur les progrès des neurosciences qui lui a été confiée par la loi de bioéthique du 7 juillet 2011, le Comité Consultatif National d’Ethique, a choisi de conduire une réflexion sur la neuro-amélioration.

Enjeux éthiques

[…]

Les inconnues actuelles qui entourent le phénomène de neuro-amélioration biomédicale soulignent l’intérêt d’études d’observation au long cours à même de fournir les données quantitatives et qualitatives – actuellement inexistantes en France – nécessaires à la mise en place éventuelle de mesures de prévention, voire de régulation. De telles mesures concerneraient non seulement les médicaments et les dispositifs médicaux qui sont soumis à un cadre réglementaire — d’ailleurs moins contraignants pour les dispositifs qui ne sont pas tenus d’effectuer d’études du rapport bénéfice/risque — mais aussi les outils de stimulation cérébrale transcrânienne à visée non médicale qui fleurissent sur Internet avec des publicités mensongères sur leur efficacité dite « neuro- amélioratrice » et de surcroît sans les garanties sanitaires de mise sur le marché.

[…]

Les conséquences ne sont cependant pas qu’individuelles,

Car le risque est grand d’aboutir à une classe sociale « améliorée » constituée d’une petite minorité d’individus bien informés et disposant des ressources financières suffisantes pour y accéder. Il en résulterait une aggravation de l’écart qui ne cesse de se creuser entre riches et pauvres, les riches devenant non seulement de plus en plus riches mais aussi plus puissants, plus intelligents, voire plus heureux que les autres, avec un risque évident de discrimination et même de domination (Chatterjee 2004). La perception qu’aurait cette classe sociale « augmentée » des paramètres de la bonne santé psycho-cognitive pourrait même s’en trouver modifiée au point que soient considérés comme pathologiques les « non augmentés », les « diminués ».

En résumé le recours aux techniques de neuro-amélioration (en supposant que celle-ci soit efficace) met à mal l’égalité des chances et de réussite à l’échelle de chaque citoyen et comporte un risque d’émergence d’une classe sociale « améliorée » contribuant à aggraver encore l’écart entre riches et pauvres.

[…]

V La neuro-amélioration : la question des limites

La compréhension du développement des techniques biomédicales en vue de neuro-amélioration requiert un aperçu de l’évolution récente des conceptions scientifiques dominantes de la physiologie cérébrale. La prise en compte de ces conceptions restitue une représentation non caricaturale du fonctionnement cérébral et ouvre sur les interactions cerveau/machine. De nouvelles conceptions comme le transhumanisme et le posthumanisme se sont fait jour à partir de ces interactions.

[…]

V.2. Interaction cerveau/machine

L’intelligence artificielle (IA) redonne dans les années 1980 une actualité au projet cybernétique : il s’agit de traduire en machine les processus cognitifs pour mieux en évaluer la portée et pour les rendre plus performants. Cette traduction est devenue aisée grâce aux techniques permettant d’enregistrer les activités électriques ou biochimiques (Michel Imbert, 1992) : détecter un stimulus, un son, etc. L’intelligence artificielle a permis le développement de systèmes experts. Elle met en évidence l’idée selon laquelle les tâches réputées simples supposent une immense quantité de connaissances que nous avons du mal à formuler (Daniel Kayser, 1992).

L’idée qui sous-tend le projet de l’IA est la suivante :

Plus on fragmente les problèmes, plus on sépare les fonctions cérébrales, plus on se donne les moyens de les augmenter. La séparation induit l’augmentation et l’augmentation induit la séparation. La séparation des fonctions est à la base de la robotique qui suppose une décomposition des tâches. Les tâches ne sont plus considérées comme humaines ou machinales, ce sont d’abord des tâches reconnues comme telles et susceptibles d’être accomplies par l’homme ou par la machine.

Un exemple d’interaction entre un cerveau et une machine, se rencontre dans les techniques dites de BCI (brain computer interface) qui permettent de restituer à des malades conscients mais paralysés une certaine capacité de communication fonctionnelle, voire d’action. Par exemple, l’enregistrement de l’EEG ou des mouvements oculaires permet de décoder en temps réel certaines intentions motrices ou certains choix. Ces techniques sont déjà utilisées pour permettre à des patients paralysés de déplacer un objet (par exemple un curseur sur un écran ou un fauteuil roulant), ou pour composer un message verbal.

Ces techniques, essentiellement conçues pour pallier des pathologies de la motricité (atteintes motrices sévères comme dans les phases avancées de la maladie de Charcot, ou chez les patients souffrant d’un « locked-in syndrome ») connaissent également des développements dans le champ de la sécurité des transports et dans celui des jeux-vidéos de nouvelle génération (exemple : console kinect, et systèmes de BCI utilisant l’EEG).

Le développement des techniques du virtuel à partir de l’interaction homme/machine « change radicalement les critères d’objectivité et de rationalité du monde » (Jouvent, 2009). Notons que l’accès à la virtualité est réel pour le cerveau (Sirigu, 2011) : « Quand on plonge l’individu dans la réalité virtuelle et la simulation, le sujet porte un casque et se retrouve dans un environnement complexe. Même si cet environnement est irréel, il peut être réel pour le cerveau ».

C’est dans ce cadre d’interaction homme/machine que l’on s’est mis à parler des cyborgs, ces êtres hybrides, organiques et électroniques à la fois.

« En substituant à des parties de notre corps des dispositifs bioniques bourrés d’électronique et autres avatars mécaniques, l’humanité acquiert progressivement la capacité de pouvoir remplacer l’homo sapiens par une autre espèce humaine » (Ferone et Al., 2011).

C’est dans le cadre des conquêtes spatiales que ce terme s’est imposé. Il traduit le couplage entre l’astronaute et le vêtement cybernétique, il s’inscrit dans une stratégie d’augmentation des capacités de l’agent. À partir de là, peut se poser la question suivante : Y a-t-il une limite à l’artificialisation de la nature ? Comment s’estompe la frontière entre le naturel et l’artificiel par le cyborg et les prothèses bioniques ?

En résumé, la fragmentation des fonctions cognitives ne reflète ni la plasticité du cerveau, ni la globalité de son fonctionnement. L’interaction cerveau/machine et les cyborgs ne constituent-ils pas de nouvelles formes de neuro-amélioration ?

[…]

V.3.2. Humanisme, transhumanisme, posthumanisme

Le mouvement post humaniste, né dans les années 1980, repose sur l’idée selon laquelle il n’y a ni norme intrinsèque à la nature humaine, ni stabilité de cette nature (Anders, G. 2002). Ce mouvement a développé une critique sévère de l’humanisme classique incapable selon lui de traduire en faits ses prétentions. Le post humanisme se veut héritier des lumières, au sens où il veut donner plus d’autonomie à l’être humain considéré comme indéfiniment perfectible. Il voudrait, comme l’a indiqué Anne Fagot-Largeault lors des JAE (journées annuelles d’éthique du CCNE) de 2012, dans le descriptif qu’elle a proposé de ce mouvement, « prendre en main notre évolution, la diriger pour qu’elle nous soit favorable », comme si l’imprédictibilité de l’espèce humaine était un obstacle et non une condition de tout projet de liberté. Le défi est, selon une maximisation continue des capacités humaines, de repousser indéfiniment les limites de l’évolution humaine: l’âge et ses dépendances, la douleur, et même la mort.

Mais ce mouvement a pour ancêtre le transhumanisme qui envisage la possibilité d’une évolution où les mécanismes autorégulés interviennent dans une sélection artificielle qui n’est plus livrée à la seule évolution darwinienne (J.Proust, 2011) et qui permettrait à l’humain de se dépasser en mettant à contribution l’ingénierie génétique, la robotique, les nanotechnologies et la réalité virtuelle. Ce dépassement s’entend comme un accès à une transcendance (E. Regis, 2002) et se présente le plus souvent comme un ensemble de doléances que l’humanité fait à la nature (M. More, 1999).

Ces doléances portent notamment sur le déficit d’instinct et de perception de l’homme à l’égard des autres vivants : il s’agirait dès lors d’améliorer les facultés de perception et de remémoration de l’homme par une meilleure incorporation des techniques disponibles et des techniques futures. Par exemple, les personnes bénéficiant de prothèses auditives deviennent le paradigme pour penser ce type d’incorporation. Certains nanorobots agissant au niveau cellulaire prolongeront, dit-on, la vie mieux que ne le font les cellules naturelles (Maestrutti, 2011), d’autres nettoieront le sang et élimineront les agents pathogènes.

Mais l’exemple limite, aujourd’hui pure fiction, est de penser l’esprit humain en termes de téléchargement grâce à un ordinateur très puissant (Goffi, 2011). On a là le rêve d’un cerveau conçu comme un pur système de traitement de l’information, un cerveau qui n’est pas en interaction avec le monde, mais qui se réduit à n’être qu’un « flux d’informations dans des réseaux informatiques : non pas dans le monde, encore moins du monde, mais à tout jamais hors du monde » (Goffi, 2011). Certains défendent ainsi l’idée selon laquelle l’action conjointe des réseaux informatiques et de l’intelligence humaine pourrait déboucher sur une intelligence plus puissante que celle de ces réseaux ou de l’homme (Kurtzweil, 2005).

Selon les tenants du transhumanisme, le véritable cyborg a un cerveau biologique capable de contrôler des robots et d’utiliser des extensions artificielles à son corps. Certains se plaisent à rêver que les technologies convergentes, combinant nanotechnologies, biotechnologies et biomédecine, technologies de l’information, sciences cognitives (NBIC), « pourraient permettre en théorie un contrôle pratiquement total car elles obtiendraient les clés de compréhension du code informationnel de la matière à tous les niveaux grâce à la capacité de manipuler bits, atomes, neurones et gènes ».

Le post humanisme, couplé au transhumanisme, voudrait libérer l’homme de l’idée de finalité :

L’homme ne serait pas asservi à une finalité quelconque, mais il apprendrait à faire de la finalité, à l’organiser, d’où l’intérêt pour les systèmes intentionnels, qu’ils soient humains ou mécaniques (systèmes à rétroaction ou de feedback). Mais la question éthique reste entière : à multiplier les systèmes intentionnels comme des projets individuels, ne perd-on pas de vue le but d’ensemble, le projet social de développement humain ?

Le post humain vise à faire du cerveau une instance de contrôle du corps à distance au moyen d’une connexion électronique, d’un réseau informatique. Il semblerait pour certains post humanistes qu’il est contingent que le cerveau humain soit lié à un corps. Le cerveau dialoguerait alors avec le corps comme si celui-ci était quelque chose de séparable.

La robotique sera-t-elle un service à la personne ou contribuera-t-elle à une forme de transhumanisme ?

La position optimiste consiste à dire que plus les systèmes hybrides s’éloignent des systèmes naturels, moins ils sont viables, et qu’au contraire plus ils interagissent avec les systèmes naturels, plus ils sont adaptatifs (Weissenbach J., 2012).

Certains, comme le philosophe J. Habermas, s’inquiètent du déplacement des frontières entre l’homme et l’animal, entre le naturel et l’artificiel. Il craint que le développement de l’homme emprunte exclusivement les formes techniques actuelles et abandonne « les voies symboliques (langagières) qui permettent l’intériorisation et la discussion des normes ». Comment éviter le face à face entre un « pré-humain animal (régulation instinctuelle) » et « une post-humanité mécaniquement régulée » (Hottois, 2009)?

D’autres rappellent que « l’espèce humaine a dès le départ été une « espèce technique », c’est- à-dire artificieuse, qui, inlassablement s’invente et se réinvente elle-même ». Dans le cadre de cette hypothèse, il n’y a ni posthumanisme, ni transhumanisme, mais une simple variation continue de l’humain qui utilise sa neuro plasticité et les méthodes de feedback dont il dispose pour apprendre et améliorer ses capacités (Clark & Chalmers, 2003).

D’un point de vue anthropologique, certains soulignent le fait que « l’humanité change un peu d’espèce à chaque fois qu’elle change à la fois d’outils et d’institutions » (Leroi-Gourhan, 1964). L’humanisation de l’homme interagit avec son hominisation (Delmas Marty, 2013). L’humanisation se rapporte aux institutions et aux cultures, l’hominisation s’entend au sens darwinien du développement de l’espèce humaine. Leur « interaction » est un défi de civilisation.

En résumé

L’humanisme classique, celui du siècle des Lumières notamment, repose sur la perfectibilité humaine. Il est de plus en plus confronté à un transhumanisme et à un posthumanisme, deux mouvements de pensée qui inscrivent la bio-finalité humaine dans des formes de contrôle.

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Les utilisateurs de techniques de neuro-amélioration revendiquent fortement la liberté du choix de leur style de vie sans se rendre compte qu’une telle liberté obéit le plus souvent à un environnement socio-économique de course à la compétitivité et de culte de la performance favorisant une coercition souvent implicite. Dans son avis n° 81, le CCNE avait indiqué que « La recherche éperdue d’une performance mue par le désir impérieux de progresser peut masquer la plus contraignante des aliénations ». Le désir d’être neuro-amélioré peut sembler être largement partagé, par conformité sociale, mais sa réalisation n’est possible que pour quelques-uns.

Le risque est alors grand d’aboutir à une classe sociale « améliorée», constituée d’une petite minorité d’individus bien informés et disposant des ressources financières suffisantes pour y accéder. La course à la compétitivité, le culte de la performance, voire le désir de domination et même de manipulation peuvent aussi générer des situations fort préoccupantes de coercition explicite dans lesquelles les techniques de neuro-amélioration biomédicale sont appliquées sans ou même contre l’avis des personnes.

Ces conclusions incitent à considérer la neuro-amélioration avec un mélange de modestie, d’ouverture d’esprit et de questionnement scientifique, en évitant de verser tant dans l’optimisme des « mélioristes » que dans le pessimisme des « antimélioristes », dont les plus extrémistes voient poindre, pour les premiers, un homme « amélioré » pouvant même dépasser l’humain, pour les autres, un homme diminué.

Plus que jamais, une veille éthique qui met au crible de la conscience humaine les rationalités techniques s’imposent, non comme un frein au développement des techniques, mais en vue de leur articulation à leur usage humain, au débat qu’elles suscitent et à l’information souvent déficitaire qui accompagnent leur apparition.

Téléchargez la réflexion sur la neuro-amélioration 29 p. (PDF)